Sébikhotane : les impactés du TER accentuent la pression et brandissent la menace d’actions contre les JOJ

La colère monte d’un cran à Sébikhotane. Réunis en grande mobilisation ce samedi 31 janvier 2026, les membres du Collectif des Impactés du Train Express Régional (TER) ont décidé de hausser le ton face au non-respect des engagements pris par l’État concernant leur indemnisation et leur recasement. Cette rencontre, tenue dans le département de Rufisque, a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont le député Guy Marius Sagna, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, ainsi qu’Ahmet Ndoye.

À travers ce rassemblement, les impactés ont exprimé leur exaspération après près d’une décennie de lutte qu’ils estiment restée sans réponses concrètes. Pour eux, les promesses répétées des autorités successives n’ont jamais été suivies d’actes significatifs, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.

Prenant la parole devant une foule visiblement déterminée, le président du collectif, Macodou Fall, a averti que cette mobilisation n’est qu’un début. Selon lui, si l’État persiste dans ce qu’il qualifie d’« indifférence », les impactés n’hésiteront pas à intensifier leurs actions. « Cette mobilisation n’est qu’une ouverture. Si les autorités ne veulent pas qu’on ternisse l’image du Sénégal aux prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse, elles n’ont qu’à régler ce problème. Nous allons organiser bientôt une série de manifestations, des marches et des sit-in », a-t-il martelé, sous les applaudissements.

Pour les membres du collectif, la tenue prochaine des JOJ au Sénégal constitue un levier de pression important afin d’obliger l’État à agir rapidement. Ils estiment injuste que le pays s’engage dans l’organisation d’événements internationaux de grande envergure alors que des milliers de citoyens affectés par un projet structurant comme le TER continuent de vivre dans l’incertitude.

Le coordonnateur des impactés du TER à Sébikhotane, Hamidou Diarra, est revenu sur la longueur et la pénibilité du combat. Il rappelle que les revendications datent de la première phase du projet, entamée il y a près de dix ans, et se sont poursuivies avec la deuxième phase. « Cela fait presque dix ans que nous courons derrière des promesses non tenues de l’État. Nous nous sommes aujourd’hui rassemblés ici à Sébikhotane parce que cette localité est un point focal du projet TER. La deuxième phase du tronçon Diamniadio-AIBD va bientôt démarrer, et nous voulons simplement alerter l’autorité pour qu’elle règle enfin les doléances que nous traînons depuis tout ce temps », a-t-il expliqué.

Hamidou Diarra a également dénoncé ce qu’il qualifie de mutisme des autorités. Selon lui, malgré plusieurs rencontres avec le nouveau directeur général de l’APIX, M. Bathily, les engagements pris ne sont jamais respectés. « Parfois, nous envoyons des courriers et nous n’avons aucun retour. Ce silence nous enfonce davantage dans la précarité », a-t-il déploré.

Les revendications des impactés portent notamment sur l’érection d’une gare et de passerelles à Sébikhotane, le paiement des pertes de revenus locatifs, l’indemnisation des détenteurs de titres fonciers, le relogement des propriétaires de terrains nus, l’octroi de surfaces agricoles accompagnées de mesures d’appui, les primes de vulnérabilité et d’accompagnement social, l’accélération des travaux sur les sites de recasement du Lac Rose et de Yéba, ainsi que la délivrance effective des titres de propriété.

Présent à la rencontre, le député Guy Marius Sagna a tenu à apporter son soutien aux impactés, estimant que leur combat est fondé. « Votre combat est juste et légitime. L’État doit vous indemniser. Même si d’autres autorités étaient en place au début de ce projet, l’État est une continuité. Il appartient aux nouvelles autorités d’assurer cette continuité et de régler ces problèmes. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le gouvernement satisfasse vos revendications », a-t-il assuré.

Dans le même sens, le fondateur d’AfrikaJom Center, Alioune Tine, a soutenu que les populations impactées auraient dû être relogées et indemnisées avant même le démarrage des travaux du TER. Pour lui, le respect des droits des citoyens doit rester un principe fondamental dans la mise en œuvre de tout projet d’infrastructure.

Au total, près de 3 000 ménages auraient été impactés par le projet du TER. Plusieurs témoignages poignants ont été livrés lors de la mobilisation, illustrant l’ampleur des souffrances vécues. Awa Ndiaye, membre du collectif, affirme avoir été emprisonnée pour avoir réclamé son dû après la démolition de sa maison. Un autre impacté confie avoir été accusé à tort par sa propre famille d’avoir détourné une indemnisation qu’il n’a pourtant jamais reçue.

À Sébikhotane, la détermination des impactés est intacte. Pour eux, il ne s’agit plus seulement de promesses, mais d’actions concrètes et urgentes. Faute de quoi, préviennent-ils, leur lutte pourrait prendre une ampleur nationale et peser sur l’organisation des grands événements internationaux prévus au Sénégal.

FONDS D’APPUI ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE (FADP) : Le ministre de la Communication persiste dans l’illégalité

La tension monte entre les organisations patronales de presse et le ministère de la Communication. Dans une déclaration rendue publique ce 30 janvier 2026 à Dakar, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) accuse le ministre de la Communication de procéder à la distribution de l’aide publique à la presse 2025 dans « une opacité manifeste » et en violation des textes en vigueur.

Au cœur de la controverse : l’absence d’arrêté de répartition dûment pris et publié, document pourtant indispensable pour fixer les montants attribués aux entreprises bénéficiaires du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Selon le CDEPS, le ministre aurait engagé la distribution des fonds sans ce préalable légal, ce qui constituerait une entorse grave aux règles de gestion des deniers publics.

Les griefs des acteurs de la presse ne s’arrêtent pas là. Le CDEPS rappelle que la Cour suprême, dans un arrêt rendu le 11 décembre 2025, a annulé deux arrêtés ministériels portant sur la plateforme numérique d’identification des entreprises de presse ainsi que sur la Commission d’examen et de validation des déclarations. Malgré cette décision juridictionnelle définitive, le ministère a, le 24 décembre 2025, lancé un appel au dépôt de demandes de subvention, dans des conditions jugées « arbitraires » : une période du 24 au 27 décembre, incluant un jour férié, un vendredi écourté par la prière et un samedi non ouvrable. Pour le CDEPS, ce calendrier traduit une volonté d’exclure certains médias, notamment ceux qui avaient refusé de se soumettre à une plateforme déclarée illégale.

Les organisations APPEL et CDEPS affirment avoir saisi le ministre pour demander le report de la réunion du Conseil de gestion du FADP prévue le 29 décembre 2025 et l’ouverture d’une période normale et conforme au droit pour le dépôt des dossiers. Une requête restée, selon elles, sans suite.

Autre point de discorde : l’octroi de fonds à des structures comme le CORED, la Commission de la carte nationale de presse et la Maison de la Presse Babacar Touré. Le CDEPS soutient que ces attributions auraient été faites sans la réunion du Conseil de gestion, seul organe habilité à statuer sur la répartition de l’aide. Il dénonce également le fait que des entreprises de presse publiques aient bénéficié de l’aide, alors qu’elles sont déjà financées par le budget de l’État, rappelant que, historiquement, l’aide publique à la presse était destinée exclusivement aux médias privés.

Pour le CDEPS, ces décisions s’inscrivent dans une dynamique plus large de fragilisation de la presse privée sénégalaise, dans un contexte de troisième alternance politique. L’organisation appelle le ministre à « faire preuve de responsabilité républicaine » en prenant enfin l’arrêté de répartition du FADP 2025, dans la transparence et le respect du droit.

La déclaration est signée par Mamadou Ibra Kane, au nom du CDEPS, qui conclut en rappelant que « le JUB, le JUBEL et le JUBANTI ne sauraient prospérer que dans la transparence, le respect du droit et de la justice ».

Justice : Pape Djibril Fall critique l’audience entre Ousmane Sonko et l’UMS

Le député Pape Djibril Fall est monté au créneau après l’audience accordée par le Premier ministre Ousmane Sonko à l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), une rencontre qui continue de susciter commentaires et controverses dans l’espace public.

Dans une réaction au ton particulièrement ferme, le parlementaire estime que cette démarche du syndicat des magistrats pose un problème de posture institutionnelle. Selon lui, l’UMS se serait « livrée poings et mains liés » à l’un de ses « pourfendeurs les plus virulents », en référence aux critiques antérieures du chef du gouvernement à l’endroit du corps judiciaire.

Pape Djibril Fall évoque notamment la récente sortie du Premier ministre au Maroc, jugée très sévère envers les magistrats. Il considère que l’audience accordée par l’UMS dans ce contexte traduit, à ses yeux, une attitude qui « n’impose pas le respect » et soulève des interrogations sur la défense de l’indépendance de la justice.

Le député rappelle que le chef de l’État demeure, selon lui, « la clé de voûte des institutions » et qu’il lui revient d’assurer l’équilibre institutionnel. Il estime par ailleurs que « la volonté du Premier ministre de mettre au pas la justice est manifeste », appelant à consacrer de manière définitive l’indépendance de ce qu’il qualifie de « dernier rempart ».

Dans son propos, Pape Djibril Fall interpelle également les élites intellectuelles et juridiques du pays. « Où sont les juristes ? Où sont les universitaires ? Où sont les intellectuels ? », s’interroge-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une « indignation à géométrie variable », qu’il assimile à « un acte de lâcheté ».

Il conclut sa déclaration par une prière pour le pays : « Qu’Allah sauve le Sénégal. »

Affaire Doudou Wade : la coalition Sopi Sénégal dément toute convocation et dénonce une campagne de dénigrement

La coalition Sopi Sénégal est montée au créneau ce 30 janvier 2026 pour réagir aux informations relayées dans certains médias et sur les réseaux sociaux faisant état d’une supposée convocation de Doudou Wade par la Sûreté urbaine.

Dans un communiqué rendu public à Dakar, la formation politique affirme qu’au moment de la rédaction du document, aucune convocation n’a été reçue par l’ancien responsable libéral. Sopi Sénégal tient ainsi à clarifier la situation et à couper court aux rumeurs, tout en rassurant l’opinion publique nationale et internationale.

La coalition souligne toutefois que Doudou Wade répondra à toute convocation officielle qui lui serait régulièrement adressée par les autorités judiciaires, rappelant qu’il s’est toujours conformé aux exigences républicaines. Le communiqué insiste sur le fait que l’homme politique a, tout au long de sa carrière, agi « en bon patriote », œuvrant pour « un Sénégal de paix, de stabilité et de concorde ».

Sopi Sénégal exprime par ailleurs son soutien et sa solidarité à l’endroit de Doudou Wade, mais également envers « toutes celles et tous ceux qui, pour l’expression de leur opinion sur la marche du pays, se trouvent inquiétés par la justice ». Le mouvement dénonce ce qu’il considère comme un discours visant à ternir l’image de son responsable, présenté comme « un digne fils du Sénégal » engagé pour la paix et la bonne marche du pays.

Dans le même communiqué, la coalition se dit également surprise par la convocation du journaliste Pape Ngagne Ndiaye, et demande sa libération sans délai, réaffirmant son attachement à la liberté d’expression et d’opinion au Sénégal ainsi qu’à la dévolution démocratique du pouvoir.

Cybercriminalité bancaire : un développeur arrêté pour plus de 1 400 transactions frauduleuses visant Africa Banque Sénégal

Un nouveau scandale de cybercriminalité secoue le secteur bancaire sénégalais. La Division spéciale de la cybersécurité (DSC) a procédé, le mercredi 28 janvier, à l’arrestation de M. Lô, âgé de 33 ans, développeur informatique et employé dans un autre établissement bancaire. Il est soupçonné d’avoir infiltré le système informatique d’Africa Banque Sénégal (ex-BDK) afin d’y effectuer plus de 1 400 transactions frauduleuses, occasionnant un important préjudice financier.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, l’enquête a révélé que le mis en cause disposait d’un compte bancaire presque vide, crédité de seulement 5 000 FCFA au moment des faits. Malgré cela, il aurait réussi à exploiter une faille dans le système de sécurité d’Africa Banque Sénégal pour détourner un montant global estimé à 7 209 000 FCFA.

Les investigations menées par les spécialistes de la DSC ont permis de retracer un schéma sophistiqué de transferts d’argent. Après avoir pénétré le système de la banque, le suspect aurait procédé à des virements fractionnés vers plusieurs comptes de services financiers numériques, notamment Wave et Orange Money, afin de dissimuler l’origine illicite des fonds et d’éviter d’éveiller les soupçons.

Interpellé puis placé en garde à vue, M. Lô a dans un premier temps nié toute implication. Toutefois, confronté aux éléments techniques collectés par les enquêteurs – traces numériques, historiques de connexions et correspondances entre les transactions frauduleuses et ses activités en ligne – il a fini par reconnaître les faits.

Dans ses aveux, le développeur a déclaré avoir agi seul, sans la complicité d’autres personnes. Il a également expliqué que l’argent détourné lui aurait servi à régler des dettes personnelles, une justification qui n’a toutefois pas atténué la gravité des accusations retenues contre lui.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les défis majeurs auxquels font face les institutions financières en matière de sécurité informatique. Elle rappelle également la nécessité pour les banques de renforcer en permanence leurs dispositifs de protection, leurs audits de sécurité et leurs mécanismes de détection des intrusions, dans un contexte où les cyberattaques deviennent de plus en plus fréquentes et sophistiquées.

Le suspect devrait être déféré devant le parquet dans les prochains jours pour répondre des faits d’accès frauduleux à un système informatique, de vol et d’escroquerie, ainsi que de blanchiment de capitaux. Une procédure judiciaire qui pourrait servir de signal fort dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal.

Contrôle des prix, filière arachidière et sanctions : le ministre du Commerce apporte des éclaircissements

Face aux préoccupations persistantes liées au coût de la vie et à la régulation du marché, le gouvernement sénégalais a tenu, ce jeudi 29 janvier 2026, son point de presse hebdomadaire. Une rencontre au cours de laquelle le ministre du Commerce et de l’Industrie, Serigne Gueye Diop, est largement revenu sur les actions engagées par l’État pour encadrer les prix des produits de grande consommation, renforcer les mécanismes de contrôle et soutenir des secteurs stratégiques comme la filière arachidière.

D’emblée, le ministre a rappelé que le Sénégal dispose d’un cadre réglementaire rigoureux en matière de fixation et de contrôle des prix. Selon lui, chaque produit, qu’il s’agisse des hydrocarbures, des denrées alimentaires ou d’autres biens de consommation, est encadré par des prix clairement définis à chaque niveau de la chaîne de distribution, du grossiste au détaillant. Cette organisation permet à l’administration d’intervenir légalement pour vérifier le respect des tarifs et sanctionner les contrevenants.

Serigne Gueye Diop a insisté sur le fait que le contrôle des prix constitue un pilier central de la politique économique actuelle. Pour le gouvernement, il ne suffit plus de réglementer : il faut aussi veiller à l’application effective des décisions. À cet effet, deux principaux dispositifs sont mobilisés sur le terrain. Il s’agit notamment des services d’hygiène et de la Direction du contrôle intérieur des prix, renforcés par un contingent de volontaires chargés d’appuyer les opérations de contrôle dans les marchés, boutiques et stations-service.

Le ministre a par ailleurs prévenu que les sanctions prévues en cas d’infraction sont dissuasives. Les commerçants reconnus coupables de spéculation, de non-respect des prix homologués ou de pratiques frauduleuses s’exposent à de lourdes amendes. À cela peuvent s’ajouter la saisie totale des stocks concernés, voire la fermeture temporaire ou définitive des établissements fautifs. L’objectif, a-t-il expliqué, est de protéger les consommateurs et d’assainir durablement les circuits de distribution.

Sur la question sensible de la fixation des prix, Serigne Gueye Diop a tenu à apporter des clarifications. Toute décision de baisse ou d’ajustement repose, selon lui, sur des études approfondies. Celles-ci commencent par une analyse de l’évolution des cours internationaux, suivie de projections à moyen et long terme grâce à des techniques statistiques permettant d’anticiper les tendances sur six et douze mois. Ces travaux sont ensuite soumis au Conseil national de la consommation (CNC), organe consultatif qui réunit les représentants de l’État, des consommateurs et des opérateurs économiques.

Une fois les propositions validées, un arrêté ministériel est pris, puis entériné en Conseil des ministres. Les Conseils régionaux de la consommation interviennent ensuite pour adapter les prix aux réalités locales, notamment en intégrant les coûts de transport, afin d’éviter que les commerçants de l’intérieur du pays ne subissent des pertes. Cette procédure, a précisé le ministre, s’applique à l’ensemble des produits réglementés, y compris les hydrocarbures.

Abordant la filière arachidière, Serigne Gueye Diop a confirmé la suppression de la taxe de 40 FCFA sur l’exportation de l’arachide. Cette décision vise à alléger les charges pesant sur les exportateurs et à renforcer la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur les marchés internationaux, en particulier en direction de la Chine, l’un des principaux débouchés.

Le ministre est également revenu sur le différentiel existant entre le prix payé aux producteurs, fixé à 250 FCFA le kilogramme, et le prix de référence de 305 FCFA. Ce gap de 80 FCFA sera pris en charge par l’État, qui s’est engagé à le rembourser aux huiliers, qu’il s’agisse de la Sonacos ou d’opérateurs privés. Une mesure destinée à préserver l’équilibre économique de la chaîne de transformation et à garantir un approvisionnement régulier des unités industrielles.

À travers ces différentes annonces, le gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer la régulation du marché, de lutter contre les abus et de préserver le pouvoir d’achat des ménages, tout en soutenant les filières productives nationales. Pour Serigne Gueye Diop, ces efforts s’inscrivent dans une vision plus large de souveraineté économique et de justice sociale, où l’État joue pleinement son rôle d’arbitre et de protecteur des intérêts des citoyens.

Finale de la CAN Maroc 2025 : lourdes sanctions de la CAF contre le Sénégal, le Maroc, des joueurs et des officiels

La Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict après les incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. À l’issue de l’examen des rapports officiels et des différentes procédures engagées, la Commission de discipline de l’instance continentale a prononcé une série de sanctions à l’encontre de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), ainsi que de plusieurs joueurs et membres des staffs techniques des deux sélections.

Ces décisions interviennent à la suite de comportements jugés contraires aux principes de fair-play, de loyauté, d’intégrité et au respect du jeu, tels que définis par le Code disciplinaire de la CAF. La finale, très disputée et marquée par une forte tension, a donné lieu à des scènes d’énervement, de contestation et à des actes considérés comme préjudiciables à l’image du football africain.

Concernant le Sénégal, la sanction la plus lourde vise le sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw. Le technicien des Lions a écopé d’une suspension de cinq matchs officiels de la CAF pour conduite antisportive, ainsi que pour des propos et comportements ayant, selon la Commission de discipline, discrédité le jeu. À cette suspension s’ajoute une amende de 100 000 dollars américains.

Deux joueurs sénégalais sont également concernés. Iliman Cheikh Baroy Ndiaye et Ismaïla Sarr ont chacun été suspendus pour deux matchs officiels de la CAF, en raison de leur comportement antisportif envers l’arbitre de la rencontre. La CAF a estimé que leurs attitudes constituaient une violation manifeste des règles encadrant le respect de l’autorité arbitrale.

Sur le plan collectif, la Fédération Sénégalaise de Football a été lourdement sanctionnée sur plusieurs volets. Elle devra s’acquitter d’une amende de 300 000 dollars pour la conduite inappropriée de certains supporters sénégalais, dont les agissements ont, selon la CAF, jeté le discrédit sur le football. Une autre amende de 300 000 dollars a été infligée pour le comportement antisportif des joueurs et du staff technique sénégalais durant la finale, un comportement jugé contraire aux principes de fair-play, de loyauté et d’intégrité. Enfin, la FSF a écopé d’une amende supplémentaire de 15 000 dollars pour mauvaise conduite de l’équipe nationale, cinq joueurs ayant reçu des avertissements au cours de la rencontre.

Du côté marocain, plusieurs sanctions individuelles et collectives ont également été prononcées. Le défenseur Achraf Hakimi a été suspendu pour deux matchs officiels de la CAF, dont un avec sursis pendant une période d’un an, pour comportement antisportif. Son coéquipier Ismaël Saibari a, quant à lui, été suspendu pour trois matchs officiels de la CAF et condamné à une amende de 100 000 dollars pour des faits similaires.

La Fédération Royale Marocaine de Football a aussi été sanctionnée financièrement. Elle devra payer 200 000 dollars pour le comportement inapproprié des ramasseurs de balles lors de la finale. Une autre amende de 100 000 dollars a été infligée pour la conduite des joueurs et membres du staff marocain qui ont envahi la zone de visionnage de la VAR et entravé le travail de l’arbitre. À cela s’ajoute une amende de 15 000 dollars pour l’utilisation de lasers par certains supporters marocains dans les tribunes.

Par ailleurs, la Commission de discipline de la CAF s’est prononcée sur la protestation introduite par la FRMF, qui accusait la Fédération Sénégalaise de Football de violations des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. Après examen, cette protestation a été purement et simplement rejetée par l’instance disciplinaire, qui n’a pas retenu les griefs formulés par la partie marocaine.

À travers ces décisions, la CAF entend envoyer un message fort aux fédérations, aux joueurs, aux staffs techniques et aux supporters, en rappelant que la tolérance zéro reste de mise face aux comportements portant atteinte à l’éthique sportive. Ces sanctions pourraient avoir des répercussions importantes sur les prochaines compétitions continentales, notamment pour les sélections concernées, appelées à revoir leurs dispositifs disciplinaires afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Hommage à Halima Gadji : l’actrice inhumée au cimetière de Yoff

Dakar a dit adieu ce mercredi 28 janvier 2026 à l’une de ses figures emblématiques du cinéma et de la télévision, Halima Gadji. Après la levée du corps à 15 heures (GMT) à l’hôpital général de Grand Yoff, l’actrice a été inhumée aux alentours de 16 heures au cimetière de Yoff, en présence de sa famille, de proches, de nombreuses personnalités ainsi que de plusieurs acteurs et professionnels du monde culturel et cinématographique sénégalais.

Le décès de Halima Gadji, survenu le 26 janvier suite à un malaise, a provoqué une vive émotion au sein du public et du milieu artistique. Révélée au grand public grâce à son rôle marquant de Marième Dial dans la série à succès « Maîtresse d’un homme marié », produite par Marodi en 2019, l’actrice avait su captiver par son talent et sa présence à l’écran. Son rôle dans cette série, qui avait rencontré un large succès au Sénégal et dans d’autres pays africains, a consolidé sa réputation de comédienne accomplie et appréciée.

Au-delà de cette série emblématique, Halima Gadji a contribué à enrichir le paysage audiovisuel africain en participant à plusieurs films et productions télévisuelles au Sénégal, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays du continent. Sa carrière, marquée par la diversité de ses rôles et la justesse de son jeu, lui a permis de se distinguer comme une actrice polyvalente capable de toucher différents publics.

La cérémonie d’inhumation a été empreinte de recueillement et de témoignages d’affection. Plusieurs acteurs et actrices qui ont travaillé avec elle ont salué sa générosité, sa passion pour le métier et sa capacité à inspirer les jeunes talents du cinéma sénégalais. Des proches et collègues ont également évoqué son engagement envers la culture et sa volonté de promouvoir le cinéma africain à l’échelle internationale.

Le départ d’Halima Gadji laisse un vide dans le monde artistique sénégalais et africain. Son parcours, marqué par des succès notables et une influence certaine dans la sphère culturelle, restera gravé dans la mémoire collective. Les hommages qui continuent d’affluer sur les réseaux sociaux et dans la presse témoignent de l’affection et du respect que le public lui portait.

Halima Gadji restera dans les mémoires comme une figure majeure du cinéma sénégalais, dont le talent et l’engagement artistique ont largement contribué à faire rayonner la culture du pays sur le continent et au-delà. Son héritage artistique continuera d’inspirer les générations futures.

Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi 28 Janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 28 janvier 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Modernisation de la Justice

Introduisant sa communication, Monsieur le Président de la République a abordé la rentrée solennelle des cours et tribunaux qu’il a présidée le 22 janvier 2026, ayant pour thème : « Le juge face aux défis du numérique ». Se réjouissant du bon déroulement de cet évènement, il félicite le Ministre de la Justice, le Premier Président de la Cour suprême, le Procureur général près la Cour Suprême, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats ainsi que l’ensemble des acteurs de la Justice.

Le Chef de l’Etat réitère son engagement à consolider l’Etat de droit, à accentuer la modernisation du service public de la justice et à améliorer l’accessibilité et l’efficacité des institutions judiciaires. Il engage le Ministre de la Justice à veiller à la qualité de la formation des magistrats et auxiliaires de justice, au renforcement du capital humain en service dans les cours et tribunaux et à la transformation numérique du service public de la justice.

Le Président de la République indique au Gouvernement la nécessité de promouvoir une justice de proximité, de qualité et accessible. renforceMent du dialogue social et suivi du Pacte national de stabilité sociale Considérant le dialogue social comme une exigence dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques sectorielles, le Chef de l’Etat demande au Ministre de la Fonction publique et du Travail de présenter, avant la fin du mois de février 2026, le rapport général d’évaluation des engagements relevant du Pacte national de Stabilité sociale pour une Croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025.

Soulignant l’impératif de tenir, avec les partenaires sociaux, une réunion d’évaluation et de suivi du traitement des doléances, le Président de la République demande, aux ministres, de mettre en place des Comités sectoriels et/ou spécialisés de Dialogue social,  afin d’asseoir les consensus nécessaires au déploiement adéquat des réformes et politiques publiques. Il instruit, en outre, le Ministre de la Fonction publique et du Travail de proposer un nouveau cadre de gouvernance des doléances et du droit de grève des agents et syndicats actifs dans le secteur public. Insistant sur l’urgence de veiller au renforcement de la protection sociale des travailleurs et à la préservation soutenue des emplois, le Président de la République demande au Premier Ministre d’accélérer le processus de modernisation des institutions et du système national de retraite et de sécurité sociale, en travaillant à l’adoption des textes législatifs et réglementaires y relatifs, avant la fin du mois d’avril 2026.

Renouveau du secteur des Pêches et développement de l’économie Maritime

Le Président de la République fait observer que la restructuration et la relance du secteur sont des priorités du Gouvernement. A cet effet, il apprécie les efforts consentis par le Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, pour réguler l’exploitation des ressources halieutiques, relancer la pêche artisanale, repositionner l’aquaculture et accroître le niveau des investissements et des partenariats. Le Chef de l’Etat demande de poursuivre, avec l’implication de l’ensemble des acteurs publics, privés et parties prenantes, les concertations nécessaires pour la validation prochaine de la Politique maritime du Sénégal, de la Stratégie portuaire nationale et de la Carte des infrastructures de débarquement, de conservation, de transformation et de commercialisation des produits halieutiques. Il souligne, enfin, la nécessité de réviser le Code de la Pêche afin d’asseoir une gestion durable et une gouvernance souveraine des ressources halieutiques.

Etat d’avancement du « Programme Indépendance » dans les chefs-lieux des régions

Partant de sa décision de lancer un nouveau programme de modernisation des villes et territoires, dénommé « Programme Indépendance », à dérouler à partir de l’année 2026, le Chef de l’Etat réitère sa volonté de délocaliser la Fête nationale du 04 avril dans un chef-lieu de région, avec les meilleures conditions d’accueil et de déroulement en termes de disponibilité d’infrastructures et de commodités essentielles. Il demande au Gouvernement de faire le point sur les choix prioritaires retenus, la programmation des réalisations sur une période triennale et l’état d’avancement global du programme prioritaire « Indépendance » de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050. Il annonce, enfin, sa décision de délocaliser, à Thiès, la célébration de la Fête nationale du 04 avril 2026..

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le 26 janvier 2026, la cérémonie d’ouverture de la Réunion de Haut niveau préparatoire de la Conférence des Nations 2 Unies sur l’Eau. Il a procédé, le 27 janvier 2026, à l’inauguration de la Raffinerie d’huiles alimentaires, réalisée par MAVAMAR Industries SA et à la pose de la première pierre de la Zone industrielle Bargny-Sendou.

A cet égard, il félicite les promoteurs, en l’occurrence le Groupe SENEGINDIA, pour la réalisation de cet investissement majeur, qui contribue au développement industriel, économique et social du Sénégal. Le Président de la République annonce également qu’il se rendra les 02 et 03 février 2026 en République du Congo, dans le cadre d’une visite officielle. En outre, il effectuera une tournée dans les régions de Tambacounda et de Kédougou du 05 au 09 février 2026.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DES MINISTRES

Le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la généralisation de l’outil de gestion électronique des courriers dans l’administration. Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté une communication sur le Programme Technologie et Energie des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds de Développement du Service universel des Télécommunications (FDSUT).

Affaire Pape Malick Ndour : la Ccr dénonce un dossier « sans base factuelle, juridique ou rationnelle »

La Convergence des cadres républicains (Ccr) est sortie de sa réserve pour dénoncer avec vigueur les récents développements de l’affaire Pape Malick Ndour. Dans un communiqué rendu public, la structure exprime sa « profonde préoccupation » face à ce qu’elle considère comme une instrumentalisation manifeste de la justice à des fins politiques, mettant en cause l’indépendance et la crédibilité de l’institution judiciaire sénégalaise.

Selon la Ccr, les rebondissements observés dans ce dossier ne peuvent être dissociés du contexte politique actuel, notamment des déclarations publiques et des menaces proférées, la veille, par Ousmane Sonko. Pour l’organisation, la justice semble avoir cédé à des pressions politiques évidentes. Elle rappelle qu’un recours introduit depuis plus de deux mois par le Procureur, visant à révoquer le placement de Pape Malick Ndour sous bracelet électronique pour le mettre sous mandat de dépôt, aurait été maintenu dans une forme d’opacité, aussi bien vis-à-vis des avocats de l’ancien ministre que de l’opinion publique. Cette situation est interprétée par la Ccr comme une manœuvre destinée à « surprendre » et à « définitivement écrouer » l’ancien ministre.

La décision récente ordonnant le placement sous mandat de dépôt de Pape Malick Ndour est ainsi qualifiée de « volte-face spectaculaire » par la Ccr. Pour le mouvement, cette évolution brutale jette un grave discrédit sur l’institution judiciaire et renforce le sentiment d’une justice à géométrie variable, soumise au rapport de force politique du moment. La Ccr estime que cette situation constitue une atteinte grave à l’État de droit et une véritable honte pour la démocratie sénégalaise.

L’organisation dénonce par ailleurs ce qu’elle considère comme un traitement inéquitable de l’affaire sur les plans politique et médiatique. Elle relève que lorsque Pape Malick Ndour observe le silence par respect pour la justice et les institutions, certains acteurs l’accusent de complicité avec des autorités de l’État. À l’inverse, lorsque des décisions judiciaires semblent aller dans le sens des attentes du parti Pastef, ces mêmes acteurs s’en félicitent ouvertement, affirmant que la justice ne ferait désormais correctement son travail que sous la pression de leur leader.

Pour la Ccr, cette instrumentalisation de la justice, applaudie ou décriée selon les intérêts politiques, représente une menace sérieuse pour la stabilité nationale et la cohésion sociale. Elle insiste sur le fait que la justice ne doit ni céder aux menaces ni se transformer en instrument de règlement de comptes politiques.

Réaffirmant son soutien total à Pape Malick Ndour, la Ccr exige le respect strict des principes fondamentaux de l’État de droit, notamment la présomption d’innocence, la cohérence des procédures et l’indépendance réelle de la justice. Selon elle, seule une justice impartiale et courageuse permettra de restaurer la confiance des citoyens et de préserver durablement la démocratie.

La Convergence des cadres républicains affirme enfin que Pape Malick Ndour est totalement innocent et qu’il n’est mêlé ni de près ni de loin aux faits qui lui sont reprochés. Elle soutient que les accusations portées contre lui ne reposent sur aucune base factuelle, juridique ou rationnelle, et relèvent d’un acharnement politique plutôt que d’une démarche judiciaire sérieuse.

Pour étayer cette position, la Ccr souligne ce qu’elle considère comme des incohérences majeures dans le dossier. Elle juge incompréhensible que Pape Malick Ndour puisse être mis en cause sur la base d’un rapport dont le rédacteur serait décédé depuis octobre 2018, alors que l’intéressé n’a été nommé à ses fonctions qu’en juin 2019. Pour la Ccr, cette contradiction chronologique suffit à démontrer le caractère infondé des accusations.

Le mouvement estime également absurde de parler de complicité avec des personnes que Pape Malick Ndour a remplacées à leurs fonctions. Selon la Ccr, la notion de complicité ne peut juridiquement s’appliquer en l’absence de lien de collaboration, de subordination ou de participation avec les auteurs supposés. Cette construction qu’elle qualifie d’artificielle traduirait, selon elle, une volonté manifeste de nuire à un adversaire politique dont le seul tort serait d’imposer au régime actuel un débat technique sur les sujets d’intérêt national.

Tribunal du travail : le RTS salue la victoire des employés face au FONGIP et appelle au respect des droits des travailleurs

Le Rassemblement des Travailleurs Licenciés du Sénégal (RTS) a exprimé sa satisfaction à la suite de la décision rendue ce mardi 28 janvier par le Tribunal du travail de Dakar dans l’affaire opposant le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) à deux anciens employés, A. Sy et Mme S. Dieng. Pour le syndicat, ce jugement marque une avancée majeure dans la lutte contre les licenciements abusifs et constitue un signal fort adressé aux employeurs publics comme privés.

Dans un communiqué rendu public après le verdict, le RTS indique que le tribunal a reconnu le caractère abusif des licenciements prononcés pour faute grave à l’encontre des deux travailleurs. La juridiction a ainsi condamné le FONGIP à verser des indemnités conséquentes au titre du licenciement abusif, à savoir plus de quinze millions de francs CFA au profit de A. Sy et plus de quatorze millions de francs CFA pour Mme S. Dieng.

Le tribunal a également accordé aux deux ex-employés des indemnités de préavis, fixées à 4 345 000 francs CFA pour A. Sy et à 3 285 000 francs CFA pour Mme S. Dieng. À cela s’ajoute une somme de 500 000 francs CFA octroyée à chacun des travailleurs pour non-délivrance d’un certificat de travail conforme, une obligation légale dont le manquement constitue une faute grave de l’employeur.

Selon le RTS, la juridiction a par ailleurs ordonné l’exécution provisoire de la décision à hauteur d’un million de francs CFA et a débouté le FONGIP de l’ensemble de ses demandes. Cette mesure vise à permettre aux travailleurs de bénéficier rapidement d’une partie des sommes allouées, en attendant l’issue définitive de la procédure.

Pour le Rassemblement des Travailleurs Licenciés du Sénégal, cette décision constitue une victoire importante pour l’ensemble du monde du travail. Le syndicat estime qu’elle rappelle avec force que nul n’est au-dessus de la loi et que la justice demeure un recours essentiel pour la défense de la dignité et des droits des travailleurs.

Dans le même élan, le RTS réaffirme son engagement à accompagner et soutenir tous les travailleurs victimes d’injustices ou de pratiques managériales contraires au droit du travail. Le syndicat appelle enfin l’ensemble des institutions et des employeurs à respecter strictement la législation en vigueur ainsi que les droits fondamentaux des salariés, afin de promouvoir un climat social apaisé et fondé sur l’équité et la justice.

Sénégal 2050 : Diomaye revalorise les agents non fonctionnaires de l’État

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a promulgué le 27 janvier 2026 le décret n°2026-66 modifiant le décret n°74-347 du 12 avril 1974 relatif au régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l’État. Cette réforme intervient dans le cadre de la politique nationale de valorisation du capital humain, inscrite dans le référentiel « Sénégal 2050 : Agenda National de Transformation », et vise à renforcer l’administration publique en revalorisant la situation de ces agents.
Depuis 1974, le décret initial n’avait pas prévu de manière explicite certaines catégories d’agents non fonctionnaires, notamment ceux engagés à un emploi particulier ou par référence à un corps de fonctionnaires relevant des statuts particuliers des cadres des fonctionnaires de l’Enseignement, de l’Éducation populaire, de la Jeunesse et des Sports ou de l’Éducation artistique et musicale. Cette absence de prévision avait entraîné des inégalités dans les conditions d’avancement et de reclassement, ainsi qu’un manque de reconnaissance formelle pour des agents longtemps engagés dans des missions spécifiques au sein de l’administration.
Le nouveau décret corrige ces limites en prévoyant plusieurs mesures clés. Désormais, les agents non fonctionnaires de l’État reclassés par référence à l’un des corps de fonctionnaires bénéficient des mêmes modalités de reclassement et des mêmes conditions d’avancement que leurs homologues fonctionnaires. En outre, un rappel d’ancienneté civile, valable pour l’avancement, est institué pour les agents reclassés après l’obtention d’un diplôme professionnel ouvrant accès à l’un des corps visés par le décret. Ce rappel d’ancienneté, fixé à 40 % de la période de service antérieure, est accordé à titre exceptionnel et ne peut excéder la date d’entrée en vigueur du décret. Les agents concernés disposent d’un délai de deux ans pour déposer leur demande.
Le décret précise également la rémunération des agents non fonctionnaires, qui correspond désormais à l’indice attaché au grade ou à l’échelon du corps de référence ou de l’emploi particulier. Les modalités d’avancement sont alignées sur celles des fonctionnaires, avec un passage automatique d’échelon selon l’ancienneté requise et des tableaux d’avancement établis par le ministère de la Fonction publique. La mise en œuvre de ces mesures est encadrée par une commission d’avancement composée de représentants de la Présidence, du Premier ministre, du ministère des Finances, du ministère du Plan et de membres du personnel désignés par les syndicats les plus représentatifs.
Pour l’administration, cette réforme constitue un signal fort en faveur de la reconnaissance des agents non fonctionnaires, souvent en première ligne dans l’exécution des missions de l’État, mais jusqu’ici confrontés à des conditions d’emploi moins sécurisées. Elle s’inscrit également dans la dynamique globale de modernisation de la Fonction publique et de valorisation des ressources humaines, conformément aux ambitions du Sénégal pour 2050.

Fonction publique : L’État rouvre pendant deux ans la possibilité de nomination pour des enseignants contractuels

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a signé le 27 janvier 2026 le décret n°2026-65 modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006, complétant lui-même le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de l’Enseignement. À travers ce nouveau texte, l’État sénégalais décide de proroger le délai accordé à certains enseignants contractuels pour solliciter leur nomination dans le corps des fonctionnaires de l’Enseignement, ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre de deux années à compter de l’entrée en vigueur du décret.
Cette mesure intervient dans un contexte où de nombreux agents, pourtant éligibles, n’avaient pas pu bénéficier du dispositif mis en place en 2006, faute d’avoir déposé leur demande dans le délai initialement imparti. Pour les autorités, il s’agit aujourd’hui de corriger une situation jugée inéquitable, tout en assurant une meilleure sécurisation des carrières dans le secteur éducatif.
Pour rappel, le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 avait été adopté pour compléter le statut particulier des fonctionnaires de l’Enseignement afin de permettre aux enseignants contractuels d’intégrer le corps des fonctionnaires correspondant à leur profil. Ce texte offrait une possibilité exceptionnelle de nomination, sous réserve que les intéressés remplissent, à la date d’entrée en vigueur du décret, deux conditions essentielles : être âgés d’au moins trente-cinq ans et être titulaires du diplôme requis pour accéder au corps sollicité. Les agents concernés disposaient alors d’un délai de deux ans pour déposer leur dossier auprès de l’administration.
Dans la pratique, ce délai s’est avéré insuffisant pour un nombre important d’enseignants, confrontés à diverses contraintes administratives, à des difficultés dans la constitution des pièces ou encore à un déficit d’information. Résultat : plusieurs agents ayant pourtant servi durant de longues années dans les établissements scolaires sont restés en dehors du dispositif, conservant un statut contractuel précaire.
Le nouveau décret vient ainsi proroger le délai prévu à l’alinéa premier de l’article 2 du décret de 2006. Concrètement, les enseignants concernés disposent désormais d’un nouveau délai courant jusqu’à deux ans après l’entrée en vigueur du présent texte pour introduire leur demande de nomination. Cette prorogation vise à permettre une régularisation progressive de leur situation administrative et à favoriser une intégration conforme aux dispositions du statut particulier.
Le décret apporte également une précision importante relative à l’ancienneté. Il est désormais clairement établi que le rappel d’ancienneté civile acquise antérieurement en qualité de volontaire, de vacataire ou de contractuel dans l’administration publique n’est valable qu’une seule fois dans le cadre de l’administration et sans possibilité de cumul. Cette disposition vise à prévenir toute double prise en compte de la même période de service et à garantir l’équité entre agents.
Sur le plan institutionnel, l’exécution du décret est confiée, chacun en ce qui le concerne, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de la Formation professionnelle et technique, au Ministre de l’Éducation nationale ainsi qu’au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public. Le texte devra être publié au Journal officiel pour entrer pleinement en vigueur.
Pour de nombreux acteurs du monde éducatif, cette décision est perçue comme un signal fort en direction des enseignants contractuels, souvent en première ligne dans les salles de classe, mais longtemps confrontés à l’instabilité de leur statut. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de modernisation de la Fonction publique et de valorisation des ressources humaines de l’État.

Affaire West Africa Energy : la Chambre d’accusation annule le renvoi de Samuel Amète Sarr et met fin à son mandat de dépôt

La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, réunie en audience le lundi 27 janvier 2026, a annulé l’ordonnance de renvoi de l’ancien ministre de l’Énergie, Samuel Amète Sarr, devant le tribunal de police correctionnelle. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats, Me Baboucar Cissé. Cette décision met également un terme à l’ordonnance de soit-communiqué rendue dans le cadre de la procédure dite West Africa Energy, dans laquelle Samuel Sarr avait été placé sous mandat de dépôt.

L’ordonnance annulée avait été prise par le juge d’instruction Makha Barry, du 2ᵉ cabinet du Tribunal de grande instance de Dakar, à l’issue de l’instruction ouverte contre l’ancien ministre. Saisie par la défense, la Chambre d’accusation a estimé que les conditions légales du renvoi devant la juridiction correctionnelle n’étaient pas réunies. En conséquence, elle a prononcé l’annulation de l’ordonnance de renvoi ainsi que de l’ensemble des actes subséquents qui en découlaient.

Cette décision marque un tournant majeur dans un dossier judiciaire très suivi. Depuis l’ouverture de la procédure, Samuel Amète Sarr n’a cessé de contester les faits qui lui étaient reprochés et de clamer son innocence. Pour la défense, cette annulation confirme l’existence d’irrégularités dans la conduite de l’instruction et valide les arguments développés devant la Chambre d’accusation. Les avocats de l’ancien ministre avaient notamment dénoncé une procédure entachée de manquements, évoquant un acharnement et un déficit d’impartialité dans le traitement du dossier.

Du côté de Samuel Amète Sarr, la décision est accueillie comme une victoire judiciaire majeure, susceptible de renforcer sa position tant sur le plan juridique que sur le plan de l’opinion. Elle ouvre également la voie à une remise en cause plus large de l’instruction telle qu’elle a été menée jusqu’ici.

En revanche, ce revers judiciaire constitue un coup dur pour les parties civiles, Moustapha Ndiaye et autres, engagées dans cette affaire, ainsi que pour l’instruction conduite par le magistrat saisi du dossier. L’annulation prononcée par la Chambre d’accusation fragilise leur position et relance le débat sur les conditions dans lesquelles la procédure a été engagée et conduite.

Affaire Softcare : 40 jours après, la vérité toujours attendue

Quarante jours se sont écoulés depuis le communiqué du ministère de la Santé annonçant l’envoi imminent d’une mission pour faire la lumière sur l’affaire Softcare. Le 18 décembre 2025, à la suite d’une inspection de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), les autorités sanitaires avaient promis des investigations « sans délai » afin d’établir les responsabilités et de rassurer l’opinion publique sur la sécurité des produits incriminés. Mais, à ce jour, aucune information officielle n’a été rendue publique.

Ni rapport d’enquête, ni conclusions, ni même une communication intermédiaire. Un silence que de nombreux acteurs de la société civile interprètent comme un signal inquiétant, d’autant plus que les produits Softcare continuent de circuler sur le marché national sans restriction apparente. Pour le Collectif « Lumière sur l’affaire Softcare », cette situation traduit une forme de désinvolture face à un enjeu majeur de santé publique.

Dans une déclaration rendue publique ce 26 janvier 2026 à Dakar, le collectif estime que ce mutisme dépasse le cadre d’un simple retard administratif. Il y voit un « choix politique », dénonçant une volonté de protéger des intérêts privés au détriment de la sécurité sanitaire des populations. Les membres du collectif rappellent que la santé publique ne peut être réduite à une logique marchande et que la transparence doit être la règle, en cohérence avec les principes de gouvernance prônés par les autorités actuelles.

Depuis la publication du communiqué ministériel, le collectif affirme avoir multiplié les initiatives pour obtenir des clarifications, notamment à travers une conférence de presse et des correspondances officielles adressées aux autorités compétentes. Ces démarches seraient, selon eux, restées sans réponse.

Face à ce qu’il qualifie de « silence méprisant », le Collectif Lumière sur l’affaire Softcare hausse le ton et brandit la menace d’actions plus radicales. Si aucune vérité n’est rendue publique et si aucune mesure concrète n’est prise dans les prochains jours, il annonce son intention d’appeler au boycott total des produits Softcare, ainsi qu’à l’organisation d’une grande manifestation devant le ministère de la Santé.

Pour les membres du collectif, la question dépasse largement le cas d’une seule entreprise. Elle touche au droit fondamental des citoyens à être informés et protégés, ainsi qu’à la crédibilité du système de contrôle sanitaire. « Il n’y aura pas de confiance sans vérité », martèlent-ils, estimant que la souveraineté sanitaire passe nécessairement par un contrôle citoyen effectif et par des institutions capables de rendre des comptes.

Alors que l’affaire continue d’alimenter l’inquiétude et les interrogations, l’attente se prolonge autour d’une prise de parole officielle des autorités sanitaires. Une communication claire et des décisions visibles pourraient, selon de nombreux observateurs, constituer un premier pas pour restaurer la confiance et dissiper les doutes qui entourent désormais le dossier Softcare.

Crise de l’eau et ODD 6 : Bassirou Diomaye Faye appelle à une accélération urgente des actions

À l’approche de l’échéance de 2030 fixée par l’Agenda des Nations Unies pour les Objectifs de développement durable (ODD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé une vive inquiétude quant au niveau d’atteinte de l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. À cinq ans seulement de cette échéance, le chef de l’État estime que les résultats enregistrés restent largement insuffisants au regard des ambitions initiales, appelant à une mobilisation plus forte et à une accélération significative des efforts.

S’exprimant lors de la réunion de haut niveau préparatoire à la Conférence des Nations Unies sur l’eau, le président Diomaye Faye a rappelé que l’ODD 6 occupe une place centrale dans l’architecture globale du développement durable. Selon lui, l’eau et l’assainissement constituent des piliers transversaux, dont dépendent directement la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, l’industrialisation, la protection de l’environnement et, plus largement, la dignité humaine. Faire progresser cet objectif, a-t-il insisté, revient donc à créer les conditions favorables à l’atteinte de l’ensemble des autres ODD.

Le chef de l’État a reconnu que des avancées ont été réalisées ces dernières années, notamment en matière d’accès à l’eau potable dans certaines zones urbaines et rurales, ainsi que dans l’amélioration progressive des infrastructures d’assainissement. Toutefois, il a souligné que ces progrès demeurent encore trop lents et inégalement répartis pour permettre d’espérer un respect des engagements d’ici 2030.

« À cinq ans de l’échéance, force est de constater que nous sommes loin des objectifs fixés, même si des progrès sont observés, prouvant que l’accélération des performances reste possible si nous agissons sur les bons leviers », a-t-il déclaré, invitant les États à repenser leurs stratégies et à renforcer leurs mécanismes de mise en œuvre.

Le président sénégalais a également mis l’accent sur la situation particulière du continent africain, qu’il considère comme l’un des épicentres de la crise mondiale de l’eau. Il a rappelé que l’Afrique est confrontée à une combinaison de défis structurels, parmi lesquels la croissance démographique rapide, l’urbanisation non maîtrisée, l’insuffisance des infrastructures et les effets de plus en plus visibles du changement climatique.

Selon Bassirou Diomaye Faye, cette vulnérabilité est d’autant plus injuste que l’Afrique demeure l’un des continents les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en subissant de manière disproportionnée les impacts des dérèglements climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et la raréfaction des ressources hydriques.

Face à ce constat, le chef de l’État a plaidé pour un engagement renforcé des partenaires internationaux, en faveur d’un financement plus conséquent et plus accessible des projets liés à l’eau et à l’assainissement. Il a également appelé à une meilleure coordination entre les États, les institutions multilatérales, le secteur privé et les communautés locales, afin de garantir des solutions durables, adaptées aux réalités de chaque territoire.

Pour le président Diomaye Faye, l’accès équitable et durable à l’eau potable et à l’assainissement ne doit plus être considéré comme un luxe, mais comme un droit fondamental et une priorité absolue de l’action publique. À ses yeux, l’urgence est désormais de transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables, afin d’éviter que l’ODD 6 ne devienne, en 2030, l’un des grands rendez-vous manqués du développement durable.

Forage offshore au Sénégal : un livre blanc alerte sur des menaces graves pour l’environnement et les communautés côtières

L’expansion des projets pétroliers et gaziers offshore au Sénégal pourrait avoir des conséquences lourdes et durables sur l’environnement, la santé publique et les moyens de subsistance des populations. C’est l’avertissement lancé dans un livre blanc publié par Waterkeeper Alliance, en partenariat avec Hann Baykeeper et Bargny Coast Waterkeeper, dans le cadre de la campagne « Sauver la mer et la pêche ». Le document dresse un tableau préoccupant des impacts actuels et potentiels des activités extractives en mer, pointant des risques majeurs pour les écosystèmes marins et les communautés côtières.

Selon les auteurs, les opérations de forage offshore exposent les populations à des dangers multiples, notamment à travers la pollution de l’eau, la dégradation des habitats marins et la perturbation des ressources halieutiques. Ces atteintes fragilisent directement la pêche artisanale, pilier de l’économie locale et principale source de revenus pour des milliers de familles. Le livre blanc souligne que ces impacts compromettent également la sécurité alimentaire, dans un contexte où de nombreuses communautés dépendent quasi exclusivement des produits de la mer pour leur alimentation.

Le document rappelle que ces menaces s’inscrivent dans une réalité environnementale déjà complexe. Les zones côtières sénégalaises sont confrontées à l’élévation du niveau de la mer, à l’érosion du littoral et aux effets du changement climatique. L’ajout d’activités pétrolières et gazières intensives accentuerait ces pressions, augmentant les vulnérabilités des populations les plus exposées.

Les organisations signataires dénoncent par ailleurs une injustice environnementale. Alors que des multinationales internationales tirent d’importants bénéfices de l’exploitation des ressources offshore, ce sont les communautés locales qui supportent l’essentiel des coûts sociaux et écologiques. Pollution, risques sanitaires, perte de revenus et dégradation du cadre de vie constituent le revers d’une activité dont les profits sont en grande partie externalisés.

Un autre aspect central du livre blanc concerne l’opacité entourant les mécanismes d’assurance des projets offshore. Les auteurs expliquent que la couverture d’assurance est un élément clé permettant le développement de ces projets, mais que très peu d’informations sont accessibles au public sur les garanties existantes au Sénégal. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité des opérateurs et de l’État à faire face à d’éventuels accidents majeurs, tels que des fuites d’hydrocarbures ou des marées noires, et à indemniser correctement les populations affectées.

Le document met également en garde contre les contradictions entre l’expansion des projets fossiles et les engagements climatiques du Sénégal. En misant fortement sur le pétrole et le gaz, le pays risque de retarder sa transition vers des énergies propres et de s’éloigner des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les auteurs estiment que cette orientation pourrait exposer le Sénégal à des risques économiques à long terme, notamment face à la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.

Face à ces constats, le livre blanc appelle à un changement de cap dans les politiques énergétiques nationales. Il recommande l’instauration d’un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers et gaziers offshore, ainsi que la suspension des plans d’expansion en cours. Les organisations plaident également pour l’arrêt des opérations actuelles, dans l’attente d’évaluations environnementales et sociales approfondies, transparentes et conformes aux normes internationales.

Enfin, les auteurs suggèrent la réalisation d’un audit national public des contrats et des mécanismes de financement liés aux combustibles fossiles, afin de renforcer la transparence, la responsabilité et la viabilité de la dette. À travers ce livre blanc, Waterkeeper Alliance et ses partenaires entendent encourager un débat national sur l’avenir énergétique du Sénégal, en mettant l’accent sur la protection de l’environnement, la justice sociale et un développement véritablement durable.

Crise à la RTS : le Synpics et le Synpap montent au créneau contre Pape Alé Niang

La tension reste vive au sein de la Radiotélévision Sénégalaise (RTS). Le bras de fer entre la Direction générale et les syndicats de travailleurs est loin de connaître son épilogue. Les sections locales du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) et du Syndicat des professionnels de l’audiovisuel public (Synpap) ont annoncé la tenue d’une conférence de presse, ce mercredi 28 janvier dans l’après-midi, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme de graves dysfonctionnements dans la gestion actuelle de l’entreprise publique.

Selon le journal Libération, les deux organisations syndicales appellent à une remobilisation générale de l’ensemble des travailleurs de la RTS. Objectif : attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur un malaise profond qui, selon elles, perdure depuis plusieurs mois et qui s’est accentué sous la direction de Pape Alé Niang.

Au cœur de cette contestation, l’intersyndicale évoque une série de « dérives managériales » qui compromettraient le bon fonctionnement de la maison et fragiliseraient le climat social. Les syndicats pointent notamment la suspension de certains accords conclus avec les travailleurs, sans concertation préalable, ainsi qu’une gouvernance jugée autoritaire et peu inclusive.

Le Synpics et le Synpap accusent également la Direction générale de pratiques qu’ils qualifient de « népotiques et nébuleuses », évoquant des soupçons de favoritisme dans les recrutements, les nominations et la gestion des ressources humaines. À cela s’ajouteraient, selon eux, des zones d’ombre dans la gestion financière de l’entreprise, alimentant un sentiment de méfiance et de frustration chez de nombreux agents.

Pour les syndicats, cette situation met en péril non seulement les droits et acquis des travailleurs, mais aussi la mission de service public de la RTS. Ils estiment que la télévision et la radio nationales ne peuvent pleinement jouer leur rôle d’information, d’éducation et de cohésion sociale dans un climat marqué par la défiance interne et l’instabilité.

À travers cette sortie médiatique annoncée, le Synpics et le Synpap entendent interpeller directement les plus hautes autorités de l’État afin qu’elles se saisissent du dossier et prennent les mesures nécessaires pour rétablir un climat social apaisé au sein de la RTS.

En attendant, la Direction générale n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations. Mais cette nouvelle escalade dans le bras de fer laisse présager des jours encore difficiles pour l’audiovisuel public sénégalais, déjà confronté à de nombreux défis structurels et financiers.

Sonko au Maroc : « Les incidents après la CAN doivent être considérés comme des excès isolés liés à l’émotion »

En visite officielle au Royaume du Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à apaiser les tensions nées à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, marquée par des incidents regrettables entre supporters. Reçu par son homologue marocain Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement sénégalais a rappelé la profondeur des relations historiques, politiques et humaines entre Dakar et Rabat, insistant sur la nécessité de ne pas laisser des débordements sportifs altérer une coopération solide et ancienne.

S’exprimant devant la presse, Ousmane Sonko a souligné que les violences observées après la CAN doivent être analysées avec discernement. Pour lui, il s’agit d’actes isolés, dictés par l’émotion intense qui entoure les grandes compétitions sportives, et non de l’expression d’une hostilité entre les peuples sénégalais et marocain. « Après la CAN, les incidents observés ici ou là doivent être considérés comme des excès isolés liés à l’émotion, et non comme des fractures profondes entre nos peuples. Le sport, par essence, est un puissant facteur de rapprochement et de fraternité, et ne saurait remettre en cause la solidité des relations entre le Sénégal et le Maroc », a déclaré le Premier ministre.

Cette prise de position vise à réaffirmer l’attachement des autorités sénégalaises à une diplomatie fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération. Ousmane Sonko a également salué l’accueil chaleureux réservé à la délégation sénégalaise, symbole de l’excellence des relations bilatérales entre les deux pays.

Arrivé à l’aéroport international de Rabat à bord d’un vol spécial affrété par Air Sénégal, le Premier ministre a été accueilli par Aziz Akhannouch ainsi que plusieurs responsables marocains. Ce geste protocolaire fort illustre la volonté partagée de renforcer davantage les liens entre Dakar et Rabat, notamment dans les domaines économique, diplomatique et culturel.

Dans la continuité de sa visite, Ousmane Sonko s’est rendu au mausolée de Mohamed V pour se recueillir à la mémoire du grand-père de l’actuel souverain marocain. Il était accompagné du ministre marocain porte-parole du gouvernement, Moustapha Baitas. Cet acte symbolique traduit le respect du Sénégal pour l’histoire du Royaume du Maroc et pour les figures emblématiques ayant contribué à façonner son identité.

À travers cette visite et ces déclarations, le chef du gouvernement sénégalais entend tourner la page des tensions post-CAN et recentrer les relations sénégalo-marocaines sur leurs fondamentaux : la fraternité, la coopération et la solidarité entre deux nations liées par une longue histoire commune.

Hydraulique rurale : le Sénégal lance la phase 2 du projet chinois de 60 milliards FCFA

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique d’amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé au lancement officiel de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable financé par la République populaire de Chine. La cérémonie s’est tenue à Diaglé, dans la commune de Toubacouta, marquant le démarrage effectif d’un programme d’envergure nationale destiné à renforcer durablement les infrastructures hydrauliques dans les zones rurales.

Doté d’un financement de 60 milliards de francs CFA, ce projet vise à réduire de manière significative les inégalités d’accès à l’eau entre les différentes régions du pays. Treize régions sont concernées par cette deuxième phase, faisant de Dakar la seule région non couverte par le programme, en raison de son niveau d’équipement relativement plus avancé. À travers cette initiative, l’État du Sénégal entend répondre à une demande sociale forte et améliorer les conditions de vie de millions de citoyens confrontés, au quotidien, aux difficultés d’approvisionnement en eau potable.

Lors de sa visite au forage de Diaglé, Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la dimension vitale et stratégique de ce projet. Il a rappelé que l’accès à l’eau constitue un droit fondamental et un levier essentiel pour le développement économique, la santé publique et la stabilité des communautés rurales. Selon lui, la mise en œuvre de cette phase 2 permettra de garantir une eau de qualité et en quantité suffisante à près de deux millions de Sénégalais à travers le territoire national.

Le ministre a également salué la qualité de la coopération entre le Sénégal et la République populaire de Chine, qu’il a qualifiée de partenariat solide et efficace. « Je remercie le gouvernement chinois pour son écoute et sa compréhension de la situation du Sénégal », a-t-il déclaré, soulignant que cet appui témoigne de la volonté des deux pays de travailler ensemble pour répondre aux besoins prioritaires des populations.

Dans la zone de Toubacouta, les retombées du projet sont déjà très attendues. Treize villages ont été directement intégrés dans le programme, avec des travaux portant notamment sur la réalisation de nouveaux forages, la réhabilitation d’ouvrages existants, l’extension des réseaux de distribution et l’installation de châteaux d’eau. À Diaglé, le ministre a constaté l’état d’avancement des travaux de réhabilitation et annoncé que l’eau devrait être disponible dans les robinets d’ici la fin du mois de février 2026.

Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, cette initiative devrait également contribuer à réduire la pénibilité des corvées d’eau, en particulier pour les femmes et les jeunes filles, souvent chargées de cette tâche dans les zones rurales. Elle devrait aussi favoriser le développement d’activités économiques locales, notamment l’agriculture, l’élevage et la transformation, grâce à une disponibilité accrue de la ressource.

Lutte contre le faux monnayage : Kaolack au cœur d’une saisie record de près de 5 milliards FCFA

La région de Kaolack vient d’être le théâtre d’une opération majeure dans la lutte contre le faux monnayage et les trafics illicites. Les unités douanières locales ont procédé à l’incinération d’une importante quantité de produits prohibés, dont des faux billets d’une valeur exceptionnelle estimée à 4,9 milliards de francs CFA. Une saisie qualifiée de record, qui porte la valeur globale des marchandises détruites à près de 6 milliards de francs CFA.

L’opération s’est déroulée en présence du Gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué la performance des services des douanes et mis en avant la portée stratégique de cette action. Pour l’autorité administrative, il s’agit d’une véritable démonstration de force de l’État face aux réseaux criminels qui tentent de s’implanter durablement dans les territoires.

Selon les chiffres officiels communiqués, les faux billets représentent l’essentiel des produits saisis, illustrant l’ampleur du phénomène de contrefaçon monétaire dans la zone. À ces coupures frauduleuses s’ajoutent d’autres marchandises illicites issues de divers trafics, dont la nature n’a pas été détaillée, mais qui participent, selon les autorités, à alimenter une économie souterraine aux conséquences graves pour la stabilité économique et sécuritaire du pays.

Pour Mouhamadou Moctar Watt, ces résultats sont le fruit d’un engagement constant des unités douanières dans la lutte contre ce qu’il qualifie « d’économie criminelle ». Il estime que cette économie parallèle constitue une menace directe pour la sécurité nationale, en fragilisant les circuits financiers, en favorisant la criminalité organisée et en portant atteinte à la confiance dans la monnaie.

Le Gouverneur a également tenu à rappeler que le rôle de la Douane sénégalaise dépasse largement la seule mission de collecte de recettes. Longtemps perçue principalement comme une administration fiscale, la Douane s’affirme de plus en plus comme un acteur central de la chaîne sécuritaire nationale.

« Il faudra y décrypter un ensemble de messages », a déclaré Mouhamadou Moctar Watt au micro d’iRadio, avant de préciser que cette opération montre clairement que la douane a toute sa place dans le dispositif de sécurité du pays. « Cela montre également qu’au-delà de la perception des recettes, la douane est véritablement un rempart contre le développement de l’économie criminelle au niveau de nos territoires », a-t-il insisté.

Cette saisie record intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises multiplient les actions pour assécher les circuits de financement des réseaux criminels. Elle illustre, selon les responsables, la montée en puissance des capacités opérationnelles des services de contrôle et la volonté de l’État de renforcer la surveillance aux frontières comme à l’intérieur du pays.

Santé : And Gueusseum décrète la radicalisation et annonce 96 heures de grève sans service minimum

L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) – And Gueusseum durcit le ton. Face à ce qu’elle qualifie de « mépris persistant » des autorités gouvernementales, la coalition syndicale a annoncé une radicalisation de son mouvement, marquée par un nouveau plan d’actions comprenant notamment 96 heures de grève totale sans service minimum, ainsi qu’un boycott prolongé de plusieurs programmes de santé.

Dans son « Communiqué de grève n°5 », publié ce dimanche, le Directoire national d’And Gueusseum dresse un bilan qu’il juge largement positif de ses récentes mobilisations. Selon le syndicat, les débrayages des 21, 22 et 23 janvier ont été suivis à hauteur de 80 à 90 % sur l’ensemble du territoire national. Malgré quelques « défaillances » relevées notamment à Dakar et à Dioffior, les leaders syndicaux estiment que l’impact sur le fonctionnement du système hospitalier a été « majeur ».

Pour And Gueusseum, cette forte mobilisation démontre que la coalition « pèse et compte » dans le paysage syndical et impose, selon elle, une intervention urgente de l’État afin d’apurer ce qu’elle qualifie de « passif social moralement imprescriptible ». Le syndicat affirme que les multiples alertes adressées aux autorités sont restées sans réponse concrète, alimentant ainsi la colère des travailleurs de la santé.

Dans un ton à la fois symbolique et interpellateur, And Gueusseum a tenu à féliciter les Lions du football, doubles champions d’Afrique, tout en soulignant un contraste saisissant avec la situation du secteur sanitaire. « Pendant que le peuple exulte, des millions de Sénégalais sont privés de soins », dénonce la coalition, qui affirme que les différentes grèves ont déjà entraîné 268 heures cumulées de rupture de service.

Le syndicat rejette également l’argument avancé par le gouvernement faisant état d’un « pays en ruine et surendetté ». À l’inverse, il pointe ce qu’il considère comme un « train de vie dispendieux » de l’exécutif et du parlement, qu’il juge incompatible avec les discours de rigueur budgétaire. And Gueusseum met aussi en avant plusieurs dossiers sociaux restés sans solution, notamment le sort des 120 hectares de Daga-Kholpa promis en 2021 aux victimes du programme SUTSAS-Namora, l’absence de délivrance de certains actes administratifs, la privation de l’indemnité de logement pour les contractuels des collectivités territoriales et des établissements publics de santé, ainsi que les insuffisances en matière de protection sociale.

La coalition appelle par ailleurs à une jonction des luttes syndicales, notamment contre le projet d’allongement de l’âge de la retraite à 65 ans, qu’elle considère comme une mesure socialement injuste.

Face à ce qu’elle qualifie de « conspiration du silence étatique », And Gueusseum annonce un sixième plan d’actions. Celui-ci prévoit, du 28 janvier au 9 février, une tournée nationale accompagnée d’assemblées générales. Du 10 au 13 février, une grève totale de 96 heures sera observée sans service minimum. À partir du 28 février, un boycott des programmes de santé, des réunions de coordination et des supervisions est annoncé pour une durée de trois mois, soit jusqu’au 28 mai.

Enfin, And Gueusseum met en garde les directeurs d’hôpitaux et les autorités administratives contre toute tentative de sanction, de réquisition ou de pression jugée illégale sur les agents grévistes. Le syndicat réaffirme sa détermination à s’inscrire dans une lutte de longue durée pour la défense des droits, de la dignité et des conditions de travail des professionnels de santé.

Riziculture : Mabouba Diagne lance la campagne de saison sèche 2026 et prône la souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a officiellement lancé, ce samedi à Saint-Louis, la campagne de saison sèche chaude 2026 dans la vallée du fleuve Sénégal. La cérémonie s’est déroulée en marge d’un atelier organisé par la Société d’aménagement des terres du delta et de la Falémé (SAED), en présence des acteurs du secteur agricole, des autorités administratives et des partenaires techniques.

Ce lancement marque une étape importante dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la production rizicole nationale et à réduire la forte dépendance du Sénégal aux importations de riz. Face aux producteurs, le ministre a tenu un discours sans détour, appelant à un sursaut collectif pour relever les défis persistants liés à la productivité, à la transformation et à la commercialisation du riz local.

Malgré les progrès enregistrés lors des dernières campagnes agricoles, Mabouba Diagne a rappelé que le pays continue d’importer plus d’un million de tonnes de riz blanc chaque année. Une situation qu’il juge préoccupante, tant sur le plan économique que stratégique. Selon lui, cette dépendance excessive pèse lourdement sur la balance commerciale nationale et expose le Sénégal aux fluctuations d’un marché international de plus en plus instable et spéculatif.

Pour le ministre, il est désormais impératif de rompre avec ce modèle. Il a souligné que le contexte mondial actuel, marqué par les crises géopolitiques, climatiques et économiques, impose au Sénégal de renforcer sa souveraineté alimentaire. « Cette dépendance est un risque que nous ne pouvons plus courir », a-t-il martelé, appelant les acteurs de la filière riz à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique.

C’est dans cette optique, a-t-il expliqué, que le gouvernement a engagé un changement de paradigme dans l’appui au secteur agricole. Il ne s’agit plus d’interventions ponctuelles et dispersées, mais d’une approche intégrée, structurée et durable, capable de transformer en profondeur les chaînes de valeur agricoles. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la Stratégie de Souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034), elle-même alignée sur l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

À travers cette stratégie, les autorités ambitionnent d’intensifier les chaînes de valeur agricoles, de renforcer la résilience des territoires ruraux et de réduire de manière significative la dépendance du pays aux importations alimentaires. Dans ce schéma, la riziculture occupe une place centrale, compte tenu de son importance dans l’alimentation des Sénégalais et de son potentiel économique.

Mabouba Diagne a particulièrement mis en avant les atouts de la vallée du fleuve Sénégal, qu’il considère comme un levier stratégique majeur. Grâce à ses ressources naturelles abondantes, à la maîtrise de l’eau et aux infrastructures existantes, la zone dispose, selon lui, d’un potentiel exceptionnel pour faire du Sénégal un pays autosuffisant en riz, voire un acteur compétitif sur le marché sous-régional.

En lançant la campagne de saison sèche chaude 2026, le ministre a ainsi réaffirmé la volonté de l’État d’accompagner les producteurs, tout en les invitant à redoubler d’efforts pour améliorer les rendements et la qualité de la production. Un message clair qui traduit l’ambition des autorités de faire de la riziculture un pilier de la souveraineté alimentaire et du développement économique du pays.

Météo : l’ANACIM met en garde contre une houle dangereuse attendue du 25 au 26 janvier 2026

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a lancé une alerte concernant une houle dangereuse qui affectera les côtes sénégalaises à partir du dimanche 25 janvier 2026 à 18 heures jusqu’au lundi 26 janvier 2026 à la même heure. Cette alerte a été publiée ce samedi 24 janvier dans le bulletin de prévision météorologique de l’agence.

Selon l’ANACIM, les zones concernées par ce phénomène maritime s’étendent principalement autour de Dakar, avec un rayon d’environ 75 kilomètres sur la Grande Côte et près de 80 kilomètres sur la Petite Côte. La houle annoncée, en provenance du secteur Nord-Ouest, pourrait atteindre une hauteur significative d’environ 2,5 mètres, rendant les conditions en mer particulièrement dangereuses.

Cette situation représente un risque élevé pour les pêcheurs, les plaisanciers, les transporteurs maritimes ainsi que pour les populations vivant ou circulant dans les zones côtières exposées. Les fortes vagues pourraient provoquer des submersions locales, une érosion accrue du littoral et des difficultés de navigation, notamment pour les embarcations de petite taille.

Face à ces conditions météorologiques défavorables, les autorités appellent à la plus grande prudence. L’ANACIM recommande d’éviter toute sortie en mer durant la période concernée, de redoubler de vigilance le long des côtes et de se conformer strictement aux consignes émises par les autorités compétentes. Elle invite également les populations riveraines à suivre l’évolution de la situation à travers les bulletins météorologiques officiels.

L’agence rappelle enfin que le respect des mesures de prévention et des alertes météorologiques demeure essentiel afin de limiter les risques pour les personnes et les biens, dans un contexte où les phénomènes maritimes peuvent évoluer rapidement.

UGB : les étudiants observent 24 heures de cessation des activités pédagogiques pour exiger des réponses urgentes

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis fait face à une nouvelle zone de turbulence. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 24 heures de cessation de toutes les activités pédagogiques, assorties de 24 heures de journées sans tickets, non renouvelables, à titre d’alerte. Cette décision, annoncée dans un communiqué rendu public le 23 janvier, vise à interpeller les autorités sur ce que les étudiants qualifient de « manque de considération » et d’« inertie prolongée » face à leurs préoccupations.

Selon la CESL, cette action intervient après plusieurs tentatives infructueuses de dialogue avec les autorités compétentes. La coordination rappelle qu’à l’issue de la dernière crise universitaire, un certain nombre de difficultés majeures avaient été clairement exposées, donnant lieu à des engagements pris par les autorités. Toutefois, plusieurs mois après ces promesses, les étudiants affirment ne constater aucune avancée concrète dans la résolution des problèmes soulevés.

Dans le cadre du suivi de sa plateforme revendicative, la CESL dit observer avec une profonde inquiétude l’absence de réponses institutionnelles. À en croire la coordination, aucun cadre d’échange effectif n’a, à ce jour, permis d’apporter des éclaircissements sur les solutions attendues. Cette situation alimente un climat de frustration et de mécontentement au sein de la communauté estudiantine, qui estime que ses revendications légitimes sont reléguées au second plan.

Face à ce qu’elle considère comme une forme de désintérêt des autorités, la CESL exige une rencontre urgente avec l’autorité compétente afin de discuter sérieusement des préoccupations des étudiants et d’aboutir à des solutions durables. La coordination prévient également que si les autorités continuent de « lambiner » sur les questions soulevées, elle se réserve le droit de durcir le mouvement. Elle affirme être prête à user de tous les moyens de lutte syndicale pour rétablir les étudiants dans leurs droits.

Malgré la fermeté de sa position, la CESL réaffirme son attachement au dialogue et à la recherche de solutions pacifiques. Elle se dit pleinement engagée et disponible pour défendre la cause estudiantine, tout en appelant les autorités à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une nouvelle crise susceptible de perturber durablement le fonctionnement de l’Université Gaston Berger.

COUD : des armes découvertes dans des chambres d’étudiants, le ministre Daouda Ngom annonce des sanctions fermes

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a tiré la sonnette d’alarme après la découverte d’armes blanches et d’objets dangereux dans certaines chambres d’étudiants au sein des résidences universitaires du Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD). Les faits ont été révélés à la suite d’opérations de contrôle récemment menées par les agents de sécurité de l’établissement.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 23 janvier, le ministre Daouda Ngom a exprimé sa vive préoccupation face à la présence de tels objets dans un environnement académique. Il a rappelé avec insistance que l’université doit rester un espace dédié au savoir, à la tranquillité, à la liberté intellectuelle et à la sécurité, loin de toute forme de violence ou de menace.

Selon le ministre, l’introduction, la détention ou l’usage d’armes, qu’il s’agisse d’armes blanches ou de tout autre objet contondant, est strictement interdite dans les établissements d’enseignement supérieur. Il estime que ces pratiques constituent non seulement une violation grave des règlements universitaires, mais également un danger réel pour la sécurité des étudiants, du personnel administratif et des enseignants.

Face à cette situation jugée préoccupante, Daouda Ngom a annoncé le renforcement des mesures préventives, en étroite collaboration avec les autorités académiques et les forces de sécurité de l’État. Ces actions viendront compléter les campagnes de sensibilisation déjà engagées auprès des étudiants afin de promouvoir un climat de paix et de respect mutuel sur les campus universitaires.

Le ministre a également été clair sur les conséquences à venir. Des mesures disciplinaires et pénales seront envisagées contre toute personne dont la responsabilité sera établie dans la détention ou l’usage de ces objets prohibés. Il a précisé que la tolérance zéro sera appliquée pour préserver l’ordre et la sécurité au sein des universités publiques.

En conclusion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé un appel solennel à l’endroit de l’ensemble des étudiants, les invitant à faire preuve de responsabilité, à renoncer à toute forme de violence et à s’engager activement dans la préservation de la cohésion sociale et de la sécurité au sein des espaces universitaires.

Réorganisation de l’espace public : le ministre de l’Intérieur fixe de nouvelles instructions à Dakar

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a présidé, ce jeudi 23 janvier 2026, une importante réunion de commandement avec les autorités administratives de la région de Dakar. La rencontre, qui s’est tenue en présence du Gouverneur de Dakar, des préfets et des sous-préfets, s’inscrit dans le cadre du suivi et de l’évaluation des opérations de réorganisation de l’espace public engagées par l’État.

Selon une note du ministère de l’Intérieur, cette réunion stratégique a également enregistré la participation de hauts responsables des forces de sécurité, notamment le Directeur général de l’administration territoriale, le Directeur général adjoint de la Police nationale ainsi que le Directeur de la Sécurité publique. L’objectif était de faire le point sur les actions déjà menées sur le terrain et d’apprécier leur impact sur l’ordre public, la mobilité urbaine et la sécurité des citoyens.

Au cours des échanges, le ministre Mouhamadou Bamba Cissé a salué l’engagement et le professionnalisme des autorités administratives et des autres acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette politique de réorganisation. Il a félicité les équipes pour la qualité du travail accompli, tout en soulignant la nécessité de consolider les acquis à travers un suivi rigoureux et coordonné des opérations en cours.

Toutefois, le ministre a insisté sur l’importance d’une approche équilibrée, combinant fermeté dans l’application des décisions de l’État et pédagogie à l’endroit des populations concernées. À cet effet, de nouvelles instructions ont été données afin de maintenir la dynamique enclenchée et de renforcer les campagnes de sensibilisation. Le ministère recommande une implication accrue de l’ensemble des acteurs concernés, notamment les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, ainsi que les organisations communautaires.

Cette réorganisation de l’espace public vise, selon les autorités, à restaurer l’ordre, améliorer la circulation, sécuriser les zones sensibles et garantir une meilleure cohabitation entre les différents usagers de la voie publique. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation de la gouvernance urbaine, en particulier dans la capitale, confrontée à une forte pression démographique et à des défis croissants en matière de sécurité et de mobilité.

Le ministère de l’Intérieur assure que ces mesures se poursuivront dans le respect des lois et règlements en vigueur, tout en appelant les citoyens à la collaboration et au civisme pour une occupation harmonieuse et responsable de l’espace public.

Santé fragile : les visites à Farba Ngom temporairement suspendues

La cellule de communication du député-maire Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a annoncé la suspension temporaire de toutes les visites à son encontre, invoquant des raisons strictement médicales. L’information a été rendue publique à travers un communiqué daté du 22 janvier, dans lequel il est fait état d’un « état de santé particulièrement fragile » nécessitant des mesures de précaution renforcées.

Selon la note transmise à la presse, cette décision intervient à la suite d’avis médicaux formels émis par les médecins traitants de l’élu, avis également appuyés par les recommandations de ses conseils juridiques. Dans ce contexte, il a été jugé indispensable de suspendre provisoirement toute forme de visite afin de garantir des conditions optimales de prise en charge sanitaire.

La cellule de communication précise que cette mesure est exclusivement médicale et préventive. Elle vise avant tout à préserver l’intégrité physique et morale de Farba Ngom, dans un cadre de suivi rigoureux exigeant repos, sérénité et stabilité. Les proches du député-maire insistent sur le fait qu’aucune autre considération ne motive cette décision, qui s’inscrit dans une logique de protection de sa santé.

Dans le même communiqué, Farba Ngom a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères à l’ensemble du peuple sénégalais, en général, et aux populations du Fouta, en particulier. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’endroit de la diaspora pour les nombreux témoignages de solidarité, de fidélité et d’affection reçus depuis près de onze mois, traduisant, selon ses proches, un soutien constant et indéfectible.

Enfin, la cellule de communication indique que toute évolution relative à l’état de santé du député-maire ou aux modalités de visites fera l’objet d’une communication officielle ultérieure. En attendant, elle appelle à la compréhension et au respect strict de cette période de repos, jugée cruciale pour le rétablissement de Farba Ngom.

Propos blessants : l’Université Internationale de Casablanca présente ses excuses et écarte l’enseignante mise en cause

L’Université Internationale de Casablanca (UIC) est sortie de son silence après la controverse suscitée par des propos jugés blessants et largement relayés sur les réseaux sociaux, attribués à l’une de ses enseignantes. Dans un communiqué officiel rendu public, l’établissement universitaire a présenté ses excuses à l’ensemble de sa communauté ainsi qu’à toutes les personnes qui ont pu se sentir choquées ou offensées par ces déclarations.

Tout en précisant que les propos incriminés ont été tenus à titre strictement personnel et en dehors de tout cadre institutionnel, l’UIC affirme assumer pleinement sa responsabilité morale en tant qu’institution académique et éducative. L’université reconnaît l’émotion légitime suscitée par cette affaire et regrette profondément l’impact qu’elle a pu avoir, tant au sein de la communauté universitaire qu’au-delà.

Dès que les faits ont été portés à sa connaissance, la direction de l’UIC indique avoir agi avec diligence, sérieux et fermeté. Un examen rigoureux de la situation a été engagé, débouchant sur une décision qualifiée de ferme et définitive. L’enseignante mise en cause a ainsi été écartée et n’exerce désormais plus aucune fonction au sein de l’Université Internationale de Casablanca. Cette mesure, selon l’établissement, a été prise dans le strict respect du Code de conduite interne et du cadre réglementaire en vigueur.

Dans son communiqué, l’UIC tient à réaffirmer son identité d’université panafricaine fondée sur des valeurs non négociables. Elle insiste notamment sur son attachement au respect de la dignité humaine, à la diversité, à la tolérance et au vivre-ensemble, qui constituent, selon elle, le socle même de son projet éducatif. L’institution souligne que ces principes doivent guider le comportement de l’ensemble de ses collaborateurs, aussi bien dans le cadre professionnel que dans leur expression publique.

L’université assure par ailleurs que toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin de garantir la continuité des enseignements et le bon déroulement des activités académiques dans un environnement serein, sûr et respectueux. Elle se dit pleinement mobilisée pour préserver un cadre inclusif et protecteur pour l’ensemble de sa communauté, composée d’étudiants, d’enseignants et de personnels administratifs.

Enfin, l’Université Internationale de Casablanca lance un appel à l’apaisement, au sens des responsabilités et au respect mutuel. Elle affirme vouloir tirer toutes les leçons de cet épisode afin de renforcer ses mécanismes de prévention et d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise à l’avenir.

Marche pacifique à Thiès : le G7 hausse le ton et exige le respect des accords signés avec l’État

Les syndicats regroupés au sein du G7 sont descendus dans la rue ce jeudi à Thiès pour une marche pacifique visant à dénoncer le non-respect des accords signés avec l’État. Au moment où ces lignes sont écrites, les manifestants battent le macadam dans les principales artères de la ville, affichant leur détermination à obtenir des réponses concrètes du gouvernement face à des revendications qu’ils jugent légitimes et urgentes.

À travers cette mobilisation, le G7 entend rappeler aux autorités la nécessité de respecter leurs engagements, notamment en ce qui concerne le paiement à temps des salaires des enseignants et des indemnités liées aux examens. Les syndicats exigent également une implication effective du G7 dans les activités du ministère de l’Éducation nationale, dénonçant une mise à l’écart systématique lors de la validation de documents stratégiques et d’autres cadres de concertation.

Les responsables syndicaux pointent du doigt l’important passif social accumulé par l’État, en particulier le retard dans la signature de nombreux décrets issus des accords conclus. Ils fustigent également la persistance de lourdeurs administratives qui entravent l’application effective des décisions prises, ainsi que l’iniquité salariale persistante au détriment du secteur de l’Éducation et de la Formation. À cela s’ajoutent les problèmes récurrents de surimposition sur les rappels de salaires et les indemnités, une situation jugée injuste par les travailleurs.

Dans leur déclaration, les syndicats du G7 exigent du gouvernement la prise en charge immédiate de l’ensemble de ces préoccupations et l’ouverture de négociations sérieuses autour de plusieurs points jugés prioritaires. Ils dénoncent notamment les retards persistants dans le paiement des salaires des enseignants contractuels, constatés ces derniers mois, ainsi que le non-versement ou le retard de paiement des indemnités d’examens, en particulier dans la formation professionnelle et technique. Sont également concernés les professeurs d’Éducation physique et sportive des inspections d’académie de Dakar, Rufisque et Pikine-Guédiawaye, les acteurs de la surveillance du baccalauréat, ainsi que les intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025.

Le G7 dénonce par ailleurs son exclusion des activités du ministère de l’Éducation nationale, regrettant de ne pas être associé à la validation des documents stratégiques du NITHE et à d’autres initiatives majeures du secteur. Les syndicats critiquent ce qu’ils qualifient de dilatoire du gouvernement dans l’apurement du passif social et déplorent l’absence de mesures concrètes pour corriger le système de rémunération actuel.

Parmi les autres revendications figurent l’absence de prise en charge de la supervision des examens du CFEE et du BFEM par les inspecteurs, ainsi que les nombreuses difficultés liées à l’organisation des examens du CAP et du CEAP, marquées par des irrégularités, des retards et le non-respect de l’échéance de décembre pour la publication des arrêtés. Le G7 réclame également la révision des nouvelles dispositions du G50, jugées inadaptées, et dénonce la persistance de nombreux cas de surimposition.

Les syndicats attirent aussi l’attention sur l’inexistence de budgets de fonctionnement dans les écoles et établissements, la non-fonctionnalité du comité de suivi des accords, ainsi que le retard dans l’octroi de parcelles viabilisées ou non viabilisées et la délivrance des titres de propriété aux syndicats bénéficiaires. Ils pointent également la non-prise en charge des bourses de formation des élèves-professeurs de l’ENAMC, la nécessité de réviser les statuts du personnel des écoles sénégalaises en Gambie, le non-paiement des indemnités des professeurs exerçant dans les LYNAQE et les difficultés rencontrées par les ayants droit pour l’obtention des prêts DMC auprès des banques.

Dans la foulée, le G7 a vivement dénoncé l’inertie qu’il juge inacceptable dans la mise en œuvre des accords relatifs à l’habitat social, aux cotisations sociales des enseignants contractuels, à la digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, au retour des budgets dans le préscolaire et l’élémentaire, ainsi qu’au relèvement des budgets des établissements du moyen secondaire. Les syndicats réclament également le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, la réouverture sans délai de l’EFA de Ndindy 2 et l’ouverture de discussions sérieuses sur la réforme des retraites.

Justice et numérique : Jean-Louis Toupane met en garde contre une modernisation déshumanisée

La modernisation numérique de la justice constitue une avancée majeure, mais elle ne saurait se faire au détriment de ses principes fondamentaux. C’est le message fort délivré par le procureur général près la Cour suprême, Jean-Louis Toupane, lors de la cérémonie de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, tenue ce jeudi 22 janvier 2025. Face à un auditoire composé de magistrats, d’acteurs judiciaires et de responsables institutionnels, le haut magistrat a appelé à une transition technologique mesurée, éthique et profondément humaine.

Reconnaissant les opportunités offertes par le numérique, Jean-Louis Toupane a souligné que des innovations telles que la dématérialisation des procédures, la gestion électronique des dossiers ou encore l’accès rapide à l’information juridique représentent de véritables leviers pour rapprocher la justice du citoyen. Selon lui, ces outils peuvent contribuer à améliorer l’efficacité du service public judiciaire, réduire les délais de traitement des affaires et renforcer la transparence dans le fonctionnement des juridictions.

Toutefois, le procureur général a tenu à introduire une réflexion critique sur les risques inhérents à une numérisation mal maîtrisée. Il a averti que la modernisation, si elle est conduite sans discernement, pourrait engendrer de nouveaux déséquilibres et, paradoxalement, créer des formes inédites d’injustice. « La modernisation ne doit pas créer de nouvelles formes d’injustice », a-t-il insisté, appelant à la vigilance face à une transformation technologique qui pourrait exclure les plus vulnérables.

Pour Jean-Louis Toupane, une justice excessivement numérisée, dépourvue d’un accompagnement humain suffisant, risque d’accentuer les inégalités d’accès au droit. Dans un contexte où tous les citoyens ne disposent pas des mêmes compétences numériques ni des mêmes moyens technologiques, le numérique ne doit en aucun cas devenir une barrière supplémentaire entre le juge et le justiciable. « Le numérique ne doit être ni une distance entre le juge et le justiciable, ni un prétexte pour réduire l’acte de rendre la justice à une simple formalité technique », a-t-il martelé.

Au-delà des enjeux d’accès, le procureur général a placé la question éthique au centre du débat sur la justice numérique. Il a rappelé que la transition technologique pose des défis majeurs qui engagent directement la responsabilité des magistrats et des décideurs publics. La protection rigoureuse des données personnelles, la transparence des algorithmes utilisés, la fiabilité technique des outils déployés et le respect strict des libertés individuelles figurent, selon lui, parmi les exigences incontournables d’une justice modernisée.

Réaffirmant la primauté des valeurs judiciaires, Jean-Louis Toupane a mis en garde contre une logique de performance technologique qui primerait sur l’équité et l’humanité. « La justice ne peut se permettre de sacrifier ses principes fondamentaux sur l’autel de la performance technologique », a-t-il rappelé avec fermeté, soulignant que la technologie doit rester un outil au service de la justice, et non l’inverse.

Dans un monde en mutation rapide, le procureur général a réaffirmé le rôle central du juge comme garant de la cohésion sociale et de l’État de droit. Pour réussir ce tournant numérique, il a préconisé une approche équilibrée et progressive, fondée sur la formation continue des acteurs judiciaires, l’accompagnement pédagogique des citoyens et, surtout, le maintien d’un lien humain fort au cœur de l’institution judiciaire.

Enfin, Jean-Louis Toupane a insisté sur le caractère inclusif que doit revêtir toute réforme de la justice. Selon lui, l’efficacité d’une modernisation ne se mesure pas uniquement à la rapidité ou à la sophistication des outils, mais à sa capacité à renforcer la confiance du citoyen dans l’institution judiciaire. Une transition réussie est celle qui garantit l’égalité de tous devant la loi, qu’elle soit rendue dans un cadre physique ou digital, sans laisser personne au bord du chemin.

Rentrée solennelle des Cours et Tribunaux : Bassirou Diomaye Faye engage la justice sénégalaise sur la voie du numérique, de l’éthique et de la souveraineté

La justice sénégalaise amorce un tournant décisif. Ce jeudi 22 janvier 2026, à l’occasion de la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours de fond qui fixe les grandes orientations de l’institution judiciaire face aux mutations profondes de la société contemporaine. Placée sous le thème « Le juge face aux défis du numérique », cette cérémonie a été l’occasion pour le Chef de l’État de tracer une vision ambitieuse, articulée autour de la modernisation technologique, de la préservation des valeurs éthiques et du renforcement de la souveraineté judiciaire.

D’emblée, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la justice ne peut plus rester en marge de l’évolution numérique qui transforme l’administration, l’économie et les rapports sociaux. Pour lui, les attentes des citoyens sont claires : une justice plus rapide, plus accessible, plus transparente et mieux adaptée aux réalités du temps. La dématérialisation des procédures judiciaires, la gestion électronique des dossiers et l’archivage numérique s’imposent désormais comme des nécessités structurelles, et non comme de simples innovations accessoires. Le Président a insisté sur le fait que le numérique constitue un levier essentiel pour réduire les délais de traitement des affaires, améliorer la traçabilité des procédures et renforcer la confiance du public dans l’institution judiciaire.

Cependant, le Chef de l’État a tenu à poser des garde-fous clairs. Si la technologie peut être un puissant outil d’accompagnement, elle ne doit jamais prendre le pas sur l’essence même de l’acte de juger. Bassirou Diomaye Faye a rappelé avec fermeté que la justice repose avant tout sur le discernement humain, la conscience morale et l’impartialité du magistrat. L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne saurait se substituer à la responsabilité du juge. Elle doit rester un instrument d’aide à la décision, jamais un décideur. Le Président a ainsi mis en garde contre toute automatisation excessive qui risquerait de fragiliser l’égalité des justiciables devant la loi et de déshumaniser la justice.

Dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance de la cybercriminalité, la question de la sécurité des données judiciaires a occupé une place centrale dans le discours présidentiel. Le passage du support papier au numérique expose la justice à de nouveaux risques, notamment la manipulation des preuves, le piratage des systèmes et les atteintes à la confidentialité des délibérations. Pour y faire face, Bassirou Diomaye Faye a appelé à la mise en place de mécanismes robustes de sécurisation, tels que la signature électronique et l’horodatage, afin de garantir l’authenticité, l’intégrité et l’inviolabilité des pièces judiciaires.

Au-delà de la sécurité technique, le Président a insisté sur un enjeu stratégique majeur : la souveraineté numérique de la justice sénégalaise. Il a plaidé pour la création d’infrastructures nationales de stockage sécurisé, un véritable « cloud judiciaire » sénégalais, destiné à protéger les données sensibles contre toute ingérence extérieure ou dépendance technologique excessive. Pour le Chef de l’État, la souveraineté judiciaire ne se limite plus à l’indépendance institutionnelle ; elle passe désormais aussi par la maîtrise des outils numériques et des données.

La modernisation de la justice ne saurait toutefois être complète sans un investissement massif dans le capital humain. Bassirou Diomaye Faye a souligné l’importance cruciale de la formation continue des magistrats et de l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire. Le juge d’aujourd’hui doit être capable de comprendre et de traiter des infractions de plus en plus complexes, liées notamment à la cybercriminalité, à la fraude bancaire, à l’usurpation d’identité ou encore au cyberharcèlement. Face à l’intelligence artificielle, les magistrats sont appelés à développer une véritable vigilance critique, afin d’en exploiter les avantages sans en subir les dérives.

Le Chef de l’État a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à doter les juridictions d’équipements modernes et adaptés, afin de permettre aux magistrats d’exercer leur mission dans de meilleures conditions. L’objectif est clair : mettre fin aux lenteurs excessives, améliorer l’efficacité du service public de la justice et répondre plus rapidement aux attentes des citoyens.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye a présenté cette transformation comme une exigence à la fois morale, institutionnelle et démocratique. La modernisation numérique de la justice doit contribuer à renforcer la transparence, l’accessibilité et la crédibilité de l’institution, tout en consolidant le lien de confiance entre la justice et les citoyens. Le Président a ainsi appelé à bâtir une justice « au nom du peuple et pour le peuple », ancrée dans ses valeurs fondamentales, mais pleinement engagée dans son époque, où la technologie sert l’éthique et où le progrès renforce l’État de droit.

Dossier AEE Power : l’ASER obtient l’annulation de la décision de l’ARCOP par la Cour suprême

L’affaire opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et la société AEE Power Sénégal connaît un tournant judiciaire majeur. Ce mercredi 21 janvier, la Cour suprême a annulé la décision de l’ARCOP qui avait donné raison à AEE Power au détriment de l’ASER, mettant ainsi un coup d’arrêt à un contentieux qui aura duré plus de quinze mois.

L’annonce de cette décision a été accueillie avec soulagement et satisfaction du côté de l’ASER. Son directeur général, Jean-Michel Sène, n’a pas caché sa joie, estimant que cette issue marque la fin d’un long épisode de controverses, de pressions et de batailles judiciaires autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale du Sénégal. « Après 15 longs mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire sur le dossier AEE Power, l’ASER vient d’obtenir, à l’instant, l’annulation de la décision de l’ARCOP par la Cour suprême. Le dossier est désormais vide », a-t-il déclaré, affirmant qu’« un temps de vérité s’ouvre désormais ».

À l’origine de cette affaire figure un vaste marché d’électrification rurale, estimé à plus de 90 milliards de francs CFA, destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones du pays. La société AEE Power Sénégal soutenait avoir été injustement écartée de la procédure par l’ASER, accusant l’Agence d’avoir privilégié une négociation directe avec une représentation espagnole de la même entreprise. Selon ces accusations, une avance de démarrage de l’ordre de 37 milliards de francs CFA aurait même été débloquée à travers la banque espagnole Santander, un élément qui avait fortement alimenté la polémique.

Saisie de ce différend, l’ARCOP avait initialement donné raison à AEE Power, condamnant l’ASER et remettant en cause la régularité de la procédure. Estimant être victime d’une décision injuste et infondée, l’ASER, sur requête de l’Agent judiciaire de l’État, avait alors décidé de porter l’affaire devant la Cour suprême afin d’obtenir l’annulation des décisions du régulateur de la commande publique. La haute juridiction a finalement tranché en faveur de l’Agence d’électrification rurale, annulant la décision de l’ARCOP et rebattant ainsi complètement les cartes dans ce dossier sensible.

Pour Jean-Michel Sène, cette décision constitue une réhabilitation de l’ASER et un signal fort envoyé en faveur de la légalité et de la transparence dans la gestion des marchés publics. Il estime que cette affaire révèle des pratiques qu’il juge préoccupantes et contre lesquelles l’ASER entend désormais se battre ouvertement. Le directeur général a d’ailleurs annoncé la tenue prochaine d’une conférence de presse au cours de laquelle il promet de revenir en détail sur les dessous du dossier AEE Power, d’en exposer les faits et de dévoiler ce qu’il décrit comme « un modus operandi mis en place pour tenter de s’enrichir sur le dos des Sénégalais ».

Il a également affirmé que ce type de procédé ne serait pas isolé, précisant qu’il aurait déjà été observé dans d’autres projets et que l’ASER s’est, à chaque fois, résolument opposée à de telles pratiques. Cette sortie annonce ainsi une nouvelle phase, non seulement judiciaire, mais aussi médiatique et institutionnelle, dans un dossier qui dépasse largement le simple cadre d’un contentieux administratif.

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 21 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 21 janvier 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

CÉLÉBRATION DE LA 146ÈME ÉDITION DE L’APPEL DE SEYDINA LIMAMOU LAHI
Monsieur le Président de la République a introduit sa communication en félicitant le Khalife général des Layènes, Mouhamadou Lamine LAYE et l’ensemble de la communauté Layène, pour le bon déroulement et le succès de la 146ème édition de la commémoration de l’Appel de Seydina Limamou Lahi, tenue les 19 et 20 janvier 2026.

VICTOIRE DU SÉNÉGAL À LA CAN 2025 ET HOMMAGE AUX LIONS
Le Président de la République souligne le sacre du Sénégal, le 18 janvier 2026, comme champion d’Afrique de Football, pour la deuxième fois, à l’issue de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, tenue au Maroc. A travers cette performance sportive, les Lions ont hissé le Sénégal au sommet du football continental. Il a réitéré ses félicitations au sélectionneur national et aux joueurs pour leurs engagement, combativité et patriotisme.

Après avoir félicité le président et les membres de la Fédération sénégalaise de Football et l’encadrement administratif et technique, le Président de la République adresse également ses félicitations au Premier Ministre et à l’ensemble du Gouvernement, en particulier au Ministre de la Jeunesse et des Sports, pour l’accompagnement efficace et les conditions favorables de préparation accordées à l’équipe nationale.

Le Chef de l’Etat demande de maintenir la dynamique des performances, d’améliorer les conditions d’encadrement, de préparation et de participation des équipes nationales aux compétitions internationales et d’évaluer la participation du Sénégal à la CAN 2025 ainsi que le championnat national de football. Le Président de la République demande, enfin, le déploiement du plan de préparation des Lions pour la Coupe du Monde 2026.


PROTECTION DES ARTISTES ET VALORISATION DU STATUT DE L’ARTISTE ET DES PROFESSIONNELS DE LA CULTURE
Partant du rôle majeur que jouent les artistes et professionnels de la culture dans la vie nationale, le Président de la République instruit la poursuite des efforts consentis en vue d’améliorer la sécurité sociale, la protection professionnelle et les conditions de travail et d’exercice des artistes. Le Chef de l’Etat engage le Gouvernement à veiller au respect scrupuleux des droits d’auteur et droits voisins, avec l’application effective du système de rémunération pour copie privée et ainsi qu’à l’amélioration soutenue du Statut de l’Artiste et des Professionnels de la Culture.

Rappelant que la culture demeure une dimension essentielle de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat instruit le Ministre chargé de la Culture et le Secrétaire d’Etat chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique de :
–           renforcer la qualité des formations à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de la Culture;
–           moderniser les infrastructures culturelles et asseoir la décentralisation de l’action culturelle pour plus d’inclusion ;
–           veiller à la réalisation d’un agenda culturel national.

Le Président de la République a clos ce chapitre sur l’importance de la tenue des Etats généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, durant le premier semestre de l’année 2026.

RENFORCEMENT DE LA PRÉVENTION ET DE LA LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE
Le Président de la République indique que la modernisation des plans de circulation, le renouvellement des parcs des véhicules de transport et la sécurité routière doivent rester des priorités du Gouvernement. Déplorant la recrudescence des accidents mortels de la route, impliquant généralement des véhicules de transport et des gros porteurs, il demande la mise en œuvre urgente de mesures préventives supplémentaires d’amélioration de la sécurité routière.

Ainsi, il prescrit de renforcer la formation des chauffeurs ainsi que les contrôles techniques et de veiller au respect de la réglementation limitant effectivement la vitesse de circulation des véhicules de transport urbain et interurbain. Dans ce sillage, il invite le Premier Ministre à tenir prochainement une réunion d’évaluation de la mise en œuvre des recommandations des Etats généraux des transports.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 12 et 13 janvier 2026 une visite d’amitié et de travail au Koweït et pris part, le 14 janvier 2026, au Sommet sur la Durabilité à Abu Dhabi. Il est également revenu sur sa participation, le 17 janvier 2026, à la cérémonie d’investiture du Président de la République de Guinée, Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, avant d’annoncer qu’il présidera, le 22 janvier 2026, la rentrée solennelle des Cours et Tribunaux et, le 26 janvier 2026, la cérémonie d’ouverture de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

VICTOIRE DES LIONS À LA CAN
Le Premier Ministre a adressé des félicitations, à la suite de la victoire des Lions de la Teranga, au Président de la Fédération sénégalaise de Football, à ses collaborateurs, à l’Entraineur et à tout le staff de l’Equipe nationale et réservé une mention spéciale au Ministre de la Jeunesse et des Sports. Tirant les enseignements de cette compétition, le Premier Ministre fait retenir les leçons de patriotisme, de cohésion sociale, de méthode, rigueur et constance dans le travail, de résilience et de persévérance face aux épreuves.

PLAN SPÉCIAL D’INVESTISSEMENT ET DE FINANCEMENT 2026-2028
Le Premier Ministre a présenté le Plan spécial d’Investissement et de Financement 2026-2028, destiné à transformer durablement le tissu productif national. Dans ce cadre, le financement attendu et mobilisé doit, rigoureusement, être orienté vers les priorités pertinentes, aussi bien dans l’objectif de transformation poursuivi que dans les domaines d’intervention retenus. Cet investissement doit renforcer les poumons économiques ainsi que le capital humain et favoriser une inclusion plus large dans la dynamique de croissance, à travers la création d’opportunités d’emplois, l’amélioration des conditions de vie et le renforcement de la cohésion sociale et de la sécurité. Pour le Premier Ministre, le succès de la transformation structurelle reposera désormais sur la capacité à unifier les efforts de tous les acteurs, publics, privés, territoriaux et partenaires techniques et financiers, autour d’une même logique de financement, notamment autour des filières productives.

Ce Plan repose sur trois principes directeurs :
–           l’impératif d’une approche cohérente, sélective et stratégique des projets à financer ;
–           une mobilisation massive du secteur privé comme locomotive de la transformation pour renforcer l’ancrage productif ;
–           un engagement public de redevabilité.

Le Premier Ministre a souligné que les projets cibles atteindront d’ici 2028 un stade différencié de maturation, certains devenant pleinement opérationnels, comme le Port sec de Tambacounda, le Grand Transfert d’Eau, les Agropoles sud et centre, le Réseau Gazier du Sénégal ainsi que les ports de Ndayane et de Sendou.

Le Premier Ministre indique également que d’autres investissements structurants seront lancés ou poursuivront leur mise en œuvre, tels que le Programme Énergies ou la connectivité numérique, la relance d’entreprises nationales névralgiques comme la SONACOS, AIR SENEGAL/AIBD et la SN LA POSTE. Et, ces investissements seront complétés par des infrastructures sociales.


 Pour le Premier Ministre, cette orientation marque une refondation profonde de la gouvernance de l’investissement public, visant à immuniser les projets catalytiques, essentiels au développement et à la transformation économique du pays, contre les risques inhérents aux financements extérieurs comme la lourdeur des procédures et les suspensions ou annulations liées aux chocs exogènes.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau 2026.
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique

•          Madame Fatou Moctar FALL, Administrateur civil, matricule de solde n°681 543/E, précédemment Conseiller technique de département au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, est nommée Directeur du Partenariat et des Organisations non- gouvernementales (DPONG), à la Direction générale de l’Administration territoriale, au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, en remplacement de Monsieur Amadou Bèye NDIAYE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération
•          Monsieur Papa Baïdy SY, Spécialiste en évaluation des projets, matricule de solde n°513 621/B, est nommé Directeur du Suivi et de l’Evaluation des Performances des Projets et Programmes à la Direction générale de la Coopération, des Financements extérieurs et du Développement du Secteur privé et des Partenariats, au Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, en remplacement de Monsieur Amadou BAO, appelé à d’autres fonctions.

•          Monsieur Amadou BAO, Docteur en Economie, précédemment Directeur du Suivi et de l’Evaluation des Performances des Projets et Programmes, est nommé Directeur de la Coopération économique et financière à la Direction générale de la Coopération, des Financements extérieurs et du Développement du Secteur privé et des Partenariats, au Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, en remplacement de Monsieur Mamour Ousmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

•          Monsieur Ngouye FAYE, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde n°714 481/M, est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

•          Monsieur Coumba Ndoffène DIOUF, Planificateur, matricule de solde n° 609 611/I, est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère des Infrastructures
•          Monsieur Ansou Souba BADJI, Commissaire aux Enquêtes économiques, matricule de solde n°653 038/A, est nommé Secrétaire général de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics, en remplacement de Monsieur Moustapha Kamal THIAM, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
•          Monsieur Cheikh Oumar NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n°602 642/D, est nommé Secrétaire général du Laboratoire national de Référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux publics, en remplacement de Monsieur Guéladio Abdoul SOW.

Au titre du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

•          Monsieur Oumar BA, Urbaniste, est nommé Directeur des Investissements et des Aménagements touristiques (DIAT), au Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, poste vacant.

CAN 2025 : Chaque membre de la FSF récompensé avec 50 millions FCFA et un terrain de 1 000 m²

Alors que Dakar célébrait encore la victoire historique des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à honorer les acteurs institutionnels qui ont contribué au succès de l’équipe nationale. Dans le cadre d’une cérémonie officielle organisée au Palais de la République, chaque membre de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a reçu une reconnaissance matérielle et symbolique, soulignant l’importance de leur travail en coulisses.

Chaque responsable de la FSF s’est vu attribuer une prime de 50 millions de francs CFA, accompagnée de l’attribution d’un terrain de 1 000 mètres carrés situé sur la Petite Côte. Cette décision traduit la volonté du chef de l’État de mettre en lumière le rôle déterminant de la Fédération dans la préparation, l’accompagnement et la gestion de l’équipe nationale tout au long du cycle ayant mené au deuxième sacre continental du Sénégal.

Lors de son allocution, le président Diomaye Faye a rappelé que la victoire des Lions de la Téranga n’était pas seulement le fruit des performances individuelles des joueurs sur le terrain, mais le résultat d’un effort collectif. Le travail du staff technique, des dirigeants et de l’ensemble des responsables fédéraux a été crucial pour créer les conditions favorables à ce succès. Chaque décision stratégique, chaque plan de formation, chaque déplacement et chaque organisation logistique ont contribué à forger une équipe capable de triompher sur le continent.

Cette récompense souligne également l’importance de la cohésion et de la synergie entre les différents acteurs du football sénégalais. Elle symbolise la reconnaissance de l’État pour ceux qui, loin des caméras et des projecteurs, œuvrent chaque jour à la réussite du sport national. Le président Diomaye Faye a insisté sur le fait que le rayonnement du Sénégal sur la scène continentale et internationale repose autant sur l’excellence organisationnelle que sur le talent des joueurs.

Au-delà de la valeur financière ou foncière des primes et des terrains, cette distinction est un hommage au travail discret mais essentiel qui accompagne le succès sportif. Elle illustre la philosophie selon laquelle chaque victoire est construite dans l’ombre avant de briller au grand jour. Dans le contexte du deuxième sacre africain, cette cérémonie restera gravée dans les mémoires comme un moment où le leadership politique et sportif s’est conjugué pour célébrer l’excellence et le mérite collectif du football sénégalais.

Ousmane Sonko reçoit Serge Ekué : la BOAD réaffirme sa confiance au Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a reçu, ce mardi 20 janvier 2026, le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Serge Ekué, pour une audience axée sur le renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’institution financière sous-régionale. L’information a été rendue publique par la Primature à l’issue de la rencontre.

Cette audience s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre le gouvernement sénégalais et ses partenaires techniques et financiers, alors que le pays a engagé de nouveaux chantiers structurants pour soutenir sa trajectoire de développement économique et social. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers techniques liés à la coopération en cours, avec une attention particulière accordée au secteur de l’énergie, considéré comme un levier stratégique pour la transformation économique du Sénégal.

Au cours des échanges, les deux parties ont passé en revue les projets soutenus ou susceptibles d’être accompagnés par la BOAD, notamment dans les domaines des infrastructures énergétiques, de l’accès à l’électricité et du financement de projets structurants à fort impact sur la croissance et l’emploi. Le secteur de l’énergie demeure en effet au cœur des priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par la volonté d’assurer une souveraineté énergétique accrue, de réduire les coûts pour les ménages et les entreprises, et de soutenir l’industrialisation du pays.

La Banque Ouest Africaine de Développement, institution commune aux États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a, à cette occasion, réaffirmé sa confiance au Sénégal. Serge Ekué a souligné l’engagement constant de la BOAD à accompagner les autorités sénégalaises dans la mise en œuvre de leurs projets de développement, en cohérence avec les priorités nationales et les objectifs de développement durable.

Acteur majeur de la communauté financière régionale, la BOAD joue un rôle clé dans le financement des économies de l’espace UEMOA. Son soutien au Sénégal traduit, selon plusieurs observateurs, la crédibilité du pays auprès des partenaires financiers et la solidité de ses orientations stratégiques, malgré un contexte économique international marqué par des incertitudes.

Cette rencontre entre Ousmane Sonko et Serge Ekué illustre ainsi la volonté des autorités sénégalaises de consolider les partenariats existants et de mobiliser des financements adaptés pour accélérer la mise en œuvre des projets structurants, en particulier dans des secteurs essentiels comme l’énergie, au service d’un développement inclusif et durable.

Système d’alerte précoce : l’ANACIM et la NOAA renforcent la riposte face aux extrêmes climatiques en Afrique

Face à l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes sur le continent africain, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) et l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère des États-Unis (NOAA) ont officiellement lancé, ce 20 janvier 2026 à Dakar, un ambitieux projet de système d’alerte précoce destiné à renforcer la prévention et la gestion des risques climatiques. Baptisé NOAA Early Warning System (NEWS), ce programme marque une étape importante dans la coopération scientifique et technique entre l’Afrique et les États-Unis dans le domaine de la météorologie et du climat.

Le projet NEWS vise à consolider les capacités existantes des services météorologiques nationaux tout en favorisant une collaboration interinstitutionnelle accrue. L’objectif est clair : produire des prévisions fiables, compréhensibles et directement exploitables par les décideurs, les collectivités territoriales et les secteurs sensibles, afin de réduire l’impact des événements météorologiques extrêmes sur les populations et les économies.

Présent à la cérémonie de lancement, le représentant de la NOAA, Dr Wassila Thiaw, a rappelé que l’ambition globale du projet est de faire progresser les systèmes d’alerte précoce fondés sur la prévision des phénomènes climatiques extrêmes, tout en accompagnant les pays africains dans l’élaboration de plans d’action concrets pour la réduction des risques. Selon lui, les extrêmes climatiques constituent aujourd’hui des menaces multiples, affectant simultanément plusieurs secteurs clés tels que l’agriculture, la santé, les infrastructures, le tourisme et la sécurité alimentaire. Dans ce contexte, disposer de systèmes d’alerte basés sur le climat devient indispensable pour appuyer la prise de décision et anticiper les crises.

Dr Thiaw a également attiré l’attention sur l’augmentation préoccupante de la fréquence et de l’intensité des précipitations extrêmes. Cette tendance expose un nombre croissant de populations à des situations d’inondations prolongées, avec des conséquences lourdes sur les infrastructures, les conditions sanitaires et les moyens de subsistance. Il a souligné que l’innovation majeure apportée par le projet NEWS réside dans le passage d’une simple prévision météorologique à une véritable prévision d’impact. Une approche qui nécessite, selon lui, une coproduction de l’information entre les services météorologiques, les institutions publiques, les chercheurs et les acteurs sectoriels, afin que les alertes tiennent compte des réalités du terrain.

Le lancement du projet a été présidé par le Directeur général de l’ANACIM, le Dr Diaga Bass, qui a replacé cette initiative dans le contexte plus large des effets du changement climatique en Afrique. Il a rappelé que le continent, bien que faiblement contributeur aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, notamment à travers des vagues de chaleur de plus en plus intenses, des inondations récurrentes et des épisodes de sécheresse sévères.

Pour le patron de l’ANACIM, l’alerte précoce n’est désormais plus une option, mais une nécessité absolue. Il a insisté sur l’importance de disposer d’informations météorologiques, hydrologiques et climatiques fiables, produites scientifiquement et diffusées à temps, afin de sauver des vies et de limiter les dégâts matériels. Selon lui, la meilleure réponse aux défis climatiques actuels repose sur trois piliers indissociables : l’anticipation, la science et la solidarité entre les nations.

La cérémonie de lancement du projet NEWS a été précédée par une semaine de formation intensive au profit d’une quarantaine de météorologues venus de plusieurs pays africains. Cette session a permis de renforcer leurs compétences sur les outils modernes de prévision et d’analyse des phénomènes extrêmes. Prévu pour une durée initiale de trois ans, renouvelable, le projet couvrira à terme l’ensemble du continent africain, même s’il débute avec un nombre restreint de pays pilotes, dont le Sénégal.

CAN 2025 : Bassirou Diomaye Faye décrète le 19 janvier jour férié et promet une récompense aux “Lions”

Le Sénégal célèbre avec ferveur son deuxième sacre continental. Au lendemain de la victoire historique des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a décrété le lundi 19 janvier 2026 jour chômé et payé sur toute l’étendue du territoire national.

Cette décision exceptionnelle a été annoncée à l’issue d’une déclaration solennelle du chef de l’État, diffusée sur la RTS1. Dans son message à la Nation, le Président Faye a salué avec émotion et fierté l’exploit retentissant de l’équipe nationale, victorieuse du Maroc en finale et désormais double championne d’Afrique après le sacre de 2021.

Le chef de l’État a tenu à rendre hommage à l’engagement, au courage et au patriotisme des joueurs, du staff technique et de l’encadrement, soulignant que cette victoire dépasse le cadre sportif pour devenir un symbole d’unité nationale, de résilience et d’espoir pour tout le peuple sénégalais.

Au-delà du jour férié décrété pour permettre aux populations de célébrer dignement ce triomphe, Bassirou Diomaye Faye a également annoncé qu’une récompense spéciale sera accordée aux Lions de la Téranga. Cette distinction, a-t-il précisé, vise à reconnaître l’excellence de leur performance et la fierté immense qu’ils ont offerte à la Nation.

À travers ce geste fort, le Président de la République inscrit ce sacre dans la mémoire collective et réaffirme le soutien de l’État au sport, en particulier au football, véritable levier de cohésion sociale et de rayonnement international du Sénégal. Le pays tout entier s’apprête ainsi à vivre une journée historique, marquée par la célébration d’une équipe entrée définitivement dans la légende du football africain.

Affaire Prodac – Pape Malick Ndour : la Chambre d’accusation exige le dossier complet avant de décider, verdict attendu le 21 janvier

La bataille judiciaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse et ex-coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, connaît un nouveau tournant. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a décidé de renvoyer au 21 janvier prochain son délibéré sur l’appel introduit par le Procureur financier, qui réclame le placement sous mandat de dépôt de l’ancien ministre.

Réunie en audience hier, la Chambre d’accusation a estimé ne pas être en mesure de statuer en l’état. En cause : l’absence de l’intégralité du dossier d’instruction, jugée indispensable pour apprécier les arguments des différentes parties. Cette décision de renvoi prolonge l’incertitude judiciaire qui pèse sur Pape Malick Ndour, placé sous bracelet électronique depuis le 7 novembre 2025, à la suite d’une ordonnance du juge d’instruction Idrissa Diarra. Une mesure que le Parquet financier conteste avec insistance.

Depuis le début de la procédure, le Parquet maintient une ligne dure. D’après L’Observateur, le Procureur financier n’a jamais dissimulé sa volonté de voir l’ancien ministre écroué. Il a interjeté appel de la décision du juge d’instruction ayant accordé à Pape Malick Ndour une liberté provisoire sous surveillance électronique, estimant que cette mesure n’est pas à la hauteur de la gravité des faits reprochés. Dans le dossier Prodac, l’ancien responsable est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux.

Près de deux mois après cet appel, l’affaire a enfin été examinée par la Chambre d’accusation. Alors qu’une décision était attendue à l’issue de l’audience, la juridiction a choisi de rabattre le délibéré. Elle souhaite désormais disposer de toutes les pièces du dossier afin de se prononcer en toute connaissance de cause, signe que les débats ont soulevé des questions de fond nécessitant un examen approfondi.

Contacté par L’Observateur, Me Antoine Mbengue, membre du pool d’avocats de la défense, a confirmé que ce renvoi est directement lié à l’absence de transmission complète du dossier d’instruction. « Très souvent, le dossier d’appel est transmis en partie. Or, dans nos plaidoiries, plusieurs questions importantes ont été soulevées. La Chambre d’accusation a donc voulu plus de lumière avant de trancher », explique l’avocat.

Pour la défense, l’acharnement du Parquet est difficilement justifiable. Me Mbengue insiste sur le fait que son client subit déjà une restriction sévère de liberté. « Le Procureur veut voir Pape Malick Ndour en prison, alors qu’il est déjà en prison chez lui », déclare-t-il. Selon lui, le bracelet électronique constitue bel et bien une forme de détention, puisque son client est placé sous la surveillance de l’Administration pénitentiaire et ne peut quitter son domicile sans risquer la révocation immédiate de la mesure.

L’avocat dénonce également une conception qu’il juge excessivement rigide de la détention de la part du Parquet financier. « Pour eux, tant que vous n’êtes pas derrière les barreaux, vous n’êtes pas détenu. C’est inadmissible dans un État de droit », s’indigne-t-il, rappelant que Pape Malick Ndour s’est toujours présenté devant la justice, n’a jamais tenté de se soustraire aux convocations et a déjà été entendu sur le fond du dossier.

Sur le fond, l’affaire Prodac trouve son origine dans un rapport d’expertise comptable établi par le cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé. Commandé en janvier 2025, ce rapport, cité par L’Observateur, fait état d’irrégularités financières estimées à 2,7 milliards de FCFA, ainsi que de retenues de garantie d’un montant de 40 millions de FCFA concernant le Domaine agricole communautaire de Séfa, dans la région de Sédhiou. Ces éléments ont conduit le Procureur financier à élargir les poursuites à plusieurs personnes, dont Pape Malick Ndour et Khadim Bâ, Directeur général de Locafrique.

De son côté, l’ancien coordonnateur du Prodac campe sur sa position. Il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui et soutient n’avoir jamais été gestionnaire des fonds aujourd’hui mis en cause. Sa défense affirme que cette réalité a déjà été établie au cours de l’instruction.

Tous les regards sont désormais tournés vers le 21 janvier 2026. À cette date, après examen de l’intégralité du dossier, la Chambre d’accusation devra rendre sa décision. Elle dira si Pape Malick Ndour reste sous bracelet électronique ou s’il sera placé sous mandat de dépôt. Une décision très attendue, tant par la défense que par le Parquet, et qui pourrait marquer un tournant décisif dans l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles du moment.

La nouvelle cheffe de mission du FMI attendue à Dakar : aucune négociation de fond n’est prévue

Dès le début de la semaine prochaine, Dakar accueillera une délégation de haut niveau du Fonds monétaire international (FMI), un déplacement très attendu dans les cercles économiques et financiers du pays. Au centre de cette visite figure la présentation officielle de la nouvelle cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, qui prend ainsi le relais d’Edward Gemayel. Officiellement qualifiée de « visite de courtoisie » par l’institution de Bretton Woods, cette mission intervient pourtant dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des tensions persistantes autour de la situation des finances publiques sénégalaises.

Selon les informations rapportées par l’agence Reuters, aucune négociation de fond n’est inscrite à l’agenda de ce court séjour. Le FMI entend avant tout procéder à une prise de contact avec les nouvelles autorités économiques du pays et assurer une transition ordonnée entre l’ancienne et la nouvelle cheffe de mission. Edward Gemayel accompagnera d’ailleurs Mercedes Vera Martin à Dakar, signe d’une volonté de continuité dans le suivi du dossier sénégalais.

Cependant, l’arrivée de Mercedes Vera Martin suscite de nombreuses interrogations sur la Place de Dakar. L’économiste jouit d’une réputation de grande rigueur et d’une solide expérience dans la gestion de situations financières complexes. Elle arrive tout droit de Zambie, où elle a dirigé, entre 2023 et 2025, un processus de restructuration de dette considéré comme l’un des plus délicats en Afrique. Ce parcours, bien que salué par les experts, nourrit les spéculations dans un pays où la question de l’endettement public est devenue un sujet central du débat économique et politique.

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu de cette visite est avant tout stratégique. Il s’agit de rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé et une pression accrue sur les finances publiques. Les autorités sénégalaises tiennent toutefois à clarifier leur position : toute hypothèse de restructuration de la dette est formellement exclue. Dakar considère cette option comme une ligne rouge, craignant qu’elle n’affecte durablement la crédibilité financière du pays et son accès aux marchés internationaux.

Même en l’absence de discussions formelles, cette visite sera scrutée de près pour les signaux qu’elle pourrait envoyer. Les échanges informels, les rencontres de couloirs et le ton des déclarations publiques seront analysés avec attention par les acteurs économiques. Beaucoup s’interrogent sur la capacité de cette nouvelle dynamique à ouvrir, à moyen terme, la voie à un nouveau programme de financement avec le FMI, alors que les besoins budgétaires du Sénégal restent importants.

Ce changement à la tête de la mission du FMI intervient dans un climat encore marqué par de fortes turbulences entre Dakar et l’institution financière internationale. Les relations se sont crispées à la suite de l’audit des finances publiques, qui a mis en lumière des fragilités structurelles et soulevé des interrogations sur la soutenabilité de la dette. Depuis lors, un climat de méfiance prudente s’est installé, même si les deux parties affichent la volonté de maintenir un dialogue ouvert.

Ainsi, si cette mission est officiellement présentée comme une simple visite de présentation, elle n’en demeure pas moins lourde de symboles. Dans un contexte économique tendu et sous le regard attentif des marchés, chaque geste, chaque mot et chaque rencontre compteront. À Dakar, la visite de la nouvelle cheffe de mission du FMI apparaît moins comme une formalité que comme un moment d’observation mutuelle, où se joue en filigrane l’avenir des relations financières entre le Sénégal et le Fonds monétaire international.

Réexamen de la décision favorable à Ousmane Sonko : le procureur général conteste la révision point par point

Dans une requête en réexamen transmise le 29 décembre 2025 au premier président de la Cour suprême, et dont Libération s’est fait l’écho, le procureur général près la haute juridiction engage une démarche judiciaire inédite en contestant frontalement la décision de révision qui avait bénéficié à Ousmane Sonko dans l’affaire de diffamation l’opposant à Mame Mbaye Niang. Ce document, appuyé par un avis favorable du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, dévoile une argumentation juridique dense et structurée visant à remettre en cause l’interprétation retenue par la commission de révision.

Au cœur de cette requête figure la demande de réexamen de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Dakar, lequel avait conduit à la révision de la condamnation de Mame Mbaye Niang. Pour le procureur général, la commission de révision aurait fait une lecture erronée des textes applicables, en particulier de l’article 92 de la loi organique sur la Cour suprême, et aurait outrepassé ses compétences en appréciant des éléments relevant du fond du dossier.

Le magistrat s’attaque d’abord à l’interprétation de l’article 92, qu’il cite dans sa requête. Ce texte prévoit que la révision d’une décision pénale définitive ne peut être demandée que lorsque, après une condamnation, des faits nouveaux se produisent ou se révèlent, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont présentées, à condition qu’elles soient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Selon le procureur général, ces conditions ne sont pas réunies en l’espèce. Il soutient notamment que l’auteur des propos diffamatoires, en l’occurrence Ousmane Sonko, aurait dû être en mesure de démontrer l’absence d’impôts de profession et ne pouvait, dès lors, ignorer les faits qu’il avançait publiquement.

La requête s’appuie ensuite sur un rappel minutieux des faits ayant conduit à la condamnation initiale. Le procureur général revient sur les propos tenus par Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci avait affirmé que Mame Mbaye Niang avait été « épinglé » par un rapport de l’Inspection générale d’État, ce qui, selon la juridiction de jugement, constituait une imputation diffamatoire. Le document souligne que Sonko avait déclaré disposer d’éléments à l’appui de ses accusations, citant notamment un rapport présenté comme émanant de l’Inspection générale des Finances et des informations accessibles via des sources publiques, dont des déclarations d’Amadou Bâ, alors ministre des Finances, ainsi que de Mame Mbaye Niang lui-même, évoquant l’existence d’un rapport.

Pour le procureur général, l’accusation de mensonge portée contre Mame Mbaye Niang demeure centrale. Il rappelle que Sonko avait affirmé que Niang mentait en niant avoir été épinglé par un rapport de contrôle, et que tous les documents devaient, à ce titre, être produits devant le juge. Or, Mame Mbaye Niang, par l’intermédiaire de ses avocats, avait déposé une plainte en soutenant n’avoir jamais été mis en cause par un rapport de l’Inspection générale d’État ni par aucun autre organe de contrôle concernant la gestion du Prodac. Le procureur général renchérit en expliquant qu’il était matériellement impossible pour Niang de s’immiscer dans la gestion financière du projet, celle-ci relevant de la tutelle du ministère des Finances.

La critique de la commission de révision constitue un autre axe fort de la requête. Le procureur général estime que cette instance a outrepassé son rôle en procédant à des constatations qui relèvent, selon lui, de la compétence exclusive du juge du fond. Il reproche à la commission d’avoir cherché à motiver sa décision au-delà de ses prérogatives, en appréciant la portée des faits nouveaux sur la culpabilité du condamné. Il cite à cet effet les conclusions de la commission, qui avait estimé que certaines constatations étaient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité d’Ousmane Sonko relativement à l’infraction de diffamation.

L’argument juridique central développé par le procureur général repose sur la question de la découverte tardive du rapport invoqué. Selon lui, ce rapport était resté inconnu lors des débats en première instance comme en appel, son existence ayant été niée. Dans cette logique, la découverte ultérieure de ce document ne saurait justifier une révision favorable à Sonko. Bien au contraire, elle viendrait, selon la requête, confirmer la matérialité de la diffamation, puisque Sonko avait accusé Niang de mentir sur l’existence d’un rapport, et que l’existence même de ce rapport ne prouve pas que Niang ait été « épinglé » comme cela avait été affirmé publiquement.

La requête soulève également des enjeux procéduraux majeurs, notamment sur les limites de compétence de la commission de révision. Pour le procureur général, celle-ci aurait dû se borner à constater l’existence éventuelle de faits nouveaux ou de pièces inconnues, sans en tirer des conclusions sur la culpabilité, domaine réservé au juge du fond. Le document précise enfin que le ministre de la Justice a transmis les recommandations de la commission au premier président de la Cour suprême pour exécution, conformément à la procédure, tout en donnant un avis favorable à la démarche du procureur général.

Au terme de cette argumentation détaillée, la requête invite la Cour suprême à se prononcer sur la légalité de la décision de révision et sur l’interprétation à retenir de l’article 92 de la loi organique. Au-delà du seul contentieux opposant deux figures politiques majeures, cette affaire pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre le droit à la révision des condamnations pénales et le principe de l’autorité de la chose jugée, plaçant la Cour suprême face à un débat juridique d’une portée institutionnelle considérable.

Intelligence artificielle : le Sénégal classé 97ᵉ au niveau mondial et 9ᵉ en Afrique

Le Sénégal occupe la 97ᵉ place au niveau mondial et le 9ᵉ rang en Afrique dans le Government AI Readiness Index, l’Indice de préparation des gouvernements à l’intelligence artificielle. Avec un score global de 38,84, le pays apparaît comme un État en transition, affichant des avancées notables sur le plan stratégique et politique, mais confronté à d’importants défis structurels pour une adoption effective de l’IA dans l’action publique.

Publié chaque année par le cabinet britannique Oxford Insights, cet indice évalue 195 gouvernements à travers 69 indicateurs regroupés en plusieurs piliers clés, notamment la capacité politique, la gouvernance, l’infrastructure d’IA, l’adoption par le secteur public, le développement et la diffusion des technologies d’IA, ainsi que la résilience économique et sociale. L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les États sont prêts à intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics et dans la modernisation de l’administration.

Selon l’analyse relayée par PressAfrik, le Sénégal présente des performances contrastées. Sur le plan de la capacité politique, le pays obtient un score relativement élevé de 61,00, traduisant l’existence d’une vision claire et d’une volonté politique affirmée. Cette performance repose notamment sur l’adoption de stratégies nationales, la mise en place de cadres législatifs et la reconnaissance officielle de l’IA comme un levier de croissance économique et de modernisation de l’État. Les autorités sénégalaises affichent ainsi une ambition assumée de s’inscrire dans la transformation numérique globale.

Le pilier gouvernance, avec un score de 50,88, confirme cette dynamique. Il reflète l’existence de cadres éthiques, de dispositifs de protection des données et d’une prise de conscience des enjeux liés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Ces éléments constituent des bases importantes pour encadrer le développement de l’IA et limiter les risques liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux dérives algorithmiques.

Cependant, malgré ces acquis institutionnels, les difficultés apparaissent plus marquées dans la mise en œuvre concrète. L’adoption de l’IA par le secteur public, notée à 28,47, demeure faible. Ce score indique que, malgré la volonté politique affichée, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les services administratifs reste limitée, souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des expérimentations ponctuelles. L’IA peine encore à transformer en profondeur les procédures, la gestion des données publiques et la qualité des services offerts aux citoyens.

L’infrastructure d’IA, avec un score de 37,00, constitue également un point de fragilité. Ce pilier englobe l’accès à des données de qualité, la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire, notamment les GPU, ainsi que la connectivité Internet. Or, ces éléments sont indispensables pour développer, entraîner et déployer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Les limites observées dans ces domaines freinent considérablement la capacité du pays à passer d’une phase stratégique à une phase opérationnelle.

Enfin, la résilience, évaluée à 35,48, met en lumière la capacité encore insuffisante du marché du travail et de l’économie à s’adapter aux transformations induites par l’IA et l’automatisation. Ce pilier mesure notamment la préparation des compétences, la flexibilité du tissu économique et la capacité à absorber les chocs technologiques. À ce niveau, le Sénégal fait face à des défis majeurs en matière de formation, de reconversion professionnelle et d’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins émergents liés aux technologies avancées.

En définitive, le classement du Sénégal dans l’Indice de préparation à l’IA d’Oxford Insights révèle un pays qui a posé les fondations politiques et institutionnelles de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, mais qui doit encore franchir un cap décisif sur le plan des infrastructures, des compétences et de l’adoption effective dans le secteur public. La consolidation de ces aspects apparaît aujourd’hui comme un enjeu central pour permettre à l’IA de devenir un véritable moteur de modernisation de l’État et de développement économique durable.

Sortie de Cheikh Bara Ndiaye : le CDEPS dénonce des propos diffamatoires et annonce des actions judiciaires

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau après les déclarations du député Cheikh Bara Ndiaye, tenues le mardi 13 janvier 2026 sur le plateau de Seneweb. Dans un communiqué officiel signé par son président, Mamadou Ibra Kane, le patronat de la presse sénégalaise dénonce des propos qu’il qualifie de « gravement diffamatoires » à l’encontre des entreprises de presse privée et de leurs responsables.

Au cœur de la polémique, les affirmations du parlementaire selon lesquelles l’homme politique Farba Ngom serait à l’origine de la journée sans presse observée le 13 août 2024. Une accusation que le CDEPS rejette catégoriquement, la qualifiant d’« infondée » et de « dénuée de toute nuance ». Pour l’organisation patronale, ces propos relèvent davantage de la spéculation que d’une analyse sérieuse fondée sur des faits avérés.

Dans son communiqué, le CDEPS rappelle que si une journée sans presse a effectivement eu lieu en août 2024, celle-ci avait un objectif clair et assumé : protester contre les atteintes répétées aux libertés de la presse imputées au gouvernement issu de la troisième alternance. Le Conseil insiste sur le fait que cette mobilisation était exclusivement dirigée contre des pratiques jugées liberticides et non contre des considérations partisanes ou des agendas politiques occultes.

Le patronat de la presse estime par ailleurs que les propos de Cheikh Bara Ndiaye s’inscrivent dans une dynamique plus large de discrédit systématique de la presse privée. Selon le CDEPS, cette stratégie serait portée par certains acteurs du nouveau régime, dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre les autorités et les médias indépendants.

Près de vingt-trois mois après l’accession au pouvoir du régime actuel, le Conseil dresse un tableau particulièrement sombre de la situation de la presse privée au Sénégal. Il accuse les autorités de mener, avec « constance et méthode », une entreprise de fragilisation du secteur. Cette politique se traduirait, selon le CDEPS, par des poursuites fiscales ciblées, des blocages de comptes bancaires, le non-paiement des créances dues par l’État, des résiliations unilatérales de contrats publicitaires, ainsi que par la non-distribution de l’aide publique à la presse depuis près de deux ans.

Le communiqué évoque également des pratiques qu’il juge illégales et attentatoires à la liberté d’informer, telles que la confiscation de bouquets télévisuels, des coupures arbitraires de signaux audiovisuels et des restrictions injustifiées d’accès des journalistes aux manifestations publiques. Autant d’éléments qui, selon le CDEPS, traduisent une volonté manifeste d’asphyxier économiquement et institutionnellement la presse indépendante.

Dans ce contexte, le Conseil considère que le recours à la diffamation constitue un ultime levier utilisé pour tenter de discréditer durablement les médias privés. Toutefois, souligne-t-il, « aucun mensonge n’étant jamais parfaitement étanche », l’inconsistance de certaines affirmations finirait toujours par apparaître aux yeux de l’opinion attentive.

Le CDEPS s’interroge également sur le lien que certains tenteraient d’établir entre la journée sans presse d’août 2024 et l’arrestation de Farba Ngom intervenue en février 2025. Pour l’organisation, cette mise en relation relève de la pure affabulation et ne repose sur aucun élément factuel solide. Elle ne pourrait donc être interprétée que comme une tentative délibérée de manipulation de l’opinion publique.

Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à l’honneur et à la crédibilité de la presse sénégalaise, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse annonce son intention de tirer toutes les conséquences juridiques de ces propos. Des actions judiciaires sont ainsi envisagées afin de rétablir la vérité et de défendre l’intégrité du secteur.

En conclusion, le CDEPS lance un appel solennel à l’ensemble des professionnels des médias. Dans un esprit de confraternité et de responsabilité collective, il les exhorte à ne s’associer, ni par complaisance ni par silence, à aucune tentative de dénigrement de la presse privée sénégalaise, rappelant que la défense de la liberté de la presse demeure un combat commun et fondamental pour la démocratie.

Maintien en détention de Farba Ngom : l’APR dénonce un « acharnement politique » et annonce un plan d’action

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce mardi 13 janvier à l’issue d’une conférence de presse consacrée au maintien en détention du député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Face aux journalistes, les responsables du parti ont vivement contesté la décision judiciaire, qu’ils assimilent à un acharnement politique ciblé contre l’un de leurs cadres les plus en vue.

Revenant sur l’évolution du dossier, les dirigeants de l’APR ont mis en parallèle les situations de deux personnes mises en cause dans la même affaire, à savoir Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la mise en liberté de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, puisque le parquet financier a rapidement interjeté appel de la décision concernant Farba Ngom, un acte que le parti impute directement à une volonté politique incarnée, selon ses responsables, par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour l’APR, cette démarche du parquet n’est pas anodine. Le parti y voit une récidive, soulignant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une décision judiciaire ordonnant une remise en liberté est aussitôt contestée. Cette situation traduirait, selon eux, une justice à géométrie variable, caractérisée par une inégalité manifeste de traitement entre des personnes poursuivies pour des faits similaires.

Les responsables de l’Alliance pour la République affirment que Farba Ngom est aujourd’hui le seul détenu dans ce dossier, une réalité qu’ils jugent révélatrice d’un traitement particulier. Ils énumèrent une série d’événements qu’ils considèrent comme les signes d’un acharnement continu, notamment la levée de l’immunité parlementaire du député, son éviction du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées qu’ils estiment non étayées depuis près d’un an.

La question de l’état de santé de Farba Ngom a également occupé une place centrale lors de la conférence de presse. Selon l’APR, plusieurs rapports médicaux attestent de l’incompatibilité de son état de santé avec une détention carcérale prolongée. Malgré cela, le député demeure en prison, une situation que le parti qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Le parti a par ailleurs vivement critiqué la sortie médiatique de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Les responsables de l’APR estiment que sa conférence de presse relevait davantage, selon leurs termes, d’une « conférence de panique » que d’un exercice institutionnel normal. Ils s’interrogent sur le rôle de la garde des Sceaux, qu’ils accusent de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier, brouillant ainsi, à leurs yeux, la séparation des pouvoirs.

Pour l’APR, il ne fait aucun doute que ce dossier est avant tout politique. Le parti rejette catégoriquement l’idée d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu gravement malade, rien n’empêche la justice d’ordonner une mise en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux dispositions prévues par la loi. Le maintien en détention de Farba Ngom est ainsi qualifié d’« hérésie juridique », posant une question centrale que les responsables adressent directement à la justice sénégalaise : comment comprendre que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière aussi différente ?

Face à ce qu’elle considère comme des détentions arbitraires, l’Alliance pour la République exige la libération immédiate et sans condition de Farba Ngom et de toute autre personne concernée par des décisions qu’elle juge injustes. Le parti a annoncé un plan d’action destiné à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation. Celui-ci prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans l’objectif déclaré de préserver l’image et la stabilité du Sénégal.

L’APR entend également engager des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes du pays et annonce l’organisation prochaine d’une marche nationale. Pour conclure, les responsables du parti estiment que la République est en danger et que la démocratie est menacée, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde.

À noter que cette conférence de presse de l’APR est intervenue quelques heures après celle de la garde des Sceaux. La ministre de la Justice, Yassine Fall, y a évoqué de nouveaux éléments susceptibles, selon elle, d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom, renforçant davantage la tension politique et judiciaire autour de cette affaire désormais au cœur du débat public.

Justice : le Directeur général de la Santé cité dans une affaire de harcèlement

Le professeur Ousmane Cissé, Directeur général de la Santé du Sénégal et responsable politique du parti Pastef, est cité dans une affaire judiciaire portant sur des accusations de harcèlement, d’injures et de voies de fait. Il a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant le Tribunal d’Instance Hors Classe de Dakar, aux côtés de Pape Ibrahima Thiam, dans un dossier qui suscite une attention particulière en raison de la position institutionnelle de l’un des mis en cause.

L’origine de l’affaire remonte au mois de juin 2024. À cette période, le Dr Hadji Mansour Diop, administrateur d’une clinique privée située à Zac Mbao, commence à recevoir des messages anonymes à caractère injurieux, diffamatoire et menaçant. Face à la gravité et à la répétition des faits, la victime décide de saisir la justice en déposant une plainte contre X, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les investigations ont été confiées aux services de police du commissariat du Point E. Les enquêteurs ont procédé à des réquisitions téléphoniques et à un traçage approfondi de l’appareil utilisé pour l’envoi des messages incriminés. Selon les éléments versés au dossier, le téléphone à partir duquel les messages auraient été envoyés aurait été acquis par le Pr Ousmane Cissé, avant d’être confié à un groupe de personnes. Ces investigations techniques, menées sur une période de six mois, ont permis aux enquêteurs d’établir un faisceau d’indices ayant conduit à l’identification des personnes poursuivies dans cette affaire.

Dans ce dossier, le Pr Ousmane Cissé est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait présumés datés du 1er janvier, ainsi que pour des injures non publiques qui auraient été commises le 2 janvier. Il est cité aux côtés de Pape Ibrahima Thiam. Les infractions retenues sont prévues et réprimées par les articles 296, 45 et 46 du Code pénal sénégalais, ainsi que par l’article 11-1 du Code de la communication, qui encadre notamment les infractions commises par voie de messages ou de communications électroniques.

Le dossier, déclaré en état d’être jugé, a été appelé en audience plénière ce mardi 13 janvier 2026. À l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi ferme afin de mieux préparer leur argumentation et d’examiner en profondeur les éléments du dossier. Cette demande a été accueillie favorablement par le juge, qui a renvoyé l’affaire au 10 février 2026.

En attendant cette nouvelle audience, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans le milieu judiciaire que dans l’opinion publique, en raison de la gravité des accusations et du statut du principal mis en cause. Le tribunal aura la charge de faire toute la lumière sur les faits reprochés, dans le respect du principe de la présomption d’innocence, alors que ce dossier sensible entre désormais dans une phase décisive de la procédure judiciaire.

Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Accusations contre Farba Ngom : Yassine Fall annonce l’ouverture d’enquêtes approfondies

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, est longuement revenue ce mardi sur le dossier judiciaire de l’ancien député Farba Ngom, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR). Lors d’un point de presse tenu devant les journalistes, elle a révélé de nouveaux éléments qu’elle qualifie de particulièrement graves, annonçant la demande d’ouverture d’enquêtes approfondies afin de situer toutes les responsabilités.

Selon les explications de la ministre, une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la salle du pavillon spécial a permis de découvrir que le détenu Farba Ngom était en possession de deux téléphones portables. Yassine Fall a précisé que ces appareils étaient détenus « frauduleusement et en violation manifeste de la loi n° 87-15 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Elle a insisté sur le caractère illégal de cette détention, rappelant que l’introduction et l’usage de téléphones portables en milieu carcéral constituent une infraction grave aux règles pénitentiaires.

La garde des Sceaux a également détaillé l’ampleur des communications réalisées à partir de ces téléphones. Selon elle, l’exploitation des appareils a révélé un volume important d’échanges, notamment 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue, 60 échanges avec un journaliste de presse en ligne, ainsi que 158 interactions avec un directeur de publication d’un groupe de presse également connu. Des chiffres qui, selon la ministre, témoignent d’une activité soutenue incompatible avec le régime normal de détention.

Plus préoccupant encore, Yassine Fall a affirmé que ces téléphones auraient servi à des échanges sensibles et potentiellement compromettants. Elle a révélé que les appareils auraient été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu, et ce sur deux dossiers distincts. La ministre a également évoqué la réception et le partage de contenus à caractère pornographique, précisant qu’un de ces partages aurait impliqué un avocat de Farba Ngom, une révélation qu’elle a qualifiée de particulièrement grave.

Au-delà de ces faits, la ministre de la Justice a fait état d’échanges relatifs à des « manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public ». Concernant l’implication présumée d’avocats dans cette affaire, Yassine Fall a assuré que « le bâtonnier sera bien sûr saisi », laissant entendre que des procédures disciplinaires pourraient être engagées si les faits sont avérés.

Sur la question de l’état de santé de Farba Ngom, souvent évoquée dans certains médias pour justifier une éventuelle libération, la ministre a tenu à apporter des clarifications fermes. Elle a indiqué que, contrairement aux allégations faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention, les éléments objectifs en possession de son département révèlent « une activité soutenue et constante », marquée notamment par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses. Pour Yassine Fall, ces éléments sont difficilement conciliables avec l’image d’un détenu gravement malade.

La garde des Sceaux a rappelé avec insistance que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait, à elle seule, faire obstacle à l’application de la loi. Elle a réaffirmé l’engagement de l’État à faire respecter strictement les règles, sans traitement de faveur, quel que soit le statut politique ou social de la personne concernée.

Au regard de l’ensemble des faits révélés, Yassine Fall a conclu en indiquant que ces agissements sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Elle a annoncé que son département va demander l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’élucider toutes les zones d’ombre de cette affaire, tout en appelant à la vigilance et au respect de la présomption d’innocence. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre ainsi dans le dossier Farba Ngom, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique et de la classe politique sénégalaise.

Sénégal–Koweït : vers un partenariat stratégique renforcé entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir Cheikh Meshal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu avec les plus grands honneurs au Palais Bayan par Son Altesse l’Émir du Koweït, Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Koweït et marque une étape importante dans le raffermissement des relations diplomatiques entre Dakar et Koweït City.

L’entretien entre les deux dirigeants s’est déroulé dans un climat empreint de cordialité et de fraternité. L’Émir Cheikh Meshal a tenu à souligner l’attachement particulier du peuple koweïtien au Sénégal, évoquant un lien historique et émotionnel profond entre les deux nations. Il a rappelé que cette relation repose sur une coopération ancienne, fondée sur la solidarité, le respect mutuel et une vision commune du développement et de la stabilité internationale.

Selon les services de la Présidence sénégalaise, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir du Koweït ont largement dépassé le cadre d’une visite de courtoisie. Les deux chefs d’État ont affiché une volonté claire d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération bilatérale, en décidant d’élever les relations sénégalo-koweïtiennes à un niveau stratégique. Cette orientation vise à renforcer les liens politiques, économiques et diplomatiques, tout en ouvrant la voie à des partenariats plus structurants et durables.

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés comme axes majeurs de cette coopération renforcée. Il s’agit notamment de la paix et de la sécurité, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie et de l’agriculture. Autant de domaines considérés comme essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Sénégal, tout en offrant des opportunités d’investissement et de coopération au Koweït, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement constant du Koweït aux côtés du Sénégal, notamment à travers des projets structurants soutenus par les fonds koweïtiens de développement. Il a réaffirmé la volonté de son pays de consolider ces acquis et de diversifier davantage les champs de collaboration, dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques majeurs.

La visite s’est achevée par un banquet officiel offert par l’Émir Cheikh Meshal en l’honneur du Président sénégalais et de sa délégation. Ce moment solennel a symbolisé l’engagement mutuel des deux États à bâtir un partenariat stratégique solide, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts partagés.

À travers cette rencontre, Dakar et Koweït City affichent clairement leur ambition commune d’inscrire leurs relations dans une nouvelle ère, portée par une coopération renforcée et durable, au service de la stabilité régionale et du développement économique et social de leurs peuples respectifs.

Affaire Farba Ngom : Ousmane Kane dénonce « un très mauvais chemin pris par la reddition des comptes »

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, magistrat à la retraite, est monté au créneau pour critiquer la tournure prise par le dossier judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur, l’ex-juge n’a pas mâché ses mots après la décision rendue lundi par la justice, accordant une liberté provisoire à Tahirou Sarr tout en maintenant Farba Ngom en détention, alors que les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés de corruption et de blanchiment de capitaux portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA.

Pour Ousmane Kane, cette situation révèle de profondes incohérences et traduit un dysfonctionnement inquiétant du processus de reddition des comptes au Sénégal. Il parle d’une « situation abracadabrante » qui met à nu, selon lui, « le très mauvais chemin pris par la reddition des comptes ». L’ancien magistrat se dit d’autant plus déçu que cette exigence de justice avait suscité un fort espoir au sein de la population. « La reddition des comptes a été une forte demande sociale. J’avais bon espoir qu’elle serait menée à bon port, mais voilà qu’elle tient infiniment moins longtemps que la défunte Cour de répression de l’enrichissement illicite, avant de s’affaisser », a-t-il regretté, dénonçant une dynamique qu’il juge déjà essoufflée.

L’ex-président de la Cour d’appel de Kaolack estime par ailleurs que le traitement réservé à Farba Ngom ne saurait être dissocié du contexte politique actuel. Selon lui, les déclarations publiques du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de l’ancien député-maire des Agnam auraient pesé lourdement sur la conduite du dossier. Ousmane Kane évoque ainsi un « désordre » manifeste dans la gestion de cette affaire, laissant entendre que des considérations extra-judiciaires pourraient influencer les décisions rendues, au détriment de la rigueur juridique et de l’égalité des justiciables devant la loi.

Pour rappel, la Cour d’appel avait, dans un premier temps, accordé la liberté provisoire sous condition aussi bien à Tahirou Sarr qu’à Farba Ngom. Toutefois, le parquet a rapidement interjeté appel de la décision concernant ce dernier, entraînant son maintien en détention, une évolution qui a ravivé les débats et les controverses autour de ce dossier sensible.

Ousmane Kane tient enfin à souligner ce qu’il considère comme un point fondamental dans cette affaire. Selon lui, « le plus grand triomphe de Farba Ngom devant l’exécutif, c’est de n’avoir pas été libéré sur la base de son état de santé critique, mais sur l’absence de charges sérieuses sur lui ». Une affirmation lourde de sens, qui remet en question la solidité du dossier d’accusation et interroge la cohérence globale de la procédure engagée.

À travers cette sortie très critique, l’ancien magistrat relance le débat sur l’indépendance de la justice, la crédibilité du processus de reddition des comptes et les risques d’une instrumentalisation politique des dossiers judiciaires. Autant de questions qui continuent d’alimenter les discussions dans l’opinion publique, alors que l’affaire Farba Ngom demeure au cœur de l’actualité judiciaire et politique du pays.

Pool judiciaire financier : La nécessité de revoir les méthodes et pratiques

La succession de mises en liberté sous contrôle judiciaire observée ces dernières semaines dans plusieurs dossiers à caractère financier invite à une réflexion sérieuse sur les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier. Sans remettre en cause l’indépendance de la justice ni les principes fondamentaux de l’État de droit, cette dynamique soulève néanmoins des interrogations légitimes sur la qualité des poursuites engagées et la solidité des dossiers instruits.

Lorsque des personnes poursuivies pour des infractions économiques graves recouvrent régulièrement la liberté après une détention parfois brève, l’opinion publique peut légitimement s’interroger. Ces décisions, bien qu’encadrées par la loi, peuvent donner le sentiment d’une justice hésitante, marquée soit par une précipitation dans l’engagement des poursuites, soit par une insuffisance dans la préparation des dossiers. Une telle perception fragilise la confiance des citoyens dans les institutions chargées de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le Pool judiciaire financier, conçu comme un instrument spécialisé et rigoureux de répression des crimes économiques, se doit d’être exemplaire. Cela suppose, en amont, un renforcement notable de la qualité des enquêtes préalables. Les poursuites judiciaires ne devraient être engagées que lorsque les éléments de preuve sont suffisamment étayés, cohérents et juridiquement robustes, afin d’éviter toute impression d’improvisation ou d’acharnement ciblé.

Par ailleurs, la privation de liberté, même à titre provisoire, doit demeurer une mesure exceptionnelle. Elle ne saurait être utilisée comme un outil de communication judiciaire ou comme une réponse automatique à la pression de l’opinion publique. La rigueur méthodologique dans l’instruction des dossiers est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables tout en assurant l’efficacité de l’action pénale.

La répétition de procédures fragiles, conduisant à des libérations fréquentes, comporte un risque majeur : celui de décrédibiliser durablement la justice financière. Elle peut alimenter l’idée d’une justice à géométrie variable, voire politisée, perception d’autant plus dommageable dans un contexte où la demande de reddition des comptes est forte et légitime.

Revoir les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier apparaît dès lors comme une nécessité. Il ne s’agit pas d’affaiblir la lutte contre la délinquance économique, mais au contraire de la renforcer, en inscrivant l’action judiciaire dans une démarche plus professionnelle, plus cohérente et plus respectueuse des garanties procédurales. C’est à cette condition que la justice financière pourra pleinement jouer son rôle, restaurer la confiance des citoyens et s’imposer comme un pilier crédible de l’État de droit.

Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

Face à l’hégémonie de Trump : le Sénégal appelé à adopter une « réciprocité stratégique »

Dans un contexte international marqué par le retour de Donald Trump et sa volonté affirmée de renforcer la domination des États-Unis sur l’ordre mondial, le Sénégal et, plus largement, les pays en développement, sont invités à adopter une diplomatie plus musclée, fondée sur le principe de réciprocité. C’est l’avis d’Ahmad Soumaré, expert en intelligence économique, qui tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres flagrants dans les relations internationales affectant le continent africain.

Selon M. Soumaré, les ressortissants africains subissent quotidiennement des contraintes administratives et financières disproportionnées. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’obtention d’un visa peut nécessiter une caution de 9 millions de francs CFA, une exigence qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’expert souligne également les incohérences dans les relations avec l’Europe, où un citoyen français peut parfois entrer au Sénégal avec une simple carte d’identité valide ou même légèrement périmée, tandis que les Sénégalais doivent se soumettre à des procédures de visa rigoureuses, même avec un passeport en règle.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Soumaré préconise l’adoption d’une politique de stricte réciprocité. Il cite en exemple le Gabon dans les années 1990 et 2000, qui, face à l’imposition de visas par la France, avait décidé d’appliquer les mêmes règles à l’envers. Les voyageurs étrangers avaient dû se conformer aux exigences gabonaises, payant les visas et démontrant ainsi que la souveraineté nationale est respectée dès lors qu’elle est affirmée. L’expert estime que le Sénégal devrait s’inspirer de cette approche audacieuse pour faire valoir ses droits et protéger ses citoyens.

Ahmad Soumaré balaie également l’argument selon lequel les pays en développement seraient trop faibles pour imposer de telles mesures. Pour lui, la présence des puissances étrangères sur le sol sénégalais n’est pas philanthropique mais motivée par des intérêts économiques précis. « L’Américain est comme la mouche, là où il se pose, c’est qu’il y a quelque chose de sucré. S’il n’y avait rien, ils ne viendraient pas ici », a-t-il souligné, soulignant que cette attractivité devrait devenir un levier de négociation stratégique.

L’expert appelle le gouvernement sénégalais à adopter une « politique de droiture » et de fermeté. Il recommande notamment d’imposer systématiquement la réciprocité dans les conditions d’entrée et de visa, de défendre l’intérêt national dans chaque accord bilatéral et de refuser toute forme de soumission diplomatique aux grandes puissances. « Si nous laissons faire, ils vont nous écraser. Pour être respecté sur la scène mondiale, le Sénégal doit d’abord apprendre à dire ‘non’ et à exiger le même traitement qu’il accorde à ses partenaires », a-t-il averti sur Iradio.

En somme, Ahmad Soumaré plaide pour une diplomatie sénégalaise affirmée, capable de protéger la dignité nationale et de garantir un respect mutuel avec les puissances étrangères, dans un contexte international où la compétition géopolitique s’intensifie.

Dette publique : Chérif Salif Sy plaide pour une approche responsable, loin des postures politiciennes et de l’austérité aveugle

Invité de l’émission Le Jury du Dimanche (JDD), diffusée ce 11 janvier 2026, l’économiste et président du Forum du Tiers Monde, le professeur Chérif Salif Sy, s’est longuement exprimé sur la question sensible de la dette publique. Dans un contexte marqué par de vifs débats politiques et médiatiques, il a livré une analyse à la fois technique et politique, appelant à dépasser les clivages partisans et à éviter toute réponse économique brutale susceptible de fragiliser davantage les populations.

D’emblée, le professeur Sy a tenu à relativiser l’ampleur de la polémique actuelle autour de la dette, qu’il estime largement alimentée par des considérations politiques plutôt que par une lecture économique rigoureuse. Selon lui, nombre de prises de position observées dans l’espace public relèvent davantage de la stratégie de confrontation que d’une véritable expertise. Il déplore ainsi un déficit de connaissance dans certains discours, soulignant que certains acteurs, mus par une logique d’opposition systématique, cherchent avant tout à « contrer le gouvernement, coûte que coûte », quitte à semer la confusion et à diffuser des analyses approximatives.

Face aux discours alarmistes, l’économiste a voulu se montrer rassurant quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Pour Chérif Salif Sy, la dette ne saurait être réduite à un fardeau insurmontable ; elle doit être appréhendée comme un instrument de politique économique, susceptible de soutenir le développement lorsqu’elle est correctement gérée. Il se dit ainsi convaincu que l’État fera face à ses obligations, rappelant que la crédibilité de la signature de l’État demeure un atout fondamental sur les marchés financiers internationaux.

« On paiera la dette », a-t-il affirmé avec assurance, estimant que la confiance des partenaires repose précisément sur cette capacité de l’État à respecter ses engagements. Pour lui, préserver cette crédibilité est essentiel, tant pour la stabilité macroéconomique que pour l’accès futur aux financements.

Interrogé sur l’hypothèse d’une restructuration de la dette, le professeur Sy a affiché une certaine prudence. Tout en reconnaissant que cette option peut présenter des avantages dans certaines circonstances, il en a également souligné les risques et la complexité. Il a notamment exprimé sa confiance envers le Premier ministre dans la gestion de ces dossiers délicats, insistant sur la nécessité d’une analyse fine et équilibrée.

L’économiste a surtout mis en garde contre les conséquences sociales d’un redressement économique trop brutal. Tirant les leçons des expériences passées, il a évoqué le traumatisme laissé par les plans d’ajustement structurels, dont les effets ont durablement marqué les économies et les sociétés africaines. Selon lui, une austérité aveugle pourrait entraîner la fermeture d’entreprises, l’asphyxie des ménages et l’émergence de tensions sociales majeures, compromettant ainsi la stabilité du pays.

Chérif Salif Sy insiste également sur la nécessité de protéger les services sociaux de base. Il estime qu’il serait inacceptable que, sous couvert de rigueur budgétaire, des populations se voient privées de biens et services essentiels. Pour lui, la gestion de la dette ne peut se faire au détriment de la dignité des citoyens ni de la cohésion sociale.

En définitive, le président du Forum du Tiers Monde appelle à une gouvernance économique équilibrée, capable de concilier le respect des engagements vis-à-vis des créanciers, qui doivent légitimement récupérer leurs fonds, et la protection du bien-être des populations. À ses yeux, le véritable défi réside dans la capacité des autorités à piloter le redressement économique sans sacrifier la paix sociale sur l’autel des impératifs financiers.

Assises nationales des daaras : Serigne Mountakha Mbacké bénit le processus et appelle à l’engagement collectif

Le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé son soutien total au processus devant conduire à l’organisation prochaine des assises nationales des daaras. L’information a été rendue publique samedi à Touba par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, à l’issue d’une audience que lui a accordée le guide religieux à Darou Miname.

S’exprimant devant la presse en présence des autorités administratives et éducatives locales, le ministre s’est dit pleinement satisfait de cette rencontre, soulignant que l’adhésion du khalife constituait une étape décisive pour la réussite du processus. Selon Moustapha Mbamba Guissary, la délégation gouvernementale a présenté à Serigne Mountakha Mbacké les conclusions issues de la concertation régionale de Diourbel, lesquelles ont suscité une appréciation très positive de la part du guide religieux.

Le patriarche de Darou Miname a ainsi béni l’initiative et encouragé l’ensemble des acteurs impliqués dans l’organisation des assises, saluant leurs efforts et leur engagement. Il a, par ailleurs, rappelé la place centrale des daaras, ou écoles coraniques, dans l’histoire éducative, sociale et spirituelle du Sénégal. Pour le khalife général des mourides, ces structures constituent un pilier fondamental de la formation des valeurs et de la cohésion sociale du pays.

Dans ce sillage, Serigne Mountakha Mbacké a exhorté le gouvernement du Sénégal à œuvrer avec détermination pour la réussite des assises et à veiller à ce qu’elles soient menées à terme dans les meilleurs délais. Il a également lancé un appel solennel à tous les acteurs concernés — autorités étatiques, guides religieux, enseignants coraniques, parents et partenaires — afin qu’ils se mobilisent pleinement pour garantir le succès de cette initiative nationale.

Selon le ministre de l’Éducation nationale, les conclusions attendues de ces assises dépasseront largement le cadre des seuls daaras. Elles devraient avoir un impact significatif sur l’ensemble du système éducatif sénégalais, en contribuant à l’intégration des valeurs spirituelles, morales et culturelles portées par l’enseignement coranique. Pour Moustapha Mbamba Guissary, il s’agira, in fine, d’imprégner l’école sénégalaise de principes profondément ancrés dans l’identité nationale.

Le ministre estime que ces assises ouvrent la voie à une véritable souveraineté intellectuelle, éducative et culturelle, en réconciliant les différentes composantes du système éducatif. Il a rappelé que les daaras font partie intégrante de l’histoire du Sénégal et qu’à travers cette démarche inclusive, le pays est en train de renouer avec une part essentielle de son héritage.

Enfin, Moustapha Mbamba Guissary a indiqué que près de trois mille écoles coraniques sont recensées dans la seule ville de Touba. Il a précisé que l’ensemble de ces daaras a pris part à la concertation régionale organisée dans la capitale du mouridisme, témoignant ainsi de l’adhésion massive des acteurs concernés et de leur volonté de contribuer activement à la réussite des assises nationales.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

Réforme constitutionnelle, gouvernance et crise économique : l’APR charge le pouvoir et parle d’une situation « alarmante »

L’Alliance Pour la République (APR) a livré, ce 10 janvier, une déclaration particulièrement sévère sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Avant d’aborder le fond de ses critiques, le parti de l’ancien président Macky Sall s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, adressant ses prières aux disparus et ses condoléances aux familles endeuillées.

Sur le plan politique, l’APR dresse un tableau qu’elle qualifie de sombre, estimant que l’année 2025 a été « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour le peuple sénégalais. Selon le parti, les populations auraient été livrées à elles-mêmes face à une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. Crise politique, économique, sociale et morale se conjugueraient, d’après l’APR, pour placer les Sénégalais « à la limite de l’humainement acceptable ».

Pour les Républicains, l’année écoulée aura été marquée par « tous les reniements et toutes les forfaitures », révélatrices de ce qu’ils qualifient d’« incurie d’un pouvoir désespérément incompétent ». Le parti affirme ne voir aucun acte structurant ou transformationnel à retenir de la tournée économique du président de la République en Casamance, qu’il considère comme une simple appropriation de projets initiés par le régime sortant.

L’APR se montre tout aussi critique à l’égard du message à la Nation du chef de l’État. Selon elle, cette adresse n’a offert aucune perspective susceptible de redonner espoir aux Sénégalais. Le parti rejette avec fermeté l’annonce de réformes constitutionnelles envisagées par voie parlementaire, qu’il refuse « avec la dernière énergie ». Pour l’Alliance Pour la République, le Sénégal, fort de trois alternances démocratiques et pacifiques, ne souffre pas d’un problème institutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance, ainsi que de difficultés économiques et sociales majeures.

Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a « aucune raison d’être », rappelant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité depuis sa création.

Sur le terrain économique et social, le parti de Macky Sall dénonce un « blocage » qu’il impute aux « mesures tatillonnes, ineptes et hasardeuses » du tandem exécutif. Il évoque une diplomatie en perte de vitesse, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse en constante augmentation, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère. Une situation jugée insoutenable par sa dureté et sa durée, et qui, selon l’APR, ne cesse de s’aggraver, faisant craindre des lendemains encore plus difficiles en 2026.

Dans sa déclaration, l’APR évoque également une « crise généralisée inédite » au sommet de l’État, affirmant que le pouvoir serait miné de l’intérieur par une rivalité entre les deux têtes de l’Exécutif. Cette situation, selon le parti, traduit une incapacité manifeste à diriger le pays dans l’intérêt supérieur des populations. L’Alliance Pour la République va plus loin en dénonçant ce qu’elle considère comme les carences d’un Premier ministre « faible en tout et sur tout » et d’un président de la République « en dessous des obligations de sa charge ».

Le parti accuse par ailleurs Ousmane Sonko d’être obsédé par l’échéance présidentielle de 2029 et de conduire une entreprise jugée dangereuse de remise en cause des fondements de l’État de droit. Selon l’APR, la judiciarisation de l’espace public viserait à permettre au Premier ministre de se soustraire à une condamnation judiciaire dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Dans ce contexte, l’Alliance Pour la République appelle les magistrats de la Cour suprême à ne pas céder, selon ses termes, aux pressions politiques et aux « caprices » du chef du gouvernement.

Enfin, le parti critique les récentes déclarations d’Ousmane Sonko sur la campagne arachidière et le fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR lui reproche d’accuser ses propres ministres tout en se dédouanant, et de les livrer à la vindicte populaire. Elle fustige également l’évocation de l’utilisation de moyens financiers, y compris illégaux, pour faire face aux difficultés du monde rural, estimant qu’une telle posture relève d’une démagogie populiste et constitue un « aveu d’impuissance coupable ».

En conclusion, l’Alliance Pour la République affirme que « vaincre le pouvoir du Pastef » serait, selon elle, la seule voie pour sortir le Sénégal du marasme et des dérives actuelles. La déclaration se termine toutefois sur une note sportive, le parti saluant la qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une performance qui, selon lui, apporte un peu de baume au cœur des Sénégalais.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

ANAMO : des employées dénoncent des licenciements déguisés et interpellent l’État

Une vive tension secoue l’Agence nationale de la Maison et de l’Outil (ANAMO), où plusieurs employées réunies en collectif dénoncent ce qu’elles qualifient de licenciements déguisés, opérés sous couvert de décisions administratives jugées floues et abusives. Lors d’un point de presse, ces travailleuses ont brisé le silence pour alerter l’opinion publique et interpeller directement les plus hautes autorités de l’État, après avoir été placées en chômage technique sans salaire.

À l’ANAMO, le climat social s’est fortement détérioré. Ce qui devait être une simple période de congés s’est transformé en véritable épreuve pour quatre assistantes de l’agence, aujourd’hui privées de revenus et de leurs droits élémentaires. Selon elles, la situation qu’elles traversent relève d’une gestion opaque et profondément injuste des ressources humaines.

Les faits remontent au 24 décembre dernier. Alors qu’elles étaient officiellement en congé, Salman Diallo, assistante et déléguée du personnel, ainsi que trois de ses collègues, reçoivent un appel téléphonique du conseiller technique du Directeur général. Le message est sans détour : à la suite d’une recommandation du conseil de surveillance visant à réduire les effectifs, elles sont écartées de leurs fonctions. Une décision brutale, annoncée sans notification formelle préalable, qui suscite incompréhension et indignation.

La forme même de la mesure pose problème. Selon Salman Diallo, le document transmis aux intéressées comporte de graves incohérences. « Dans l’objet du document, il est inscrit “décision portant redéploiement interne”, mais dans le contenu, on nous met en chômage technique sans salaire pour des raisons économiques », dénonce-t-elle. Pour la déléguée du personnel, cet argument économique ne repose sur aucun fondement sérieux et dissimulerait une volonté manifeste de se séparer d’une partie du personnel sans respecter les procédures prévues par le droit du travail.

Au-delà de ces quatre cas, le collectif affirme que d’autres agents de l’ANAMO auraient subi le même sort. La méthode décrite semble systématique : une demande d’explication est adressée à l’agent concerné, mais avant même qu’une réponse ne puisse être apportée, le salaire est suspendu. Une pratique que les employées jugent arbitraire et contraire aux principes les plus élémentaires de justice sociale.

Cette situation plonge les travailleurs concernés, en majorité des femmes, dans une précarité brutale. Privées de leur source de revenus du jour au lendemain, sans préavis ni mesure d’accompagnement, elles dénoncent une atteinte grave à leur dignité et à leur sécurité sociale, dans un contexte économique déjà difficile.

Face à ce qu’elles considèrent comme une injustice flagrante, les employées de l’ANAMO ont décidé de porter l’affaire au plus haut niveau de l’État. Des courriers ont été adressés à la Primature ainsi qu’au Secrétariat général du Gouvernement, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités.

« Nous sommes des citoyennes sénégalaises qui ont cru au changement et combattu pour la justice. Nous ne pouvons pas accepter de subir de telles pratiques, surtout en tant que femmes », a déclaré Salman Diallo lors de sa prise de parole, appelant à une prise de responsabilité des pouvoirs publics.

Les protestataires attendent désormais une réaction des autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion des ressources humaines au sein de l’ANAMO. Elles réclament la restauration de leurs droits, la régularisation de leur situation administrative et le respect strict des lois qui encadrent le travail et la protection des salariés, rapporte iRadio.

Affaire PRODAC : Mame Mbaye Niang saisit le Procureur général et le Bâtonnier contre des avocats d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre Mame Mbaye Niang a engagé une nouvelle offensive judiciaire en déposant, le 2 janvier 2026, deux plaintes distinctes visant des membres du pool d’avocats du Premier ministre Ousmane Sonko. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, ces plaintes ont été adressées, d’une part, au Procureur général près la Cour d’appel de Dakar et, d’autre part, au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Dans ces requêtes, Mame Mbaye Niang met directement en cause Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye, qu’il accuse de diffamation, de faux intellectuel et de violation des règles déontologiques de la profession d’avocat. Cette démarche intervient dans un contexte judiciaire sensible, marqué par la volonté des autorités de relancer la procédure liée au dossier de diffamation qui avait opposé par le passé Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko dans l’affaire du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC).

D’après L’Observateur, l’origine de cette nouvelle plainte remonte à une conférence de presse tenue le 22 décembre 2025 par les avocats du Premier ministre. Au cours de cette sortie médiatique, Me Macodou Ndour aurait affirmé que Mame Mbaye Niang avait procédé au décaissement de plus de deux milliards de francs CFA au profit de la société Green 2000, en signant un ordre de démarrage des travaux sans qu’un marché public n’ait été préalablement conclu. Des accusations que l’ancien ministre rejette catégoriquement, les qualifiant d’« archi-faux ».

Mame Mbaye Niang soutient que ces déclarations portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération, dans la mesure où elles laissent entendre l’existence d’une entente frauduleuse autour de fonds publics. Il affirme, au contraire, que l’ordre de démarrage mentionné par les avocats est intervenu après la signature régulière du marché et que toute autre version relève, selon lui, d’un faux intellectuel destiné à tromper l’opinion publique.

Dans sa plainte, l’ancien ministre reproche également à Me Abdy Nar Ndiaye d’avoir relayé ces accusations en langue wolof, contribuant ainsi à leur large diffusion. Me Massokhna Kane est, pour sa part, accusé d’avoir évoqué l’existence d’un rapport qui incriminerait Mame Mbaye Niang pour détournement de deniers publics. Une affirmation que ce dernier juge mensongère et d’autant plus grave qu’elle aurait été reprise par des médias à forte audience tels que TFM et Seneweb TV.

Afin d’étayer ses accusations, Mame Mbaye Niang indique avoir joint à sa plainte une clé USB contenant l’ensemble des déclarations qu’il estime diffamatoires. Il sollicite ainsi l’intervention des autorités judiciaires compétentes afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les sanctions prévues par la loi soient appliquées.

Les mêmes griefs ont été formulés dans la plainte adressée au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans sa requête, Mame Mbaye Niang dénonce des faits qu’il considère comme une violation manifeste des règles de la profession d’avocat, évoquant des actes de diffamation et de faux intellectuel contraires aux principes déontologiques. Il estime que de tels agissements portent atteinte non seulement à sa personne, mais également à l’image et à la crédibilité de l’Ordre des avocats du Sénégal.

Cette nouvelle étape judiciaire vient ainsi raviver un dossier déjà très sensible, au cœur des tensions politiques et judiciaires persistantes autour de l’affaire PRODAC, et promet de nouveaux développements dans les semaines à venir.

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Kédougou : soixante orpailleurs clandestins burkinabés et maliens interpellés sur les berges de la Falémé

Les forces de défense et de sécurité sénégalaises ont mené une nouvelle opération d’envergure contre l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Les éléments du 34ᵉ Bataillon d’Infanterie de Moussala ont démantelé un site illégal d’extraction de minéraux précieux installé sur les berges de la Falémé, précisément dans la commune de Bembou. L’intervention s’est soldée par l’arrestation de soixante orpailleurs étrangers impliqués dans des activités minières prohibées.

Selon les informations rapportées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), les personnes interpellées sont de nationalité burkinabé et malienne. Il s’agit de seize ressortissants du Burkina Faso et de quarante-quatre ressortissants du Mali, tous présents sur le site au moment de l’opération. Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre de la lutte renforcée engagée par les autorités sénégalaises contre l’exploitation illégale des ressources minières, particulièrement dans les zones frontalières sensibles.

L’opération a également permis une saisie importante de matériel utilisé dans l’orpaillage clandestin. Les forces de sécurité ont mis la main sur neuf motocyclettes, deux brouettes, huit tricycles ainsi que quinze motopompes servant à l’extraction et au traitement du sable aurifère. En outre, quarante-deux engins artisanaux, communément appelés « cracheurs », ont été détruits sur place. Ces dispositifs, utilisés pour séparer l’or du sable, constituent un élément central de l’activité clandestine. Leur destruction vise à empêcher toute reprise immédiate des opérations illégales après le départ des forces de l’ordre.

Cette intervention s’inscrit dans le strict respect de la réglementation en vigueur concernant la protection de la Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal. Les autorités ont formellement interdit toute activité minière dans un périmètre de cinq cents mètres à partir de la rive gauche du cours d’eau, afin de préserver l’environnement, les ressources en eau et les populations riveraines. La Falémé joue en effet un rôle stratégique tant sur le plan écologique qu’économique, ce qui justifie une vigilance accrue des services de l’État.

Pour rappel, en août 2024, le gouvernement sénégalais a décidé de suspendre toutes les activités minières le long de la Falémé jusqu’au 30 septembre 2027. Cette mesure forte vise à freiner la dégradation environnementale causée par l’orpaillage anarchique, à réduire les tensions sécuritaires liées à la présence massive d’orpailleurs clandestins et à mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette opération, l’armée sénégalaise réaffirme sa détermination à faire respecter l’autorité de l’État et à lutter contre les réseaux d’exploitation illégale qui menacent à la fois l’environnement, la sécurité des populations locales et la souveraineté nationale. Les personnes interpellées devraient être mises à la disposition des autorités judiciaires compétentes pour les suites légales.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Projet gazier Yakaar-Teranga : le marché inquiété par l’incertitude autour des partenariats

L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.

Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.

L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.

Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.

Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.

Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.

Création du CNRM : Ibrahima Lissa Faye dénonce un processus « extrêmement grave » et opaque

Le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), destiné à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation médiatique. Adopté en Conseil des ministres, ce texte est vivement critiqué par le président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), Ibrahima Lissa Faye, qui dénonce la manière dont il a été élaboré, qualifiant le processus de « extrêmement grave ».

Selon le patron de PressAfrik, les professionnels des médias, pourtant directement concernés par cette réforme majeure, ont été largement tenus à l’écart des travaux de rédaction. Il affirme que l’élaboration du texte s’est faite dans un cadre restreint, confié à un cercle fermé de juristes, sans véritable concertation avec les acteurs du secteur. « Le travail pour l’élaboration de ce texte a été fait par un cercle fermé de juristes. Et nous n’avons pas du tout été impliqués, à part le lancement des travaux le 24 janvier 2025 », a-t-il déploré.

Pour Ibrahima Lissa Faye, cette mise à l’écart est d’autant plus préoccupante que le futur organe de régulation aura un impact direct sur l’organisation et l’exercice du métier de journaliste et d’éditeur de presse. « Ce texte va régir notre façon de travailler et d’organiser notre métier, et nous n’avons pas eu notre mot à dire. C’est extrêmement grave », a-t-il insisté, soulignant qu’il serait prématuré de se prononcer sur le fond du projet tant que son contenu exact n’a pas été rendu public. Il indique toutefois que les membres de l’APPEL sont en concertation afin de définir l’attitude à adopter face à cette situation.

Malgré ces critiques sévères sur la forme, le président de l’APPEL reconnaît néanmoins la pertinence de la démarche engagée par l’État. Il qualifie même l’initiative gouvernementale d’« excellente », estimant que l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel est devenu inadapté aux réalités du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, le CNRA souffre de limites importantes, tant sur le plan juridique que sur celui des moyens humains et financiers, ce qui l’empêche de remplir efficacement sa mission de régulation.

Ibrahima Lissa Faye dit ainsi fonder l’espoir que le futur CNRM disposera de prérogatives élargies, lui permettant de réguler non seulement les médias traditionnels, mais aussi la presse en ligne et les plateformes numériques. Il considère que de nombreuses dérives observées dans le secteur sont directement liées à l’absence d’un organe de régulation moderne, doté de pouvoirs adaptés à l’évolution rapide des modes de production et de diffusion de l’information.

Le projet de loi portant création du CNRM devrait être soumis, dans les prochains jours, à l’examen de l’Assemblée nationale. Son adoption par la majorité présidentielle ouvrirait alors la voie à une profonde reconfiguration du cadre de régulation des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par l’essor du numérique et les débats récurrents sur la liberté de la presse et la responsabilité des acteurs de l’information.

Visa américain : une caution pouvant atteindre 8,3 millions FCFA exigée des Sénégalais dès janvier 2026

Les conditions d’accès au territoire américain pour les ressortissants sénégalais vont connaître un durcissement notable à partir du 21 janvier 2026. Désormais, les demandeurs de visa de court séjour vers les États-Unis, notamment pour le tourisme ou les affaires, devront s’acquitter d’une caution financière obligatoire dont le montant pourra atteindre 15 000 dollars, soit environ 8,3 millions de francs CFA.

Cette nouvelle mesure concerne les visas de type B1/B2, traditionnellement délivrés pour les voyages temporaires. Elle s’inscrit dans un programme mis en place par les autorités américaines visant à renforcer le contrôle des entrées et des sorties du territoire. Concrètement, la caution exigée sera fixée par l’agent consulaire lors de l’entretien de visa, en fonction du profil du demandeur, selon trois niveaux possibles : 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars américains.

Selon les autorités américaines, cette garantie financière a pour objectif principal de s’assurer que les voyageurs respectent strictement la durée de séjour autorisée et quittent les États-Unis dans les délais prévus. La somme déposée n’a pas vocation à être une taxe définitive, puisqu’elle est remboursable sous certaines conditions. Elle est restituée lorsque le voyageur quitte le territoire avant l’expiration de son visa, lorsque le visa est accordé mais que le déplacement n’a finalement pas lieu, ou encore lorsque l’entrée est refusée par les services de la police des frontières à l’arrivée.

En revanche, la caution est définitivement perdue si le bénéficiaire dépasse la durée légale de son séjour ou tente de modifier son statut migratoire, notamment en introduisant une demande d’asile ou une procédure de régularisation sans quitter le territoire américain. Une telle infraction pourrait également compromettre toute demande future de visa.

À cette exigence financière s’ajoutent des contraintes logistiques strictes. Les voyageurs concernés devront impérativement entrer et sortir des États-Unis par des aéroports désignés, notamment New York (JFK), Washington Dulles (IAD) ou Boston Logan (BOS). Le non-respect de ces points de passage pourrait entraîner la confiscation de la caution et des sanctions administratives.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie américaine de lutte contre les dépassements de séjour, communément appelés « overstay ». Le Sénégal figure sur une liste de pays considérés comme présentant un taux élevé de non-retour après expiration des visas, aux côtés d’États comme le Nigéria, la Mauritanie, le Togo ou encore le Venezuela.

Contacté par la presse sénégalaise, le Consulat du Sénégal à New York a indiqué être en attente d’une communication officielle détaillée des autorités américaines afin de mieux informer les ressortissants sénégalais sur les modalités pratiques de cette nouvelle réglementation.

Enfin, les autorités américaines appellent à la vigilance. Aucun paiement de caution ne doit être effectué sans instruction formelle et directe du consulat ou des services officiels. Les demandeurs sont invités à se méfier des intermédiaires, plateformes non agréées ou individus mal intentionnés qui pourraient tenter de tirer profit de cette réforme en proposant des procédures frauduleuses.

Dette publique : Sonko défie le FMI et revendique la souveraineté économique du Sénégal

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réaffirmé avec fermeté la position du Sénégal sur la question de la dette publique, en rejetant toute restructuration imposée par le Fonds monétaire international (FMI). Cette déclaration a été faite ce jeudi 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Djay, au Building administratif Mamadou Dia.

Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays et les pressions internationales, le chef du gouvernement a tenu à clarifier la ligne de Dakar. Selon lui, le Sénégal explore activement des solutions alternatives avec d’autres partenaires financiers, convaincu de sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration de dette dictée de l’extérieur. Ousmane Sonko a rappelé que le FMI n’est ni une banque commerciale ni un prêteur de premier ressort, mais une institution censée accompagner les États lorsque ceux-ci font des efforts substantiels pour stabiliser leurs économies.

Dans un propos sans concession, le Premier ministre a estimé que la mission originelle du FMI est souvent détournée. Il a ainsi pointé la responsabilité de l’institution dans la situation actuelle du Sénégal, soulignant que le Fonds a longtemps suivi de près la gestion macroéconomique du pays à travers des missions régulières, des revues et des consultations techniques. Pour Ousmane Sonko, le FMI ne saurait aujourd’hui prétendre avoir ignoré les dérives ou les déséquilibres qui se sont accumulés au fil des années.

Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a pris l’exemple de l’Égypte, un pays confronté à de graves difficultés économiques et budgétaires, mais qui a néanmoins bénéficié d’un appui massif du FMI. Il s’est interrogé sur ce qu’il considère comme un traitement différencié à l’égard du Sénégal, estimant que les indicateurs économiques actuels du pays ne sont pas plus fragiles que ceux de l’Égypte au moment où cette dernière a été soutenue. À ses yeux, il est incompréhensible que Dakar fasse aujourd’hui l’objet de pressions visant à imposer une restructuration de la dette, alors même que le pays affirme sa volonté de redressement et de discipline budgétaire.

Ousmane Sonko a martelé que le refus de la restructuration ne relève ni d’un choix idéologique ni d’une posture personnelle. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une position officielle de l’État sénégalais, portée collectivement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et l’ensemble des responsables compétents sur les questions économiques et financières.

Face aux débats nourris par certains économistes et observateurs, le Premier ministre a assuré que la ligne gouvernementale reste inchangée. Il a souligné que les prises de position extérieures, aussi critiques soient-elles, ne sauraient infléchir la stratégie arrêtée par les autorités. Pour Dakar, la relation avec le FMI doit s’inscrire dans un cadre de partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la prise en compte des choix souverains du pays.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal assume pleinement sa position et en accepte toutes les conséquences éventuelles. Mais pour le gouvernement, la restructuration de la dette, telle qu’envisagée par le FMI, n’est ni nécessaire ni acceptable dans les conditions actuelles. Une manière pour l’exécutif d’affirmer sa volonté de rompre avec les schémas traditionnels de dépendance financière et de revendiquer une souveraineté économique assumée.

Commercialisation de l’arachide : Sidy Bâ dénonce une campagne « calamiteuse » et interpelle l’État

La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.

Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.

Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.

Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.

Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.

La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.

Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.

Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.

Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.

Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.

Crise de la filière arachidière : le Collectif Rappel à l’Ordre interpelle l’État et soutient les cultivateurs

La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.

Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.

Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.

La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.

Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.

Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

Crise sociale dans la santé : And Gueusseum-SATSUS décrète une grève de 72 heures et annonce une marche nationale

La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.

Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.

And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.

Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.

La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.

Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.

Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.

Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.

Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.

Logement des agents publics : l’État généralise une indemnité mensuelle de 100 000 FCFA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.

Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.

Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.

Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.

Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.

Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.

Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.

Régulation des médias : l’État enterre le CNRA et crée le Conseil national de Régulation des Médias

Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à connaître une réforme majeure. Réuni ce mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), une nouvelle autorité appelée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette décision marque une étape importante dans l’adaptation du cadre réglementaire aux profondes mutations du secteur de l’information et de la communication.

L’annonce de cette réforme n’est pas une surprise. Elle avait déjà été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, lors de la présentation du budget de son département à l’Assemblée nationale. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de moderniser l’outil de régulation, jugé aujourd’hui dépassé face à l’explosion des médias numériques et à la montée en puissance des plateformes en ligne.

Créé à une époque où la télévision et la radio constituaient les principaux canaux de diffusion de l’information, le CNRA voyait son champ d’intervention strictement limité à l’audiovisuel classique. Or, ces dernières années, l’écosystème médiatique sénégalais s’est profondément transformé, avec l’émergence des médias en ligne, des réseaux sociaux et des plateformes numériques, devenus des espaces majeurs de production, de diffusion et de consommation de contenus.

Selon Alioune Sall, le nouveau Conseil national de Régulation des Médias permettra de combler ce vide juridique. Il aura pour mission d’élargir la régulation à l’ensemble des supports d’information, y compris les médias numériques et les réseaux sociaux, dont l’influence sur l’opinion publique ne cesse de croître. Le ministre a souligné que l’absence de cadre clair pour ces nouveaux espaces favorisait les dérives, notamment la diffusion de fausses informations, les discours de haine et les atteintes à la vie privée.

Toutefois, les autorités tiennent à rassurer sur les intentions du gouvernement. Alioune Sall a insisté sur le fait que cette réforme ne vise ni à restreindre la liberté de la presse ni à instaurer un contrôle politique des contenus. Il a rappelé que l’objectif principal demeure la protection de la dignité humaine et le respect des règles éthiques et professionnelles. À ce titre, il a souligné que le Code pénal prévoit déjà des sanctions contre toute publication attentatoire à l’honneur, à la dignité ou aux droits des personnes.

La création du CNRM s’inscrit ainsi dans une volonté affichée d’adapter la régulation aux réalités contemporaines, tout en maintenant un équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité. Dans un contexte où l’information circule de plus en plus vite et échappe souvent aux filtres traditionnels, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’une autorité capable d’intervenir sur l’ensemble du spectre médiatique.

Le projet de loi devra désormais être soumis au débat parlementaire. Son examen par les députés sera scruté de près par les professionnels des médias, les acteurs du numérique et les organisations de défense de la liberté de la presse, qui restent vigilants quant aux garanties d’indépendance et de transparence du futur organe de régulation.

Avec la disparition annoncée du CNRA et la naissance du CNRM, le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa politique de régulation des médias, à l’heure où l’enjeu n’est plus seulement l’audiovisuel, mais l’ensemble de l’espace public numérique.

Attribution des véhicules aux députés : Abdoulaye Sylla dénonce l’opacité et affecte le sien au Centre d’hémodialyse de Dakar

Depuis leur accession aux responsabilités, les nouvelles autorités font face à des critiques récurrentes sur leur mode de gouvernance, jugé par certains acteurs politiques et de la société civile comme manquant de transparence. Malgré des engagements publics forts en faveur de la clarté et de la redevabilité, plusieurs décisions continuent d’être prises sans communication détaillée ni justification accessible au public.

C’est dans ce contexte que la polémique autour de l’attribution des véhicules aux députés de l’Assemblée nationale refait surface. Une actualité qui, selon le député Abdoulaye Sylla, illustre la persistance de pratiques anciennes, marquées par une absence d’information claire sur les critères et les modalités de ces avantages accordés aux parlementaires.

Dans une déclaration rendue publique, Abdoulaye Sylla affirme vouloir se démarquer de cette logique. Fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est imposée depuis le début de la législature, il rappelle avoir renoncé, dès son installation, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat de député. Ces ressources ont été réorientées vers le Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire confrontée à d’importantes difficultés matérielles.

Poursuivant dans cette démarche de cohérence et de responsabilité, le parlementaire a également décidé de demander que le véhicule qui lui serait attribué par l’Assemblée nationale soit affecté audit centre. Une décision motivée, selon lui, par l’urgence des besoins exprimés par cette structure de santé, mais aussi par sa situation personnelle.

Chef d’entreprise disposant déjà des moyens nécessaires à l’exercice de ses activités professionnelles, Abdoulaye Sylla estime qu’il serait peu pertinent, voire contraire à l’intérêt général, de conserver un véhicule de fonction destiné à rester immobilisé. À ses yeux, son utilisation au profit d’un centre de soins constitue un choix plus rationnel et plus utile à la collectivité.

Par cette prise de position, le député entend interpeller la majorité parlementaire sur la nécessité d’une gouvernance plus transparente et d’une gestion plus responsable des ressources publiques, tout en appelant à des actes concrets alignés avec les discours officiels.

Affaire des véhicules parlementaires : Thierno Alassane Sall dénonce un « camouflage » orchestré par l’Assemblée nationale

La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.

Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.

Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.

Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».

Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.

Lutte sénégalaise : le gouvernement intensifie la lutte contre le « Simol » et annonce des mesures sévères

La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.

Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.

Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.

Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.

Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.

Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.

Arnaque à l’emploi : le réseau Qnet démantelé à Tivaouane Peul avait déjà escroqué plus de 17 millions FCFA

Les autorités sénégalaises viennent de frapper un grand coup contre une arnaque à l’emploi qui sévissait dans la banlieue dakaroise. Le réseau Qnet, récemment démantelé à Tivaouane Peulh, avait déjà amassé la somme colossale de 17 550 000 francs CFA, extorquée à de jeunes candidats en quête d’un avenir meilleur. Selon les investigations menées par la Brigade de proximité, cette somme représentait le cœur financier de la cellule, dont les ramifications pourraient s’étendre bien au-delà de Tivaouane Peul et de Niacourab.

Pour attirer leurs victimes, les responsables de Qnet exploitaient une plateforme numérique sur laquelle étaient publiées de prétendues offres d’emploi au sein d’une entreprise fictive. Les postulants, attirés par la perspective d’un travail stable et rémunérateur, devaient s’acquitter de frais de dossier exorbitants, allant de 600 000 à 1 500 000 FCFA. Ces montants, très élevés pour des populations souvent vulnérables, constituaient le principal levier de l’escroquerie et alimentaient les coffres du réseau.

La descente de la gendarmerie, le 4 janvier dernier, a permis la mise hors d’état de nuire de huit individus identifiés comme les cerveaux du réseau. Lors de l’opération, 24 victimes ont été retrouvées sur place. Ces dernières, originaires de différents pays de la sous-région — Bénin, Congo, Gambie, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali — et deux Sénégalais, étaient encore maintenues dans le dispositif, espérant sans doute récupérer l’argent investi ou obtenir le poste promis.

Les suspects ont été placés à la disposition de la justice, mais les enquêtes se poursuivent. Les autorités cherchent notamment à déterminer l’existence de complices locaux et à identifier d’autres cellules éventuellement actives dans la région. Les forces de l’ordre mettent en garde contre ce type de réseaux, rappelant que l’accès à un emploi ne peut être conditionné par le versement de sommes d’argent, et appellent les jeunes à la vigilance face aux promesses de gains rapides et irréalistes.

Ce dossier met en lumière la vulnérabilité des jeunes face aux arnaques liées à l’emploi, un phénomène qui prend de l’ampleur dans certaines régions du Sénégal. Les enquêteurs insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les services de sécurité et la justice pour prévenir la propagation de telles escroqueries et protéger les populations les plus exposées.

Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Sucre ajouté dans les produits Nido et Cérélac de Nestlé au Sénégal : un scandale dissout dans le silence

Ces dernières semaines, l’opinion publique sénégalaise a été fortement mobilisée par l’affaire dite « Softcare », relative à la commercialisation de serviettes hygiéniques et de couches pour bébés fabriquées par une entreprise étrangère disposant d’une filiale au Sénégal. La controverse, amplifiée par les interventions successives de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui avait d’abord ordonné le retrait de ces produits avant de les déclarer conformes aux normes de sécurité, continue de susciter interrogations et inquiétudes. En attendant que le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique fasse toute la lumière sur ce dossier, un autre scandale sanitaire, bien plus ancien et aux implications potentiellement plus graves, reste enfoui dans un silence presque total.

Il s’agit des révélations de l’ONG suisse Public Eye, menées en collaboration avec le Réseau international d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN), portant sur la composition des produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. En avril 2024, cette enquête avait mis en cause le géant agroalimentaire Nestlé, accusé d’ajouter du sucre à des produits pour bébés, notamment les céréales Cérélac et les laits infantiles Nido, commercialisés dans plusieurs pays du Sud, dont le Sénégal.

Les résultats de cette enquête, basée sur l’analyse de 150 produits vendus dans différents pays, ont révélé une pratique systématique : presque toutes les céréales à base de blé Cérélac destinées aux nourrissons à partir de six mois contenaient des sucres ajoutés. En moyenne, ces produits renfermaient environ 4 grammes de sucre par portion, soit l’équivalent d’un morceau de sucre. Le niveau le plus élevé de sucre ajouté, atteignant 7,3 grammes par portion, a été détecté aux Philippines, suivi du Nigeria avec 6,8 grammes. Le Sénégal n’est pas épargné, avec une teneur mesurée à 5,9 grammes de sucre ajouté par portion dans les céréales pour bébés commercialisées sur le marché local.

L’enquête révèle également que les laits en poudre Nido, destinés aux enfants âgés de un à trois ans, contiennent eux aussi du sucre ajouté. En moyenne, près de deux grammes par portion ont été détectés dans plusieurs pays. Au Sénégal, les analyses ont montré la présence de 0,5 gramme de sucre ajouté dans les laits Nido pour enfants à partir d’un an. Une pratique d’autant plus troublante que ces mêmes produits, lorsqu’ils sont commercialisés en Suisse, pays où Nestlé a son siège, ou dans d’autres pays développés, sont exempts de sucre ajouté. Pour Public Eye, cette différence de traitement illustre un double standard inacceptable : « pour Nestlé, tous les bébés ne sont pas égaux en matière de sucre ajouté ».

La multinationale justifie pourtant ses produits en les présentant comme « enrichis en vitamines, minéraux et autres micronutriments essentiels », spécialement conçus pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés et des jeunes enfants, renforcer leur croissance, leur système immunitaire et leur développement cognitif. Si Nestlé communique abondamment sur ces apports nutritionnels, l’enquête souligne en revanche un manque de transparence manifeste concernant la présence de sucres ajoutés, un élément pourtant central pour la santé infantile.

Les pédiatres et experts en nutrition infantile interrogés par Public Eye tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, l’ajout de sucre dans les aliments destinés aux bébés et aux jeunes enfants est non seulement inutile, mais potentiellement dangereux. « C’est extrêmement préoccupant. Le sucre ne devrait pas être ajouté aux aliments pour bébés, car il possède un fort pouvoir addictif. Les enfants développent très tôt une préférence pour le goût sucré, ce qui peut amorcer un cycle négatif menant à l’obésité et à d’autres maladies chroniques à l’âge adulte, comme le diabète ou l’hypertension », avertit un épidémiologiste cité dans l’étude.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) partage ces préoccupations. Elle a rappelé à plusieurs reprises que l’exposition précoce au sucre favorise une dépendance durable aux produits sucrés et augmente significativement le risque de maladies non transmissibles. Depuis 2022, l’OMS appelle explicitement à l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits destinés aux bébés et aux enfants de moins de trois ans.

Au Sénégal, ces révélations auraient dû provoquer une réaction forte des autorités sanitaires. Pourtant, contrairement à l’affaire Softcare, largement médiatisée et prise en charge par les services de l’État, l’enquête de Public Eye n’a jamais fait l’objet d’une contre-expertise nationale permettant de vérifier la composition réelle des produits Nestlé commercialisés sur le territoire. Face à ce silence, des organisations de la société civile ont lancé une pétition exigeant de Nestlé la fin de ce « double standard injustifié et nuisible », et appelant l’État sénégalais à mener des enquêtes indépendantes, voire à engager des poursuites judiciaires si les faits étaient avérés.

Sur le plan politique, le député Guy Marius Sagna avait tenté de porter le débat au niveau institutionnel. Le 6 mai 2024, il avait déposé une proposition de résolution visant à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le « scandale du sucre ajouté » dans les produits Nido et Cérélac. Selon le parlementaire, cette initiative, comme une vingtaine d’autres propositions similaires, n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour par le président de l’Assemblée nationale et la majorité d’alors, Benno Bokk Yaakaar.

Ce n’est que le 25 avril 2025 que le Conseil des ministres a adopté le décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Un texte qui, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, aura mis treize ans à parcourir le circuit administratif avant son adoption. Ce décret vise notamment à encadrer plus strictement la publicité, la promotion et la composition des produits alimentaires pour enfants.

Lors d’un atelier de vulgarisation de ce décret, le représentant de l’UNICEF Sénégal, Jacques Boyer, avait rappelé les enjeux majeurs de cette réglementation. Il avait notamment dénoncé certaines publicités trompeuses qui incitent les familles à abandonner l’allaitement maternel, pourtant reconnu comme l’aliment le plus sûr et le plus complet pour protéger la santé des bébés. « L’adoption de ce décret marque une avancée majeure pour la santé des enfants, mais son application effective dépendra de la mobilisation de tous : institutions, professionnels de santé, société civile et communautés », avait-il souligné.

Dette publique à 132 % du PIB : le Sénégal face au spectre d’une rupture financière dès mars 2026

Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.

L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.

Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.

L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.

Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.

Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.

Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.

Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Vœux au corps diplomatique : Bassirou Diomaye Faye rejette toute logique de domination fondée sur le rapport de force

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.

Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.

Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.

Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.

Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.

Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.

En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.

À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.

Fass Boye : une pirogue transportant des candidats à la migration partie le 5 décembre reste introuvable

L’angoisse ne faiblit pas à Fass Boye, village de pêcheurs situé dans le département de Tivaouane. Depuis plus d’un mois, les habitants vivent dans une attente douloureuse après la disparition d’une pirogue transportant plusieurs jeunes candidats à la migration irrégulière. L’embarcation, partie des côtes gambiennes le 5 décembre dernier, n’a depuis donné aucun signe de vie.

Selon les informations recueillies auprès des populations locales, la pirogue transportait majoritairement des ressortissants de Fass Boye, mais également des jeunes originaires d’autres villages de la commune de Darou Khoudoss, notamment Darou Ndiaye, Diogo et Khonk Yoye. Tous avaient pris la mer avec l’espoir de rejoindre l’Espagne, via l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde.

Depuis cette date, aucune communication n’a été établie avec les passagers, et aucune trace de l’embarcation n’a été retrouvée. « La pirogue a quitté la Gambie le 5 décembre et, jusqu’à présent, nous sommes sans aucune nouvelle », confie un habitant du village, joint par l’APS. Une absence de contact prolongée qui renforce les craintes des familles, conscientes des nombreux drames qui jalonnent la route de l’Atlantique.

Parmi les familles les plus durement éprouvées figure celle d’Aminata Boye. Cette mère de famille a vu embarquer cinq de ses enfants à bord de la pirogue disparue, dont trois garçons et deux filles. Depuis, elle vit dans une détresse silencieuse, suspendue à l’espoir d’un signe, aussi infime soit-il. Comme elle, de nombreuses mères et proches oscillent entre espoir et résignation, face à l’incertitude totale qui entoure le sort des migrants.

À Fass Boye, le quotidien est désormais rythmé par l’attente et la prière. Les autorités religieuses et coutumières du village ont organisé plusieurs séances de prières collectives, implorant la protection divine pour les disparus et le réconfort des familles. La solidarité communautaire s’est également renforcée, les habitants se rendant régulièrement auprès des familles endeuillées par l’angoisse, pour leur apporter un soutien moral et matériel.

Cette disparition remet une fois de plus en lumière les dangers de la migration irrégulière par voie maritime, un phénomène qui continue de frapper durement les communautés côtières du Sénégal. À Fass Boye, village déjà marqué par d’autres départs tragiques par le passé, l’espoir demeure fragile mais tenace, dans l’attente d’une information officielle ou d’un miracle qui viendrait rompre ce long silence.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

PJF : la Chambre d’accusation financière ordonne la libération de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne

Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.

Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.

Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.

En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.

Litige fiscal entre Woodside et la DGID : le dossier renvoyé au 5 février 2026

Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.

Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.

Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.

Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.

Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.

Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

CAN 2025 : Ibrahim Mbaye inscrit son premier but et creuse l’écart pour les Lions (3-1)

Le Sénégal a définitivement validé son ticket pour les quarts de finale de la CAN 2025 grâce à Ibrahim Mbaye. À quelques minutes du terme de la rencontre face au Soudan, l’attaquant des Lions a scellé le sort du match en inscrivant le troisième but sénégalais, libérant totalement son équipe et le public. Un but important, à la fois pour la qualification et pour la confiance d’un jeune joueur en pleine ascension.

Entré en jeu à la 74ᵉ minute, Ibrahim Mbaye n’a pas mis longtemps à faire parler ses qualités. Alors que le Sénégal cherchait encore à se mettre définitivement à l’abri, le jeune attaquant est lancé en profondeur dans le dos de la défense soudanaise. Grâce à sa vitesse, il prend le dessus sur le capitaine Khamis, l’élimine avec sang-froid et conclut d’une frappe précise qui ne laisse aucune chance au gardien Elneel. Un geste juste, maîtrisé, et surtout décisif, au moment où la pression commençait à monter dans les rangs sénégalais.

Ce but vient couronner une entrée en jeu particulièrement aboutie. Quelques minutes auparavant, Ibrahim Mbaye était déjà tout proche de s’offrir un doublé. Sur un centre parfaitement dosé de Diouf, il surgit au second poteau et place une tête puissante qui frôle la transversale. Le stade retient son souffle, le doublé n’était vraiment pas loin. Cette occasion manquée ne fera finalement que retarder l’échéance, tant l’attaquant semblait inspiré et en confiance.

Ce but revêt une importance particulière pour Ibrahim Mbaye. Il s’agit de son premier but en Coupe d’Afrique des Nations, mais déjà de son deuxième sous le maillot des Lions, après celui inscrit face au Kenya. Au-delà des statistiques, le jeune attaquant confirme surtout son impact immédiat en sortie de banc. Depuis le début du tournoi, il se distingue par des entrées convaincantes, apportant vitesse, percussion et fraîcheur dans les moments clés.

Déjà face à la RDC et au Bénin, Ibrahim Mbaye s’était illustré par son activité et son culot, provoquant notamment un penalty et mettant constamment la pression sur les défenses adverses. Contre le Soudan, il franchit un cap supplémentaire en se montrant décisif, dans un match à élimination directe où chaque détail compte.

Avec ce but, le Sénégal s’offre une fin de match sereine et confirme sa supériorité. Pour Ibrahim Mbaye, cette réalisation pourrait bien marquer un tournant dans sa CAN 2025. À seulement quelques minutes de jeu, il a su se rendre indispensable et envoyer un signal fort au staff technique : les Lions peuvent compter sur lui, même dans les moments les plus décisifs.

Recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée : le ministre de l’Enseignement supérieur interpelle fermement les recteurs

Le recrutement de cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Dans une circulaire datée du 31 décembre 2025, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le professeur Daouda Ngom, a officiellement saisi les recteurs des universités publiques sénégalaises après avoir constaté que plusieurs enseignants en exercice figurent sur une liste d’admis à un concours de recrutement organisé par un pays voisin.

Selon le ministre, cette situation pose un sérieux problème de conformité avec les textes législatifs et réglementaires qui encadrent le statut des enseignants-chercheurs au Sénégal. L’enrôlement de personnels universitaires sénégalais dans la fonction publique d’un autre État, alors qu’ils sont toujours en service dans les universités nationales, est susceptible de remettre en cause les principes fondamentaux de gestion des ressources humaines, mais aussi la continuité des missions d’enseignement, de recherche et d’encadrement des étudiants.

Dans sa correspondance, le professeur Daouda Ngom souligne que les universités publiques sénégalaises évoluent déjà dans un contexte marqué par un déficit structurel en enseignants-chercheurs, avec des effectifs étudiants en constante augmentation. Le départ, ou même la perspective d’un double engagement institutionnel, de plusieurs dizaines d’enseignants risque, selon lui, d’aggraver les difficultés pédagogiques, d’alourdir les charges des équipes restantes et de fragiliser davantage le fonctionnement des établissements.

C’est pourquoi le ministre a instruit les recteurs de se saisir sans délai de ce dossier qu’il qualifie de préoccupant. Il leur demande de procéder à une évaluation rigoureuse de la situation administrative et contractuelle des enseignants concernés, afin de déterminer la nature exacte de leurs liens avec l’État du Sénégal. Il s’agit notamment de vérifier s’ils sont titulaires, contractuels ou en position particulière, et d’examiner si des autorisations ont été sollicitées ou accordées pour un engagement à l’étranger.

Au-delà du simple constat, le ministre attend des recteurs qu’ils proposent et mettent en œuvre des mesures appropriées pour régler cette situation, dans le strict respect du cadre légal et réglementaire. Il a insisté sur l’obligation de lui rendre compte, dans les meilleurs délais, des diligences entreprises, soulignant qu’il attache « du prix à l’exécution effective » de cette instruction, signe d’une volonté claire de ne pas banaliser l’affaire.

Cette situation met également en lumière une problématique plus large : celle de la mobilité des enseignants-chercheurs dans l’espace ouest-africain et de l’attractivité comparée des systèmes universitaires. Si la circulation des compétences peut être perçue comme un facteur d’intégration régionale et de partage du savoir, elle soulève aussi la question de la protection des investissements consentis par l’État sénégalais dans la formation et le recrutement de ses cadres universitaires.

En filigrane, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail, de rémunération et de reconnaissance des enseignants-chercheurs au Sénégal, souvent évoquées comme des facteurs de départ vers d’autres pays. Pour le ministère, toutefois, l’urgence est d’abord de préserver la stabilité et le bon fonctionnement des universités publiques, tout en veillant au respect des règles qui fondent le service public de l’enseignement supérieur.

Les conclusions des recteurs sont désormais très attendues, dans un dossier qui pourrait déboucher sur des décisions administratives majeures et relancer, à plus long terme, une réflexion nationale sur la gestion et la fidélisation des compétences académiques.

Accident mortel sur la route de Diourbel : 03 morts dont deux enfants

Un drame de la circulation s’est produit sur la route de Diourbel, causant la mort de trois personnes, parmi lesquelles deux enfants en bas âge. L’accident, d’une extrême violence, a profondément bouleversé les populations locales.

Les victimes ont été formellement identifiées. Il s’agit de Dieynaba Diallo, âgée de 21 ans, de Aissatou Babou, âgée de 3 ans, fille de Daouda et de Dieynaba Diallo, et de Aissatou Ba, âgée de 6 ans, fille de Djibril Ba et de Diariatou Ba. Toutes étaient domiciliées à Keur Cheikh.

Selon les premières informations recueillies, un camion a violemment percuté les trois personnes, provoquant leur décès sur le coup. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer, mais la gravité de l’impact n’a laissé aucune chance aux victimes, dont deux enfants.

Les corps sans vie ont été évacués et déposés à la morgue de l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel, où les familles, sous le choc, se sont rendues pour les formalités d’usage.

Le chauffeur du camion mis en cause a été identifié sous les initiales M. N., né le 10 janvier 1990 à Touba, fils d’Ousmane et d’Aida Diouf, domicilié au quartier Médinatoul. Il a été interpellé par les forces de sécurité puis placé en garde à vue, dans le cadre de l’enquête ouverte par les autorités compétentes

Fin des travaux des comités ad-hoc des Assises de la justice : plusieurs projets de textes attendus à l’Assemblée

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la fin des travaux des comités ad-hoc issus des Assises nationales de la justice et du système politique. L’information a été donnée lors de son discours à la Nation, marquant une étape décisive dans le vaste chantier de réformes institutionnelles engagé depuis son accession à la magistrature suprême.

Selon le chef de l’État, ces comités ad-hoc ont permis de transformer les recommandations issues des concertations nationales en propositions juridiques concrètes. « Ils ont permis de poser les bases d’une traduction juridique des recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère inclusif et consensuel des travaux menés. Pour le président, cette démarche vise à répondre aux attentes exprimées par les citoyens en matière de justice indépendante, de gouvernance démocratique et de consolidation de l’État de droit.

Dans cette dynamique de réforme, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que plusieurs projets de textes majeurs seront prochainement soumis au processus législatif. Il s’agit notamment des projets relatifs à la révision de la Constitution, à la mise en place de la Cour constitutionnelle, à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante ainsi qu’à l’élaboration d’un nouveau code électoral. Ces textes, a-t-il précisé, seront d’abord examinés en Conseil des ministres avant d’être transmis à l’Assemblée nationale au cours du premier trimestre de l’année 2026.

Pour le président de la République, ces réformes constituent des leviers essentiels pour renforcer l’équilibre des pouvoirs, garantir l’indépendance de la justice et améliorer la transparence du processus électoral. Elles s’inscrivent également dans la promesse de rupture institutionnelle portée par le nouveau pouvoir, avec pour objectif de moderniser les institutions et de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique.

Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs indiqué que les autres réformes issues des Assises s’inscriront dans un calendrier progressif et structuré. Celles-ci seront déployées selon un agenda cohérent, aligné à la fois sur la durée du mandat présidentiel et sur le rythme de la Nation, afin d’assurer leur appropriation par les institutions et les citoyens.

À travers cette annonce, le chef de l’État réaffirme sa volonté de faire des Assises nationales un véritable socle de transformation institutionnelle, en passant des recommandations à des réformes concrètes, débattues et adoptées dans le respect des règles démocratiques.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Litige foncier QVS–Nouvelle Ville : la justice tranche définitivement en faveur de Nouvelle Ville

Le différend foncier opposant Qualité Végétale Sénégal (QVS) à la société Nouvelle Ville a connu, ce mercredi 23 décembre 2025, un dénouement judiciaire d’une rare clarté, mettant un terme aux incertitudes et controverses qui ont marqué les dernières semaines. Par une décision rendue à la veille de Noël, la juridiction saisie a confirmé sans réserve les décisions antérieures, consacrant de manière définitive les droits de Nouvelle Ville sur l’intégralité de la superficie litigieuse et fermant la porte à toute tentative de remise en cause de l’autorité de la chose jugée.

Dans son dispositif, le jugement ordonne à QVS de libérer l’ensemble du terrain qu’elle occupe, constate le caractère manifestement illicite de son maintien sur les lieux et assortit cette obligation d’une astreinte de cinq cent mille francs CFA par jour de retard à compter de la signification de la décision. La juridiction rejette par ailleurs l’intégralité des prétentions développées par QVS, confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens d’appel. La formulation retenue par les magistrats est sans équivoque, ne laissant aucune place à une interprétation alternative quant aux droits respectifs des parties.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interférences notoires, notamment des prises de position publiques à caractère politique. Certaines déclarations attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko évoquaient de supposées irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier et appelaient à une relecture administrative de l’affaire, en contradiction manifeste avec des décisions de justice devenues définitives. En tranchant avec une telle fermeté, la justice sénégalaise rappelle un principe fondamental : le droit ne se négocie pas sous la pression et ne se réécrit ni au gré des déclarations ni en fonction de considérations extra-judiciaires. L’exécution des décisions de justice demeure le socle de l’État de droit et de la sécurité juridique.

Pour Nouvelle Ville, ce verdict revêt la valeur d’une véritable délivrance après des années de blocages, de contentieux et d’incertitudes. Il rétablit pleinement la légitimité de son projet et renforce la confiance dans l’institution judiciaire, à un moment où le Sénégal s’interroge sur la protection des investissements, la stabilité du climat des affaires et le respect effectif des règles. Rendu à la veille des fêtes, ce jugement ne constitue donc pas seulement une victoire judiciaire pour Nouvelle Ville, mais également un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs publics et privés : au Sénégal, l’autorité de la justice demeure intangible et le droit reste la boussole de la République.

Quitter la version mobile