Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines : le budget 2026 arrêté à plus de 130 milliards de F CFA

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a fait face ce vendredi aux députés pour défendre le projet de budget 2026 de son département. Fixé à un peu plus de 130 milliards de F CFA, ce budget connaît une baisse de 9,31 % par rapport à l’exercice précédent. Malgré cette diminution, la majorité des commissaires parlementaires ont adopté les programmes proposés, au terme d’une séance où les enjeux énergétiques, les défis structurels et les priorités de gouvernance ont occupé le centre du débat.

Dans sa présentation, le ministre a rappelé les grandes lignes du bilan 2025, marqué par des réformes profondes dans les sous-secteurs des hydrocarbures et des mines. Selon lui, d’« importants pas ont été franchis », notamment en matière d’accès à l’énergie et de valorisation des ressources naturelles. Il a insisté sur les priorités retenues pour 2026 : garantir l’accès à une énergie durable et abordable, développer les chaînes de valeur de manière inclusive et responsable, et renforcer la transparence et la performance dans la gouvernance énergétique, conformément au triptyque « JUB-JUBBAL-JUBBANTI ».

Interpellé par les parlementaires sur les nombreuses irrégularités relevées dans la distribution électrique, Birame Soulèye Diop a décrit la fraude à la SENELEC comme une « situation particulièrement alarmante ». Un rapport d’audit fait état de 490 cas détectés dans la seule capitale, notamment à Pikine, entraînant une perte estimée à 2,6 milliards de F CFA soit l’équivalent de 13 515 kWh détournés. À l’échelle nationale, le préjudice atteint 3,7 milliards de F CFA au 4 septembre 2025. Les fraudeurs identifiés incluraient, selon le ministre, des institutions, des restaurants et des particuliers « bien connus ». Le dossier est aujourd’hui suivi en coordination avec le ministère de la Justice.

Sur la question sensible de la tarification de l’électricité, particulièrement le système « Woyofal », le ministre a tenu à préciser qu’aucune hausse n’a été appliquée depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Toutefois, il a reconnu le poids de cette facture pour les ménages. Une analyse détaillée est en cours, à la demande du Premier ministre, afin d’envisager une solution durable. Birame Soulèye Diop a également rappelé que la première tranche tarifaire, de 0 à 150 kWh, reste fixée à 91,2 F CFA hors TVA, ce qui concerne environ un million de foyers à travers le pays.

Le ministre a révélé que les conclusions de vingt-trois réunions techniques portant sur une mesure conjoncturelle de soutien, concernant entre 1,5 et 1,7 million de ménages, seront bientôt transmises aux autorités. Ces travaux devraient aboutir à une diminution des prix de l’électricité, en attendant la mise en place d’une solution structurelle plus pérenne.

Évoquant les perspectives énergétiques à long terme, Birame Soulèye Diop a rappelé que la baisse durable du coût de l’énergie passera par la stratégie « Gas to Power ». La part du Sénégal dans le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA) permettra d’alimenter une centrale de 250 MW. Le lancement de l’appel d’offres pour la construction du premier segment nord du réseau gazier est annoncé avant la fin du premier trimestre 2026.

Le ministre a également salué les performances récentes de la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui a réussi à traiter le pétrole brut extrait du champ de Sangomar. Il a toutefois reconnu les défis liés à la lourdeur de ce brut, nécessitant des investissements supplémentaires. La SAR prévoit d’ailleurs de renforcer ses capacités dans le cadre du projet « SAR 2.0 ».

Le ministre des Finances et du Budget est intervenu à son tour pour éclairer les parlementaires sur la baisse du budget alloué au ministère de l’Énergie. Cette diminution, selon lui, s’explique par la non-reconduction de certains projets arrivés à terme et par la réduction des dépenses de fonctionnement. Il a néanmoins rappelé que d’importants crédits stratégiques se trouvent dans d’autres enveloppes, à l’image du Fonds spécial de soutien au secteur de l’Énergie logé au ministère des Finances, doté de 250 milliards de F CFA destinés notamment aux subventions.

Concernant la SAR, le ministre a assuré que l’État continuera d’accompagner l’entreprise grâce à la mobilisation de financements bancaires et l’octroi de garanties souveraines, indispensables dans un contexte de transition énergétique et industrielle.

Enfin, il a abordé la question délicate du « miss reporting » financier, qui avait conduit le Fonds monétaire international à revoir sa note concernant le Sénégal. Selon lui, l’État a demandé la suspension du programme en cours afin d’ouvrir des négociations. Contrairement à l’idée d’une restructuration classique de la dette, jugée « simpliste », le gouvernement souhaite s’orienter vers une Gestion Active de la Dette (GAT) et des Garanties Partielles de Crédit (GPC), des outils destinés à améliorer les conditions de refinancement.

Escroquerie présumée : Seydina Fall “Bougazelli” envoyé en prison, la date de son procès fixée

L’ancien député de l’Alliance pour la République (APR), Seydina Fall, plus connu sous le nom de Bougazelli, replonge dans les tourments judiciaires. Déféré ce vendredi matin au parquet de Pikine-Guédiawaye, il a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie portant sur près de deux millions de francs CFA, selon des sources proches du dossier. Une nouvelle incarcération qui vient ternir encore davantage le parcours de l’ancien parlementaire, déjà éclaboussé par de lourds scandales par le passé.

Interpellé en début de semaine par la Sûreté urbaine du commissariat central de Guédiawaye, Bougazelli a été présenté au procureur de la République, Saliou Dicko. Après examen du dossier, celui-ci a ordonné son placement en détention préventive, estimant que les éléments réunis justifiaient une comparution immédiate devant la justice. L’ancien député sera ainsi jugé devant le tribunal des flagrants délits le 10 décembre prochain, sauf éventuel renvoi de l’audience.

Cette affaire remet sur le devant de la scène une figure politique dont l’image avait déjà été fortement entachée. En 2019, Bougazelli avait été mis en cause dans un vaste dossier de faux billets, une affaire retentissante qui avait entraîné sa démission de l’Assemblée nationale et provoqué une onde de choc au sein de l’APR et de la classe politique sénégalaise. Depuis cette période, l’ex-député s’était fait discret et s’était réorienté vers l’immobilier, une reconversion qu’il présentait comme un moyen de tourner la page.

Les circonstances exactes de l’escroquerie présumée pour laquelle il est actuellement poursuivi restent encore à préciser. Selon les premières indications, l’affaire porterait sur une somme avoisinant deux millions de francs CFA, dans le cadre de transactions immobilières ou commerciales. L’enquête menée par les éléments de la Sûreté urbaine a suffi à convaincre le parquet de la nécessité d’une détention provisoire, en attendant que le tribunal se prononce sur les faits.

Le dossier transmis au juge permettra d’établir les responsabilités pénales et de déterminer si Seydina Fall s’est effectivement rendu coupable d’escroquerie ou s’il s’agit, comme le plaident souvent les mis en cause dans ce genre d’affaire, d’un simple différend commercial. En attendant l’audience, Bougazelli demeure incarcéré à la Maison d’arrêt de Pikine.

Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse des prix des hydrocarbures d’ici 15 jours

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a créé l’événement ce vendredi à l’Assemblée nationale en annonçant une baisse prochaine des prix des hydrocarbures. Présent devant les députés pour défendre le projet de budget 2026 de son ministère, le ministre a confirmé que cette réduction interviendra dans un délai très court, répondant ainsi aux attentes des ménages et des acteurs économiques fortement éprouvés par la hausse du coût de l’énergie.

Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, la déclaration du ministre a suscité un vif intérêt. « Les prix des hydrocarbures vont baisser de manière claire et nette, et ce sera dans moins de 15 jours », a-t-il assuré, adoptant un ton ferme et volontaire. Cette annonce laisse entrevoir une volonté de rupture avec la tendance actuelle et s’inscrit dans la dynamique des engagements pris par le gouvernement.

Quelques semaines plus tôt, le 27 octobre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko avait en effet réaffirmé l’objectif de l’exécutif de revoir à la baisse les coûts de l’électricité, du gaz et du carburant. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie globale de réponse aux tensions sociales et économiques nées de la flambée des prix de l’énergie, un secteur particulièrement sensible en raison de son impact transversal sur les transports, l’industrie et les ménages.

La perspective d’une baisse dans un délai aussi rapproché soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à son ampleur, à ses modalités d’application et à ses répercussions sur les finances publiques. Depuis plusieurs années, la structure des prix des hydrocarbures est fortement influencée par les cours internationaux, les taxes, les subventions et les coûts logistiques. Toute réduction, même modérée, nécessite un arbitrage entre les impératifs sociaux et les équilibres budgétaires.

Birame Soulèye Diop n’a pour l’heure pas donné de détails chiffrés sur la diminution envisagée. Selon plusieurs analystes, le gouvernement pourrait miser sur une combinaison de mesures, incluant un ajustement des taxes, une renégociation des marges ou une optimisation de la chaîne d’approvisionnement, dans le but de rendre la baisse effective sans fragiliser les finances de l’État. Une communication plus précise devrait intervenir dans les prochains jours.

L’annonce du ministre intervient au moment où les consommateurs, les syndicats et les entreprises multiplient les appels à un allègement des prix de l’énergie, confrontés à une situation devenue difficilement soutenable. Pour de nombreux observateurs, cette décision, si elle est confirmée dans les délais annoncés, pourrait constituer un signal fort de la volonté du gouvernement d’Ousmane Sonko d’allier politique sociale et gestion rigoureuse.

Sénégal : le numérique pourrait générer 1100 milliards FCFA et 280 000 emplois d’ici 2030

Le Sénégal avance à grands pas vers une nouvelle ère numérique, mais le chemin reste semé d’obstacles à lever pour exploiter pleinement son potentiel. C’est ce que révèle le dernier rapport de la GSMA, présenté ce vendredi lors du « Digital Africa Summit Senegal ». Selon cette étude, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 1 100 milliards FCFA de valeur économique supplémentaire et créer 280 000 emplois d’ici 2030, à condition de mener des réformes ciblées et urgentes dans les domaines clés de l’accessibilité, des compétences numériques et du cadre réglementaire.

Le rapport met en avant une contradiction marquante : le Sénégal dispose d’une infrastructure mobile avancée, avec une couverture 4G estimée à 97 % et une couverture 5G qui atteint déjà 39 %, mais malgré ces performances, une grande partie de la population n’utilise pas Internet mobile. Selon la GSMA, 54 % des Sénégalais vivant en zone couverte ne se connectent pas, un écart d’usage parmi les plus élevés de la région.
Les raisons de cette situation sont multiples, mais la principale est économique. Le coût d’un smartphone d’entrée de gamme représente environ 19 % du PIB mensuel par habitant, ce qui constitue un frein majeur pour les ménages à faibles revenus. À cela s’ajoutent des lacunes en compétences numériques et plusieurs obstacles réglementaires qui compliquent l’accès à la connectivité.

Angela Wamola, Directrice Afrique de la GSMA, a rappelé que le Sénégal « dispose de tous les ingrédients pour devenir l’une des économies numériques les plus dynamiques d’Afrique », tout en soulignant que des millions de personnes restent en marge du numérique faute de moyens, d’accompagnement ou d’un environnement juridique suffisamment moderne.

Pour lever ces obstacles, la GSMA encourage une collaboration plus étroite entre le secteur privé, le ministère et les autorités de régulation. Angela Wamola a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures stratégiques, de développer les compétences numériques à grande échelle et d’accélérer la mise en place d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle. Selon elle, ces actions cumulées permettront au Sénégal non seulement de rattraper son retard, mais de consolider sa place parmi les leaders africains du numérique.

Une annonce majeure est venue du ministère des Finances et du Budget, qui a dévoilé l’élaboration en cours d’un nouveau cadre fiscal. Celui-ci sera formalisé prochainement par une révision du Code général des Impôts et du Code des Douanes.
Selon Malan Faty, représentant le ministre, cette réforme reposera sur une distinction entre la fiscalité de rendement, destinée à garantir la stabilité budgétaire, et une fiscalité de développement, destinée à accompagner l’innovation et l’investissement dans les technologies.

Il a assuré que « le Sénégal ne fera jamais le choix d’une fiscalité punitive », affirmant que le pays préfère une fiscalité qui soutient l’écosystème numérique et les ambitions industrielles, notamment dans le cadre du « New Deal Technologique 2034 » et de la « Vision Sénégal 2050 ».

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, a souligné que le pays dispose de bases solides mais doit désormais passer à une phase supérieure : celle de l’appropriation. Il ne s’agit plus seulement d’être connectés, mais d’utiliser le numérique comme un levier d’opportunités économiques, de modernisation de l’administration et de souveraineté nationale.

Selon lui, la stratégie du « New Deal Technologique », impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, vise notamment à porter la contribution du numérique à 15 % du PIB national d’ici 2035 et à assurer une connectivité universelle.
Dans cette dynamique, son département s’est engagé à actualiser le Code des communications électroniques afin de créer un cadre réglementaire agile, capable de protéger les infrastructures critiques, de rassurer les investisseurs et de mieux réguler l’utilisation croissante des données.

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a également exposé sa vision stratégique. Son directeur, Dahirou Thiam, a rappelé que la régulation n’est plus uniquement une fonction administrative, mais un outil de souveraineté indispensable à la croissance économique.
L’ARTP entend moderniser le marché en anticipant les déséquilibres, en encourageant une concurrence saine et en garantissant une protection accrue des consommateurs. La sécurisation des investissements constitue également une priorité, notamment à travers le partage des infrastructures et la gestion des ressources rares telles que les fréquences et les données, considérées comme des actifs souverains nécessitant une gouvernance stricte.

La dynamique en cours est soutenue par des initiatives complémentaires, comme le lancement du nouveau Start-Up Act, destiné à soutenir l’entrepreneuriat technologique et à encourager l’innovation locale. Selon les prévisions de l’ARTP, l’ensemble des mesures en préparation pourrait générer une hausse des recettes nationales de 417 milliards FCFA, tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations.

Avec l’alliance du secteur privé, de la GSMA, de l’État et des acteurs de la régulation, le Sénégal s’engage dans une transformation profonde. Le pays ambitionne de devenir un véritable laboratoire de solutions digitales, capable d’inspirer le continent africain et de consolider sa souveraineté technologique dans un monde en mutation rapide.

FMI : La cheffe de mission pour la Zambie nommée à la tête du dossier Sénégal

Le Fonds monétaire international s’apprête à opérer un changement stratégique dans la gestion de son programme avec le Sénégal. Mercedes Vera Martin, jusque-là cheffe de mission du FMI pour la Zambie, prendra la tête du dossier sénégalais dès janvier prochain. Elle succède à Edward Gemayel, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et qui, dans un jeu de rotations internes à l’institution, remplacera en retour Vera Martin à Lusaka.

Cette transition, qualifiée de « rotation habituelle » par un porte-parole du FMI, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Dakar. Le Sénégal traverse en effet une période de forte pression financière, marquée par la découverte récente de plusieurs milliards de francs CFA de dettes jusque-là non déclarées par l’ancien régime. Une situation qui soulève des interrogations sur la transparence budgétaire et complique les négociations en cours pour un nouveau programme de financement auprès du FMI.

L’expérience de Mercedes Vera Martin pourrait s’avérer déterminante. Depuis 2023, elle a piloté le dossier zambien, un cas emblématique de restructuration de dette souveraine. La Zambie a dû naviguer à travers un processus complexe, jusqu’à finalement obtenir un accord avec ses créanciers officiels et les détenteurs d’eurobonds pour un allègement significatif de sa dette. Cette expertise acquise dans un environnement de crise pourrait être précieuse, alors que le Sénégal doit convaincre ses partenaires financiers de la viabilité d’une stratégie budgétaire mise à rude épreuve.

Pour l’heure, Dakar exclut toute idée de restructuration de sa dette. Le gouvernement sénégalais affirme que la situation reste maîtrisable et privilégie un financement nouveau auprès du FMI plutôt qu’un rééchelonnement susceptible d’envoyer un signal négatif aux marchés. Le Fonds, de son côté, avait indiqué le mois dernier qu’il évaluait toujours la dynamique d’endettement du pays et examinait en détail la solidité de sa stratégie de financement.

La prise de fonction de Mercedes Vera Martin en janvier pourrait ainsi marquer une nouvelle phase des discussions entre Dakar et le FMI. Sa connaissance des négociations complexes et des environnements budgétaires fragiles laisse penser que les échanges pourraient gagner en technicité, mais aussi en exigence.

Reste à savoir si le Sénégal choisira de maintenir sa ligne actuelle — refus d’une restructuration et recherche d’un programme appuyé par le FMI — ou si les conclusions des analyses en cours obligeront le gouvernement à reconsidérer sa position. Dans un contexte où les finances publiques sont sous tension et où la confiance des partenaires est cruciale, chaque décision pèsera lourd dans les prochains mois.

Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre

Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.

Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.

Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »

Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».

La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.

Tension à Niague – Lac Rose : le DG de Casa Orascom s’explique

Suite aux manifestations sur le site d’implantation du projet « Villes vertes » de l’entreprise Casa Orascom au Lac Rose, ayant conduit à l’arrestation de onze personnes dont le docteur Amath Wade, le directeur général de la société est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements.

Le DG réfute toutes les accusations portées contre Casa Orascom :
« Ce 20 novembre, un certain nombre d’individus se sont introduits sur le site et ont agressé Ilimane Fall, un employé de notre entreprise. Il a été violemment tabassé avec des barres de fer. C’est à la suite de cette agression qu’il a porté plainte. Et ce sont ces individus qui ont été interpellés après l’enquête de la gendarmerie. »

Il poursuit :
« La violence est inacceptable et nous devons tous la combattre. Il faut également préciser que de fausses images circulent, laissant croire à un abattage d’arbres. Nous avons respecté la physionomie du site sur le plan topographique et nous avons veillé à épouser le terrain naturel. »

Le directeur général rappelle par ailleurs l’envergure du projet et les opportunités qu’il est censé offrir aux populations, estimant qu’il ne peut être que bénéfique pour la zone.

Il conclut :
« La question environnementale, qui est centrale dans nos engagements auprès de l’État du Sénégal, a été pleinement prise en compte dans le processus et dans tous les aspects du projet. »

Tension à Niague lac rose, le DG de Casa Orascom s'explique.

L’État du Sénégal ouvre un emprunt obligataire de 400 milliards FCFA pour soutenir la vision « Sénégal 2050 »

L’État du Sénégal a officiellement lancé une opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne d’un montant global de 400 milliards FCFA. Ouverte à la souscription du 2 au 22 décembre 2025, cette mobilisation de ressources vise à renforcer le financement des projets structurants inscrits dans la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Cette dernière ambitionne d’accélérer la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les secteurs productifs et les services publics essentiels.

L’offre obligataire se décline en quatre maturités destinées à répondre à différents profils d’investisseurs. La première émission, d’une durée de 3 ans, porte sur un montant de 85 milliards FCFA avec un taux d’intérêt fixé à 6,40 %. La seconde concerne une maturité de 5 ans pour un montant total de 125 milliards FCFA et offre un rendement de 6,60 %. Une troisième tranche est proposée sur une durée de 7 ans, avec un volume de 105 milliards FCFA et un taux de 6,75 %. Enfin, une dernière émission d’un montant de 85 milliards FCFA est étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 6,95 %. Ces différentes maturités visent à diversifier les opportunités d’investissement, tout en garantissant à l’État une meilleure structuration de son financement à moyen et long termes.

L’opération est pilotée par le Trésor Public, qui en assure la conduite opérationnelle, avec l’accompagnement d’Invictus Capital & Finance en tant qu’arrangeur et chef de file. Ce partenariat permet de renforcer la crédibilité de l’émission et d’optimiser son placement auprès des investisseurs institutionnels comme des particuliers. Les souscriptions sont ouvertes durant toute la période annoncée, via les canaux officiels mis à disposition, notamment les plateformes numériques dédiées et les contacts des structures financières partenaires.

À travers cette initiative, le Sénégal poursuit sa stratégie de recours maîtrisé au marché financier régional afin de soutenir la dynamique de développement et de consolider la confiance des investisseurs. L’emprunt obligataire s’inscrit ainsi comme un instrument essentiel dans la mise en œuvre des projets prioritaires, tout en contribuant à la modernisation de l’économie nationale et au renforcement de ses capacités de résilience.

Troisième pétrolier lié à la Russie touché par des explosions : le Mersin atteint au large de Dakar

Un nouvel incident maritime est survenu au large de Dakar. Le pétrolier Mersin, un navire transportant du gasoil et géré par la compagnie Besiktas Shipping, a été frappé par quatre explosions externes alors qu’il naviguait dans les eaux sénégalaises. L’armateur a confirmé que de l’eau de mer avait envahi la salle des machines, mais que le navire demeurait stable, sans pollution signalée et avec un équipage sain et sauf.

Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Il s’agit en effet du troisième navire ayant transporté du pétrole russe à subir une attaque ou des dommages en seulement trois jours. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité ukrainiens seraient impliqués dans deux incidents récents survenus en mer Noire contre des pétroliers qui avaient précédemment transporté des hydrocarbures russes. Cependant, aucune revendication n’a été formulée concernant l’explosion survenue au large du Sénégal, et le flou persiste sur les motivations et les auteurs.

Besiktas Shipping a indiqué collaborer étroitement avec les autorités sénégalaises et les assurances pour déterminer les causes exactes des explosions. L’entreprise assure qu’elle participe pleinement aux enquêtes en cours et qu’elle met en place toutes les mesures nécessaires pour gérer l’impact technique et logistique de l’incident.

Selon les données de la firme d’analyse maritime Kpler, le Mersin transportait du gasoil et avait fréquenté plusieurs ports russes ces derniers mois. Cette information alimente les spéculations autour d’une possible série d’attaques ciblant des navires ayant participé au commerce du pétrole russe, même si aucun élément concret ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct avec le conflit en Ukraine.

Du côté des autorités sénégalaises, le Port autonome de Dakar a confirmé que le navire avait pris « une quantité d’eau significative » avant d’être stabilisé grâce à l’intervention de remorqueurs permanents et d’équipes techniques spécialisées. Les premières opérations consistent à colmater les brèches afin de rétablir l’étanchéité de la coque. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que le transfert de la cargaison pourra commencer, une manœuvre délicate destinée à éviter toute déstabilisation du pétrolier pendant les travaux de pompage.

Map of Mersin oil tanker

Pour l’heure, aucune menace environnementale n’a été signalée, mais les services sénégalais restent en alerte. Outre l’enquête sur les explosions, l’objectif majeur est d’éviter tout risque de pollution sur le littoral dakarois, surtout face à la nature hautement inflammable de la cargaison.

Cet incident, qui survient loin des zones habituellement touchées par les tensions liées au transport de pétrole russe, interpelle et ouvre de nouvelles questions sur l’évolution des risques maritimes internationaux. Les conclusions de l’enquête pourraient avoir des implications stratégiques, tant pour les routes commerciales que pour la sécurité maritime dans la région ouest-africaine.

Santé : le SATSUS annonce une nouvelle grève les 10 et 11 décembre 2025

La tension reste vive dans le secteur de la santé. Le Syndicat autonome des techniciens supérieurs de la santé (SATSUS/And Gueusseum) a annoncé ce dimanche une nouvelle grève de 48 heures prévue les mercredi 10 et jeudi 11 décembre 2025. Une décision qui s’inscrit dans un bras de fer qui s’intensifie avec le gouvernement, accusé de maintenir un « silence illégal, lourd et stratégique » face aux revendications déposées depuis plusieurs mois.

Dans son communiqué, le SATSUS revendique une mobilisation « historique » lors de la première phase de la grève générale des 25 et 26 novembre. Selon le syndicat, entre 80 % et 98 % des structures sanitaires du pays ont cessé de fonctionner, à l’exception des urgences et du service minimum. Cette démonstration de force aurait galvanisé les troupes, le syndicat affirmant vouloir inscrire désormais sa lutte « dans la durée » pour obtenir l’application intégrale des accords signés avec l’État.

Malgré cette mobilisation, le syndicat fustige ce qu’il considère comme une entrave à son droit de manifester. Il condamne en effet « le refus poli et totalement injustifié du préfet de Dakar » qui aurait interdit la marche prévue le 26 novembre, pourtant déclarée dans les délais réglementaires. Une interdiction interprétée comme une volonté de freiner la dynamique contestataire dans un secteur déjà fragilisé par les tensions internes et les lourdeurs administratives.

Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut remonter au 16 novembre 2025. À cette date, les syndicats de santé, après une analyse jugée « approfondie » du processus d’apurement du passif social, avaient annoncé une série de marches, grèves et sit-in pour faire pression sur le gouvernement. Les revendications portent notamment sur l’application des accords de mai 2022, qui prévoient des augmentations salariales, le versement des fonds de motivation destinés au personnel hospitalier, ainsi que le reclassement des techniciens supérieurs ayant achevé leurs formations. Selon le SATSUS, la lenteur observée dans ce processus s’apparente à un blocage délibéré, en contradiction avec les engagements pris par l’État.

Dans ce nouveau communiqué, les syndicalistes durcissent encore le ton en avertissant les autorités que « nul ne peut prétendre assurer une paix sociale durable tout en mettant un coude sur un passif social lourd ». Ils accusent également l’État de violer quotidiennement le Code du travail et de se protéger derrière « une prétendue crise économique » utilisée comme prétexte pour ne pas appliquer les mesures convenues.

Cette nouvelle grève de 48 heures risque de perturber davantage le fonctionnement des hôpitaux et centres de santé, déjà éprouvés par des mois de tensions. À l’approche de cette nouvelle date de mobilisation, le gouvernement n’a toujours pas réagi publiquement aux accusations du syndicat, alimentant l’inquiétude d’un conflit social qui pourrait s’enliser au détriment des usagers du service public de santé.

APRÈS LE DISCOURS DE CHEIKH DIBA SUR LES BESOINS DE LIQUIDITÉ DU SÉNÉGAL : Les obligations souveraines chutent

Les obligations souveraines du Sénégal ont reculé sur les marchés internationaux après que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a alerté sur la nécessité pour le pays de disposer de liquidités supplémentaires, rapporte Bloomberg. Bien qu’il ait souligné que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se déroulent positivement, ses déclarations ont ravivé les inquiétudes des investisseurs quant à la capacité du Sénégal à gérer sa trésorerie à court terme.

À Londres, les obligations en dollars arrivant à échéance en 2033 ont perdu 1,6 cent par dollar, pour s’établir à 61,7 cents, enregistrant ainsi une deuxième journée de baisse. Les titres arrivant à maturité en 2031 ont, eux, chuté de 2,5 cents pour atteindre 64,64 cents. Ces mouvements reflètent la prudence des marchés face à la situation de liquidité du pays, même si sa solvabilité à long terme demeure globalement jugée solide.

Devant les députés, Cheikh Diba a précisé que « le Sénégal ne pose pas fondamentalement de problème de solvabilité, mais en matière de liquidité, nous avons désormais besoin d’un appui financier ». Cette mise au point intervient après la découverte, l’an dernier, d’une dette cachée de 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de francs CFA) laissée par l’administration précédente. Cette affaire avait conduit le FMI à suspendre un plan de financement de 1,8 milliard de dollars (un peu plus de 1 000 milliards de francs CFA)

Le Sénégal est actuellement engagé dans des discussions avec le FMI en vue de mettre en place un nouvel instrument de financement. Selon Diba, des divergences subsistent sur « les critères, les hypothèses macroéconomiques et les mesures d’ajustement », mais il assure que « les discussions avec le Fonds se déroulent très bien ». Le FMI, de son côté, concentre son évaluation sur la dynamique de la dette sénégalaise et la viabilité de la stratégie de financement du pays.

Le ministre a également indiqué que des mesures sont en cours pour améliorer la gestion de l’endettement. Le gouvernement remplace progressivement des dettes jugées « à haut risque » par des emprunts aux conditions plus favorables et assortis de maturités plus longues, afin de dégager des marges budgétaires et d’alléger la pression sur les finances publiques. L’objectif annoncé est de ramener le déficit budgétaire à 5,3% du PIB d’ici 2026 contre 13,4% à la fin de 2024 puis à 3% en 2027, conformément au plafond fixé par l’UEMOA, alors que le déficit prévu pour 2025 s’établissait initialement à 7,8%.

Malgré ces tensions de liquidité, le Sénégal exclut toute restructuration de sa dette et réaffirme son engagement à honorer ses obligations envers les investisseurs internationaux, tout en poursuivant des efforts de discipline budgétaire. Cheikh Diba a insisté devant les parlementaires sur le fait que la restructuration n’était « pas une option ».

Le Dakarois

“Dette cachée” : Ousmane Sonko affirme que « le travail n’est pas achevé » et annonce la poursuite des investigations

La polémique autour de la « dette cachée » révélée par le Premier ministre Ousmane Sonko en septembre 2024 continue d’occuper le devant de la scène politique nationale. Ce vendredi, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont interpellé le gouvernement sur la nature, l’origine et l’ampleur de cette dette dont les contours demeurent encore flous pour une partie de l’opinion publique.

Face aux parlementaires, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a apporté une première clarification, indiquant qu’il s’agit d’une dette « qui n’a pas été communiquée au Fonds monétaire international (FMI) ». Une omission particulièrement préoccupante au regard des standards de transparence financière exigés par les partenaires internationaux. Mais au-delà du FMI, estime l’exécutif, c’est d’abord le peuple sénégalais qui a été tenu à l’écart de ces engagements contractés en son nom.

Prenant la parole à son tour, Ousmane Sonko a insisté sur cet aspect, rappelant que « l’Assemblée nationale devait être la première informée, car il s’agit d’une dette contractée au nom du peuple sénégalais ». Le chef du gouvernement a ensuite livré des éléments nouveaux, confirmant que les investigations engagées depuis plusieurs mois sont loin d’être terminées. « Le travail n’est pas achevé, les enquêtes se poursuivent », a-t-il affirmé, précisant que les premières découvertes ne représentent qu’une partie des irrégularités relevées.

Pour justifier la prolongation des travaux d’enquête, Sonko a évoqué deux motifs précis. Le premier concerne la dette bancaire intérieure, pour laquelle une « enquête minutieuse » est toujours en cours afin d’identifier la nature exacte des engagements, leurs bénéficiaires, ainsi que les mécanismes ayant permis de les dissimuler. Le second motif, qualifié de « plus préoccupant », porte sur des flux financiers importants opérés en dehors de toute procédure réglementaire. « Entre 2019 et 2024, plus de 1300 milliards de F CFA sont passés par un compte sans surveillance », a révélé le Premier ministre, soulignant la gravité d’un tel dysfonctionnement dans la gestion des finances publiques.

Ces révélations renforcent la détermination du gouvernement à poursuivre le travail d’audit engagé depuis son arrivée au pouvoir, dans une démarche qui vise, selon Sonko, à « éclairer pleinement les Sénégalais » sur la gestion de l’État durant les dernières années. L’exécutif affirme vouloir s’appuyer sur les conclusions de ces enquêtes pour renforcer les mécanismes de gouvernance, éviter la reproduction de telles pratiques et assainir définitivement les finances publiques.

Interpellé également sur les critiques visant le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), un programme phare du gouvernement pour relancer l’économie, Ousmane Sonko a invité l’opposition à dépasser la posture de contestation et à formuler des propositions concrètes. « Si vous n’êtes pas d’accord avec le PRES, proposez mieux. Le pays a besoin d’avancer », a-t-il lancé, réaffirmant son engagement à mener les réformes jugées nécessaires malgré les résistances politiques.

Alors que les auditions et vérifications se poursuivent, la révélation de cette « dette cachée » continue d’ouvrir un large débat sur la transparence budgétaire, la responsabilité politique et le rapport entre pouvoir exécutif et institutions de contrôle. Les prochaines semaines seront décisives, à mesure que les résultats des investigations se préciseront et que les implications politiques de ces découvertes se feront sentir.

Le Président Bassirou Diomaye Faye lance un processus inédit de nomination à l’OFNAC

Le nouveau régime dirigé par le président de la République Bassirou Diomaye Faye a marqué un tournant dans la gouvernance publique en mettant l’accent sur la refondation des institutions et la consolidation de la transparence. Dans ce cadre, la désignation des membres de l’Office National de Lutte contre la Corruption (OFNAC) a été réalisée pour la première fois à travers un processus d’appel à candidatures ouvert, public et concurrentiel, marquant ainsi une rupture avec les pratiques antérieures.

Conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi n° 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, les membres de cet organisme « sont nommés par décret, à l’issue d’une procédure d’appel à candidatures dont les modalités sont fixées par arrêté du Ministre de la Justice ». Dans ce cadre, un avis d’appel à candidatures a été publié le 6 octobre 2025 par le Comité de sélection institué par l’arrêté n° 032697 du 2 octobre 2025 du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Au terme de ce processus rigoureux, le Président de la République a nommé 12 nouveaux membres pour composer l’OFNAC. À leur tête, Moustapha KA, magistrat, occupe la fonction de président de l’institution, tandis que Birahime SECK, membre de la société civile, en assure le rôle de vice-président. La composition de l’OFNAC réunit des profils variés et hautement qualifiés, incluant des magistrats, des experts en suivi-évaluation, des administrateurs civils et des professeurs agrégés des facultés de droit, parmi lesquels Khadidiatou BA, Samba BARRY, Ibrahima FALL, Mafal FALL, Mademba GUEYE, Abdou Aziz Daba KEBE, Babacar NIANG, Birane NIANG, Mohamed Bachir NIANG et Charles Didier Gane Ngathy SENGHOR.

Le Chef de l’État a souligné que cette démarche, fondée sur les principes d’intégrité, de mérite et de transparence, témoigne de la volonté de son gouvernement d’instaurer une gouvernance exemplaire. L’initiative a rencontré un vif intérêt de la part du public et du secteur professionnel, totalisant 233 candidatures issues de profils divers, représentatifs des différents segments clés de la société.

Dakar : la marche du COIMAS autorisée et encadrée par un arrêté préfectoral

La capitale sénégalaise s’apprête à accueillir, ce vendredi 28 novembre 2025, une marche pacifique organisée par le Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands du Sénégal (COIMAS). L’événement, qui intervient dans un contexte de fortes revendications du secteur du commerce informel, a officiellement reçu l’autorisation du préfet de Dakar, Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye.

Dans un arrêté rendu public, l’autorité administrative encadre strictement la manifestation afin d’assurer son bon déroulement. Le document précise d’abord les horaires retenus : la marche débutera à 15 heures et devra prendre fin à 18 heures, heure à laquelle les participants procéderont à la dislocation. Ces indications visent, selon la préfecture, à garantir la sécurité des marcheurs comme celle des usagers de la voie publique, tout en limitant les perturbations dans une zone particulièrement fréquentée de la capitale.

L’itinéraire autorisé témoigne également d’une volonté de canaliser le cortège dans des axes jugés compatibles avec les impératifs de mobilité urbaine. Les manifestants se rassembleront à la station Oilybia située à la Cité Port, point de départ retenu pour la mobilisation. De là, ils avanceront le long de l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre le rond-point de la Maison du Parti socialiste, un lieu symbolique et souvent associé aux grandes manifestations publiques. Le parcours se poursuivra jusqu’à l’intersection des deux voies du Lycée John Fitzgerald Kennedy, où se tiendra le point d’arrivée et la dislocation de la marche.

Le COIMAS, qui fédère une partie importante des marchands et commerçants du pays, entend par cette action attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment en matière de fiscalité, d’espaces de travail, de régulation des marchés et de protection sociale. Les organisateurs assurent que la marche sera pacifique et respectueuse des consignes préfectorales, dans un climat où la recherche d’un dialogue constructif reste essentielle.

Du côté des forces de l’ordre, un dispositif sécuritaire adapté devrait être déployé afin d’encadrer le cortège, faciliter la circulation et prévenir tout débordement. La préfecture rappelle enfin que toute manifestation autorisée doit se dérouler dans le respect strict des lois et règlements, et que les organisateurs demeurent responsables de la discipline au sein du groupe.

Le FDR dénonce une “comédie politique” et accuse le gouvernement de manipuler l’Assemblée nationale

À la veille de la séance de questions d’actualité prévue ce vendredi 28 novembre 2025, la tension monte entre le gouvernement et l’opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a rendu public, ce jeudi, un communiqué au ton particulièrement virulent, dénonçant ce qu’il qualifie de « nouvelle dérive institutionnelle » imputée à l’exécutif.

Le mouvement d’opposition apporte son « soutien total » aux députés ayant décidé de boycotter la séance parlementaire, qu’ils assimilent à une « comédie politique ». Selon le FDR, la convocation en urgence de cette session ne respecte pas les « usages républicains ». Le texte reproche notamment au gouvernement d’avoir omis d’en débattre en Conseil des ministres, contrairement à la tradition qui veut que les grandes orientations parlementaires y soient préalablement discutées.

Pour le FDR, cette omission n’a rien d’un détail : elle traduirait une volonté du pouvoir de transformer l’Assemblée nationale en « tribune d’un clan ». Le mouvement accuse même le Premier ministre de multiplier les « forfaitures », mettant à mal, selon lui, la crédibilité et la stabilité des institutions garantes de l’équilibre démocratique.

Le communiqué aborde également un second point de friction : la publication du rapport de l’ANSD sur le Rebasing Base 2021. Le FDR se dit « étonné » du silence du gouvernement lors du dernier Conseil des ministres, qui n’a donné aucune explication sur ce document présenté comme stratégique pour l’analyse de la conjoncture économique.

Pour l’opposition, ce rapport aurait dû faire l’objet d’une communication officielle, compte tenu de ses implications majeures sur la planification économique, l’appréciation de la dette, la crédibilité budgétaire et les projections de croissance. Le FDR appelle ainsi l’exécutif à lever le voile sur ce qu’il qualifie de « discrétion surprenante », estimant que les Sénégalais sont en droit d’être pleinement informés, surtout dans une période jugée « économiquement et financièrement délicate ».

En conclusion, le mouvement met en garde contre « l’affaiblissement progressif des contre-pouvoirs » et assure rester mobilisé pour dénoncer toute tentative d’instrumentalisation des institutions. À la veille d’une séance parlementaire annoncée sous haute tension, l’opposition continue de maintenir la pression sur le gouvernement.

Idrissa Seck se rend à Rebeuss : un geste politique fort qui redonne une nouvelle dimension à l’affaire Badara Gadiaga

L’affaire Badara Gadiaga continue de susciter de vifs débats au Sénégal, mais ce mercredi, un événement inattendu est venu renforcer encore davantage sa portée politique et symbolique. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, ancien Premier ministre et l’une des figures majeures de la scène politique nationale, s’est personnellement rendu à la prison de Rebeuss pour rencontrer le chroniqueur incarcéré. Une visite rare, lourde de sens, qui repositionne l’affaire Gadiaga au centre du débat sur les libertés publiques et le traitement réservé aux acteurs de l’espace médiatique.

Arrivé en fin de matinée, Idrissa Seck a été discret mais déterminé. Les services pénitentiaires, visiblement préparés à cette visite de haut profil, l’ont conduit vers une salle réservée aux entretiens particuliers. Selon des sources présentes sur place, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, mais empreinte d’une forte charge émotionnelle. Le président de Rewmi aurait exprimé à Badara Gadiaga son soutien personnel, en insistant sur son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression, qu’il considère comme au cœur de tout État de droit.

Le geste d’Idrissa Seck n’a rien d’anodin. Connu pour son sens aigu de la mesure, sa prudence politique et son refus des sorties impulsives, il se déplace très rarement en prison pour ce type de visite. En se rendant à Rebeuss, il envoie un signal fort : l’affaire Badara Gadiaga n’est plus un simple dossier pénal ou une polémique médiatique passagère. Elle touche à des enjeux institutionnels, politiques et démocratiques majeurs, au point de mobiliser des acteurs qui, jusque-là, observaient la situation avec distance.

Pour de nombreux observateurs, cette visite constitue un tournant dans l’affaire. Elle signifie que le cas Gadiaga dépasse désormais les clivages partisans pour devenir une question de principe, presque un test grandeur nature de la résilience de la démocratie sénégalaise. Certains analystes y voient une mise en garde implicite contre toute tentative d’instrumentalisation de la justice ou de restriction de la parole publique. D’autres estiment que le geste d’Idrissa Seck pourrait encourager d’autres leaders politiques ou personnalités publiques à prendre position de manière plus ouverte.

La présence du président de Rewmi à Rebeuss intervient dans un contexte où les interrogations se multiplient autour du traitement réservé aux journalistes, chroniqueurs et analystes politiques. Dans un paysage médiatique marqué par des tensions croissantes, la détention de Badara Gadiaga est devenue le symbole d’un débat plus large sur la place du discours critique et sur les limites, parfois floues, entre liberté d’expression et responsabilité pénale.

Cette visite, hautement symbolique, renforce donc l’idée que l’affaire Gadiaga est désormais inscrite dans une dynamique nationale qui interroge directement les fondements mêmes de l’État de droit. Elle remet au premier plan les enjeux liés à la protection des voix critiques et au respect des principes démocratiques, dans un pays souvent cité en exemple sur le continent pour sa tradition de liberté et de pluralisme.

Affaire Badara Gadiaga : la Cour d’appel de Dakar fixe une audience décisive pour le 4 décembre

Un nouveau tournant judiciaire s’annonce dans l’affaire opposant le ministère public à Badara Gadiaga. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a fixé une audience pour ce jeudi 4 décembre 2025 à 9h, selon un avis officiel transmis aux avocats concernés. Le recours porte sur l’appel introduit contre l’ordonnance ayant accordé une mise en liberté provisoire assortie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique à l’homme d’affaires.

Dans le document adressé aux conseils de la défense — Maîtres Djiby Diallo, Malick Fall, Abou Alassane Diallo, Alioune Badara Fall, Souleymane Soumaré, El Hadji Diouf, Seydou Diagne et Oumar Youm — la juridiction indique que l’affaire « Ministère public contre Badara Gadiaga » a été régulièrement inscrite au rôle de la Chambre d’accusation pour être appelée à cette date.

Cette audience revêt une importance majeure : elle déterminera si la mise en liberté provisoire accordée à Badara Gadiaga sera confirmée, réformée ou annulée. L’enjeu est donc considérable, puisqu’un retour en détention ou un durcissement des mesures de contrôle judiciaire demeure juridiquement possible, tout comme une confirmation du dispositif actuel.

L’affaire Badara Gadiaga, qui avait déjà suscité de vives réactions dans l’opinion et dans certains milieux économiques, continue ainsi son chemin dans les arcanes judiciaires. Les débats devant la Chambre d’accusation devraient permettre de clarifier plusieurs points contestés, notamment les conditions et fondements du placement sous surveillance électronique, ainsi que la portée exacte de l’ordonnance attaquée.

Les avocats de la défense, particulièrement mobilisés, envisagent cette audience comme une étape déterminante dans la stratégie visant à obtenir l’allègement, voire la levée des mesures restrictives. De son côté, le ministère public entend défendre son appel, estimant que les mesures initiales étaient insuffisantes au regard des faits reprochés.

Madiambal fusille Abass Fall : “Le maire des baudets ne fait que répéter les âneries de Sonko”

Une vive passe d’armes secoue une nouvelle fois la scène politique sénégalaise. Ce mercredi, le journaliste Madiambal Diagne a lancé une réplique cinglante au maire de Dakar, Abass Fall, qu’il accuse d’avoir moqué sa couleur de peau dans une sortie qu’il juge indigne d’un responsable public.

Dans un message sur X, Madiambal charge sans retenue. Il affirme que si Abass Fall avait “un minimum de culture”, il lui aurait rappelé une fable de La Fontaine évoquant Aliboron, symbole d’ignorance et de médiocrité. Mais, selon lui, le maire qu’il qualifie “d’usurpateur” serait “au niveau des baudets” et se contenterait de répéter “les âneries de Sonko”, en référence au Premier ministre.

L’élément qui a mis le feu aux poudres est une pique d’Abass Fall sur le teint de Madiambal, qu’il aurait qualifié de “noirot”. Une insulte que le journaliste juge d’autant plus choquante qu’elle émane, selon lui, de dirigeants d’un parti se réclamant du panafricanisme. “Pathétique, l’élite panafricaniste de Pastef”, a-t-il fustigé.

Gueum Sa Bopp charge la gouvernance : entre accusations de dérives, soupçons de manœuvres politiques et appel à une mobilisation nationale

Le mouvement Gueum Sa Bopp, par la voix de ses cadres réunis au sein de la plateforme « Les Jambaars », a livré ce 25 novembre 2025 une déclaration liminaire particulièrement offensive, dressant un réquisitoire sévère contre le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Entre critiques institutionnelles, interrogations sur la transparence publique, dénonciation d’un agenda politique dissimulé et propositions économiques, la sortie du mouvement a marqué un tournant dans le débat politique national à la veille du face-à-face entre le Premier ministre et les députés prévu ce vendredi 28 novembre à l’Assemblée nationale.

Dès l’entame de la déclaration, les responsables de Gueum Sa Bopp expriment leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « rupture totale entre les engagements pris devant le peuple et la réalité de la gestion actuelle du pays ». Pour eux, moins de deux années après l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement, les signes d’un affaiblissement institutionnel, d’une récession économique et d’un chômage en hausse seraient aujourd’hui visibles et alarmants. Le mouvement accuse l’exécutif d’avoir substitué au programme initial des priorités politiques et électoralistes, décrivant une gouvernance bâtie sur « l’incompétence, l’inexpertise et l’irresponsabilité ».

Dans leur diagnostic, les cadres du mouvement pointent particulièrement les choix de nomination qu’ils jugent hasardeux. Selon eux, les nominations au sein des administrations, des directions nationales ou des conseils d’administration ne répondent plus aux critères de compétence ou d’expérience. Ils évoquent l’arrivée de directeurs « inexpérimentés, parfois anciens stagiaires », de présidents de conseil d’administration « sans qualification reconnue » et de députés « incapables de légiférer ». Pour Gueum Sa Bopp, cette situation a contribué à une bureaucratie coûteuse et inefficace, absorbant une grande partie des finances publiques sans produire de résultats tangibles.

Ce manque d’efficacité serait aggravé, selon eux, par l’absence de transparence. Le mouvement accuse le pouvoir de dissimuler des informations essentielles au public et d’étouffer les demandes légitimes de reddition des comptes. L’affaire liée à la « note de renseignement concernant Madiambal » est citée comme exemple emblématique. Gueum Sa Bopp reproche au gouvernement de ne pas rendre publique cette note évoquée dans le débat national, estimant que « l’information appartient au peuple » et que rien ne justifie une telle opacité dans une démocratie.

Les questions posées par le mouvement touchent plusieurs domaines jugés stratégiques. Sur les ressources naturelles, ils affirment que les Sénégalais ne disposent toujours pas d’informations détaillées et régulières sur les recettes issues du pétrole et du gaz. Sur le train de vie de l’État, ils exigent la publication des dépenses liées à l’usage du jet privé pour les déplacements du Premier ministre, ainsi que la mise à disposition des factures, des missions et des dépenses ministérielles financées par le contribuable.

Pour les cadres du mouvement, le pays se trouve dans une situation économique préoccupante, caractérisée par une dette publique qui compromet la capacité de l’État à investir. Ils affirment que les secteurs clés – agriculture, élevage, pêche – manquent d’intrants, de mécanisation et d’infrastructures, malgré les annonces répétées de réformes. Les réformes administratives présentées par le gouvernement seraient restées, selon eux, au stade du discours, tandis que la masse salariale et les dépenses de fonctionnement explosent au détriment des investissements productifs.

Gueum Sa Bopp accuse également l’exécutif de préparer en coulisses un agenda politique dissimulé visant à restructurer le paysage électoral à son avantage. Ils évoquent une possible dissolution programmée de l’Assemblée nationale en décembre 2026 pour coupler les élections locales de 2027 aux législatives, une stratégie qu’ils qualifient de « conspiration d’État » destinée à verrouiller les échéances électorales de 2027 et 2029. Pour eux, cette approche détournerait le gouvernement de ses responsabilités premières : répondre aux urgences sociales, lutter contre la vie chère, garantir l’emploi et assurer la sécurité nationale.

Face à ce qu’ils décrivent comme un échec de la gouvernance, les responsables du mouvement avancent plusieurs pistes de redressement. Ils estiment que le Sénégal pourrait économiser entre 180 et 240 milliards grâce à une rationalisation administrative réelle, permettant de rediriger ces fonds vers les secteurs productifs. Ils plaident pour une gestion rigoureuse des recettes pétrolières et gazières, un financement renforcé des intrants agricoles, une modernisation de l’élevage et des infrastructures halieutiques, ainsi qu’un soutien massif aux petites entreprises et artisans afin de relancer l’économie.

Le mouvement propose également l’adoption de nouveaux cadres légaux pour renforcer la transparence financière, un contrôle renforcé des marchés publics, une diplomatie économique plus active et la mise en place d’un cadre de suivi public des réformes accompagné d’une commission indépendante d’évaluation de l’action gouvernementale.

Au-delà de la critique, Gueum Sa Bopp appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces de l’opposition à se mobiliser. Du 1ᵉʳ décembre 2025 au 30 avril 2026, le mouvement prévoit une vaste campagne nationale, avec la création de « clubs Jambaars » dans les villages, les quartiers et dans la diaspora. Ces structures auront pour rôle d’animer le mouvement, de sensibiliser la population et de diffuser sa ligne politique. Le slogan choisi, « Dello Sénégal ci kaw » (« Relevons le Sénégal »), ambitionne d’incarner cette dynamique.

Le mouvement annonce également qu’après la séance de vendredi à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle le Premier ministre sera interpellé par les députés, il présentera aux Sénégalais « la vérité des chiffres, la vérité des manœuvres et la vérité des solutions ». Pour Gueum Sa Bopp, la mobilisation citoyenne est désormais indispensable afin de restaurer la confiance dans les institutions et de remettre le pays sur les rails du progrès économique et social.

La déclaration se conclut par un appel solennel à la responsabilité du Président de la République et du Premier ministre, jugée indispensable dans un contexte où la note souveraine du pays se dégrade et où les investissements étrangers connaissent une baisse sensible. Selon Gueum Sa Bopp, le Sénégal traverse un moment charnière où seule une action corrective rapide et transparente pourrait éviter un basculement vers une crise plus profonde.

Université de Saint-Louis : les étudiants suspendent les cours pour 24 heures et menacent de durcir le mouvement

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis est de nouveau secouée par une montée de tension qui fait ressurgir les vieux démons des crises sociales et académiques. Ce mardi 25 novembre, la Coordination des étudiants a décrété un mot d’ordre de suspension totale des activités pédagogiques pour 24 heures, combiné à une Journée sans ticket renouvelable (JST), une mesure souvent utilisée comme levier de pression contre l’administration. Ce débrayage, qui paralyse cours et évaluations, traduit un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué transmis à la presse, les étudiants dénoncent avant tout le retard jugé « inexplicable » dans la régularisation de la situation des boursiers. Ils rappellent que plusieurs étudiants vivent une précarité accentuée par ces retards de paiement, qui affectent le logement, la restauration et même la capacité à poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour eux, l’absence de réponses concrètes malgré des engagements répétés des autorités ne fait qu’aggraver la frustration et la perte de confiance.

Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Coordination pointe également l’immobilisme autour des chantiers du campus social, dont le démarrage effectif se fait toujours attendre. Ces projets, censés améliorer les conditions de vie des étudiants à travers la rénovation des dortoirs, l’augmentation des capacités d’hébergement ou encore la modernisation des infrastructures de restauration, semblent être à l’arrêt. Les étudiants estiment qu’un tel retard est devenu « intenable », alors même que la population estudiantine continue de croître chaque année.

Autre point de crispation : l’accès à une connexion Internet stable et opérationnelle, un besoin désormais essentiel au fonctionnement de l’université. Ils affirment que l’absence d’un réseau performant handicape gravement les activités académiques, qu’il s’agisse de la recherche documentaire, des travaux dirigés en ligne ou des cours hybrides introduits depuis la pandémie. Pour eux, dans une université moderne, l’Internet ne doit plus être considéré comme un luxe mais comme un outil pédagogique fondamental.

Face à ce qu’ils considèrent comme une accumulation de manquements, les étudiants préviennent qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. La Coordination affirme suivre de près les réactions des autorités et n’exclut pas de durcir le mouvement si leurs préoccupations ne sont pas prises en charge dans les plus brefs délais. Une radicalisation du mouvement reste donc possible, au risque de replonger l’UGB dans l’une de ces longues crises qui perturbent régulièrement son calendrier académique.

Alors que les autorités universitaires et étatiques sont attendues pour une prise de position claire, les regards restent tournés vers Saint-Louis, où les étudiants semblent plus déterminés que jamais à faire entendre leurs revendications.

Rebasing 2021 : le Sénégal revoit son PIB à la hausse et améliore ses indicateurs macroéconomiques

Le Sénégal vient d’opérer une révision majeure de ses comptes nationaux, un exercice essentiel pour mieux capter la réalité économique du pays. Dans une publication rendue publique ce 25 novembre 2025, l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) annonce officiellement le passage de l’année de base 2014 à une nouvelle année de référence, 2021. Cette mise à jour, appelée rebasing, consiste à moderniser le système statistique en intégrant les dernières données disponibles, de nouvelles nomenclatures et une méthodologie améliorée de calcul du PIB et des agrégats macroéconomiques.

L’ANSD souligne que cette révision répond à la nécessité de refléter plus fidèlement la structure actuelle de l’économie sénégalaise, profondément transformée ces dernières années par l’essor de nouveaux secteurs, la digitalisation, l’évolution des services et l’amélioration des systèmes d’information économique. L’institution indique ainsi que le changement d’année de base a intégré de nouvelles enquêtes, des sources actualisées et une couverture élargie d’activités jusqu’ici mal mesurées ou insuffisamment prises en compte. Ces améliorations représentent à elles seules plus de onze points sur l’évolution du PIB.

L’impact le plus visible de cette opération est la revalorisation du produit intérieur brut. Avec la nouvelle base 2021, le PIB du Sénégal pour cette année-là est désormais estimé à 17 316 milliards de francs CFA, contre 15 261 milliards selon l’ancienne base 2014. L’économie sénégalaise affiche ainsi une hausse de 13,5 %, soit une revalorisation totale de 2 054,7 milliards de francs CFA. Ce saut statistique ne traduit pas une croissance réelle supplémentaire, mais plutôt une meilleure photographie de l’activité économique. Il permet d’intégrer des branches émergentes et de moderniser la lecture des performances nationales.

La structure de l’économie s’en trouve également remodelée. Le secteur tertiaire, moteur dominant de l’activité, voit son poids progresser sensiblement, passant de 50,5 % du PIB à 53,4 %. Le secteur secondaire, en revanche, se replie légèrement de 23,9 % à 22,6 %, un ajustement qui reflète sans doute une meilleure réévaluation du poids réel de l’industrie et des activités extractives. Le secteur primaire, quant à lui, maintient son importance mais reste relativement stable dans la nouvelle configuration statistique.

Cette révision a également un impact direct sur les principaux indicateurs macroéconomiques du Sénégal. La nouvelle valeur du PIB permet d’améliorer mécaniquement plusieurs ratios utilisés pour évaluer la santé et la soutenabilité de l’économie. Le solde budgétaire global, rapporté au PIB, se redresse en passant de -13,3 % à -11,8 %. Le taux d’endettement public connaît lui aussi un allègement notable, passant de 90,8 % à 80 % du PIB. Cette baisse de dix points renforce la capacité du Sénégal à respecter les critères de convergence régionaux et à présenter une situation budgétaire plus soutenable.

Par ailleurs, le taux de pression fiscale pour l’année 2021 est désormais évalué à 15,9 %, contre 18 % auparavant. Si la pression fiscale semble moins élevée, cela découle surtout de la réévaluation du PIB, et non d’une diminution effective des recettes. Le solde extérieur courant, indicateur clé de la balance des paiements, s’améliore également, passant de -12,1 % du PIB à -10,7 %.

En résumé, ce changement de base opéré par l’ANSD offre une vision plus précise, plus moderne et plus réaliste de l’économie sénégalaise. Il redessine les contours des performances macroéconomiques du pays et repositionne plusieurs indicateurs stratégiques sur des niveaux plus favorables. Cette révision, attendue depuis plusieurs années, constitue un outil essentiel pour la planification économique, la conception des politiques publiques et l’évaluation des objectifs de développement.

Scandale à l’hôpital Dalal Jamm : un marché de 1,454 milliard F CFA au cœur d’irrégularités graves

Un nouveau scandale éclabousse le secteur de la santé publique. Un audit technique commandité par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèle de lourdes irrégularités dans l’exécution d’un marché au Centre hospitalier national Dalal Jamm (CHNDJ). Le projet concernait la construction d’un bâtiment R+2 destiné à accueillir deux unités hautement stratégiques : la greffe de moelle osseuse et la procréation médicalement assistée (PMA), des infrastructures essentielles pour moderniser l’offre de soins au Sénégal.

Le marché avait été attribué, à l’issue d’un appel d’offres restreint, au groupement Sylla Trading Corporation Sarm/Groupe Delta pour un montant initial de 1,119 milliard de F CFA. Pourtant, au fil des mois, le coût final du projet a explosé pour atteindre 1,454 milliard de F CFA, soit une augmentation de plus de 334 millions de francs. Ce surcoût provient d’un avenant signé en avril 2022, censé couvrir des travaux supplémentaires et une prolongation du délai d’exécution.

Cet avenant est précisément au cœur des critiques formulées par les auditeurs du cabinet Adoc SA. Selon leur rapport, une partie substantielle des travaux intégrés dans l’avenant était déjà incluse dans le marché initial. Les experts estiment que 178,4 millions de F CFA correspondent à des tâches qui auraient dû être exécutées dans le cadre du contrat de base et n’avaient aucune raison d’être facturées en supplément. Une anomalie qui interroge profondément sur la transparence de la gestion du projet et les mécanismes de contrôle interne du CHNDJ.

L’audit met également en lumière un retard considérable dans l’exécution du chantier. Alors que les travaux étaient censés durer dix-huit mois, l’équipe d’audit a constaté qu’après trente-trois mois, le bâtiment n’était toujours pas livré. Ce dépassement de délai de neuf mois aurait dû entraîner l’application de pénalités contractuelles à l’encontre de l’entreprise adjudicataire. Pourtant, les auditeurs notent que ces pénalités n’ont jamais été réclamées. Le manque à gagner pour l’hôpital est estimé à 332,7 millions de F CFA. Cette omission renforce les soupçons d’une gestion défaillante ou complaisante de la part de l’autorité contractante.

Le rapport révèle par ailleurs des faits encore plus inquiétants. Les experts ont découvert que des travaux d’une valeur de 63,4 millions de F CFA TTC ont été facturés alors qu’ils n’étaient pas encore réalisés lors de leur visite. Autrement dit, des paiements ont été validés sur des prestations inexistantes, ce qui constitue une violation flagrante des règles de comptabilisation des dépenses publiques. L’équipe d’audit a aussi relevé une surévaluation manifeste des quantités de certains matériaux, gonflant artificiellement le coût total du marché de près de 75 millions de F CFA TTC.

Enfin, autre manquement majeur : l’entreprise chargée des travaux n’aurait jamais fourni la garantie de bonne exécution ni la retenue de garantie pourtant exigées dans tout marché public de cette nature. Ces mécanismes, essentiels pour protéger l’État en cas de malfaçons ou de défaut d’exécution, semblent avoir été purement ignorés.

Au terme de leur mission, les auditeurs du cabinet Adoc SA ont été catégoriques : « le projet est exécuté de manière peu satisfaisante au regard des normes techniques, administratives et générales ». Un constat sévère qui ouvre la voie à des interrogations encore plus profondes : comment un marché aussi sensible a-t-il pu accumuler autant d’irrégularités sans qu’aucune alerte ne soit soulevée ? Pourquoi les organes internes de contrôle du CHNDJ n’ont-ils pas agi ? Et surtout, qui devra répondre de ces manquements ?

À l’heure où le Sénégal s’efforce de moderniser son système de santé et d’améliorer la qualité des infrastructures hospitalières, ce scandale est un signal d’alarme. Il met en lumière l’urgence de renforcer la gouvernance, la transparence et la rigueur dans la gestion des marchés publics, notamment dans un secteur aussi vital que la santé.

FONGIP–Crédit mutuel du Sénégal : un bras de fer judiciaire autour d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard F CFA

Un nouveau contentieux financier éclate au grand jour entre une institution publique stratégique et l’un des plus importants réseaux mutualistes du pays. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) a décidé d’assigner le Crédit mutuel du Sénégal (CMS) en justice afin d’obtenir la restitution d’un dépôt de garantie de 1,5 milliard de francs CFA. Ce montant avait été logé au CMS dans le cadre d’un partenariat signé sous la direction de l’ancienne administratrice générale, Thérèse Faye.

L’affaire plonge ses racines dans la convention signée le 20 avril 2021 entre les deux parties. Ce partenariat s’inscrivait dans la dynamique du programme gouvernemental « Xëyu Ndaw Yi », destiné à stimuler l’accès au financement pour les jeunes et les femmes, considérés comme les cibles prioritaires de la politique d’emploi et d’inclusion économique de l’État. Dans cette logique, le Fongip avait mobilisé un dépôt conséquent, censé servir de garantie aux crédits que le CMS devait accorder aux porteurs de projets éligibles.

Mais le mécanisme prévu exigeait une procédure stricte. Avant de pouvoir bénéficier de la couverture du Fongip, le Crédit mutuel devait transmettre un portefeuille complet de crédits à garantir. Ces dossiers devaient comporter plusieurs éléments essentiels : une demande signée adressée à l’Administrateur général du Fongip, un tableau détaillant l’ensemble des bénéficiaires potentiels, ainsi que le procès-verbal du comité de crédit expliquant l’approbation de chaque financement. Toutes ces pièces devaient être transmises par double canal — courrier physique et version électronique.

Or, selon le Fongip, c’est précisément à ce niveau que le CMS aurait gravement failli à ses obligations. L’institution publique affirme n’avoir jamais reçu un seul dossier complet conforme à la procédure convenue. Elle soutient que ni le tableau des bénéficiaires ni le procès-verbal du comité de crédit n’ont été fournis, rendant impossible tout traitement ou accord de garantie. Le Fongip estime ainsi que « jamais le CMS n’a respecté les procédures de saisine et d’approbation prévues dans le cadre du programme Xëyu Ndaw Yi ».

Conséquence logique, lorsqu’une demande d’indemnisation a été introduite par le Crédit mutuel, le Fongip a émis un avis défavorable. L’article 5 de la convention est clair : aucun remboursement ou déclenchement de garantie n’est possible sans la transmission préalable des dossiers complets et validés. Pour le Fongip, les manquements constatés suffisent à invalider toute demande d’indemnisation de la part du CMS.

Entre les deux institutions, des tentatives de conciliation ont bien eu lieu, mais elles se sont soldées par des échecs successifs. Face à l’impasse, le Fongip estime désormais n’avoir d’autre recours que celui des tribunaux pour récupérer le dépôt de 1,5 milliard de F CFA. Cette décision judiciarisée porte ainsi le différend sur la place publique et pose de nombreuses questions sur la gestion passée du programme, la transparence du partenariat et les responsabilités contractuelles de chaque partie.

Le CMS, de son côté, n’a pour l’instant pas officiellement réagi à cette assignation, mais le dossier promet de susciter de nouveaux débats dans un secteur financier déjà scruté de près depuis plusieurs mois. Au-delà de la bataille juridique, cette affaire met en lumière des enjeux sensibles : l’efficacité des mécanismes de soutien public au financement des jeunes, la rigueur dans l’application des conventions et la gouvernance des institutions partenaires.

Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.

Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.

Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.

Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.

Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.

Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »

La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.

Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.

L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.

Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.

Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.

Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes

Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.

Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.

Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.

Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.

Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.

Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.

Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.

Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.

Décès de Nogaye Thiam : la vice-présidente de l’ONDH évoque l’homicide involontaire et la non-assistance à personne en danger

L’affaire Nogaye Thiam continue de susciter colère, indignation et incompréhension au Sénégal. Alors que l’émotion reste vive après la découverte de la jeune femme morte dans la maison de sa belle-famille, près de quarante-huit heures après son décès, les voix s’élèvent désormais pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires. Parmi elles, celle de Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), qui appelle à ce que la justice prenne ses responsabilités face à ce drame aux contours encore troublants.

Selon la juriste, la gravité des faits révélés impose que « le mari de la victime ainsi que tous les membres de la belle-famille soient mis en examen pour homicide involontaire », sur la base de l’article 307 du Code pénal. Cette disposition punit toute personne ayant causé la mort d’autrui par imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Me Samb estime également que la non-assistance à personne en danger pourrait être retenue contre les mêmes individus, conformément à l’article 341 du Code pénal, qui réprime le fait de s’abstenir volontairement de porter secours à une personne en péril. Les peines encourues, souligne-t-elle, vont d’un à cinq ans d’emprisonnement.

L’avocate dit attendre du Procureur de la République, désormais officiellement saisi du dossier, qu’il prenne des mesures rapides et concrètes pour garantir que justice soit rendue. Elle martèle que le pays ne doit pas fermer les yeux sur de telles dérives familiales, qui soulèvent des questions profondes sur la protection des femmes, la solidarité au sein des foyers et la responsabilité morale face à des personnes vulnérables.

Le drame, rappelons-le, a éclaté à la suite d’une vidéo rendue publique par la grande sœur de la victime, l’influenceuse Adja Makeup, qui a révélé les détails glaçants de la situation. Nogaye Thiam aurait été retrouvée morte dans sa chambre, dans la maison qu’elle partageait avec son époux — également son cousin — et le reste de sa belle-famille, à Yoff. Le corps n’aurait pas été découvert avant près de deux jours. Durant tout ce temps, son bébé d’un an et demi serait resté auprès d’elle, tentant tant bien que mal de se nourrir en cherchant sa mère, dans une scène dont la violence psychologique a profondément choqué l’opinion.

Ces révélations ont déclenché un torrent de réactions et mis en lumière les zones d’ombre entourant les circonstances du décès. De nombreuses interrogations subsistent sur l’absence de vigilance dans le foyer, les tensions familiales évoquées par certains proches, et le silence qui aurait entouré les difficultés conjugales de la jeune femme. Les internautes, organisations féministes et défenseurs des droits humains réclament une enquête transparente, estimant qu’un tel drame ne peut être rangé au simple rang des faits divers.

L’affaire Nogaye Thiam, au-delà de sa dimension humaine et tragique, met en lumière la nécessité urgente de renforcer la protection des femmes au sein de la cellule familiale et de sensibiliser l’opinion sur les dérives des violences psychologiques, de l’isolement et de l’indifférence. Pour beaucoup, ce drame doit marquer un tournant dans la manière dont la société sénégalaise traite les violences silencieuses, celles qui ne laissent parfois aucune trace visible mais brisent des vies.

Pikine Icotaf : un présumé trafiquant arrêté avec 21 pierres de crack

Une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (BRS), unité relevant de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation d’un individu suspecté d’être impliqué dans un réseau de trafic de crack à Pikine Icotaf. L’interpellation a eu lieu le 20 novembre 2025, à proximité du marché Syndicat, un point de convergence souvent surveillé en raison de la forte affluence et des activités illicites qui peuvent s’y développer.

Selon les informations publiées par la Police nationale, cette intervention fait suite à un renseignement jugé fiable, faisant état de l’existence d’un réseau actif de distribution de drogue dure dans le secteur. Les enquêteurs ont immédiatement mis en place une équipe spécialisée, chargée de vérifier l’alerte et d’observer les allées et venues suspectes dans la zone.

C’est dans ce contexte qu’un homme présentant une attitude jugée inhabituelle a attiré l’attention des agents. Il a été appréhendé et soumis à une fouille corporelle. Les policiers ont alors découvert dix-huit pierres de crack soigneusement emballées dans un sachet, dissimulé dans la poche droite de son pantalon. Conformément aux procédures, les enquêteurs ont ensuite procédé à une perquisition à son domicile, où trois autres pierres de crack ont été retrouvées.

La fouille du logement a également permis de mettre la main sur six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, souvent utilisés dans ce type de trafic pour limiter les risques de traçabilité. Du matériel de conditionnement a été saisi, notamment une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du scotch, confirmant l’hypothèse d’une activité de préparation et d’emballage de drogue. Une somme d’argent, dont le montant n’a pas été précisé, a également été découverte, laissant penser à des transactions en cours.

L’individu interpellé a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue dure, en l’occurrence le crack, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la lutte quotidienne menée par les forces de l’ordre contre les réseaux de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones urbaines de Dakar.

La Police nationale a rappelé, à travers cette opération, sa détermination à démanteler les circuits de distribution et à neutraliser les acteurs de ce trafic qui touche de nombreuses familles et alimente une criminalité préoccupante dans la capitale.

Me Moussa Bocar Thiam réplique à l’UMS et maintient ses accusations contre le magistrat Idrissa Diarra

L’ancien ministre et maire de Ourossogui, Me Moussa Bocar Thiam, n’a pas attendu 24 heures pour répondre au communiqué publié par l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) dénonçant sa saisine de l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire (IGAJ). Dans sa réaction, Me Thiam reproche à l’UMS de ne l’avoir ni interpellé ni informé l’Ordre des avocats avant de rendre public son communiqué.

Le maire de Ourossogui souligne qu’il « n’appartient pas à l’UMS d’apprécier l’opportunité, la recevabilité ou le bien-fondé d’une dénonciation qui ne lui est pas adressée » et que l’IGAJ est parfaitement compétente pour examiner les plaintes dans le cadre de l’article 3 de la loi 98-23 du 26 mars 1998.

Me Moussa Bocar Thiam maintient fermement ses reproches à l’encontre du magistrat Idrissa Diarra, qui avait été présenté par l’UMS comme irréprochable. Selon l’ancien ministre, ce magistrat « maintient en prison un homme agonisant et même la femme du journaliste Madiambal Diagne en chaise roulante et mourante ». Ces comportements, qualifiés d’intuitu personae, constitueraient « un manquement aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité de ses fonctions », des manquements relevés par plusieurs organisations de la société civile et même par le Conseil national des droits de l’homme.

Me Thiam précise qu’il compte multiplier les démarches pour dénoncer ces pratiques : il indique qu’il saisira la chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi que la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO afin de dénoncer les traitements inhumains et dégradants infligés abusivement à des personnes présumées innocentes. Il insiste sur le fait que « la seule et unique personne décriée est le magistrat Idrissa Diarra et personne d’autre », ajoutant que « la solidarité de corps est inopérante puisqu’aucun magistrat ne fait siens les agissements de Monsieur Idrissa Diarra ». Dans ce contexte, il interpelle également l’Ordre des médecins, l’Ordre des avocats, les organisations de protection des droits de l’homme et l’International Association of Lawyers (UIA).

Dans sa réponse à l’UMS, Me Thiam précise qu’il ne s’adresse ni au corps des magistrats, ni à l’association, encore moins à l’institution judiciaire, qu’il dit respecter profondément. Il conclut en affirmant qu’il « voue un respect infini à ce corps et s’incline devant certains qui se sentent affectés par [ses] propos ».

L’ancien ministre critique également le silence de l’UMS face aux déclarations du leader politique Ousmane Sonko, le 8 novembre 2025, qui avait accusé les magistrats de « saborder le travail du pool judiciaire et financier » et appelé l’État à « nettoyer la justice dont certains s’opposent à sa personne », portant ainsi atteinte au Conseil Constitutionnel, à la Cour Suprême et à la Cour d’Appel. Selon Me Thiam, les magistrats Maham Diallo et feu Samba Fall avaient été également visés par ces propos injurieux, mais l’UMS était restée « muette, ratant l’occasion de rappeler à l’ordre quelqu’un qui jette un discrédit notoire sur l’institution judiciaire ».

Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.

Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».

L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.

L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».

Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.

Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain

Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.

Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.

Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.

L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.

Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.

L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.

Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.

Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.

Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées

Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».

Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.

Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.

La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.

Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.

La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.

Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.

CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique

Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.

Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.

Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.

Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.

Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.

Séries d’auditions au PJF : Waly Seck, le fils d’Amadou Ba, les frères de Farba Ngom et plusieurs personnalités convoqués

Le Pool judiciaire financier (PJF) s’apprête à vivre une fin d’année sous haute intensité avec une nouvelle vague d’auditions au fond visant plusieurs personnalités impliquées dans des dossiers sensibles de détournement présumé, blanchiment de capitaux et malversations financières. Selon des informations rapportées par la RFM, le calendrier des convocations s’étend du 21 novembre au 4 décembre 2025 et touche aussi bien des figures politiques que des célébrités du monde culturel et économique.

La convocation la plus médiatisée concerne le chanteur Waly Seck, attendu le 2 décembre devant le premier cabinet du PJF. Cette audition s’inscrit dans le vaste dossier ouvert par la CENTIF portant sur un flux financier évalué à 5,5 milliards de FCFA. Dans cette affaire, plusieurs noms circulent, dont celui d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Waly Seck, initialement placé sous mandat de dépôt, avait retrouvé la liberté après le versement d’une caution de plus de 210 millions de FCFA. Cette audition au fond pourrait déterminer la suite judiciaire de son dossier.

Dès le lendemain, le 3 décembre, l’attention se portera sur Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba. Détenu depuis plusieurs mois dans une affaire liée à la gestion d’une société immobilière qu’il co-dirigeait avec Amadou Sall, il devra répondre aux questions du juge du premier cabinet. Son chauffeur, Cheikh Tidiane Seck, également mis en cause dans cette même affaire, sera à son tour entendu le 4 décembre. Les enquêteurs soupçonnent ce dernier d’implication dans des opérations de blanchiment de capitaux.

La pression judiciaire se poursuit également dans le dossier explosif des 125 milliards de FCFA, qui a conduit à l’incarcération du maire des Agnam, Farba Ngom. Deux frères de ce dernier, Ismaïla et Birame Ngom, sont convoqués respectivement les 21 et 24 novembre pour être interrogés au fond. Leur rôle dans ce vaste scandale financier est scruté de près, les enquêteurs cherchant à clarifier les circuits financiers et les responsabilités.

Dans le secteur privé, l’homme d’affaires Mamadou Racine Sy, figure influente du paysage économique sénégalais, est lui aussi attendu au PJF. Il devra se présenter le 28 novembre devant les enquêteurs chargés de démêler les ramifications de cette affaire tentaculaire qui touche plusieurs segments de la sphère politico-financière.

Ces convocations s’inscrivent dans un contexte où, depuis le 19 septembre 2025, plusieurs protagonistes ont déjà été placés sous mandat de dépôt pour des chefs d’accusation graves, parmi lesquels association de malfaiteurs, escroquerie financière et blanchiment de capitaux. Le PJF semble déterminé à accélérer le rythme des investigations afin de faire avancer plusieurs dossiers restés en suspens.

À mesure que ces auditions s’enchaînent, l’opinion publique suit avec attention l’évolution de ces enquêtes, qui mettent en lumière l’ampleur des dérives financières imputées à certaines personnalités influentes. Les prochaines semaines seront décisives pour comprendre les responsabilités de chacun et mesurer la portée des poursuites qui pourraient suivre.

Affaire Didier Badji et Fulbert Sambou : trois ans après, les familles réclament vérité, justice et prise en charge des orphelins

Trois ans se sont écoulés depuis la disparition tragique et inexpliquée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, survenue en novembre 2022. Pourtant, pour leurs familles, le temps n’a rien apaisé : ni la douleur, ni les interrogations. Réunies en conférence de presse ce mardi 18 novembre 2025, elles ont une nouvelle fois appelé les autorités à faire toute la lumière sur ce dossier devenu, selon elles, « un gouffre d’incompréhensions et de souffrances ».

Dès l’ouverture de la rencontre, le Dr Alexe Nicodème Tabar, membre du comité de gestion de crise, a exprimé avec émotion le désarroi de proches qui, trois ans plus tard, se battent encore pour obtenir des réponses. Il a rappelé que l’enquête, longtemps restée au point mort, n’a avancé que récemment avec l’inculpation d’un suspect. Une évolution jugée insuffisante et même incohérente par les familles. « Cela fait trois ans que nous attendons de connaître la vérité. Trois ans que nous espérons qu’on nous explique ce qui s’est réellement passé. Aujourd’hui, on nous annonce qu’une personne a été inculpée pour le meurtre de nos frères. Nous lançons un cri de cœur au peuple sénégalais et au monde entier : cette situation n’est plus supportable », a-t-il déclaré.

Pour le Dr Tabar, cette arrestation ne peut en aucun cas solder l’affaire. Il estime qu’un seul individu ne saurait être responsable de la disparition de deux militaires aguerris, formés, ayant servi dans des missions sensibles. « On nous dit que c’est lui qui a tué. Soit. Mais avec qui ? Qui sont les complices ? Quel était le mobile ? Qui a commandité cet acte ? Ce monsieur seul ne peut pas éliminer deux gendarmes surentraînés ayant servi dans plusieurs théâtres d’opérations. C’est impossible », martèle-t-il, exigeant que l’enquête explore les pistes ignorées jusqu’ici.

L’une des demandes les plus poignantes concerne le corps de Didier Badji, jamais retrouvé. Pour sa famille, cette absence représente une douleur supplémentaire. « Cela fait trois ans que nous n’avons aucune trace de son corps. Nous voulons pouvoir lui offrir des funérailles dignes. Nous attendons que la justice clarifie enfin cette question », poursuit le Dr Tabar, soulignant que l’absence de dépouille empêche tout travail de deuil.

Le climat de frustration est également alimenté par ce que les familles qualifient d’« indifférence totale » sous le précédent régime. Alain Diédhiou, autre membre de la famille, a dénoncé une gestion qu’il juge « irresponsable » de la part des autorités de l’époque. « Didier Badji et Fulbert Sambou appartenaient à des unités stratégiques de la gendarmerie. Malgré cela, ni l’armée, ni la gendarmerie, ni même celui qui était au pouvoir, l’ancien président Macky Sall, ne se sont réellement intéressés à leur disparition. La thèse de la noyade, que nous avons écartée dès le début, a finalement été invalidée : la justice parle désormais d’assassinat », a-t-il déploré.

Toutefois, les familles se disent désormais encouragées par l’attitude du nouveau régime, qu’elles jugent plus réceptif. Elles affirment avoir été reçues à plusieurs reprises et notent une volonté de faire avancer l’enquête. « L’ancien pouvoir a ignoré l’affaire. Aujourd’hui, le régime en place nous reçoit et montre une volonté d’avancer. Nous demandons l’implication du président de la République et du Premier ministre, ainsi que la prise en charge de nos préoccupations », a insisté Alain Diédhiou.

Au-delà des questions de justice, un volet humain et social particulièrement lourd subsiste : celui des enfants laissés derrière. Les deux gendarmes étaient pères de famille, et leurs disparitions ont plongé leurs foyers dans une extrême précarité. Les proches ont décrit une situation alarmante, notamment pour les enfants de Didier Badji, qui ont également perdu leur mère depuis. « Nous devons leur envoyer de l’argent pour leurs besoins de base. Les autorités doivent impérativement prendre en charge ces orphelins qui ne bénéficient d’aucun soutien. Les deux hommes ont servi l’État avec loyauté, ils ne méritent pas que leurs enfants soient abandonnés », ont-ils plaidé.

Trois ans après les faits, l’affaire Badji-Sambou reste un dossier douloureux, symbolique et encore largement opaque. Pour les familles, la vérité n’est pas seulement un droit : elle constitue une réparation morale indispensable pour tourner la page. Elles réclament une enquête approfondie, des réponses claires, et une intervention urgente pour soutenir les orphelins laissés sans protection. Jusqu’à ce que justice soit faite, elles promettent de poursuivre le combat.

FILIÈRE BANANES : Le gel des importations tourne au fiasco

La stratégie mise en place pour favoriser la commercialisation des bananes produites au Sénégal n’a pas atteint ses objectifs. Le gel des importations, décidé après le Conseil interministériel d’avril et mis en œuvre par l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) avec les acteurs de la filière, devait permettre d’écouler l’intégralité de la production locale. Mais sur le terrain, l’opération s’est rapidement heurtée à la réalité.
Pour 2025, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage annonçait une récolte de 112 000 tonnes. Une surproduction récurrente, notamment entre septembre et novembre, accentue chaque année les pertes, souvent supérieures aux importations. Dans ce contexte, l’ARM, le CORPROBAT et les commerçants-importateurs avaient signé, le 18 août 2025, un protocole prévoyant la livraison de 500 tonnes de bananes par semaine, soit cinq camions par jour. Ces cargaisons, trois camions de bananes en cageots et deux en cartons, devaient alimenter les marchés de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Thiès, Mbour et Touba, avec paiement comptant ou par virement sous 48 heures.
Mais la mise en œuvre a rapidement mis en lumière les limites de la production locale. Les commerçants déplorent une qualité jugée insuffisante : des bananes trop fragiles, incapables de supporter les longs trajets. Le fruit, très périssable, ne peut être conservé au-delà d’une semaine sans se détériorer. Or, les producteurs ne disposent pas de chambres froides ni de moyens d’évacuation rapides, transférant entièrement les coûts de stockage sur les commerçants.
Conséquence directe : une chute brutale de l’activité des importateurs et des vendeurs de bananes et fruits. Les pertes se chiffrent en centaines de millions de francs CFA, alors que le marché local s’est retrouvé confronté à une rupture d’approvisionnement, à une baisse de la qualité des produits et même à un déficit de bananes. Un paradoxe révélateur de l’échec de la mesure.
Les professionnels de la filière réclament désormais la reconnaissance officielle des pertes subies, le soutien financier de l’Etat et des compensations, la mise en place de mécanismes de coopération agricole et commerciale plus efficaces, la collaboration renforcée avec les pays voisins producteurs de bananes ainsi que la levée de la mesure de gel des importations.
Malgré l’urgence, les acteurs restent dans l’attente d’une prise de position des autorités. Le ministre de l’Industrie et du Commerce comme le directeur général de l’ARM n’ont, jusqu’ici, apporté aucune réponse. « Si rien n’est fait pour trouver rapidement des solutions, on risque d’assister à un effondrement de la filière bananes », alerte l’agriculteur Thiébé Haby Belel Sow.

Le Dakarois

Sénégal : les eurobonds reculent après une troisième dégradation de la note souveraine par S&P Global Ratings

Les marchés financiers ont de nouveau réagi négativement à la situation budgétaire du Sénégal. Ce lundi, les obligations en dollars émises par l’État sénégalais ont enregistré un recul notable après que l’agence de notation internationale S&P Global Ratings a abaissé, pour la troisième fois en 2025, la note souveraine du pays, désormais classée à CCC+, soit sept niveaux en dessous de la catégorie « investment grade ». Cette décision, annoncée vendredi dernier, reflète selon l’agence une fragilité persistante des finances publiques, exacerbée par l’absence d’un programme d’appui financier officiel pleinement opérationnel.

Les eurobonds sénégalais arrivant à échéance en 2048 ont ainsi perdu 0,89 cent pour se négocier autour de 58,06 cents sur le dollar, figurant parmi les titres les plus en baisse sur les marchés émergents. Les obligations venant à maturité en 2033 ont également reculé pour atteindre 62,94 cents, signe que la confiance des investisseurs reste sous tension malgré les engagements affichés par les autorités.

Dans son analyse, S&P Global Ratings justifie cette nouvelle dégradation par un déséquilibre financier jugé préoccupant, notamment un niveau d’endettement élevé et une charge d’intérêts particulièrement lourde pour l’État. Selon l’agence, les mesures actuelles visant à stimuler la croissance et à renforcer la mobilisation fiscale, bien que significatives, ne suffisent pas, en l’absence d’un programme d’appui multilatéral crédible, à restaurer la soutenabilité financière dans un horizon proche.

La crise de confiance actuelle trouve son origine dans la suspension, l’an dernier, du programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Cette suspension est intervenue après la découverte d’un volume de dette estimé à 7 milliards de dollars, jusque-là non inscrit dans les déclarations officielles, et attribué à l’ancienne administration. Depuis lors, le gouvernement sénégalais tente de renégocier un nouvel accord avec le FMI, mais les discussions semblent progresser lentement, dans un contexte où les engagements budgétaires affichés apparaissent difficiles à tenir.

L’économiste Jacques Nel, responsable de l’analyse macroéconomique pour l’Afrique au sein du cabinet Oxford Economics, estime que le Sénégal fait face à une équation budgétaire complexe. Alors que les autorités prévoient une réduction rapide du déficit, passant de 5,4 % du PIB dès 2026 à 3 % en 2027, S&P juge ces projections irréalistes et anticipe plutôt un déficit de 8,1 % en 2026 et 6,8 % en 2027. Cet écart notable entre objectifs politiques et estimations techniques renforce la perception d’incertitude parmi les investisseurs internationaux.

Cette nouvelle dégradation représente un signal d’alerte supplémentaire pour Dakar, dont l’accès aux marchés internationaux pourrait être davantage restreint, avec des coûts d’emprunt en hausse et une exposition accrue au risque de refinancement. Elle intervient également à un moment où le gouvernement multiplie les efforts diplomatiques, financiers et institutionnels pour rétablir sa crédibilité, rassurer les partenaires internationaux et relancer la dynamique économique nationale.

La suite dépendra en grande partie de deux leviers : la conclusion d’un nouvel accord stabilisateur avec le FMI et la mise en œuvre concrète, soutenue et cohérente des réformes budgétaires annoncées.

Affaire à suivre de très près…

Souveraineté numérique : Thierno Alassane Sall alerte sur des risques liés à la gestion de SENUM S.A et interpelle le gouvernement

L’ancien ministre et député à l’Assemblée nationale, Thierno Alassane Sall, a adressé une question écrite au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, portant sur de graves préoccupations liées à la souveraineté numérique du Sénégal. Dans son document daté du 27 octobre 2025, il exprime des inquiétudes concernant les pratiques observées au sein de Sénégal Numérique S.A. (SENUM S.A), structure remplaçante de l’Agence de l’Informatique de l’État (ADIE) depuis décembre 2021.

Selon le parlementaire, cette société, chargée de la mise en œuvre de la politique d’informatisation de l’État et de la gestion des infrastructures numériques nationales, occupe aujourd’hui un rôle stratégique compte tenu de l’évolution géopolitique, sécuritaire et technologique du pays. Thierno Alassane Sall rappelle que le Sénégal, désormais classé parmi les pays producteurs d’hydrocarbures et partageant une partie de ses frontières avec des zones d’instabilité terroriste, est fortement exposé aux risques de cyberattaques, de cyberespionnage et de manipulations numériques. L’intégrité des données nationales, des services étatiques ainsi que la sécurisation des infrastructures numériques devient donc, à ses yeux, une priorité absolue.

Il dénonce dans ce contexte l’intervention de DIG DASH, une entreprise française, qui aurait été sollicitée par SENUM S.A. dans des conditions jugées opaques et contraires aux règles de passation des marchés publics. Selon les éléments qu’il affirme avoir reçus, cette firme aurait potentiellement eu accès à des données sensibles de l’État, ce qu’il considère comme une menace réelle pour la confidentialité des informations stratégiques nationales. Le député soulève également la possibilité d’installation de systèmes suspects, tels que des backdoors, permettant un accès clandestin à distance aux données gouvernementales comme aux données personnelles des citoyens.

Au-delà des risques techniques, Thierno Alassane Sall pointe du doigt des défaillances de gouvernance interne, estimant que cette situation ne serait jamais survenue si le Conseil d’administration et la Direction générale de SENUM S.A. fonctionnaient de manière optimale, transparente et conforme aux standards de sécurité en matière de souveraineté numérique. Il souligne la disponibilité de compétences nationales capables d’assumer les missions confiées à l’entreprise, remettant ainsi en cause la nécessité d’un recours à des expertise externes, notamment étrangères, dans des domaines aussi sensibles.

Le député rappelle également que les solutions logicielles souscrites auprès de DIG DASH sont pourtant déjà couvertes dans le contrat-cadre liant l’État du Sénégal à Microsoft, incluant Power BI et MS Project, ce qui interroge sur une éventuelle duplication ou irrégularité dans les acquisitions.

Face à la gravité des faits évoqués, Thierno Alassane Sall demande au ministre de fournir des clarifications détaillées sur la justification juridique et contractuelle de l’intervention de DIG DASH, les mesures de sécurité prises pour protéger les données gouvernementales ainsi que les initiatives entreprises afin d’améliorer la gouvernance, la transparence et la performance de SENUM S.A.

Pour lui, renforcer l’implication des ressources humaines locales et garantir des processus de passation de marchés stricts et clairs est indispensable pour éviter toute atteinte à l’intégrité numérique nationale.

Affaire à suivre…

Hamidou Anne alerte sur la fragilisation de la démocratie au Sénégal et dans le monde

Invité au « Jury du dimanche » sur Iradio, Hamidou Anne, essayiste et désormais membre de l’Alliance Pour la République (APR), a livré un constat particulièrement préoccupant sur l’avenir de la démocratie, qu’il estime en pleine régression à l’échelle mondiale. Selon lui, le Sénégal n’échappe pas à cette tendance inquiétante.

Pour Hamidou Anne, la démocratie traverse sa plus grande crise depuis trois décennies. Il rappelle une vérité fondamentale : « La démocratie n’est jamais achevée. Elle est toujours en sursis. » Ce constat l’amène à observer un affaiblissement généralisé des systèmes démocratiques dans le monde. En Europe, la montée du populisme et la tentation d’un discours autoritaire menacent l’équilibre institutionnel. Dans plusieurs régions, le durcissement des régimes et l’affaiblissement du multilatéralisme alimentent cette régression.

En Afrique de l’Ouest, l’essayiste pointe du doigt l’engouement d’une partie de la jeunesse pour les coups d’État militaires, citant notamment les exemples récents au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais selon lui, le danger le plus insidieux ne réside pas dans les putschs, mais dans la montée des régimes populistes. Ces derniers, estime-t-il, sont plus dangereux car ils détruisent progressivement les contre-pouvoirs, souvent par des moyens légaux, ce qui peut conduire à une démocratie illibérale sans que les citoyens en prennent conscience.

Interrogé spécifiquement sur le Sénégal, Hamidou Anne évoque des « signaux faibles » de fragilisation démocratique. Il mentionne les appels à l’intervention de l’armée, les violences politiques, les crispations institutionnelles, ainsi que certaines procédures judiciaires controversées. Il attire également l’attention sur la fragilité des libertés individuelles. « Le danger, c’est que les citoyens se réveillent un jour et découvrent qu’ils ne vivent plus en démocratie », avertit-il.

Pour prévenir ce scénario et protéger le pays, Hamidou Anne plaide pour un triple effort. Il insiste d’abord sur le renforcement de l’éducation nationale, qu’il considère comme le socle de tout État moderne. Ensuite, il préconise la modernisation du « logiciel démocratique », encore marqué selon lui par les dérives héritées des régimes précédents. Enfin, il appelle à une défense renforcée des institutions, seules garantes de la stabilité et du respect des principes démocratiques.

Crise politique au Sénégal : l’analyse sans détour de Youssou Diallo sur le bras de fer Faye-Sonko

La récente tension entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko suscite une attention particulière dans le paysage politique sénégalais. Pour Youssou Diallo, président du Club Sénégal Émergent, invité ce dimanche 16 novembre sur l’émission Face au jury sur PressAfrik Tvhd, cette crise dépasse largement le cadre d’une simple divergence personnelle. Elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique historique complexe des relations entre les deux têtes de l’exécutif.

Selon M. Diallo, la résolution de ce différend ne passe pas nécessairement par une médiation externe. Il rappelle que la Constitution sénégalaise établit un principe hiérarchique clair : l’autorité du Président de la République doit primer sans compromis au sein du gouvernement. En cas de blocage, le lieu légitime pour des négociations devient l’Assemblée nationale, où le parti de Sonko, Pastef, détient la majorité. Dans le cadre d’une crise institutionnelle majeure, le chef de l’État dispose par ailleurs de pouvoirs constitutionnels étendus, conformément à l’article 52, qui lui permettent de dissoudre l’Assemblée ou de limoger le Premier ministre, voire le gouvernement, par ordonnance.

L’analyste est resté prudent sur le lien exact entre la récente audience de la présidente du Conseil constitutionnel et cet article, mais il considère que le président Faye a marqué un point décisif en désavouant publiquement et de manière inattendue son Premier ministre. Il interprète les précédentes déclarations de Sonko sur le « Parti-État » comme une attaque voilée contre le président. La réaction immédiate de Diomaye Faye, consistant à nommer Aminata Touré à la tête de sa coalition sans passer par un décret officiel, est analysée par M. Diallo comme une manœuvre politique stratégique, qui a visiblement mis Sonko dans une position délicate, le poussant à un silence surprenant.

L’analyste dénonce également le « congé » auto-déclaré par Sonko pour justifier son absence au Conseil des ministres, qualifiant cet acte d’« abandon de poste », et rappelant que seul le président, en tant qu’autorité hiérarchique, est habilité à accorder un congé. La contradiction entre cette absence officielle et sa participation simultanée à un meeting politique et à une partie de football est perçue comme une provocation directe envers l’exécutif. Pour M. Diallo, le rôle de Premier ministre exige une loyauté sans faille envers le Président, qualité que Sonko ne semble pas posséder. Il juge que Sonko serait davantage à sa place à l’Assemblée nationale qu’à la tête du gouvernement.

Au-delà des enjeux politiques, Youssou Diallo dresse un bilan économique sévère. Selon lui, le duo Faye-Sonko est arrivé au pouvoir sans une maîtrise suffisante de la situation économique nationale. Les déclarations jugées intempestives du Premier ministre, notamment sur une « dette cachée » et sur une baisse imminente des prix du carburant et de l’électricité, auraient, selon l’analyste, saboté les négociations avec le FMI et contribué à la dégradation de la note souveraine du pays. Pour M. Diallo, Ousmane Sonko représente « l’un des plus grands problèmes institutionnels et économiques du Sénégal » et sa démission permettrait, selon lui, une amélioration immédiate de la confiance des marchés. Il alerte également sur l’augmentation « alarmante » du niveau d’imposition, critiquée par le FMI, qui, selon lui, freine la reprise économique du pays.

Face aux attaques contre la Justice, l’UMS riposte et annonce une série de mesures

L’Union des magistrats sénégalais (UMS) hausse le ton. Confronté à des attaques répétées visant tant les magistrats que l’institution judiciaire elle-même, le Bureau exécutif de l’organisation a décidé d’engager une série de mesures pour défendre la profession et rétablir la confiance. Dans une note rendue publique ce vendredi 14 novembre 2025, l’UMS évoque « une démarche concertée avec la hiérarchie judiciaire afin d’adopter une stratégie de communication jugée adaptée au climat actuel ».

Avant de retenir ses premières actions, l’organisation affirme avoir saisi officiellement le Président de la République à travers un courrier, signe de la gravité accordée à cette situation et de la volonté d’obtenir un soutien institutionnel au plus haut sommet de l’État. Parmi les premières initiatives annoncées figure une intervention médiatique : le Bureau exécutif participera à l’émission « Point de vue » sur RTS 1, ce dimanche 16 novembre à 14 heures. Cette apparition vise à apporter des éclairages, répondre aux interpellations du public et clarifier les enjeux qui agitent le débat national depuis plusieurs jours.

L’UMS invite également l’ensemble des magistrats à renforcer leur cohésion interne et à préserver la solidarité qui caractérise traditionnellement leur corps. Dans un contexte où la justice fait l’objet d’une pression croissante, l’organisation insiste sur la nécessité de protéger la magistrature et de défendre les valeurs fondamentales qui la fondent.

Face à la montée des critiques, cette sortie marque un tournant. L’UMS entend désormais adopter une communication plus ferme et structurée pour rappeler le rôle central de la justice dans l’État de droit, tout en appelant à un climat d’apaisement et de respect des institutions.

Finances publiques : Dakar lève 99 milliards FCFA sur le marché régional et franchit la barre des 2 000 milliards mobilisés en 2025

Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.

Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.

Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.

Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.

La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.

En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.

Sénégal : la crise politique entre Diomaye et Sonko éclipse les discussions cruciales avec le FMI sur la « dette cachée »

Alors que le Sénégal tente de rassurer ses partenaires financiers après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées laissées par l’ancien régime, une crise politique au sommet de l’État vient assombrir les perspectives des discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Les tensions, longtemps évoquées en coulisses entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont éclaté au grand jour cette semaine, faisant craindre un affaiblissement de la cohésion gouvernementale à un moment critique.

La rupture est apparue lorsque le parti Pastef, dirigé par Sonko, a rejeté la décision du chef de l’État de prendre la tête de la coalition politique élargie qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2024. Ce refus a mis en évidence une rivalité jusque-là contenue, alimentée par des visions divergentes sur la conduite économique et politique du pays. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu immédiat dépasse la simple querelle interne : il s’agit désormais de savoir si l’exécutif possède encore la stabilité suffisante pour mener les réformes complexes exigées par les partenaires financiers.

« La crise de la dette est passée au second plan et c’est la crise politique qui est devenue la priorité », analyse Ousmane Ndiaye, politologue basé à Paris et spécialiste du recul démocratique en Afrique. Cette impasse survient alors que le FMI a suspendu l’année dernière un programme de 1,8 milliard de dollars et que le pays cherche désespérément à rétablir sa crédibilité budgétaire après la révélation du passif caché de l’ancien pouvoir.

L’incertitude a été accentuée par les récentes déclarations d’Ousmane Sonko, qui a publiquement rejeté l’idée d’une restructuration de la dette lors d’un rassemblement à Dakar. Ses propos ont immédiatement pesé sur les marchés : les eurobonds sénégalais ont reculé, avant de se stabiliser légèrement lorsque le FMI a annoncé que les discussions se poursuivraient dans les prochaines semaines et qu’une nouvelle analyse de viabilité de la dette était en cours de finalisation. Les rendements restent toutefois nettement plus élevés qu’avant l’intervention de Sonko, signe d’une nervosité persistante.

Selon plusieurs experts, l’opposition du Premier ministre à une restructuration de la dette traduit la volonté de tenir sa promesse électorale de préserver la « souveraineté économique » du pays. Pour Amaka Anku, directrice Afrique chez Eurasia Group, cette posture s’explique par la crainte que le Sénégal devienne dépendant d’un financement extérieur conditionné par le FMI. Mais cette ligne politique risque de renforcer au sein de l’institution les doutes sur la capacité du gouvernement à adopter les mesures budgétaires nécessaires, notamment la réduction des dépenses publiques.

Eurasia estime désormais à 60 % la probabilité que le Sénégal finisse par accepter un programme du FMI impliquant une restructuration de la dette, soit en raison d’un durcissement des conditions de financement internationaux, soit en cas de départ du Premier ministre, ce qui faciliterait les arbitrages budgétaires que l’exécutif peine actuellement à trancher.

Le discours prononcé par Ousmane Sonko devant des milliers de sympathisants à Dakar a aussi soulevé des interrogations politiques immédiates. Pour Alioune Tine, fondateur du think tank AfrikaJom Center, l’événement ressemblait davantage à un lancement de campagne présidentielle qu’à une simple mobilisation partisane. « C’était presque du style américain. C’était clairement Sonko qui disait : ‘Je suis candidat pour 2029’ », explique-t-il.

Le duo Faye-Sonko, porté par une dynamique insurrectionnelle et populaire, avait renversé l’équilibre politique en 2024 lorsque Faye, jusqu’alors détenu, était devenu l’un des présidents les plus jeunes du continent avec le soutien déterminant de Sonko, écarté de la course en raison d’une condamnation pour diffamation. Mais selon Ousmane Ndiaye, les tensions actuelles trouvent racine dans un déséquilibre de légitimité : Sonko, figure dominante du mouvement, « a toujours considéré qu’il resterait la force directrice derrière Faye », tandis que ce dernier cherche désormais à exercer pleinement les prérogatives de sa fonction.

La situation politique s’est encore complexifiée après que la Cour suprême a confirmé une peine de six mois de prison ferme pour diffamation contre Ousmane Sonko, une décision qui pourrait le rendre inéligible pour la présidentielle de 2029. « Cette incertitude juridique redessine déjà le champ de bataille politique, ouvrant potentiellement la voie à un second mandat pour Faye si Sonko est empêché de concourir », souligne Ndiaye.

Au moment où le Sénégal tente de négocier son avenir économique avec le FMI, l’émergence de cette lutte interne pour le leadership risque de compromettre les marges de manœuvre du pays. Entre la nécessité de rassurer les investisseurs, l’urgence d’assainir les finances publiques et les calculs politiques en vue de 2029, la trajectoire du Sénégal demeure suspendue à la capacité de son exécutif à surmonter ses divisions internes.

SETER : les employés sénégalais dénoncent une “colonisation managériale” et interpellent l’État

La Société d’exploitation du Train Express Régional (SETER) traverse une crise interne sans précédent. Depuis plusieurs mois, un climat de tension et de frustration s’installe au sein de l’entreprise, où de nombreux employés sénégalais dénoncent des pratiques managériales jugées humiliantes, discriminatoires et contraires aux principes de bonne gouvernance. Les griefs visent directement le directeur général Charles Civreis et le président du Conseil d’administration Pierre Boutier, que certains salariés accusent d’instaurer une forme de “colonisation managériale”.

Les témoignages recueillis par Les Échos décrivent un environnement professionnel marqué par la peur, la pression constante et des attitudes perçues comme condescendantes. Selon plusieurs sources internes, des cadres sénégalais sont soumis à un micro-management asphyxiant, à des remises en cause systématiques et à une minimisation de leurs compétences. Des employés affirment que même les décisions les plus simples sont contestées ou reconsidérées, créant une atmosphère de méfiance et d’infantilisation.

Plusieurs responsables nationaux auraient déjà quitté l’entreprise, incapables de supporter davantage les méthodes de gestion en place. Les démissions se multiplient depuis près d’un an, notamment parmi des cadres expérimentés qui dénoncent une stratégie visant à les pousser vers la sortie pour les remplacer par des expatriés mieux rémunérés. La Directrice administrative et financière, par exemple, aurait été remplacée par un expatrié, tandis que le Directeur du Contrat serait désormais issu d’un cabinet français, avec un package salarial nettement supérieur à celui pratiqué pour les compétences locales.

Cette politique de recrutement et de promotion des expatriés alimente un profond sentiment d’injustice. Plusieurs employés parlent d’un “système organisé” où les postes clés sont progressivement confiés à des ressortissants français, tandis que les nationaux se retrouvent relégués à des fonctions subalternes, malgré la présence de profils hautement qualifiés. Ils affirment que ces choix managériaux se font “sur le dos du contribuable sénégalais”, puisque la SETER bénéficie d’importantes ressources publiques dans le cadre du partenariat avec l’État.

Les accusations ne s’arrêtent pas au management quotidien. Certains affirment que le directeur général favoriserait, dans l’attribution des contrats, certaines entreprises françaises liées à l’exploitation et à la maintenance du TER. Des pressions internes, une gestion opaque de certaines données financières et la communication d’informations partielles lors des réunions de pilotage sont évoquées. Ces pratiques, si elles sont avérées, pourraient influencer la reconduction du contrat d’exploitation, au détriment de la transparence exigée par l’État actionnaire.

Face à cette situation jugée intenable, les travailleurs ont décidé d’alerter les plus hautes autorités. Ils interpellent directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre, Ousmane Sonko, les appelant à intervenir pour mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une atteinte à la dignité des travailleurs, au service public et à la souveraineté nationale. Ils réclament une réforme profonde de la gouvernance de la SETER, ainsi qu’un audit global des ressources humaines et des marchés en cours.

La question du contrat d’exploitation et de maintenance (CEM), signé en 2023 pour trois ans et arrivant à échéance en janvier 2026, apparaît désormais comme un enjeu central. Depuis l’entrée de l’État sénégalais au capital de la SETER, la perspective d’une renégociation du contrat se renforce, notamment dans un contexte où le TER doit monter en cadence et assurer un rôle stratégique lors des grands événements internationaux à venir. Plusieurs experts estiment que l’État pourrait saisir cette échéance pour reprendre davantage de contrôle sur l’exploitation ou, à tout le moins, imposer une gouvernance plus équilibrée et respectueuse des compétences nationales.

Dans l’attente d’une réaction officielle, la tension reste vive au sein de l’entreprise. Les employés espèrent que leur appel ne restera pas lettre morte et que des mesures seront prises rapidement pour restaurer un climat de confiance, protéger les travailleurs et garantir une gestion conforme aux ambitions d’un service public moderne et souverain.

Immigration irrégulière : six personnes interpellées pour tentative de trafic de migrants à Saint-Louis

La lutte contre l’immigration irrégulière reste un défi majeur au Sénégal, où les forces de sécurité multiplient les opérations pour démanteler les réseaux qui organisent des traversées clandestines vers l’Europe. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, une opération menée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a permis d’interpeller six personnes à Saint-Louis, toutes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de convoyage de migrants vers les îles Canaries, en Espagne.

L’affaire a éclaté à la suite d’une information anonyme signalant aux enquêteurs l’imminence d’un départ clandestin depuis la plage Hydrobase. Selon les révélations du journal Libération, l’embarcation prévue devait initialement faire escale en Gambie, où une partie des migrants avait été recrutée avant le départ final vers les côtes espagnoles.

Après recoupement et exploitation de plusieurs renseignements, la DNLT a ordonné une mission de surveillance renforcée sur la zone, avec l’appui décisif du Commissariat central de Saint-Louis. Sur la plage d’Hydrobase, les policiers ont découvert une pirogue équipée et prête pour la traversée, ainsi que toutes les indications d’un départ imminent. C’est à cet endroit que Macktar Sène a été appréhendé. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait acquis le matériel nécessaire au voyage : la pirogue, deux moteurs hors-bord, 35 bidons de carburant de 60 litres chacun, ainsi que divers accessoires destinés à la navigation.

L’interrogatoire de ce premier suspect a rapidement permis aux enquêteurs de tendre un piège à Mamadou Diouf, connu sous le nom de Modou Sall, présenté comme le principal organisateur du voyage. Une descente à son domicile à Hydrobase s’est révélée déterminante : 33 personnes y ont été découvertes, toutes candidates à cette traversée clandestine particulièrement risquée. Leur présence regroupée dans ce lieu confirme le caractère structuré et avancé du projet migratoire.

L’enquête a également conduit à l’interpellation de quatre autres suspects : Médoune Diagne, Babacar Fall, Amsatou Badiane et Dame Diop, tous soupçonnés d’être impliqués dans l’organisation logistique ou financière de cette tentative de migration irrégulière. Les six individus sont désormais poursuivis pour tentative de trafic de migrants par voie maritime et association de malfaiteurs, des infractions passibles de lourdes sanctions pénales au Sénégal.

Les enquêteurs ont saisi la pirogue, les deux moteurs hors-bord de 60 chevaux et cinq téléphones portables, désormais placés sous scellés en attendant la suite des investigations. Ces éléments matériels serviront à consolider le dossier judiciaire et à retracer l’ensemble du réseau impliqué dans l’opération.

Cette affaire relance une fois de plus le débat sur les départs clandestins vers l’Europe, un phénomène qui connaît régulièrement des pics au Sénégal, surtout en période de difficultés économiques. Malgré les campagnes de sensibilisation et les efforts sécuritaires, les tentatives se poursuivent, témoignant de la persistance du désespoir de nombreux jeunes prêts à risquer leur vie pour atteindre les côtes européennes.

Affaire Pape Abdoulaye Touré : les enquêteurs reconstituent les faits en présence de la supposée victime

L’affaire Pape Abdoulaye Touré, du nom de ce militant du mouvement citoyen « Sénégal Notre Priorité (SNP) » qui affirme avoir été victime de torture, connaît un nouveau tournant judiciaire. Après plusieurs mois de revendications, de témoignages et d’attente, les enquêteurs de la Section de recherches ont procédé à une reconstitution complète des faits, en présence de l’intéressé. Une étape capitale dans l’établissement de la vérité sur l’un des dossiers emblématiques des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, les enquêteurs ont minutieusement repris avec Pape Abdoulaye Touré le fil des événements, depuis son interpellation jusqu’au lieu où il dit avoir été torturé. La reconstitution s’est déroulée sans interruption, la victime présumée relatant chaque détail, chaque étape, chaque geste. Une source citée par le quotidien confirme : « Pape Touré n’a rien omis, il leur a tout expliqué. »

Pour le militant, cette reconstitution constitue un véritable soulagement. Depuis plus de trois ans, il déclare vivre dans l’attente d’une justice qu’il « n’a jamais cessé de réclamer ». Touré avait publiquement accusé l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, d’être impliqué dans sa prétendue séquestration et dans les violences physiques qu’il aurait subies au plus fort des tensions politiques. Ces accusations avaient conduit la Section de recherches à auditionner Pape Malick Ndour le lundi 6 octobre, dans le cadre de la reprise des investigations.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large : celui des manifestations qui ont secoué le Sénégal entre février 2021 et mars 2024. Ces épisodes tumultueux ont fait plusieurs morts, des blessés par dizaines et d’importants dégâts matériels. À l’époque, de nombreuses familles, organisations citoyennes et ONG de défense des droits humains avaient dénoncé les violences, pointant du doigt une répression disproportionnée et des violations graves contre des manifestants, opposants politiques ou simples citoyens.

Si des procédures judiciaires avaient été ouvertes dès 2021 pour faire la lumière sur les bavures présumées, l’adoption de la loi d’amnistie couvrant la période des faits avait entraîné l’abandon de tous les dossiers. Une décision largement critiquée dans l’opinion, jugée comme une manière d’enterrer la vérité au détriment des victimes et de leurs familles.

La demande de réouverture des dossiers n’a cessé de croître, portée par les familles endeuillées, la société civile et plusieurs organisations internationales. C’est dans ce climat d’exigence de transparence et de réparation que les nouvelles autorités ont ordonné la reprise des enquêtes. L’affaire Pape Abdoulaye Touré apparaît ainsi comme l’un des premiers cas où cette volonté politique se matérialise concrètement.

La reconstitution réalisée ces derniers jours est d’autant plus significative qu’elle pourrait ouvrir la voie à d’autres avancées judiciaires dans des dossiers similaires. Elle symbolise également l’amorce d’un processus de reconnaissance des souffrances vécues par de nombreux Sénégalais durant ces années de crises.

La suite des investigations déterminera si des responsabilités pénales pourront être établies, ou si le dossier se limitera à une confirmation factuelle sans déboucher sur des poursuites. Dans tous les cas, pour Pape Abdoulaye Touré et pour beaucoup d’autres victimes présumées, il s’agit avant tout d’une quête de vérité, d’un besoin de réparation et d’un espoir de justice longtemps différée.

Sénégal : Khombole accueille le premier observatoire astronomique d’Afrique de l’Ouest

Khombole – Le Sénégal franchit une nouvelle étape majeure dans son ambition spatiale. Jeudi 13 novembre, le ministre directeur de cabinet du président de la République, Mary Teuw Niane, et le directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kaïré, ont procédé à la pose de la première pierre de l’Observatoire astronomique du Sénégal, à Khombole. Une infrastructure présentée comme la première du genre en Afrique de l’Ouest, ouvrant une ère nouvelle pour la recherche scientifique et l’innovation technologique dans le pays.

Ce projet, porté par l’ASES, symbolise la volonté du Sénégal de s’inscrire durablement dans la dynamique mondiale de l’astronomie et des sciences spatiales. Selon Maram Kaïré, l’observatoire abritera un grand télescope de 600 millimètres, ainsi que plusieurs télescopes C14 de 300 millimètres, tous entièrement pilotables à distance. Installé sur un terrain de deux hectares, le site sera conçu comme un espace multifonctionnel : centre de recherche, institut de formation et plateforme de vulgarisation scientifique destinée au grand public, notamment aux jeunes.

Au-delà de sa dimension académique, le projet promet également des retombées économiques importantes. Maram Kaïré indique que l’infrastructure contribuera à la création d’emplois qualifiés dans des domaines pointus tels que l’optique, l’électronique ou encore la robotique. Il estime également que Khombole pourrait devenir un pôle d’attraction majeur pour le tourisme scientifique, consolidant la place de la science dans le développement local.
« La science deviendra moteur de progrès, source de revenus et de fierté nationale », a-t-il déclaré, convaincu que cet observatoire ouvrira au Sénégal les portes de la recherche astronomique mondiale, en particulier dans des disciplines exigeantes comme le suivi des astéroïdes, l’étude des comètes ou l’observation des occultations stellaires.

De son côté, Mary Teuw Niane a rappelé l’importance stratégique de l’investissement dans le secteur spatial. Pour lui, les pays ayant misé tôt sur l’exploration et les technologies spatiales sont ceux qui ont atteint le plus efficacement les objectifs de développement durable. Il souligne que les données satellitaires jouent un rôle central dans la prise de décision publique, qu’il s’agisse de gestion agricole, de prévention des catastrophes, de surveillance environnementale ou de planification urbaine.
« Les données satellitaires constituent un outil essentiel pour la décision publique et pour l’élaboration de politiques adaptées aux enjeux socio-économiques du pays », a-t-il insisté.

Avec la construction de cet observatoire, le Sénégal se positionne comme un futur leader régional dans les sciences astronomiques et spatiales. Khombole, autrefois peu cité dans les initiatives scientifiques nationales, pourrait devenir une référence africaine en matière d’innovation et de recherche de pointe. Un tournant historique qui témoigne de l’ambition du pays de faire de la science un véritable levier de développement et de souveraineté technologique.

Riz local : l’État fixe le prix à 350 F CFA/kg et lance un nouveau dispositif pour booster la consommation nationale

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, ce jeudi 13 novembre 2025, la signature d’un important protocole d’accord portant sur la commercialisation du riz sénégalais. Conclu la veille, le 12 novembre, avec les acteurs de la filière rizicole et les organisations de commerçants, ce partenariat marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale visant à renforcer la valorisation du riz local et à soutenir durablement les producteurs sénégalais.

Au cœur de cet accord figure la fixation du prix ex-usine du riz blanc à 350 F CFA le kilogramme. Un niveau jugé suffisamment rémunérateur pour les producteurs, tout en permettant d’encourager davantage la consommation locale. Le ministère indique que les commerçants se sont engagés à acheter la totalité des volumes disponibles directement sur les sites de production, afin de garantir un écoulement optimal de la récolte nationale.

Dans le même esprit, l’État a introduit un mécanisme d’indexation des importations sur les achats de riz sénégalais. Ce dispositif a pour objectif de renforcer l’approvisionnement du marché en riz issu de la production locale et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, dans un contexte où l’autosuffisance alimentaire demeure un enjeu stratégique.

Le ministère prévoit également une vaste campagne nationale de communication et de promotion du riz local. Placée sous sa supervision, cette initiative mettra en avant les atouts nutritionnels et économiques du riz sénégalais, tout en sensibilisant massivement les consommateurs à l’importance de privilégier la production nationale. L’objectif est clair : inverser la tendance d’un marché longtemps dominé par le riz importé et installer durablement le réflexe du « consommer local ».

Autre mesure forte annoncée : la suspension provisoire de toutes les délivrances de DIPA (Décisions d’Importation de Produits Alimentaires). Cette suspension restera en vigueur jusqu’à la finalisation de l’achat de la production locale et à l’obtention d’une évaluation précise des stocks disponibles. Une façon pour l’État d’éviter l’inondation du marché par des importations qui pourraient fragiliser les producteurs nationaux.

Pour garantir un suivi rigoureux et une mise en œuvre optimale des décisions prises, un cadre interministériel a été mis en place. Il regroupe les ministères en charge du Commerce et de l’Agriculture, avec pour mission d’assurer la coordination, le contrôle et l’harmonisation des actions liées à la commercialisation du riz local.

Dans son communiqué, le ministère de l’Industrie et du Commerce se félicite de cet accord qu’il qualifie de stratégique et réaffirme son engagement à travailler de concert avec l’ensemble des acteurs impliqués. L’objectif affiché est de réussir une transformation profonde du marché du riz au Sénégal et d’offrir une véritable stabilité aux producteurs comme aux consommateurs.

Avec ce protocole, l’État montre sa volonté de replacer le riz local au cœur des habitudes de consommation, tout en protégeant la filière rizicole, considérée comme l’une des plus prometteuses pour la souveraineté alimentaire nationale. Le succès de ce dispositif dépendra toutefois de la capacité des acteurs à jouer pleinement leur rôle, dans un cadre mieux structuré, plus transparent et résolument tourné vers la promotion de la production sénégalaise.

Le FMI affine son évaluation sur la soutenabilité de la dette du Sénégal : un examen décisif pour l’avenir économique du pays

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.

Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.

Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.

Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.

Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.

En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.

Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.

Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.

Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.

Thierno Alassane Sall : « Diviser le pays entre pro Diomaye et pro Sonko, c’est trahir le Sénégal »

Le député et président du parti République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a vivement réagi à la situation politique et économique actuelle du Sénégal. Dans une déclaration transmise à la presse, l’ancien ministre de l’Énergie a fustigé ce qu’il qualifie de « guerre des chefs » au sommet de l’État, entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant une dérive politique dangereuse pour le pays.

Thierno Alassane Sall affirme que, dans un contexte économique déjà fragile, les querelles internes au sein du pouvoir sont une trahison envers le peuple sénégalais. « Évoquer un Président de transition, bouder les conseils des ministres ou diviser le pays entre partisans de Diomaye et de Sonko n’est pas seulement puéril, c’est trahir le Sénégal », a-t-il écrit dans une note au ton particulièrement sévère.

L’ancien ministre explique qu’il avait déjà, lors d’une séance de la commission des finances à l’Assemblée nationale le jeudi 6 novembre, alerté sur la charge écrasante du service de la dette et les conséquences économiques d’une instabilité politique au sommet de l’État. « Je m’adressais au ministre des Finances et à son collègue de l’Économie pour attirer leur attention sur les effets directs de la dette, notamment à travers les intérêts, et sur la capacité du Sénégal à recourir au marché financier en cas de guerre ouverte entre Diomaye et Sonko », a-t-il rappelé.

Selon lui, ces avertissements n’ont pas été pris au sérieux par les députés proches du Pastef, qui auraient tourné ses propos en dérision. « Moins d’une semaine après, le Sénégal s’enfonce aux derniers cercles des enfers financiers, suite aux développements de la guerre au sommet », déplore-t-il.

Thierno Alassane Sall estime que les acteurs de la coalition au pouvoir ont « perdu tout sens de l’éthique et de la responsabilité », au moment où le pays traverse une situation socioéconomique critique. « Le Sénégal fait face à une dette colossale qui rend quasiment impossibles les investissements urgents. La pauvreté et la faim gagnent du terrain, tandis que le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) est à nos frontières », s’inquiète-t-il.

Pour le leader de la République des Valeurs, les responsables politiques devraient concentrer leurs efforts sur la résolution des difficultés économiques et sociales plutôt que sur des luttes de positionnement. Il met en garde contre toute tentative de fragiliser les institutions par des rivalités internes. « La vraie haute trahison serait de laisser cette chienlit prospérer », conclut-il avec gravité.

Cette sortie intervient dans un contexte de rumeurs persistantes autour d’un climat tendu entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, alimentées par certaines divergences au sein de la coalition au pouvoir. Thierno Alassane Sall, connu pour ses prises de position sans détour, appelle ainsi à la responsabilité et à l’unité pour préserver la stabilité du pays.

Dette publique : le FMI renvoie le Sénégal à ses choix souverains

Le Fonds monétaire international (FMI) a affirmé, dans un communiqué relayé par Bloomberg, avoir discuté avec les autorités sénégalaises de plusieurs pistes pour faire face aux « importantes vulnérabilités liées à la dette » du pays. Toutefois, l’institution internationale précise qu’il revient au gouvernement sénégalais de décider souverainement de la manière dont il souhaite gérer cette situation.

Cette position intervient dans un contexte tendu sur les marchés financiers. Les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, la semaine dernière, rejetant toute idée de restructuration de la dette publique, ont déclenché une nouvelle vague de ventes massives d’obligations sénégalaises, aggravant la pression sur les taux d’intérêt. Les rendements des eurobonds sénégalais ont fortement fluctué : celui des obligations à échéance 2031, qui avait connu lundi la plus forte chute jamais enregistrée, est retombé de cinq points de base à 15,32 % mardi matin à Londres, tandis que celui des titres à échéance 2048 a légèrement progressé à 11,97 %.

L’actuelle crispation entre Dakar et les bailleurs internationaux trouve ses origines dans la découverte, en 2024, de plus de 7 milliards de dollars de dettes non déclarées, accumulées sous le précédent régime. Cette révélation avait conduit à la suspension du précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, gelé dans l’attente d’un audit complet et d’un assainissement budgétaire.

Une mission du FMI s’est rendue à Dakar la semaine dernière pour évaluer la situation macroéconomique et explorer la possibilité d’un nouvel accord de financement, mais les discussions se sont achevées sans conclusion. Le FMI a toutefois précisé que toute décision concernant une éventuelle restructuration de la dette dépendra d’une analyse de soutenabilité, dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

« Le choix et la nature spécifique des opérations sur la dette, y compris la décision de procéder ou non à une restructuration, relèvent d’une décision souveraine », a déclaré un porte-parole du FMI dans une réponse par courriel adressée à Bloomberg.

Pour le Premier ministre Ousmane Sonko, il n’est pas question de céder à une pression extérieure. Dans une déclaration publique, il a estimé que la dette du Sénégal restait soutenable et qu’une restructuration — perçue comme un aveu de faiblesse ou de défaut — n’était pas envisageable. Cette position s’inscrit dans une logique de souveraineté économique chère au tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui prône une gouvernance plus indépendante des institutions financières internationales.

Mais cette intransigeance a un coût : selon Leeuwner Esterhuysen, analyste chez Oxford Economics, le refus de restructurer la dette « limite considérablement les marges de manœuvre du Sénégal si l’appui extérieur venait à être retardé ou réduit ». Sans restructuration, « le pays devra se tourner vers un financement intérieur plus coûteux ou opérer d’importantes coupes budgétaires, au risque de provoquer des tensions économiques et sociales », avertit-il.

Le FMI, de son côté, insiste sur son rôle d’assistance technique et analytique, non de contrainte politique. « L’analyse des politiques économiques et la formulation de recommandations font partie du mandat du FMI, mais les décisions finales appartiennent toujours aux autorités nationales », a rappelé son porte-parole.

Cette formulation diplomatique illustre bien la complexité de la situation : entre la volonté d’affirmer une souveraineté économique retrouvée et la nécessité de rassurer les investisseurs, le Sénégal avance sur une ligne de crête. Si le gouvernement campe sur sa position, il devra impérativement convaincre par des réformes internes crédibles, sous peine de voir les marchés se fermer davantage à lui.

Crise de la dette : le Sénégal rejoint le Gabon et le Mozambique dans le trio africain au bord de la faillite financière

Selon une analyse publiée ce mercredi par Bloomberg, les obligations souveraines du Sénégal ont atteint un niveau historiquement bas, plaçant le pays dans une situation de détresse financière aiguë et l’excluant de facto des marchés internationaux de capitaux. Une situation qui alarme les investisseurs et rappelle les récentes difficultés du Gabon et du Mozambique, deux autres États africains fragilisés par le poids de leur dette.

Les données de l’indice de JPMorgan Chase & Co., citées par Bloomberg, montrent que l’écart de rendement entre les obligations sénégalaises et les bons du Trésor américain s’est élargi à 1 077 points de base mercredi. Ce seuil, considéré comme la limite critique au-delà de laquelle un pays ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux, signale une perte quasi totale de confiance des investisseurs. À titre de comparaison, le Mozambique affiche actuellement un écart de 965 points de base, tandis que la dette gabonaise a récemment franchi cette même barre symbolique.

Cette dégradation brutale de la signature du Sénégal intervient après la fin, sans accord, de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar. Le FMI, qui négociait avec les autorités sénégalaises un nouveau programme d’appui financier, a quitté le pays sans conclusion, laissant planer de sérieux doutes sur la trajectoire budgétaire du gouvernement. Le précédent programme, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées estimées à plus de 7 milliards de dollars, un scandale qui continue d’éroder la crédibilité financière de l’État.

Dans un contexte de forte tension sur les marchés, les propos du Premier ministre Ousmane Sonko n’ont pas contribué à apaiser la situation. Ce dernier a clairement écarté, lors d’une déclaration le week-end dernier, toute possibilité de restructuration de la dette, préférant défendre la position d’un État souverain qui refuse d’être soumis à des conditions imposées par les bailleurs. Cette posture, jugée intransigeante par les investisseurs, a aussitôt provoqué une vente massive des obligations sénégalaises en dollars, entraînant une flambée des rendements. Les titres à échéance 2031 ont bondi de 122 points de base pour atteindre 16,87 %, selon Bloomberg, soit une hausse de près de 300 points de base en trois jours seulement.

Pour Mark Bohlund, analyste principal chez REDD Intelligence cité par Bloomberg, « le marché intègre désormais une probabilité significative de restructuration de la dette du Sénégal, et cette perception s’est renforcée depuis la déclaration du FMI du 6 novembre ». Selon lui, « cela signifie clairement que le Sénégal est aujourd’hui coupé de l’accès au marché des eurobonds ».

Le FMI, de son côté, reconnaît la gravité de la situation. Dans une note publiée mardi, l’institution financière a indiqué avoir « exploré plusieurs options avec les autorités sénégalaises » mais a laissé entendre que le gouvernement devait désormais décider comment gérer ses importantes vulnérabilités financières. Une manière diplomatique de signifier que la balle est désormais dans le camp de Dakar.

D’après Yvonne Mhango, économiste principale chez Bloomberg Economics, la viabilité de la dette sénégalaise passe désormais par une combinaison de rigueur budgétaire et de concessions des créanciers. Elle estime que pour stabiliser ses finances, le Sénégal devra dégager un excédent primaire équivalent à 2 % de son produit intérieur brut (PIB), tout en obtenant des “haircuts” (coupes dans le remboursement du principal) de la part des détenteurs d’eurobonds et d’autres prêteurs. « Même avec un ajustement budgétaire sévère, la charge de la dette restera insoutenable sans une réduction des créances », écrit-elle dans son rapport.

Certains analystes, toutefois, appellent à relativiser cette crise. Pour Simon Simond, spécialiste des marchés africains interrogé par Bloomberg, « le Sénégal ne constitue pas un risque systémique ». Il note que « la plupart des pays africains présentent aujourd’hui des perspectives économiques encourageantes, une amélioration de leurs réserves de change et une réduction progressive de leurs ratios d’endettement ». Cependant, reconnaît-il, la défiance des marchés à l’égard du Sénégal pourrait rapidement se propager à d’autres économies si le gouvernement ne parvient pas à rassurer ses partenaires financiers.

En dépit de ce climat d’incertitude, les autorités sénégalaises maintiennent leur position : pas de restructuration, pas de compromis sur la souveraineté économique. Une ligne politique assumée par Ousmane Sonko et par le président Bassirou Diomaye Faye, qui considèrent que la crise actuelle doit être surmontée par des réformes internes et une meilleure gouvernance, plutôt que par un nouvel endettement auprès des institutions internationales.

Mais pour les investisseurs, le constat est plus brutal : les obligations sénégalaises sont désormais classées dans la catégorie “distressed”, autrement dit, au bord du défaut de paiement. Si le gouvernement ne parvient pas à présenter rapidement un plan crédible de redressement, le risque est grand de voir le Sénégal perdre définitivement l’accès aux marchés financiers internationaux, un scénario qui rappellerait les crises de la dette des années 1980.

Université Assane Seck de Ziguinchor : levée officielle de la dissolution des amicales et de la coordination des étudiants

Le Conseil académique de l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) a annoncé, le mardi 11 novembre 2025, la levée officielle de la mesure de dissolution des amicales et de la coordination des étudiants. La décision, rendue publique à l’issue d’une réunion présidée par le recteur, le professeur Alassane Diédhiou, marque un tournant important dans la vie universitaire de l’établissement.

Selon le communiqué signé du recteur, le Conseil académique, après un examen approfondi de la situation actuelle du campus, a jugé opportun de rétablir les structures représentatives des étudiants. Ainsi, la dissolution des amicales d’étudiants, tout comme celle de la coordination générale, est désormais levée. Cette mesure met fin à une période de suspension qui avait été décidée dans un contexte de tensions et de réorganisation interne.

L’administration universitaire précise qu’elle travaille actuellement à la finalisation des critères d’éligibilité aux postes de délégués. Ces critères devront encadrer le processus de renouvellement des instances représentatives, afin de garantir des élections étudiantes transparentes, inclusives et fondées sur des principes de responsabilité. L’objectif affiché est de permettre aux étudiants de reprendre pleinement leur rôle dans la vie institutionnelle, tout en évitant les dérives et conflits qui avaient conduit à la suspension précédente.

Dans son message à la communauté universitaire, le recteur Alassane Diédhiou a lancé un appel à la sérénité et au sens du dialogue. Il a exhorté les étudiants à adopter une attitude responsable, à privilégier la concertation et à préserver un climat apaisé au sein du campus. Le professeur Diédhiou a également insisté sur l’importance de maintenir un environnement propice à l’apprentissage, à la recherche et à la réussite collective.

Thiès : la Brigade régionale des stupéfiants saisit 108 kg de chanvre indien à Mballing

La lutte contre le trafic de drogue connaît un nouveau succès à Thiès. Ce 10 novembre 2025, la Brigade régionale des stupéfiants, relevant de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a mené une importante opération sur la plage de Mballing. Cette intervention s’est soldée par la saisie de quatre colis de chanvre indien, pour un poids total de 108 kilogrammes.

Selon les premières informations recueillies auprès des autorités compétentes, les trafiquants ont pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre. Cependant, les investigations se poursuivent activement pour identifier les individus impliqués et les interpeller. Les services spécialisés de l’OCRTIS multiplient les descentes de terrain et les opérations ciblées afin de démanteler les réseaux qui alimentent le trafic de stupéfiants dans la région.

Cette saisie s’inscrit dans une stratégie nationale de lutte contre le trafic de drogue, un phénomène qui touche plusieurs zones côtières où les trafiquants tentent d’utiliser les plages comme points de transit. La région de Thiès, du fait de sa position géographique et de la densité de ses voies d’accès, reste l’un des points sensibles surveillés de près par les services de sécurité.

Badara Gadiaga : une détermination inébranlable face à l’adversité

Qu’on l’aime ou pas, Badara Gadiaga s’impose aujourd’hui comme une figure de résistance et de résilience au Sénégal. L’activiste, connu pour son engagement sans compromis, a su, au fil des épreuves, forger une personnalité marquée par la détermination et l’imperturbabilité. Les rigueurs de la vie carcérale, loin de l’abattre, semblent avoir renforcé son moral et sa capacité à affronter l’adversité. Ses proches témoignent d’un homme qui, malgré les contraintes et les difficultés, garde un moral d’acier et une sérénité remarquable.

Alors que la question de sa libération sous condition, notamment avec un bracelet électronique, suscite de nombreux commentaires, Badara Gadiaga a tenu à clarifier sa position. Selon des informations rapportées par le quotidien Les Échos, plusieurs personnes se sont intéressées à son état d’esprit face à l’opposition du parquet à sa remise en liberté. L’activiste a ainsi expliqué : « Ce que les Sénégalais doivent comprendre, c’est que je ne suis pas demandeur d’une liberté provisoire. Je n’ai pas demandé à mes avocats de déposer une demande en ce sens. C’est le juge, après mon audition sur le fond, qui a décidé de façon libre et au regard des réponses que j’ai fournies, de m’accorder la liberté provisoire assortie d’un bracelet électronique. »

Cette déclaration illustre sa volonté de rester maître de sa trajectoire, refusant de se présenter comme un acteur passif dans le processus judiciaire. Loin de se laisser abattre par l’opposition du parquet, Badara Gadiaga adopte une attitude de dignité et de sérénité. Il affirme ainsi : « Maintenant que le parquet s’y oppose, je vais, comme au premier jour, continuer à vivre dignement cette épreuve, parce que, tôt ou tard, je finirai par sortir de prison. »

Pour beaucoup, cette posture incarne une force morale et une constance qui font de lui un symbole de résistance dans le paysage politique et social sénégalais. La détermination de Badara Gadiaga face aux obstacles, sa capacité à garder la tête haute malgré la détention et son refus de céder à la pression judiciaire en font un exemple de résilience, renforçant l’admiration de ses partisans et suscitant le respect, même parmi ses détracteurs.

Abdou Nguèr est enfin libre. Il était temps ! 

Cette liberté retrouvée ne saurait cependant effacer le scandale de sa détention.  
Condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, il aura pourtant passé près de sept mois derrière les barreaux.  

Autrement dit, la détention préventive aura été plus longue que la peine prononcée. Voilà le symbole d’une justice qui confond désormais la procédure et la punition. 

Le 17 avril 2025, un mandat de dépôt fut décerné contre lui pour avoir trop parlé, trop pensé, trop dérangé. 

Pendant qu’il retrouve l’air libre, d’autres continuent d’attendre, privés de justice autant que de liberté. 
Badara Gadiaga croupit en détention préventive depuis le 14 juillet 2025. 
Soya Diagne subit le même sort depuis le 16 octobre 2025. 
Tous deux paient le prix de leurs opinions, dans un silence institutionnel inquiétant. 
Leur sort ainsi que d’autres détenus illustre une dérive profonde. 

Cette dérive mine la crédibilité même de notre justice. 
La détention préventive est censée protéger l’enquête et non punir l’expression. Elle doit être encadrée, brève, strictement motivée. En réalité, elle sert souvent de condamnation anticipée, imposée sans jugement, comme pour rappeler que le pouvoir ne tolère pas la contestation. 

La libération d’Abdou Nguèr est donc à la fois une victoire morale et un signal d’alarme. 
Victoire, parce qu’un homme libre retrouve sa dignité. 
Alerte, parce que d’autres continuent de payer le prix du silence imposé. 

Lorsque la prison précède le jugement, c’est la justice elle-même qui devient coupable. 

Bienvenue à la liberté, Abdou Nguèr. 
Que la lumière de sa libération éclaire encore les cellules où attendent ceux qui attendent d’être jugés. 

Thierno Bocoum 
Président AGIR-les leaders

Restructuration de la coalition “Diomaye Président” : Pastef défie l’autorité de Diomaye et crée la coalition « APTE »

Le parti PASTEF – Les Patriotes a réagi à la volonté récemment exprimée par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, de procéder à une restructuration de la coalition « Diomaye Président », dans la perspective de bâtir une alliance plus forte et mieux orientée vers la valorisation de l’action gouvernementale. Tout en saluant cette orientation, le parti dirigé par les Patriotes a tenu à apporter un certain nombre de précisions jugées nécessaires à la bonne compréhension du processus en cours.

PASTEF rappelle d’abord que le projet de restructuration évoqué par le chef de l’État n’est pas nouveau. Dès la fin de l’élection présidentielle de mars 2024, cette tâche avait déjà été confiée à la coalition elle-même et placée sous la supervision de la présidente de la Conférence des leaders, Madame Aïssatou Mbodj. Ce travail avait alors permis d’élaborer un ensemble complet de textes préparatoires, comprenant notamment une charte, un règlement intérieur et une proposition de structuration détaillée.

Selon le communiqué du parti, ce processus s’est déroulé de manière inclusive, impliquant toutes les parties prenantes réunies au sein de la Conférence des leaders. Les documents produits ont d’ailleurs été partagés et mis à la disposition de l’ensemble des acteurs concernés, en attendant leur validation officielle. Dans le cadre de ces travaux, un nouveau nom a même été proposé pour la future coalition : l’Alliance Patriotique pour le Travail et l’Éthique (APTE). Ce choix repose sur le constat que la coalition « Diomaye Président » a déjà atteint son principal objectif électoral, à savoir la victoire à la présidentielle.

PASTEF précise en outre que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, n’a pas le pouvoir de démettre Madame Aïssatou Mbodj, qui a été désignée par la Conférence des leaders pour diriger la coalition. Le parti insiste également sur le fait que M. Faye n’a jamais été président de ladite coalition, puisqu’il en était uniquement le candidat lors de l’élection de 2024.

Dans le même communiqué, PASTEF prend ses distances avec toute initiative politique coordonnée par l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Le parti affirme ne partager ni les mêmes valeurs ni les mêmes principes que cette dernière et déclare ne se reconnaître dans aucune démarche menée sous sa direction.

Enfin, PASTEF indique poursuivre son propre agenda politique. Celui-ci repose sur deux axes : la fusion progressive avec des organisations alliées afin d’élargir sa base militante, et la finalisation du projet de la nouvelle coalition APTE, placée sous la présidence de Madame Aïssatou Mbodj.

Penser au-delà du bruit et de la fureur Par Babacar FALL

Dans un pays où tous semblent parler en même temps, le vrai courage est peut-être de savoir se taire un moment pour penser.
J’avais arrêté ce blog depuis plus d’une année. J’ai pris le temps d’écouter, d’échanger, de regarder ce pays et de sentir son cœur battre.
Le Sénégal est à l’image de ce baobab majestueux, plusieurs fois centenaire sur l’ile de Dionewar sur les berges du Saloum qui regarde le tumulte du monde tel le fleuve qui coule à ses pieds.

Le vacarme des jours
Il y a des moments où le Sénégal ressemble à une place publique sans fin.
Tout le monde parle, s’indigne, commente, prophétise.
Les bourreaux d’hier qui essaient de se faire passer pour des victimes.
Ceux qui se sont gavés d’argent public et ingurgiter jusqu’à plus soif veulent apparaître comme des martyrs aujourd’hui. L’incarcération à Rebeus apparaît comme la summum du déshonneur. Passe encore le pavillon spécial des malades incarcérés mais la prison, non pas la prison pour eux.
Alors les plateaux télé qu’ils continuent de biberonner débordent, les réseaux sociaux alimentés brûlent, les conversations s’enflamment au moindre mot.
Le bruit est partout — un bruit qui ne laisse plus respirer la pensée et le discernement.
On ne cherche plus à comprendre, mais à réagir, même pour les acteurs les plus avisés et pas dupes.
Chacun veut avoir raison, tout de suite, bruyamment.
Et pourtant, plus le bruit augmente, plus le sens s’éloigne.
On confond la passion avec la profondeur, l’indignation avec la lucidité.
La démocratie, elle, demande autre chose : du recul, de la lenteur (du temps), du discernement.
La fureur et ses blessures
Sous le bruit, il y a la fureur.
Une fureur qui n’est pas seulement politique : elle est sociale, générationnelle, existentielle.
C’est la colère d’une jeunesse brillante, impatiente, ouverte au monde, mais bloquée, instruite mais sans espace, connectée mais frustrée.
C’est aussi la fatigue d’un peuple qui travaille dur, mais qui ne voit pas toujours le fruit de son effort.
La vie chère, l’insécurité, la récession économique qui s’installe insidieusement, anéantissent les espérances soulevées par la victoire de Ousmane Sonko et Diomaye Faye.
Cette fureur est juste.
Et c’est elle qui a posé les prémisses de la révolution démocratique en cours.
Mais elle devient dangereuse quand elle n’a plus d’horizon, quand elle n’est plus orientée par une pensée.
Elle peut se transformer alors en spirale, en déferlement. Et au lieu de bâtir, elle peut tout brûler comme l’expérience et l’histoire des révolutions dans le monde nous en ont donné souvent une illustration.
Revenir à l’essentiel : penser
Penser au-delà du bruit et de la fureur, c’est un acte presque spirituel.
C’est refuser de se laisser happer par le tumulte du moment pour revenir à ce qui dure.
C’est s’asseoir, observer, écouter — non pour fuir, mais pour comprendre.
Le Sénégal a toujours su le faire.
Nos traditions sont souvent des écoles de pensée.
On y apprend que parler ne suffit pas : il faut chercher le vrai mot, celui qui apaise et éclaire.
Penser, ce n’est pas se taire : c’est parler autrement.
Et pour reprendre la formule de Lénine : là où il y a une volonté, il y a un chemin.
L’éthique du discernement
Le vrai enjeu du Sénégal n’est pas seulement institutionnel, mais intérieur.
Pastef n’a pas engendré la révolution démocratique actuelle comme le démiurge qui façonne l’univers à partir d’un chaos préexistant, en s’inspirant des formes intelligibles et éternelles pour créer un monde ordonné et beau.
Ousmane Sonko n’essaie pas de créer le monde à partir de rien (ex nihilo), mais organise une matière désordonnée, introduisant un ordre par la proportion et la raison. C’est du moins de ce que j’ai compris de ses déclarations et de ses écrits.
Elle sourd depuis de nombreuses années, de la contestation du vol des deniers publics, de la gabegie qui a régné dans les hautes sphères des pouvoirs passés.
Elle sourd depuis les 12 ans au pouvoir Abdoulaye Wade, qui a réduit à néant notre culture des règles de la bonne administration publique, de l’Etat de droit, au profit de coteries familiales et financières. Et a engendré le retour du refoulé du pouvoir ceddo ou ce que le professeur Mamadou Diouf appelle le modèle islamo-wolof de l’Etat.
Elle sourd après la poursuite du wadisme sans Wade, avec la mise en place par Macky et les siens de la gestion clanique et mafieuse de l’Etat, prêts à tout pour piller et massacrer sans remords toutes contestations.
Nous avons besoin d’une éthique du discernement.
D’apprendre à distinguer l’émotion de l’information, la critique de la haine, la conviction du fanatisme.
Il faut remettre la pensée, l’éducation, la culture au centre du débat national.
Non pour créer une élite qui parle seule, mais pour reconstruire un langage commun,
où la parole retrouve sa valeur.
En somme, l’objectif de la révolution démocratique en cours est de « faire Nation », c’est-à-dire continuer à créer un sentiment d’appartenance commune chez tous les citoyens de ce pays, en renforçant le sentiment d’une destinée et d’une solidarité partagées.
Cela passe, par la construction de liens sociaux forts et la mise en place des conditions d’équité, de justice et de confiance entre les citoyens que nous sommes.
Et la clarté morale est une forme de courage politique. C’est ce que résume à mon sens la formule : Jub, Jubal, Jubanti. Des concepts moraux wolof qui veulent simplement traduire ces valeurs : transparence, justice, redressement.
Penser, c’est aimer le pays
Penser, dans ces temps troublés, c’est résister à la banalité du mal en refusant de suivre le courant comme le dit Hannah Arendt.
Le mal étant ce sentiment dans lequel les épigones de Wade (Macky et les siens) veulent plonger ce pays.
A l’aide des méthodes démoralisantes qui transforment les citoyens pensants en automates, ils veulent tuer la volonté des citoyens, le caractère, la dignité. La coterie gouvernante balayée en mars 2024, a su devenir grâce aux milliards détournés, une petite oligarchie qui se veut, même masquée, inamovible et inviolable.
Le bruit passera.
La fureur aussi.
Mais ce qui restera, c’est la qualité de notre regard collectif — notre capacité à dire : voilà où nous voulons aller ensemble.
Ce pays a besoin de citoyens qui écoutent avant de répondre, de leaders qui pensent avant de parler, et d’une jeunesse qui croit que le silence, parfois, est plus fort que le cri.
Parce qu’au fond, penser au-delà du bruit et de la fureur, ce n’est pas s’éloigner des réalités du Sénégal : c’est apprendre à le voir tel qu’il est — pour mieux le transformer.

Babacar FALL, haut fonctionnaire à la retraite.

Échauffourées à l’Université de Kaolack : plusieurs étudiants blessés et des interpellations enregistrées

Une vive tension a éclaté ce mardi sur le campus de l’Université du Sine Saloum Elhadji Ibrahima Niasse (USSEIN), plus précisément sur le site de Khelcom Biram, à Kaolack. Ce qui devait être une simple manifestation estudiantine s’est rapidement transformé en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, plongeant le campus et ses alentours dans un climat de grande agitation.

Dès les premières heures de la matinée, des groupes d’étudiants ont commencé à se rassembler à l’intérieur de l’université, avant de déplacer leur mouvement vers l’extérieur. La tension est montée d’un cran lorsque les manifestants ont investi l’axe routier traversant Khelcom Biram. Pour exprimer leur mécontentement, ils ont incendié des pneus, érigé des barricades et bloqué complètement la circulation sur la route nationale, provoquant une paralysie totale du trafic dans la zone.

Cette scène de chaos rappelle des événements similaires survenus en février 2025, lorsque des étudiants de la même université avaient mené des actions de protestation de grande ampleur pour dénoncer la précarité des conditions de vie et d’études.

L’intervention des forces de l’ordre a rapidement aggravé la situation. En tentant de dégager la voie et de disperser les manifestants, les gendarmes se sont heurtés à une résistance déterminée. Des échanges tendus ont alors éclaté : des jets de pierres et autres projectiles ont été lancés par des étudiants, tandis que les forces de sécurité ont riposté à coups de gaz lacrymogène. L’atmosphère est devenue irrespirable et plusieurs étudiants ont été blessés, soit par inhalation de gaz, soit lors des bousculades provoquées par la panique.

Selon des témoins sur place, plusieurs interpellations ont également eu lieu au plus fort des affrontements. Les blessés auraient été pris en charge sur le campus ou évacués vers des structures sanitaires de la ville.

Les causes précises de cette nouvelle flambée de violence n’ont pas encore été officiellement clarifiées, mais plusieurs sources évoquent un climat d’exaspération généralisé au sein du campus. Les étudiants dénoncent régulièrement le manque d’infrastructures adéquates, les retards dans le paiement des bourses et la dégradation des conditions de vie dans les résidences universitaires.

À l’heure actuelle, la zone reste sous haute surveillance sécuritaire. Les autorités administratives et académiques n’ont pas encore publié de communiqué officiel pour faire le point sur le nombre exact de blessés et de personnes arrêtées. La tension demeure palpable à l’Université du Sine Saloum, où la colère estudiantine semble loin de s’apaiser.

Libération d’un militaire sénégalais porté disparu depuis avril à Djinaki

Le ministère des Forces Armées a annoncé ce mardi la libération d’un militaire sénégalais qui avait été porté disparu depuis la nuit du 13 avril 2025, lors des incidents survenus à Djinaki, dans le département de Bignona, en Casamance. Selon le communiqué officiel publié par l’État-Major général des Armées, le soldat, qui était retenu par une bande armée, a été remis ce lundi au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

L’armée précise que le militaire se porte bien et qu’il a été rapidement pris en charge par les autorités militaires avant d’être acheminé vers Dakar. Cette libération met fin à plusieurs mois d’incertitude pour sa famille et ses camarades d’armes, qui espéraient un dénouement heureux depuis sa disparition.

D’après le communiqué, cette issue favorable est le fruit d’efforts soutenus de médiation menés par divers acteurs, dont des représentants du CICR et des relais locaux engagés dans le processus de paix. Ces démarches patientes et discrètes ont permis de restaurer la confiance nécessaire pour aboutir à un accord de libération.

Les Forces armées sénégalaises ont tenu à saluer ces initiatives, tout en réaffirmant leur détermination à assurer la sécurité des personnes et des biens dans la Zone militaire n°5, qui couvre la région sud du pays. Elles ont également souligné que cette libération illustre l’efficacité du dialogue et de la négociation dans la stabilisation durable de la Casamance, une région encore marquée par les séquelles d’un long conflit.

Les révélations d’Aminata Touré sur les coulisses de l’élection du Président de l’Assemblée nationale en 2022

Les dessous de l’élection du Président de l’Assemblée nationale, organisée après les législatives de 2022, continuent de susciter de vives réactions. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancienne Première ministre et ex-envoyée spéciale du chef de l’État, Aminata Touré, a livré des confidences inédites sur les tractations internes ayant conduit à la désignation d’Amadou Mame Diop à la tête de l’institution parlementaire.

Selon elle, le choix de ce dernier n’était en réalité qu’une « solution de rechange ». Aminata Touré affirme que le Président Macky Sall avait, dès le départ, une préférence très marquée pour un autre candidat : « Celui que Macky Sall aurait voulu nommer comme président de l’Assemblée nationale, c’est Mansour Faye, son propre beau-frère. » À l’époque, Mansour Faye occupait le poste de ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Cependant, ce scénario aurait été compromis par la défaite de Mansour Faye dans sa circonscription de Saint-Louis lors des élections législatives.

Aminata Touré revient également sur les tensions internes au sein du parti présidentiel qui ont précédé son exclusion de l’Assemblée nationale. Elle révèle avoir été la seule députée à refuser de signer une procuration en faveur du député Farba Ngom, au cours de la retraite du parti organisée avant le scrutin, une procuration qui visait à s’assurer que tous les élus voteraient conformément aux consignes du chef de l’État. Ce refus aurait marqué le point de rupture avec Macky Sall.

Le matin du 12 septembre 2022, jour du vote pour la présidence de l’Assemblée, le Président Sall l’aurait personnellement appelée pour l’informer de son choix définitif en faveur d’Amadou Mame Diop. Cette décision aurait pris de court plusieurs députés de la coalition Benno Bokk Yakaar, dont certains pensaient encore que le président pourrait revoir sa position. Ce fut, selon Aminata Touré, la dernière conversation qu’elle eut avec le chef de l’État.

Après avoir boycotté le vote, elle décida de siéger parmi les non-inscrits, marquant ainsi sa rupture politique avec la majorité présidentielle. Elle affirme qu’un émissaire de Macky Sall l’a contactée le soir même pour lui proposer un poste prestigieux : celui de présidente du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT), en remplacement d’Aminata Mbengue Ndiaye. Une offre qu’elle déclina, estimant qu’elle ne saurait servir de compensation à un désaccord de fond.

Quelques mois plus tard, le 26 janvier 2023, le bureau de l’Assemblée nationale prononça sa radiation, la considérant comme « démissionnaire de fait » de la coalition présidentielle. Aminata Touré réagit aussitôt sur Twitter, dénonçant une « violation de la loi » et réaffirmant sa détermination à poursuivre son combat pour la démocratie, la transparence et contre toute tentative de troisième mandat présidentiel.

Amadou Mame Diop charge Ousmane Sonko : « Un homme constamment en contradiction avec lui-même »

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est monté au créneau ce lundi pour répondre aux dernières déclarations du leader du parti Pastef – Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’un point de presse tenu au siège de l’Alliance pour la République (APR), il a livré une réplique ferme et sans détour à l’endroit du Premier ministre.

Selon Amadou Mame Diop, Ousmane Sonko est un homme « qui est tout le temps en contradiction avec lui-même ». Pour le responsable apériste, le discours du chef du gouvernement, souvent empreint de populisme et d’attaques contre ses adversaires, ne repose sur aucune cohérence politique. « Il dit une chose aujourd’hui et son contraire le lendemain. C’est cette instabilité de position qui fait qu’il perd en crédibilité, même auprès de certains de ses partisans », a-t-il martelé.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie de diversion du Premier ministre. « Chaque fois qu’il est acculé sur la gestion du pays, il essaie de déplacer le débat en s’attaquant à l’ancien régime. Cela ne peut plus tromper personne », a-t-il soutenu, estimant que « les Sénégalais attendent aujourd’hui des résultats, pas des discours ».

Amadou Mame Diop a, par ailleurs, défendu le bilan de Macky Sall et de l’APR, rappelant que « les grandes réalisations du Sénégal, qu’il s’agisse des infrastructures, de l’énergie ou de l’éducation, sont le fruit d’un travail de longue haleine entamé bien avant l’arrivée de Sonko au pouvoir ». Il a invité le Premier ministre à « sortir de la logique de la confrontation permanente » et à « se concentrer sur les défis réels du pays ».

Cette sortie d’Amadou Mame Diop intervient dans un contexte marqué par une série de prises de parole du chef du gouvernement, souvent critiques à l’égard de l’ancien régime. Elle illustre la persistance d’un climat politique tendu entre le camp présidentiel actuel et les figures de l’ancienne majorité.

En conclusion, le responsable apériste a appelé à « un débat politique responsable », tout en avertissant que « l’APR ne laissera plus passer les attaques gratuites contre ses dirigeants ». Ses propos laissent présager une intensification de la confrontation politique à l’approche des grands rendez-vous électoraux à venir.

Doudou Ka répond aux accusations de « dette cachée » d’Ousmane Sonko

L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Doudou Ka, a réagi avec fermeté aux récentes accusations formulées par le Premier ministre Ousmane Sonko concernant l’existence d’une prétendue « dette cachée ». Ces déclarations avaient été faites lors du Téra-Meeting du PASTEF ce week-end, et avaient suscité un vif émoi dans le débat public sur la gestion des finances publiques.

Selon Doudou Ka, la dette publique du Sénégal ne peut en aucun cas être dissimulée. Dans une mise au point circonstanciée, il a dénoncé ce qu’il considère comme une interprétation erronée des chiffres officiels de l’endettement national. L’ancien ministre a précisé que les nouvelles autorités ont introduit, de manière « souveraine et unilatérale », des éléments qui n’étaient pas auparavant pris en compte dans le calcul de la dette publique. Il cite notamment les opérations de trésorerie réalisées avec les banques locales ainsi que les dettes contingentes des sociétés nationales autonomes.

Pour Doudou Ka, cette réévaluation des comptes ne doit pas être assimilée à une dette dissimulée. Il insiste sur la nécessité de distinguer clairement entre la dette réelle contractée par l’État et les ajustements méthodologiques récemment introduits. L’ancien ministre réfute toute responsabilité de l’ancien régime dans cette nouvelle approche comptable, soulignant que l’évolution de la méthodologie ne peut être imputée aux administrations précédentes.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre le gouvernement et l’opposition sur la question de la transparence financière et de la gestion de la dette publique. Lors de son meeting, Ousmane Sonko avait en effet soutenu l’existence d’une « dette cachée » et appelé à des mesures judiciaires contre ceux qui, selon lui, « nient son existence », accentuant ainsi la polarisation du débat politique.

Mame Mbaye Niang : « Ousmane Sonko se sait inéligible à la présidentielle de 2029 »

Mame Mbaye Niang est revenu ce lundi sur les ondes de la RFM pour évoquer le rabat d’arrêt rejeté par la Cour suprême et les implications de cette décision sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. L’ancien ministre du Tourisme, visiblement déterminé à clarifier les faits, a tenu à rappeler que la condamnation pour diffamation infligée à Ousmane Sonko n’est nullement couverte par la loi d’amnistie adoptée plus tôt cette année.

« Lui et ses partisans disent que oui, les faits sont couverts par l’amnistie. Ousmane Sonko cherche une voie. L’amnistie ne couvre pas sa condamnation pour diffamation contre ma personne. Pour preuve, lorsqu’il déposait le rabat d’arrêt, il s’attendait à ce que la Cour suprême le rejette sous motif d’une couverture de l’amnistie. Le procureur l’a requis au tribunal. Ousmane Sonko voulait ainsi brandir ce document de rejet de la Cour suprême sur la base de l’amnistie, mais en vain », a expliqué Mame Mbaye Niang.

L’ancien ministre a également souligné la solidité juridique de la décision rendue par la haute juridiction. Selon lui, « la Chambre réunie de la Cour suprême a statué sur le dossier avec 37 juges restants sur 42, preuve que les faits invoqués ne sont pas couverts par l’amnistie ». À l’en croire, le leader du parti PASTEF a pleinement conscience des conséquences de cette décision : « C’est parce qu’il se sait inéligible à la présidentielle de 2029 qu’il vient nous parler d’éléments nouveaux. »

Pour rappel, cette affaire oppose Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang depuis plusieurs années. Elle trouve son origine dans des accusations formulées par le président de PASTEF, qui avait affirmé qu’un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) mettait en cause Mame Mbaye Niang dans la gestion du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC). Se disant diffamé, Mame Mbaye Niang avait porté plainte.

À l’issue du procès, Ousmane Sonko avait été reconnu coupable de diffamation et condamné à six mois de prison avec sursis, assortis du paiement de 200 millions de francs CFA de dommages-intérêts à verser à l’ancien ministre. Cette condamnation avait ensuite été confirmée par la Cour d’appel, avant que la Cour suprême ne rejette le 1ᵉʳ juillet 2025 le rabat d’arrêt introduit par la défense, confirmant ainsi définitivement la peine et l’inéligibilité d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2024.

Ce rejet a relancé un vif débat au sein de la classe politique et de la société civile sur la portée réelle de la loi d’amnistie, la transparence du système judiciaire et la crédibilité des institutions sénégalaises dans le traitement des dossiers impliquant des personnalités politiques de premier plan.

Aly Ngouille Ndiaye alerte sur la menace jihadiste au Mali : « N’attendez pas que Bamako tombe »

L’ancien ministre de l’Intérieur du Sénégal, Aly Ngouille Ndiaye, a lancé un appel pressant aux dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à la Mauritanie. Dans une tribune publiée ce week-end, il tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire au Mali, où les groupes jihadistes continuent de gagner du terrain. Selon lui, la chute de Bamako entre les mains de ces groupes extrémistes aurait des conséquences dévastatrices pour l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.

« Messieurs les Présidents de la CEDEAO et de la Mauritanie, n’attendez pas que Bamako tombe pour réagir », avertit Aly Ngouille Ndiaye. L’ancien ministre estime qu’une prise de la capitale malienne par les jihadistes équivaudrait à l’installation d’un « nouvel Afghanistan » aux portes du Sénégal et des autres pays de la région. « Laisser Bamako tomber, c’est accepter qu’un nouvel Afghanistan s’installe à nos portes. La prise de la capitale par les jihadistes déstabiliserait tous les pays frontaliers du Mali — sauf l’Algérie, seule à avoir su éradiquer le jihadisme par la force et la politique », souligne-t-il.

Pour l’ancien ministre, cette crise dépasse largement le cadre diplomatique ou politique. Elle représente une menace directe pour la sécurité des États voisins. Il note que les alertes se multiplient déjà : « Les communiqués des pays occidentaux invitant leurs ressortissants à quitter le Mali se multiplient. Mais pour eux, le Mali n’est qu’une question de politique extérieure. Pour ses voisins, c’est une question de sécurité nationale : les jihadistes ne connaissent pas les frontières. »

Aly Ngouille Ndiaye insiste sur la vulnérabilité des pays limitrophes, dont le Sénégal, qui partage plus de 500 kilomètres de frontières avec le Mali. Il rappelle également les liens historiques, économiques et culturels qui unissent les deux nations. « Le Sénégal, lié au Mali par l’histoire, la devise et plus de 500 km de frontières, ne peut rester spectateur. Quand la case du voisin brûle, il faut agir avant que le feu n’atteigne la sienne », écrit-il, reprenant un proverbe africain pour illustrer l’urgence de la situation.

Dans sa tribune, l’ancien ministre appelle à une action concertée et rapide de la part des pays de la région. Il invite à relancer la coopération entre les pays de l’Autorité de l’Eau et de l’Énergie, la CEDEAO et la Mauritanie, afin de coordonner la réponse sécuritaire face à la montée du terrorisme. Il plaide notamment pour l’activation de la force d’attente de la CEDEAO, censée intervenir dans les situations de crise, et pour une relance du dialogue régional afin d’éviter une scission politique et sécuritaire au sein de l’Afrique de l’Ouest.

Aly Ngouille Ndiaye conclut en soulignant que la stabilité du Mali conditionne celle de toute la région. « La stabilité régionale dépend d’une réaction coordonnée et immédiate face à la pression croissante des groupes jihadistes sur Bamako », affirme-t-il, appelant les dirigeants ouest-africains à dépasser les divisions politiques pour faire front commun contre la menace terroriste.

Ousmane Sonko dévoile un rapport confidentiel sur la gestion du pétrole et du gaz au Sénégal

Lors du récent « Téra Meeting » organisé à l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a fait une annonce qui pourrait relancer le débat sur la transparence dans le secteur énergétique sénégalais. Selon lui, il a mis la main sur un rapport confidentiel de l’Inspection générale d’État (IGE) concernant la gestion du pétrole et du gaz au Sénégal.

« J’ai réussi à avoir le rapport caché de l’IGE sur le pétrole et le gaz. Ils l’avaient caché et sorti du circuit. Le rapport a retracé, de Wade à Macky Sall, tous ceux qui sont mêlés à la mauvaise gestion de notre pétrole et notre gaz. Beaucoup ne dormiront pas en entendant cela. J’ai envoyé le rapport au président Bassirou Diomaye Faye », a déclaré Sonko devant une foule de partisans venus l’écouter.

Le document, selon le leader politique, aurait été tenu secret pendant longtemps et met en évidence des pratiques jugées irrégulières et une mauvaise gestion des ressources pétrolières et gazières sous plusieurs administrations. Cette révélation intervient dans un contexte où le contrôle et la transparence des industries extractives restent des sujets sensibles au Sénégal.

Ousmane Sonko a insisté sur l’importance de publier ce rapport et d’assurer un suivi rigoureux, estimant que ces actions sont essentielles pour garantir la reddition de comptes dans le secteur énergétique. Il a également souligné que la divulgation de ces informations permettra au public et aux autorités compétentes de mieux comprendre les dysfonctionnements passés et de prendre des mesures correctives afin d’éviter de nouvelles irrégularités.

Affaire LONASE : Lat Diop retrouve la liberté après le rejet du pourvoi du Parquet général par la Cour suprême

L’ancien Directeur général de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), Lat Diop, a recouvré la liberté ce vendredi, après plusieurs mois passés en détention. Sa libération intervient à la suite du rejet du pourvoi en cassation introduit par le Parquet général auprès de la Cour suprême, confirmant ainsi la décision antérieure de mise en liberté sous bracelet électronique.

Poursuivi pour extorsion de fonds, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre des Sports sous le régime de Macky Sall faisait face à de graves accusations portant sur un montant estimé à près de 8 milliards de francs CFA. Ces fonds, selon l’accusation, auraient été détournés dans le cadre de la gestion des ressources internes et externes de la LONASE durant sa direction.

Arrêté et placé sous mandat de dépôt le 26 septembre 2024, Lat Diop avait depuis été maintenu en détention dans le cadre d’une procédure judiciaire complexe. Ses avocats avaient introduit plusieurs demandes de liberté provisoire, rejetées à plusieurs reprises avant qu’un juge d’instruction ne décide de le placer sous bracelet électronique. Cette mesure alternative avait ensuite été contestée par le Parquet général, qui avait introduit un pourvoi devant la Cour suprême.

Mais la plus haute juridiction du pays a finalement confirmé la décision du juge d’instruction, ouvrant la voie à la remise en liberté de Lat Diop. Sa réapparition publique ce vendredi marque donc un tournant dans une affaire qui a longtemps alimenté les débats sur la gouvernance des sociétés nationales et la reddition des comptes des anciens responsables sous le régime précédent.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’ancien ministre, qui reste toutefois sous contrôle judiciaire et toujours poursuivi dans le cadre de la procédure engagée par le Pool judiciaire financier. Sa défense, de son côté, se dit confiante et espère que les étapes suivantes permettront de « rétablir la vérité sur un dossier monté de toutes pièces », selon les termes d’un de ses avocats.

Pape Malick Ndour placé sous bracelet électronique après sa comparution devant le Pool judiciaire financier

L’affaire du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac) connaît un nouveau rebondissement avec la mise en cause de l’ancien coordonnateur, Pape Malick Ndour. Après sa comparution ce vendredi devant le Pool judiciaire financier (PJF), le coordonnateur de la Convergence des Cadres Républicains (CCR) a été libéré mais placé sous bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire qui lui évite la détention préventive.

Selon des sources judiciaires concordantes, Pape Malick Ndour a été inculpé pour plusieurs infractions graves, notamment association de malfaiteurs, détournement de deniers publics estimés à 2 702 920 922 francs CFA, et blanchiment de capitaux. Ces chefs d’accusation découlent d’une enquête approfondie sur la gestion des fonds alloués au Prodac, un programme phare initié sous le régime de l’ancien président Macky Sall pour promouvoir l’emploi des jeunes dans le secteur agricole à travers le développement de domaines communautaires.

Le dossier Prodac, déjà au cœur d’une vive controverse depuis plusieurs années, avait conduit à des poursuites visant d’autres responsables, dont l’ancien ministre de la Jeunesse Mame Mbaye Niang. Le parquet financier, estimant que de nouveaux éléments nécessitaient un approfondissement de l’enquête, avait récemment émis un réquisitoire supplétif afin de rouvrir certaines investigations. C’est dans ce contexte que Pape Malick Ndour a été convoqué et entendu par les magistrats instructeurs du PJF.

L’ancien responsable du Prodac, devenu une figure importante de l’Alliance pour la République (APR) et proche collaborateur de Macky Sall, a toujours nié toute malversation dans la gestion du programme. Ses proches soutiennent qu’il a agi dans le strict respect des procédures administratives et financières en vigueur. Toutefois, les enquêteurs soupçonnent des irrégularités importantes dans l’utilisation des fonds destinés à la mise en œuvre des projets agricoles communautaires.

La décision du juge d’instruction de placer Pape Malick Ndour sous bracelet électronique traduit la volonté de la justice de garantir le bon déroulement de la procédure tout en lui évitant une incarcération immédiate. Il devra désormais se conformer à des restrictions strictes de déplacement et rester à la disposition des autorités judiciaires jusqu’à la clôture de l’enquête.

Ousmane Sonko appelle à une mobilisation citoyenne pour nettoyer le parking du stade Léopold Sédar Senghor

À la veille du grand rassemblement politique prévu ce samedi 8 novembre, le leader de Pastef, Ousmane Sonko, a lancé un appel à la responsabilité civique et à l’engagement communautaire. Dans un message adressé à ses partisans, il a invité les Dakarois à participer, le lendemain du meeting, à une vaste opération de nettoyage du parking du stade Léopold Sédar Senghor, lieu choisi pour abriter la rencontre.

Souhaitant allier mobilisation politique et esprit citoyen, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de préserver la propreté et l’intégrité des espaces publics. « Après le rassemblement, je demande à chacun de rentrer calmement. Mais pour préserver la salubrité, j’invite les militants de la région de Dakar à revenir dimanche pour nettoyer le site », a-t-il déclaré.

Ce geste, présenté comme un symbole de civisme et de responsabilité collective, s’inscrit dans la continuité du discours du leader de Pastef, qui prône une citoyenneté active et respectueuse des biens publics. L’appel vise aussi à démontrer que les grandes mobilisations politiques peuvent se dérouler dans l’ordre, la discipline et le respect de l’environnement.

À travers cette initiative, Ousmane Sonko cherche à insuffler une nouvelle dynamique à ses partisans, en les incitant à agir non seulement sur le terrain politique, mais aussi dans la vie sociale et communautaire. Le message a été largement relayé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions positives parmi les sympathisants du parti et au-delà.

Bougane Guèye Dany dénonce l’interdiction du rassemblement du collectif “Ñaxtu National” : “Honte à vous !”

Le président du mouvement Guem Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau après la décision du préfet de Dakar d’interdire le rassemblement du collectif “Ñaxtu National”, prévu ce samedi au terrain Sacré-Cœur 3. L’autorité administrative a motivé cette interdiction par des risques de troubles à l’ordre public et de perturbations de la circulation sur la VDN, invitant les organisateurs à délocaliser leur manifestation vers un autre lieu.

Mais cette justification ne convainc pas Bougane Guèye Dany. Le leader de Guem Sa Bopp y voit une décision arbitraire et politique, visant à réduire au silence les voix dissidentes. Dans une réaction ferme publiée sur ses réseaux sociaux, il s’est indigné contre ce qu’il considère comme une nouvelle preuve de la dérive autoritaire du pouvoir.

« Le préfet de Dakar demande de délocaliser le Ñaxtu National parce que l’autre doit passer par la VDN. C’est ça la rupture ! Honte à vous ! », a-t-il lancé avec colère, dénonçant une “rupture” qui, selon lui, n’a apporté que de nouvelles formes de censure et d’injustice.

Pour Bougane Guèye Dany, cette décision traduit une volonté manifeste des autorités de museler l’opposition et de restreindre les libertés publiques, pourtant garanties par la Constitution. Il estime que le droit de manifester ne saurait être conditionné par des arguments fallacieux, surtout lorsque la demande a été introduite dans le respect des lois et délais en vigueur.

L’homme politique affirme que la mobilisation du collectif “Ñaxtu National” ne sera pas annulée, mais maintenue comme un symbole du combat pour la liberté et la démocratie. Selon lui, il s’agit d’une lutte citoyenne qui dépasse les clivages politiques et qui vise à défendre un droit fondamental : celui de s’exprimer librement dans l’espace public.

Médias au bord du gouffre : naissance du Front pour la Défense de la Liberté de la Presse (FDLP)

Face à la crise profonde qui secoue le secteur des médias sénégalais depuis plusieurs mois, les principaux acteurs du paysage médiatique national se sont retrouvés ce jeudi 6 novembre 2025 à la Maison de la Presse Babacar Touré. Cette rencontre, à l’initiative de l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL), du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics) et de la Coordination des Journalistes Reporters du Sénégal (CJRS), a marqué le lancement du Front pour la Défense de la Liberté de la Presse (FDLP).

Cette plateforme, née dans un contexte de tension et d’inquiétude, fait suite à l’arrestation de la patronne de 7TV, Maïmouna Ndour Faye, et du journaliste de la RFM, Babacar Fall. Mais au-delà de ces cas emblématiques, le FDLP se veut une réponse globale à une crise systémique qui menace la survie même du journalisme au Sénégal.

Dès l’ouverture des travaux, le président de l’APPEL, Ibrahima Lissa Faye, a dressé un tableau sombre de la situation actuelle. « Nous vivons depuis dix-huit mois une crise très profonde, marquée par des arriérés de salaires, des problèmes de santé, de loyer, et plus largement des difficultés existentielles », a-t-il déploré, sous les regards attentifs de ses confrères. Selon lui, la dégradation des conditions de vie et de travail des journalistes atteint désormais un niveau alarmant, au point d’affecter la dignité même du métier.

Les participants ont unanimement dénoncé la précarité grandissante dans les rédactions, sur fond de mutations technologiques rapides et d’une concurrence féroce dans le marché de l’information. Pour Lissa Faye, il ne s’agit plus seulement d’un problème de revenus : « Nous savons tous que le salaire, quel qu’en soit le montant, fait vivre une famille entière. Quand un journaliste n’est pas payé, c’est toute une chaîne qui s’effondre. »

Cette rencontre, qualifiée d’« assemblée souveraine », avait pour but de jeter les bases d’une feuille de route commune destinée à redresser la situation du secteur. Plusieurs pistes ont été évoquées, dont la création d’un comité de coordination chargé d’assurer le suivi des résolutions adoptées et de piloter les actions futures du Front.

Dans un discours empreint de fermeté, Ibrahima Lissa Faye a appelé à l’unité et à la responsabilité collective. « Je ne me bats pas pour Lissa Faye, ni pour Maïmouna Ndour Faye, ni pour qui que ce soit. Arrêtons de personnaliser le débat. Mettons l’intérêt supérieur de notre profession et de la démocratie sénégalaise au-dessus de tout », a-t-il martelé, en exhortant ses pairs à dépasser les clivages internes et à rejeter toute tentative de récupération politique.

Pour le président de l’APPEL, la crise actuelle trouve aussi ses origines dans un modèle économique obsolète, incapable de s’adapter à la nouvelle donne numérique. « Les technologies vont très vite, et nous risquons d’être dépassés. Pendant ce temps, nos contenus nourrissent les réseaux sociaux, les tiktokers et les influenceurs. Si nous cessons de produire, ils n’auront plus rien à partager », a-t-il fait remarquer, soulignant la nécessité urgente d’un réajustement structurel et d’une meilleure valorisation du travail journalistique à l’ère digitale.

Cette assemblée, qui s’est tenue dans un climat de gravité mais aussi d’espoir, a mis en lumière une conviction partagée : celle que la presse, malgré ses fragilités, demeure un pilier essentiel de l’État de droit et de la démocratie sénégalaise. « Notre profession est menacée. Nous devons nous lever, nous serrer les coudes et sortir de cette impasse », a conclu Lissa Faye.

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DU COLLECTIF NIAKHTOU NATIONAL

Message de clarification et d’unité nationale

Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL informe l’opinion publique que la grande manifestation du samedi 08 novembre 2025 au terrain Sacré-Cœur 3 sur la VDN est maintenue et se tiendra comme prévu de 17h00 à 21h00.

Des tentatives de désinformation et de manipulation circulent actuellement sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques, laissant croire à une annulation ou à un retrait du collectif.
Nous tenons à démentir formellement ces fausses informations.

Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL, qui regroupe plusieurs organisations de l’opposition, de la société civile et des mouvements citoyens, reste plus que jamais uni et déterminé à faire de cette journée un moment fort de mobilisation patriotique et démocratique, pour exprimer la voix du peuple sénégalais.

Nous saluons la maturité et la responsabilité de tous les acteurs qui œuvrent dans le sens de l’unité, du dialogue et du respect des engagements pris.
Aucun agenda personnel, aucune tentative de division ne saurait détourner notre collectif de son objectif : défendre les intérêts du peuple et la démocratie sénégalaise.

Par ailleurs, nous demandons à toutes les entités (partis politiques, activistes, organisations et mouvements citoyens) souhaitant rejoindre le Collectif NIAKHTOU NATIONAL, de prendre part à la réunion préparatoire prévue demain à 9h00 au Restaurant Le Relais.
Cette rencontre vise à renforcer la coordination, la mobilisation et la cohésion autour de notre objectif commun.

Nous invitons enfin tous les citoyens, militants, sympathisants et mouvements partenaires à rester mobilisés et vigilants face aux manipulations, et à répondre massivement à l’appel du peuple ce samedi 08 novembre à partir de 17h00 au terrain Sacré-Cœur 3.

Ensemble, restons unis et debout pour le Sénégal !

Fait à Dakar le 06 Novembre 2025,
Le Collectif NIAKHTOU NATIONAL

Le FMI dresse un bilan après sa visite au Sénégal : prudence sur la dette malgré une croissance solide

Après une visite de deux semaines à Dakar, du 22 octobre au 6 novembre 2025, une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par Edward Gemayel, Chef de mission pour le Sénégal, a présenté ses conclusions sur l’économie sénégalaise et les discussions autour d’un nouveau programme de prêt. L’objectif principal de cette mission était de faire avancer les discussions sur un soutien financier et d’évaluer les mesures correctrices mises en place à la suite de la découverte d’une dette cachée.

Malgré les défis liés à un endettement public élevé, le FMI se montre confiant quant à la résilience de l’économie sénégalaise. Edward Gemayel a souligné que le pays devrait connaître une année robuste en 2025, grâce notamment à la première année complète de production de pétrole et de gaz ainsi qu’au rebond de l’agriculture. Selon les projections du FMI, la croissance du PIB réel devrait atteindre environ 7,9 % cette année, tandis que l’inflation resterait maîtrisée, à une moyenne d’environ 1,4 %.

L’institution internationale a également salué l’engagement du gouvernement sénégalais en faveur de la discipline budgétaire, un impératif après l’épisode de la dette cachée. Le déficit global devrait se réduire significativement, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025. La Loi de Finances 2026 prévoit une réduction supplémentaire du déficit à 5,4 % du PIB, soutenue par une ambition de mobilisation accrue des recettes fiscales. Toutefois, le FMI a mis en garde sur le réalisme de ces projections. Edward Gemayel a averti que le rendement fiscal supposé des nouvelles mesures—comprenant des taxes sur les jeux de hasard, les transferts mobiles, l’impôt foncier et la suppression progressive des exonérations fiscales—présente un risque important, soulignant la nécessité de projections plus prudentes.

Le Sénégal reste confronté à des pressions significatives liées à sa dette. La dette totale du secteur public est estimée à 132 % du PIB fin 2024, incluant 4 % d’arriérés de dépenses domestiques, dont le traitement dépend des résultats de l’audit mené par l’Inspection Générale des Finances. Concernant les mesures correctrices liées au « cas de fausse déclaration », la mission du FMI note que des progrès satisfaisants ont été accomplis, notamment dans l’amélioration de la publication des données sur la dette. Néanmoins, Edward Gemayel a insisté sur la nécessité de mesures supplémentaires, en particulier le renforcement des capacités de gestion de la dette et la centralisation de cette fonction au sein d’un seul ministère afin d’améliorer le contrôle, la transparence et la responsabilité.

La mission du FMI a permis de réaliser des avancées notables vers l’établissement des bases d’un nouveau programme de soutien. Les discussions ont été constructives, abordant la durabilité budgétaire, l’amélioration de la gestion de la dette et le renforcement de la gouvernance. Le FMI se dit prêt à poursuivre le dialogue avec les autorités sénégalaises dans les semaines à venir afin de finaliser un accord. L’institution a également salué l’engagement des autorités, reconnaissant leurs efforts continus en matière de transparence, de discipline budgétaire et de gestion macroéconomique saine.

Affaire Prodac : Pape Malick Ndour placé en garde à vue, soupçonné d’association de malfaiteurs et de détournement de deniers publics

L’ancien coordonnateur du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, a été placé en garde à vue ce jeudi, à la suite de son interpellation par les éléments de la Division des Investigations Criminelles (DIC). D’après des sources concordantes relayées par Seneweb, le coordonnateur des cadres de l’Alliance Pour la République (APR) est poursuivi pour association de malfaiteurs et complicité de détournement de deniers publics.

L’arrestation de Pape Malick Ndour s’inscrit dans le prolongement de l’enquête ouverte dans le cadre de la gestion du Prodac, un programme public censé promouvoir l’emploi des jeunes en milieu rural à travers la mise en place de fermes agricoles modernes. Cette affaire, déjà marquée par l’inculpation récente de Mamina Daffé, ancien directeur général du Prodac, connaît donc un nouveau rebondissement avec la mise en cause de l’ex-député et responsable politique de l’APR.

Selon les informations disponibles, Pape Malick Ndour passera la nuit dans les locaux de la DIC avant d’être présenté, ce vendredi, au juge d’instruction du premier cabinet du Pool Judiciaire Financier, sauf changement de programme. Il devrait être entendu sur des faits présumés de mauvaise gestion et de détournement de fonds publics liés à la mise en œuvre du programme.

Cette nouvelle arrestation ravive les débats autour de la gouvernance des anciens programmes d’investissement publics, souvent pointés du doigt pour leur manque de transparence et les soupçons de mauvaise gestion. Elle intervient également dans un contexte où les autorités judiciaires semblent déterminées à faire la lumière sur plusieurs dossiers financiers sensibles datant du précédent régime.

Pour rappel, le Prodac avait été lancé en grande pompe sous l’ancien président Macky Sall, avec l’ambition de créer des pôles agricoles intégrés capables de générer des milliers d’emplois pour les jeunes. Cependant, au fil des années, le programme a été éclaboussé par plusieurs polémiques, notamment liées à la gestion des financements et à la réalisation effective des projets annoncés.

Rappel à l’ordre du peuple renonce à son rassemblement du 8 novembre pour préserver la paix publique

Le collectif citoyen Rappel à l’ordre du peuple a officiellement renoncé à la tenue de son rassemblement prévu le 8 novembre 2025 au terrain de Sacré-Cœur III, initialement organisé sous le thème « Pour un Sénégal de droits et de dignité », selon des informations rapportées par Seneweb.

Dans une lettre datée du 5 novembre 2025 et adressée au sous-préfet des Almadies, les initiateurs du mouvement — Abdou Karim Guèye (plus connu sous le pseudonyme Xarim Xrum Xax), Mamadou Cissé et Abdoulaye Masseck Mbaye — ont annoncé leur décision de désister officiellement de l’événement.

Ce retrait intervient dans un contexte de conflit de calendrier, après qu’une seconde demande a été déposée pour le même lieu, à la même date et autour du même thème. Face à ce risque de chevauchement, les responsables du collectif ont expliqué avoir pris cette décision « dans un souci d’éviter tout incident susceptible de perturber l’ordre public ».

Dans leur correspondance, les initiateurs ont souligné que leur choix procède d’une volonté de préserver le climat sociopolitique et de prévenir tout affrontement qui pourrait découler d’une situation indépendante de leur volonté. Ils affirment ainsi agir dans un esprit de responsabilité, privilégiant la paix et la stabilité au détriment de toute confrontation inutile.

Les membres du collectif ont également réaffirmé leur attachement aux valeurs de paix, de respect de l’ordre public et d’engagement citoyen, principes qui, selon eux, ont toujours guidé leurs actions depuis la création du mouvement. Malgré le report de cette initiative, Rappel à l’ordre du peuple assure rester pleinement mobilisé dans sa mission de sensibilisation, de plaidoyer et de promotion d’un Sénégal plus juste et plus digne.

Enfin, les trois initiateurs ont tenu à exprimer leur reconnaissance au sous-préfet des Almadies pour « sa compréhension et l’attention constante qu’il porte aux initiatives citoyennes respectueuses des lois et de l’ordre public ».

ASP / SOUPÇONS DE NÉPOTISME AUTRES FAITS PRÉSUMÉS : Le Capitaine Touré, entendu par la Sûreté urbaine

Quelques mois après les réformes engagées à son arrivée à la tête de l’Agence dassistance à la sécurité de proximité (ASP), le capitaine Seydina Oumar Touré fait lobjet de nouvelles allégations portant sur sa gestion. Le directeur général affirme avoir saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » et avoir été entendu par la Sûreté urbaine.

Il y a environ neuf mois, nos confrères d’emedia.sn, citant le journal Source A, rapportaient des remous internes au sein de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Le directeur général, le Capitaine Seydina Oumar Touré, conduisait alors une série de réformes qualifiées de controversées par certains agents. Entre licenciements, recrutements d’anciens militaires, réorganisation de l’organigramme et gestion du parc automobile, la direction de l’agence faisait l’objet de multiples critiques.

Dès sa prise de fonctions, le Capitaine Touré aurait procédé à une refonte en profondeur de l’organigramme de l’ASP. Plusieurs directeurs auraient été rétrogradés, notamment celui de la planification, tandis que l’ancien Directeur administratif et financier (DAF) aurait été remplacé par un auditeur interne, lui-même relevé de ses fonctions quelques mois plus tard. Certains responsables auraient vu leur rémunération réduite ou auraient été affectés en dehors de Dakar, en raison, selon Emedia, d’une incompatibilité d’humeur avec le nouveau directeur général.

Face à ces griefs présumés, le Capitaine Touré assumait ses choix, estimant que « le décret instituant l’ASP parle de gouvernance sécuritaire de proximité » et que, pour remplir cette mission, « l’organigramme devait être corrigé ». Mis en cause pour avoir écarté des cadres pour des motifs supposément politiques, il déclarait : « je suis un homme politique, nommé ici. Certains dénigrent le régime en place dans leurs discours, ce n’est pas possible. J’ai étudié le profil de chacun. »

S’agissant des réaffectations, il précisait : « si un directeur accepte d’être affecté ailleurs, son salaire s’adapte au poste occupé. Ceux qui refusent peuvent démissionner ou introduire un recours. » Le directeur général justifiait par ailleurs le recrutement d’anciens militaires radiés, citant notamment le soldat Mouhamadou B. Kanté et le caporal Ousseynou Fall, au motif de renforcer la discipline au sein de l’agence : « L’ASP manquait de rigueur, il fallait y remédier. »

Interrogé sur la présence de chroniqueurs médiatiques au sein de l’agence, il avait également tranché : « J’ai demandé à ceux qui étaient devenus chroniqueurs de quitter les médias. »

La gestion du parc automobile n’échappait pas non plus aux interrogations. La possession de véhicules de type Toyota V6, Fortuner ou double cabine suscitait des critiques, tout comme la vente de treize voitures, aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire initiée par le capitaine Touré lui-même, qui dit vouloir faire toute la lumière sur d’éventuelles irrégularités.

Malgré les contestations, le directeur général de l’ASP est demeuré ferme, affirmant vouloir poursuivre sa réforme et consolider la mission de sécurité de proximité au Sénégal.

LA PLAINTE À LA SÛRETÉ URBAINE

Récemment, ces mêmes allégations ont refait surface, assorties cette fois-ci d’accusations de népotisme présumé, entre autres. Sollicité par Le Dakarois Quotidien, le Capitaine Touré a indiqué avoir déposé une plainte pour « diffusion de fausses nouvelles » auprès de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, par l’entremise de son avocat, Me Moussa Sarr. Il précise avoir été entendu ce mercredi 5 novembre dans le cadre de cette procédure visant, selon ses termes, « les organes et personnes ayant diffusé ces informations ».

Invité par notre rédaction à partager une copie de la plainte afin d’en informer l’opinion publique, le directeur général a décliné, arguant que la diffusion du document « [risquerait] de décrédibiliser l’enquête », tout en nous invitant à nous rapprocher de la Sûreté urbaine pour toute vérification.

Toutefois, la rédaction du Dakarois Quotidien a tenu à rappeler que la transmission d’une copie de plainte ne saurait en aucun cas compromettre une enquête en cours, dès lors qu’il ne s’agit pas d’en divulguer le contenu confidentiel, mais simplement d’en attester l’existence, conformément aux principes de transparence et de rigueur journalistique. Cette pratique, courante dans le métier, s’inscrit dans le strict respect des règles déontologiques.

Malgré ces précisions, le Capitaine Touré a maintenu sa position, préférant ne pas partager le document, estimant cela pourrait porter atteinte au bon déroulement de la procédure.

Quoiqu’il en soit, Le Dakarois Quotidien demeure attentif à l’évolution de ce dossier et y reviendra dès que de nouveaux éléments seront disponibles, notamment la communication d’une version officielle de l’ASP ou la mise à disposition d’une copie de la plainte déposée par le Capitaine Seydina Oumar Touré.

Penda THIAM

Santé : And Gueusseum rejette le décret 2025-670 jugé « inéquitable » et annonce un plan d’action à Ziguinchor

Le secteur de la santé au Sénégal est à nouveau traversé par des remous. À Ziguinchor, la section régionale du syndicat And Gueusseum hausse le ton contre le décret n°2025-670 du 29 avril 2025, qu’elle qualifie « d’inéquitable » et « de profondément injuste ». Ce texte, signé par les autorités, fixe les règles de fonctionnement des organes délibérants dans les entités du secteur parapublic, notamment les hôpitaux publics. Mais ce sont surtout les dispositions relatives à la représentation du personnel qui cristallisent la colère des travailleurs.

En effet, le décret réserve désormais l’éligibilité des représentants du personnel aux seuls agents appartenant à la hiérarchie A. Pour And Gueusseum, cette restriction crée une fracture au sein du système hospitalier, en excluant de nombreux acteurs essentiels du fonctionnement des établissements de santé. « C’est une mesure discriminatoire et contraire à l’esprit d’équité qui doit prévaloir dans nos hôpitaux », déplore Ousmane Mbaye, coordinateur régional du syndicat à Ziguinchor.

Selon lui, le texte prive une majorité d’agents — notamment les infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, techniciens et autres personnels de soutien — de leur droit à participer à la gouvernance de leur structure. « Dans un hôpital, l’efficacité repose sur la complémentarité des métiers. Ce n’est pas un diplôme qui fait le dévouement ni la compétence dans la défense des intérêts collectifs », a-t-il souligné, estimant que « la représentation du personnel devrait être ouverte à tous ceux qui travaillent sur le terrain au service des malades ».

Les membres d’And Gueusseum estiment également que le décret souffre d’une incohérence majeure. Le coordinateur régional rappelle en effet que « le président du conseil d’administration d’un hôpital, qui exerce un pouvoir stratégique bien plus important, n’est soumis à aucune exigence de hiérarchie particulière. Il est nommé par décret présidentiel, quel que soit son profil. Pourquoi, dans ce cas, imposer une restriction de grade uniquement aux représentants du personnel ? ». Pour les syndicalistes, cette asymétrie traduit un manque d’équilibre et renforce le sentiment d’injustice parmi les agents concernés.

Face à cette situation, And Gueusseum a entamé une série de démarches. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les directions de l’hôpital de la Paix et de l’hôpital régional de Ziguinchor afin de présenter les doléances du personnel et de solliciter un dialogue avec les autorités de tutelle. Ces discussions n’ayant, pour l’heure, abouti à aucun compromis, le syndicat a décidé de passer à l’action.

Un sit-in est prévu le 21 novembre prochain à Ziguinchor, dans le cadre de la mise en œuvre du cinquième plan d’action syndicale. Si aucune suite favorable n’est donnée à leurs revendications, And Gueusseum prévoit d’élargir la mobilisation à d’autres structures sanitaires du pays, avec la possibilité d’une grève de 72 heures. « Ce plan d’action est un avertissement. Nous sommes ouverts au dialogue, mais nous n’accepterons pas que les droits des travailleurs soient sacrifiés », a prévenu Ousmane Mbaye.

Par ailleurs, le syndicat rejette le pacte de stabilité sociale proposé par le gouvernement, qui vise à instaurer une trêve des grèves pour une période de trois ans. Selon And Gueusseum, ce pacte est « inacceptable » dans la mesure où il a été élaboré sans la consultation de tous les acteurs représentatifs. « Nous n’avons pas été conviés à la signature de ce document, et même si nous l’avions été, nous ne l’aurions pas signé. L’État ne peut pas parler de stabilité alors qu’il n’a pas encore honoré ses engagements vis-à-vis des travailleurs », a déclaré le coordinateur.

And Gueusseum revendique depuis plusieurs années une autonomie syndicale vis-à-vis des centrales traditionnelles, se présentant comme une « troisième voie syndicale » : indépendante, critique et résolument tournée vers la défense des droits et de la dignité du personnel de santé. À Ziguinchor, comme ailleurs, la coordination régionale assure qu’elle restera mobilisée jusqu’à la révision ou la suspension du décret 2025-670, estimant qu’il remet en cause des acquis sociaux durement obtenus après des années de lutte.

Suspension de 7TV et TFM sur la TNT : le CNRA dément toute implication et ordonne la reprise immédiate des signaux

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) a tenu à apporter des précisions ce mercredi 5 novembre 2025, à la suite de la suspension constatée ces derniers jours des signaux des chaînes 7TV et TFM sur la Télévision numérique terrestre (TNT). Dans un communiqué rendu public, l’institution de régulation a formellement démenti toute responsabilité dans cette interruption de diffusion.

Le CNRA a souligné qu’aucune mesure de suspension n’a été prise à l’encontre des deux chaînes concernées. L’organe de régulation a tenu à rappeler qu’il exerce ses missions « en toute indépendance », conformément aux dispositions de la loi n°2006-04 du 4 janvier 2006, qui définit ses prérogatives en matière de contrôle du secteur audiovisuel. Cette loi confère au CNRA la responsabilité de veiller au respect des règles juridiques et déontologiques encadrant la communication audiovisuelle au Sénégal.

Dans son communiqué, le CNRA a également réaffirmé son attachement à la liberté de la presse et au pluralisme, des principes qu’il considère comme essentiels au bon fonctionnement et à l’équilibre du paysage médiatique national. Ces valeurs, rappelle l’institution, constituent des piliers fondamentaux d’une démocratie vivante et d’une information accessible à tous.

Soucieuse de garantir la continuité du service public audiovisuel, l’autorité de régulation a, dans la foulée, ordonné à TDS SA — l’opérateur technique chargé de la diffusion des chaînes sur la TNT — de procéder à la reprise immédiate des signaux de 7TV et de TFM. Cette décision vise à rétablir sans délai la diffusion normale des programmes et à préserver les droits des téléspectateurs, injustement privés d’accès à ces chaînes depuis plusieurs jours.

Par cette mise au point, le CNRA entend dissiper toute confusion et réaffirmer sa posture d’arbitre impartial au service du respect de la législation et de la liberté d’expression dans le secteur audiovisuel sénégalais.

AFFAIRE DE LA RÉQUISITION DES MOISSONNEUSES-BATTEUSES D’INTERMAQ : Mabouba Diagne « vend la guerre » au ministère de la Communication

Ce qui devait être un simple exercice de transparence semble se transformer en refus de communication et interférence administrative. Dans le sillage de laffaire des moissonneuses-batteuses dIntermaq, Le Dakarois Quotidien na pas seulement fait face au silence du ministère de lAgriculture, mais il a également vu surgir de nulle part le ministère de la Communication, invoquant des arguments de non-conformité pour éluder des questions légitimes sur la gestion des deniers publics.

Dans sa parution du 29 juillet 2025, Le Dakarois Quotidien avait annoncé son intention de revenir sur l’affaire des vingt (20) moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, en l’absence d’avenant contractuel au moment de l’opération malgré la multitude de correspondances adressées au Dr Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage.

Tout est parti d’une série de démarches entreprises par la rédaction pour recueillir la version officielle du ministère de l’Agriculture (MAERSA). Le dimanche 27 juillet 2025, à une heure avancée de la soirée, la direction du journal a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne, sans obtenir de réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct est resté sans suite. Le lundi 28 juillet, Le Dakarois Quotidien a pris attache avec M. Dièye, directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER), afin d’obtenir la position du ministère. Dès l’entame de l’échange, ce dernier a exigé de connaître l’origine de nos informations. La rédaction a alors rappelé qu’en vertu de l’éthique journalistique, la protection des sources constitue un principe intangible.

Le directeur a, par la suite, invité notre rédaction à transmettre un courrier physique au ministère de l’Agriculture à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Le courrier, accompagné d’une série de questions visant à éclairer l’opinion publique, a été effectivement déposé et déchargé par les services du ministère le 30 juillet 2025. Le 8 août 2025, une réponse signée par Ousmane Mbaye, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, nous est parvenue par courrier électronique. Dans sa correspondance, M. Mbaye indiquait « [regretter] de ne pouvoir donner une suite favorable à [notre] requête à ce stade », invoquant « la sensibilité des informations sollicitées et la nécessité de respecter certaines obligations de confidentialité ».

Le journal a accusé réception de cette réponse et, à la demande du ministère, a transmis une décharge le 21 août 2025.

Mais, contre toute attente, le 10 septembre 2025, Le Dakarois Quotidien a reçu une lettre émanant cette fois-là du ministère de la Communication, relevant que notre organe de presse « n’est pas, à ce jour, en conformité avec les dispositions du Code de la Presse » et qu’à ce titre, « il n’existe aucune obligation légale de [lui] fournir les informations sollicitées ».

Cet argument soulève plusieurs contradictions. En effet, le 6 février 2025, le Groupe Le Dakarois, dont toutes les plateformes sont numériques, figurait bel et bien sur la liste officielle des médias « reconnus » par le ministère de la Communication. De plus, le 12 juin 2025, la Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la notification de cessation de parution du média Public SN, propriété de la journaliste Aïssatou Diop Fall, estimant que l’arrêté ministériel contesté portait atteinte au droit. En conséquence, les actes pris par le ministère dans ce dossier, y compris les listes dites « officielles » des médias reconnus par l’État, ne sauraient produire d’effets tant que le dossier n’est pas définitivement vidée.

Le paradoxe est d’autant plus flagrant que, le 22 septembre 2025, le même ministère de la Communication a convié la direction du Dakarois Quotidien à un atelier de partage et de sensibilisation consacré à la Plateforme DMS et au nouveau formulaire de soumission au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Cette rencontre s’est effectivement tenue le 26 septembre 2025 à Dakar. Dans sa note de cadrage, le ministère précisait que cette initiative s’inscrivait dans « la volonté inclusive de travailler, en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes, à la réforme et à la redynamisation du secteur des médias dans toutes ses dimensions ».

Par conséquent, une contradiction manifeste demeure : comment un média prétendument « non reconnu » peut-il être invité à une rencontre officielle organisée par le ministère de tutelle ?

Par ailleurs, s’il n’y a pas de rectification de dernière minute, le Groupe Le Dakarois est reconnu dans la catégorie « presse en ligne » sur la plateforme du ministère (nous avons une capture d’écran à notre disposition).

Au-delà de ce paradoxe administratif, des questions de fond méritent d’être posées. Pourquoi le ministère de la Communication intervient-il dans une affaire relevant du ministère de l’Agriculture ? Pourquoi se substituer à la cellule de communication de ce dernier, comme pour « plaider » sa cause ou verrouiller la diffusion d’informations ? Qu’est-ce qui, dans ce dossier des 20 moissonneuses-batteuses réquisitionnées auprès d’Intermaq, dérange à ce point le gouvernement pour susciter une telle opacité ?

Cette attitude contraste avec les principes de transparence et de reddition des comptes que le régime actuel ne cesse de proclamer, notamment à travers le slogan « jub, jubbal, jubbanti ». D’autant plus que la loi sur l’accès à l’information consacre désormais le droit de tout citoyen – journaliste ou non – d’obtenir communication des informations relatives à la gestion des affaires publiques.

En cherchant à comprendre les conditions de la réquisition des moissonneuses-batteuses, Le Dakarois Quotidien s’est heurté à une muraille de silence. Ce dossier paraît, en définitive, représenter un malaise profond pour les services du ministre Mabouba Diagne.

Penda THIAM

Négociation d’un nouveau programme : le FMI prolonge sa mission au Sénégal

La mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal, initialement prévue pour s’achever le mardi 4 novembre 2025, se poursuivra finalement quelques jours de plus. Cette prolongation, annoncée par Le Soleil, s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les représentants de l’institution financière internationale et les autorités sénégalaises en vue de la conclusion d’un nouveau programme de coopération économique.

Selon un porte-parole du FMI, les échanges menés depuis l’arrivée de la délégation à Dakar, le 22 octobre, ont été « fructueux » et se poursuivent dans un esprit constructif. « L’équipe du FMI poursuit ses discussions à Dakar avec les autorités sénégalaises. Notre visite a été productive jusqu’à présent, et nous poursuivons les discussions sur les politiques et les réformes qui pourraient étayer la demande des autorités concernant un programme soutenu par le FMI », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une déclaration finale sera rendue publique à la fin de la mission.

Cette prolongation traduit la volonté commune des deux parties de parvenir à un accord équilibré, adapté aux réalités économiques actuelles du Sénégal. Le pays, confronté à un contexte budgétaire tendu, cherche à renforcer sa stabilité macroéconomique tout en poursuivant des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance, maîtriser la dette et améliorer la gouvernance des finances publiques.

Les discussions portent notamment sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, la gestion de la dette publique, la politique monétaire, ainsi que les mesures destinées à encourager l’investissement productif et la création d’emplois. Le FMI, de son côté, met l’accent sur la nécessité d’une discipline budgétaire accrue, d’une meilleure transparence dans la gestion des fonds publics et d’un environnement économique propice à la confiance des investisseurs.

Ce nouveau cadre de coopération, qui succéderait au précédent programme conclu sous l’ancien régime, est perçu comme une étape déterminante dans la consolidation de la stabilité économique du pays. Les autorités sénégalaises espèrent obtenir un appui financier permettant de soutenir les grands projets de développement et de répondre aux besoins sociaux prioritaires, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’énergie.

La conclusion de ce programme est également stratégique pour renforcer la crédibilité financière du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers. En effet, les négociations ont été amorcées officiellement lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, tenues en octobre dernier, où le Sénégal avait réaffirmé sa volonté d’inscrire sa politique économique dans une trajectoire de rigueur et de transparence.

En attendant la publication de la déclaration finale, les observateurs suivent de près les conclusions de cette mission prolongée, qui pourrait jeter les bases d’un nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI. Un partenariat qui, selon les autorités, devra être fondé sur une vision équilibrée entre stabilité financière, justice sociale et développement durable.

Émigration irrégulière : 60 migrants interceptés sur la plage du Club Med après l’échouage d’une pirogue partie de Gambie

La lutte contre l’émigration clandestine s’intensifie au Sénégal. Ce samedi 1er novembre 2025, les forces de l’ordre ont déjoué une nouvelle tentative de migration irrégulière sur les côtes dakaroises. La brigade de proximité de Ngor, appuyée par un escadron de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI), a interpellé soixante migrants, dont cinquante-deux garçons et huit filles, sur la plage du Club Med, selon un communiqué de la Gendarmerie nationale.

C’est un dispositif de veille, mis en place dans le cadre des opérations de surveillance côtière, qui a permis de repérer la présence d’une embarcation suspecte approchant la côte. Alertées, les unités de la gendarmerie sont immédiatement intervenues pour empêcher toute tentative de fuite et sécuriser les lieux.

Les premiers éléments de l’enquête indiquent que la pirogue en question aurait quitté les côtes gambiennes dans la nuit du dimanche 26 octobre 2025, à destination des îles Canaries, en Espagne. À son départ, l’embarcation transportait environ cent cinquante-quatre passagers, selon les témoignages recueillis auprès des migrants interpellés. Mais après plusieurs jours d’errance en mer, confrontée à des conditions météorologiques difficiles et à une panne de moteur, la pirogue aurait fini par s’échouer sur la plage du Club Med, à Dakar.

Lors de l’intervention, les forces de sécurité ont saisi un moteur hors-bord de 40 chevaux, plusieurs bidons de carburant ainsi que deux pirogues utilisées pour la traversée. Ces saisies devraient permettre d’étayer l’enquête en cours, qui cherche à identifier les organisateurs de cette traversée clandestine.

Selon les informations disponibles, les migrants interceptés ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie pour vérification d’identité et auditions. Des procédures administratives sont également en cours pour leur prise en charge, conformément aux dispositions en vigueur.

Cette nouvelle opération illustre la persistance du phénomène de l’émigration irrégulière malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les organisations humanitaires. Les jeunes, souvent en quête d’un avenir meilleur, continuent de prendre des risques énormes pour tenter de rejoindre l’Europe par la mer.

La Gendarmerie nationale a réaffirmé, dans son communiqué, sa détermination à renforcer les dispositifs de surveillance sur le littoral sénégalais afin de freiner ce fléau qui coûte chaque année la vie à de nombreux candidats à l’exil. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine exacte du voyage, les réseaux impliqués dans l’organisation de la traversée et les circonstances précises ayant conduit à l’échouage de la pirogue sur la plage du Club Med.

« Le ministère de la Communication lance le guichet unique DMS pour l’accès au FADP »

Le ministère de la Communication a officiellement lancé ce lundi le guichet unique destiné à la gestion des demandes liées au Fonds d’appui à la presse (FADP). Annoncée par le directeur de la Communication, Habibou Dia, sur les ondes de la RTS, cette plateforme digitale, dénommée DMS, est désormais le canal obligatoire pour tous les médias souhaitant bénéficier de ce fonds. La plateforme est accessible depuis 8 heures ce matin, marquant le début d’une nouvelle ère dans la gestion administrative des demandes de soutien à la presse.

Selon Habibou Dia, le DMS constitue « le seul guichet où passeront toutes les démarches concernant les médias », permettant ainsi au ministère de centraliser et de recenser l’ensemble des structures médiatiques conformes. Ce projet, qui a nécessité quatre mois de développement, intègre de nouvelles fonctionnalités visant à simplifier l’accès des médias aux services proposés par l’administration. Grâce à cette plateforme, les médias en règle n’auront qu’à cliquer sur l’option « formulaire » pour soumettre leur demande de financement au titre du FADP.

Le directeur de la Communication a par ailleurs tenu à rappeler que seuls les médias conformes aux règles en vigueur auront accès à la plateforme cette année. Les structures non conformes devront patienter jusqu’à l’année prochaine pour déposer leurs demandes. « Seuls les médias conformes peuvent voir l’option formulaire. Les non-conformes doivent prendre leur mal en patience et attendre l’année prochaine », a insisté M. Dia, soulignant l’importance de la conformité aux textes régissant le secteur de la presse.

Téra-meeting du 8 novembre : Abdou Mbow fustige Ousmane Sonko et appelle à des actions concrètes pour les Sénégalais

Le député Abdou Mbow, membre de l’Alliance pour la République (APR) et figure de l’opposition, s’est vivement exprimé sur le « Téra-meeting » annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko pour le 8 novembre prochain. Invité de l’émission Jury du Dimanche (JDD) sur Iradio, ce dimanche 2 novembre, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a jugé inopportune l’organisation d’un tel rassemblement, estimant que le gouvernement devrait se concentrer sur la résolution des problèmes quotidiens des Sénégalais plutôt que sur des initiatives à caractère politique.

Dans son intervention, Abdou Mbow a rappelé que le rôle premier d’un gouvernement est d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations de la population. « La mission du pouvoir en place, c’est de trouver des solutions pour le Sénégal, c’est de trouver des solutions pour les Sénégalais », a-t-il affirmé avec insistance. Selon lui, les priorités du pays sont ailleurs : la lutte contre la vie chère, la création d’emplois pour les jeunes et la baisse des prix de l’électricité et de l’eau. L’élu a reproché au gouvernement actuel d’avoir maintenu, voire aggravé, certaines mesures fiscales qui alourdissent le coût de la vie. « L’eau a augmenté à cause des taxes issues de leurs propres lois. Ils doivent travailler à tout faire pour que la vie chère soit un mauvais souvenir », a-t-il déclaré.

Abdou Mbow n’a pas caché son agacement face à ce qu’il considère comme un détournement de l’attention publique. Pour lui, l’organisation d’un meeting à un moment où de nombreuses familles peinent à joindre les deux bouts relève d’une mauvaise appréciation des priorités nationales. « Ils n’ont pas à organiser de marches, ni de meetings. Pourquoi ? Pour prendre l’argent des Sénégalais et faire du n’importe quoi », a-t-il martelé. Ces propos traduisent une critique frontale d’une gouvernance qu’il juge plus préoccupée par la communication politique que par la gestion des urgences économiques et sociales.

Le député a également mis en lumière la dualité de fonctions d’Ousmane Sonko, à la fois Premier ministre et président de son parti, le PASTEF. Pour lui, cette double casquette comporte des risques de confusion entre les responsabilités gouvernementales et les ambitions partisanes. « Le Premier ministre est président d’un parti politique, mais il reste avant tout le chef du gouvernement. Son parti doit l’aider à régler les problèmes des Sénégalais, pas à organiser des meetings pour insulter les gens », a-t-il lancé.

Abdou Mbow a par ailleurs évoqué le rôle que doit jouer l’opposition dans le contexte actuel. Il estime que le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), coalition issue de l’ancienne majorité présidentielle, doit s’impliquer davantage dans la recherche de solutions aux difficultés que traverse le pays. « Le FDR ne peut pas ne pas participer à tout ce qui peut abréger les souffrances des populations », a-t-il soutenu. Pour lui, cette implication s’inscrit dans une logique de construction d’une alternative crédible en vue de l’échéance électorale de 2029, qu’il considère comme une opportunité de redonner espoir aux citoyens.

En conclusion, Abdou Mbow a appelé le gouvernement à privilégier les politiques publiques concrètes et mesurables plutôt que les démonstrations de force sur la place publique. À ses yeux, le « Téra-meeting » annoncé par Ousmane Sonko est loin de répondre aux attentes d’une population qui aspire avant tout à une amélioration de ses conditions de vie. Le 8 novembre s’annonce ainsi comme un moment de vérité politique, où la capacité du Premier ministre à concilier engagement partisan et responsabilité étatique sera mise à l’épreuve face à des citoyens de plus en plus exigeants.

Sénégal : L’ARP et la Police nationale démantèlent un réseau de distribution illégale de médicaments à Pikine-Saint-Louis

L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), à travers sa Direction de l’Inspection Pharmaceutique, de la Surveillance du Marché et des Vigilances, a mené, en collaboration avec la Brigade nationale de lutte contre la piraterie et la contrefaçon (BNLPC) de la Police nationale, une opération d’envergure ayant abouti au démantèlement d’un réseau de distribution illégale de produits médicaux. Cette action, menée le 30 octobre 2025, visait un dépôt appartenant à la société HAOQI, implantée à Pikine-Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.

Selon un communiqué publié le 31 octobre par la cellule de communication de l’ARP, cette opération s’inscrit dans le cadre des activités du pôle Nord, qui regroupe les régions de Saint-Louis, Louga et Matam. Ce dispositif a pour objectif de renforcer la surveillance du marché pharmaceutique local, de freiner le trafic transfrontalier de médicaments non autorisés et de protéger les populations contre les dangers liés à la contrefaçon et à la vente illicite de produits médicinaux.

Les équipes de l’ARP et de la Police nationale ont découvert sur place 27 types de produits différents, parmi lesquels figuraient des thés, des gélules, des comprimés et des poudres présentés comme des remèdes thérapeutiques. La valeur totale de la marchandise saisie est estimée à 3 millions de francs CFA. D’après le communiqué, ces produits, distribués à grande échelle, ne disposaient ni d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ni d’une autorisation de commercialisation délivrée par les autorités sanitaires sénégalaises.

L’ARP met en garde contre la consommation de ces substances, soulignant qu’elles peuvent entraîner de graves conséquences sanitaires. « Leur utilisation expose la population à des risques majeurs, notamment des insuffisances rénales, des hépatites et d’autres pathologies chroniques », alerte l’Agence. De tels produits, souvent fabriqués dans des conditions non conformes aux normes pharmaceutiques, constituent une véritable menace pour la santé publique et fragilisent les efforts nationaux en matière de sécurité sanitaire.

Le choix de mener cette opération dans le pôle Nord traduit la volonté du gouvernement de territorialiser les politiques pharmaceutiques et de lutter efficacement contre les réseaux parallèles qui alimentent le marché noir du médicament. Cette approche s’inscrit dans les orientations arrêtées lors du 13e Conseil des ministres, qui avait fait de la lutte contre le trafic de médicaments une priorité nationale.

En conclusion, l’ARP a réaffirmé son engagement total aux côtés de la Police nationale pour endiguer la prolifération des circuits illégaux de distribution pharmaceutique. L’agence appelle les populations à redoubler de vigilance et à s’approvisionner exclusivement dans les officines agréées, les seuls points de vente autorisés et sécurisés. Par cette action, les autorités envoient un signal fort aux trafiquants et réaffirment leur détermination à protéger la santé publique contre toute forme de commerce illicite de produits médicaux.

Maïmouna Ndour Faye, après sa libération : « Le journalisme n’est pas un crime »

Libérée ce jeudi 30 octobre après plusieurs heures de garde à vue, la directrice générale de la 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a pris la parole devant la presse réunie dans les locaux de la chaîne à l’occasion d’un rassemblement organisé par le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP). Très émue, mais affichant une grande sérénité, la journaliste a tenu à remercier l’ensemble des acteurs des médias pour leur solidarité, avant de dénoncer la coupure du signal de sa chaîne et de la TFM, qu’elle juge illégale.

Dès ses premiers mots, Maïmouna Ndour Faye a tenu à exprimer sa gratitude envers ses confrères et consœurs : « Toute la presse sénégalaise qui s’est mobilisée ces dernières 48 heures pour nous apporter un soutien fraternel, je vous remercie du fond du cœur », a-t-elle déclaré. Interpellée après la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international, la directrice de la 7TV a souhaité rétablir la vérité sur sa démarche professionnelle. « Je voudrais juste rassurer ceux qui ont formulé cette accusation d’atteinte à la sûreté de l’État et d’atteinte à l’autorité de la justice. Dans ma démarche, je n’ai jamais eu l’intention de nuire à l’État ni d’affronter la justice », a-t-elle précisé.

La journaliste a expliqué que son unique objectif était de garantir le droit du public à une information complète et équilibrée. « Je suis journaliste, j’ai simplement exercé le droit à l’information pour les citoyens. Cela fait un mois qu’on parle du dossier Madiambal sans jamais entendre sa version. Comme tous les confrères, nous avons voulu lui donner la parole pour permettre aux Sénégalais d’avoir toutes les précisions nécessaires », a-t-elle ajouté.

Elle a ensuite regretté que cette démarche journalistique ait été interprétée comme un acte subversif. « Je suis désolée que ce soit considéré comme une atteinte à l’autorité de la justice », a-t-elle poursuivi. Avant d’ajouter : « Au regard des conventions internationales, du code de la presse et des lois du Sénégal, rien n’interdit à un journaliste d’interviewer une personne poursuivie par la justice. Je n’ai pas donné la parole à un terroriste, ni à un rebelle, encore moins à un déserteur. J’ai donné la parole à un homme, parce que c’est notre devoir d’informer. »

Abordant la question de la coupure du signal de la 7TV et de la TFM intervenue peu après son arrestation, Maïmouna Ndour Faye a dénoncé une violation grave de la réglementation en vigueur. « Les signaux ont été coupés sans qu’aucune procédure légale ne soit respectée. Le CNRA est le seul organe habilité à prendre une telle décision, et non le ministère de la Communication qui a donné des instructions à TDS. TDS n’a pas le droit de couper les signaux de chaînes privées. Ce qui s’est passé est contraire à la loi », a-t-elle affirmé avec fermeté.

La directrice de la 7TV a également alerté sur les conséquences économiques de cette mesure, évoquant un manque à gagner considérable pour son média. « Nous subissons des pertes importantes depuis la coupure du signal sur la TNT. J’en appelle au ministère de la Communication pour qu’il respecte le code de la presse et les règles qui encadrent le fonctionnement des médias. L’État ne peut pas être le premier à violer la loi », a-t-elle insisté.

Tout en indiquant qu’elle reste sous le coup d’une procédure judiciaire, Maïmouna Ndour Faye a affirmé qu’elle n’était pas autorisée à aborder les détails de l’affaire. « Pour le moment, il m’est interdit de parler du dossier car il est pendant devant la justice », a-t-elle déclaré. Mais elle a tenu à réaffirmer sa détermination à poursuivre son combat pour la liberté d’informer : « Je continuerai à faire mon métier, à dire la vérité, parce que le journalisme n’est pas un crime. »

L’arrestation de la journaliste et la suspension du signal de la 7TV ont provoqué une onde de choc dans le monde médiatique. Le Front pour la défense de la liberté de la presse, regroupant les principales organisations professionnelles, a annoncé une série d’actions pour exiger le respect des droits des journalistes et dénoncer les pressions exercées contre les médias privés.

En conclusion, Maïmouna Ndour Faye a lancé un message fort à l’endroit des autorités et du public : « Je demande à tous ceux qui croient en la liberté de la presse et au droit à l’information de rester vigilants et mobilisés. La presse libre est une condition essentielle de toute démocratie. Nous devons la défendre, quoi qu’il en coûte. »

Le pouvoir veut liquider la presse privée, selon Mamadou Ibra Kane

Le climat est de plus en plus tendu entre le pouvoir en place et les professionnels des médias. Ce jeudi 30 octobre, le Front pour la défense de la liberté de la presse (FDLP) a organisé un grand rassemblement devant les locaux de la chaîne 7TV, à Dakar. Cette manifestation intervient au lendemain de l’arrestation puis de la libération des journalistes Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, tous deux interpellés à la suite de la diffusion d’une interview de Madiambal Diagne, visé par un mandat d’arrêt international.

Cette affaire, qui a provoqué une onde de choc dans le milieu médiatique, a servi de catalyseur à la naissance du FDLP, une coalition regroupant plusieurs acteurs de la presse sénégalaise. Pour ses initiateurs, il s’agit de défendre la liberté d’informer et de s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire du régime.

Devant les journalistes, Mamadou Ibra Kane, figure respectée du monde des médias et président du groupe Emedia, a pris la parole pour dénoncer avec vigueur les atteintes répétées à la liberté de la presse. « Aujourd’hui, c’est un moment fort, car nous avons su faire reculer l’arbitraire. Babacar Fall a été arrêté, menotté, avant d’être libéré sans aucune charge. Et Maïmouna Ndour Faye, à son tour, a recouvré la liberté. Ces arrestations étaient purement politiques, parce qu’aucune loi au Sénégal n’interdit de donner la parole à une personne poursuivie », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces événements ne sont pas des cas isolés mais s’inscrivent dans une stratégie globale d’intimidation. « Leur arrestation était un acte politique pour isoler la presse, pour faire peur. Nous avons simplement fait notre travail : donner la parole à quelqu’un que les Sénégalais voulaient entendre. C’est cela, le journalisme. »

Dans son intervention, Mamadou Ibra Kane a tenu à rappeler un précédent datant de 2023, lorsque l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko, alors opposant, avait été interviewé alors qu’il était en fuite. « À l’époque, Pierre Édouard Faye, un confrère, l’avait rencontré et interviewé. Cela ne voulait pas dire qu’il partageait ses opinions, mais simplement qu’il exerçait son métier. Aujourd’hui, ce même exercice professionnel devient un prétexte pour arrêter des journalistes », a-t-il regretté.

Mais au-delà des arrestations, le président du FDLP dénonce une autre menace, plus sournoise selon lui : l’asphyxie économique de la presse privée. « Le nouveau régime veut tout simplement liquider la presse indépendante. L’État du Sénégal doit de l’argent à plusieurs entreprises de presse, mais refuse de payer. Et pour aggraver les choses, les subventions votées par l’Assemblée nationale sont bloquées par le ministère de la Communication pour des raisons politiques », a-t-il expliqué.

D’après Mamadou Ibra Kane, cette politique de restriction budgétaire s’accompagne d’une volonté claire de contrôle du paysage médiatique. « Le Premier ministre a demandé à toutes les structures publiques — ministères, agences, sociétés nationales — de résilier leurs contrats de publicité avec la presse privée. C’est un signal fort : le pouvoir veut contrôler l’information en affamant économiquement les médias indépendants », a-t-il affirmé.

Le journaliste a également évoqué la tendance inquiétante d’un retour vers un parti-État, inspiré, selon lui, par certains modèles étrangers. « Le Premier ministre lui-même, lors de son voyage en Chine, a laissé entendre qu’il voulait construire un système où tout passe par l’État. C’est une logique totalitaire, incompatible avec notre histoire démocratique », a-t-il averti.

Pour Mamadou Ibra Kane, la situation actuelle impose une vigilance de tous les instants. Il appelle les professionnels des médias, mais aussi la société civile et les citoyens, à se mobiliser pour défendre la liberté de la presse. « Un parti-État ne passera pas au Sénégal. Nous n’allons pas revenir sur des conquêtes démocratiques que nos anciens ont obtenues au prix de lourds sacrifices. La liberté d’expression et la liberté de la presse, inscrites dans la Constitution, doivent être défendues quelles que soient les alternances politiques », a-t-il martelé sous les applaudissements nourris de la foule.

Ce rassemblement devant 7TV marque ainsi une nouvelle étape dans la résistance du secteur médiatique face à un pouvoir accusé de vouloir museler les voix discordantes. Dans un contexte où les tensions entre le gouvernement et les médias ne cessent de croître, le FDLP s’affirme désormais comme un acteur central du combat pour la préservation des libertés fondamentales au Sénégal.

Dernière minute : Le journaliste Babacar Fall recouvre la liberté après plusieurs heures d’audition

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi soir, après avoir été interpellé dans la matinée. Son arrestation était intervenue peu de temps après une interview accordée à Madiambal Diagne, ce qui avait immédiatement suscité de vives réactions dans le milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.

Selon les informations recueillies, aucune charge n’a finalement été retenue contre lui à l’issue de son audition. Son avocat a tenu à rassurer l’opinion publique sur son état de santé et les conditions de sa détention.

« Le journaliste Babacar Fall se porte bien. Il n’a piqué aucune crise, et n’a pas été placé en garde à vue », a précisé son conseil juridique.

L’interpellation du journaliste avait provoqué une vague d’inquiétude, d’autant que le contexte autour de la liberté de la presse reste sensible. Plusieurs confrères et organisations défendant la liberté d’expression avaient demandé sa libération immédiate, dénonçant une « pression injustifiée » sur les professionnels des médias.

Avec cette remise en liberté, la tension retombe, mais l’affaire pose encore une fois la question de la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier et du droit à l’information, un enjeu central dans la consolidation de la démocratie.

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 29 octobre

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Hommage de la Nation au Professeur Amadou Mahtar MBOW

Le Président de la République a introduit sa communication en saluant la mémoire de feu Amadou Mahtar MBOW, ancien Ministre et ancien Directeur général de l’UNESCO, qui a servi le Sénégal, l’Afrique et le monde. Référence dont l’œuvre et les enseignements doivent être vulgarisés, la Nation lui a rendu un vibrant hommage. A cet effet, le Président de la République félicite le Gouvernement, notamment les Ministres en charge de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Formation professionnelle et technique et de la Culture, pour la bonne organisation de la cérémonie d’hommage, dans une parfaite communion avec la famille du défunt et la fondation sur les savoirs endogènes, qui porte son nom.

Transformation systémique des secteurs agricole, Pastoral et halieutique

Relativement à la tenue de la première réunion du Conseil national d’Orientation agrosylvopastoral et halieutique, le Président de la République félicite le Gouvernement et l’ensemble des parties prenantes pour leur mobilisation collective dans le cadre des concertations et la finalisation, vingt (20) ans après, dans une approche intégrée et prospective, des recommandations et propositions consensuelles sur un nouveau projet de loi agrosylvopastorale et halieutique consolidé.

Il demande au Premier Ministre de faire prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’adoption prochaine, en Conseil des Ministres, de ce texte transformateur et de ses décrets d’application. Le Président de la République demande, également, de renforcer la coordination intersectorielle et le renouveau des organisations professionnelles d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs et d’exploitants forestiers. Il indique, en outre, l’importance de professionnaliser les métiers, de renforcer les compétences des jeunes impliqués, d’assurer la montée en puissance de la protection sociale des acteurs du secteur primaire et d’accélérer les réformes indiquées du foncier afin d’assurer un financement soutenu du système agrosylvopastoral. A cet égard, il instruit le Ministre des Finances et du Budget, en relation avec les ministres concernés, de lui faire parvenir des propositions pragmatiques, relatives à la mise en place d’un Fonds de Recherche et de Développement agrosylvopastoral, forestier et halieutique.

Au demeurant, il préconise, pour le secteur primaire, la réforme du modèle de crédit agricole, la maitrise des statistiques, le renforcement de l’accompagnement des femmes actives, l’accélération de la généralisation de la digitalisation et la facilitation des formalités administratives. Il rappelle enfin l’impératif, pour le Gouvernement, de définir une stratégie intégrée de transformation et de valorisation des produits locaux et une doctrine consensuelle et efficace de promotion du «Consommer local».

Maitrise stratégique de la commande publique

Considérant que l’exécution de la commande publique, dans l’efficacité, l’efficience et la transparence, constitue une opportunité majeure d’accélérer le redressement et la relance économiques, le Président de la République demande au Premier Ministre, aux membres du Gouvernement et au Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, de prendre toutes les mesures idoines, afin d’assurer l’exécution, dans toutes les structures publiques et parapubliques, des Plans de passation des marchés, conformément aux procédures impératives indiquées par le Code des marchés publics.

Se félicitant du lancement du processus de dématérialisation des dossiers d’appel d’offres par l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), il demande aux autorités contractantes de faciliter la mise en œuvre de cette stratégie d’optimisation du calendrier d’exécution des marchés et, à chaque ministre, de tenir, avant la fin de l’année 2025, une Conférence sur l’exécution des marchés de 2025 et sur la planification de ceux prévus en 2026.

Renforcement de l’autonomisation économique des femmes

Le Chef de l’Etat exprime son attachement au renforcement permanent de l’autonomisation économique des femmes. Malgré le fait qu’elles représentent l’un des groupes les plus vulnérables, les femmes contribuent significativement au développement et à la stabilité sociale. Il félicite, à ce titre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités pour le déploiement rapide et efficace du programme des filets sociaux accordés aux groupes vulnérables, notamment les femmes, de plusieurs localités du pays. Dès lors, il instruit le Gouvernement d’intensifier la mise à disposition des financements destinés à accompagner leurs activités génératrices de revenus et leurs groupements et de lui soumettre, avant la fin de l’année 2025, un projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le vendredi 31 octobre 2025, la cérémonie de dévoilement de la mascotte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et la cérémonie de remise du 5ème Prix Galien Afrique. En outre, il visitera, le dimanche 02 novembre 2025, les chantiers relatifs aux JOJ Dakar 2026 avec les ministres et les responsables des structures publiques et privées concernées.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants :

Suivi des conventions et accords présidentiels

Le Premier Ministre a félicité Monsieur le Président de la République pour la portée stratégique et la qualité des visites récemment effectuées au Rwanda et au Kenya, qui traduisent la maturité de notre diplomatie et la place que le Sénégal occupe, désormais, dans l’espace africain et international. A cette occasion, des accords portant sur le renforcement des chaînes de valeur africaine, la promotion de la mobilité des compétences et la consolidation des échanges entre États souverains et égaux, ont été signés. Le Premier Ministre a rappelé qu’il est attendu de chaque ministère concerné la prise en charge, de manière opérationnelle, de la mise en œuvre des engagements issus de ces accords. La Primature assurera, à cet égard, le suivi de l’exécution des actions entreprises, sur la base de rapports réguliers permettant d’évaluer les progrès, d’identifier les contraintes et de garantir la cohérence d’ensemble. Ces accords doivent se traduire en projets concrets, porteurs d’impacts visibles pour les populations.

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de la visite d’amitié et de travail que son homologue de la République Islamique de Mauritanie effectuera à Dakar, du 16 au 18 novembre 2025. De même, une délégation technique du pays frère de la Sierra Leone, conduite par le Ministre de l’Energie, sera reçue à partir du 20 novembre 2025, pour la finalisation des négociations sur la coopération dans le domaine des mines et de l’énergie.

Consolidation de la crédibilité du Sénégal

Le Premier Ministre a salué la représentation du Sénégal aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington, ainsi que la qualité de la participation et la pertinence des contributions de la délégation sénégalaise. Cela a réaffirmé la crédibilité du Sénégal sur la scène économique internationale et a consolidé la confiance des partenaires dans la rigueur de la gouvernance publique du Sénégal. Les échanges ont ouvert la voie à un nouveau cadre de coopération avec le FMI et la Banque mondiale, fondé sur la transparence, la soutenabilité et la responsabilité partagée.

Le Premier Ministre a rappelé son attachement à l’exigence de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité qui doit demeurer au cœur de l’action collective du Gouvernement et qui constitue la condition de la stabilité macroéconomique, du renforcement de la confiance des partenaires et de la préservation de notre souveraineté financière et politique.

Promotion du secteur privé national

Le Premier Ministre a indiqué la volonté du Président de la République de faire du secteur privé national un levier central du développement économique et social du Sénégal, exprimée dans son premier message à la Nation, le 3 avril 2024 et réitérée à l’occasion du Conseil des Ministres du 3 septembre 2025, avec notamment le lancement prochain de l’initiative « SUNU CHAMPIONS ». Le Premier Ministre a souligné que, dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et du Plan de Redressement économique et social (PRES), le secteur privé a été pleinement impliqué à toutes les étapes du processus. Il a salué la disponibilité et l’engagement du secteur privé national à relever les défis liés à la création de richesses et d’emplois ainsi qu’à la formation professionnelle de la jeunesse et à contribuer à l’instauration d’un climat de paix et de stabilité dans le pays. Le secteur privé est disposé à être le principal allié de l’Etat pour les investissements dans les secteurs prioritaires et la promotion des pôles industriels territoriaux et des filières et chaines de valeurs prioritaires, axes déterminants de la politique gouvernementale.

Pour le Premier Ministre, il convient de bâtir une alliance forte entre l’Etat et le secteur privé national, dans le but de faire émerger de véritables champions économiques, capables de contribuer à la transformation du Sénégal, au bénéfice des entreprises et des ménages. Pour ce faire, le secteur privé national doit davantage se structurer, au moment où l’Etat a déjà entamé des réformes permettant d’aménager un environnement juridique et institutionnel adéquat pour l’investissement. Ce faisant, le Pacte national de stabilité sociale constitue un instrument précieux pour la préservation de la paix sociale, adossé à des mesures d’accompagnement incitatives et de facilitation pour l’accès au foncier et à la commande publique, avec des clauses de préférence nationale.

Le Premier Ministre a clos sa communication en demandant aux ministres et secrétaires d’Etat de s’atteler à la promotion d’un nouvel état d’esprit dans l’administration, consistant à mettre l’accent sur le soutien aux investisseurs, en particulier le secteur privé national, à veiller à la transparence publique et à recourir largement à la digitalisation dans les processus décisionnels critiques dans l’administration. 

AU TITRE DES AUTRES COMMUNICATIONS

Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur les stages de préparation des athlètes, en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse-Dakar 2026 et le projet de mise en place d’un Centre de Haute Performance sportive ;

-Monsieur le Directeur général de l’ARCOP a fait un exposé sur les procédures de passation des marchés publics.

AU TITRE DES TEXTES LÉGISLATIFS ET RÈGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

-le projet de décret relatif aux modalités d’application de la loi n°2025-12 du 03 septembre 2025 portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC) ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-13 du 03 septembre 2025 relative à la déclaration de patrimoine ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte ;

– le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission nationale d’Accès à l’Information (CONAI).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
• Monsieur Demba TR AORE, Magistrat en service à la Cour suprême, matricule de solde n°601 590/K, est nommé Directeur général de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol, en remplacement du Colonel Amadou Ousmane BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE
Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement

Bougane Guèye Dany dénonce « une atteinte à la liberté de la presse » après les interpellations de Maimouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’interpellation des journalistes Maimouna Ndour Faye (7TV) et Babacar Fall (RFM), dans le contexte de leur récente interview avec Madiambal Diagne, continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Parmi les voix les plus critiques, celle de Bougane Guèye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, qui a dénoncé ce qu’il qualifie de « menace directe contre la liberté d’expression ».

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Bougane estime que ces interpellations s’inscrivent dans une démarche visant à « faire taire la presse ». Selon lui, le régime dirigé par Bassirou Diomaye Faye, avec Ousmane Sonko comme Premier ministre, chercherait à « imposer un récit politique en marginalisant toute voix critique ».

« Le régime de Diomaye–Sonko cherche à faire taire la presse pour mieux imposer la manipulation et le mensonge », affirme-t-il dans son communiqué.

Pour Bougane, la liberté de la presse constitue un pilier essentiel du débat démocratique. Il soutient que toute tentative de restreindre l’expression journalistique porte atteinte à la démocratie elle-même. « La démocratie ne se construit pas dans le silence imposé, mais dans le débat libre et contradictoire », insiste-t-il.

Dans la même déclaration, le leader politique appelle l’opposition ainsi que les organisations de la société civile à se mobiliser. Il donne rendez-vous le 8 novembre prochain au Niaqhtou National, une rencontre qu’il présente comme un espace de regroupement des « forces vives » du pays.

Madiambal Diagne accuse : « Sonko était en colère contre Bamba Cissé lorsqu’il a appris que j’avais quitté le pays »

Le journaliste et patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, était l’invité de RFM Matin ce mercredi, au lendemain d’un entretien interrompu sur 7TV. Profitant de cette tribune, il est revenu sans détour sur son dossier judiciaire et les réactions qu’il affirme avoir provoquées au sommet de l’État.

Selon lui, Ousmane Sonko aurait exprimé une vive colère contre Bamba Cissé au moment où il a quitté le territoire. « Lors d’une réunion avec ses hommes, il s’en est vivement pris à Bamba Cissé, lui demandant comment Madiambal Diagne a pu échapper », a déclaré le journaliste. À en croire Madiambal Diagne, cette réaction serait liée à la crainte d’éventuelles révélations qu’il pourrait faire une fois à l’étranger.

Là où les propos deviennent plus lourds, c’est lorsque le journaliste évoque un lien supposé entre le dossier Sweet Beauté, impliquant Ndeye Khady Ndiaye, et un marché d’armement. « Sweet Beauté et un marché d’armement ? Vous n’êtes pas étonnés ? » interroge-t-il, suggérant que des éléments encore non dévoilés pourraient modifier la compréhension du dossier.

Madiambal Diagne affirme par ailleurs avoir rassuré Birame Diop, tout en laissant planer une menace claire. « J’ai dit à Birame Diop qu’il l’assure que ce dont ils ont peur n’est pas le plus important pour moi. Je n’en parlerai pas. Sauf si je me retrouve dans une situation où je n’aurais plus le choix », a-t-il déclaré, insinuant qu’un « déballage total » reste possible.

Revenant sur l’incident de la veille, lorsque son entretien sur 7TV avec Maïmouna Ndour Faye a été brusquement interrompu, le journaliste parle de censure assumée. « Dossier bi damako niémé parce que dama am ay arguments, am ay preuves », a-t-il martelé sur les ondes de la RFM, affirmant ne craindre aucun débat public.

Pour lui, la volonté de freiner sa prise de parole traduit une seule chose : la peur que la vérité éclate. « Ils refusent que je parle. Mais je parlerai, ici, sur les médias internationaux, et ailleurs. La vérité sera connue », a-t-il insisté.

Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu, où chaque parole publique alimente un climat déjà hautement inflammable. Les prochains jours pourraient être déterminants, surtout si Madiambal Diagne met sa menace d’« ouvrir les dossiers » à exécution.

Interpellation de Maimouna Ndour Faye de la 7TV : Le CDEPS dénonce une atteinte grave et appelle à la mobilisation

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) condamne avec la plus grande fermeté et une profonde indignation l’interpellation de Mme Maimouna Ndour Faye, Directrice générale de 7TV, par des éléments de la Gendarmerie nationale. Cette interpellation a eu lieu dans les locaux de la chaîne, en pleine émission avec M. Madiambal Diagne.

Le CDEPS considère cette intrusion musclée dans l’enceinte d’un média comme une violation manifeste et inacceptable de la liberté de la presse et du droit fondamental à l’information du public. De tels actes portent atteinte aux principes sacro-saints garantis par la Constitution du Sénégal, notamment ses articles 8 et 10, qui consacrent la liberté d’opinion, d’expression et de la presse comme des droits fondamentaux.

Cette opération, menée sans motif légal apparent et visant une journaliste dans l’exercice normal de son activité, contrevient également aux engagements internationaux du Sénégal. Elle est en contradiction avec l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui protègent le droit à l’information et à la libre expression.

Le CDEPS tient à rappeler avec force qu’en l’état actuel du droit sénégalais et des conventions internationales ratifiées par le Sénégal, le fait de donner la parole à une personne, quelle que soit sa situation juridique, n’a jamais constitué un délit. Aucune disposition légale ou conventionnelle ne justifie une telle entrave au travail journalistique.

Le CDEPS réaffirme solennellement que le journalisme n’est pas un délit et que l’État de droit impose le respect absolu de l’indépendance des médias.

Face à la multiplication des agressions et des tentatives de musellement du secteur des médias privés, le CDEPS exige des autorités la garantie immédiate de la protection des journalistes et le respect strict des principes constitutionnels qui sont le socle de la démocratie sénégalaise. Il s’insurge contre cette tentative continue de mettre sous l’éteignoir toute la presse privée et appelle l’ensemble des citoyens, conscients du rôle vital de la liberté de la presse dans le fonctionnement démocratique, à faire barrage à ces manœuvres.

Le CDEPS va réunir de façon urgente ses instances dirigeantes pour étudier les suites appropriées à donner dans les plus brefs délais à ces atteintes inacceptables à la liberté de la presse. Il est impératif que ces agressions cessent immédiatement.

Sédhiou : un cultivateur amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnel à Niaga

Un grave accident a bouleversé la quiétude du village de Niaga, dans la région de Sédhiou, dimanche soir. Un cultivateur âgé de 35 ans a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine antipersonnel, alors qu’il revenait de son champ d’arachide. Ce drame, survenu dans une zone encore marquée par les séquelles du conflit en Casamance, ravive les inquiétudes autour de la présence persistante d’engins explosifs dans certaines zones rurales du sud du Sénégal.

Selon des informations rapportées par la Radio Futurs Médias (Rfm), l’accident s’est produit dans un secteur forestier que l’homme avait emprunté pour cueillir des fruits sauvages. Sans le savoir, il aurait mis le pied sur un engin explosif enfoui depuis plusieurs années. L’explosion a été d’une violence telle qu’elle a provoqué de graves blessures au niveau des jambes et du bassin, provoquant une panique immédiate parmi les habitants alertés par la détonation.

Rapidement secouru par des villageois, la victime a été évacuée d’urgence vers l’hôpital régional de Kolda, où il a reçu les premiers soins. Toutefois, les médecins, face à la gravité des lésions, ont dû procéder à une amputation de la jambe pour lui sauver la vie. Son pronostic vital serait désormais stabilisé, mais son état demeure préoccupant selon une source hospitalière.

Cet incident tragique met une fois de plus en lumière la dangerosité persistante des mines antipersonnel dans certaines zones frontalières du sud du Sénégal, notamment entre les régions de Sédhiou et de Ziguinchor. Bien que la paix soit officiellement revenue en Casamance depuis plusieurs années, les résidus d’explosifs laissés par le conflit continuent de menacer la sécurité des populations rurales, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les enfants.

Des organisations humanitaires et des structures spécialisées, comme le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), poursuivent depuis des années des opérations de déminage dans la région. Cependant, certaines zones boisées et reculées restent encore difficiles d’accès, rendant les opérations plus complexes et laissant planer un danger permanent.

Les autorités locales, informées du drame, ont réitéré leurs appels à la prudence, invitant les habitants à éviter les zones non sécurisées et à signaler tout objet suspect aux forces de défense et de sécurité. Plusieurs voix s’élèvent par ailleurs pour demander l’accélération des programmes de déminage et un renforcement de la sensibilisation dans les villages frontaliers, où la pauvreté pousse souvent les populations à s’aventurer dans des zones à risque.

Ce nouveau drame à Niaga rappelle, s’il en était besoin, que la menace des mines antipersonnel demeure une réalité tangible pour les communautés rurales du sud du Sénégal, malgré les efforts constants des autorités et des partenaires internationaux pour éradiquer définitivement ce fléau silencieux.

Désencombrement à Dakar : le gouverneur Ousmane Kane fixe un ultimatum aux propriétaires d’épaves et d’engins abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé le lancement d’une vaste opération de désencombrement visant à libérer les artères principales et les espaces publics de la capitale des épaves, des véhicules abandonnés et des engins laissés à l’abandon. Cette mesure, présentée comme une nécessité pour rétablir la fluidité de la circulation et préserver l’ordre public, marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace urbain dakarois.

Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le gouverneur a exprimé son inquiétude face à la prolifération des véhicules en stationnement prolongé sur les trottoirs, les accotements et même parfois les voies principales, transformées en parkings sauvages ou en dépotoirs mécaniques. Ces épaves, souvent laissées à l’abandon depuis plusieurs mois, constituent selon lui une menace pour la sécurité routière, la salubrité et la mobilité urbaine.

« Ces obstructions anarchiques perturbent gravement la circulation, créent des embouteillages chroniques et dégradent le cadre de vie. Elles présentent également des risques sanitaires et sécuritaires importants », a averti M. Kane, appelant à une réaction rapide et concertée.

Face à cette situation devenue intenable, un ultimatum a été fixé : tous les propriétaires de véhicules ou d’engins abandonnés dans l’espace public disposent jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour procéder à leur enlèvement. Passé ce délai, les autorités procéderont à des opérations de déguerpissement forcé, sans autre préavis.

Le communiqué précise que ces mesures ne se limitent pas aux seuls centres urbains de Dakar, mais concernent également les banlieues et les zones périurbaines, où la présence d’épaves et de véhicules en panne entrave souvent l’accès aux marchés, aux écoles et aux services publics.

Le gouverneur Ousmane Kane justifie cette décision par la « croissance préoccupante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », aggravée par une mauvaise gestion de l’espace public et une absence de discipline citoyenne. Il évoque aussi les conséquences directes sur « la salubrité publique, la sécurité collective et l’image de la capitale », insistant sur la nécessité d’une action ferme et durable.

Dans cette perspective, le gouverneur a appelé à une mobilisation générale des différentes parties prenantes : les autorités municipales, les préfets, les sous-préfets, les services de sécurité et les forces de l’ordre sont invités à veiller à la stricte application de cette mesure. Les communes devront, selon lui, identifier les zones les plus touchées et participer activement à la mise en œuvre du plan de désencombrement.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par l’État pour restaurer l’ordre et la propreté dans l’espace public de la région de Dakar, confrontée depuis plusieurs années à un désordre urbain grandissant. Le gouverneur a tenu à rappeler que cette opération n’est pas une sanction, mais un acte de responsabilité et de civisme, visant à garantir la sécurité, la fluidité et la qualité de vie des Dakarois.

« Il est temps que chacun prenne conscience de sa part de responsabilité. L’espace public appartient à tous, et sa préservation relève du devoir collectif », a conclu Ousmane Kane, avant de réaffirmer la détermination de l’administration à faire appliquer cette mesure « sans complaisance ni discrimination ».

Mbour : un réseau de faux documents administratifs démantelé par la Sûreté urbaine

La police de Mbour a frappé un grand coup contre la fraude documentaire. Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Mbour, sur la Petite-Côte, ont démantelé un réseau de fabrication et de vente de faux documents administratifs, notamment des Certificats de mise en consommation (CMC). Deux individus ont été arrêtés dans cette affaire qui met en lumière un système organisé de falsification destiné à faciliter des démarches illégales contre paiement.

Les suspects interpellés sont Modou Rokhaya Fall, un restaurateur domicilié à Saly Carrefour, et Amad Diop, un mécanicien résidant à Guinaw-Rails. D’après les premières informations, Modou Rokhaya Fall serait le cerveau de ce réseau artisanal mais bien rodé. Il aurait mis en place un véritable trafic de faux documents administratifs, fabriqués à partir de modèles authentiques, et vendus à des particuliers souhaitant contourner les procédures légales.

L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement exploité par la Sûreté urbaine, selon lequel le restaurateur s’adonnait à la production de faux CMC, documents officiels utilisés notamment dans le cadre de la régularisation de véhicules importés. Contre une somme d’argent, il proposait à ses “clients” des certificats falsifiés censés provenir des autorités compétentes.

Une opération de filature et de surveillance a alors été montée par les enquêteurs. Celle-ci a permis d’intercepter Amad Diop, le complice présumé, au moment où il venait tout juste de récupérer un faux CMC fabriqué par Modou Rokhaya Fall. Les policiers ont ensuite procédé à l’arrestation du principal suspect, qui n’a pas tardé à reconnaître les faits lors de son interrogatoire.

Une perquisition effectuée à son domicile a permis aux enquêteurs de mettre la main sur un important lot de documents falsifiés, dont sept faux certificats de mise en consommation, ainsi que du matériel servant à leur confection. Ces éléments matériels viennent conforter les charges de faux et usage de faux en documents administratifs et de complicité retenues contre les deux hommes.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Mbour, en attendant leur présentation devant le parquet pour la suite de la procédure judiciaire. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer l’étendue réelle du réseau et à identifier d’éventuels complices ou bénéficiaires de ces faux documents.

Cette affaire relance le débat sur la prolifération des faux documents administratifs au Sénégal, un phénomène qui mine la crédibilité de l’administration et favorise diverses formes de fraude. Les autorités de Mbour, tout en saluant le professionnalisme des forces de l’ordre, ont appelé à une vigilance accrue et à un renforcement des contrôles sur la délivrance et la vérification des pièces officielles, afin de mieux protéger les citoyens et l’État contre ce type de dérives.

Santé mentale à Kolda : une crise silencieuse avec 43,2 % de dépression et plus de 16 % d’envies suicidaires

La région de Kolda, au sud du Sénégal, fait face à une situation alarmante sur le plan de la santé mentale. Selon les résultats de l’enquête STEPS 2024 sur les maladies non transmissibles, 43,2 % des habitants souffrent de dépression, tandis que plus de 16 % reconnaissent avoir eu des pensées suicidaires. Ces chiffres, déjà préoccupants, dépassent largement les moyennes nationales qui s’établissent respectivement à 36,6 % et 13 %.

Ces données ont été rendues publiques le 26 octobre, lors d’un Comité régional de développement (CRD) tenu à Kolda et consacré exclusivement à la problématique de la santé mentale. Présidant la rencontre, le gouverneur adjoint de la région a exprimé son inquiétude face à ces statistiques qui traduisent, selon lui, « une crise silencieuse qui frappe les foyers koldois ». Il a invité les autorités administratives, les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les organisations communautaires à « unir leurs forces pour combattre ce fléau qui détruit les individus dans le silence et la honte ».

Les causes de cette détresse psychologique sont multiples et bien ancrées dans le quotidien des populations. Kolda, bien qu’elle soit une région à fort potentiel agricole, fait face à un chômage endémique, une pauvreté persistante, un accès limité aux services de base et un manque criant d’opportunités pour les jeunes. Beaucoup d’entre eux se retrouvent sans emploi, sans formation, et sans perspectives, ce qui favorise l’isolement, la perte d’estime de soi et, dans certains cas, les troubles mentaux graves.

Les problèmes familiaux, les violences domestiques, le stress lié à la précarité économique, ainsi que la migration clandestine sont également cités parmi les facteurs aggravants. Plusieurs participants au CRD ont souligné que le phénomène touche désormais toutes les couches sociales, y compris les femmes, les adolescents et les élèves.

Pour faire face à cette situation, le Réseau Jeunesse Population et Développement (RJPD) s’est engagé à jouer un rôle de premier plan. Son directeur exécutif, Maguette Thiandoum, a annoncé le lancement d’un vaste programme de sensibilisation intitulé « Sama Yoon, Sama Kaddu », qui vise à encourager la parole, la prévention et la solidarité communautaire.
« Nous voulons rompre le silence autour des troubles mentaux. À travers des campagnes de proximité, des plateformes numériques et des médias communautaires, nous allons diffuser des messages de prévention, de plaidoyer et de soutien psychologique. Il faut que les gens sachent que la dépression est une maladie, et qu’elle se soigne », a-t-il déclaré.

Mais au-delà de la sensibilisation, la question de la prise en charge médicale demeure un défi majeur. La région de Kolda ne dispose pas d’un centre psychiatrique digne de ce nom. Les patients doivent souvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, jusqu’à Ziguinchor ou Dakar, pour bénéficier d’un suivi spécialisé. Cette situation contribue à la marginalisation et à l’abandon des personnes souffrant de troubles mentaux, souvent laissées à elles-mêmes ou enchaînées dans leurs foyers, faute d’alternatives.

Des acteurs de la société civile et des professionnels de santé ont plaidé pour la création d’un hôpital psychiatrique régional, équipé en personnel qualifié et en matériel adapté. Ils estiment qu’une telle structure permettrait de traiter efficacement les cas, de réduire les souffrances et de renforcer la prévention. « Tant qu’il n’y aura pas une politique publique forte et décentralisée sur la santé mentale, nous continuerons à voir des vies brisées par la dépression et le désespoir », a alerté un médecin psychiatre présent à la rencontre.

La crise de la santé mentale à Kolda met en lumière un problème national souvent négligé : la faible prise en compte du bien-être psychologique dans les politiques publiques. À l’heure où le Sénégal s’efforce de renforcer son système de santé, cette alerte venue du Sud rappelle l’urgence d’intégrer la santé mentale dans les priorités du développement humain, afin de donner à chaque citoyen les moyens de vivre dans la dignité, la sérénité et l’équilibre.

Badara Gadiaga face au juge : le chroniqueur de la TFM conteste fermement les accusations

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, détenu depuis le 14 juillet 2025, a comparu ce lundi 27 octobre pour sa deuxième audition au fond devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dakar. Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un dossier qui continue de susciter un grand intérêt au sein de l’opinion publique.

Inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, Badara Gadiaga est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, ainsi que pour violation des articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier article, particulièrement sensible, concerne la réception de subsides en vue de propagande compromettant la sécurité publique.

L’arrestation du chroniqueur fait suite à une instruction du procureur de la République, consécutive à une vive polémique l’ayant opposé à Amadou Ba, alors député du Parti Pastef, lors de l’émission « Jakarlo Bi » diffusée le 4 juillet 2025 sur la TFM. Ce débat télévisé, marqué par un échange virulent entre les deux hommes, avait enflammé les réseaux sociaux et entraîné une large controverse.

Devant le juge d’instruction, Badara Gadiaga a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Concernant le délit d’offense, il a déclaré : « Amadou Ba m’a attaqué sur un point de vue politique, j’ai répliqué politiquement. » Une défense qui, selon ses avocats, traduit la volonté du chroniqueur de replacer l’affaire dans le champ du débat démocratique plutôt que dans celui du pénal.

Sur le volet relatif aux discours contraires aux bonnes mœurs, Gadiaga a expliqué qu’il n’avait fait qu’utiliser le terme wolof « Yakatane », en lien avec une référence à l’affaire Adji Sarr, tout en affirmant n’avoir « rien dit de nouveau ».

Interrogé par le magistrat instructeur sur d’éventuelles relations avec la société GSIE, citée dans la procédure, et sur des financements présumés, le chroniqueur a nié toute implication. Il a précisé ne pas être propriétaire de la société et n’avoir reçu aucun financement, qu’il soit national ou étranger. Il a toutefois reconnu posséder deux comptes bancaires, précisant qu’ils étaient déficitaires.

Les réquisitions ordonnées par le doyen des juges afin de vérifier un éventuel lien entre Gadiaga et la société GSIE ont, selon des sources judiciaires, confirmé l’absence de toute relation. Le directeur général de la plateforme a d’ailleurs été entendu par le juge d’instruction, corroborant cette version.

Entouré d’un collectif d’avocats composé notamment de Me Djiby Diallo, Me Malick Fall, Me Alioune Badara Fall et Me Abou Allassane Diallo, Badara Gadiaga bénéficie d’une défense jugée solide. Ses conseils ont annoncé leur intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire dans les prochaines heures, estimant que la détention de leur client n’est plus justifiée à ce stade de la procédure.

Affaire Madiambal Diagne : nouveau rebondissement avec le transfert de son épouse à l’hôpital et l’arrestation du journaliste en France

L’affaire impliquant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau développement. Son épouse, Bineta Diaby, incarcérée depuis septembre dans le cadre de l’enquête pour escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, a été transférée ce dimanche du Camp pénal de Liberté 6 vers le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce service accueille généralement les détenus nécessitant une prise en charge médicale ou une surveillance particulière.

Selon les informations rapportées par le quotidien Enquête dans son édition de ce lundi, le transfert s’est déroulé en toute discrétion, en fin de journée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce déplacement. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’un souci de santé ou de mesures de sécurité liées à son statut dans cette affaire sensible.

Bineta Diaby avait été arrêtée en même temps que deux fils du journaliste et un proche de la famille, dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire. Elle est notamment citée dans la gestion de la Société Civile Immobilière (SCI) Pharaon, à travers laquelle des versements jugés suspects auraient été effectués. Ces transactions s’inscriraient dans un marché public d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA.

Le dossier, particulièrement complexe, s’articule autour de soupçons de détournements et de blanchiment de capitaux dans le cadre de contrats passés avec l’État. Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication et figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, rejette catégoriquement ces accusations. Il soutient que les fonds en question proviennent d’activités licites et transparentes, menées dans le respect des lois en vigueur.

Pendant que son épouse est hospitalisée à Dakar, le journaliste se retrouve lui-même confronté à la justice française. Malgré une mesure d’interdiction de sortie du territoire prononcée par les autorités sénégalaises, il avait réussi à quitter le pays. Il affirme toutefois n’avoir jamais été informé officiellement de cette restriction. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne avait expliqué son départ par la volonté de préparer sereinement sa défense, tout en assurant qu’il se tiendrait à la disposition de la justice pour « assumer [ses] responsabilités ».

Mais son séjour en France a pris une tournure judiciaire la semaine dernière, lorsqu’il a été interpellé sur le sol français à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Placé sous contrôle judiciaire, il est convoqué ce mardi 28 octobre devant la Cour d’appel de Versailles. Celle-ci devra se prononcer sur la demande d’extradition formulée par le Sénégal.

Expropriation foncière à Toubab Dialaw : le collectif dénonce un nouveau scandale de 600 hectares attribués à DP World

La quiétude de Toubab Dialaw, ce charmant village de la Petite Côte sénégalaise, est de nouveau menacée par une affaire d’expropriation foncière d’envergure. Trois ans après la polémique autour de la cession de 1 200 hectares pour la construction du Port de Ndayane, le Collectif pour la défense des intérêts de Yène-Dialaw — communément appelé Collectif Dialaw — alerte sur une nouvelle spoliation foncière estimée à 600 hectares supplémentaires, qui auraient été attribués à Dubai Port World (DP World), le géant portuaire en charge du projet. Cette annonce a provoqué un véritable tollé parmi les habitants, qui dénoncent une « injustice foncière » et une « violation flagrante de leurs droits constitutionnels ».

Dans un communiqué de presse publié ce dimanche, le collectif a exprimé sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de « nouvelle tentative d’accaparement illégal » des terres du village. Selon ses membres, ces expropriations sont menées sous la supervision directe de l’APIX, l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux, et s’inscrivent dans le cadre d’un projet désormais présenté comme une Zone Économique Spéciale (ZES). Le collectif estime que cette appellation ne serait qu’un stratagème administratif visant à faire passer une opération foncière aux contours flous et juridiquement contestables.

Les responsables du Collectif Dialaw affirment détenir des informations indiquant que ces 600 hectares additionnels auraient été cédés à DP World dans le cadre d’un arrangement secret conclu sous l’ancien président Macky Sall. Selon eux, cette opération aurait permis à l’État du Sénégal de régler une dette contractée auprès de l’entreprise émiratie, une pratique qui, si elle était avérée, soulèverait de sérieuses questions de légalité et d’éthique dans la gestion du patrimoine foncier national. « Cette décision a été prise sans concertation, sans étude d’impact et sans respect des procédures légales prévues par le Code du domaine de l’État », fustige le communiqué, avant d’ajouter : « Nous assistons à une expropriation illégale, arbitraire et contraire aux intérêts des populations locales. »

Les habitants de Toubab Dialaw et des villages environnants, notamment ceux de Yène, Guéréo et Ndayane, se disent profondément affectés par cette situation. La zone concernée, selon le collectif, n’est pas une réserve vierge, mais un territoire habité, comprenant des habitations, des écoles, des mosquées et des terres agricoles exploitées depuis plusieurs générations. Le collectif dénonce une approche « inhumaine et brutale » de la part des autorités, qui, selon lui, privilégient les intérêts économiques d’une multinationale étrangère au détriment des citoyens sénégalais. « Ce projet est une véritable bombe sociale. Les populations ne seront pas délogées sans réagir. Elles sont prêtes à se battre pour préserver leurs terres, leur histoire et leur dignité », confie un membre du collectif, visiblement ému.

Depuis plus de trois ans, les habitants ont multiplié les démarches administratives pour obtenir des explications et tenter de stopper les procédures d’expropriation. Des lettres ont été adressées aux ministères concernés, notamment ceux des Finances, de l’Urbanisme, et de la Justice, ainsi qu’aux directions générales du Port autonome de Dakar (PAD) et de DP World Sénégal. Le collectif affirme avoir sollicité à plusieurs reprises des audiences officielles, sans succès. « Nous avons rencontré des directeurs, des chefs de service, des conseillers techniques, mais jamais les véritables décideurs. C’est comme si nous parlions à un mur », déplore le communiqué.

Le rôle de l’APIX est particulièrement pointé du doigt. L’agence, censée assurer la transparence et la régularité des grands projets d’investissement, est accusée de fonctionner comme un simple exécutant administratif d’intérêts privés, sans réelle considération pour les populations. « L’APIX s’est transformée en instrument d’exécution opaque, violant les principes d’équité et de transparence qui devraient gouverner la gestion foncière », accuse le collectif, qui réclame un audit complet des opérations foncières menées depuis 2020 sur la zone.

Au-delà de l’impact local, cette affaire a également des répercussions sur la Diaspora sénégalaise. De nombreux ressortissants établis à l’étranger ont investi dans des projets immobiliers à Toubab Dialaw, espérant contribuer au développement local et préparer leur retour au pays. Or, ces expropriations menacent directement leurs biens. Le collectif évoque des cas concrets de Sénégalais de la Diaspora ayant vu leurs terrains détruits ou reclassés sans préavis. « Ces actes sapent la confiance de la Diaspora dans l’État. Comment continuer à appeler les Sénégalais de l’extérieur à investir, si leurs biens peuvent être confisqués du jour au lendemain ? », s’interroge le communiqué.

Tout en réaffirmant son attachement au développement économique du pays, le Collectif Dialaw insiste sur la nécessité de repenser le modèle de croissance du Sénégal. Pour ses membres, le progrès ne peut se construire « ni sur l’injustice ni sur la dépossession des citoyens ». Ils affirment soutenir les initiatives portuaires et industrielles, mais exigent qu’elles soient menées dans le respect du droit, de la transparence et de la dignité humaine. « Nous ne sommes pas contre le développement. Nous sommes contre un développement sans âme, sans justice et sans humanité », martèle un des leaders du mouvement.

Face à l’ampleur de la crise, le collectif en appelle directement au Président de la République Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, afin qu’ils interviennent pour suspendre immédiatement toute nouvelle procédure d’expropriation, ordonner un audit transparent sur les 1 200 hectares déjà cédés et les 600 hectares visés, et ouvrir un cadre de concertation nationale réunissant l’État, les collectivités locales, les institutions publiques (PAD, APIX), DP World et les représentants des populations.

Dans sa déclaration, le collectif conclut sur un ton grave mais déterminé : « Le développement du Sénégal ne doit pas être synonyme d’injustice. Il ne peut s’enraciner que dans la justice sociale, la transparence et le respect de la dignité humaine. Nous n’accepterons plus que les terres de nos ancêtres soient bradées au profit d’intérêts obscurs. »

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