Kaolack : 313 bourses d’études remises aux étudiants de Médina Baye

À Kaolack, la solidarité en faveur de l’éducation s’est une nouvelle fois illustrée à Médina Baye. À l’occasion d’une cérémonie officielle marquée par une forte mobilisation, 313 bourses d’études ont été remises à des élèves et étudiants de la localité.

L’initiative, portée par l’UNACOIS YESSAL, s’inscrit dans une dynamique de soutien à la jeunesse et de promotion de l’excellence académique. La remise symbolique s’est déroulée en présence du maire de la ville, Serigne Mboup, entouré de plusieurs personnalités, dont l’ancien édile Khalifa Niasse et le président de l’organisation, Cheikh Cissé.

Prenant la parole, le maire a salué une action « hautement sociale », soulignant l’importance d’accompagner les jeunes dans leur parcours éducatif. Selon lui, ces bourses constituent un levier essentiel pour réduire les inégalités et favoriser l’accès à un enseignement de qualité.

De son côté, le président de l’UNACOIS YESSAL a réaffirmé l’engagement de sa structure à soutenir durablement les initiatives en faveur de l’éducation, considérée comme un pilier du développement local.

Au-delà de sa portée symbolique, cette action traduit une volonté commune des acteurs locaux de miser sur le capital humain pour construire l’avenir de la commune. Pour les bénéficiaires, ces bourses représentent un appui précieux dans la poursuite de leurs études, mais aussi un signal fort d’encouragement.

À travers ce geste, Kaolack confirme son ambition de placer la jeunesse et l’éducation au cœur de ses priorités de développement.

UGB : la coordination des étudiants maintient la pression avec une grève illimitée

La tension reste vive à Université Garçon Berger de Saint-Louis. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis a annoncé, ce jeudi, le maintien de son mot d’ordre de grève illimitée, réaffirmant ainsi sa détermination à poursuivre le mouvement jusqu’à la satisfaction totale de ses revendications.

Cette décision intervient au lendemain de la publication d’un communiqué du conseil académique de l’université, qui n’a visiblement pas convaincu les étudiants. Lors d’un point de presse tenu le même jour, les responsables de la coordination ont exprimé leur désaccord face aux réponses jugées insuffisantes de l’administration universitaire.

Prenant la parole au nom de ses camarades, Amadou Ba, président de séance, a clairement appelé à la poursuite du mouvement. Il a invité les étudiants à rester chez eux et à respecter strictement le mot d’ordre de grève, insistant sur la nécessité de maintenir la mobilisation pour faire aboutir leurs revendications.

Selon les étudiants, cette grève illimitée s’inscrit dans une dynamique de lutte pour de meilleures conditions d’étude et de vie sur le campus. Ils dénoncent notamment des difficultés persistantes qui, selon eux, entravent le bon déroulement des activités pédagogiques et impactent leur quotidien.

De son côté, l’administration de l’université, à travers le conseil académique, tente d’apaiser la situation en proposant des mesures, mais celles-ci semblent pour l’instant insuffisantes aux yeux des étudiants. Le dialogue apparaît donc dans une impasse, chacun campant sur ses positions.

Réforme de l’enseignement des mathématiques : vers un nouveau cap impulsé par le ministre Moustapha Mamba Guirassy

Le système éducatif sénégalais pourrait connaître une évolution majeure dans l’enseignement des mathématiques, à la faveur d’une rencontre stratégique entre le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, et une délégation de Association des Professeurs de Mathématiques du Sénégal (APROMATHS), tenue ce mardi 24 mars 2026. Cette audience marque le début d’une collaboration renforcée autour des défis structurels et pédagogiques qui entourent la discipline.

Au cœur des discussions, la nécessité d’adapter l’enseignement des mathématiques aux exigences du XXIe siècle s’est imposée comme une priorité. Conduite par son président Tamsir Bakhoum, la délégation de l’APROMATHS a défendu une vision ambitieuse fondée sur l’innovation pédagogique, la digitalisation des apprentissages et la promotion de l’excellence académique. L’objectif est clair : moderniser les méthodes d’enseignement afin de les rendre plus attractives, plus efficaces et mieux adaptées aux réalités des élèves sénégalais.

L’un des axes majeurs abordés lors de cette rencontre concerne l’intégration du numérique dans les pratiques pédagogiques. À ce titre, le projet « Système Learning 6.5 », développé en partenariat avec une entreprise chinoise, a été présenté comme un levier de transformation profonde. Ce dispositif vise à introduire des outils technologiques innovants dans les salles de classe, facilitant ainsi l’apprentissage interactif et l’acquisition de compétences numériques essentielles.

Au-delà de la modernisation des outils, l’APROMATHS a insisté sur l’importance de valoriser les talents et de stimuler l’intérêt des élèves pour les sciences. Des initiatives telles que le concours « Miss Maths » ou encore le Concours général ont été mises en avant comme des instruments efficaces pour encourager les vocations scientifiques et renforcer la culture de l’excellence dans les établissements scolaires. Ces compétitions permettent non seulement de détecter les meilleurs profils, mais aussi de redonner une image positive et valorisante des mathématiques.

La reconnaissance institutionnelle de la Journée internationale des mathématiques a également occupé une place importante dans les échanges. Célébrée chaque 14 mars depuis son adoption par Organisation des nations unies, cette journée constitue, selon l’association, une opportunité majeure pour vulgariser la discipline et déconstruire les préjugés qui l’entourent. L’APROMATHS plaide ainsi pour son inscription officielle dans le calendrier éducatif national.

La question du genre n’a pas été en reste. La section féminine de l’association a exprimé son souhait de bénéficier d’un accompagnement accru afin de promouvoir la présence des filles dans les filières scientifiques. Dans un contexte où les inégalités persistent, cette démarche vise à favoriser une meilleure inclusion et à encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les mathématiques et les disciplines connexes.

Face à l’ensemble de ces propositions, le ministre a salué le dynamisme et l’engagement de l’APROMATHS. Moustapha Guirassy s’est montré ouvert à l’accompagnement de plusieurs initiatives structurantes, tout en insistant sur la ضرورة d’un suivi rigoureux pour garantir leur efficacité. Il a également laissé entrevoir la tenue prochaine de nouvelles rencontres, signe d’une volonté d’inscrire cette collaboration dans la durée.

À travers cette audience, c’est toute la problématique de la qualité de l’enseignement scientifique au Sénégal qui est posée. Entre modernisation des outils, formation continue des enseignants et démocratisation de l’accès aux savoirs, les enjeux sont multiples. Cette dynamique pourrait ainsi marquer le début d’une transformation en profondeur du système éducatif, avec les mathématiques comme levier central du développement scientifique et technologique du pays.

Diourbel : Marie Khone Faye plaide pour l’éducation des filles et l’autonomisation économique des femmes

En visite dans la région de Diourbel, la Première Dame Marie Khone Faye a réaffirmé son engagement en faveur de l’éducation des filles et du renforcement économique des femmes, qu’elle considère comme des leviers essentiels pour bâtir une société plus juste et prospère.

La journée a débuté par une étape symbolique au Lycée scientifique d’excellence de Diourbel, un établissement reconnu pour la qualité de son enseignement et son orientation vers les disciplines scientifiques. Accompagnée du ministre de l’Éducation nationale, la Première Dame a pris le temps d’échanger avec les élèves dans une atmosphère empreinte de proximité et d’encouragement. Elle a salué leur engagement, leur rigueur et leur ambition, tout en les invitant à persévérer dans leurs efforts et à cultiver un esprit de leadership, indispensable pour relever les défis de demain.

Ce moment d’échange a également été marqué par un geste concret en faveur de l’accès à l’éducation. Des bourses d’études ont été attribuées à plusieurs jeunes filles grâce au soutien de la Fondation Merck. Ces aides ciblent prioritairement des élèves issues de milieux défavorisés et visent à lever les obstacles financiers qui freinent souvent la poursuite de leur scolarité. Les bénéficiaires ont été sélectionnées selon des critères combinant excellence académique et situation socio-économique, traduisant une volonté d’équité et de justice sociale.

Au-delà de l’éducation, la visite a mis en lumière un autre axe majeur de l’engagement de la Première Dame : l’autonomisation économique des femmes. Elle s’est ainsi rendue à la rencontre de femmes transformatrices du monde rural, actrices essentielles de la valorisation des productions locales. À cette occasion, du matériel de transformation leur a été remis afin de renforcer leurs capacités de production et d’améliorer la qualité de leurs produits.

Ces équipements concernent notamment la transformation des céréales, des fruits, des légumes ainsi que des ressources halieutiques, des secteurs clés pour l’économie locale. En soutenant ces initiatives, il s’agit non seulement d’accroître les revenus des ménages, mais aussi de contribuer à la sécurité alimentaire et à la dynamisation des économies rurales.

Ponctions salariales dans l’éducation : le G7 annonce une plainte au niveau national et international

La tension persiste entre les syndicats d’enseignants et les autorités gouvernementales autour de la question des ponctions salariales consécutives aux mouvements de grève observés ces derniers mois dans le secteur de l’éducation. Le G7, cadre unitaire qui regroupe sept des syndicats d’enseignants les plus représentatifs du système éducatif sénégalais, a annoncé son intention de saisir les juridictions nationales et les instances internationales pour contester ce qu’il considère comme des retenues « excessives » opérées sur les salaires de plusieurs enseignants.

Selon des responsables syndicaux, de nombreux enseignants ayant participé aux mouvements de grève ont constaté des retenues importantes sur leurs salaires. Ces ponctions varieraient entre 100 000 et 300 000 francs CFA, selon le statut des enseignants concernés et le nombre de jours de grève observés. Les syndicats estiment que ces retenues dépassent largement ce qui est acceptable et dénoncent une mesure qu’ils jugent injuste et pénalisante pour les travailleurs de l’éducation.

Pour manifester leur mécontentement, les membres du G7 se sont rassemblés ce lundi devant l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Dakar-Plateau. Cette mobilisation vise à attirer l’attention des autorités sur la situation et à exiger l’application des accords précédemment conclus entre le gouvernement et les organisations syndicales. Les syndicats réclament notamment la cessation immédiate des ponctions sur les salaires et demandent l’ouverture rapide de discussions avec les autorités compétentes afin de trouver une solution durable à cette crise.

Lors de cette mobilisation, le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (SAEMSS), El Hadji Malick Youm, également membre du G7, a vivement critiqué la position du gouvernement. Il a appelé le Premier ministre à venir s’expliquer directement devant les représentants syndicaux afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des enseignants. Selon lui, le revirement ou la remise en cause de certains engagements pris par les autorités traduit un manque de considération envers la corporation enseignante.

Les syndicats du G7 affirment qu’ils ne comptent pas se limiter à la contestation nationale. Ils annoncent leur intention de porter l’affaire devant le Bureau international du travail (BIT) afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon El Hadji Malick Youm, ces ponctions sont jugées illégales par les syndicats, qui les assimilent à une forme de spoliation. Il a ainsi déclaré que les organisations syndicales mèneront un combat à la fois national et international pour obtenir l’arrêt de ces retenues et la restitution des montants prélevés.

Cette nouvelle escalade intervient pourtant dans un contexte où certains progrès ont été enregistrés avec la signature récente de décrets concernant la situation des enseignants décisionnaires. Toutefois, pour le G7, ces avancées restent insuffisantes et ne répondent pas aux préoccupations essentielles des enseignants. Les syndicats estiment que leur plateforme revendicative demeure largement insatisfaite et appellent à des réformes plus profondes.

Parmi les points soulevés figurent la nécessité de corriger les dysfonctionnements du système de rémunération, la réduction des lenteurs administratives dans la gestion des carrières et la suppression des surimpositions appliquées sur les rappels de salaires. Les organisations syndicales considèrent que ces questions doivent être traitées de manière urgente afin d’améliorer les conditions de travail et de garantir une meilleure reconnaissance du rôle des enseignants dans le système éducatif.

Dans ce contexte, la menace d’une saisine des juridictions nationales et internationales pourrait marquer une nouvelle étape dans le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et les autorités publiques. L’évolution de ce dossier sera déterminante pour l’avenir du dialogue social dans le secteur de l’éducation, un domaine stratégique pour le développement du pays et la stabilité du système scolaire.

Congé de maternité et conditions d’accueil : les enseignantes du moyen et secondaire réclament des réformes urgentes

Les enseignantes du moyen et du secondaire au Sénégal ont exprimé de fortes préoccupations concernant leurs conditions de travail liées à la maternité. Lors d’une conférence publique organisée par le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal, plusieurs responsables syndicales ont mis en avant les difficultés auxquelles les enseignantes sont confrontées pendant et après leur congé de maternité. Ces doléances portent principalement sur la durée du congé, les obstacles administratifs et l’absence de structures adaptées pour accompagner les jeunes mères dans le milieu professionnel.

Au cœur des revendications figure la question de l’allongement du congé de maternité. Actuellement fixé à trois mois dans la fonction publique sénégalaise, ce congé est jugé insuffisant par de nombreuses enseignantes qui doivent concilier leur reprise du travail avec les exigences liées aux premiers mois de vie de leur enfant. Selon les responsables du syndicat, cette situation crée souvent des tensions entre les responsabilités professionnelles et les impératifs liés à la santé de la mère et du nouveau-né.

Oulimatou Sagna, chargée de la syndicalisation au sein du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal, a insisté sur les difficultés concrètes rencontrées par les enseignantes durant cette période sensible. Elle explique que plusieurs femmes éprouvent des difficultés à poursuivre l’allaitement de leurs enfants après la reprise du travail, notamment en raison de l’absence de nourrices ou de solutions de garde adaptées. Cette situation oblige parfois certaines enseignantes à écourter la période d’allaitement ou à trouver des arrangements informels qui compliquent leur quotidien professionnel.

Au-delà de l’allaitement, la responsable syndicale a également évoqué les défis liés au suivi médical après l’accouchement. Selon elle, certaines enseignantes quittent la maternité avec des complications ou des séquelles nécessitant un suivi médical régulier. Pourtant, des obstacles administratifs peuvent retarder ou compliquer l’accès à de nouvelles consultations hospitalières, ce qui fragilise davantage la santé des mères. Dans ce contexte, le syndicat estime qu’un congé de maternité de six mois permettrait aux femmes de se rétablir convenablement tout en garantissant un meilleur encadrement du nouveau-né.

Cette revendication s’appuie sur les normes internationales relatives à la protection de la maternité au travail. La Convention 183 de l’Organisation internationale du travail encourage les États à renforcer les mesures de protection des travailleuses enceintes et des jeunes mères, notamment en matière de durée du congé de maternité et de conditions de travail adaptées. Toutefois, selon les responsables du syndicat, l’application de ces principes reste encore limitée dans la pratique au Sénégal, malgré leur reconnaissance au niveau international.

Le secrétaire général du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal, Aliou Diouf, a pour sa part souligné l’importance d’accompagner les enseignantes dans les démarches administratives liées à la maternité. Il observe que plusieurs femmes rencontrent des difficultés pour constituer leurs dossiers, déposer les documents nécessaires ou récupérer certaines pièces administratives indispensables à l’obtention de leur congé. Afin de remédier à cette situation, il propose la mise en place de forums d’information et d’orientation destinés à aider les enseignantes à mieux comprendre les procédures à suivre et à faire valoir leurs droits.

Au-delà de la question du congé de maternité, le syndicat met également en avant la nécessité de créer des structures d’accueil pour les enfants au sein même des établissements scolaires. Selon les responsables du cadre syndical, l’installation de crèches dans les écoles permettrait aux enseignantes de continuer à exercer leur métier tout en restant proches de leurs enfants durant les premiers mois de leur vie. Une telle initiative contribuerait à améliorer les conditions de travail des mères tout en réduisant le stress lié à la garde des enfants.

Pour les représentants du syndicat, ces mesures combinées constitueraient une avancée importante dans la reconnaissance des droits des femmes dans le secteur de l’éducation. Ils estiment que l’amélioration des conditions de maternité pour les enseignantes aurait également des effets positifs sur la qualité de l’enseignement, dans la mesure où des professionnelles mieux accompagnées peuvent exercer leur mission dans un environnement plus serein.

Grève des enseignants au Sénégal : le G7 annonce un nouveau plan de lutte et intensifie la pression sur l’État

La tension monte dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Le G7, regroupement de sept des principaux syndicats d’enseignants du pays, a rendu public son sixième plan d’action destiné à accentuer la pression sur les autorités afin d’obtenir des réponses concrètes à ses revendications. Cette nouvelle stratégie de mobilisation prévoit une série de mouvements d’humeur susceptibles de perturber le fonctionnement normal des établissements scolaires dans les prochains jours.

Dans le document rendu public, la coalition syndicale appelle les enseignants à boycotter plusieurs activités pédagogiques et administratives jugées essentielles au bon fonctionnement du système éducatif. Il s’agit notamment des évaluations scolaires, des cellules d’animation pédagogique, des activités sportives ainsi que de la formation initiale des élèves-maîtres. À travers ces mesures, les syndicats souhaitent exercer une pression supplémentaire sur le gouvernement afin de faire avancer les négociations en cours.

Le G7 demande également aux chefs d’établissement et aux inspecteurs de procéder à une rétention des informations administratives. Cette stratégie, souvent utilisée lors des mouvements syndicaux dans le secteur de l’éducation, vise à ralentir le fonctionnement du système administratif afin de contraindre les autorités à ouvrir des discussions plus approfondies sur les revendications des enseignants.

En parallèle, la coalition syndicale a établi un calendrier précis de mobilisation qui s’étale sur plusieurs jours. Les enseignants sont appelés à observer un débrayage à partir de 9 heures le mardi 10 mars 2026 dans les établissements scolaires. Cette première action sera suivie d’une grève totale le mercredi 11 mars 2026. La mobilisation doit se poursuivre le vendredi 13 mars 2026 avec une nouvelle grève générale des enseignants, accompagnée d’une conférence de presse destinée à informer l’opinion publique de l’évolution du mouvement et des positions des syndicats.

Le mouvement devrait atteindre son point culminant le lundi 16 mars 2026. Ce jour-là, un débrayage à partir de 9 heures est également prévu, suivi d’assemblées générales dans les établissements scolaires et dans les communes à travers les différentes régions du pays. Les syndicats ont également annoncé un grand rassemblement devant l’inspection de l’éducation et de la formation de Dakar-Plateau. Cette manifestation vise à mobiliser massivement les enseignants et à réaffirmer publiquement les revendications du G7.

À travers ce nouveau plan d’action, les syndicats affichent clairement leur détermination à maintenir la pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’amélioration des conditions de travail, la gestion du système éducatif et la prise en compte de plusieurs engagements jugés non respectés par les autorités.

Grève des enseignants au Sénégal : le G7 annonce un nouveau plan de lutte et intensifie la pression sur l’État

La tension monte dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Le G7, regroupement de sept des principaux syndicats d’enseignants du pays, a rendu public son sixième plan d’action destiné à accentuer la pression sur les autorités afin d’obtenir des réponses concrètes à ses revendications. Cette nouvelle stratégie de mobilisation prévoit une série de mouvements d’humeur susceptibles de perturber le fonctionnement normal des établissements scolaires dans les prochains jours.

Dans le document rendu public, la coalition syndicale appelle les enseignants à boycotter plusieurs activités pédagogiques et administratives jugées essentielles au bon fonctionnement du système éducatif. Il s’agit notamment des évaluations scolaires, des cellules d’animation pédagogique, des activités sportives ainsi que de la formation initiale des élèves-maîtres. À travers ces mesures, les syndicats souhaitent exercer une pression supplémentaire sur le gouvernement afin de faire avancer les négociations en cours.

Le G7 demande également aux chefs d’établissement et aux inspecteurs de procéder à une rétention des informations administratives. Cette stratégie, souvent utilisée lors des mouvements syndicaux dans le secteur de l’éducation, vise à ralentir le fonctionnement du système administratif afin de contraindre les autorités à ouvrir des discussions plus approfondies sur les revendications des enseignants.

En parallèle, la coalition syndicale a établi un calendrier précis de mobilisation qui s’étale sur plusieurs jours. Les enseignants sont appelés à observer un débrayage à partir de 9 heures le mardi 10 mars 2026 dans les établissements scolaires. Cette première action sera suivie d’une grève totale le mercredi 11 mars 2026. La mobilisation doit se poursuivre le vendredi 13 mars 2026 avec une nouvelle grève générale des enseignants, accompagnée d’une conférence de presse destinée à informer l’opinion publique de l’évolution du mouvement et des positions des syndicats.

Le mouvement devrait atteindre son point culminant le lundi 16 mars 2026. Ce jour-là, un débrayage à partir de 9 heures est également prévu, suivi d’assemblées générales dans les établissements scolaires et dans les communes à travers les différentes régions du pays. Les syndicats ont également annoncé un grand rassemblement devant l’inspection de l’éducation et de la formation de Dakar-Plateau. Cette manifestation vise à mobiliser massivement les enseignants et à réaffirmer publiquement les revendications du G7.

À travers ce nouveau plan d’action, les syndicats affichent clairement leur détermination à maintenir la pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’amélioration des conditions de travail, la gestion du système éducatif et la prise en compte de plusieurs engagements jugés non respectés par les autorités.

Rufisque/8Mars, les femmes de l’onas offrent des édicules à l’école Ousseynou DIAGNE.

‎Dans le cadre de la célébration de la journée du 8 Mars à Rufisque, l’association nationale des femmes de l’onas a offert des édicules publique à l’école élémentaire Ousseynou DIAGNE de Rufisque.

‎Un acte qui vient renforcer la prise en charge sanitaire et inclusive des écoliers notamment des jeunes filles.

‎Occasion saisi également pour sensibiliser sur la citoyenneté et les valeurs d’une femme accomplie.

‎A son tour, Mme Ya fatou représentante du maire de Rufisque ouest a préciser que cette action s’aligne à la politique de développement déjà entamer par la commune.

Rufisque/8Mars, les femmes de l'onas offrent des édicules à l'école Ousseynou DIAGNE.

Crise scolaire : l’Intersyndicale hausse le ton face aux « ponctions sauvages » sur les salaires

La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Ce mardi 3 mars 2026, l’Intersyndicale des enseignants a organisé des sit-in devant les inspections d’académie, notamment à Mbacké et Kaffrine, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » opérées sur les salaires du mois. Le mouvement, largement suivi selon les responsables syndicaux, marque une nouvelle étape dans un bras de fer qui oppose depuis plusieurs semaines les syndicats au gouvernement.

Au cœur de la contestation figurent des prélèvements financiers jugés injustifiés, dont les montants varieraient entre 60 000 et plus de 200 000 francs CFA selon les cas. Les syndicats, parmi lesquels le G7 et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMS), parlent d’un « vol organisé » et dénoncent une « surimposition sauvage » appliquée aux rappels liés à l’intégration et à l’avancement des enseignants.

Les représentants syndicaux affirment que ces retenues ont été effectuées sans explication préalable claire et sans concertation avec les partenaires sociaux. Ils soutiennent que certains enseignants en congé de maternité ou en arrêt maladie, qui n’auraient pas participé aux mouvements de grève, ont malgré tout subi des prélèvements. Cette situation est jugée particulièrement choquante par les syndicats, qui y voient une application aveugle et injuste de sanctions financières.

Au-delà des retenues salariales, les syndicats évoquent d’autres dysfonctionnements structurels. Ils pointent la situation des « décisionnaires », ces enseignants dont la carrière administrative n’aurait pas été régularisée à temps, entraînant des conséquences sur leurs droits à la retraite. Ils dénoncent également le non-respect du protocole d’accord signé en 2022, qui devait, selon eux, stabiliser les relations entre l’État et le corps enseignant.

Face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux droits des travailleurs, les responsables syndicaux ont annoncé leur intention de saisir l’Organisation internationale du Travail afin de dénoncer ces pratiques. Une telle démarche viserait à internationaliser le conflit et à exercer une pression supplémentaire sur les autorités nationales.

Les syndicats critiquent par ailleurs les récentes déclarations du Premier ministre, estimant qu’elles tendent à « diaboliser » les enseignants en évoquant de prétendues « questions nouvelles » pour justifier la situation actuelle. Selon l’Intersyndicale, ces discours masqueraient une iniquité salariale persistante et une gestion administrative jugée défaillante.

Le cinquième plan d’action est en cours et doit se poursuivre jusqu’à vendredi avec une grève générale. Mais les syndicats annoncent déjà un sixième plan pour la semaine suivante, comprenant des journées dites « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.

Dans un contexte déjà marqué par des perturbations répétées du calendrier scolaire, cette radicalisation du mouvement laisse présager de nouvelles semaines de tensions dans le système éducatif. L’issue du conflit dépendra désormais de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à trouver un compromis sur la question sensible des rémunérations et du respect des engagements antérieurs.

Ramadan : le MESRI et le COUD rappellent les règles de sécurité et d’organisation dans les campus universitaires

À l’approche et durant la période du mois béni de Ramadan, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en collaboration avec le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), a publié une note d’information à l’intention des étudiants résidant dans les campus universitaires. Les autorités entendent ainsi prévenir tout incident et garantir un cadre de vie sûr, ordonné et salubre au sein des résidences universitaires.

Dans ce document, les responsables universitaires insistent sur la nécessité de respecter strictement un certain nombre de dispositions, motivées par des impératifs de sécurité des personnes et de protection des biens. Il est notamment annoncé l’arrêt immédiat de l’introduction, de la détention, du stockage et de l’utilisation de bonbonnes de gaz à l’intérieur des pavillons universitaires. Cette mesure vise à réduire les risques d’incendie et d’explosion, particulièrement en cette période où la préparation des repas de rupture du jeûne, communément appelés « ndogou », est plus fréquente.

Dans la même dynamique, l’administration rappelle l’interdiction formelle de cuisiner ou d’effectuer toute préparation de repas à l’intérieur des chambres et des pavillons d’hébergement. Selon la note, ces pratiques constituent une source potentielle de dangers, mais aussi de nuisances liées à l’insalubrité, aux odeurs et aux encombrements des espaces communs. Les autorités universitaires appellent ainsi les étudiants à faire preuve de responsabilité et de discipline afin de préserver la tranquillité et le bien-être collectif.

Par ailleurs, la question des dons de « ndogou » ou de repas provenant de l’extérieur du campus fait également l’objet d’un encadrement spécifique. Désormais, toute initiative de distribution devra obligatoirement faire l’objet d’une autorisation préalable délivrée par l’administration du COUD. Le ministère précise qu’aucune distribution ne sera tolérée sans cette validation administrative, soulignant que cette exigence vise à assurer une meilleure organisation, à éviter les attroupements incontrôlés et à garantir le respect des règles d’hygiène et de sécurité.

Thiès : les syndicats d’enseignants haussent le ton et dénoncent des « ponctions injustes » sur les salaires

À Thiès, la tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action du G7, les syndicats d’enseignants, après avoir observé un débrayage ce mardi matin, se sont réunis en assemblée générale au CEM Mamadou Diaw pour faire le point sur la situation et définir la suite de leur mouvement.

À l’issue de la rencontre, les responsables syndicaux ont exprimé de vives préoccupations face à ce qu’ils qualifient de climat délétère. Ils dénoncent un contexte marqué par des « menaces voilées », des tentatives d’intimidation, des manipulations de l’opinion publique et, surtout, des retenues jugées injustes sur les salaires des enseignants engagés dans la lutte.

Prenant la parole devant ses camarades, le secrétaire général du Saems à Thiès, Sirakhata Guèye, a tenu un discours ferme et mobilisateur. Selon lui, les enseignants ne sont « ni faibles, ni isolés, ni désorganisés ». Il a rappelé leur rôle central dans la société, les présentant comme des éducateurs, des bâtisseurs de conscience et des piliers indispensables de la Nation. Face aux menaces et aux pressions, il a appelé ses collègues à garder « la tête haute » et à ne pas céder à la peur.

Il a déploré ce qu’il considère comme une stratégie visant à intimider les enseignants par la menace de sanctions et de retenues sur salaire, tout en cherchant à les opposer aux parents d’élèves et à les présenter comme des perturbateurs du système éducatif. Pour lui, il est essentiel de rester lucide et de rappeler que revendiquer dans le respect des lois n’a rien d’un crime. Exiger l’application d’accords signés avec l’État ne saurait être assimilé à un acte de rébellion, tout comme défendre sa dignité professionnelle ne constitue en rien une faute.

Revenant sur les ponctions opérées sur les salaires, Sirakhata Guèye a reconnu l’impact douloureux de ces mesures sur les enseignants et leurs familles. Toutefois, il a insisté sur le fait qu’un salaire amputé ne doit jamais signifier une dignité amputée. Il a affirmé que le combat mené par les syndicats n’a pas pour objectif le désordre, mais la justice et le respect des engagements pris. Selon lui, un État fort ne se définit pas par sa capacité à sanctionner ses enseignants, mais par son aptitude à dialoguer, à honorer ses promesses et à protéger l’école publique.

Le cinquième plan d’action du G7 doit se conclure le vendredi 6 mars 2026 par une grève totale. D’ici là, les syndicats maintiennent la pression et poursuivent le boycott des évaluations ainsi que des cellules d’animation pédagogique.

Les revendications restent inchangées. Les syndicats exigent notamment la matérialisation des deux décrets signés en faveur des enseignants décisionnaires, la valorisation de leurs pensions de retraite, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, l’arrêt de la surimposition, l’imputation budgétaire pour les enseignants décisionnaires à la retraite ainsi que la fin des lenteurs administratives.

Babacar Mbaye Ngaraf : « Ce qui se passe dépasse les simples ponctions, c’est une atteinte à la dignité des enseignants »

Babacar Mbaye Ngaraf : « Ce qui se passe dépasse les simples ponctions, c’est une atteinte à la...

Dans une interview sans détour, Babacar Mbaye Ngaraf est revenu sur les ponctions opérées sur les salaires des enseignants et la crise persistante entre les organisations syndicales et le gouvernement. Un entretien marqué par un ton ferme, une dénonciation vigoureuse de la méthode employée par les autorités et un appel clair à l’unité syndicale.

Dès l’entame, le syndicaliste a tenu à préciser que les retenues sur salaire, en elles-mêmes, ne constituent pas un élément nouveau dans les luttes enseignantes. Selon lui, l’histoire a montré que ces mesures ont souvent produit l’effet inverse de celui recherché. « Les ponctions ont toujours dopé les ardeurs des enseignants », affirme-t-il, soulignant qu’elles renforcent généralement la mobilisation et la détermination.

Cependant, Babacar Mbaye Ngaraf établit une distinction nette entre des retenues légalement encadrées et ce qu’il considère comme des montants excessifs récemment prélevés. Il évoque des sommes allant de 80 000 à 180 000 FCFA, présentées comme concernant uniquement le mois de janvier. À ses yeux, ces chiffres posent un sérieux problème de légalité et de proportionnalité.

Pour lui, « ce qui se passe dépasse les simples ponctions ». Il parle d’une situation qui s’apparente à une injustice manifeste, d’autant plus préoccupante dans un contexte économique où l’État reconnaît lui-même des tensions budgétaires. Il s’interroge : comment justifier de telles retenues alors que le pays fait face à de multiples urgences sociales ?

Sur le plan stratégique, le responsable syndical annonce que des experts seront saisis afin de constituer un dossier solide en vue d’une éventuelle action devant les juridictions compétentes. Une démarche qui, selon lui, vise à situer les responsabilités dans le strict cadre du droit.

Mais l’interview ne s’est pas limitée à la question financière. Babacar Mbaye Ngaraf a également dénoncé ce qu’il qualifie de « préférence pour l’épreuve de force » au détriment du dialogue. Il regrette l’absence de discussions « sérieuses, franches et sincères » entre le gouvernement et les syndicats, et déplore une tentative de diabolisation des enseignants dans l’opinion publique.

À l’en croire, les Sénégalais restent lucides et capables de comprendre les enjeux réels de la crise. Il estime que fragiliser les enseignants, c’est fragiliser l’école publique elle-même, au risque de compromettre sa crédibilité et de décourager élèves et parents.

Enfin, Babacar Mbaye Ngaraf a lancé un appel à toutes les organisations syndicales du secteur pour une rationalisation de la table de négociation. Il plaide pour des mécanismes plus démocratiques permettant aux enseignants de choisir librement leurs représentants. Pour lui, l’unité et le dépassement des égos constituent désormais une condition essentielle pour faire face à la situation.

UCAD : le SUDES/ESR rejette l’installation d’un commissariat sur le campus et plaide pour une réforme concertée

Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du supérieur et de la recherche (SUDES/ESR) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a exprimé, ce vendredi 27 février 2026, une opposition catégorique au projet gouvernemental visant à implanter un commissariat de police au cœur du campus social. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation syndicale met en garde contre ce qu’elle considère comme une réponse inadaptée aux défis sécuritaires de l’espace universitaire, tout en se montrant favorable à la délocalisation de certaines composantes académiques pour désengorger l’institution.

Sur le plan sécuritaire, le SUDES/ESR estime que l’installation permanente de la police nationale au sein du campus serait « contre-productive » et risquerait de transformer l’université en un espace de suspicion et de tension. Selon le bureau syndical, l’université doit demeurer un lieu de savoir, de débat et de liberté académique, et non un espace marqué par une présence policière continue. Le syndicat redoute notamment que cette mesure ne fragilise davantage le climat social déjà sensible dans les universités publiques sénégalaises, en alimentant un sentiment de défiance entre étudiants, enseignants et autorités.

Pour répondre aux préoccupations sécuritaires sans compromettre l’autonomie universitaire, le SUDES/ESR propose une alternative : renforcer les capacités des agents de sécurité du Centre des Œuvre Universitaires de Dakar (COUD). Le syndicat plaide pour la mise en place d’une véritable police universitaire de proximité, formée aux spécificités du milieu académique et apte à prévenir les incidents dans une logique de médiation et de dialogue. Une telle approche permettrait, selon lui, de concilier impératif de sécurité et respect des franchises universitaires.

En revanche, sur le volet académique, le syndicat se félicite de la volonté affichée par le gouvernement, notamment par le Premier ministre, de procéder à la délocalisation de certaines filières. Cette mesure, rappelle le SUDES/ESR, figurait déjà dans son cahier de doléances transmis en mai 2025. Face à la surpopulation chronique que connaît l’UCAD, le syndicat considère que le redéploiement progressif de certaines composantes constitue une solution structurelle pertinente pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Toutefois, le SUDES/ESR insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre réfléchie et concertée. Il préconise l’instauration d’un moratoire d’un an sur les nouvelles orientations dans les filières saturées afin de stabiliser les effectifs et de permettre une meilleure planification. À court terme, le recours à des solutions locatives dans la région de Dakar est également suggéré pour accueillir certaines activités pédagogiques, en attendant la mise en place d’infrastructures définitives.

En conclusion, le syndicat rappelle que la réussite de toute réforme universitaire repose sur l’adhésion des acteurs de terrain. Il réaffirme sa disponibilité au dialogue avec les autorités, tout en soulignant qu’aucune université au monde ne dispose d’un commissariat de police nationale installé de manière permanente en son sein. Pour le SUDES/ESR, l’enjeu est clair : sécuriser sans militariser, réformer sans précipiter, et surtout préserver l’esprit et l’autonomie de l’université sénégalaise.

Sénégal : suppression du concours d’entrée en sixième dès 2026, le CFEE maintenu avec un encadrement renforcé

Le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a officiellement acté la suppression du concours d’entrée en sixième à compter de la session 2026. La décision, formalisée par une directive de la Secrétairerie générale, marque un tournant majeur dans l’organisation du système éducatif national. Elle consacre la fin de la sélection à l’issue du primaire et instaure un accès direct au cycle moyen pour tous les élèves ayant achevé le CM2.

Jusqu’ici, l’admission en classe de sixième reposait sur la réussite à un concours national organisé à l’issue du primaire. Avec cette réforme, le passage du CM2 au collège devient automatique pour les élèves ayant validé leur parcours élémentaire. Les autorités entendent ainsi promouvoir une école plus équitable, réduire les barrières à la poursuite des études et renforcer la continuité pédagogique dans le cadre de la scolarité obligatoire.

Le ministère précise toutefois que le Certificat de fin d’études élémentaires, plus connu sous l’appellation CFEE, est maintenu. Ce diplôme national continuera d’attester la fin du cycle élémentaire. En revanche, son organisation fera l’objet d’un recadrage strict afin de garantir davantage de rigueur, d’efficacité et de transparence dans la gestion des épreuves et des résultats.

Parmi les nouvelles mesures annoncées figure la limitation du nombre de candidats à 250 par centre d’examen. Cette disposition vise à améliorer les conditions de supervision et à assurer un meilleur suivi logistique. Le ratio de correction est également revu, avec l’instauration d’un correcteur pour 80 copies, dans l’objectif de garantir une évaluation plus fiable et plus rapide des candidats.

Le ministère exige par ailleurs le déploiement de chefs de centre maîtrisant l’outil informatique. Cette orientation s’inscrit dans une volonté de modernisation du traitement des résultats et de sécurisation du diplôme national. La digitalisation progressive des procédures doit permettre de réduire les erreurs, d’accélérer la publication des résultats et de renforcer la crédibilité du CFEE.

Au-delà des aspects organisationnels, la suppression du concours d’entrée en sixième pose un défi majeur en matière d’infrastructures et de ressources humaines. Les inspecteurs d’académie sont appelés à mobiliser l’ensemble des enseignants et à dresser un état des lieux précis des capacités d’accueil des collèges. L’objectif est d’anticiper l’arrivée massive de nouveaux élèves en classe de sixième dès la rentrée 2026.

Cette réforme implique également un renforcement du soutien pédagogique pour sécuriser la transition entre le primaire et le moyen. Les autorités éducatives entendent mettre l’accent sur l’accompagnement des élèves afin de prévenir les décrochages et d’assurer une adaptation réussie au nouveau cadre d’apprentissage.

Kaolack : le ministère de l’Éducation nationale accélère la mise en œuvre de l’école inclusive

Le ministère de l’Éducation nationale a franchi une nouvelle étape dans la promotion d’une école plus équitable avec l’organisation, à Kaolack, d’un atelier de formation consacré à l’éducation inclusive, dans le cadre du projet « Faire l’École ». Cette initiative vise à améliorer la prise en charge des élèves en situation de handicap et à renforcer les capacités du personnel éducatif dans plusieurs régions pilotes du pays.

Tenu ce jeudi 26 février 2026, l’atelier a réuni une délégation du ministère ainsi que des acteurs du système éducatif autour d’une session de sensibilisation, de partage d’expériences et de renforcement des compétences.

Selon Moustapha Diouck, inspecteur de l’éducation élémentaire et conseiller technique au Secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique nationale de transformation du système éducatif sénégalais.

« L’atelier s’inscrit dans la volonté de garantir un accès équitable à une éducation de qualité pour tous les enfants, conformément à l’Objectif de développement durable 4 relatif à l’éducation. Il s’agit d’apporter une réponse concrète à un défi éducatif majeur », a-t-il expliqué.

Les données officielles issues du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2023 indiquent que le Sénégal compte plus de 1,2 million de personnes vivant avec un handicap, soit environ 7,3 % de la population. Pourtant, seules quatre écoles publiques spécialisées existent actuellement, principalement concentrées à Dakar et à Thiès, laissant encore de nombreux enfants en marge du système scolaire, a souligné l’inspecteur.

Dans les établissements scolaires, plus de 20 000 élèves en situation de handicap sont recensés sur un effectif global dépassant 3,8 millions d’apprenants. Une réalité qui justifie la mise en œuvre d’une politique nationale d’éducation inclusive désormais placée au cœur des priorités éducatives.

Financé par l’Agence italienne pour la coopération au développement à hauteur de 3 millions d’euros, soit près de 2 milliards de francs CFA, pour une durée de trois ans, le projet « Faire l’École » repose notamment sur la formation des acteurs éducatifs.

L’objectif est de renforcer les compétences des inspecteurs, des enseignants, des directeurs d’école et des personnels pédagogiques afin d’adapter les pratiques éducatives aux besoins spécifiques des élèves. Les sessions portent notamment sur les méthodes pédagogiques inclusives, l’apprentissage du braille, le langage des signes ainsi que les stratégies d’accompagnement des apprenants en difficulté.

Au total, près de 500 acteurs éducatifs seront formés, tandis que 69 établissements scolaires répartis dans cinq régions pilotes — Dakar, Kaolack, Kaffrine, Kolda et Sédhiou — bénéficieront directement des actions du projet.

L’inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a rappelé que le programme adopte également une approche communautaire.

« Au-delà de la formation pédagogique, le programme mise sur la sensibilisation communautaire. Environ 6 000 membres des communautés éducatives seront mobilisés pour promouvoir les droits des personnes en situation de handicap et lever les barrières sociales et culturelles freinant leur scolarisation », a-t-il indiqué.

Le projet prévoit également la distribution de kits pédagogiques adaptés, la mise en place de clubs d’inclusion scolaire ainsi que l’appui aux gouvernements scolaires et aux associations de parents d’élèves afin de favoriser un environnement éducatif plus accueillant.

À travers cette initiative, les autorités éducatives ambitionnent de rendre les écoles ordinaires plus accessibles grâce à des aménagements pédagogiques adaptés, à une identification précoce des besoins spécifiques des élèves et à une meilleure coordination institutionnelle.

Éducation nationale : 3 284 enseignants admis définitivement après la signature de 22 arrêtés de carrière

Le ministère de l’Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 26 février 2026, la signature de 22 arrêtés d’admission définitive en faveur de 3 284 enseignants. Cette mesure administrative marque une nouvelle étape dans le processus de régularisation des carrières et la résorption progressive des dossiers en attente au sein du système éducatif.

Dans le détail, 2 740 enseignants ont été admis au titre du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP), tandis que 544 autres ont obtenu le Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Ces certifications constituent des étapes essentielles dans la stabilisation statutaire des enseignants, conditionnant leur intégration définitive dans la fonction publique et leur évolution professionnelle.

Selon les services du ministère, cette initiative s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de deux ans pour apurer l’ensemble des actes administratifs en instance. Les années 2024 et 2025 avaient déjà permis la publication de 83 arrêtés couvrant 10 512 agents. L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux retards accumulés et de sécuriser les parcours professionnels des enseignants concernés.

Le traitement des dossiers est assuré par la Direction des Examens et Concours (DEXCO), qui instruit les demandes au fur et à mesure de la réception des procès-verbaux transmis par les Inspections d’Académie. Chaque dossier suit ensuite un circuit administratif strict comprenant les visas juridiques requis, le contrôle budgétaire ministériel ainsi que la validation des services compétents du ministère des Finances, notamment la Solde et le Budget.

Les arrêtés signés seront officiellement disponibles dès le début de la semaine prochaine, après leur numérotation et leur enregistrement au Secrétariat Général du Gouvernement du Sénégal (SGG). Cette formalité permettra aux enseignants concernés de bénéficier pleinement des effets administratifs et financiers liés à leur admission définitive, notamment en matière d’avancement et de régularisation salariale.

Sénégal : vives tensions après des ponctions salariales allant jusqu’à 300 000 FCFA chez des enseignants grévistes

Le climat social dans le secteur de l’éducation reste particulièrement tendu au Sénégal après un mois de février marqué par des mouvements d’humeur répétés. Entre débrayages, sit-in et grèves totales, les enseignants ont multiplié les actions pour réclamer la satisfaction de leurs revendications. En riposte, le gouvernement a procédé à des retenues sur salaires qui suscitent une vive controverse.

Dans la soirée du mercredi, de nombreux bulletins de solde ont circulé sur les réseaux sociaux, révélant des ponctions oscillant entre 100 000 et 250 000 FCFA, voire jusqu’à 300 000 FCFA pour certains agents. Ces montants correspondent, selon les autorités, aux journées de grève observées. Mais du côté des syndicats, la pilule passe mal. Les responsables dénoncent des retenues jugées excessives, injustifiées et politiquement motivées.

Dans les colonnes du quotidien L’Observateur, El Hadji Malick Youm, Secrétaire général national du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saems), n’a pas mâché ses mots. Il parle d’un « vol systématique » et d’un « vandalisme d’État ». Selon lui, des retenues ont été appliquées pour cinq, six ou sept jours de grève, atteignant des montants qu’il juge anormalement élevés. Il estime que l’État chercherait ainsi à renflouer ses caisses dans un contexte budgétaire difficile. À ses yeux, ces ponctions vont bien au-delà d’une simple application du principe du service non fait et s’apparentent à une mesure punitive destinée à affaiblir le mouvement syndical.

De son côté, Amidou Diédhiou, Secrétaire général des enseignants libres du Sénégal (Sael), dénonce également une décision disproportionnée. Il évoque un abus de pouvoir et une forme d’intimidation à l’encontre des enseignants. Selon lui, les retenues ne respecteraient pas scrupuleusement les dispositions réglementaires encadrant les prélèvements pour faits de grève. Il estime que la méthode employée contribue à détériorer davantage le climat social dans le secteur éducatif, déjà fragilisé par plusieurs mois de tensions.

Ces mouvements de protestation s’inscrivent dans une dynamique plus large de revendications portant notamment sur la réparation d’injustices liées aux carrières et aux retraites. Les enseignants réclament également une simplification et une accélération des procédures de promotion ainsi que la régularisation d’actes administratifs jugés trop longs et complexes. Beaucoup dénoncent des lenteurs bureaucratiques qui bloquent leur évolution professionnelle et impactent leurs droits financiers.

La décision du gouvernement d’appliquer des retenues sur salaires intervient dans un contexte où l’exécutif cherche à affirmer son autorité face aux perturbations du système scolaire. Pour les autorités, il s’agirait d’appliquer strictement le principe selon lequel toute journée non travaillée doit être déduite du traitement mensuel. Toutefois, l’ampleur des montants prélevés et la simultanéité des ponctions ont ravivé la colère des syndicats, qui y voient un signal de fermeté excessif.

Troubles dans les lycées de Dakar : le ministère de l’Éducation nationale opte pour la fermeté et menace de poursuites judiciaires

Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de hausser le ton face aux perturbations enregistrées ces derniers jours dans plusieurs établissements scolaires de Dakar. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, les services du ministre Moustapha Guirassy annoncent une politique de tolérance zéro à l’encontre des élèves impliqués dans des actes de violence, de destruction ou d’entrave au bon déroulement des enseignements.

Selon les informations communiquées, des groupes d’élèves, se réclamant d’un mouvement de solidarité avec des étudiants en grève, ont investi plusieurs établissements relevant de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation de Dakar-Plateau. Parmi les écoles touchées figurent les lycées Abdoulaye Maturin Diop, Ahmet Sy Malick, Blaise Diagne, Thierno Birahim Mbacké, Awa Balla Mbacké ainsi que Ousmane Diop Coumba Pathé. Ces intrusions auraient provoqué d’importantes perturbations dans le déroulement normal des cours.

D’après les autorités, certains groupes auraient procédé au déguerpissement systématique de leurs camarades, parfois avec violence. Des jets de pierres et des actes de vandalisme ont été signalés, occasionnant des dégâts matériels significatifs sur les infrastructures scolaires. Au-delà des dommages physiques, le ministère insiste sur l’impact négatif de ces événements sur le climat scolaire et sur le droit des élèves à suivre leurs enseignements dans un environnement sécurisé.

Face à cette situation jugée inacceptable, le département dirigé par Moustapha Guirassy annonce un durcissement immédiat des mesures. Tout élève pris en flagrant délit de destruction d’infrastructures ou de perturbation des enseignements sera immédiatement traduit devant la justice. Cette décision marque une rupture avec une gestion jusque-là davantage axée sur la médiation interne et les sanctions disciplinaires classiques.

En plus des poursuites judiciaires, des sanctions administratives lourdes sont prévues. Elles pourront aller jusqu’à l’exclusion définitive de l’établissement concerné. Pour les candidats aux examens, la radiation des listes est également envisagée, une mesure qui pourrait compromettre durablement le parcours académique des élèves impliqués.

Le ministère précise par ailleurs que les parents d’élèves seront appelés à assumer pleinement leurs responsabilités. Il souligne l’importance d’un encadrement renforcé à domicile afin de prévenir de nouveaux débordements et d’encourager un comportement respectueux du cadre scolaire.

Dans cette dynamique de fermeté, les autorités administratives et les Forces de défense et de sécurité seront mobilisées pour sécuriser les établissements. Le communiqué évoque le déploiement de dispositifs de surveillance renforcés, incluant la présence d’éléments des forces de sécurité, en tenue ou en civil, afin de prévenir tout acte de violence et d’identifier rapidement les fauteurs de troubles.

Le ministère appelle l’ensemble de la communauté éducative — Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation, chefs d’établissement, enseignants et associations de parents d’élèves — à redoubler de vigilance sur toute l’étendue du territoire. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets sont également invités à renforcer leur appui pour garantir la sécurité de l’espace scolaire.

Retenues sur salaires : la riposte de l’État enflamme le front syndical enseignant

La tension est montée d’un cran, ce mercredi 25 février 2026, dans le secteur de l’éducation. À l’ouverture de la plateforme Solde, de nombreux enseignants grévistes ont découvert avec stupeur des ponctions importantes sur leurs salaires du mois. Très vite, la surprise a laissé place à l’indignation. Selon plusieurs sources syndicales concordantes, les retenues pour faits de grève oscillent entre 100 000 et 200 000 F CFA, des montants jugés particulièrement lourds dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.

Ces prélèvements correspondent aux jours de débrayage observés lors des récents mouvements d’humeur qui ont secoué le système éducatif. Mais au-delà de l’application du principe du « service fait », c’est l’ampleur des sommes retranchées qui cristallise la colère. Les retenues ne se limiteraient pas au salaire de base ; elles toucheraient également certaines indemnités, ce qui alourdit significativement la perte globale. Plusieurs enseignants affirment avoir constaté une diminution d’un tiers, voire de la moitié de leur rémunération habituelle.

Sur les réseaux sociaux et dans les groupes professionnels, les captures de fiches de paie amputées circulent massivement. Les témoignages se multiplient, traduisant un profond malaise. Dans les salles des professeurs, l’heure est à la consternation. Beaucoup disent ne pas avoir anticipé un tel niveau de retenue, même en tenant compte des jours effectivement non travaillés. Certains évoquent des difficultés immédiates pour faire face aux charges mensuelles, notamment les loyers, les crédits ou les dépenses familiales courantes.

Du côté des autorités, l’application des retenues s’inscrit dans le cadre légal du principe du service fait, qui autorise l’administration à suspendre la rémunération correspondant aux jours de grève. Cette démarche est présentée comme une mesure conforme aux textes en vigueur. Toutefois, la rapidité d’exécution et la simultanéité des ponctions ont été interprétées par les syndicats comme un signal de fermeté, voire de durcissement assumé.

Les organisations syndicales, qui ne s’attendaient pas à des montants aussi élevés, parlent déjà de « provocation financière » et dénoncent une tentative de briser la dynamique du mouvement social. Des concertations internes ont été engagées pour définir une riposte. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement du mot d’ordre de grève, des actions de protestation ou encore des démarches juridiques pour contester les modalités de calcul des retenues.

Ce nouvel épisode risque de fragiliser davantage le climat social dans le secteur de l’éducation. Alors que les revendications portaient initialement sur des questions de revalorisation et de respect d’engagements antérieurs, le débat se déplace désormais sur le terrain de la confrontation directe autour des salaires. Dans un contexte où l’école reste un pilier central de la cohésion sociale, l’escalade entre l’État et les syndicats d’enseignants pourrait avoir des répercussions bien au-delà des salles de classe.

Thiès : la Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam décrète 48 heures de grève

À Université Iba Der Thiam de Thiès , la tension monte entre les étudiants et les autorités administratives. Dans un communiqué rendu public, la Conférence des amicales d’étudiants (CAE) a exprimé son profond regret face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses concrètes à ses préoccupations. Selon la coordination estudiantine, au lieu d’apporter des solutions adaptées à l’urgence de la situation, les autorités auraient choisi d’adopter une posture de confrontation, défendant une position jugée déconnectée des réalités que vivent les étudiants.

La CAE estime que les difficultés actuelles, notamment liées aux questions sociales et académiques, exigent des mesures immédiates et concertées. Elle déplore une attitude qu’elle qualifie d’intransigeante, accusant l’administration de ne pas prendre la pleine mesure des conséquences que ces blocages peuvent avoir sur le parcours universitaire et les conditions de vie des étudiants.

Face à cette situation, la Conférence des amicales d’étudiants a décidé de décréter une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures, à compter du mercredi 25 février 2026. Cette grève sera accompagnée d’une journée sans tickets prévue le jeudi, une action symbolique et stratégique qui vise à accentuer la pression sur les autorités en touchant le fonctionnement des services sociaux universitaires.

Dans son communiqué, la CAE formule des revendications précises. Elle exige le paiement intégral des rappels dus aux étudiants, soulignant que ces retards plongent de nombreux bénéficiaires dans des difficultés financières importantes. Elle réclame également le rétablissement de tous les changements opérés dans l’attribution des bourses, jusqu’à ce qu’une révision concertée soit engagée avec les représentants étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux bourses doit impérativement faire l’objet d’un dialogue inclusif afin de garantir l’équité et la transparence.

Par ailleurs, la CAE demande la réintégration immédiate des structures syndicales représentatives des étudiants, qu’elle considère comme légitimement mandatées par leurs pairs. Elle estime que l’exclusion ou la mise à l’écart de ces entités compromet le dialogue social et fragilise la stabilité du campus.

Tout en réaffirmant son attachement à un climat apaisé, la Conférence des amicales d’étudiants réprouve fermement toute tentative d’intimidation ou de répression à l’encontre des étudiants mobilisés. Elle appelle les autorités à privilégier la concertation et à ouvrir des négociations sérieuses afin d’éviter une escalade de la crise.

Sanar : la CESL décrète 48 heures de cessation des activités pour exiger le paiement des bourses

La Coordination des Étudiants de Saint Louis (CESL) a officiellement décrété une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures non renouvelables à compter de ce mardi 24 février 2026. À travers cette décision forte, la structure représentative des étudiants de Sanar entend exercer une pression directe sur les autorités afin d’obtenir la satisfaction de revendications jugées urgentes, principalement liées aux retards de paiement des bourses.

Dans un communiqué parvenu à la presse, la coordination justifie cette mesure par une situation financière devenue critique pour de nombreux étudiants. Selon ses responsables, les retards accumulés dans le versement des rappels de bourses plongent une frange importante de la communauté estudiantine dans une précarité préoccupante. Difficultés à payer le logement, à subvenir aux besoins alimentaires ou à assurer les dépenses pédagogiques de base : autant de réalités qui, d’après la CESL, compromettent les conditions d’apprentissage et la sérénité sur le campus.

Au cœur des revendications figure l’exigence du paiement intégral des rappels de bourses dus aux ayants droit. Les étudiants estiment que ces arriérés constituent un engagement formel de l’État et que leur non-versement fragilise l’équilibre social au sein de l’université. Pour Amadou Ba et ses camarades, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un impératif social qui conditionne la stabilité académique.

Au-delà de la question des rappels, la CESL se montre également vigilante sur la préservation des acquis sociaux. Elle réclame fermement le maintien des avantages actuels et s’oppose à toute modification du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études qui ne résulterait pas d’un processus de concertation avec les représentants des étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux conditions d’attribution ou aux montants des bourses doit faire l’objet d’un dialogue inclusif afin d’éviter des tensions supplémentaires.

Cette grève de 48 heures s’inscrit dans une tradition de mobilisation estudiantine à l’Université Gaston Berger, où les questions liées aux œuvres sociales et aux allocations d’études constituent régulièrement des points de crispation entre étudiants et autorités. En gelant les cours et les activités académiques, la CESL envoie un signal clair : la stabilité du calendrier universitaire demeure indissociable du respect des engagements financiers et sociaux pris par l’État à l’endroit des étudiants.

Université Cheikh Anta Diop de Dakar : vives tensions autour de la réouverture partielle des campus sociaux

L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) se retrouve une nouvelle fois au centre d’un bras de fer entre autorités universitaires et représentants des étudiants. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, le Collectif des Amicales de l’UCAD a vivement réagi à la décision du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de procéder à la réouverture des campus sociaux, tout en maintenant fermés les pavillons B et F.

Selon le Collectif, cette mesure affecte directement plus de 2 000 étudiants qui occupaient ces pavillons avant leur fermeture. Ces derniers se retrouveraient aujourd’hui sans solution de relogement clairement définie, dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques persistantes et une forte pression sur les infrastructures universitaires. Les représentants étudiants dénoncent ce qu’ils qualifient de « manque criant de responsabilité » et de « mépris flagrant » à l’égard des étudiants concernés, estimant que la décision expose des centaines de jeunes à une situation de grande précarité.

Pour le Collectif des Amicales, la réouverture partielle des campus sociaux, sans mesures d’accompagnement pour les résidents des pavillons fermés, crée une inégalité de traitement et risque d’aggraver les tensions sur le campus. Plusieurs étudiants concernés seraient contraints de se tourner vers des solutions alternatives souvent onéreuses, dans un marché locatif dakarois déjà saturé. Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur leur assiduité et leur performance académique.

Toutefois, dans une posture qu’il qualifie de responsable, le Collectif appelle les étudiants à rejoindre les campus dès le jeudi 26 février. Cette décision vise, selon le communiqué, à éviter un allongement du retard académique accumulé depuis les événements politiques de 2023, qui avaient fortement perturbé le calendrier universitaire. L’organe de représentation étudiante affirme vouloir concilier la défense des droits des étudiants et la nécessité de préserver la continuité pédagogique.

Dans cette dynamique, un point de presse est prévu le vendredi 27 février afin d’apporter davantage d’éclaircissements sur la position du Collectif et les actions envisagées. Par ailleurs, une Assemblée générale est convoquée pour le lundi 2 mars à 10 heures devant la direction du COUD. Cette rencontre devrait permettre aux étudiants de débattre de la situation et de définir une stratégie commune face aux décisions des autorités.

Crise à l’UCAD : Seydi Ndiaye appelle à la démission de Ousmane Sonko et de Daouda Ngom

La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ne faiblit pas. Plus de deux semaines après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu à la suite de violences policières lors d’affrontements sur le campus, les réactions continuent de se multiplier au sein de la communauté universitaire. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Seydi Ababacar Ndiaye, maître de conférences au département de Génie chimique et ancien secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui réclame ouvertement la démission de plusieurs autorités gouvernementales.

Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, l’universitaire n’a pas mâché ses mots. Il estime que le Premier ministre Ousmane Sonko porte une responsabilité politique dans la gestion de la crise actuelle. Selon lui, les déclarations du chef du gouvernement, affirmant qu’il ne céderait pas à ce qu’il qualifie de « chantage » des étudiants, traduisent une posture inappropriée face à une situation aussi grave. Seydi Ndiaye rappelle que, par le passé, l’actuel Premier ministre avait bénéficié du soutien des étudiants lors de ses propres démêlés judiciaires sous le régime de Macky Sall, notamment lorsque des mobilisations universitaires avaient contribué à exercer une pression politique. Pour l’enseignant-chercheur, cette contradiction justifierait aujourd’hui une remise en cause de la légitimité du Premier ministre à conduire un dialogue apaisé avec la communauté estudiantine.

La critique vise également le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Seydi Ndiaye lui reproche un discours jugé inapproprié, tenu moins de vingt-quatre heures après les événements tragiques ayant conduit au décès de l’étudiant. Selon lui, ces prises de parole ont fragilisé les bases d’un dialogue déjà délicat et ont contribué à crisper davantage le climat au sein des universités publiques. Il considère que, dans un contexte marqué par l’émotion et la colère, les autorités auraient dû privilégier l’écoute, la retenue et l’ouverture de concertations inclusives avec l’ensemble des acteurs universitaires.

Au-delà des responsabilités individuelles, l’ancien responsable syndical dresse un constat plus large et plus sévère sur l’état du système universitaire sénégalais. Il estime que la situation actuelle reflète une faillite généralisée d’un modèle qui peine à se réformer en profondeur. Selon lui, les crises répétitives, les tensions sociales récurrentes et la surcharge chronique des infrastructures traduisent l’incapacité des décideurs à engager une véritable réflexion structurelle sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Seydi Ndiaye pointe notamment du doigt la situation de l’UCAD, qu’il décrit comme étant sous le poids d’un effectif dépassant largement les normes académiques connues. L’augmentation continue du nombre d’étudiants, combinée à des capacités d’accueil et d’encadrement insuffisantes, crée un terrain propice aux frustrations et aux conflits. Pour l’universitaire, la tragédie récente doit servir d’électrochoc et conduire à une refondation en profondeur du système, fondée sur la planification, l’investissement et un dialogue sincère entre l’État, les enseignants et les étudiants.

Ousmane Sonko veut mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social et annonce l’installation d’un commissariat

Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.

Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.

Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.

Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.

Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.

L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.

Crise scolaire : le G7 des syndicats décrète un cinquième plan d’action et durcit le ton face à l’État

Réuni ce lundi 23 février 2026 au siège du SAEMSS, le G7 des syndicats de l’éducation a dressé un nouveau diagnostic préoccupant du système éducatif sénégalais. À l’issue de cette rencontre, les organisations syndicales ont annoncé un cinquième plan d’action marqué par une série de débrayages et de grèves totales, tout en réaffirmant leur détermination à obtenir le respect des engagements pris par les autorités.

Dans son communiqué, le cadre unitaire décrit une situation qu’il juge « difficile » dans les secteurs de l’éducation et de la formation. Les syndicats dénoncent notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec le gouvernement ainsi que ce qu’ils considèrent comme un retour unilatéral sur certains acquis issus de négociations antérieures. Selon eux, plusieurs points essentiels restent en suspens, alimentant un climat de frustration et de méfiance au sein du corps enseignant.

Le G7 regrette par ailleurs l’absence de réunion de suivi avec le gouvernement, pourtant annoncée, et qui devait permettre d’apporter des réponses rapides aux préoccupations des enseignants. Cette absence de cadre formel de concertation est perçue comme un signal négatif par les responsables syndicaux, qui estiment que le dialogue social peine à se traduire en mesures concrètes.

Malgré ces tensions, les syndicats saluent les initiatives entreprises par la COSYDEP et par la Commission éducation, jeunesse, sports et loisirs de l’Assemblée nationale du Senegal , engagées dans une dynamique de relance du dialogue entre les différents acteurs du système éducatif. Pour le G7, ces démarches constituent des pistes encourageantes, même si elles restent insuffisantes pour résoudre le passif social accumulé.

Les organisations syndicales mettent également en avant la forte adhésion des enseignants aux précédents mots d’ordre. Selon elles, cette mobilisation soutenue traduit l’ampleur du malaise dans le secteur et renforce la légitimité de leur combat. Elles y voient un signal clair adressé aux autorités sur l’urgence d’apporter des solutions structurelles et durables.

Après avoir évalué le quatrième plan d’action, le G7 a ainsi décidé de passer à une nouvelle phase de mobilisation. Le calendrier arrêté prévoit un débrayage le mercredi 25 février 2026 à partir de 9 heures, suivi d’assemblées générales départementales. Le lendemain, jeudi 26 février, une grève totale est annoncée sur l’ensemble du territoire. Le mouvement se poursuivra le lundi 2 mars avec un nouveau débrayage à partir de 9 heures, puis le mardi 3 mars, également à partir de 9 heures, accompagné de rassemblements devant les inspections d’académie. Enfin, une nouvelle grève totale est programmée pour le vendredi 6 mars 2026.

En parallèle, le G7 maintient le boycott des évaluations, des cellules d’animation pédagogique, de la formation des élèves-maîtres ainsi que des activités sportives scolaires. Cette stratégie vise, selon les syndicats, à accentuer la pression tout en démontrant leur capacité de mobilisation sur l’ensemble des leviers du système éducatif.

Universités sénégalaises : le collectif des amicales dénonce une situation « alarmante » et exige un dialogue inclusif

La tension reste vive dans les universités sénégalaises. Dans une déclaration rendue publique, le collectif des amicales, présenté comme la structure faîtière de représentation des étudiants, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de situation « alarmante » au sein des campus. Selon ses responsables, l’heure est à des discussions profondes, sincères et inclusives entre l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur afin d’éviter une aggravation de la crise.

Au cœur des critiques figure la méthode adoptée par les autorités universitaires et étatiques. Le collectif affirme que plusieurs rencontres auraient été organisées et des décisions prises sans la participation effective des représentants des étudiants. Une mise à l’écart que les organisations estudiantines jugent préoccupante, estimant qu’aucune réforme durable ne peut être envisagée sans l’implication directe des principaux concernés.

La réouverture progressive des campus cristallise particulièrement les frustrations. Si les activités académiques reprennent graduellement, deux pavillons de résidence demeurent fermés, affectant plus de 2 000 étudiants. Pour le collectif, cette mesure partielle crée une inégalité de traitement entre les étudiants et compromet le principe d’équité dans l’accès aux infrastructures universitaires. Les responsables estudiantins considèrent qu’une reprise sélective ne peut garantir un climat serein ni répondre efficacement aux attentes sociales.

Face à cette situation, le collectif des amicales formule une série d’exigences. Il réclame d’abord la levée des suspensions visant certaines amicales, une décision qu’il qualifie d’« illégale » et qu’il n’exclut pas de contester devant la Cour suprême du Senegal . Pour les étudiants, ces suspensions constituent une entrave à la liberté d’organisation et au droit à la représentation.

Les organisations estudiantines demandent également la tenue d’assises inclusives consacrées aux réformes universitaires. Selon elles, seule une concertation élargie, réunissant autorités académiques, pouvoirs publics et représentants étudiants, permettra d’aborder en profondeur les questions liées à la gouvernance, aux conditions sociales et au fonctionnement global des universités.

Autre point sensible : la prise en charge des étudiants blessés lors des récents événements survenus dans certains campus. Le collectif insiste sur la nécessité d’un accompagnement médical et psychologique adéquat pour les victimes, considérant qu’il s’agit d’une responsabilité morale et institutionnelle.

Par ailleurs, les représentants étudiants affirment suivre avec attention les enquêtes en cours concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, une affaire qui continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Ils appellent à la transparence et à l’établissement des responsabilités afin d’apaiser les tensions et de restaurer la confiance.

Malgré la fermeté de leur position, les organisations estudiantines invitent les étudiants à faire preuve de retenue. Elles les exhortent à attendre les prochaines orientations officielles avant tout retour massif dans les campus, dans un souci d’éviter de nouveaux incidents. Le collectif se dit ouvert au dialogue, mais prévient qu’il n’acceptera pas « l’imposition d’une pensée unique » et réaffirme sa détermination à défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants.

Réouverture progressive des campus sociaux : le COUD fixe les conditions du retour à l’UCAD

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la réouverture progressive des six campus sociaux, à compter du jeudi 26 février 2026 à partir de 9 heures. Dans un communiqué officiel, l’institution précise que cette décision vise à accompagner la reprise des activités pédagogiques au sein de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), après plusieurs semaines de fermeture consécutives aux violents événements survenus le 9 février dernier.

Toutefois, le COUD indique que, pour des raisons de sécurité, les pavillons B et F ne seront pas accessibles aux étudiants dans l’immédiat. Cette mesure intervient dans un contexte encore marqué par l’émotion et la tension, suite au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le 9 février, lors d’affrontements impliquant les forces de l’ordre, ce dernier a succombé à ses blessures après une chute du pavillon F du campus social, selon les déclarations du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye.

Face à cette situation, les autorités universitaires entendent encadrer strictement la réouverture des résidences. Dans sa note, le COUD rappelle que toutes les activités politiques ainsi que les manifestations culturelles à connotation ethnique ou régionaliste sont formellement interdites dans l’enceinte des campus sociaux. L’administration invite par ailleurs l’ensemble des résidents au respect scrupuleux du règlement intérieur, appelant à la compréhension, à la discipline et au sens des responsabilités afin de préserver un climat de solidarité et de paix durable.

Pour rappel, les campus sociaux avaient été fermés dans la foulée du drame du 9 février, dans un contexte de fortes tensions entre étudiants, autorités universitaires et forces de sécurité. Cette fermeture avait suscité une vive contestation au sein de la communauté universitaire. Enseignants et étudiants, en désaccord avec la décision du Conseil académique de l’UCAD, avaient conditionné la reprise des cours à la réouverture des campus, à la libération des étudiants arrêtés lors des manifestations et à l’établissement de toute la lumière sur les circonstances du décès d’Abdoulaye Ba.

Après la libération des représentants de l’UCAD et de l’USSEIN, la grève nationale de 72 heures suspendue

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a annoncé, ce vendredi, la suspension du mot d’ordre de grève de 72 heures décrété à l’échelle nationale. Cette décision intervient à la suite de la libération des représentants étudiants de l’UCAD et de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (USSEIN), dont l’interpellation avait suscité une vive mobilisation au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi 20 février 2026, le collectif a salué l’élan de solidarité qui s’est manifesté à travers tout le pays. Les membres ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit des étudiants du Sénégal, des différentes amicales locales ainsi que des élèves, mobilisés notamment par le biais des présidents de gouvernements scolaires. Selon le texte, cette unité d’action et cette convergence des soutiens ont joué un rôle déterminant dans l’aboutissement favorable de la situation.

La grève de 72 heures, initialement décrétée pour protester contre l’arrestation des représentants étudiants, avait été largement suivie dans plusieurs universités publiques du pays. Elle traduisait, selon ses initiateurs, une volonté ferme de défendre les droits et libertés des étudiants, tout en réaffirmant l’importance du respect des cadres de dialogue au sein des institutions universitaires.

Avec la suspension du mouvement, le collectif des amicales de l’UCAD appelle désormais à l’apaisement, tout en restant vigilant. Les responsables étudiants réitèrent leur engagement et leur détermination à servir la communauté estudiantine avec responsabilité et loyauté. Ils assurent que cette mobilisation restera un symbole fort de la capacité des étudiants à s’unir face aux défis communs.

Liberté provisoire – Waly Faye brise le silence : « Jamais ils n’auront raison sur moi »

Après neuf jours de détention, Waly Faye a été libéré sous contrôle judiciaire, une décision qui marque une étape importante dans l’affaire le concernant, mais qui, selon lui, n’altère en rien sa conviction d’innocence. Dès sa sortie, l’intéressé s’est exprimé publiquement, soulignant que cette libération ne constitue qu’une formalité judiciaire nécessaire pour faire la lumière sur les événements du 9 février. « Une chose est sûre : jamais ils n’auront raison sur moi », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant ainsi sa détermination intacte face aux accusations qui pèsent sur lui.

Waly Faye a lié sa démarche à une dimension spirituelle et morale, rejetant fermement les accusations et affirmant que ses détracteurs ne pourraient jamais prendre l’ascendant sur sa volonté. Il a également profité de cette première sortie pour s’adresser à la nation, rappelant que l’avenir du Sénégal repose sur une jeunesse consciente et dynamique, dont il entend porter les aspirations et la voix. Cette déclaration témoigne de sa volonté de transformer une épreuve personnelle en une tribune pour défendre des enjeux plus larges touchant à l’éducation, à la citoyenneté et au rôle des jeunes dans la société.

La sortie de cellule de Waly Faye a également mis en lumière l’ampleur du soutien dont il bénéficie. Il a exprimé sa gratitude envers les populations de Diourbel et de Fatick, ses terres natales, ainsi qu’au corps professoral et aux étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Il a également salué l’appui des communautés religieuses, notamment le mouvement mouhidiste, soulignant que ce soutien moral constitue un pilier central dans sa résistance face à la pression judiciaire.

Malgré les contraintes imposées par la justice, Waly Faye entend rester actif sur la scène publique. Il a annoncé qu’il reviendra prochainement pour détailler ses perspectives et les orientations de son engagement, promettant de défendre le peuple sénégalais « quel qu’en soit le prix ». Cette sortie marque ainsi un moment de refondation de son engagement politique et social, et laisse entrevoir une poursuite de son parcours caractérisée par une confrontation directe avec les défis actuels du Sénégal, dans les domaines politique, social et éducatif.

Son message, mêlant détermination, remerciements et vision d’avenir, traduit une stratégie de communication claire : transformer une situation judiciaire délicate en une occasion de renforcer son influence et de consolider sa base de soutien auprès des citoyens, des intellectuels et des acteurs religieux. La nation observe désormais comment cette étape juridique pourra façonner le rôle de Waly Faye dans le débat public et dans les prochaines échéances politiques.

Université Cheikh Anta Diop : de lourdes charges retenues contre les représentants du Collectif des Amicales

L’affaire liée aux affrontements du 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) prend une tournure judiciaire lourde pour les représentants du Collectif des Amicales des étudiants. Placés sous contrôle judiciaire ce mercredi, les principaux responsables étudiants font face à une série d’infractions qualifiées de graves par le parquet.

Selon leur avocat, Me Aboubacry Barro, les poursuites engagées contre ses clients couvrent plusieurs chefs d’accusation. Il s’agit notamment de participation à une manifestation non déclarée, d’actions diverses assimilées à des troubles à l’ordre public, de dégradation de biens publics et de manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. À cela s’ajoutent des accusations particulièrement sensibles telles que la réception de fonds en vue de compromettre la sécurité publique, la violence à agent dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que la détention illégale d’armes et de munitions.

Ces qualifications pénales exposent les mis en cause à des risques judiciaires importants si elles venaient à être confirmées à l’issue de l’instruction. Me Barro a précisé que, dans son réquisitoire, le Procureur de la République avait requis le placement sous mandat de dépôt des étudiants concernés, ce qui aurait conduit à leur incarcération en attendant le jugement.

Toutefois, le juge d’instruction a finalement décidé d’opter pour un placement sous contrôle judiciaire, une mesure moins contraignante que la détention préventive. Les étudiants restent donc en liberté, mais soumis à des obligations strictes. Ils devront notamment se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, en attendant l’évolution de la procédure.

L’avocat de la défense a salué cette décision, estimant qu’elle traduit « un sens élevé de la politique pénale et une intelligence conciliante ». Pour lui, le choix du contrôle judiciaire permet de préserver la liberté des étudiants tout en garantissant leur disponibilité pour les besoins de l’enquête.

Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP, ainsi que deux autres étudiants interpellés dans le cadre de la même affaire.

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte de forte tension au sein de l’enseignement supérieur sénégalais, marqué par des revendications sociales et académiques persistantes. L’évolution du dossier sera suivie de près par la communauté universitaire, alors que la question de la gestion des mouvements estudiantins et du maintien de l’ordre sur les campus continue de susciter un vif débat.

Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass : à Kaffrine, les étudiants réclament des infrastructures et le paiement des bourses

La tension monte au campus social de Kaffrine, rattaché à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN). Ce mercredi, les étudiants ont tenu une conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur la dégradation continue de leurs conditions d’études et pour affirmer leur solidarité avec le mouvement national qui secoue l’enseignement supérieur sénégalais.

Au nom de ses camarades, Zacharia Bakary, secrétaire général de l’amicale de l’UFR Sciences sociales et environnementales, a dressé un constat préoccupant. Selon lui, l’absence d’infrastructures universitaires propres contraint les étudiants à suivre leurs cours dans des abris provisoires installés au sein du Centre régional de formation du personnel éducatif. Un espace initialement destiné aux élèves-maîtres et aujourd’hui partagé, dans des conditions jugées inadaptées à un enseignement supérieur digne de ce nom.

Cette cohabitation forcée, combinée au manque de salles de cours, de bibliothèques fonctionnelles et d’espaces administratifs, freinerait considérablement l’épanouissement académique des étudiants et poserait la question même de l’identité universitaire à Kaffrine. Pour les responsables des amicales, il est urgent que des infrastructures permanentes soient érigées afin de garantir un environnement d’apprentissage stable et conforme aux standards universitaires.

Au-delà de la question des infrastructures, les étudiants dénoncent un encadrement pédagogique insuffisant, marqué par un déficit d’enseignants et des difficultés d’organisation académique. À cela s’ajoutent, selon eux, des retards récurrents dans le paiement des bourses, qui plongent de nombreux étudiants dans une précarité sociale préoccupante. Les lourdeurs administratives sont également pointées du doigt, accusées de ralentir les démarches académiques et de compliquer inutilement leur parcours universitaire.

Dans ce contexte déjà tendu, les étudiants de Kaffrine ont également exigé la libération de leurs camarades actuellement en détention dans le cadre des mouvements universitaires récents. Ils estiment que cette mesure constitue une condition essentielle pour restaurer un climat d’apaisement et favoriser la reprise sereine des activités académiques.

La conférence de presse a également été marquée par un hommage appuyé à Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 janvier dernier lors d’affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les étudiants de Kaffrine, ce drame symbolise la profondeur de la crise que traverse l’enseignement supérieur sénégalais. Ils appellent ainsi les autorités à apporter une réponse structurelle et durable aux revendications étudiantes, notamment sur la réforme des bourses, la réouverture des restaurants universitaires et l’amélioration globale des conditions d’études.

Université Cheikh Anta Diop : les représentants des amicales remis en liberté, mais sous contrôle judiciaire

Les trois représentants du Collectif des Amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), interpellés à la suite des affrontements du 9 février 2026 entre forces de l’ordre et étudiants, ont été remis en liberté. Ils demeurent toutefois placés sous contrôle judiciaire. L’annonce a été faite par leur avocat, Me Aboubacry Barro, lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM.

Les étudiants concernés sont Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, Bathie Fall, président de la commission sociale de l’Amicale de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), ainsi que Wally Faye, président de l’Amicale de la FSJP. Leur interpellation faisait suite aux violences survenues sur le campus social et pédagogique, dans un contexte de tensions persistantes entre étudiants et autorités universitaires.

Selon Me Barro, la procédure a également concerné deux autres étudiants, qui se sont ajoutés aux trois responsables d’amicales. Tous ont finalement bénéficié d’une remise en liberté. Toutefois, cette libération s’accompagne de mesures restrictives. Les étudiants sont placés sous contrôle judiciaire et devront se présenter à la fin de chaque mois devant le Doyen des juges d’instruction pour émarger, conformément aux obligations fixées par l’autorité judiciaire.

Cette décision judiciaire intervient dans un climat universitaire encore marqué par les tensions. Les affrontements du 9 février avaient ravivé le débat sur les conditions d’études, les retards académiques et la gestion des revendications sociales sur le campus. La libération des représentants des amicales pourrait contribuer à apaiser la situation, même si la procédure judiciaire suit son cours.

Du côté des étudiants, la mesure est perçue comme un soulagement partiel, dans l’attente d’un dénouement définitif du dossier. Pour leurs conseils, le respect strict des obligations liées au contrôle judiciaire sera déterminant pour la suite de la procédure. L’évolution de cette affaire reste donc suivie de près, tant par la communauté universitaire que par l’opinion publique.

Décès d’Abdoulaye Bâ : l’Amicale des étudiants de l’UCAD réclame toute la vérité après le point de presse du Procureur

La réaction ne s’est pas fait attendre après le point de presse du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, consacré aux circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Un membre de l’Amicale des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Serigne Saliou Fall, a exprimé son désaccord avec la communication du parquet et appelé à une clarification complète des faits.

S’exprimant sur les ondes de la RFM, le représentant estudiantin a affirmé que les étudiants ont suivi avec attention les déclarations du Procureur, mais qu’ils restent sur leur faim. « Nous avons suivi le Procureur de la République durant son point de presse, mais ce que nous attendons avant tout, ce sont les explications sur les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Bâ, et non seulement le fait qu’il aurait chuté du quatrième étage », a-t-il déclaré. Pour lui, affirmer qu’il y a eu une chute ne suffit pas à éclairer l’opinion sur les causes réelles du drame.

Serigne Saliou Fall insiste sur le fait qu’une chute depuis le quatrième étage implique nécessairement un enchaînement d’événements précis qu’il convient d’examiner avec rigueur. Selon les explications du Procureur, la présence de fumée dans la chambre aurait poussé l’étudiant à tenter de s’échapper par la fenêtre. Mais le membre de l’Amicale s’interroge sur l’origine de cette fumée. Provient-elle d’un incendie déclenché à l’intérieur du campus ou des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre lors des opérations de maintien de l’ordre ? « Tout cela reste à vérifier », soutient-il, évoquant notamment des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux qui, selon lui, montrent des éléments nécessitant une analyse approfondie.

Au-delà des circonstances immédiates du décès, la question des arrestations et de l’ouverture d’une information judiciaire alimente également les tensions. Pour Serigne Saliou Fall, la situation actuelle traduit une crise plus profonde au sein de l’université et dans la gestion des revendications étudiantes. Il estime que la réponse sécuritaire et judiciaire ne saurait constituer une solution durable. « Pour sortir de cette crise, il faut instaurer un vrai dialogue. Enfermer les gens ne mène à rien », a-t-il affirmé.

Dans un propos particulièrement critique, il a également dénoncé ce qu’il perçoit comme une volonté de l’État d’imposer des réformes sans concertation. « Aujourd’hui, on a l’impression que l’État veut imposer les réformes coûte que coûte, ce qui ressemble à une dictature. Cela ne doit pas se passer ainsi », a-t-il conclu, appelant à un apaisement fondé sur la transparence et la concertation.

Violences à l’UCAD : le Procureur Ibrahima Ndoye annonce la présentation des étudiants arrêtés à un juge d’instruction

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté de nouvelles précisions sur la procédure engagée à la suite des violences survenues le 9 février 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors d’une déclaration publique, le chef du parquet a confirmé que les étudiants interpellés lors des manifestations seront présentés, dès ce mercredi, à un magistrat instructeur.

Revenant sur les événements, le Procureur a indiqué que plusieurs personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans les troubles enregistrés sur le campus universitaire. Selon lui, certains étudiants sont soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la conception et l’organisation des actions violentes. « Certains d’entre eux, pour avoir conceptualisé, planifié, organisé, saccagé et fait saccager à tout va, ont été arrêtés, gardés à vue, conduits au parquet de Dakar et seront certainement confiés à un juge d’instruction qui se chargera d’approfondir les investigations », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le respect des procédures judiciaires en vigueur. Il a précisé que les personnes interpellées ont d’abord été placées en garde à vue avant d’être déférées au parquet. La prochaine étape consistera en leur présentation devant un juge d’instruction, conformément aux mécanismes légaux de saisine. « Dès demain, ils seront présentés à ce magistrat instructeur suivant les mécanismes classiques et procéduraux de saisine », a-t-il ajouté.

L’ouverture d’une information judiciaire marque ainsi une nouvelle phase dans le traitement de ce dossier sensible. Le juge d’instruction, une fois saisi, aura pour mission d’examiner les charges, d’entendre les mis en cause et d’ordonner, le cas échéant, des actes d’enquête complémentaires afin d’établir les responsabilités individuelles. Cette procédure pourrait déboucher sur des mises en examen si les éléments réunis sont jugés suffisants.

Ces développements interviennent dans un contexte de tension persistante au sein de l’UCAD, où les événements du 9 février ont suscité une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les autorités judiciaires, de leur côté, affirment vouloir conduire la procédure avec rigueur et impartialité, dans le respect des droits de la défense et des principes de l’État de droit.

Décès d’Abdoulaye Bâ : le Procureur Ibrahima Ndoye confirme la thèse d’une chute du 4e étage

Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, Ibrahima Ndoye, a apporté ce mardi 17 février 2026 des précisions majeures sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Lors d’un point de presse tenu au Palais de justice de Dakar, le magistrat a affirmé que les éléments de l’enquête confirment que le jeune homme est « bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F », mettant ainsi fin, selon lui, aux spéculations entourant les causes du drame.

Face aux journalistes, le Procureur a détaillé la chronologie des faits telle qu’elle ressort des investigations. Selon ses explications, Abdoulaye Bâ se serait retrouvé dans une situation de panique liée à un contexte de tension marqué par de la fumée et des flammes. « Derrière un écran de feu et un miroir de fumée, ne parvenant pas à sortir de cette menace réelle à laquelle il était exposé avec ses camarades de chambre, il a cherché son salut en passant par la fenêtre », a déclaré Ibrahima Ndoye.

Le magistrat a insisté sur le fait que la chute depuis le quatrième étage du pavillon F serait la cause directe du décès. « Abdoulaye Bâ est bel et bien l’étudiant qui a sauté du 4e étage du pavillon F et qui, malheureusement, a atterri sur l’asphalte. Ce qui explique les dommages et autres dégâts constatés par le médecin légiste », a-t-il précisé. Les conclusions médico-légales, selon le parquet, corroboreraient cette version des faits, les blessures observées étant compatibles avec un impact violent consécutif à une chute de grande hauteur.

Le Procureur de la République a également tenu à répondre aux rumeurs faisant état d’éventuelles violences ou de torture. Il a affirmé qu’aucun élément du dossier, y compris les expertises médicales, ne permet d’établir que l’étudiant aurait été battu. « Abdoulaye Bâ n’a pas été torturé, il n’a pas été battu parce qu’il n’a jamais eu de contact entre lui et les forces de l’ordre. Sa mort résulte d’une chute du 4e étage et il a atterri sur l’asphalte », a-t-il soutenu avec fermeté.

Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où la communauté estudiantine réclame depuis plusieurs jours toute la lumière sur ce décès. Les autorités judiciaires assurent que l’enquête se poursuit afin de clarifier l’ensemble des circonstances ayant conduit à ce drame.

Alors que les réactions restent vives sur le campus et dans l’opinion publique, la sortie du Procureur vise à apporter des éléments factuels et à apaiser les tensions. Reste à savoir si ces explications suffiront à calmer les inquiétudes et les revendications d’une partie des étudiants qui demandent davantage de transparence et de garanties sur les conditions ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ.

Ziguinchor paralysée par une grève de 72 heures en soutien à l’étudiant Abdoulaye Ba

Ce mardi 17 février, la quasi-totalité des établissements publics de Ziguinchor ont été désertés par leurs élèves, à la suite d’un mot d’ordre de grève de 72 heures lancé en soutien aux étudiants après la mort tragique d’Abdoulaye Ba. Dans plusieurs quartiers de la commune, les salles de classe sont restées vides, témoignant de l’ampleur du mouvement.

Dès les premières heures de la matinée, des élèves des lycées de la ville ont investi certains collèges pour faire sortir leurs camarades plus jeunes, appelant à une mobilisation générale. L’objectif affiché est de manifester leur solidarité avec les étudiants et d’exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès du jeune étudiant en deuxième année de médecine à Université Cheikh Anta Diop.

Cette grève a fortement perturbé le calendrier scolaire, notamment dans des établissements comme le lycée Kénia, où des élèves de terminale devaient entamer leurs compositions dès ce mardi matin. Les évaluations ont été compromises, plongeant l’administration et les enseignants dans l’incertitude quant à la réorganisation des examens. Dans d’autres lycées et collèges publics de la commune, les cours ont été purement et simplement suspendus.

Le mouvement trouve son origine dans les événements survenus le 9 février dernier à Dakar. Ce jour-là, Abdoulaye Ba, âgé de 21 ans, a perdu la vie lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre au sein du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop. Depuis, une vive émotion traverse le pays, particulièrement dans le milieu scolaire et universitaire. À Ziguinchor, comme dans d’autres localités, la jeunesse exprime son indignation et réclame vérité et justice.

Au-delà de la solidarité, cette mobilisation traduit un profond malaise et une volonté des élèves de se faire entendre. Les organisateurs du mouvement insistent sur le caractère pacifique de la grève, tout en appelant les autorités à apporter des réponses claires et transparentes sur les circonstances du drame.

Sénégal : le projet CNDES accélère l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle à l’école

Alors que le Sénégal engage une transformation ambitieuse de son système éducatif à travers le New Deal Technologique 2024-2034 et la Stratégie du Numérique pour l’Éducation (SNE 2025-2029), une initiative concrète vient traduire ces orientations stratégiques en actions de terrain. Le projet « Compétences Numériques des Élèves et Développement de l’Esprit Scientifique » (CNDES), porté par la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défens de l’Education Publique (COSYDEP) en partenariat avec la coopération allemande, organise les 15 et 16 février une session de travail au Centre Régional de Formation des Personnels de l’Education de Dakar.

Cette rencontre stratégique réunit une trentaine de participants, dont vingt animateurs issus des régions d’intervention du projet, trois spécialistes et plusieurs partenaires techniques. Elle marque une étape décisive dans la mise en œuvre d’un programme qui ambitionne de réduire la fracture numérique éducative et de promouvoir une utilisation pédagogique effective des technologies.

Un paradoxe persistant caractérise en effet le paysage éducatif sénégalais. Avec un taux de pénétration d’internet avoisinant 67 %, le pays affiche des progrès notables en matière d’accès au numérique. Pourtant, l’intégration des technologies dans les apprentissages reste marginale. D’après le Rapport national sur la situation de l’éducation (2023), seules 19,7 % des écoles élémentaires publiques disposent d’une connexion internet. Les disparités territoriales sont particulièrement marquées : 41,4 % des établissements urbains sont connectés, contre seulement 15,4 % en milieu rural. Au cycle moyen général, si 57,9 % des établissements bénéficient d’une connexion, celle-ci est majoritairement utilisée à des fins administratives, avec un impact encore limité sur les pratiques pédagogiques et l’apprentissage des élèves.

C’est pour répondre à ces insuffisances que le projet CNDES déploie une approche structurée autour de trois axes dans cinq régions du pays : Dakar, Saint Louis, Kedougou, Ziguinchor et Diourbel. L’initiative prévoit la mise en place de « Boutiques Numériques Éducatives » (BNE), conçues comme des espaces de ressources ouverts aux élèves, aux enseignants et aux parents. Ces centres visent à démocratiser l’accès aux outils numériques et à accompagner leur appropriation dans un cadre structuré.

En parallèle, des « Mini-Laboratoires de Recherche » seront installés afin d’initier les apprenants à la programmation, à l’algorithmique et aux bases de la pensée computationnelle. L’objectif est de stimuler la curiosité scientifique et de développer des compétences adaptées aux exigences du XXIe siècle, tout en favorisant l’innovation locale.

La session de Dakar s’articule autour de plusieurs temps forts, notamment le partage des résultats d’une étude diagnostique sur l’état des compétences numériques, des formations en ingénierie pédagogique et des ateliers pratiques de conception de vidéos mobiles. Les participants travailleront également à la production collaborative de ressources numériques contextualisées, adaptées aux réalités socioculturelles des différentes régions. Ces contenus, qu’il s’agisse de textes, de capsules vidéo ou de fiches pédagogiques, seront ensuite diffusés via les plateformes du projet afin d’en assurer une large accessibilité.

Une attention particulière sera accordée à l’éducation à l’intelligence artificielle et au développement de l’esprit critique. Dans un contexte où les outils d’IA deviennent omniprésents, il ne s’agit pas seulement de former les élèves à l’usage technique des technologies, mais de les amener à comprendre leurs mécanismes, leurs limites et leurs implications éthiques. Cette orientation vise à préparer une génération capable d’analyser l’information, de questionner les contenus numériques et d’utiliser les technologies de manière responsable et créative.

Le projet CNDES s’inscrit dans le programme GenerationDigital! de la coopération allemande, qui soutient la transformation numérique en Afrique à travers le renforcement d’écosystèmes éducatifs inclusifs et durables. Une troisième phase est d’ores et déjà envisagée afin de capitaliser les bonnes pratiques issues des expérimentations régionales et de plaider en faveur de leur généralisation à l’échelle nationale.

Arrestations à l’UCAD : le Collectif des amicales dénonce des détentions « arbitraires »

Demba Ka, Waly Faye et Bathie Fall sont réclamés libres immédiatement par le collectif étudiant, dénonçant des mesures « infondées ».

Le Collectif des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, seule structure suprême chargée de la défense des intérêts de la communauté estudiantine, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que les trois représentants des étudiants, M. Demba Ka, M. Waly Faye et M. Bathie Fall, ont bénéficié d’un retour de parquet.

Depuis le début de cette affaire, le Collectif considère ces arrestations comme arbitraires et injustifiées. Il tient à rappeler qu’il demeure la seule structure légitime habilitée à dialoguer avec les autorités afin de trouver des solutions durables pour une sortie de crise.

Cependant, nous constatons avec regret que l’autorité semble exclure toute voie de négociation, privilégiant plutôt le rapport de force. Plus grave encore, à la sortie de l’audience de nos trois représentants, un autre camarade, Mor Diouf, venu leur apporter son soutien, a été arrêté au niveau du Tribunal de Grande Instance par les forces de l’ordre.

Le Collectif dénonce avec la plus grande fermeté ces actes de poursuites et de traque visant des étudiants dont le seul tort est d’avoir défendu dignement la cause estudiantine.

En conséquence, le Collectif exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants détenus. Il informe par ailleurs l’ensemble des étudiants et élèves qu’un mot d’ordre sera publié à 20 heures sur ses canaux officiels d’information.

Le Collectif réitère son engagement et sa détermination à défendre les intérêts des étudiants et appelle à la solidarité et à la mobilisation de toute la communauté estudiantine.

Collectif des amicales de l’UCAD

Fait à Dakar, le 16/02/26

Décès d’Abdoulaye Ba : Yassine Fall promet que « la loi s’appliquera à tous »

L’émotion et la gravité étaient palpables à l’Assemblée nationale du Sénégal ce lundi 16 février 2026, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire National des Lieux de Privation de Liberté. En marge des débats, la ministre de la Justice, Yassine Fall, est revenue sur le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, un drame survenu sous son magistère et qui suscite une vive indignation dans l’opinion publique.

Face aux députés, la Garde des Sceaux a exprimé son regret et sa compassion, affirmant qu’aucune autorité ne peut se réjouir d’« une mort d’homme » dans un contexte relevant de la responsabilité de l’État. Elle a reconnu la gravité de la situation, tout en prenant un engagement solennel : faire toute la lumière sur les circonstances du décès et situer clairement les responsabilités.

Dans une déclaration ferme, Yassine Fall a assuré qu’elle n’accorderait aucune protection à quiconque aurait enfreint la loi. « En tant que ministre de la Justice, je n’accorderai aucune protection à ceux qui ne se conforment pas à la loi, qu’ils soient membres du gouvernement ou du ministère de la Justice », a-t-elle martelé devant la représentation nationale. Rappelant les positions qu’elle défendait lorsqu’elle siégeait dans l’opposition, elle a insisté sur la nécessité de rompre avec toute forme d’impunité. Selon elle, la crédibilité des institutions repose sur l’égalité de tous devant la loi.

Concernant l’enquête en cours, la ministre a promis transparence et rigueur. Elle a affirmé que toutes les personnes impliquées dans cette affaire devront répondre de leurs actes devant la justice, sans distinction de statut ni de fonction. « Personne au Sénégal ne sera au-dessus de la loi, et la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », a-t-elle déclaré, réitérant son attachement au principe d’État de droit.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des conditions de détention et du respect des droits humains. L’examen du projet de loi créant l’ONLPL, organe chargé de veiller au respect des droits fondamentaux dans les lieux de privation de liberté, donne une résonance particulière à cette affaire. Pour de nombreux observateurs, les engagements pris par la ministre seront scrutés de près, tant par la représentation nationale que par l’opinion publique, dans l’attente des conclusions de l’enquête sur la mort d’Abdoulaye Ba.

Éducation – Calendrier scolaire menacé : une grève de 48 heures annoncée

Le Syndicat Autonome pour le Développement de l’Éducation et de la Formation (SADEF) a rendu public son sixième plan d’action, marquant une nouvelle étape dans sa lutte pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs revendications professionnelles. À travers un communiqué largement diffusé, l’organisation syndicale annonce une série de mouvements d’humeur prévus cette semaine.

Selon le calendrier établi, un débrayage est programmé le mercredi 18 février à partir de 10 heures, suivi d’une grève totale les jeudi 19 et vendredi 20 février. Cette mobilisation vise à interpeller les autorités gouvernementales sur plusieurs points jugés prioritaires par le syndicat.

Des revendications axées sur le statut et la retraite des enseignants

Au cœur des exigences du SADEF figure l’application rapide des décrets n°2026-65 et n°2026-66 du 27 janvier 2026, relatifs au statut des enseignants décisionnaires. Le syndicat réclame également le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, ainsi que la révision et l’augmentation des pensions afin d’améliorer les conditions de vie des enseignants après leur carrière active.

Par ailleurs, l’organisation syndicale demande une meilleure prise en charge budgétaire des enseignants décisionnaires admis à la retraite et dénonce la surimposition appliquée aux rappels et aux salaires, qu’elle souhaite voir supprimée de manière systématique.

Questions administratives et évolution de carrière

Le SADEF insiste aussi sur la publication des arrêtés d’admission définitive au CEAP et au CAP, considérée comme une étape essentielle pour la régularisation administrative de nombreux enseignants. La réouverture du concours de NI figure également parmi les revendications majeures.

Le syndicat appelle en outre à mettre fin aux lenteurs administratives qui, selon lui, freinent l’évolution professionnelle du personnel éducatif. Il réclame enfin l’octroi d’indemnités aux EFA, estimant que ces acteurs jouent un rôle important dans le système éducatif.

Un appel au dialogue

À travers ce plan d’action, le SADEF affirme vouloir défendre « un syndicalisme autrement et mieux », tout en invitant les autorités à ouvrir des discussions urgentes afin d’éviter une perturbation prolongée du calendrier scolaire.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un contexte où les questions liées au statut, à la carrière et à la protection sociale des enseignants demeurent au centre des préoccupations du secteur éducatif.

UGB : la CESL décrète 72 heures de “Journées sans ticket” pour exiger vérité, justice et le paiement des bourses

La tension monte à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a annoncé, ce lundi 16 février, le lancement de « 72 heures de Journées sans ticket », une initiative marquée par la gratuité des services de restauration au sein du campus social. Le mot d’ordre, précisent les responsables étudiants dans un communiqué, est renouvelable en fonction de l’évolution de la situation.

À travers cette action, la CESL entend dénoncer les violences policières ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Les étudiants exigent que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et réclament que les responsabilités soient situées. « Vérité et justice » constituent, selon eux, le principal fondement de cette mobilisation, qui s’inscrit dans un climat de vive émotion au sein de la communauté universitaire.

La coordination estudiantine ne limite pas ses revendications à cette affaire. Elle demande également la « libération immédiate et sans condition » des étudiants arrêtés à l’Universite Cheikh Anta Diop de Dakar lors des récentes manifestations. Pour la CESL, ces arrestations participent d’un climat de crispation qui ne favorise ni le dialogue ni l’apaisement dans les universités publiques du pays.

Au-delà des questions sécuritaires, les étudiants placent au cœur de leurs préoccupations la réforme du système de bourses. Ils dénoncent des retards et exigent le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit. Selon eux, la situation financière précaire de nombreux étudiants rend ces paiements indispensables à la poursuite normale de leurs études.

La CESL réclame par ailleurs le maintien des acquis sociaux jusqu’à une révision concertée du décret de 2014 relatif aux allocations d’études. Les étudiants estiment que toute réforme touchant aux bourses universitaires doit faire l’objet d’un dialogue inclusif impliquant les différentes parties prenantes, afin d’éviter des mesures qu’ils jugent unilatérales et pénalisantes.

Ces « Journées sans ticket » interviennent dans un contexte général de tensions dans les universités sénégalaises, où les mouvements de protestation se multiplient. À Saint-Louis comme à Dakar, la question des conditions sociales des étudiants, combinée aux revendications liées aux libertés et à la justice, continue d’alimenter une mobilisation qui pourrait s’inscrire dans la durée si aucune réponse concrète n’est apportée par les autorités compétentes.

Kaolack : l’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) remet ses diplômes aux promotions 2022 à 2025

L’Institut Polytechnique des Affaires du Commerce (IPAC) a vécu, ce dimanche, un moment historique marqué par la cérémonie officielle de graduation des promotions 2022, 2023, 2024 et 2025. Un événement riche en émotions qui consacre plusieurs années d’efforts académiques et de formation professionnelle pour une cinquantaine d’étudiants désormais prêts à intégrer le monde du travail.

Organisée dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, la cérémonie a réuni responsables pédagogiques, autorités administratives, formateurs, parents d’étudiants, personnalités politiques ainsi que de nombreux invités venus partager ce moment symbolique. Drapés dans leurs toges et coiffés de leurs mortiers, les diplômés ont célébré l’aboutissement d’un parcours marqué par la persévérance, le sacrifice et l’engagement.

Une étape décisive dans le parcours des étudiants

Prenant la parole, Chérif Sow, directeur général de l’IPAC, a salué la détermination des récipiendaires, rappelant que ces différentes promotions constituent les pionniers d’une institution engagée dans la formation de compétences adaptées aux exigences du marché professionnel.

Selon lui, cette graduation ne représente pas seulement la fin d’un cycle académique, mais surtout le début d’une nouvelle responsabilité : celle de contribuer activement au développement économique et social grâce aux savoirs acquis.

« Aujourd’hui, vous devenez des ambassadeurs de l’excellence et du professionnalisme. Le diplôme que vous recevez est le fruit de votre travail, mais aussi un engagement envers la société », a souligné M. Sow sous les applaudissements de l’assistance.

Des témoignages empreints d’émotion

Moment particulièrement marquant de la cérémonie, les parents des lauréats ont exprimé leur reconnaissance envers le corps professoral pour son accompagnement constant. Entre souvenirs de formation, défis surmontés et ambitions futures, les témoignages ont traduit l’émotion collective qui régnait dans la salle.

Pour plusieurs diplômés, cette graduation symbolise une véritable transformation personnelle et professionnelle, ouvrant la voie à l’emploi, à l’entrepreneuriat ou à la poursuite d’études supérieures.

Un engagement pour l’employabilité et l’excellence

À travers cette cérémonie, le directeur de l’IPAC, Chérif Sow, a réaffirmé « notre volonté de former une jeunesse qualifiée, capable de répondre aux besoins du marché et de participer activement au développement national ».

Les responsables ont insisté sur l’importance de l’innovation, de la rigueur professionnelle et de l’éthique dans les futures carrières des diplômés.

La remise officielle des diplômes, ponctuée de photos de famille et de distinctions honorifiques, a constitué le point culminant de l’événement, dans une ambiance mêlant joie, fierté et espoir.

Kaolack – Formation et espoir pour la jeunesse : Sarata Sonko associée à la graduation de 21 agents du GISP-Protection

Kaolack a accueilli, ce dimanche, à la salle de délibération de la mairie, la cérémonie officielle de remise de diplômes à 21 agents de la première promotion (POMO) du Groupe d’Intervention de la Sécurité Professionnelle (GISP-Protection). Une activité marquant une étape importante dans le renforcement des compétences en matière de sécurité privée et de protection rapprochée dans la région.

Organisée en présence des responsables de la structure, des encadreurs, des partenaires ainsi que des familles des récipiendaires, la cérémonie s’est déroulée dans un esprit de reconnaissance du mérite et de valorisation du professionnalisme dans le secteur sécuritaire.

Un enjeu majeur pour la sécurité de proximité

Dans un contexte où les défis liés à la sécurité urbaine, à la protection des personnes et des biens, ainsi qu’à la prévention des risques deviennent de plus en plus complexes, la formation d’agents qualifiés apparaît comme une nécessité stratégique. À travers cette initiative, GISP-Protection ambitionne de contribuer à la professionnalisation du secteur de la sécurité privée au Sénégal.

Les responsables de la structure ont rappelé que la formation dispensée aux apprenants a porté sur plusieurs modules essentiels, notamment la gestion des risques, les techniques d’intervention, la protection rapprochée, la discipline professionnelle, ainsi que les principes d’éthique et de responsabilité dans l’exercice du métier d’agent de sécurité.

Former pour prévenir et sécuriser

Responsable politique du parti PASTEF et adjointe au maire de la commune de Kaolack chargée de la petite enfance, Sarata Sonko était la marraine de l’événement. Empêchée, elle s’est fait représenter par Khalifa Sané, porteur de son message d’encouragement et d’espoir.

Prenant la parole devant une assistance attentive, Khalifa Sané a expliqué que le choix porté sur Sarata Sonko n’est pas fortuit. Selon lui, cette distinction traduit la reconnaissance de « son engagement constant pour le développement de la ville de Kaolack et son combat permanent contre le chômage des jeunes ».

Il a rappelé que l’adjointe au maire se distingue par sa proximité avec les populations et sa volonté affirmée de promouvoir des initiatives inclusives capables d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse locale.

Dans un discours à forte charge émotionnelle, le représentant de la marraine a insisté sur l’importance de l’éducation et de la formation comme leviers de transformation sociale. « Chaque diplôme remis aujourd’hui est une victoire contre le découragement et un pas vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré, suscitant des applaudissements nourris dans la salle.

Khalifa Sané a également exprimé sa conviction qu’une gouvernance locale portée par des élus engagés pourrait impulser un changement inclusif à Kaolack. Il a ainsi appelé les populations à soutenir les initiatives incarnées par Sarata Sonko, qu’il considère comme une actrice majeure du renouveau local.

Décès d’Abdoulaye Ba : le COMES exige toute la lumière sur l’origine du traumatisme

Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) a réagi publiquement au décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de formation en chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans un communiqué, le Collectif affirme suivre avec une « attention soutenue » l’évolution de ce dossier, qualifiant la disparition de leur collègue de drame survenu dans un contexte national déjà marqué par un « déficit criant de spécialistes de santé ».

Le COMES indique avoir pris connaissance du communiqué du Procureur de la République, selon lequel les éléments disponibles à ce stade de l’enquête ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Toutefois, le Collectif rappelle que les conclusions de l’autopsie ont permis d’écarter l’hypothèse d’une cause naturelle isolée et orientent vers l’existence d’un « mécanisme traumatique majeur ».

Pour les médecins en spécialisation, une question essentielle demeure sans réponse : quelle est l’origine de ce traumatisme ? Cette interrogation, posée publiquement, traduit leur volonté d’obtenir des explications précises et transparentes sur les circonstances exactes du décès. Le COMES rejette catégoriquement toute hypothèse laissant entendre que la victime aurait pu s’infliger elle-même un traumatisme physique mortel. Le Collectif estime qu’il est inconcevable qu’un jeune étudiant de 20 ans, engagé dans un parcours exigeant en chirurgie dentaire et porteur des espoirs de sa famille, ait volontairement causé sa propre mort.

Au-delà de l’émotion suscitée au sein de la communauté médicale, cette prise de position souligne l’ampleur de l’inquiétude dans le milieu universitaire. Le COMES appelle les autorités judiciaires à conduire la suite de l’enquête avec rigueur, justesse et impartialité, afin de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et d’identifier, le cas échéant, les responsabilités.

Décès d’Abdoulaye Ba : le Procureur ouvre une enquête et écarte, à ce stade, les rumeurs de violences physiques

À la suite des violents affrontements survenus le 9 février 2026 sur le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête exhaustive. Ces heurts, qui ont opposé des étudiants à des éléments de la Police nationale du Sénégal, ont occasionné d’importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés, plongeant la communauté universitaire dans une vive émotion.

Dans un communiqué officiel, le Parquet indique avoir saisi la Sûreté urbaine afin de déterminer les responsabilités liées aux incidents. Parallèlement, la Division des investigations criminelles a été chargée d’établir les causes et les circonstances du décès de Monsieur Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine. Cette double saisine vise à faire toute la lumière, d’une part sur les violences enregistrées sur le campus, et d’autre part sur les conditions exactes ayant conduit au décès du jeune étudiant.

Le communiqué précise que plusieurs actes d’enquête ont déjà été accomplis. Des auditions ont été menées, un transport sur les lieux a été effectué et une autopsie a été pratiquée afin de déterminer les causes médicales du décès. Ces diligences s’inscrivent dans le cadre d’une procédure visant à établir les faits avec rigueur et impartialité, dans un contexte marqué par la circulation rapide de rumeurs sur les réseaux sociaux.

À ce stade des investigations, le Procureur indique que les éléments disponibles ne corroborent pas les allégations faisant état de violences physiques exercées sur la victime. Cette précision intervient alors que des informations non vérifiées ont largement circulé, alimentant les tensions au sein de l’opinion publique et de la communauté estudiantine.

Le Procureur de la République appelle ainsi à la retenue et au respect du cours normal de la justice, soulignant que seules les conclusions définitives de l’enquête permettront d’établir avec certitude les responsabilités éventuelles. Dans l’attente des résultats complets des investigations, les autorités judiciaires insistent sur la nécessité d’éviter toute spéculation susceptible de troubler l’ordre public ou d’entraver la manifestation de la vérité.

UCAD : le SAES juge « non réunies » les conditions d’une reprise académique après la mort d’Abdoulaye Ba

La coordination du Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) estime que les conditions d’une reprise académique « ne sont pas réunies », dans un contexte de fortes tensions consécutives au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba lors de violences sur le campus. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 février, les enseignants dénoncent un environnement instable qui, selon eux, ne permet pas d’assurer un enseignement effectif et serein.

Pour la coordination du SAES, le campus pédagogique et le campus social forment une « unité fonctionnelle indissociable ». Les enseignants soulignent que l’absence de restauration, d’hébergement et le dysfonctionnement des services sociaux compromettent gravement la reprise normale des activités académiques. Ils insistent sur le fait qu’il ne peut y avoir d’enseignement effectif dans un espace universitaire fragmenté, marqué par des fermetures et des restrictions liées au climat de tension.

Cette sortie du syndicat intervient au lendemain d’une décision du Conseil académique de l’UCAD. Réuni dans la matinée du jeudi 12 février, celui-ci a annoncé la suspension, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, des amicales d’étudiants. Dans le même temps, l’instance a affirmé sa volonté d’assurer la continuité des activités pédagogiques et scientifiques, dans le respect du processus de normalisation du calendrier universitaire. Une position qui tranche avec celle des enseignants, pour qui toute tentative de reprise sans apaisement préalable demeure structurellement fragile.

Le campus social, fermé en raison du climat de tensions, cristallise les inquiétudes. Pour le SAES, la normalisation du calendrier universitaire ne saurait précéder celle de l’espace universitaire dans toutes ses dimensions. Les enseignants estiment qu’on ne peut exiger la sérénité des acteurs académiques tout en maintenant un environnement marqué par la crispation et la méfiance. Ils mettent en garde contre une reprise précipitée qui risquerait d’aggraver les frustrations et d’exposer la communauté universitaire à de nouvelles perturbations.

Au-delà de la question logistique, la coordination du SAES semble poser un débat plus large sur les conditions de gouvernance et de sécurité au sein de l’université. Le décès d’Abdoulaye Ba a profondément marqué la communauté estudiantine et ravivé les interrogations sur la gestion des tensions sur le campus. Dans ce contexte, les enseignants appellent implicitement à un retour au calme et à la restauration complète du fonctionnement des services universitaires avant toute reprise effective des cours.

Crise universitaire : la CAP de l’APR réclame la démission du ministre de l’Intérieur et appelle à un dialogue urgent sur les campus

Dakar – La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a plongé les universités sénégalaises dans une crise sans précédent, mobilisant non seulement la communauté académique mais aussi les partis politiques. Ce mercredi 11 février 2026, la Cellule Analyses et Prospective (CAP) de l’Alliance Pour la République (APR) a publié une déclaration ferme, exigeant la démission du ministre de l’Intérieur et appelant à un dialogue immédiat et constructif pour restaurer la paix et la sérénité sur les campus.

Dans son communiqué, la CAP s’incline d’abord devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie, rappelant la brutalité des violences qui ont conduit à son décès, telles que révélées par l’autopsie relayée par la presse. La cellule a exprimé ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses camarades et à l’ensemble de la communauté universitaire, soulignant que la tragédie touche non seulement les proches mais aussi l’ensemble de la jeunesse et du corps estudiantin du pays.

La CAP a vivement condamné la répression exercée par les forces de sécurité sur le campus de l’UCAD, qu’elle considère comme une violation manifeste de la Loi n°94-79 du 24 novembre 1994 relative aux franchises universitaires. La cellule estime que le ministre de l’Intérieur, en sa qualité de premier responsable de la sécurité intérieure, doit répondre de la gestion de cette crise et en tirer toutes les conséquences, allant jusqu’à exiger sa démission immédiate pour manquement à ses responsabilités. La CAP demande par ailleurs que les enquêtes sur le décès d’Abdoulaye Ba soient menées avec toute la diligence, la transparence et l’impartialité nécessaires, sans protection ni complaisance, afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies et sanctionnées conformément à la loi.

La CAP critique également la communication gouvernementale, jugée inadaptée à la gravité des faits et déconnectée du drame humain. Selon la cellule, cette communication manque de compassion envers les familles des victimes et ne contribue pas à apaiser le climat de tension qui règne sur les campus. La CAP déplore que, deux ans après l’arrivée au pouvoir du régime PASTEF, aucune réponse structurelle n’ait été apportée aux difficultés persistantes de l’enseignement supérieur, et que les revendications légitimes des étudiants, notamment sur les bourses et les conditions de vie, soient traitées par la force plutôt que par le dialogue.

Parallèlement, la CAP réitère son soutien au Collectif des Amicales, qu’elle considère comme le défenseur des intérêts matériels et moraux des étudiants, et condamne la suspension de ces structures par le Conseil académique de l’UCAD. La cellule appelle à privilégier le dialogue et à renoncer à toute forme de violence, rappelant que la répression ne peut être un outil de gestion des conflits dans un État de droit.

Enfin, la CAP interpelle le Collectif des Universitaires pour la Démocratie, regroupant des signataires de pétitions universitaires entre 2021 et 2024, afin qu’il prenne position sur la situation actuelle et contribue au rétablissement de la sérénité et de la paix sur les campus. Selon la cellule, la responsabilité des intellectuels et universitaires est de guider le débat public, de soutenir le peuple et de favoriser un climat de stabilité dans les universités, qui constituent un pilier fondamental de la Nation.

La prise de position de la CAP de l’APR souligne que la crise dépasse désormais le simple cadre universitaire. Elle met en lumière des enjeux nationaux de sécurité, de respect des droits des étudiants et de responsabilité de l’État, et rappelle à tous les acteurs concernés que le dialogue et la transparence sont indispensables pour prévenir l’escalade de la violence et rétablir la confiance entre étudiants, autorités universitaires et gouvernement.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ : la famille réclame toute la lumière sur les circonstances du drame

La famille d’Abdoulaye Bâ est sortie de son silence ce jeudi pour s’exprimer publiquement sur le décès tragique du jeune étudiant, survenu le 9 février dernier à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Si les proches affichent une résignation empreinte de foi et de dignité, ils n’en demeurent pas moins déterminés à obtenir des réponses claires sur les circonstances exactes de cette disparition qui continue de bouleverser la communauté universitaire et l’opinion nationale.

Réunie autour de la mère du défunt, la famille a désigné l’oncle de l’étudiant, Mamadou Diouldé Bâ, pour porter la parole familiale. D’une voix posée, celui-ci a d’abord appelé les étudiants et l’ensemble de la population au calme et à la retenue, invitant chacun à privilégier la prière et le recueillement en cette période de deuil.

« La décision d’Allah est irréversible », a-t-il rappelé, soulignant que la famille accepte, avec foi, la volonté divine et prie pour que le défunt accède au paradis. Dans le même élan, il a exhorté les Sénégalais à adopter une posture de sérénité et de responsabilité, afin d’éviter toute escalade ou récupération autour de ce drame.

Mais au-delà de cette résilience spirituelle, la famille attend des éclaircissements précis de la part des autorités judiciaires. Mamadou Diouldé Bâ a insisté sur la nécessité d’être édifié sur les événements réels ayant conduit au décès du jeune homme à l’intérieur même du campus universitaire. Pour les proches, la quête de vérité est essentielle, non seulement pour faire le deuil dans la dignité, mais aussi pour dissiper les nombreuses spéculations qui ont circulé depuis l’annonce du drame.

La famille a également tenu à exprimer sa profonde gratitude face à l’élan de solidarité nationale. Le porte-parole a évoqué une mobilisation « exceptionnelle » lors des obsèques, marquées par la présence d’une foule nombreuse venue accompagner l’étudiant vers sa dernière demeure. « Un monde extraordinaire », a-t-il souligné, visiblement ému par cette marque de compassion collective.

Ce soutien s’est aussi manifesté à travers des visites officielles de hautes autorités académiques. Le doyen de la Faculté de Médecine, des responsables du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), ainsi que des délégations de médecins-dentistes, se sont rendus auprès de la famille pour présenter leurs condoléances et apporter leur réconfort. Des gestes salués par les proches, qui y voient une reconnaissance de la gravité de la perte subie.

Pour Mamadou Diouldé Bâ, ce deuil dépasse désormais le cadre familial. Il est devenu celui de toute une communauté universitaire et, au-delà, celui de la nation sénégalaise tout entière. Il a formulé le vœu que le pays soit épargné, à l’avenir, de telles tragédies.

Cette demande de vérité intervient alors que les conclusions médicales issues du laboratoire d’anatomie de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) commencent à circuler dans l’espace public. Ces éléments techniques semblent écarter les premières rumeurs qui oscillaient entre la thèse d’un meurtre et celle d’une crise d’asthme. Toutefois, si l’autopsie apporte des précisions sur les causes médicales du décès, elle ne saurait, à elle seule, établir les circonstances exactes des faits.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : l’autopsie révèle des traumatismes d’une extrême gravité

Le voile commence à se lever sur les circonstances du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu le 9 février 2026. Après plusieurs jours marqués par l’émotion, les interrogations et les rumeurs sur le campus, le rapport d’autopsie établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital général Idrissa Pouye (HOGIP) apporte des précisions déterminantes. Les conclusions médicales décrivent un enchaînement de lésions graves, résultant de traumatismes multiples d’une violence exceptionnelle.

Selon les constatations des médecins légistes, le corps présentait d’importantes atteintes concentrées majoritairement sur le côté gauche. Le thorax et l’abdomen ont subi un choc massif, provoquant une contusion profonde à la fois au niveau de la poitrine et du ventre. Ce type de traumatisme traduit un impact d’une grande intensité, capable d’affecter simultanément plusieurs organes internes.

La tête portait également les stigmates d’un choc violent. Les examens ont révélé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale du côté gauche, c’est-à-dire un saignement localisé entre le cerveau et le crâne. Bien qu’aucune fracture du crâne n’ait été observée, une lésion cutanée à l’arrière du cuir chevelu témoigne d’un impact significatif. Une hémorragie sous-durale est une atteinte grave, susceptible d’entraîner une détérioration rapide des fonctions vitales en l’absence d’une intervention médicale immédiate.

Les lésions thoraciques apparaissent parmi les plus sévères. La dixième côte gauche était fracturée en deux points distincts. Un fragment osseux s’est enfoncé dans le poumon gauche, provoquant des plaies profondes et une hémorragie interne massive. Cette perforation a entraîné un hémothorax, c’est-à-dire une accumulation importante de sang dans la cavité thoracique, comprimant les poumons et perturbant gravement la respiration. La onzième côte gauche était également fracturée à l’arrière, confirmant la violence de l’impact subi au niveau du flanc.

Le muscle cardiaque présentait lui aussi une contusion, signe qu’un choc direct ou indirect a atteint la région thoracique avec suffisamment de force pour affecter le cœur. Les médecins ont relevé la présence d’un hématome situé derrière cet organe vital. Une telle lésion, combinée aux autres traumatismes, aggrave considérablement le risque de défaillance circulatoire.

L’examen abdominal a mis en évidence des atteintes tout aussi alarmantes. Le rein gauche était gravement lésé au niveau de son hile, zone par laquelle transitent les principaux vaisseaux sanguins. Cette atteinte a provoqué une importante accumulation de sang autour de l’organe. La rate, quant à elle, présentait deux plaies distinctes responsables d’un saignement interne abondant dans la cavité abdominale. Or, la rate est un organe richement vascularisé : sa rupture entraîne rapidement une hémorragie massive pouvant conduire à un choc hémorragique fatal.

À ces blessures internes s’ajoutaient des dermabrasions, notamment sur le bras gauche, ainsi qu’une plaie ouverte mesurant environ 3,5 centimètres sur le flanc droit. Ces lésions externes, bien que moins déterminantes que les atteintes internes, confirment la brutalité des faits.

Dans leur ensemble, les constatations médico-légales décrivent un tableau de polytraumatismes sévères. Les organes vitaux — cerveau, poumon, cœur, rein et rate — ont été simultanément touchés, chacun présentant des lésions susceptibles, à elles seules, d’engager le pronostic vital. La combinaison de fractures costales, de perforations pulmonaires, d’atteintes viscérales et d’hémorragies internes massives rendait la survie extrêmement improbable sans une prise en charge chirurgicale immédiate et lourde.

Le rapport conclut ainsi que le décès résulte de ces traumatismes multiples et des hémorragies internes qu’ils ont provoquées. Si l’autopsie éclaire désormais les causes médicales de la mort, elle ne se prononce pas sur les circonstances exactes des faits. Il appartient désormais à l’enquête judiciaire d’établir les responsabilités et de déterminer les conditions dans lesquelles un tel enchaînement de violences a pu se produire.

Au-delà des termes scientifiques, le document met en évidence l’ampleur des blessures subies. Les lésions décrites sont médicalement incompatibles avec la vie en l’absence d’une intervention rapide et massive. Ce constat, aussi froid que précis, souligne la gravité extrême des traumatismes ayant conduit au décès d’Abdoulaye Ba.

Violences à l’UCAD : arrestations contestées, plus de 300 blessés et colère après le décès d’Abdoulaye Ba

Les violents affrontements survenus le 9 février 2026 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continuent de susciter une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Selon les informations recueillies, plus de 300 étudiants ont été blessés au cours des heurts et plusieurs interpellations ont été effectuées, parmi lesquelles figurent quatre responsables d’amicales.

Cheikh Ngom, membre du collectif des amicales de l’UCAD, a dénoncé des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires ». Il s’agit de Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, Wally Faye, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP), Demba Ka, président de l’Amicale de la Faculté des lettres, ainsi que Bathie Fall, président de la commission sociale des étudiants de la FSJP. Selon lui, ces représentants « n’ont rien fait » d’autre que de porter des revendications qu’ils estiment légitimes au nom des étudiants.

Intervenant sur les ondes de la RFM, lors du journal de 12 heures, Cheikh Ngom a également évoqué la situation préoccupante de certains étudiants interpellés, affirmant que « certains sont dans des conditions très tristes ». Il a par ailleurs précisé que parmi les blessés, plusieurs cas graves ont été enregistrés. Certains étudiants ont été hospitalisés à l’Hôpital Principal de Dakar, tandis que d’autres ont été admis au Centre de traumatologie et d’orthopédie (CTEO).

Au-delà des arrestations et du lourd bilan humain, la tension reste vive après le décès d’un étudiant, Abdoulaye Ba, qui sera inhumé ce mercredi 11 février 2026. Le collectif des amicales déplore un manque de transparence autour des circonstances de sa mort. « L’autopsie a été faite, mais les autorités refusent jusqu’à présent de la publier », a dénoncé Cheikh Ngom, pointant une opacité qui alimente la frustration et la colère au sein du campus.

À la suite de ces événements tragiques, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture du campus social à partir du mardi 10 février 2026 à 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise, selon les autorités universitaires, à prévenir de nouveaux débordements, alors que la situation demeure tendue à l’UCAD, où étudiants et responsables universitaires semblent désormais engagés dans un bras de fer aux conséquences lourdes.

La CESL dénonce une « campagne de désinformation » et exige la libération des étudiants arrêtés

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) est montée au créneau à la suite du point de presse conjoint animé par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. Dans un communiqué rendu public, la structure estudiantine fustige les déclarations faites par les autorités, qu’elle qualifie de « campagne de désinformation et de manipulation de l’opinion nationale ».

Selon la CESL, les propos tenus lors de cette rencontre avec la presse dénaturent les faits et participent à une présentation biaisée de la situation dans les universités. Les étudiants dénoncent un « lexique abusif » qui, à leurs yeux, contribue à travestir la réalité et à banaliser des « actes de barbarie exercés sur les étudiants ». Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative de décrédibilisation de leur mouvement, ils disent prendre à témoin les chefs religieux du pays ainsi que l’ensemble des parents d’étudiants.

La Coordination rejette également ce qu’elle appelle des « paroles diffamatoires » à l’encontre des syndicats d’étudiants. Elle insiste sur la légitimité de leur combat, estimant que la crise actuelle découle d’un « manque de respect venant des autorités » et d’une « application unilatérale de mesures en contradiction avec les réglementations en vigueur relatives aux allocations de bourse ». Pour la CESL, ces décisions prises sans concertation ont exacerbé les tensions et nourri le climat de défiance observé ces derniers jours.

Dans son communiqué, l’organisation estudiantine affirme que les intimidations et les mesures jugées drastiques adoptées par les autorités ne sauraient mettre un terme à leurs actions syndicales. Elle soutient que leur mobilisation vise à restaurer « la dignité, l’intégrité, la justice et le respect des droits des étudiants », qu’elle considère comme non négociables.

La CESL tient par ailleurs à préciser qu’elle demeure une « structure purement apolitique », rejetant toute tentative d’assimilation à un agenda partisan. Enfin, elle exige la libération immédiate et sans condition de tous les étudiants arrêtés, en particulier de ses camarades ainsi que des représentants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), appelant à un retour au dialogue pour une sortie de crise apaisée.

Tensions à l’UCAD : Me Mouhamadou Bamba Cissé condamne les bavures policières et lance un appel à l’apaisement

À la suite des violents affrontements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ayant entraîné la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ, inscrit en deuxième année de Médecine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve pour réagir officiellement. Dans un contexte marqué par une vive émotion et une forte pression sociale, le ministre a tenu à condamner sans ambiguïté les violences policières tout en appelant au calme et à la responsabilité collective.

S’exprimant sur ces événements tragiques, Me Bamba Cissé a reconnu que des bavures avaient été commises lors des opérations de maintien de l’ordre sur le campus universitaire. Il a fermement dénoncé ces pratiques, soulignant qu’elles ne sauraient en aucun cas être tolérées dans un État de droit. Selon lui, la situation a dégénéré de manière regrettable, conduisant à la perte d’une vie humaine, un drame qui a profondément marqué la communauté universitaire et l’opinion publique nationale. Le ministre a adressé ses prières à la mémoire de l’étudiant décédé et présenté ses condoléances à sa famille, tout en précisant que les Forces de défense et de sécurité n’avaient nullement l’intention de provoquer un tel dénouement. Il a toutefois insisté sur la nécessité de situer les responsabilités afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès.

Dans ses déclarations, le ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler le cadre de l’intervention des forces de l’ordre, qu’il a décrite comme une mission visant essentiellement à protéger les biens publics et à rétablir l’ordre face à des troubles qu’il qualifie de préoccupants. Il a affirmé que la doctrine du maintien de l’ordre prônée par son département repose sur la retenue et le professionnalisme, et qu’un maintien de l’ordre sans bavure demeure un principe non négociable. À ce titre, Me Bamba Cissé a révélé avoir donné des instructions fermes interdisant l’usage des armes à feu lors des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, une mesure qu’il présente comme une garantie supplémentaire pour la protection des vies humaines.

Le ministre a également évoqué des éléments découverts lors de fouilles effectuées dans certaines chambres d’étudiants. Selon lui, ces opérations auraient permis de mettre la main sur des objets, notamment des grenades lacrymogènes, sans toutefois préciser leur origine ni les conditions exactes de leur présence sur le campus. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations et alimente le débat sur le climat de tension qui régnait à l’UCAD au moment des affrontements.

En conclusion, Me Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à adresser un message d’apaisement à l’ensemble de la communauté universitaire. Il a affirmé comprendre et soutenir les revendications étudiantes lorsqu’elles sont légitimes, tout en rappelant que l’université doit rester un espace de savoir, de dialogue et de paix, et non un théâtre de violences. Convaincu que la grande majorité des étudiants aspire avant tout à apprendre et à réussir leur parcours académique, le ministre a insisté sur la nécessité de les encadrer, de les écouter et de les accompagner.

Alors que les enquêtes se poursuivent et que les appels à la justice se multiplient, cette prise de parole officielle vise à calmer les esprits et à réaffirmer l’engagement des autorités en faveur d’un retour à la sérénité à l’UCAD, tout en promettant que les responsabilités seront établies dans le respect des lois et des institutions de la République.

Arrestation du président de l’Amicale de la FMPO : les étudiants réclament sa libération immédiate

L’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (FMPO) est montée au créneau pour dénoncer l’arrestation de son président, Cheikh Atab Sagna. Selon un membre de la structure estudiantine, ce dernier a été interpellé à l’issue de la conférence de presse tenue ce mardi.

Dans un communiqué, l’Amicale exige la libération immédiate de son président ainsi que celle de tous les autres membres qu’elle affirme être actuellement détenus. L’organisation condamne fermement ce qu’elle qualifie « d’actes de barbarie et d’abus de pouvoir exercés à l’encontre de la jeunesse, avenir de ce pays ».

Les étudiants de la FMPO réaffirment toutefois leur attachement à une lutte qu’ils décrivent comme pacifique, responsable et légitime. Ils insistent sur la nécessité de garantir le respect des libertés syndicales et associatives dans l’espace universitaire, estimant que ces droits constituent un socle essentiel de la vie académique.

Dans le même élan, l’Amicale assure qu’elle ne reculera pas face à ce qu’elle considère comme une injustice et qu’elle ne cédera pas à l’intimidation. Elle réitère sa détermination à poursuivre son combat, tout en appelant à la mobilisation autour de la défense des droits des étudiants.

Tensions dans les universités : Daouda Ngom évoque des influences extérieures sur certains étudiants

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a pointé ce mardi l’existence d’influences extérieures dans les tensions récemment enregistrées au sein des universités publiques sénégalaises.

S’exprimant lors de la conférence de presse du gouvernement, il a déclaré que « certains étudiants subissent des influences extérieures ». Selon lui, des acteurs politiques opposés au pouvoir exerceraient des pressions sur certains responsables d’amicales étudiantes, contribuant ainsi à exacerber le climat dans les campus. « Il y a des opposants qui influencent des dirigeants d’amicales », a-t-il affirmé, tout en déplorant la présence de ces acteurs au sein des structures représentatives des étudiants.

Le ministre a regretté une situation qu’il juge préoccupante pour la stabilité du milieu universitaire, estimant que l’espace académique ne devrait pas être un terrain de confrontation politique indirecte.

Dans le même élan, Pr Daouda Ngom a lancé un appel au calme et à la retenue à l’endroit des étudiants. Il les a invités à faire preuve de responsabilité et de maturité, notamment dans le contexte marqué par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Le ministre a insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions et de préserver l’université comme un cadre d’études, de dialogue et de construction intellectuelle.

Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba : le collectif des amicales de l’UCAD saisit la justice contre l’État

Le collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) annonce le dépôt de plaintes contre les autorités sénégalaises à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Dans un communiqué rendu public ce 10 février, les étudiants disent tenir pour responsable l’État du Sénégal, à travers le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le ministre de l’Intérieur.

Le collectif déclare son intention de poursuivre ces « responsables devant les instances judiciaires nationales et internationales ». Les amicales annoncent également une plainte visant spécifiquement le Premier ministre pour « diffamation », sans en préciser pour l’instant les éléments détaillés.

Dans leur déclaration, les étudiants insistent sur leur indépendance et rejettent toute tentative de récupération ou de manipulation politique, « quelle que soit l’obédience ». Ils appellent par ailleurs les organisations de défense des droits humains à intervenir afin de constater ce qu’ils qualifient « d’actes de tortures et de barbaries perpétrés par des policiers sur ordre d’un gouvernement suffisant et autoritaire ».

Le collectif présente aussi ses condoléances à la famille de l’étudiant décédé, qu’il décrit comme un « martyr de la cause estudiantine ». Les amicales affirment qu’Abdoulaye Ba « sera immortalisé dans nos cœurs et dans notre campus ». Selon leur version des faits, le jeune étudiant « n’avait même pas participé aux affrontements », affirmant qu’il aurait été retrouvé dans sa chambre avant d’être battu à mort.

À ce stade, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur ces accusations. Cette affaire relance le débat sur la gestion des tensions en milieu universitaire et sur l’usage de la force lors des opérations de maintien de l’ordre dans les campus.

Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.

UCAD : un campus endeuillé, entre stupeur, colère et vague d’arrestations après les violences de lundi

Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réveillé ce mardi dans une atmosphère lourde de douleur et d’incompréhension. Au lendemain d’une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, la communauté universitaire est plongée dans le deuil après la mort d’un étudiant, tandis que le bilan judiciaire des événements ne cesse de s’alourdir.

La journée du lundi 9 février 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de l’histoire récente de l’enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, originaire de la région de Matam, a perdu la vie dans un contexte de fortes tensions sur le campus. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore clairement établies et font l’objet d’investigations, mais sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire et bien au-delà.

Dès l’annonce de sa mort, un climat de stupeur et de consternation s’est installé à l’UCAD. De nombreux étudiants, choqués et craignant une aggravation de la situation sécuritaire, ont préféré quitter précipitamment le campus, pliant bagages pour rejoindre leurs familles ou des lieux jugés plus sûrs. Les cités universitaires, habituellement animées, ont ainsi connu une relative accalmie, contrastant avec la violence des heures précédentes.

Les affrontements, qui ont duré une grande partie de la journée et se sont prolongés tard dans la soirée de lundi, ont donné lieu à une vaste opération de maintien de l’ordre. Selon des sources sécuritaires concordantes, plus de 105 étudiants ont été interpellés et conduits dans différents commissariats de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».

Toutefois, ces arrestations suscitent une vive polémique. Plusieurs témoignages font état de conditions d’interpellation brutales. La plupart des étudiants arrêtés présenteraient des blessures visibles, des marques de coups et des traces de sévices, alimentant les accusations de violences policières. Des images et récits circulant dans les réseaux estudiantins renforcent le sentiment d’injustice et de répression aveugle.

Face à cette situation, le collectif des délégués d’étudiants est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations « arbitraires ». Les responsables syndicaux exigent la libération immédiate de leurs camarades et appellent les autorités à faire preuve de retenue et de responsabilité dans un contexte aussi sensible. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », a confié, sous couvert de l’anonymat, un représentant syndical, résumant le sentiment général de colère et de détresse qui anime une grande partie des étudiants.

Alors que l’UCAD tente de panser ses plaies, cette tragédie relance le débat sur la gestion des crises universitaires, le dialogue entre autorités et étudiants, ainsi que sur l’usage de la force dans les espaces académiques. En attendant les résultats des enquêtes annoncées, le campus reste suspendu entre le deuil, la peur et l’exigence de vérité et de justice pour Abdoulaye Ba.

Décès d’Abdoulaye Bâ : les étudiants de l’UIDT décrètent une cessation d’activités et dénoncent l’intervention des FDS à l’UCAD

La Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) a vivement réagi à la situation jugée dramatique qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation estudiantine a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie d’ingérence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le campus social de l’UCAD, une intervention qui aurait conduit à la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

La CAE de l’UIDT a d’abord exprimé sa profonde compassion et présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée d’Abdoulaye Bâ, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine de l’UCAD. Elle a également adressé ses pensées à l’ensemble de la communauté universitaire, durement éprouvée par ce décès qui ravive le débat sur la gestion sécuritaire des espaces universitaires.

Face à la gravité des faits, la Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT estime que les campus universitaires doivent demeurer des lieux de savoir, de dialogue et de débat, et non des zones de confrontation. Elle considère que la présence et l’intervention des forces de sécurité à l’intérieur des campus constituent une menace pour la sécurité physique et psychologique des étudiants, et portent atteinte aux libertés académiques.

En signe de solidarité avec les étudiants de l’UCAD et pour marquer son indignation, la CAE de l’UIDT a décidé de décréter une cessation de toute activité pédagogique ce mardi 10 février 2026. Cette mesure vise, selon elle, à interpeller les autorités sur l’urgence de revoir leur approche dans la gestion des crises universitaires et à exiger que justice soit faite dans cette affaire.

Dans la foulée, l’organisation estudiantine a appelé le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense et de sécurité de l’ensemble des campus universitaires du pays. Pour la CAE de l’UIDT, seule une réponse politique responsable, fondée sur le dialogue avec les étudiants et les acteurs universitaires, permettra d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT conclut en réaffirmant son engagement à défendre les droits et la dignité des étudiants, tout en appelant à une mobilisation pacifique et responsable de la communauté universitaire pour la préservation de la vie humaine et du caractère sacré des espaces académiques.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : Bougane Guèye dénonce une gestion défaillante des préoccupations estudiantines

Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba a profondément bouleversé la communauté universitaire sénégalaise ainsi que la classe politique. Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions au sein des universités, continue de susciter une vague d’émotion, de tristesse et d’indignation à travers le pays. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Bougane Guèye, leader du mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars », qui a tenu à rendre un hommage appuyé au défunt tout en lançant un signal d’alarme sur la situation préoccupante du milieu universitaire.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, Bougane Guèye a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’Abdoulaye Ba, qu’il qualifie de perte immense non seulement pour sa famille et ses camarades, mais également pour la Nation tout entière. « La République perd l’un de ses enfants et l’Université l’une de ses lumières », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la valeur humaine et intellectuelle de l’étudiant disparu. Il s’est incliné avec respect devant la douleur de la famille éplorée, tout en adressant sa solidarité aux étudiants et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.

Au-delà de l’hommage, le leader de Gueum Sa Bopp a tenu à replacer ce décès dans un contexte plus large, marqué selon lui par une accumulation de dysfonctionnements et de négligences dans la gestion des préoccupations estudiantines. Pour Bougane Guèye, ce drame tragique n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un malaise profond qui gangrène le système universitaire depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir, à maintes reprises, alerté les autorités sur la fragilité du climat universitaire et sur les risques liés à une mauvaise prise en charge des revendications légitimes des étudiants.

Selon lui, la situation actuelle résulte d’une gestion qu’il qualifie de périlleuse de dossiers sensibles touchant directement la jeunesse, en particulier les étudiants, souvent confrontés à des conditions de vie et d’étude difficiles. « Ce drame tragique vient malheureusement confirmer la pertinence des alertes que nous avions lancées. Nous avions attiré l’attention sur la fragilité de la situation et sur la gestion périlleuse de dossiers sensibles touchant notre jeunesse, en particulier les étudiants. Hélas, la réalité nous rattrape aujourd’hui de la manière la plus douloureuse », a-t-il regretté.

Bougane Guèye appelle ainsi à une prise de conscience urgente des autorités, estimant que la mort d’Abdoulaye Ba doit constituer un électrochoc. Il plaide pour un dialogue sincère et responsable avec les étudiants, ainsi que pour des réponses concrètes et durables à leurs préoccupations, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Pour lui, l’avenir du pays passe nécessairement par la protection, l’écoute et la valorisation de sa jeunesse, dont les universités devraient être des espaces de savoir, de sécurité et d’épanouissement, et non des lieux de souffrance et de désespoir.

UCAD : fermeture exceptionnelle du campus social après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce mardi 10 février 2026 à partir de 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les événements survenus le lundi 9 février 2026, qui ont conduit au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Médecine.

Dans un communiqué officiel, le COUD précise que cette mesure a été prise pour des raisons de sécurité, alors que le climat sur le campus reste empreint d’émotion, de choc et de tensions. La direction estime nécessaire de suspendre temporairement l’accès au campus social afin de prévenir tout risque supplémentaire et de permettre un retour progressif au calme.

La direction du COUD a également demandé aux étudiants de ne laisser aucun bagage dans les chambres des résidences universitaires, une consigne qui s’inscrit dans le cadre de la fermeture totale du campus social. Les modalités pratiques liées à cette évacuation temporaire seront précisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Consciente de l’impact psychologique de ce drame sur la communauté universitaire, la direction a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à l’endroit des étudiants. Ce mécanisme vise à offrir un soutien moral et psychologique à ceux qui en ressentent le besoin, dans un contexte de deuil et de traumatisme collectif. Les détails pratiques concernant ce dispositif seront communiqués ultérieurement.

Dans son message, le COUD a par ailleurs présenté ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant décédé, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et à la communauté universitaire de l’UCAD. La direction a tenu à rappeler son attachement aux valeurs de dialogue et de concertation, tout en lançant un appel à la collaboration, à la sérénité et au retour au calme.

Alors que les autorités universitaires et administratives poursuivent leurs évaluations, la fermeture du campus social apparaît comme une mesure préventive destinée à préserver la sécurité des étudiants et à créer les conditions nécessaires à l’apaisement, dans l’attente de nouvelles décisions.

Université Cheikh Anta Diop : un étudiant en médecine décède dans un contexte de violents affrontements sur le campus

Un drame s’est produit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où un étudiant en deuxième année à la faculté de médecine a perdu la vie à la suite des violents affrontements survenus récemment sur le campus universitaire. Selon les informations recueillies, le corps sans vie de la victime a été acheminé et se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation.

Le décès de cet étudiant intervient dans un contexte de fortes tensions marquées par des manifestations estudiantines, des interventions répétées des forces de défense et de sécurité, ainsi que des heurts ayant dégénéré en scènes de violence. Depuis plusieurs jours, l’UCAD est le théâtre d’échanges de projectiles, d’usage de gaz lacrymogènes et d’incidents graves ayant affecté la vie académique et la sécurité des étudiants.

Pour l’heure, les circonstances exactes de la mort de l’étudiant n’ont pas encore été officiellement établies. Les autorités n’ont pas communiqué sur les causes précises du décès, ni sur le moment exact où le drame s’est produit. Cette absence d’informations alimente l’émotion et les interrogations au sein du campus, où étudiants, enseignants et personnels administratifs réclament des éclaircissements rapides et transparents.

Une enquête devrait être ouverte afin de faire toute la lumière sur ce décès tragique, déterminer les causes réelles de la mort et situer les responsabilités dans ces violences qui ont pris une tournure dramatique. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander une investigation indépendante et rigoureuse, afin que les faits soient établis et que justice soit rendue si des manquements ou des abus sont avérés.

Ce décès ravive le débat sur la gestion sécuritaire des crises universitaires et sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. De nombreux acteurs du monde universitaire estiment que l’université doit rester un espace de savoir, de débat et de formation, et non un théâtre de violences mettant en danger la vie des étudiants.

Alors que l’émotion reste vive à l’UCAD, la communauté universitaire est en deuil et appelle à l’apaisement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures urgentes pour garantir la sécurité des étudiants, rétablir un climat serein sur le campus et éviter que de tels drames ne se reproduisent. Nous y reviendrons au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

UCAD : les restaurants universitaires rouvrent après 72 heures de fermeture

Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) peuvent enfin souffler. Après soixante-douze heures de fermeture ayant fortement perturbé le quotidien universitaire, les restaurants du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) rouvrent officiellement leurs portes ce lundi 9 février 2026.

L’annonce a été faite par le Directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, qui a tenu à rassurer la communauté estudiantine sur l’engagement des autorités à préserver les missions sociales de l’État en faveur des étudiants. Selon lui, cette reprise s’inscrit dans une volonté claire de garantir l’accès à la restauration universitaire, un pilier essentiel du bien-être et de la réussite académique des apprenants.

« Cette reprise traduit la volonté de l’État de poursuivre ses missions sociales en faveur des étudiants, notamment en assurant l’accès à la restauration universitaire », a déclaré le Dr Mbodji. Il a cependant rappelé que la pérennité de ce service dépend aussi du comportement responsable des bénéficiaires.

Dans ce sens, la Direction du COUD insiste sur le respect strict du règlement intérieur, notamment l’obligation de paiement des tickets de restauration. Le Dr Mbodji a appelé les étudiants à faire preuve de discipline et de civisme afin d’éviter de nouvelles perturbations susceptibles de compromettre la continuité du service.

« Nous comptons sur la collaboration et la compréhension de tous les étudiants pour le strict respect du règlement en vigueur », a-t-il ajouté, soulignant que seule une gestion responsable et partagée permettra d’assurer un fonctionnement normal et durable des œuvres sociales universitaires.

Cette réouverture est accueillie avec soulagement par les étudiants, pour qui la restauration universitaire reste un soutien indispensable dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés sociales persistantes sur le campus.

Fermeture des restaurants à l’UIDT : les étudiants lancent une cagnotte pour nourrir leurs camarades

La fermeture des restaurants universitaires de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté estudiantine. En réaction à cette décision du CROUS/T, jugée brutale et injustifiée, la Conférence des Amicales d’étudiants a décidé de prendre les devants pour éviter que des centaines d’étudiants résidents ne se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans un communiqué rendu public, l’organisation étudiante dénonce une mesure aux conséquences sociales lourdes. Selon elle, la fermeture des restaurants universitaires affecte directement les étudiants les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent exclusivement de ces services pour assurer leur alimentation quotidienne. « Cette décision est totalement injuste et inacceptable », estime la Conférence des Amicales, qui souligne l’absence de solutions alternatives mises en place par les autorités compétentes.

Face à l’urgence de la situation, les étudiants ont choisi l’action solidaire plutôt que la résignation. Consciente des réalités difficiles vécues dans les campus sociaux, la Conférence des Amicales a annoncé le lancement d’une cagnotte destinée à financer des repas pour les étudiants résidant dans les différentes cités universitaires de l’UIDT. L’initiative se veut à la fois humanitaire et militante, traduisant la volonté des étudiants de ne laisser aucun camarade sombrer dans la précarité alimentaire.

À travers cet appel à la solidarité, les responsables estudiantins invitent toute personne de bonne volonté – anciens étudiants, parents, citoyens, organisations ou partenaires – à apporter sa contribution afin de garantir un minimum vital aux étudiants affectés par la fermeture des restaurants. Pour la Conférence des Amicales, il s’agit d’un geste de dignité et de responsabilité collective, dans un contexte où l’accès à une alimentation décente devient un combat quotidien sur les campus.

Au-delà de l’aide alimentaire, l’organisation étudiante affirme que cette initiative constitue également une réponse ferme à ce qu’elle qualifie de « tentatives de pression et d’intimidation ». Elle réaffirme sa détermination à défendre les droits fondamentaux des étudiants, en particulier le droit à des conditions de vie compatibles avec la poursuite des études.

Cette mobilisation intervient dans un climat national marqué par de fortes tensions dans les universités sénégalaises, où les questions liées aux bourses, à la restauration et aux conditions de vie alimentent régulièrement des mouvements de contestation. À l’UIDT de Thiès, la cagnotte lancée par la Conférence des Amicales apparaît ainsi comme un symbole de résilience et de solidarité étudiante face à une crise qui dépasse largement le cadre académique.

Crise universitaire : Alioune Tine appelle à un dialogue inclusif pour éviter l’impasse

La crise qui secoue les universités sénégalaises continue d’alimenter les débats publics. Pour Alioune Tine, président d’AFRICAJOM Center, les tensions actuelles dépassent largement la seule question des bourses ou des grèves estudiantines. Elles traduisent, selon lui, des limites structurelles profondes du système d’enseignement supérieur sénégalais, confronté à des mutations économiques, sociales et technologiques majeures.

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, l’acteur de la société civile a livré un diagnostic sans complaisance. À ses yeux, le modèle académique classique, fondé essentiellement sur la présence physique en salle de classe, est aujourd’hui à bout de souffle. Il estime impératif d’engager une transformation profonde du système universitaire, intégrant pleinement le numérique, l’intelligence artificielle et les technologies cognitives. « Ce n’est plus un choix, c’est une nécessité pour la survie de l’enseignement supérieur », a-t-il averti, soulignant que le monde avance à un rythme que les universités sénégalaises ne peuvent plus ignorer.

Alioune Tine a, dans ce sens, salué l’arrivée de Starlink au Sénégal et ce qu’il qualifie d’amorce d’un « new deal technologique ». Toutefois, il a mis en garde contre une transformation superficielle. Pour réussir cette mutation, l’État doit, selon lui, s’appuyer sur les compétences de la diaspora sénégalaise, notamment celles spécialisées dans les technologies avancées, afin de bâtir un enseignement supérieur adapté aux exigences du XXIᵉ siècle.

Sur la question sensible des bourses et des conditions de vie estudiantines, Alioune Tine a replacé le débat dans un contexte plus large. Il a pointé un environnement macroéconomique marqué par un endettement élevé et des politiques d’austérité qui affectent en priorité les couches les plus vulnérables de la population. Pour lui, la situation dans les campus est le reflet direct de la santé économique du pays. « Quand il y a un problème d’alimentation à l’université, cela signifie aussi que la société a faim », a-t-il déclaré, établissant un lien clair entre les difficultés des étudiants et les tensions sociales nationales.

Face à cette situation, le président d’AFRICAJOM Center estime que la réponse de l’État ne peut être ni purement administrative ni imposée de manière unilatérale. Il a plaidé avec insistance pour un dialogue inclusif et apaisé entre les autorités et le mouvement estudiantin, condition indispensable, selon lui, pour sortir durablement de la crise.

Alioune Tine appelle ainsi les pouvoirs publics à faire preuve de pédagogie, de transparence et de responsabilité. Pour l’acteur de la société civile, expliquer clairement la réalité de la crise économique, reconnaître les contraintes budgétaires et engager des discussions franches sur les sacrifices à consentir est la seule voie capable de restaurer la confiance et d’assurer une stabilité durable dans l’espace universitaire.

Crise des bourses à l’UCAD : “Sans paiement des rappels, il n’y aura aucune négociation”

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Face au gouvernement sénégalais, les étudiants grévistes durcissent le ton et ferment la porte à toute concession tant que le paiement intégral des rappels de bourses n’est pas effectif. Un message sans équivoque porté par Khadim Diouf, président de la commission pédagogique de la Faculté des sciences, qui a averti que cette revendication constitue une ligne rouge non négociable.

Invité de l’émission Objection sur Sud FM ce dimanche 8 février, le leader estudiantin a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction des autorités face à une crise pourtant bien identifiée. Selon lui, malgré les multiples alertes et mouvements de protestation, l’État ne montre aucune volonté réelle de satisfaire les doléances des étudiants. « Le paiement des rappels de bourses est non négociable », a-t-il martelé, estimant que le gouvernement tente de gagner du temps sans apporter de réponses concrètes.

Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple. Il appelle l’État à solder les arriérés et à permettre un retour à un climat apaisé au sein des universités. « Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là », a-t-il déclaré, rappelant que les étudiants représentent l’avenir du pays et constituent, selon ses termes, « la crème intellectuelle » de la nation.

Le responsable syndical a également prévenu que toute tentative de dialogue restera vaine tant que cette question centrale ne sera pas réglée. À ses yeux, il est impossible d’avancer dans les discussions avec les autorités dans un contexte où les engagements de base ne sont pas respectés. Il déplore en outre une stratégie de communication qu’il juge trompeuse, accusant le gouvernement de manipuler l’opinion publique autour de la question des bourses.

Au-delà du simple aspect financier, Khadim Diouf a tenu à rappeler le rôle vital de la bourse dans la vie quotidienne des étudiants sénégalais. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit de la seule source de revenus leur permettant de préserver un minimum de dignité. « C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels et nos bourses mensuelles », a-t-il insisté, soulignant que cet appui financier conditionne l’accès à la documentation, aux soins de santé et même à l’alimentation.

La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’État et les étudiants. Le dernier trimestre de l’année 2025 avait déjà été marqué par de fortes mobilisations à travers plusieurs campus du pays pour exiger le paiement des rappels de bourses. Après une suspension du mot d’ordre de grève en décembre, les manifestations ont repris de plus belle depuis le début du mois de février 2026. En cause, selon les étudiants, la faiblesse et la « qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités.

Alors que l’année universitaire est de nouveau menacée par des perturbations, le bras de fer se durcit. À l’UCAD, les étudiants préviennent : sans paiement effectif des rappels de bourses, aucune reprise durable des cours ni avancée dans les discussions ne sera possible. Une crise sociale et académique qui place une fois de plus la question du financement des études au cœur du débat national.

Rappels de bourses : Khadim Diouf met la pression sur l’État et juge toute négociation impossible sans paiement

La tension reste vive dans le milieu universitaire sénégalais. Président de la commission pédagogique de la faculté des sciences de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Khadim Diouf a haussé le ton face au gouvernement, estimant que le paiement des rappels de bourses des étudiants constitue une exigence « non négociable ». Il s’exprimait ce dimanche 8 février 2026 dans l’émission Objection sur les ondes de Sud FM, dans un contexte de reprise des manifestations estudiantines à travers le pays.

Selon le responsable syndical, les autorités ne font preuve d’aucune réelle volonté pour satisfaire les revendications des étudiants en grève. Il dit avoir constaté une absence d’efforts concrets de la part du gouvernement, malgré la gravité de la situation sociale que vivent de nombreux étudiants. Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple et à la portée de l’État.

« Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là. Nous sommes l’avenir de ce pays, nous sommes la crème intellectuelle », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de temporisation ou de conditionnement du paiement à des discussions ultérieures.

Le président de la commission pédagogique de la faculté des sciences a également averti que tant que cette question ne sera pas réglée, aucune avancée ne sera possible dans les négociations entre les étudiants et les autorités. Il accuse par ailleurs le gouvernement de chercher à manipuler l’opinion publique en minimisant la portée des revendications.

Pour Khadim Diouf, les rappels de bourses et le versement régulier des allocations mensuelles ne relèvent pas d’un privilège, mais d’un droit fondamental pour les étudiants. Il insiste sur le rôle vital que joue la bourse dans la survie quotidienne de milliers d’étudiants sénégalais.

« C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels, de recevoir nos bourses mensuelles, parce que c’est notre seul et unique salut pour garder notre dignité, pour avoir de quoi se documenter, pour avoir de quoi se soigner quand on est malade, pour avoir de quoi s’alimenter aussi quand on a faim », a-t-il expliqué, soulignant la précarité dans laquelle se trouvent de nombreux apprenants.

Pour rappel, le dernier trimestre de l’année 2025 avait été marqué par une vague de manifestations dans les universités publiques du Sénégal, motivées par le non-paiement des rappels de bourses. Après la suspension du mot d’ordre de grève en décembre, dans l’espoir d’un dialogue fructueux, les protestations ont repris depuis le début du mois de février 2026. Les étudiants dénoncent aujourd’hui « la qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités et réclament des actes concrets plutôt que des promesses.

Journées sans tickets à l’UIDT : le CROUS de Thiès ferme les restaurants universitaires

À la suite du mot d’ordre de « journées sans tickets » lancé par la Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès, la direction du Centre Régional des Œuvres Universitaires Sociales de Thiès (CROUS/T) a décidé de fermer, jusqu’à nouvel ordre, les services de restauration des campus de VCN et de l’hôtel du Rail.

Cette décision est intervenue après une réunion tenue entre les responsables du CROUS/T et les représentants des étudiants. Selon la direction, cette rencontre visait à échanger sur la situation et à trouver des voies de sortie face à la crise née du refus des étudiants de payer les tickets de restauration. Dans un communiqué, le CROUS/T a indiqué que « cette mesure fait suite au refus volontaire des usagers de s’acquitter du coût symbolique requis pour l’utilisation du service de restauration », rendant ainsi impossible la poursuite normale des activités dans les restaurants universitaires concernés.

Pour les autorités universitaires, le paiement du ticket constitue une condition indispensable au fonctionnement du service de restauration, notamment pour l’approvisionnement en denrées alimentaires et la prise en charge des charges logistiques. La direction estime que l’attitude des étudiants compromet la continuité du service et ne laisse d’autre alternative que la fermeture temporaire des restaurants.

De leur côté, les étudiants justifient leur action par la suppression des rappels de bourses, qu’ils considèrent comme une mesure injuste et pénalisante pour une grande partie de la communauté estudiantine. C’est dans ce contexte qu’ils ont décrété, depuis hier, des journées sans tickets d’une durée de 48 heures renouvelables, afin de faire pression sur les autorités et d’exiger le rétablissement de ces rappels.

Cette situation de tension vient s’ajouter aux nombreuses difficultés sociales auxquelles font face les étudiants de l’UIDT, notamment en matière de bourses, de restauration et de conditions de vie sur les campus. En attendant une éventuelle issue au bras de fer entre les deux parties, la fermeture des restaurants universitaires risque d’aggraver le quotidien de nombreux étudiants, pour qui la restauration subventionnée demeure un pilier essentiel de leur prise en charge sociale.

COUD : la fin des « journées sans ticket », une décision de survie face à l’hémorragie financière

Le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a décidé de mettre un terme aux « journées sans ticket » imposées lors des mouvements de contestation estudiantins. Une mesure de rigueur assumée par la direction, qui affirme ne plus avoir de marge de manœuvre face à une situation financière devenue critique.

Depuis plusieurs mois, la multiplication des journées de protestation au sein des campus universitaires s’accompagne d’une suspension forcée du paiement des tickets de restauration. Une pratique qui, selon le COUD, pèse lourdement sur les finances de l’institution. D’après les estimations officielles, chaque journée sans ticket occasionne des pertes comprises entre 90 et 100 millions de francs CFA, un manque à gagner que la structure n’est plus en mesure d’absorber.

Intervenant sur les ondes de la RFM, le directeur général adjoint du COUD, Khalifa Ababacar Diagne, a tenu un discours sans détour. Il a rappelé que cette décision n’est ni arbitraire ni punitive, mais dictée par une réalité comptable alarmante. Selon lui, l’accumulation des crises antérieures a fortement fragilisé la trésorerie du COUD, rendant la poursuite de la gratuité imposée tout simplement impossible. « Nous sommes conscients de la décision que nous avons prise, mais c’est une décision face à laquelle nous n’avions pas d’autre choix », a-t-il déclaré.

Au cœur de cette crise se trouve le décalage profond entre le prix payé par l’étudiant et le coût réel du service de restauration. Dans le cadre du régime social en vigueur, un étudiant débourse seulement 250 francs CFA pour trois repas par jour, soit 50 francs pour le petit-déjeuner et 100 francs pour chacun des deux autres repas. Un tarif largement subventionné, qui ne reflète en rien les coûts réels de production et de service.

En réalité, la différence entre le prix social et le coût réel est entièrement prise en charge par le COUD, qui reverse aux repreneurs des restaurants universitaires les montants correspondant aux prestations fournies. Lorsque les tickets sont supprimés lors des journées de contestation, la contribution, pourtant symbolique, des étudiants disparaît totalement. L’administration se retrouve alors seule face à une facture colossale, sans ressources suffisantes pour honorer ses engagements envers les prestataires.

Pour la direction du COUD, la poursuite de cette situation ferait courir un risque majeur au système de restauration universitaire. À terme, l’incapacité à payer les repreneurs pourrait entraîner un arrêt pur et simple du service, compromettant la continuité des repas jusqu’à la fin de l’année universitaire. C’est précisément ce scénario que la direction dit vouloir éviter en mettant fin à la gratuité forcée.

« Nous avons atteint nos limites », a conclu Khalifa Ababacar Diagne, indiquant qu’un rapport détaillé sur l’impact financier de ces journées sans ticket a déjà été transmis aux autorités de tutelle. Pour le COUD, la question ne relève plus d’un choix politique ou d’un bras de fer avec les étudiants, mais d’un impératif de survie logistique visant à préserver un service essentiel à des milliers d’apprenants.

UGB de Saint-Louis : la fermeture des restaurants universitaires embrase le campus

La tension est brusquement montée d’un cran à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, à la suite de l’annonce de la fermeture temporaire des restaurants universitaires par la Direction du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous). Cette décision administrative a provoqué une vive réaction des étudiants, débouchant en fin de journée sur des affrontements avec les forces de l’ordre et ravivant les inquiétudes autour du climat social dans l’enseignement supérieur sénégalais.

Dans l’après-midi, le dispositif sécuritaire a été renforcé aux abords du campus universitaire. Des éléments de l’Escadron d’intervention de Saint-Louis ont été déployés, équipés de matériel de protection et d’intervention, avec pour mission de prévenir tout débordement et de sécuriser les zones sensibles, notamment l’axe routier longeant l’université.

Aux alentours de 18 heures, la situation a dégénéré. Selon plusieurs témoins, des groupes d’étudiants ont érigé des barricades et lancé des pierres ainsi que des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre. En réponse, les gendarmes ont fait usage de grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants et de rétablir la circulation sur la route nationale n°2 (RN2), un axe stratégique reliant Saint-Louis à d’autres localités du nord du pays. Les affrontements ont provoqué une vive panique dans les environs du campus, paralysant temporairement la circulation.

Cette montée de tension faisait suite à une assemblée générale organisée vers 16 heures par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl). À l’issue de cette rencontre, la structure représentative des étudiants a annoncé un durcissement de sa position face à ce qu’elle considère comme une décision « injuste et provocatrice » de l’administration universitaire.

À l’origine de la contestation, un communiqué du Crous informant de la fermeture temporaire des restaurants universitaires. Une mesure prise dans un contexte déjà marqué par de fortes revendications estudiantines, notamment le paiement intégral des rappels de bourses. Les étudiants dénoncent une précarité persistante et estiment que la restauration universitaire constitue un service vital pour la majorité d’entre eux.

Ces dernières semaines, les étudiants avaient instauré des journées dites « sans ticket » dans les restaurants universitaires, permettant l’accès aux repas sans paiement préalable. Une initiative que l’administration a interprétée comme une entorse grave au fonctionnement normal du service de restauration, justifiant selon elle la décision de fermeture.

Pour la Coordination des étudiants de Saint-Louis, cette mesure est perçue comme une provocation de trop. Dans une déclaration, la Cesl a appelé les étudiants à l’unité et à la solidarité, avertissant que le mouvement pourrait s’intensifier si les autorités universitaires ne reviennent pas sur leur décision. La coordination affirme se réserver le droit d’user de « tout son arsenal de lutte syndicale » pour faire aboutir les revendications.

Au même moment, des tensions ont également été signalées à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, où des étudiants ont exprimé leur mécontentement face à des problématiques similaires liées aux conditions de vie et d’études. Cette concomitance des mouvements de contestation dans les deux principales universités publiques du pays alimente les craintes d’une extension de la crise à l’ensemble du système d’enseignement supérieur.

Fermeture des restaurants universitaires de l’UCAD : Abdou Mbow dénonce une décision « injuste et inhumaine »

La décision de l’État de fermer les restaurants universitaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de provoquer une onde de choc sur la scène politique et sociale. Alors que la tension reste vive dans le milieu universitaire, le député Abdou Mbow est sorti de sa réserve pour condamner fermement une mesure qu’il juge « injuste, illégale et profondément inhumaine », estimant qu’elle fragilise davantage une population estudiantine déjà éprouvée par la précarité.

Dans une déclaration rendue publique, le parlementaire s’est indigné du contexte dans lequel intervient cette fermeture. Selon lui, après les retards et refus observés dans le paiement des bourses, l’État franchit un nouveau palier en privant les étudiants de leur principal moyen d’accès à une alimentation quotidienne. Abdou Mbow considère que cette décision équivaut à une sanction collective infligée à des milliers d’apprenants, dont beaucoup dépendent exclusivement des restaurants universitaires pour se nourrir à moindre coût.

Pour le député, la fermeture des restaurants universitaires constitue une atteinte grave aux droits sociaux fondamentaux des étudiants. Il dénonce une politique qu’il qualifie d’irresponsable et totalement déconnectée des réalités du campus universitaire. Dans un environnement marqué par des difficultés financières, des conditions de logement souvent précaires et une pression académique constante, empêcher les étudiants de se restaurer correctement revient, selon lui, à compromettre non seulement leur santé physique, mais aussi leur dignité et leurs chances de réussite universitaire.

Abdou Mbow avertit également sur les conséquences à moyen et long terme d’une telle mesure. Il estime que la privation d’un service social aussi essentiel risque d’exacerber les tensions déjà perceptibles au sein de l’UCAD, d’alimenter la colère des étudiants et de fragiliser davantage la stabilité du climat universitaire. À ses yeux, l’État devrait plutôt privilégier le dialogue et la recherche de solutions durables, au lieu d’opter pour des décisions qu’il juge punitives et contre-productives.

Journées sans ticket : le COUD ferme tous ses restaurants universitaires jusqu’à nouvel ordre

Face à la persistance du mouvement de contestation des étudiants des universités publiques du Sénégal, marqué par la multiplication des Journées sans ticket (JST), le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a décidé de durcir le ton. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, la direction de l’institution a annoncé la fermeture immédiate de l’ensemble de ses restaurants universitaires, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision radicale intervient dans un climat de tensions croissantes entre les étudiants et les autorités universitaires, sur fond de revendications liées notamment aux conditions de restauration et à la gestion des tickets. Selon le COUD, les actions menées dans le cadre des JST ont pris une tournure préoccupante, allant bien au-delà de la simple protestation pacifique.

Dans son communiqué signé par le directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, l’institution rappelle d’abord les « importants efforts humains, matériels et financiers » consentis ces derniers mois pour améliorer durablement la qualité des services de restauration offerts aux étudiants. Ces investissements, souligne la direction, visaient à répondre aux attentes des pensionnaires et à renforcer la viabilité du système de restauration universitaire.

Toutefois, le COUD estime que ces efforts sont aujourd’hui sérieusement menacés. La direction déplore des actes répétés imputés à certains étudiants, qualifiés sans détour « d’actes de sabotage ». Le communiqué parle d’agissements « inqualifiables et insoutenables », pointant du doigt des perturbations graves dans le fonctionnement normal des restaurants universitaires, des dégradations d’infrastructures ainsi qu’un impact financier jugé lourd pour l’institution.

Face à ce que le COUD qualifie de « forfaiture », le ton employé se veut désormais ferme. La direction affirme agir conformément aux instructions reçues du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À ce titre, elle précise qu’« aucune Journée sans ticket ne sera tolérée », marquant ainsi une ligne rouge claire face à la poursuite du mouvement.

En attendant une éventuelle sortie de crise, la fermeture des restaurants universitaires risque d’affecter des milliers d’étudiants, pour qui la restauration subventionnée constitue un pilier essentiel du quotidien universitaire. Consciente de la gravité de la situation, la direction du COUD conclut son communiqué par un appel à la responsabilité collective, invitant l’ensemble de la communauté universitaire à faire preuve de retenue et de sens civique afin de préserver les acquis et favoriser un retour rapide à la normale.

UGB de Saint-Louis : la CESL lance 48 heures de Journées sans ticket et pose ses conditions

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 48 heures de « Journées sans ticket », renouvelables, à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Cette décision, annoncée dans un communiqué daté du 5 février 2026, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les étudiants et les autorités universitaires autour de questions sociales et académiques jugées prioritaires par la communauté estudiantine.

Selon la CESL, la levée de ce mot d’ordre est strictement conditionnée à la satisfaction de plusieurs revendications. Au premier rang figure le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit, une exigence que les étudiants considèrent comme non négociable. Ils dénoncent des retards récurrents qui fragilisent leur quotidien et compromettent la poursuite normale des études, dans un environnement déjà marqué par la cherté de la vie et les contraintes liées au logement et à la restauration universitaires.

Au-delà de la question des rappels, la Coordination insiste sur le maintien des acquis sociaux des étudiants. Elle réclame que ces acquis soient préservés en attendant une révision concertée du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études. Pour la CESL, toute réforme de ce texte doit se faire dans la concertation et la transparence, afin d’éviter des décisions unilatérales susceptibles d’aggraver la précarité étudiante.

Tout en durcissant le ton à travers cette action de protestation, la CESL affirme ne pas rompre avec la voie du dialogue. Dans son communiqué, elle réitère son attachement à la défense de la cause estudiantine et se dit disposée à poursuivre les échanges avec les autorités compétentes en vue de parvenir à une issue favorable à la crise. La Coordination appelle ainsi à des réponses rapides et concrètes, estimant que seule la satisfaction de ses revendications permettra un retour durable à la normale sur le campus de l’UGB.

Réforme des bourses universitaires : le MESRI précise les enjeux et rassure les étudiants

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a tenu à apporter des éclaircissements sur les motivations ayant conduit à l’organisation d’un atelier national consacré à la préparation d’une nouvelle politique de bourses d’études et à la révision du décret n°2014-963 du 1er août 2014, qui fixe les conditions d’attribution des allocations d’études dans l’enseignement supérieur.

Dans un communiqué rendu public, le MESRI explique que cette initiative s’inscrit dans sa démarche habituelle fondée sur la concertation, le dialogue et l’inclusivité. L’atelier, organisé à Dakar, a réuni l’ensemble des acteurs clés du système d’enseignement supérieur. Ont notamment pris part aux travaux les services du MESRI, ceux du ministère chargé des Finances, des organisations de la société civile, des associations de parents d’élèves, les syndicats du personnel enseignant et administratif (PER et PATS), ainsi que les amicales d’étudiants, les apprenants des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et les représentants des sites universitaires externes.

Selon le ministère, cet atelier participatif visait avant tout à jeter les bases d’une évaluation financière approfondie du système de bourses sur la période 2020-2025, assortie d’une projection à l’horizon 2030. Cette démarche devait permettre de mieux apprécier la soutenabilité du dispositif actuel, tout en identifiant les insuffisances et les limites du cadre réglementaire en vigueur. Il s’agissait également de proposer des ajustements destinés à mettre fin à certaines pratiques jugées non conformes à l’orthodoxie budgétaire, tout en renforçant l’équité et l’inclusivité sociale dans l’attribution des allocations d’études.

Le MESRI reconnaît que le déroulement de l’atelier a été marqué par le retrait d’une partie des étudiants dès la première journée. Toutefois, le ministère assure que cette situation n’a pas empêché d’atteindre les objectifs fixés. Les échanges ont permis de formuler des recommandations issues des contributions des participants encore engagés dans les travaux. Ces propositions seront, précise le communiqué, soumises à l’appréciation des autorités compétentes pour décision.

Face aux informations qui ont circulé dans l’opinion publique, le MESRI a tenu à lever toute ambiguïté. Le ministère dément formellement les rumeurs faisant état d’une remise en cause des droits acquis des étudiants. Il n’a, à aucun moment, été question de réduire les taux de bourses ni de supprimer des allocations existantes. L’objectif affiché demeure l’amélioration du système, et non sa remise en cause au détriment des bénéficiaires.

S’inscrivant dans les orientations définies par les plus hautes autorités du pays, le ministère indique qu’il est engagé dans une réflexion globale sur l’élaboration d’une nouvelle politique nationale des allocations d’études. Dans ce cadre, une attention particulière est accordée à une meilleure convergence entre les périodes de paiement des bourses et le calendrier réel des enseignements, afin de répondre plus efficacement aux besoins des étudiants.

En conclusion, le MESRI a exprimé sa gratitude à l’ensemble des acteurs ayant participé à cet atelier national. Il les invite à poursuivre les concertations lors des prochaines étapes du processus, avec pour ambition de parvenir à un large consensus autour d’un cadre réglementaire rénové et de modalités d’attribution des bourses plus adaptées aux réalités actuelles de l’enseignement supérieur.

Université Assane Seck Ziguinchor : le SAES déclenche un débrayage de 48 heures pour dénoncer retards de salaires et conditions de travail dégradées

À l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), le climat social se tend davantage. Le Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES), section locale, a annoncé un débrayage de 48 heures à compter de ce lundi 2 février 2026. Une grève d’avertissement motivée par des retards de salaires jugés récurrents, des conditions de travail précaires et le non-respect des promotions académiques obtenues par certains enseignants.

Selon le SAES, l’administration universitaire a une nouvelle fois failli à ses obligations salariales. Une situation qui, d’après les syndicalistes, n’est malheureusement pas inédite. « L’administration a encore récidivé après nous l’avoir fait en décembre dernier. À l’époque, nous avions dû attendre jusqu’au 5 janvier pour percevoir nos rémunérations », a dénoncé Moussa Diallo, membre de la section SAES de l’UASZ, au micro d’iRadio. Pour le syndicat, ces retards répétés traduisent une légèreté inacceptable face à ce qu’il considère comme un droit fondamental. « Le salaire est sacré. Aujourd’hui qu’ils remettent ça, nous aussi nous allons remettre ça. Le salaire est un dû », martèle le syndicaliste.

Au-delà de la question financière, les enseignants attirent l’attention sur la dégradation continue de leur environnement de travail. Les bureaux dits « Fessmann », constitués de conteneurs métalliques, cristallisent particulièrement le malaise. Victimes d’un vol de câbles survenu il y a près de cinq mois, ces espaces sont privés d’électricité, ce qui entraîne l’absence totale de climatisation. Une situation devenue insoutenable sous le soleil de Ziguinchor. « À partir de certaines heures de la journée, cela devient invivable », déplore Moussa Diallo.

Malgré les nombreuses alertes lancées par les enseignants, les travaux de réparation tardent à être engagés. Cette inertie administrative, selon le SAES, rend l’exercice des fonctions pédagogiques et de recherche quasiment impossible dans ces structures métalliques, et témoigne d’un manque d’urgence dans la prise en charge des conditions de travail du personnel enseignant.

Le mouvement d’humeur porte également sur la reconnaissance des carrières académiques. Plusieurs enseignants admis au concours du CAMES l’année dernière attendent toujours leur alignement administratif et financier. Ce retard, qui affecte directement leurs revenus et leur statut, pèse lourdement sur le moral des concernés. Pour le syndicat, il s’agit là d’un signal négatif envoyé à l’excellence et au mérite académique, pourtant au cœur de la mission universitaire.

Prévue pour les lundi 2 et mardi 3 février 2026, cette grève de 48 heures se veut un avertissement solennel. Le SAES parle clairement d’une « alerte » et prévient que, sans réaction rapide des autorités universitaires et de la tutelle, le mouvement pourrait s’intensifier. Salaires, infrastructures et carrières restent ainsi au centre des revendications, dans un contexte où les enseignants exigent des réponses concrètes et durables.

Éducation à Kaffrine : la COSYDEP veut documenter l’impact de l’état civil sur la qualité des apprentissages

À Kaffrine, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) ambitionne de renforcer la gouvernance du système éducatif en s’attaquant à une problématique souvent sous-estimée : l’impact de l’état civil sur la qualité des apprentissages.

Annonçant la prochaine mise en place d’un observatoire local de la qualité de l’éducation, le directeur exécutif de la COSYDEP, Cheikh Mbow, a souligné la nécessité de disposer de données fiables, pertinentes et contextualisées pour mieux orienter les politiques éducatives. Cet outil vise à documenter les obstacles liés à l’absence ou à l’irrégularité des actes d’état civil, des situations qui entravent l’accès à l’école, fragilisent la continuité des parcours scolaires et compromettent la réussite des apprenants.

L’observatoire se veut également un véritable instrument d’aide à la décision. Il produira des analyses exploitables par les autorités éducatives, les collectivités territoriales et les organisations de la société civile. Il constituera par ailleurs un cadre de réflexion et d’expérimentation pour proposer des solutions adaptées aux réalités locales, notamment en faveur des enfants issus des couches sociales les plus vulnérables.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une session de renforcement de capacités consacrée à l’égalité de genre et à l’inclusion sociale (GESI), organisée par la COSYDEP en collaboration avec les acteurs du système éducatif régional. Présente à la rencontre, la coordinatrice régionale de la COSYDEP à Kaffrine, Aissatou Sanou Gaye, a insisté sur l’importance d’une compréhension partagée de ces concepts pour garantir une éducation plus équitable et inclusive.

À travers cette initiative, la COSYDEP réaffirme son engagement en faveur d’une éducation de qualité, fondée sur l’équité, l’inclusion et une meilleure prise en compte des déterminants sociaux, parmi lesquels l’état civil demeure un maillon essentiel.

UGB : les étudiants observent 24 heures de cessation des activités pédagogiques pour exiger des réponses urgentes

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis fait face à une nouvelle zone de turbulence. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 24 heures de cessation de toutes les activités pédagogiques, assorties de 24 heures de journées sans tickets, non renouvelables, à titre d’alerte. Cette décision, annoncée dans un communiqué rendu public le 23 janvier, vise à interpeller les autorités sur ce que les étudiants qualifient de « manque de considération » et d’« inertie prolongée » face à leurs préoccupations.

Selon la CESL, cette action intervient après plusieurs tentatives infructueuses de dialogue avec les autorités compétentes. La coordination rappelle qu’à l’issue de la dernière crise universitaire, un certain nombre de difficultés majeures avaient été clairement exposées, donnant lieu à des engagements pris par les autorités. Toutefois, plusieurs mois après ces promesses, les étudiants affirment ne constater aucune avancée concrète dans la résolution des problèmes soulevés.

Dans le cadre du suivi de sa plateforme revendicative, la CESL dit observer avec une profonde inquiétude l’absence de réponses institutionnelles. À en croire la coordination, aucun cadre d’échange effectif n’a, à ce jour, permis d’apporter des éclaircissements sur les solutions attendues. Cette situation alimente un climat de frustration et de mécontentement au sein de la communauté estudiantine, qui estime que ses revendications légitimes sont reléguées au second plan.

Face à ce qu’elle considère comme une forme de désintérêt des autorités, la CESL exige une rencontre urgente avec l’autorité compétente afin de discuter sérieusement des préoccupations des étudiants et d’aboutir à des solutions durables. La coordination prévient également que si les autorités continuent de « lambiner » sur les questions soulevées, elle se réserve le droit de durcir le mouvement. Elle affirme être prête à user de tous les moyens de lutte syndicale pour rétablir les étudiants dans leurs droits.

Malgré la fermeté de sa position, la CESL réaffirme son attachement au dialogue et à la recherche de solutions pacifiques. Elle se dit pleinement engagée et disponible pour défendre la cause estudiantine, tout en appelant les autorités à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une nouvelle crise susceptible de perturber durablement le fonctionnement de l’Université Gaston Berger.

COUD : des armes découvertes dans des chambres d’étudiants, le ministre Daouda Ngom annonce des sanctions fermes

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a tiré la sonnette d’alarme après la découverte d’armes blanches et d’objets dangereux dans certaines chambres d’étudiants au sein des résidences universitaires du Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD). Les faits ont été révélés à la suite d’opérations de contrôle récemment menées par les agents de sécurité de l’établissement.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 23 janvier, le ministre Daouda Ngom a exprimé sa vive préoccupation face à la présence de tels objets dans un environnement académique. Il a rappelé avec insistance que l’université doit rester un espace dédié au savoir, à la tranquillité, à la liberté intellectuelle et à la sécurité, loin de toute forme de violence ou de menace.

Selon le ministre, l’introduction, la détention ou l’usage d’armes, qu’il s’agisse d’armes blanches ou de tout autre objet contondant, est strictement interdite dans les établissements d’enseignement supérieur. Il estime que ces pratiques constituent non seulement une violation grave des règlements universitaires, mais également un danger réel pour la sécurité des étudiants, du personnel administratif et des enseignants.

Face à cette situation jugée préoccupante, Daouda Ngom a annoncé le renforcement des mesures préventives, en étroite collaboration avec les autorités académiques et les forces de sécurité de l’État. Ces actions viendront compléter les campagnes de sensibilisation déjà engagées auprès des étudiants afin de promouvoir un climat de paix et de respect mutuel sur les campus universitaires.

Le ministre a également été clair sur les conséquences à venir. Des mesures disciplinaires et pénales seront envisagées contre toute personne dont la responsabilité sera établie dans la détention ou l’usage de ces objets prohibés. Il a précisé que la tolérance zéro sera appliquée pour préserver l’ordre et la sécurité au sein des universités publiques.

En conclusion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé un appel solennel à l’endroit de l’ensemble des étudiants, les invitant à faire preuve de responsabilité, à renoncer à toute forme de violence et à s’engager activement dans la préservation de la cohésion sociale et de la sécurité au sein des espaces universitaires.

La Ligue islamique mondiale lance un vaste programme d’allocations au profit de 2 771 orphelins sénégalais

Le bureau régional de la Ligue islamique mondiale (LIM) à Dakar a procédé au lancement officiel du programme de versement des allocations destinées aux orphelins sénégalais pris en charge par l’organisation. Cette initiative humanitaire d’envergure concerne 2 771 orphelins répartis dans plusieurs localités du Sénégal, pour une enveloppe globale estimée à 1 161 819 480 francs CFA.

La cérémonie, marquée par une forte portée sociale et symbolique, s’inscrit dans la dynamique de solidarité et de protection des couches les plus vulnérables de la société sénégalaise. À cette occasion, le Directeur général régional de la Ligue islamique mondiale au Sénégal, M. Abdallah Khalid Housseyni, accompagné de sa délégation, a rappelé la philosophie et les fondements spirituels qui guident l’action de la LIM en faveur des orphelins.

Selon lui, la Ligue islamique mondiale considère les orphelins comme un pilier essentiel de la société de demain. « La Ligue mondiale compte sur ses orphelins pour construire la société de demain. Nous fondons notre action sur le hadith du Prophète, qui a promis à ceux qui prennent en charge les orphelins qu’ils seront ses voisins au paradis », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la dimension à la fois humanitaire, sociale et religieuse de cet engagement.

Présent à la cérémonie, le ministère de la Famille et des Solidarités, également en charge de la promotion des droits et de la protection des enfants, a vivement salué l’initiative de la Ligue islamique mondiale. Représentant le ministère, M. Oumar Samb, conseiller technique du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a magnifié ce geste qu’il qualifie de soutien précieux aux familles vulnérables et aux enfants en situation de fragilité.

Il a, par ailleurs, annoncé la signature prochaine d’un protocole de partenariat entre le ministère et le bureau régional de la Ligue islamique mondiale. Selon lui, ce cadre de collaboration permettra de renforcer la protection sociale des orphelins et d’optimiser les actions sur le terrain. « C’est un partenariat extrêmement important pour lequel le ministère s’engage à mettre à la disposition du partenariat l’ensemble des mécanismes qui travaillent sur ce volet de protection sociale », a-t-il affirmé.

Cette initiative s’inscrit dans le programme global de la Ligue islamique mondiale visant à accompagner durablement les populations vulnérables, notamment les orphelins, à travers des interventions ciblées dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’encadrement social. À travers ce programme, la LIM réaffirme son engagement à œuvrer aux côtés des autorités sénégalaises pour garantir un avenir plus digne et plus sécurisé aux enfants privés de soutien parental.

Marche pacifique à Thiès : le G7 hausse le ton et exige le respect des accords signés avec l’État

Les syndicats regroupés au sein du G7 sont descendus dans la rue ce jeudi à Thiès pour une marche pacifique visant à dénoncer le non-respect des accords signés avec l’État. Au moment où ces lignes sont écrites, les manifestants battent le macadam dans les principales artères de la ville, affichant leur détermination à obtenir des réponses concrètes du gouvernement face à des revendications qu’ils jugent légitimes et urgentes.

À travers cette mobilisation, le G7 entend rappeler aux autorités la nécessité de respecter leurs engagements, notamment en ce qui concerne le paiement à temps des salaires des enseignants et des indemnités liées aux examens. Les syndicats exigent également une implication effective du G7 dans les activités du ministère de l’Éducation nationale, dénonçant une mise à l’écart systématique lors de la validation de documents stratégiques et d’autres cadres de concertation.

Les responsables syndicaux pointent du doigt l’important passif social accumulé par l’État, en particulier le retard dans la signature de nombreux décrets issus des accords conclus. Ils fustigent également la persistance de lourdeurs administratives qui entravent l’application effective des décisions prises, ainsi que l’iniquité salariale persistante au détriment du secteur de l’Éducation et de la Formation. À cela s’ajoutent les problèmes récurrents de surimposition sur les rappels de salaires et les indemnités, une situation jugée injuste par les travailleurs.

Dans leur déclaration, les syndicats du G7 exigent du gouvernement la prise en charge immédiate de l’ensemble de ces préoccupations et l’ouverture de négociations sérieuses autour de plusieurs points jugés prioritaires. Ils dénoncent notamment les retards persistants dans le paiement des salaires des enseignants contractuels, constatés ces derniers mois, ainsi que le non-versement ou le retard de paiement des indemnités d’examens, en particulier dans la formation professionnelle et technique. Sont également concernés les professeurs d’Éducation physique et sportive des inspections d’académie de Dakar, Rufisque et Pikine-Guédiawaye, les acteurs de la surveillance du baccalauréat, ainsi que les intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025.

Le G7 dénonce par ailleurs son exclusion des activités du ministère de l’Éducation nationale, regrettant de ne pas être associé à la validation des documents stratégiques du NITHE et à d’autres initiatives majeures du secteur. Les syndicats critiquent ce qu’ils qualifient de dilatoire du gouvernement dans l’apurement du passif social et déplorent l’absence de mesures concrètes pour corriger le système de rémunération actuel.

Parmi les autres revendications figurent l’absence de prise en charge de la supervision des examens du CFEE et du BFEM par les inspecteurs, ainsi que les nombreuses difficultés liées à l’organisation des examens du CAP et du CEAP, marquées par des irrégularités, des retards et le non-respect de l’échéance de décembre pour la publication des arrêtés. Le G7 réclame également la révision des nouvelles dispositions du G50, jugées inadaptées, et dénonce la persistance de nombreux cas de surimposition.

Les syndicats attirent aussi l’attention sur l’inexistence de budgets de fonctionnement dans les écoles et établissements, la non-fonctionnalité du comité de suivi des accords, ainsi que le retard dans l’octroi de parcelles viabilisées ou non viabilisées et la délivrance des titres de propriété aux syndicats bénéficiaires. Ils pointent également la non-prise en charge des bourses de formation des élèves-professeurs de l’ENAMC, la nécessité de réviser les statuts du personnel des écoles sénégalaises en Gambie, le non-paiement des indemnités des professeurs exerçant dans les LYNAQE et les difficultés rencontrées par les ayants droit pour l’obtention des prêts DMC auprès des banques.

Dans la foulée, le G7 a vivement dénoncé l’inertie qu’il juge inacceptable dans la mise en œuvre des accords relatifs à l’habitat social, aux cotisations sociales des enseignants contractuels, à la digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, au retour des budgets dans le préscolaire et l’élémentaire, ainsi qu’au relèvement des budgets des établissements du moyen secondaire. Les syndicats réclament également le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, la réouverture sans délai de l’EFA de Ndindy 2 et l’ouverture de discussions sérieuses sur la réforme des retraites.

Retards sur les chantiers de l’Université du Sine Saloum : un citoyen interpelle le ministre par lettre ouverte

Par une lettre ouverte adressée au ministre des Infrastructures, le citoyen sénégalais Ibrahima Socé tire la sonnette d’alarme sur les retards jugés inexpliqués dans la livraison des chantiers de l’Université du Sine Saloum Elhadji Ibrahima Niass. Il reproche au ministre de ne pas avoir respecté ses engagements publics et dénonce un « deux-poids-deux-mesures » dans le suivi des projets d’infrastructures.

Dans sa missive, Ibrahima Socé rappelle un engagement formel pris par le ministre. « Vous aviez annoncé que les campus de Fatick et de Kaffrine seraient livrés au plus tard le samedi 27 décembre 2025. Le délai est aujourd’hui dépassé, sans explication officielle, sans communication corrective ni calendrier actualisé », écrit-il, faisant référence à une déclaration du ministre tenue à Fatick le 10 octobre 2025, devant des étudiants, des élus locaux et des médias.

Le citoyen s’insurge également contre le contraste qu’il observe entre l’inachèvement de ces chantiers universitaires et l’activisme médiatique du ministre sur d’autres sites. « On vous voit régulièrement sur d’autres chantiers exercer une forte pression médiatique sur les entreprises, donnant l’impression d’une action volontariste qui ne se traduit pourtant pas partout par des résultats concrets », souligne-t-il. Selon lui, cette communication sélective alimente « un sentiment de deux-poids-deux-mesures » et relève d’un « populisme infrastructurel, fait d’annonces, de postures et de spectacles, au détriment de la rigueur, de la constance et de la responsabilité ».

Au-delà des retards constatés, c’est surtout le manque de transparence qui est vivement critiqué. « L’absence d’information et le déficit de communication ne sont pas acceptables dans une démocratie moderne. Les citoyens ont droit à la vérité, à des explications claires et à un calendrier réaliste », insiste l’auteur de la lettre.

Pour rétablir la confiance et remettre le projet sur de bons rails, Ibrahima Socé adresse au ministre trois demandes précises :

Une explication publique et transparente des raisons des retards observés ; La fixation de nouveaux délais réalistes, assortis de mécanismes clairs de suivi ; Une action cohérente et équitable pour la livraison définitive des chantiers, « sans distinction de visibilité politique ».

Cette lettre ouverte, largement relayée sur les réseaux sociaux et portée à la connaissance de notre rédaction, intervient dans un contexte où les attentes des populations de Fatick et de Kaffrine autour de cette université sont particulièrement fortes. Elle pose, en filigrane, la question de la gestion des engagements publics et de la redevabilité des responsables politiques.

À l’heure où nous mettons sous presse, le ministère des Infrastructures n’a pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par Ibrahima Socé.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Assises des daaras : à Tivaouane, le ministre de l’Éducation salue un modèle exemplaire de concertation et d’inclusion

Le département de Tivaouane s’impose comme une référence nationale dans le processus préparatoire des assises des daaras. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a salué avec force la qualité de la démarche de concertation menée à l’échelle locale, qu’il a qualifiée de « modèle exceptionnel de réussite, de démocratie participative et d’inclusion ». Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de partage et de validation du rapport départemental issu des concertations communales.

Selon le ministre, Tivaouane s’est distinguée par sa capacité remarquable à fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un objectif commun : poser les bases d’une réforme concertée et durable des daaras, en droite ligne avec la directive présidentielle relative à l’organisation des assises nationales. Cette mobilisation large et inclusive, impliquant autorités administratives, éducatives, religieuses et acteurs communautaires, a permis d’instaurer une synergie constructive, rare et exemplaire, a-t-il souligné.

Pour Moustapha Guirassy, les assises des daaras ne doivent pas être perçues comme un simple débat technique sur les modèles éducatifs. Elles constituent, selon ses termes, un véritable « contrat avec le Sénégal de demain », fondé sur la reconnaissance du rôle stratégique des daaras dans la transformation systémique du pays. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages et les approches réductrices pour inscrire cette réflexion dans une vision globale de développement humain, culturel et social.

Le ministre a tenu à rappeler le rôle central des daaras dans l’histoire et la construction de la nation sénégalaise. Il a présenté cette offre éducative arabo-islamique traditionnelle comme un socle identitaire historique, essentiel à la transmission de valeurs fondamentales telles que la spiritualité, le civisme, le patriotisme, la discipline, la générosité, l’hygiène, la paix et la cohésion sociale. « On ne peut raconter l’histoire du Sénégal, de la résistance au colonialisme à la stabilité actuelle du pays, sans évoquer le rôle fondamental des daaras », a-t-il affirmé avec conviction.

Moustapha Guirassy a également mis en avant la pertinence de la démarche adoptée à Tivaouane, qui a consisté à donner la parole aux acteurs à la base avant toute décision au sommet. Pour lui, cette approche conforte le principe de souveraineté éducative, culturelle et intellectuelle du Sénégal, en parfaite cohérence avec l’Agenda Sénégal 2050 et les ambitions nationales en matière de transformation du capital humain.

Se disant « très satisfait » du déroulement du processus dans le département, le ministre a salué l’appui constant du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, dont le représentant a activement pris part à toutes les étapes de la concertation. Cette implication des autorités religieuses a largement contribué, selon lui, à créer un climat de confiance et d’adhésion autour des travaux.

Le ministre a par ailleurs souligné l’adhésion unanime de l’ensemble des parties prenantes, au-delà des différences de sensibilités et de points de vue, autour d’un objectif commun : proposer des orientations durables pour l’avenir des daaras, dans l’intérêt supérieur des enfants et du pays. « Tivaouane a montré la voie », a-t-il conclu, estimant que la conduite du processus dans ce département, avec l’onction du Khalife général des Tidianes, constitue désormais une référence pour la réussite des assises nationales des daaras.

En marge de la validation du rapport départemental, Moustapha Guirassy a effectué des visites de courtoisie auprès des Khalifes généraux des Khadres et des Tidianes, témoignant de l’importance qu’il accorde au dialogue permanent avec les autorités religieuses. Il a enfin salué la « brillante coordination » du processus, assurée par le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye, en étroite collaboration avec l’administration territoriale, l’Inspection d’académie et l’Inspection de l’éducation et de la formation.

Université : les raisons de la démission de Ndiabou Séga Touré, ex-secrétaire nationale adjointe du SUDES-ESR

La vie syndicale dans l’enseignement supérieur sénégalais est secouée par une démission aux allures de coup de tonnerre. Ndiabou Séga Touré, secrétaire générale nationale adjointe du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – Enseignement supérieur et Recherche (SUDES-ESR), a officiellement quitté ses fonctions le 11 décembre 2025. Dans une lettre particulièrement critique adressée à la direction du syndicat, dont PressAfrik a obtenu copie ce mardi 6 janvier 2026, l’enseignante-chercheure pointe de graves dysfonctionnements internes et remet en cause la crédibilité du processus électoral en cours au sein de l’organisation.

Dans son courrier, Ndiabou Séga Touré explique que sa décision est motivée par sa volonté de se « désolidariser et d’alerter sur les graves manquements constatés dans la procédure d’élection du Secrétaire général national du SUDES-ESR ». Elle estime que, alors même que le mandat du bureau actuel arrive à son terme, les modalités retenues pour son renouvellement s’écartent dangereusement des textes fondateurs du syndicat ainsi que des principes démocratiques les plus élémentaires. À ses yeux, ces irrégularités fragilisent non seulement la légitimité du futur bureau, mais aussi l’image et la crédibilité du SUDES-ESR auprès de ses militants et partenaires.

L’enseignante dénonce par ailleurs un climat interne marqué par des conflits d’intérêts et une iniquité manifeste dans le traitement des dossiers de candidatures. Elle évoque ce qu’elle considère comme une « complicité inacceptable du SUDES unitaire » dans l’élimination de certains candidats, laissant entendre que des choix partisans auraient prévalu au détriment de la transparence et de l’équité. Selon elle, ces pratiques traduisent une absence de rigueur et d’orthodoxie syndicale, en contradiction flagrante avec les valeurs historiques du mouvement.

Au-delà de la critique de la procédure électorale, Ndiabou Séga Touré dresse un constat alarmant sur l’état général du syndicat. Elle avertit que le SUDES-ESR est « en danger de mort imminente » si des réformes profondes ne sont pas engagées pour restaurer la démocratie interne, la confiance entre les membres et le respect strict des textes. Malgré sa démission, elle affirme toutefois ne pas renoncer au combat syndical et assure qu’elle se « battra jusqu’au bout pour défendre les intérêts » de l’organisation et des enseignants du supérieur.

Fondé sur des principes de justice sociale, de solidarité et de démocratie, le SUDES se définit comme une organisation syndicale dédiée à la défense des droits des enseignants et à la promotion d’une éducation de qualité pour tous. La démission d’une responsable de premier plan, assortie de critiques aussi sévères, intervient dans un contexte déjà marqué par de fortes attentes du monde universitaire, confronté à des défis majeurs liés aux conditions de travail, à la gouvernance des universités et aux réformes du secteur.

Dr Ndiabou Séga Touré est maître de conférences titulaire au département des Lettres de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Sa prise de position publique, au-delà de son cas personnel, pourrait raviver le débat sur la gouvernance syndicale dans l’enseignement supérieur et ouvrir une séquence de recomposition ou de tensions au sein du SUDES-ESR dans les semaines à venir.

Enseignement supérieur : le SUDES-ESR/RISEP entre espoir et vigilance face aux nouveaux chantiers de l’État

L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.

Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.

En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.

Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.

Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.

« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

Fatick – Éducation : le lycée de Passy, un investissement stratégique contre l’exode scolaire

La pose de la première pierre du lycée de Passy, présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko, marque bien plus que le lancement d’un chantier estimé à 3,5 milliards de francs CFA. Elle symbolise une réponse concrète à un déficit structurel de l’offre éducative dans cette commune du département de Fatick, longtemps confrontée à l’exode scolaire de ses élèves.

Pendant des années, l’absence d’un établissement d’enseignement secondaire a contraint de nombreux collégiens et lycéens à se déplacer quotidiennement vers des localités voisines, les exposant aux risques de décrochage scolaire, à la fatigue et à des charges financières supplémentaires pour les familles. Avec une capacité d’accueil de 1 500 élèves, le futur lycée ambitionne de freiner cette dynamique et de rééquilibrer l’accès à l’éducation post-collège.

S’étalant sur une durée de 18 mois, le projet prévoit la construction de 24 salles de classe ainsi que d’un laboratoire, intégrant des innovations à caractère écologique. Cette approche s’inscrit dans la volonté des autorités de promouvoir des infrastructures publiques durables, adaptées aux défis environnementaux actuels.

Pour le chef du gouvernement, ce chantier vise à corriger un retard historique. Soixante-cinq ans après l’indépendance du Sénégal, Passy amorce enfin la construction d’un lycée à la hauteur de son statut et de ses ambitions. Un signal fort adressé aux collectivités territoriales, dans un contexte où l’État affiche sa volonté de réduire les inégalités territoriales en matière d’éducation.

Du côté des autorités locales, le soulagement est palpable. Le maire de Passy, Baye Niass, voit dans ce projet un levier de développement humain et social. Au-delà de l’infrastructure, il s’agit d’un investissement dans le capital humain, susceptible d’améliorer les performances scolaires, de renforcer l’employabilité future des jeunes et de favoriser la stabilisation des familles au sein de la commune.

Si les populations saluent unanimement cette initiative, elles restent néanmoins attentives au respect des délais et à la qualité des travaux. Pour elles, l’enjeu est clair : faire de ce lycée un véritable pôle d’excellence éducative, capable de transformer durablement le paysage scolaire local.

À Passy, la pose de la première pierre du lycée ne marque donc pas seulement le début d’un chantier, mais nourrit l’espoir d’un avenir où l’éducation devient un droit pleinement accessible, et non un parcours d’obstacles.

Université de Touba : l’UCAK engage le processus d’accréditation de ses diplômes et consolide son ancrage académique

L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba franchit une étape décisive dans son développement institutionnel et académique. Après avoir obtenu l’habilitation officielle de l’État du Sénégal, l’établissement est désormais engagé dans le processus d’accréditation de ses diplômes de licence et de master, à la suite d’un avis favorable de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ-Sup). Une avancée majeure qui confirme l’ambition de l’UCAK de s’inscrire durablement dans le paysage universitaire national et international.

L’annonce a été faite ce mercredi par le président du Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim (CCAK), Serigne Ahmadou Badawi Mbacké, lors d’un point de presse tenu à Touba. Selon lui, l’université entre dans « une autre phase stratégique », celle de l’accréditation des diplômes, qui constitue un jalon essentiel pour la reconnaissance académique des formations dispensées. Il s’est montré particulièrement confiant quant à l’issue de cette nouvelle étape, estimant que l’expérience acquise durant le processus d’habilitation constitue un atout majeur.

Trois ans après le démarrage effectif des enseignements, Serigne Ahmadou Badawi Mbacké a qualifié l’habilitation obtenue par l’UCAK de résultat « majeur », soulignant qu’elle n’est pas une fin en soi, mais plutôt le point de départ d’un processus d’amélioration continue. Pour lui, l’accréditation des diplômes est déterminante, car elle conditionne non seulement la reconnaissance nationale et internationale des parchemins délivrés, mais atteste également du respect des standards de qualité exigés dans l’enseignement supérieur moderne.

Cette reconnaissance institutionnelle traduit, selon les responsables de l’université, la conformité de l’UCAK aux critères académiques, pédagogiques et administratifs définis par les autorités sénégalaises et les référentiels internationaux. Elle renforce aussi la crédibilité de l’établissement auprès des étudiants, des partenaires académiques et du monde professionnel, en garantissant que les formations proposées répondent aux exigences de rigueur scientifique et de professionnalisation.

De son côté, le recteur de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, le professeur Lamine Gueye, a tenu à rappeler la vocation inclusive de l’institution. Insistant sur l’ouverture de l’UCAK, il a souligné qu’il ne s’agit nullement d’une université régionale ou communautaire au sens restrictif, mais d’un établissement ouvert à tous les Sénégalais, et au-delà, désireux de se former dans les sciences islamiques, la langue arabe ou les autres filières professionnelles enseignées au sein de l’université.

Le recteur a également mis en avant la dimension sous-régionale que l’UCAK commence à prendre, avec l’accueil, cette année, d’étudiants venus de plusieurs pays voisins. Une dynamique qui conforte l’ambition de l’université de devenir un pôle académique de référence, alliant enseignement religieux, sciences humaines et formations professionnalisantes, dans le respect des valeurs culturelles et spirituelles portées par la ville sainte de Touba.

En s’engageant résolument dans le processus d’accréditation de ses diplômes, l’UCAK confirme ainsi sa volonté de concilier héritage spirituel et exigences académiques contemporaines. Une orientation qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité de l’université, contribuer à la diversification de l’offre d’enseignement supérieur au Sénégal et offrir de nouvelles perspectives aux étudiants, tant sur le plan académique que professionnel.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

Université de Dakar : les étudiants menacent de reprendre la grève si les engagements ne sont pas tenus

La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.

Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.

C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.

Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.

En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.

Bourses universitaires : le paiement des réclamations de l’année académique 2024-2025 démarre ce vendredi

Les étudiants concernés peuvent enfin souffler. La Direction des Bourses a annoncé ce jeudi le démarrage du paiement des réclamations portant sur les mois de novembre 2024 à septembre 2025. Cette opération, très attendue par de nombreux étudiants ayant rencontré des difficultés de paiement, débutera officiellement ce vendredi 12 décembre 2025.

Selon le communiqué rendu public, ce paiement ne concerne que les étudiants déjà inscrits sur les états de paiement des mois concernés, mais qui n’avaient pas pu percevoir leur bourse à cause de différentes anomalies administratives. Parmi les problèmes signalés figurent des erreurs de filiation, des changements ou fautes dans les numéros de téléphone, des codes expirés ou encore d’autres dysfonctionnements qui avaient bloqué la réception des allocations.

La Direction des Bourses invite les étudiants concernés à vérifier leurs informations et à se rapprocher des services compétents pour toute précision complémentaire. Le lancement de cette opération vise à régulariser une situation qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein des établissements d’enseignement supérieur, où plusieurs étudiants avaient exprimé leur frustration face aux retards cumulés.

Assemblée nationale : Thierno Alassane Sall interpelle Bamba Cissé sur les policiers sans salaire et la violence à l’UCAD

Lors de l’examen du projet de budget 2026 du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, les députés de l’Assemblée nationale ont assisté à une séance animée où Thierno Alassane Sall, député non-inscrit, a soulevé des questions préoccupantes concernant la situation des forces de l’ordre et les violences récentes à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).

S’adressant au ministre Mouhamadou Bamba Cissé, M. Sall s’est fait le porte-voix de plusieurs corps, notamment de policiers confrontés à des difficultés persistantes. « Je voudrais me faire la porte-voix de 312 policiers action volontaires de la 7e génération, première cohorte libérée en avril 2025, après quatre ans de service. Je voudrais savoir les conditions dans lesquelles ils ont été libérés, éventuellement pourquoi, comment, et quelles solutions peuvent être trouvées, alors que les autres cohortes qui ont suivi sont maintenues en activité », a-t-il expliqué.

Le député a ensuite dénoncé la situation alarmante de la 49e promotion de policiers, qui serait sans salaire depuis 22 mois. « Ces agents ont assuré la surveillance de deux Magal, de deux Gamou, et d’autres grands événements. Et pourtant, ils restent sans salaire, sans reconnaissance pour leur engagement dans la sécurité publique », a-t-il affirmé, exprimant un sentiment de frustration partagé par plusieurs membres des forces de sécurité.

Abordant ensuite les événements récents à l’UCAD, Thierno Alassane Sall a exprimé son indignation face à la violence constatée sur le campus. « Monsieur le ministre, j’ai vu des images insoutenables d’étudiants blessés par balle, certains touchés au ventre, d’autres à la jambe par ce qui semble être des projectiles à balles réelles », a-t-il rapporté, dénonçant le silence de l’Assemblée sur ces incidents.

Le député a également lancé un appel à la désescalade auprès des étudiants : « J’en appelle aux étudiants pour une désescalade et pour adopter des formes de lutte plus pacifiques ». Mais il n’a pas manqué de mettre en cause l’influence du ministre et de ses supérieurs sur le climat actuel : « La vraie rupture, serait, je pense, insufflée par vous, Monsieur le ministre, et vos supérieurs. Le renvoi de certains commissaires, la sanction de gendarmes, la destruction de locaux de presse… tout cela contribue à un esprit qui n’est pas bon et à la violence qui se déchaîne à l’université ».

Interpellant le ministre sur l’absence d’enquête, M. Sall a exprimé son étonnement : « Est-ce que des enquêtes sont menées ? Je n’entends qu’un appel de votre part, mais aucune enquête n’est conduite. Où est la promesse de rupture tant attendue ? »

Pour conclure, le député a salué le professionnalisme de certains agents, citant notamment un policier qui s’est abstenu de tirer sur une foule, tout en rappelant la pression énorme exercée sur les forces de l’ordre et leurs supérieurs hiérarchiques.

Cette interpellation souligne non seulement la persistance de problèmes structurels dans le secteur de la sécurité publique, mais aussi la tension croissante entre étudiants et forces de l’ordre, laissant planer des interrogations sur la capacité du gouvernement à instaurer un climat de confiance et de sécurité sur le territoire national.

UCAD : Le Collectif des Amicales suspend la grève mais menace de la reprendre si l’État n’agît pas

Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a annoncé, ce mercredi, la suspension de son mot d’ordre de grève, tout en appelant les étudiants à reprendre le chemin des amphithéâtres dès jeudi. Cette décision, toutefois, reste conditionnée au retrait effectif des forces de l’ordre déployées ces derniers jours sur le campus universitaire. Sans cette mesure préalable, la suspension ne saurait entrer en vigueur, prévient le Collectif.

Dans un communiqué rendu public, les représentants des amicales expliquent avoir longuement consulté leur base avant de convenir d’une trêve provisoire destinée à favoriser une sortie de crise. Ils ont également formulé deux propositions pour le règlement de la question des rappels de bourses, évalués à 515 000 francs CFA par étudiant. La première consiste en un versement initial de 300 000 francs CFA prévu pour février 2026, suivi d’un second paiement de 215 000 francs CFA en avril de la même année. La seconde proposition maintient également un premier décaissement de 300 000 francs CFA en février 2026, mais prévoit que le reliquat soit réparti progressivement dans les paiements mensuels jusqu’en septembre 2026.

Face à ce qu’il juge être une situation préoccupante, le Collectif annonce avoir déposé une déclaration pour organiser une marche pacifique ce vendredi. L’itinéraire envisagé reliera la grande porte de l’UCAD au Palais de la République, une manière pour les étudiants d’exprimer publiquement leur mécontentement et d’interpeller directement les autorités. En amont de cette mobilisation, une déclaration publique est programmée ce jeudi à partir de 10 heures, à laquelle l’ensemble de la presse est convié.

139 blessés après la violente bataille liée à la grève des étudiants en Master

La journée de mercredi dernier a été marquée par de violents affrontements entre étudiants en Master, mobilisés pour réclamer le paiement de leurs bourses, et les forces de l’ordre déployées pour contenir la manifestation. Le bilan, particulièrement lourd, fait état de 139 blessés, parmi lesquels figurent 56 femmes et 83 hommes. Malgré l’intensité des heurts, aucune perte en vie humaine n’a été signalée, selon les informations recueillies auprès de sources médicales et hospitalières mobilisées durant la crise.

Ce chiffre élevé témoigne de l’ampleur des violences qui ont éclaté sur le campus et ses environs. Les blessés présentent une grande diversité de traumatismes, reflétant la brutalité des échanges. Une partie significative des étudiants a souffert de manifestations anxieuses entraînant des crises de panique, des malaises et d’autres symptômes liés au stress provoqué par la situation tendue et la peur généralisée. À cela s’ajoutent de nombreuses plaies cutanées allant des simples éraflures et égratignures aux brûlures superficielles, en passant par des plaies plus profondes nécessitant des sutures.

Les structures d’urgence ont également pris en charge plusieurs cas de traumatismes des membres, conséquence directe des bousculades, des projectiles et parfois des charges policières. Contusions multiples, entorses, fractures — notamment au niveau des mains — ainsi que des luxations d’épaule ont été recensées parmi les blessés. Les médecins de garde ont dû multiplier les interventions afin de stabiliser les cas les plus sérieux avant un éventuel transfert vers des services spécialisés.

Les gaz lacrymogènes massivement utilisés par les forces de l’ordre ont, eux aussi, laissé leurs traces. Plusieurs étudiants ont souffert d’irritations cutanées, d’importantes brûlures au niveau des yeux et d’irritations respiratoires. Les cas de dyspnée — difficulté à respirer — ont été nombreux, tout comme les crises d’asthme déclenchées par l’exposition prolongée aux émanations chimiques. Les équipes médicales ont dû administrer de l’oxygène et des traitements d’urgence afin de soulager les plus sévèrement touchés.

Enfin, des traumatismes crâniens ont également été enregistrés. La majorité d’entre eux ont été classés sans signe de gravité immédiate, mais certains blessés ont dû être dirigés vers des services de radiologie ou orientés pour un suivi spécialisé, par mesure de précaution.

Rufisque:Le G3 demande le payement intégral des indemnités du BAC/BFEM et dénonce une discrimination

Mouvement d’humeur des syndicats du G3 ce lundi 08 décembre à Rufisque marqué par un débrayage  dans l’ensemble des écoles moyens secondaire .

Il s’agit d’une réclamation de payement des indemnités du BAC et du BFEM qu’ils n’ont toujours pas reçu alors que les colleges de la région de Dakar ont déjà perçu.

Une forme de discrimination que M. Pierre SAGNA secrétaire régional du SAEMS à dénoncer en affirmant que le plan d’action qu’ils ont déjà établi sera suivi si rien n’est fait du coté des autorités.

Rufisque:Le G3 demande le payement intégral des indemnités du BAC/BFEM et dénonce une discrimination

Quitter la version mobile