Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD : le SAES dénonce l’usage excessif de la force et interpelle le gouvernement

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a vivement réagi à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue le lundi 9 février 2026 à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), à la suite d’une intervention des forces de l’ordre dans le campus social. Le syndicat qualifie ce décès de « tragique » et exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes du drame.

Réuni en urgence ce mardi 10 février, le Secrétariat national du SAES a exprimé sa profonde consternation face à cette perte humaine, intervenue exactement deux ans après le décès de l’étudiant Alpha Yéro Tounkara à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Le syndicat s’est incliné devant la mémoire d’Abdoulaye Ba et a adressé ses condoléances attristées à sa famille, à la communauté universitaire et à l’ensemble de la Nation sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public, le SAES établit un lien direct entre ce nouveau décès et une longue série de morts d’étudiants survenues dans les universités sénégalaises à la suite d’interventions policières. Le syndicat cite notamment les cas de Balla Gaye en 2001, Bassirou Faye en 2014, Mouhamadou Fallou Sène en 2018, Alpha Yéro Tounkara ainsi que Prosper Clédor Senghor en 2024. Pour le SAES, cette répétition tragique traduit un problème structurel grave dans la gestion des crises universitaires.

Le syndicat condamne avec la « dernière énergie » ce qu’il considère comme un usage excessif, aveugle et disproportionné de la force par les forces de l’ordre à l’intérieur des espaces universitaires, qui devraient rester des lieux de savoir, de dialogue et de débat pacifique. Il estime que l’irruption violente des forces de sécurité dans les campus ne fait qu’aggraver les tensions et exposer inutilement les étudiants à des risques mortels.

Tenant le gouvernement pour responsable, le SAES affirme que ces drames sont le résultat direct d’une mauvaise gestion des crises universitaires, marquée par l’absence d’anticipation, le déficit de dialogue et le recours systématique à la force. Il exige l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, indépendante et transparente afin d’identifier toutes les responsabilités et de traduire les auteurs des faits devant la justice.

Le syndicat rappelle par ailleurs qu’il avait, dès le mois de décembre 2025, lancé des appels répétés au calme, à la retenue des forces de sécurité et à l’instauration d’un dialogue sincère avec les étudiants, notamment sur la question sensible et récurrente des bourses. Selon le SAES, l’absence de réponses durables à ces revendications légitimes contribue à entretenir un climat de frustration et de colère sur les campus.

Au-delà de l’événement tragique, le SAES pointe de lourds dysfonctionnements structurels du système universitaire sénégalais. Il évoque une massification incontrôlée des effectifs, un déficit budgétaire chronique, un manque criant d’enseignants, des retards importants dans la réalisation des infrastructures universitaires ainsi que des insuffisances notoires dans l’évaluation et l’application des réformes, notamment du système Licence-Master-Doctorat (LMD).

Face à la gravité de la situation actuelle, le SAES demande la suspension provisoire des réformes en cours afin de permettre une réflexion approfondie et apaisée. Il plaide pour l’organisation de concertations inclusives, transparentes et sincères, associant l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur, dans le but de trouver des solutions durables aux crises récurrentes.

Enfin, le syndicat réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à un dialogue responsable et constructif, condition indispensable, selon lui, pour pacifier durablement l’espace universitaire et garantir la stabilité ainsi que l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.

Violences à l’UCAD : Les ONG de défense des droits humains exigent justice et réforme

Les violences dans les universités publiques sénégalaises continuent de susciter une vive inquiétude. Dans un communiqué publié ce mardi, cinq organisations de défense des droits humains, à savoir Article 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), AfrikaJom Center, la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) et Amnesty International Sénégal, ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance de ces violences depuis plusieurs mois.

Les ONG dénoncent particulièrement l’usage disproportionné de la force par les forces de l’ordre sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). L’intervention policière du lundi 9 février 2026 a entraîné la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, et fait de nombreux blessés parmi les étudiants. Ce drame a ravivé les inquiétudes quant au climat sécuritaire sur les campus et à la protection des droits fondamentaux des étudiants.

Face à cette situation, les cinq organisations appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin de déterminer les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de traduire les responsables en justice dans le cadre d’un procès équitable. Elles insistent sur la nécessité de garantir le retrait immédiat des forces de sécurité des universités, la libération de tous les étudiants actuellement détenus, et le respect strict des franchises universitaires telles que définies par la loi N° 94-79 du 24 novembre 1994.

Par ailleurs, les ONG invitent l’État à engager des concertations inclusives sur la réforme envisagée concernant l’attribution et le paiement des bourses universitaires, identifiées comme l’une des principales sources de tensions au sein du milieu universitaire. Selon elles, une approche transparente et participative est indispensable pour prévenir de nouveaux incidents et restaurer un climat de confiance entre les autorités universitaires, les forces de sécurité et les étudiants.

En somme, ce communiqué traduit la fermeté des acteurs de la société civile face à la violence sur les campus et leur volonté de voir les droits des étudiants respectés, tout en appelant à des réformes structurelles pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.

Kaolack : Le Dr Maïssa Ndao démissionne de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes

Le département de Kaolack assiste à un tournant politique majeur avec l’annonce, ce lundi 9 février 2026, de la démission du Dr Maïssa Ndao de toutes ses responsabilités au sein de PASTEF-Les Patriotes. Figure emblématique de la jeunesse du parti dans la région, le Dr Ndao met ainsi un terme à huit années d’engagement politique qu’il qualifie de « sincère et désintéressé ».

Militant de la première heure depuis la création du parti en 2018, le Dr Maïssa Ndao a gravi les échelons au sein de la formation dirigée par Ousmane Sonko. Membre fondateur de PASTEF Ndoffane, il a ensuite occupé le poste de coordonnateur communal de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) avant de devenir Secrétaire général adjoint de la JPS départementale de Kaolack, position qu’il a tenue jusqu’à ce jour. Son influence et son engagement ont fait de lui un acteur incontournable de la scène politique locale, particulièrement auprès de la jeunesse.

Dans sa déclaration, le Dr Ndao explique que cette décision découle d’une accumulation d’événements récents, citant notamment le contexte tragique ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Bâ à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il précise que, tout en restant attaché aux idéaux qui ont guidé son militantisme, il a agi « en toute responsabilité », motivé par des raisons de conscience morale et le désir de rester fidèle à ses convictions personnelles.

Ce départ inattendu représente un coup dur pour la JPS dans le département de Kaolack, où le Dr Ndao jouissait d’une influence notable et d’une popularité certaine auprès des jeunes militants. Sa décision ouvre désormais un nouveau chapitre pour la jeunesse patriotique dans la région, qui devra composer avec cette vacance au sein de ses cadres dirigeants.

Le Dr Maïssa Ndao laisse derrière lui l’image d’un militant engagé et respecté, dont l’action politique a marqué la jeunesse locale et contribué à renforcer la présence de PASTEF-Les Patriotes dans le département de Kaolack.

Affaire Ndella Madior Diouf : Le procès renvoyé au 24 mars 2026 dans un scandale de négligence et de trafic de nourrissons

Le dossier judiciaire concernant Ndella Madior Diouf a été évoqué ce mardi 10 février 2026 devant la chambre criminelle de Dakar, mais le procès a été renvoyé au 24 mars 2026. Ce report fait suite à l’absence de plusieurs accusés, actuellement en liberté provisoire, dont la comparution est désormais attendue pour la suite de l’instruction.

Ndella Madior Diouf, Awa Mbaye, Fanta Cissokho, Fatou Sène, Sadio Keita, Anta Sarr, Yacine Sow, Cheikh Tidiane Ndiaye, Djiby Sow, Koumah Diaham et El Hadj Sène sont poursuivis pour une série de chefs d’accusation graves, allant de la traite de personnes à l’exercice illégal de la fonction de médecin, en passant par la privation d’aliments ou de soins ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les accusés doivent également répondre de mises en danger de la vie d’autrui, de non-assistance à personne en danger, d’obtention indue de certificats aux fins d’inhumation, d’infractions aux lois sur les inhumations, d’homicide involontaire, de non-déclaration de naissance et de complicité.

L’affaire remonte au 28 décembre 2023, date à laquelle Ndella Madior Diouf a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt. Quelques jours auparavant, une vidéo choquante avait fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une vive émotion nationale. Dans cette vidéo devenue virale, des images montraient des nourrissons agonisants et des corps visiblement amaigris. Ces images insoutenables avaient provoqué une onde de choc, accompagnée d’une pétition demandant la fermeture immédiate de la pouponnière Keur Yeurmandé.

Selon les informations recueillies, plus de cinq bébés sont décédés dans cette structure, et certains auraient été enterrés clandestinement, aggravant encore l’indignation populaire et la gravité des accusations portées contre les responsables. L’affaire a profondément ému l’opinion publique et mis en lumière des pratiques illégales et dangereuses au sein de certaines structures de prise en charge des enfants vulnérables au Sénégal.

La prochaine audience, prévue le 24 mars 2026, sera décisive pour la suite de la procédure et devrait permettre d’entendre les autres accusés en liberté provisoire. Entre-temps, les familles et la société civile attendent que justice soit rendue pour les victimes et que les responsabilités soient clairement établies.

Tensions à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor après la fermeture du restaurant universitaire

La situation s’est brusquement tendue, ce lundi, sur le campus de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), à la suite de la décision du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS/Z) de fermer le restaurant universitaire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure, annoncée dans un contexte de contestation estudiantine, a rapidement dégénéré en affrontements entre étudiants et forces de l’ordre déployées pour sécuriser les lieux.

Dans un communiqué rendu public, le directeur du CROUS/Z, Salif Baldé, a expliqué que la fermeture faisait suite à des perturbations graves du fonctionnement du service de restauration. Selon lui, plusieurs étudiants sont entrés dans l’enceinte du restaurant universitaire pour appeler leurs camarades à se restaurer sans s’acquitter du ticket habituel. Ce mot d’ordre, qualifié de « journée sans ticket », aurait compromis l’organisation normale du service ainsi que les efforts matériels, financiers et humains consentis pour assurer une restauration accessible et de qualité aux étudiants.

Le directeur précise que les étudiants avaient été formellement avertis dès la matinée contre cette initiative jugée contraire aux règles en vigueur. Face au non-respect des consignes et conformément aux instructions du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la direction du CROUS/Z a pris la décision de suspendre temporairement les activités du restaurant universitaire. Salif Baldé en appelle au sens de la responsabilité des étudiants et au respect des textes qui encadrent la gestion des services sociaux universitaires.

Cependant, cette mesure n’a fait qu’exacerber la colère sur le campus. Des heurts ont éclaté entre étudiants et forces de l’ordre, traduisant un climat de tension déjà latent au sein de la communauté universitaire. Pour les étudiants, la fermeture du restaurant constitue une sanction collective qu’ils jugent disproportionnée au regard de leurs revendications.

Joint par nos soins, Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, a tenu à replacer le mouvement de « journée sans ticket » dans un cadre plus large. Selon lui, cette action s’inscrit dans une dynamique nationale de contestation de la réforme des bourses d’études initiée par le ministère de tutelle. Les étudiants estiment que cette réforme va à l’encontre du décret du 12 août 2014, lequel garantit l’octroi de bourses aux étudiants de la licence jusqu’au doctorat.

Pour les étudiants de l’UASZ, la mobilisation autour du restaurant universitaire ne constitue donc qu’un volet visible d’un malaise plus profond lié aux conditions de vie et d’études sur les campus sénégalais. Ils appellent les autorités universitaires et ministérielles à privilégier le dialogue afin d’éviter une escalade de la violence et de trouver des solutions durables aux revendications sociales et académiques.

En attendant une éventuelle reprise des discussions, le campus de Ziguinchor demeure sous haute surveillance, dans un climat marqué par l’incertitude et la crispation, alors que les étudiants redoutent une dégradation supplémentaire de leurs conditions de vie.

Décès d’Abdoulaye Ba à l’UCAD : l’ADHA exige une enquête indépendante et des sanctions pénales

L’Organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) est montée au créneau ce mardi 10 février 2026 après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu lors d’interventions policières sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public par son Bureau exécutif, l’ONG dénonce de graves violations des droits humains et réclame l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, ainsi que des sanctions pénales contre les responsables présumés.

Selon l’ADHA, Abdoulaye Ba aurait été victime de « brutalités exercées à l’intérieur même de sa chambre universitaire », un espace que l’organisation rappelle comme étant inviolable au regard des principes fondamentaux du droit. L’ONG insiste sur le fait que le jeune étudiant n’était nullement impliqué dans les actes de violence ayant précédé l’intervention des forces de l’ordre, ce qui rend, selon elle, les faits d’autant plus graves et inacceptables.

L’organisation de défense des droits humains dénonce un usage « disproportionné et excessif de la force » contre la communauté estudiantine, estimant que l’intervention policière a franchi des lignes rouges en matière de respect des libertés individuelles et de protection des civils. Pour l’ADHA, l’irruption des forces de sécurité dans les chambres universitaires constitue une violation manifeste de l’inviolabilité des espaces privés et participe à une logique de répression incompatible avec le cadre universitaire.

Face à la gravité des accusations, l’ADHA sollicite l’intervention de la Gendarmerie nationale afin de conduire des investigations qu’elle souhaite impartiales et indépendantes. L’objectif affiché est d’établir avec précision les circonstances exactes du décès d’Abdoulaye Ba et de situer clairement les responsabilités, non seulement au niveau des agents intervenants, mais également à tous les échelons de la chaîne de commandement ayant autorisé ou encadré l’opération.

Au-delà de l’enquête judiciaire, l’ONG exige que des sanctions administratives et pénales soient appliquées « de manière ferme » contre les auteurs directs des violences, mais aussi contre les éventuels commanditaires. Elle estime que l’impunité dans ce type d’affaires fragilise davantage la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de leur sécurité.

L’ADHA va plus loin en appelant à des démissions au sein des autorités responsables de cette opération qu’elle juge défaillante. Rappelant que la protection des étudiants relève de la responsabilité première de l’État, l’organisation met en garde contre la militarisation progressive des campus universitaires et la criminalisation des revendications sociales. Des pratiques qu’elle considère comme contraires aux principes fondamentaux d’un État de droit et dangereuses pour la stabilité sociale et académique du pays.

Enfin, l’ONG affirme rester mobilisée pour que toute la lumière soit faite sur ce drame et pour que justice soit rendue à la famille d’Abdoulaye Ba, à la communauté universitaire et, plus largement, à l’ensemble des citoyens attachés au respect des droits humains au Sénégal.

UCAD : un campus endeuillé, entre stupeur, colère et vague d’arrestations après les violences de lundi

Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réveillé ce mardi dans une atmosphère lourde de douleur et d’incompréhension. Au lendemain d’une journée marquée par de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, la communauté universitaire est plongée dans le deuil après la mort d’un étudiant, tandis que le bilan judiciaire des événements ne cesse de s’alourdir.

La journée du lundi 9 février 2026 restera gravée comme l’une des plus sombres de l’histoire récente de l’enseignement supérieur sénégalais. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, originaire de la région de Matam, a perdu la vie dans un contexte de fortes tensions sur le campus. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore clairement établies et font l’objet d’investigations, mais sa disparition a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire et bien au-delà.

Dès l’annonce de sa mort, un climat de stupeur et de consternation s’est installé à l’UCAD. De nombreux étudiants, choqués et craignant une aggravation de la situation sécuritaire, ont préféré quitter précipitamment le campus, pliant bagages pour rejoindre leurs familles ou des lieux jugés plus sûrs. Les cités universitaires, habituellement animées, ont ainsi connu une relative accalmie, contrastant avec la violence des heures précédentes.

Les affrontements, qui ont duré une grande partie de la journée et se sont prolongés tard dans la soirée de lundi, ont donné lieu à une vaste opération de maintien de l’ordre. Selon des sources sécuritaires concordantes, plus de 105 étudiants ont été interpellés et conduits dans différents commissariats de Dakar. Ils sont poursuivis pour des chefs d’accusation tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».

Toutefois, ces arrestations suscitent une vive polémique. Plusieurs témoignages font état de conditions d’interpellation brutales. La plupart des étudiants arrêtés présenteraient des blessures visibles, des marques de coups et des traces de sévices, alimentant les accusations de violences policières. Des images et récits circulant dans les réseaux estudiantins renforcent le sentiment d’injustice et de répression aveugle.

Face à cette situation, le collectif des délégués d’étudiants est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations « arbitraires ». Les responsables syndicaux exigent la libération immédiate de leurs camarades et appellent les autorités à faire preuve de retenue et de responsabilité dans un contexte aussi sensible. « Nous sommes en deuil, et au lieu de nous laisser pleurer Abdoulaye, on nous traque jusque dans nos chambres », a confié, sous couvert de l’anonymat, un représentant syndical, résumant le sentiment général de colère et de détresse qui anime une grande partie des étudiants.

Alors que l’UCAD tente de panser ses plaies, cette tragédie relance le débat sur la gestion des crises universitaires, le dialogue entre autorités et étudiants, ainsi que sur l’usage de la force dans les espaces académiques. En attendant les résultats des enquêtes annoncées, le campus reste suspendu entre le deuil, la peur et l’exigence de vérité et de justice pour Abdoulaye Ba.

Eau et assainissement : l’Afrique appelée à changer de rythme pour atteindre l’accès universel

La nécessité de redéfinir une nouvelle trajectoire d’accélération de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement a dominé les interventions lors de la cérémonie d’ouverture du 23e Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA). Ce grand rendez-vous continental a réuni décideurs politiques, experts techniques et partenaires du secteur autour d’une ambition commune : rompre avec les discours de principe pour engager des actions concrètes, mesurables et durables au bénéfice des populations africaines.

Placée sous le thème « Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition se veut résolument tournée vers l’opérationnalisation des engagements. Le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a donné le ton en insistant sur l’urgence d’agir. Selon lui, au-delà de la fierté de porter une dynamique de rupture, l’Afrique a désormais le devoir de transformer les intentions en solutions concrètes. « L’action est la raison d’être de ce 23e Congrès », a-t-il affirmé, soulignant que le continent ne peut plus se permettre de retards face aux enjeux vitaux liés à l’eau et à l’assainissement.

Le ministre a alerté sur la situation préoccupante du continent à l’horizon 2030 si le rythme actuel n’est pas significativement accéléré. Il a rappelé que le chemin vers l’accès universel reste semé de nombreux obstacles, allant des contraintes financières aux défis institutionnels et techniques, qui ralentissent les progrès et compromettent les résultats. Cette situation, a-t-il souligné, nourrit le désarroi des communautés privées des bénéfices sanitaires, sociaux et économiques liés à la disponibilité des services d’eau potable et d’assainissement.

Les données présentées lors du congrès illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, plus de 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, tandis que près de 800 millions sont privées de services d’assainissement adéquats. Des chiffres alarmants qui traduisent une vulnérabilité structurelle aux conséquences multiples. Pour le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, l’enjeu dépasse largement le cadre technique. Il a insisté sur le fait que l’accès à l’eau est devenu un enjeu sanitaire, social et économique majeur, conditionnant la stabilité et la cohésion des sociétés africaines.

Au-delà des problématiques d’accès, le congrès marque également un tournant stratégique pour l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement elle-même. Confrontée au retrait progressif de certains partenaires au développement, l’AAEA s’engage dans une dynamique de réinvention afin de poursuivre efficacement ses missions. Son président, Blaise Moussa, a salué la résilience du continent face à ces défis et appelé les dirigeants africains à un engagement plus fort. Il a exprimé le souhait de voir l’AAEA devenir le bras technique de l’Union africaine et intégrer ses organisations observatrices, afin de renforcer l’ancrage institutionnel et l’impact des politiques publiques dans le secteur.

La dimension politique et sociale de l’eau a également été au cœur des échanges. Le secrétaire exécutif de l’AAEA, Olivier Goussou, a rappelé que l’eau constitue un facteur essentiel de prévention des tensions et un levier central de résilience face aux effets des changements climatiques. Selon lui, là où la ressource est mal gérée, les tensions émergent inévitablement. Il a martelé que l’accès à l’eau ne saurait être considéré comme un luxe, mais bien comme un droit fondamental, dont la garantie conditionne le développement durable et la paix sociale sur le continent.

Décès d’Abdoulaye Bâ : les étudiants de l’UIDT décrètent une cessation d’activités et dénoncent l’intervention des FDS à l’UCAD

La Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) a vivement réagi à la situation jugée dramatique qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans un communiqué rendu public, l’organisation estudiantine a condamné avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie d’ingérence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le campus social de l’UCAD, une intervention qui aurait conduit à la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ.

La CAE de l’UIDT a d’abord exprimé sa profonde compassion et présenté ses sincères condoléances à la famille éplorée d’Abdoulaye Bâ, étudiant en licence 2 à la Faculté de médecine de l’UCAD. Elle a également adressé ses pensées à l’ensemble de la communauté universitaire, durement éprouvée par ce décès qui ravive le débat sur la gestion sécuritaire des espaces universitaires.

Face à la gravité des faits, la Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT estime que les campus universitaires doivent demeurer des lieux de savoir, de dialogue et de débat, et non des zones de confrontation. Elle considère que la présence et l’intervention des forces de sécurité à l’intérieur des campus constituent une menace pour la sécurité physique et psychologique des étudiants, et portent atteinte aux libertés académiques.

En signe de solidarité avec les étudiants de l’UCAD et pour marquer son indignation, la CAE de l’UIDT a décidé de décréter une cessation de toute activité pédagogique ce mardi 10 février 2026. Cette mesure vise, selon elle, à interpeller les autorités sur l’urgence de revoir leur approche dans la gestion des crises universitaires et à exiger que justice soit faite dans cette affaire.

Dans la foulée, l’organisation estudiantine a appelé le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense et de sécurité de l’ensemble des campus universitaires du pays. Pour la CAE de l’UIDT, seule une réponse politique responsable, fondée sur le dialogue avec les étudiants et les acteurs universitaires, permettra d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

La Conférence des amicales d’étudiants de l’UIDT conclut en réaffirmant son engagement à défendre les droits et la dignité des étudiants, tout en appelant à une mobilisation pacifique et responsable de la communauté universitaire pour la préservation de la vie humaine et du caractère sacré des espaces académiques.

Détention de supporters sénégalais à Rabat : l’angoisse grandit, les familles crient à l’injustice

L’inquiétude ne cesse de monter au Sénégal, en particulier à Dangou, dans le département de Rufisque, d’où sont originaires quatre des dix-huit supporters sénégalais détenus à Rabat depuis maintenant vingt-deux jours. Une situation jugée alarmante par Blaise Niang, président de la commission juridique de l’ASC Lébougui, qui s’est confié au journal sportif Record pour dénoncer ce qu’il considère comme un traitement inhumain et contraire aux principes d’un procès équitable.

Selon lui, les droits fondamentaux des détenus sont sérieusement bafoués. Il affirme que l’avocat chargé de leur défense ne bénéficie pas d’un accès normal à ses clients, une entrave grave aux droits de la défense. « Sur les dix-huit personnes détenues, l’avocat n’est autorisé à en rencontrer que cinq. Les autres restent sans assistance juridique régulière. C’est une situation profondément injuste », déplore-t-il. Cette restriction, perçue comme arbitraire, alimente les soupçons d’opacité autour de la procédure judiciaire en cours.

Face à ce qu’ils estiment être un déni de justice, les supporters sénégalais ont décidé de durcir leur mouvement de protestation en entamant une grève de la faim. Par cet acte extrême, ils réclament avant tout la tenue d’un procès équitable, dans des conditions respectant leurs droits et en présence effective de leur conseil. Pour Blaise Niang, cette affaire dépasse désormais le simple cadre judiciaire et prend une dimension politique inquiétante. Il évoque même la crainte que ces compatriotes soient instrumentalisés, assimilés à des « trophées de guerre », dans un contexte de rivalité sportive persistante. Il suggère que la défaite du Maroc face au Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations n’aurait toujours pas été digérée par certaines sphères, laissant planer le doute sur l’impartialité du traitement réservé aux détenus.

La situation est d’autant plus angoissante que la communication entre les supporters incarcérés et leurs familles s’est récemment rompue. Depuis plusieurs jours, aucun appel n’a été reçu, plongeant les proches dans une inquiétude profonde. « Même quand ils réussissaient à nous joindre et qu’ils disaient aller bien, on savait que ce n’était pas facile d’être détenu là-bas. Aujourd’hui, le silence est total », confie Blaise Niang, traduisant le désarroi des familles restées sans nouvelles.

Amer et pessimiste, le responsable de l’ASC Lébougui dit ne nourrir que peu d’espoir quant à une issue favorable. Il estime que les autorités judiciaires marocaines, tant au niveau du parquet que du siège, ne semblent pas disposées à garantir aux détenus sénégalais un procès équitable et transparent. Une conviction qui renforce le sentiment d’abandon ressenti par les familles et les soutiens des supporters.

Enfin, Blaise Niang fustige l’attitude des autorités sénégalaises face à cette crise. Il regrette vivement ce qu’il considère comme une inertie coupable de l’État, soulignant que seule la Fédération sénégalaise de football s’est réellement mobilisée jusqu’ici. Le silence du ministère des Sports est particulièrement pointé du doigt, perçu comme un manque de soutien institutionnel à des citoyens sénégalais en difficulté à l’étranger. Dans les foyers de Dangou et au-delà, l’attente se fait de plus en plus lourde, tandis que l’espoir d’une intervention diplomatique forte demeure fragile.

Décès de l’étudiant Abdoulaye Ba : Bougane Guèye dénonce une gestion défaillante des préoccupations estudiantines

Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba a profondément bouleversé la communauté universitaire sénégalaise ainsi que la classe politique. Ce drame, survenu dans un contexte de fortes tensions au sein des universités, continue de susciter une vague d’émotion, de tristesse et d’indignation à travers le pays. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Bougane Guèye, leader du mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars », qui a tenu à rendre un hommage appuyé au défunt tout en lançant un signal d’alarme sur la situation préoccupante du milieu universitaire.

Dans une déclaration empreinte d’émotion, Bougane Guèye a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition d’Abdoulaye Ba, qu’il qualifie de perte immense non seulement pour sa famille et ses camarades, mais également pour la Nation tout entière. « La République perd l’un de ses enfants et l’Université l’une de ses lumières », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la valeur humaine et intellectuelle de l’étudiant disparu. Il s’est incliné avec respect devant la douleur de la famille éplorée, tout en adressant sa solidarité aux étudiants et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.

Au-delà de l’hommage, le leader de Gueum Sa Bopp a tenu à replacer ce décès dans un contexte plus large, marqué selon lui par une accumulation de dysfonctionnements et de négligences dans la gestion des préoccupations estudiantines. Pour Bougane Guèye, ce drame tragique n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un malaise profond qui gangrène le système universitaire depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir, à maintes reprises, alerté les autorités sur la fragilité du climat universitaire et sur les risques liés à une mauvaise prise en charge des revendications légitimes des étudiants.

Selon lui, la situation actuelle résulte d’une gestion qu’il qualifie de périlleuse de dossiers sensibles touchant directement la jeunesse, en particulier les étudiants, souvent confrontés à des conditions de vie et d’étude difficiles. « Ce drame tragique vient malheureusement confirmer la pertinence des alertes que nous avions lancées. Nous avions attiré l’attention sur la fragilité de la situation et sur la gestion périlleuse de dossiers sensibles touchant notre jeunesse, en particulier les étudiants. Hélas, la réalité nous rattrape aujourd’hui de la manière la plus douloureuse », a-t-il regretté.

Bougane Guèye appelle ainsi à une prise de conscience urgente des autorités, estimant que la mort d’Abdoulaye Ba doit constituer un électrochoc. Il plaide pour un dialogue sincère et responsable avec les étudiants, ainsi que pour des réponses concrètes et durables à leurs préoccupations, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. Pour lui, l’avenir du pays passe nécessairement par la protection, l’écoute et la valorisation de sa jeunesse, dont les universités devraient être des espaces de savoir, de sécurité et d’épanouissement, et non des lieux de souffrance et de désespoir.

Affaire Pape Cheikh Diallo : l’avocat dément toute confession et le parquet alourdit les charges

L’affaire judiciaire impliquant l’animateur de télévision Pape Cheikh Diallo continue de susciter une vive attention de l’opinion publique. Joint par téléphone par le journaliste Ahmed Aidara, l’avocat de l’animateur a tenu à apporter des clarifications face aux nombreuses rumeurs circulant autour du dossier, notamment celles faisant état de prétendus aveux de son client.

Le conseil de Pape Cheikh Diallo a été catégorique. Selon lui, aucune confession n’a été faite par l’animateur. Il affirme que son client reste serein, bien que profondément affecté par l’ampleur médiatique et humaine de cette affaire. « Mon client est serein, même s’il est profondément affecté par ce qui est en train de se passer. Il est accusé à tort. Nous sommes en concertation et, lorsque nous serons prêts, nous dirons toute la vérité à l’opinion publique », a déclaré l’avocat, rejetant ainsi fermement les rumeurs persistantes d’aveux.

Toutefois, le conseil a également insisté sur le fait que le dossier se trouve encore au stade de l’enquête. À ce titre, il a indiqué être tenu par le secret de l’instruction et ne pas être en mesure de livrer davantage de détails sur la stratégie de défense ou sur les éléments du fond. « Il s’agit d’une enquête en cours », a-t-il rappelé, appelant à la prudence dans les commentaires et interprétations publiques.

Sur le plan judiciaire, l’affaire a connu une évolution rapide et significative au niveau du parquet. Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, s’est saisi du dossier sans tarder. Selon des sources judiciaires concordantes, le chef du parquet a décidé de durcir considérablement la procédure en retenant de nouvelles infractions dans son réquisitoire introductif.

En plus des chefs d’accusation initialement visés par l’enquête, le procureur a ajouté celui de blanchiment de capitaux, une infraction lourde qui expose les mis en cause à des sanctions pénales particulièrement sévères. Cette requalification partielle du dossier marque un tournant important dans la procédure et témoigne de la volonté du parquet d’aller au fond des faits reprochés aux personnes impliquées.

À l’issue de cette phase, le procureur a requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des mis en cause. Sont concernés par cette mesure Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye, Djiby Dramé, Bekaye Ndiaye, Doudou Lamine Dieng, ainsi que Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo.

Alors que l’instruction se poursuit, cette affaire hautement médiatisée continue de diviser et d’alimenter les débats. En attendant les conclusions de la justice, la défense, de son côté, se dit déterminée à démontrer l’innocence de l’animateur et promet de faire éclater sa version des faits « au moment opportun ».

Les soutiens de Farba Ngom dénoncent un « acharnement judiciaire » et annoncent une mobilisation nationale

Face à ce qu’ils qualifient d’« acharnement judiciaire », les partisans de Farba Ngom haussent le ton et dénoncent une situation qu’ils jugent de plus en plus préoccupante. Réunis ce lundi lors d’une conférence de presse, les membres du Comité pour la Résistance Populaire ont exprimé leur vive inquiétude quant aux conditions de détention du maire d’Agnam et député de l’opposition, incarcéré depuis le 27 février dernier dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de deniers publics.

Au centre de leurs revendications figure ce qu’ils estiment être une inégalité flagrante de traitement judiciaire. Abdoul Aziz Diop, adjoint au maire d’Agnam et porte-parole du mouvement de soutien, s’est publiquement interrogé sur la décision ayant conduit à la libération de Tahirou Sarr, pourtant co-accusé dans le même dossier, tandis que Farba Ngom demeure derrière les barreaux. Pour les soutiens du député-maire, cette différence de traitement alimente le sentiment d’une justice à deux vitesses.

Lors de son intervention, Abdoul Aziz Diop a également insisté sur l’état de santé jugé préoccupant de Farba Ngom. Selon lui, les conditions physiques du responsable politique seraient incompatibles avec une détention prolongée. « Son état de santé est incompatible avec l’incarcération, pourtant on le maintient en prison », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme une violation des droits fondamentaux de leur leader. Il précise toutefois que leur combat ne vise pas à obtenir un quelconque privilège, mais à faire respecter le droit. « Nous ne demandons pas un privilège, nous exigeons le droit », martèle-t-il.

Déterminés à ne pas rester passifs, les partisans de Farba Ngom annoncent une montée en puissance de la contestation. Une marche pacifique est prévue le 14 février prochain, suivie d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale deux jours plus tard. À travers ces actions, le Comité pour la Résistance Populaire entend attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur ce qu’il considère comme une dérive judiciaire.

L’objectif affiché est clair : faire pression sur une justice que les soutiens du député-maire jugent partiale et instrumentalisée. « Nous ne laisserons pas l’injustice triompher », avertit Abdoul Aziz Diop, promettant une mobilisation continue et sans relâche. Selon lui, le bras de fer engagé avec les autorités judiciaires ne fait que commencer.

Entre revendication du respect des droits, dénonciation d’un traitement jugé inéquitable et démonstration de force populaire annoncée, l’affaire Farba Ngom s’installe durablement au cœur du débat politique et judiciaire, laissant présager une période de fortes tensions dans les jours à venir.

UCAD : fermeture exceptionnelle du campus social après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba

La direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé la fermeture exceptionnelle du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce mardi 10 février 2026 à partir de 12 heures, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par les événements survenus le lundi 9 février 2026, qui ont conduit au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de Médecine.

Dans un communiqué officiel, le COUD précise que cette mesure a été prise pour des raisons de sécurité, alors que le climat sur le campus reste empreint d’émotion, de choc et de tensions. La direction estime nécessaire de suspendre temporairement l’accès au campus social afin de prévenir tout risque supplémentaire et de permettre un retour progressif au calme.

La direction du COUD a également demandé aux étudiants de ne laisser aucun bagage dans les chambres des résidences universitaires, une consigne qui s’inscrit dans le cadre de la fermeture totale du campus social. Les modalités pratiques liées à cette évacuation temporaire seront précisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

Consciente de l’impact psychologique de ce drame sur la communauté universitaire, la direction a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’écoute psychologique à l’endroit des étudiants. Ce mécanisme vise à offrir un soutien moral et psychologique à ceux qui en ressentent le besoin, dans un contexte de deuil et de traumatisme collectif. Les détails pratiques concernant ce dispositif seront communiqués ultérieurement.

Dans son message, le COUD a par ailleurs présenté ses sincères condoléances à la famille de l’étudiant décédé, ainsi qu’à l’ensemble des étudiants et à la communauté universitaire de l’UCAD. La direction a tenu à rappeler son attachement aux valeurs de dialogue et de concertation, tout en lançant un appel à la collaboration, à la sérénité et au retour au calme.

Alors que les autorités universitaires et administratives poursuivent leurs évaluations, la fermeture du campus social apparaît comme une mesure préventive destinée à préserver la sécurité des étudiants et à créer les conditions nécessaires à l’apaisement, dans l’attente de nouvelles décisions.

Université Cheikh Anta Diop : un étudiant en médecine décède dans un contexte de violents affrontements sur le campus

Un drame s’est produit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où un étudiant en deuxième année à la faculté de médecine a perdu la vie à la suite des violents affrontements survenus récemment sur le campus universitaire. Selon les informations recueillies, le corps sans vie de la victime a été acheminé et se trouve actuellement à l’hôpital Principal de Dakar, plongeant la communauté universitaire dans une profonde consternation.

Le décès de cet étudiant intervient dans un contexte de fortes tensions marquées par des manifestations estudiantines, des interventions répétées des forces de défense et de sécurité, ainsi que des heurts ayant dégénéré en scènes de violence. Depuis plusieurs jours, l’UCAD est le théâtre d’échanges de projectiles, d’usage de gaz lacrymogènes et d’incidents graves ayant affecté la vie académique et la sécurité des étudiants.

Pour l’heure, les circonstances exactes de la mort de l’étudiant n’ont pas encore été officiellement établies. Les autorités n’ont pas communiqué sur les causes précises du décès, ni sur le moment exact où le drame s’est produit. Cette absence d’informations alimente l’émotion et les interrogations au sein du campus, où étudiants, enseignants et personnels administratifs réclament des éclaircissements rapides et transparents.

Une enquête devrait être ouverte afin de faire toute la lumière sur ce décès tragique, déterminer les causes réelles de la mort et situer les responsabilités dans ces violences qui ont pris une tournure dramatique. Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander une investigation indépendante et rigoureuse, afin que les faits soient établis et que justice soit rendue si des manquements ou des abus sont avérés.

Ce décès ravive le débat sur la gestion sécuritaire des crises universitaires et sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. De nombreux acteurs du monde universitaire estiment que l’université doit rester un espace de savoir, de débat et de formation, et non un théâtre de violences mettant en danger la vie des étudiants.

Alors que l’émotion reste vive à l’UCAD, la communauté universitaire est en deuil et appelle à l’apaisement. Les autorités sont désormais attendues sur des mesures urgentes pour garantir la sécurité des étudiants, rétablir un climat serein sur le campus et éviter que de tels drames ne se reproduisent. Nous y reviendrons au fur et à mesure de l’évolution de cette affaire.

Kaolack : Abdallah Ndao et Samm Jikkoo exigent une cohérence entre discours politique et valeurs sociales

L’affaire de mœurs présumées qui secoue actuellement la ville de Kaolack dépasse largement le cadre judiciaire. Elle remet au centre de l’actualité un débat sensible et profondément clivant au Sénégal : celui de l’homosexualité, perçue par une large majorité de la population comme incompatible avec les valeurs religieuses, culturelles et sociales du pays.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 février 2026, Abdallah Ndao, frère de feu l’imam Alioune Badara Ndao, a ravivé cette controverse nationale. Au-delà de l’évocation de la mémoire d’une figure religieuse marquante, sa prise de parole s’est surtout apparentée à une interpellation directe du pouvoir politique, accusé de silence et d’inaction face à un phénomène jugé préoccupant par une frange importante de l’opinion publique.

Selon lui, « cette affaire agit comme un révélateur d’un malaise plus profond. Elle alimente le sentiment d’un décalage croissant entre les valeurs sociales dominantes, fortement influencées par l’islam, et ce qui est perçu comme une tolérance institutionnelle progressive à l’égard de pratiques considérées comme contraires à l’identité morale du pays », a souligné Abdallah Ndao.

Bien que le Sénégal soit constitutionnellement un État laïc, il demeure socialement enraciné dans de fortes références religieuses. C’est dans cet équilibre délicat que s’inscrit aujourd’hui la controverse. L’interpellation vise directement le régime issu de la récente alternance politique, laquelle s’était construite sur des promesses de rupture, de restauration de l’autorité de l’État et de respect des valeurs sociétales, a-t-il ajouté.

« Parmi ces engagements, certains électeurs estiment que la criminalisation explicite de l’homosexualité faisait partie des attentes implicites, perçue comme un moyen de protéger la jeunesse et de préserver le tissu moral national. Or, l’absence de mesures concrètes à ce jour nourrit frustrations, incompréhensions et soupçons de reniement », a rappelé Abdallah Ndao.

Le guide religieux appelle désormais à une clarification officielle de la position de l’État, à une cohérence entre discours électoral et action gouvernementale, ainsi qu’à l’ouverture d’un débat assumé au niveau législatif.

De son côté, Abdoulaye Ndao affirme que le mouvement Samm Jikkoo poursuivra son combat contre ce qu’il qualifie de dérive sociétale, tout en exhortant les autorités à respecter leurs engagements envers une population majoritairement attachée aux valeurs religieuses et morales.

TENSIONS À L’UCAD

Le khalife de Bambilor interpelle les plus hautes autorités

Dans une lettre rendue publique, le khalife de Bambilor a pris la parole pour évoquer la situation des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) en grève. S’adressant à la fois aux autorités compétentes et aux étudiants eux-mêmes, ce message se veut un appel à la responsabilité collective, au dialogue et à la recherche urgente de solutions durables face à une crise qui dépasse le cadre universitaire et interpelle l’ensemble de la société.

« La situation que traverse l’Université Cheikh Anta Diop continue de susciter des inquiétudes
légitimes. Elle appelle, de la part de tous, sens de responsabilité, écoute et humanité.
Après plusieurs tentatives de médiation, notamment l’organisation d’une rencontre entre les
étudiants, les autorités religieuses et les acteurs concernés, une période d’accalmie avait été observée », a écrit Thierno Amadou Ba, qui reste convaincu que « le dialogue reste possible et nécessaire ». Toutefois, estime-t-il, « des éléments nouveaux, comme la
fermeture des restaurants universitaires et certains événements récents, ont ravivé les tensions ».

Par cette lettre ouverte, le khalife général de Bambilor invite l’État à prendre toutes les dispositions nécessaires, en
tenant compte de la réalité du terrain.
« Les textes et les principes sont importants, mais il arrive que leur
application gagne à être humanisée, afin de préserver la paix sociale et la dignité humaine », a-t-il suggéré.
Thierno Amadou Ba ne manque pas de saluer, « avec une profonde émotion », « la dignité, le sens élevé de responsabilité et le respect
dont les étudiants ont fait preuve jusqu’ici, notamment à travers leurs représentants et les amicales ».

« Malgré les attentes, les difficultés et l’ouverture au dialogue qu’ils ont consentie, ils ont su préserver
leur dignité, leur lucidité et leur engagement responsable. Leur attitude respectueuse envers les autorités
religieuses et morales ne saurait en aucun cas être interprétée comme un renoncement ou une
compromission, mais bien comme une preuve de maturité et de conscience citoyenne », a-t-il estimé.
« Je veux aussi leur
dire clairement que, quelles que soient les circonstances, ils ne sont pas seuls », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, il a indiqué que l’accompagnement des
autorités morales, religieuses et sociales leur est acquis.
« Les portes du dialogue restent ouvertes. Il n’est dans l’intérêt de personne de laisser s’installer la
méfiance ou la confrontation. Les étudiants ont joué un rôle important dans l’histoire récente de notre
pays ; il est essentiel aujourd’hui de préserver la confiance et l’esprit de concertation », a-t-il argumenté.

Dans cet esprit, il en appelle également au Président de la République ainsi qu’au Premier ministre.
« La situation actuelle exige des sacrifices et un engagement personnel au plus haut niveau de l’État. Le
règlement durable de cette crise passe par une écoute directe et sincère des étudiants.
J’invite ainsi les plus hautes autorités à ouvrir leurs portes aux étudiants, à travers une rencontre
franche et inclusive, sans intermédiaires, afin d’échanger et de trouver ensemble des solutions », a-t-il indiqué, estimant qu’un tel
geste de dialogue et de responsabilité contribuerait grandement à apaiser les tensions et à restaurer la
confiance.
« Je réitère mon soutien et mon engagement à accompagner toutes les parties dans la recherche de
solutions apaisées, justes et durables.
Que le bon Dieu nous garde nous protège et nous assiste », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Affaire Pape Cheikh Diallo–Djibril Dramé : l’enquête entre en phase d’instruction judiciaire

La procédure judiciaire visant Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et leurs codétenus connaît une évolution majeure. Selon des informations rapportées par Seneweb, le dossier a officiellement été confié à un juge d’instruction du premier cabinet, marquant ainsi l’ouverture d’une information judiciaire. Cette étape décisive fait basculer l’affaire dans une phase plus approfondie du processus pénal, au regard de la gravité des faits reprochés.

Déférés ce matin par la Brigade de recherches de Keur Massar, les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission volontaire du VIH/Sida à travers des rapports sexuels non protégés, ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui. Des qualifications pénales lourdes qui ont conduit le parquet à requérir l’ouverture d’une instruction, estimant nécessaire un examen approfondi des faits par un magistrat instructeur.

L’information judiciaire ouvre la voie à une série d’investigations complémentaires. Le juge d’instruction est désormais chargé de conduire les auditions des parties, d’organiser d’éventuelles confrontations, d’analyser les pièces versées au dossier et, le cas échéant, d’ordonner des expertises médicales ou techniques. Cette phase vise à établir avec précision les responsabilités individuelles, la matérialité des faits et leur qualification juridique.

À l’issue de l’instruction, plusieurs scénarios sont envisageables. Le juge pourra décider d’un renvoi des mis en cause devant une juridiction de jugement s’il estime les charges suffisantes, ou prononcer un non-lieu en cas d’insuffisance d’éléments probants. Dans l’intervalle, la question du placement sous mandat de dépôt demeure centrale. Une telle mesure, si elle est ordonnée, entraînerait l’incarcération provisoire des suspects, généralement justifiée par la gravité des accusations, le risque de pression sur les témoins ou la nécessité de garantir le bon déroulement de l’enquête.

Nouvelle intervention des forces de sécurité à l’UCAD malgré la réouverture des restaurants universitaires

La tension demeure vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) en ce lundi, marqué par une nouvelle intervention des Forces de défense et de sécurité (FDS) à l’intérieur du campus social. Cette opération intervient pourtant au lendemain de l’annonce par le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) de la réouverture des restaurants universitaires, une mesure censée calmer la colère estudiantine après plusieurs jours de contestation.

Dès les premières heures de la matinée, des éléments des FDS ont investi le campus, procédant à des tirs de gaz lacrymogènes en direction des étudiants présents. La situation a rapidement dégénéré, plongeant les cités universitaires dans une atmosphère suffocante. De nombreux étudiants ont été contraints de se réfugier dans leurs chambres ou de se barricader pour échapper aux effets des gaz, tandis que d’autres tentaient de fuir les zones les plus touchées.

Cette intervention musclée a suscité l’incompréhension et l’indignation au sein de la communauté universitaire, d’autant plus qu’elle survient après l’annonce officielle de la reprise du service de restauration, l’une des principales revendications des étudiants. Sur le terrain, la réouverture annoncée n’a pas suffi à dissiper la méfiance ni à apaiser les tensions, dans un contexte de dialogue jugé insuffisant par plusieurs organisations estudiantines.

Les conséquences de l’opération policière ont largement dépassé l’enceinte de l’université. Aux abords de la cité Aline Sitoé Diatta, anciennement connue sous le nom de cité Claudel, les gaz lacrymogènes se sont propagés dans les quartiers environnants. Des riverains, dont des enfants, ont été incommodés par les émanations, provoquant des scènes de panique et nécessitant des évacuations d’urgence dans certaines habitations.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : l’Assemblée nationale met en place une commission ad hoc

L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans la procédure visant le député de l’opposition Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Réunis en séance ce lundi 09 février 2026, les députés ont procédé à la ratification de la liste des dix membres devant composer la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire, dans le cadre de nouvelles poursuites judiciaires engagées contre lui.

Cette validation ouvre officiellement la phase de travail de la commission. Conformément aux règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale, les membres désignés devront d’abord se réunir afin de mettre en place le bureau de la commission, étape préalable indispensable au démarrage effectif des travaux. Une fois constituée, la commission disposera d’un délai d’une semaine, jusqu’au 16 février prochain, pour étudier en profondeur le dossier transmis par les autorités judiciaires.

Au terme de cet examen, la commission ad hoc sera appelée à présenter ses conclusions devant la plénière de l’Assemblée nationale. C’est sur la base de ce rapport que les députés se prononceront, en toute souveraineté, sur l’opportunité ou non de lever l’immunité parlementaire de Farba Ngom, une décision aux implications politiques et judiciaires majeures.

Selon les informations relayées dans le journal de 12 heures de la radio RFM, la commission est composée de députés issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, ainsi que d’un non-inscrit, traduisant une volonté d’équilibre dans le traitement de ce dossier sensible. Il s’agit de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr, tous membres de Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale. À ces derniers s’ajoutent Djimo Souaré, représentant le groupe d’opposition Takku Wallu, ainsi que Moussa Hamady Sarr, député non-inscrit.

Cette procédure intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition, chaque camp scrutant de près l’évolution du dossier. Pour les uns, il s’agit de permettre à la justice de faire son travail sans entrave, tandis que pour les autres, la question de la protection des droits et garanties des élus reste centrale. Les prochains jours seront donc décisifs, tant pour l’avenir judiciaire de Farba Ngom que pour le climat politique au sein de l’hémicycle.

Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : une information judiciaire ouverte, le risque de mandat de dépôt se précise

La situation judiciaire de Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et de leurs codétenus connaît un tournant décisif. Selon des informations de Seneweb, leur dossier, jusque-là traité dans le cadre de l’enquête préliminaire, est désormais entré dans une phase beaucoup plus lourde de conséquences avec l’ouverture officielle d’une information judiciaire.

Déférés ce matin par les éléments de la Brigade de recherches de Keur Massar, les mis en cause ont été présentés au parquet avant que le juge du premier cabinet ne soit désigné pour conduire l’instruction. Cette désignation marque une étape cruciale, traduisant la gravité des faits reprochés et la complexité du dossier.

Pape Cheikh Diallo, Djibril Dramé et leurs coaccusés sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH/Sida à la suite de rapports sexuels non protégés, ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui. Des chefs d’accusation particulièrement lourds au regard de la législation pénale sénégalaise, qui prévoit des sanctions sévères en cas de condamnation.

Toujours selon les informations de Seneweb, tous les mis en cause encourent un placement sous mandat de dépôt à l’issue de leur présentation devant le juge d’instruction. Cette éventualité renforcerait davantage la pression judiciaire qui pèse sur eux, alors que l’instruction devra déterminer les responsabilités individuelles, établir les faits reprochés et vérifier les éléments matériels et médicaux versés au dossier.

Dans l’attente des décisions du magistrat instructeur, cette affaire continue de susciter une vive attention de l’opinion publique, tant par la notoriété de certains des mis en cause que par la sensibilité des infractions évoquées. Les prochains jours s’annoncent déterminants pour la suite de la procédure.

Pikine-Guédiawaye : deux hommes condamnés à cinq ans de prison ferme pour actes contre nature

Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu, ce mardi, un verdict particulièrement sévère dans une affaire d’actes impudiques ou contre nature. Deux prévenus, Amadou Ba et Gora Diakhaté, ont été condamnés chacun à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 1,5 million de francs CFA, portant le total des sanctions pécuniaires à trois millions de francs CFA.

Les faits se sont déroulés alors que Pape Cheikh Diallo et ses co-accusés étaient conduits devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour une autre affaire. Au même moment, Amadou Ba et Gora Diakhaté comparaissaient devant la juridiction pour répondre des accusations portées contre eux. Selon les éléments du dossier, Amadou Ba, jeune homme dénoncé par son propre frère, entretenait une relation avec Gora Diakhaté. Les deux hommes ont été placés sous mandat de dépôt le 20 janvier 2026.

À la barre, les prévenus ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés, déclarant avoir agi sous l’effet du désir. Tentant d’obtenir la clémence du tribunal, Amadou Ba a évoqué un état de démence, estimant ne pas être pleinement responsable de ses actes. Son partenaire, Gora Diakhaté, qui comparaissait sans assistance d’un avocat, a quant à lui promis de ne plus s’adonner à de tels comportements et a imploré la clémence des juges.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a adopté une ligne de fermeté, sollicitant l’application de la peine maximale prévue par la loi, soit cinq ans de prison ferme, accompagnée d’une amende d’un million de francs CFA pour chacun des prévenus. Le ministère public a ainsi insisté sur la gravité des faits et la nécessité d’une réponse pénale dissuasive.

La défense d’Amadou Ba, assurée par Me Ibrahima Diop, a tenté d’atténuer la responsabilité pénale de son client. Tout en précisant qu’il ne cautionnait nullement les faits reprochés, l’avocat a plaidé pour l’application de l’article 50 du Code pénal relatif à la démence, demandant au tribunal de faire preuve de compréhension et d’indulgence. Cette ligne de défense n’a toutefois pas convaincu la juridiction.

Dans son délibéré, le juge a suivi la logique du parquet en déclarant les deux prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés. La peine prononcée, jugée lourde par certains observateurs, s’inscrit dans un contexte judiciaire où les infractions qualifiées d’actes contre nature sont sévèrement réprimées par la législation sénégalaise.

Affaire du réseau présumé de transmission du VIH : vers une instruction judiciaire et de lourdes sanctions en perspective

L’affaire dite du réseau présumé de transmission du VIH, dans laquelle le nom de l’animateur Pape Cheikh Diallo a été cité, entre dans une phase décisive marquée par une analyse juridique approfondie. Invit é sur le plateau de la Télé Futurs Médias (TFM), le chroniqueur et analyste juridique Daouda Mine a livré un éclairage détaillé sur les implications judiciaires possibles de ce dossier sensible, en mettant l’accent sur la rigueur de la procédure à venir et la sévérité des peines prévues par la loi sénégalaise.

Selon Daouda Mine, la complexité et la gravité des faits allégués rendent inévitable l’ouverture d’une information judiciaire. Cette étape procédurale, conduite par un juge d’instruction, apparaît comme un passage obligé pour faire toute la lumière sur les accusations portées, établir les responsabilités individuelles et apprécier la matérialité des faits reprochés aux différentes personnes mises en cause. À ses yeux, une simple enquête préliminaire ne saurait suffire dans un dossier d’une telle ampleur, impliquant des infractions lourdes et des conséquences potentielles sur la santé publique.

L’analyste du droit a insisté sur le rôle central de l’instruction judiciaire, qui permettra notamment d’entendre les parties concernées, de confronter les versions, d’examiner les éléments de preuve et de déterminer si les faits dénoncés sont juridiquement constitués. Cette phase est également essentielle pour garantir les droits de la défense, tout en assurant une manifestation complète de la vérité, conformément aux principes fondamentaux de la justice.

Au-delà des aspects strictement procéduraux, Daouda Mine a surtout attiré l’attention sur la gravité des sanctions encourues en cas de condamnation. Il a rappelé que la législation en vigueur est particulièrement sévère en matière de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui. Si les faits reprochés sont établis et que la culpabilité des mis en cause est retenue par la juridiction compétente, ceux-ci pourraient faire face à une lourde réclusion criminelle.

En effet, le droit pénal sénégalais prévoit pour ce type d’infraction une peine d’emprisonnement allant de cinq à dix ans, traduisant la volonté du législateur de sanctionner fermement des actes considérés comme une atteinte grave à l’intégrité physique et à la santé des personnes. Cette fourchette de peines souligne l’importance accordée à la protection de la vie humaine et à la lutte contre les comportements à risque susceptibles de propager des maladies graves.

Keur Massar : une mère de famille interpellée pour avoir grièvement brûlé son époux avec de la bouillie chaude

Un fait divers d’une rare violence s’est produit dans le quartier de Boune, à Keur Massar, dans la banlieue dakaroise. Une mère de famille âgée de 30 ans a été interpellée par les éléments du commissariat de Yeumbeul-Comico, après avoir violemment agressé son époux en lui versant de la bouillie bouillante au visage et sur une partie du corps, à la suite d’une altercation domestique.

L’affaire a été révélée lorsque la victime, identifiée sous les initiales E.H.T. Diongue, s’est présentée au poste de police dans un état jugé préoccupant par les agents. L’homme souffrait de brûlures graves, notamment au visage et sur plusieurs zones du corps. Il était muni d’un certificat médical délivré par le centre de santé de Yeumbeul, attestant d’une Incapacité Temporaire de Travail (ITT) de vingt-et-un jours, après avoir reçu des soins d’urgence.

Selon les déclarations faites par le plaignant aux enquêteurs, l’agression s’est produite à leur domicile, alors que son épouse préparait le repas des enfants. Une dispute aurait éclaté entre les conjoints pour des raisons qui n’ont pas été précisées. C’est au cours de cette altercation que la dame se serait emparée du récipient contenant de la bouillie encore brûlante pour la lui renverser volontairement dessus, provoquant de sérieuses brûlures.

À la suite de cette plainte formelle et des éléments médicaux versés au dossier, les policiers de Yeumbeul-Comico ont procédé à l’interpellation de l’épouse, Adji Fatou Seck. Entendue sur procès-verbal, la mise en cause n’a pas contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a reconnu avoir agi sous l’effet de la colère, affirmant avoir perdu le contrôle après ce qu’elle a qualifié de « petite dispute » avec son mari.

Au terme de son audition, Adji Fatou Seck a été placée en garde à vue pour coups et blessures volontaires. Elle devrait être déférée dans les prochains jours devant le parquet compétent afin de répondre de ses actes. L’enquête se poursuit pour déterminer avec précision les circonstances de cette agression conjugale aux lourdes conséquences, rapporte le journal Libération.

Affaire Djiby Dramé – Pape Cheikh Diallo : révélations troublantes sur un réseau intime et des aveux de transmission volontaire du VIH

L’affaire révélée par le quotidien Libération prend une dimension de plus en plus inquiétante au fil des auditions menées par la gendarmerie. Ce qui n’était au départ qu’un dossier de mœurs présumées s’est progressivement transformé en une enquête complexe mettant en cause un réseau structuré de relations intimes entre hommes, assorti d’accusations extrêmement graves de transmission volontaire du VIH.

Au cœur de ces révélations figure Djiby Dramé, artiste-chanteur âgé de 44 ans. Face aux enquêteurs, il a reconnu sans détour entretenir une relation sentimentale assumée avec Mamadou Gningue, étudiant de 26 ans, qu’il présente comme son partenaire principal. Toutefois, cette relation ne se limitait pas à un cadre exclusif. Selon ses propres déclarations rapportées par Libération, un troisième homme, Doudou Lamine Dieng, agent de banque de 39 ans, faisait également partie de cette sphère intime, dans une configuration qualifiée de relation partagée.

Les investigations ont permis d’établir que Doudou Lamine Dieng entretenait lui-même une relation avec Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu du grand public sous le nom de Pape Cheikh Diallo, animateur de télévision. Lors de son audition, Doudou Lamine Dieng a reconnu l’existence de rôles clairement définis au sein de cette relation, se désignant comme « Yoss » (l’homme), tandis qu’il qualifiait Pape Cheikh Diallo de « Oubi » (la femme). Des termes qui, selon les enquêteurs, traduisent une organisation codifiée et assumée des rapports au sein de ces liaisons multiples.

Confronté aux éléments recueillis, Pape Cheikh Diallo n’a opposé aucun déni. Il se serait montré résigné face aux gendarmes, allant jusqu’à déclarer en wolof : « Seytané leu, meunoumassi dara. C’est plus fort que moi… », une confession rapportée par Libération qui laisse transparaître un abandon face aux faits qui lui sont reprochés.

Mais au-delà des relations individuelles, l’enquête révèle l’existence d’un réseau bien plus large. Les douze personnes arrêtées, issues de milieux socioprofessionnels variés – électricien, commerçants, tailleur, agent administratif à l’UCAD, étudiant, élève, brancardier à l’hôpital pour enfants de Diamniadio, artiste, agent de banque et animateur de télévision – ont toutes reconnu leur implication dans ces pratiques. La saisie d’un iPhone 11 a joué un rôle déterminant dans l’avancée du dossier, permettant aux enquêteurs de découvrir plusieurs groupes WhatsApp ainsi que des sites de rencontres utilisés pour organiser des rencontres sexuelles entre hommes. Un système décrit comme discret, structuré et actif depuis plusieurs années.

L’aspect le plus alarmant de ce dossier demeure toutefois la transmission volontaire du VIH. Premier interpellé, Pape Salif Rall Thiam, 21 ans, électricien et porteur du virus, a reconnu avoir sciemment contaminé une dizaine d’hommes. Selon les éléments de l’enquête relayés par Libération, il séduisait principalement des hommes bisexuels via les réseaux sociaux et des plateformes de rencontres avant d’avoir des rapports non protégés, en connaissance de son statut sérologique.

Au total, huit des douze mis en cause seraient porteurs du VIH. Les enquêteurs évoquent une propagation délibérée du virus, qualifiée de « mise en circulation », ayant entraîné la contamination d’un nombre jugé incalculable d’hommes et de femmes. Parmi les personnes concernées figurent trois hommes mariés et pères de famille, deux divorcés avec enfants, ainsi que plusieurs célibataires, ce qui soulève de graves inquiétudes en matière de santé publique.

Le dossier s’alourdit davantage avec le cas de Pape Cheikh Diallo, présenté comme récidiviste. En 2019, un jeune homme du nom de Cheikh Diop avait déjà déposé plainte contre lui, l’accusant de lui avoir transmis le VIH pour non-respect d’un « deal ». Ce précédent judiciaire, rappelé par Libération, renforce aujourd’hui la thèse d’une récidive et pourrait peser lourdement dans la qualification pénale des faits.

Selon L’Observateur, le Procureur de la République envisage désormais l’ouverture d’une information judiciaire afin d’approfondir les investigations, d’identifier l’ensemble des responsabilités pénales et de statuer sur les mesures à prendre. Une attention particulière devrait également être accordée à la prise en charge médicale des mis en cause, afin de prévenir tout risque de contamination en milieu carcéral.

Par ailleurs, le quotidien évoque un dossier connexe impliquant quatorze autres personnes arrêtées dans une affaire distincte de transmission volontaire du VIH/Sida, avec notamment la présence d’un ressortissant français, Pierre Roger. Un élément supplémentaire qui souligne l’ampleur, la sensibilité et la gravité de ces affaires, désormais au centre de l’actualité judiciaire et sanitaire.

Affaire Bocar Samba Dièye–CBAO : un bras de fer judiciaire qui interroge l’État et la protection des opérateurs économiques

Depuis 2008, l’opérateur économique sénégalais Bocar Samba Dièye est engagé dans un long et complexe conflit judiciaire avec la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO). Au cœur de cette affaire figure la saisie de biens et de fonds que l’intéressé juge abusive et contraire au droit. Dix-sept années plus tard, malgré des décisions de justice favorables et un rapport d’expertise homologué, la restitution de ses avoirs demeure bloquée, nourrissant un sentiment d’injustice et de lassitude.

Selon les éléments du dossier, un rapport d’expertise reconnu par les deux parties et validé par la justice sénégalaise donne entièrement raison à Bocar Samba Dièye. Ce document conclut à l’irrégularité des saisies opérées par la banque et chiffre les montants à restituer à des niveaux considérables. Outre le remboursement des avoirs indûment saisis, l’expertise fait état de près de 2 milliards de francs CFA au titre des agios, ainsi que de plus de 388 milliards de francs CFA correspondant à des frais de pénalité. Des montants qui, s’ils étaient exécutés, constitueraient l’une des réparations financières les plus importantes dans un litige opposant un opérateur économique à une institution bancaire au Sénégal.

Malgré plusieurs victoires judiciaires enregistrées au fil des années, l’opérateur économique affirme ne toujours pas avoir accès à ses fonds. Cette situation paradoxale, où des décisions de justice restent sans effets concrets, soulève de sérieuses interrogations sur l’effectivité de l’autorité judiciaire face à de puissants acteurs financiers. Pour Bocar Samba Dièye et ses proches, le temps joue contre lui, transformant une bataille juridique en une épreuve humaine marquée par l’usure et l’attente.

Face à ce qu’il considère comme un blocage persistant, Bocar Samba Dièye en appelle désormais directement aux autorités étatiques. Il sollicite l’organisation d’une confrontation directe avec la CBAO, sous l’égide de l’État, afin de clarifier l’ensemble des points de litige et d’accélérer la restitution de ses biens. Son représentant, M. Famara Ibrahima Cissé, président de l’ACSIF, dénonce une stratégie de temporisation de la part de la banque. Selon lui, la CBAO multiplierait les manœuvres dilatoires, misant sur le facteur temps pour conserver indûment les avoirs de l’opérateur économique, au risque que ce dernier ne voie jamais l’aboutissement de sa lutte de son vivant.

Cette affaire dépasse le cadre d’un simple différend commercial. Elle met en lumière les défis structurels liés à la protection des droits des opérateurs économiques face aux institutions financières, souvent perçues comme mieux armées juridiquement et économiquement. Elle interpelle également l’État du Sénégal sur son rôle d’arbitre et de garant de l’équité, notamment lorsque des décisions de justice peinent à être exécutées.

Pour Bocar Samba Dièye, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de récupérer une fortune bâtie au prix de plusieurs décennies de travail et d’investissement, et, d’autre part, de défendre un principe fondamental : celui de la primauté du droit. À travers ce combat, il entend démontrer que la justice sénégalaise doit pouvoir s’imposer à tous, y compris face aux banques, et que nul ne peut se soustraire durablement à ses décisions. L’issue de ce dossier est désormais attendue comme un test majeur de la crédibilité de l’État de droit et de la confiance des acteurs économiques dans les institutions nationales.

Austérité prêchée, prestige affiché : Marieme Gnagna Thiam alerte sur l’opacité et les incohérences de la gestion de la dette au Sénégal

Marieme Gnagna Thiam, experte en finances publiques et chargée du département Finances à l’International Budget Partnership (IBP), tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de double discours des autorités sénégalaises. Alors que le gouvernement appelle les citoyens à consentir des efforts budgétaires dans un contexte de crise de la dette, les dépenses de prestige se poursuivent, donnant le sentiment d’une rigueur à sens unique. « On ne peut pas demander aux Sénégalais de faire des efforts budgétaires et de faire des dépenses de prestige », tranche-t-elle.

S’exprimant en marge d’une session de formation sur les finances publiques au Sénégal, l’experte a livré une analyse critique de la gestion gouvernementale de la crise actuelle. Selon elle, le pays s’enfonce dans une situation financière sans précédent, marquée à la fois par une pression de remboursement extrêmement élevée et par un manque criant de transparence. À ses yeux, la difficulté majeure ne réside pas uniquement dans l’ampleur de la dette, mais dans l’incapacité — ou le refus — des autorités de rendre accessibles les données essentielles permettant aux citoyens de comprendre la gravité de la situation.

« Il y a une absence d’informations sur tout ce qui touche la question de la dette », dénonce Marieme Gnagna Thiam. Cette opacité ne relève pas d’un simple dysfonctionnement administratif. Elle constitue, selon elle, un véritable déni démocratique. Comment justifier les sacrifices demandés à la population si celle-ci ignore l’ampleur réelle du problème ? Comment la société civile, les chercheurs ou les journalistes peuvent-ils jouer leur rôle d’accompagnement et de veille sans accès aux chiffres de base ? L’asymétrie d’information entre l’État et les citoyens transforme le débat public en exercice de spéculation permanente, nourri de fuites, de déclarations contradictoires et d’estimations approximatives.

Ce black-out informationnel est d’autant plus paradoxal que le Sénégal s’est engagé, auprès du Fonds monétaire international et de ses partenaires techniques et financiers, à améliorer sa gouvernance budgétaire. Or, les indicateurs disponibles sont loin d’être rassurants. L’Enquête sur le budget ouvert de 2023 avait déjà attribué au pays un score de 43 sur 100 en matière de transparence budgétaire, et un inquiétant 0 sur 100 pour la participation citoyenne. Aujourd’hui, alors que les enjeux sont encore plus élevés — près de 3 500 milliards de FCFA à rembourser sur deux ans, soit davantage que le budget annuel de l’État —, l’information se raréfie au lieu de circuler. « Il faut savoir que les autorités ont une visibilité sur la situation financière actuelle », rappelle pourtant l’experte, soulignant le déséquilibre entre ce que l’État sait et ce que la population ignore.

Au-delà de l’opacité, c’est la cohérence même du discours gouvernemental qui est mise en cause. « Il y a une dissonance dans le discours du gouvernement », affirme Marieme Gnagna Thiam. D’un côté, les autorités invoquent la rigueur, annoncent des mesures d’austérité et appellent à des efforts collectifs. De l’autre, elles maintiennent un train de vie jugé dispendieux : cérémonies fastueuses, voyages officiels en délégations pléthoriques, véhicules de fonction haut de gamme et signes extérieurs de privilèges qui heurtent l’opinion publique. Ces pratiques envoient à la population des signaux en totale contradiction avec l’appel au sacrifice. « Il faudrait que les efforts de rationalisation et de réduction de privilèges soient visibles dans la pratique des gouvernants », insiste-t-elle.

Cette incohérence ne relève pas seulement d’un problème d’image ou de communication. Elle mine la légitimité même des politiques d’austérité. L’histoire économique, rappelle l’experte, montre que les plans de rigueur ne peuvent réussir que s’ils sont perçus comme équitables. Lorsque les élites s’exemptent des efforts qu’elles imposent au reste de la société, le pacte social se fissure. La résignation peut alors céder la place à la colère, et l’acceptation au rejet. « Les plans d’austérité peuvent arriver », prévient-elle, mais sans exemplarité visible des dirigeants, ils risquent de provoquer une crise sociale susceptible d’aggraver encore la situation économique.

Le Sénégal garde en mémoire les conséquences sociales des politiques d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, imposées par les institutions de Bretton Woods. Ces mesures, perçues comme injustes, avaient entraîné une profonde déstabilisation sociale, dont les cicatrices sont encore présentes dans la conscience collective. Pour Marieme Gnagna Thiam, ignorer cette mémoire historique serait une erreur lourde de conséquences.

La question qu’elle pose — « Est-ce que nous devons tenir face à cette situation persistante ? » — résonne comme un avertissement. Jusqu’où le système peut-il résister à la combinaison d’une dette écrasante, d’une absence de transparence et d’une incohérence dans les choix politiques ? L’experte reconnaît que le plan de redressement présenté par les autorités est « assez solide », mais souligne que la marge de manœuvre reste extrêmement étroite. Cette marge, selon elle, ne peut être préservée que par une gestion à la fois rigoureuse, transparente et cohérente.

« L’État est en train néanmoins de faire des efforts », concède-t-elle. Mais tant que ces efforts resteront invisibles pour la majorité des citoyens, noyés dans un flot d’informations contradictoires et de signaux brouillés, la défiance continuera de croître. À l’heure où le pays fait face à des choix économiques décisifs, la transparence et l’exemplarité apparaissent moins comme des options que comme des conditions indispensables à la préservation de la stabilité sociale et démocratique.

Affaire des douze personnes arrêtées à Keur Massar : entre poursuites pénales et délicate gestion sanitaire

L’affaire impliquant douze personnes arrêtées pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’actes contre-nature, de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Révélé par le site Seneweb, ce dossier judiciaire, à la fois sensible et complexe, connaît une nouvelle étape décisive avec l’annonce du défèrement des mis en cause devant le parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, prévu ce lundi.

Selon les informations relayées par les médias, l’enquête menée par la brigade de recherches de Keur Massar se poursuit activement et pourrait déboucher sur d’autres interpellations. Les enquêteurs cherchent à établir l’ampleur exacte du réseau présumé, les responsabilités individuelles et les circonstances dans lesquelles les faits reprochés auraient été commis. Mais au-delà de l’aspect strictement judiciaire, cette affaire soulève une problématique majeure qui place le parquet face à une équation particulièrement délicate : la gestion sanitaire des suspects en milieu carcéral.

En effet, huit des douze personnes arrêtées seraient déclarées porteuses du VIH sida. Une situation qui, d’après L’Observateur, impose au procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, de concilier impératifs de santé publique, respect des droits humains et exigences de la procédure pénale. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de qualifier juridiquement les faits, mais aussi de prévenir tout risque de propagation du virus, aussi bien au sein de la population carcérale qu’auprès du personnel pénitentiaire.

Toujours selon le quotidien du Groupe futurs médias, l’option privilégiée par le parquet consisterait à soumettre les personnes concernées à un traitement médical approprié, dans un cadre strictement contrôlé. L’objectif serait de rompre toute chaîne de contamination potentielle, sans pour autant verser dans des pratiques discriminatoires ou attentatoires à la dignité humaine. Il serait ainsi envisagé des mesures d’isolement sanitaire, encadrées et limitées à des fins exclusivement thérapeutiques, et non disciplinaires, dans le respect de la confidentialité médicale et des standards internationaux en matière de droits humains.

Toutefois, cette approche, pourtant conforme aux obligations de l’État en matière de santé publique, n’est pas sans susciter des interrogations et des inquiétudes. Dans un climat marqué par une forte émotion et une réaction parfois virulente de l’opinion publique, de telles mesures pourraient être perçues comme insuffisantes par certains ou, à l’inverse, comme stigmatisantes par d’autres. L’Observateur souligne ainsi que le parquet devra composer avec de fortes pressions sociales et médiatiques, dans un dossier où se mêlent considérations morales, sanitaires et judiciaires.

À l’épreuve des faits, cette affaire met en lumière les défis structurels du système judiciaire et pénitentiaire sénégalais face à des dossiers mêlant criminalité présumée et enjeux de santé publique. Elle pose, une fois de plus, la question de l’équilibre entre la nécessaire fermeté de la justice, la protection de la société et le respect des droits fondamentaux des personnes mises en cause, qui demeurent présumées innocentes jusqu’à l’issue définitive de la procédure. Les prochains jours, avec le défèrement et les éventuelles décisions du parquet, seront déterminants pour la suite de ce dossier hautement sensible.

UCAD : les restaurants universitaires rouvrent après 72 heures de fermeture

Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) peuvent enfin souffler. Après soixante-douze heures de fermeture ayant fortement perturbé le quotidien universitaire, les restaurants du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) rouvrent officiellement leurs portes ce lundi 9 février 2026.

L’annonce a été faite par le Directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, qui a tenu à rassurer la communauté estudiantine sur l’engagement des autorités à préserver les missions sociales de l’État en faveur des étudiants. Selon lui, cette reprise s’inscrit dans une volonté claire de garantir l’accès à la restauration universitaire, un pilier essentiel du bien-être et de la réussite académique des apprenants.

« Cette reprise traduit la volonté de l’État de poursuivre ses missions sociales en faveur des étudiants, notamment en assurant l’accès à la restauration universitaire », a déclaré le Dr Mbodji. Il a cependant rappelé que la pérennité de ce service dépend aussi du comportement responsable des bénéficiaires.

Dans ce sens, la Direction du COUD insiste sur le respect strict du règlement intérieur, notamment l’obligation de paiement des tickets de restauration. Le Dr Mbodji a appelé les étudiants à faire preuve de discipline et de civisme afin d’éviter de nouvelles perturbations susceptibles de compromettre la continuité du service.

« Nous comptons sur la collaboration et la compréhension de tous les étudiants pour le strict respect du règlement en vigueur », a-t-il ajouté, soulignant que seule une gestion responsable et partagée permettra d’assurer un fonctionnement normal et durable des œuvres sociales universitaires.

Cette réouverture est accueillie avec soulagement par les étudiants, pour qui la restauration universitaire reste un soutien indispensable dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés sociales persistantes sur le campus.

Médina Baye : Cheikh Niang, responsable politique de PASTEF, allie action sociale, santé communautaire et engagement citoyen

Médina Baye a vibré, ce dimanche 08 février 2026, au rythme d’une importante journée d’action sociale et citoyenne initiée par le parti PASTEF – Les Patriotes du Sénégal. Cette activité à forte portée sociale et communautaire, placée sous le sceau de la santé publique, de la solidarité et de l’engagement politique, a été portée par Cheikh Niang, infirmier d’État, conseiller en santé communautaire et responsable politique de PASTEF à Kaolack.

Dès les premières heures de la matinée, de nombreuses populations ont répondu présentes pour bénéficier des prestations sanitaires gratuites, traduisant ainsi l’intérêt et le besoin réel des communautés en matière de santé préventive. Le programme a été marqué par des séances de circoncision, dont 100 enfants ont bénéficié, mais aussi par le dépistage du diabète, de l’hypertension artérielle (HTA) et de l’hépatite B. Au total, 80 personnes ont été testées, avec 12 cas positifs enregistrés.

Selon Cheikh Niang, « cette initiative sanitaire vise non seulement à rapprocher les services de santé des populations, mais aussi à renforcer la sensibilisation sur les maladies non transmissibles et infectieuses, tout en promouvant une approche communautaire axée sur la prévention et le dépistage précoce ».

La journée a également été marquée par l’organisation d’un panel de discussion consacré à l’hépatite B, permettant aux participants d’échanger avec des professionnels de la santé sur les causes, les risques et les moyens de prévention de cette maladie silencieuse.

Intervenant à cette occasion, le Dr Bamba Cissé, chef du service d’hépato-gastroentérologie de l’hôpital régional de Kaolack, est largement revenu sur la gravité de l’hépatite B, qui continue de faire des ravages dans la région.

« L’hépatite est une maladie du sang et du sexe. C’est une infection sexuellement transmissible, mais surtout une maladie dont la transmission la plus importante reste la transmission verticale, de la mère à l’enfant. Elle est souvent silencieuse, et le malade ne ressent des symptômes qu’au stade des complications. Pour l’éviter, il n’y a pas mille solutions : le dépistage et la vaccination », a-t-il expliqué.

Face au coût très élevé du traitement, le Dr Bamba Cissé a plaidé pour une réduction des coûts thérapeutiques, mais surtout pour une meilleure disponibilité du vaccin contre l’hépatite B, dont l’efficacité dépasse 99 %.

Le moment fort de la journée a sans doute été la déclaration officielle d’engagement politique de Cheikh Niang au sein de PASTEF, un acte symbolique salué par les militants et sympathisants, qui y voient une volonté affirmée de placer la santé, le développement durable et le don de soi au cœur de l’action politique locale.

À travers cette initiative, PASTEF réaffirme sa vision d’une politique de proximité, tournée vers les préoccupations concrètes des populations, où l’action sociale, la santé communautaire et l’engagement citoyen constituent les piliers d’un développement durable et inclusif.

Kaolack – Hépatites virales hors du système intégré : And Xeek dénonce une injustice sanitaire

Au Sénégal, des milliers de personnes vivant avec l’hépatite B et C sont confrontées à une menace silencieuse mais potentiellement mortelle : la rupture prolongée des médicaments indispensables à leur survie. Une situation que l’association And Xeek Hépatite qualifie d’« urgence sanitaire ignorée », pointant du doigt l’inaction des pouvoirs publics.

Alors que les hépatites virales figurent parmi les principales causes de cirrhose et de cancer du foie, les patients concernés se retrouvent aujourd’hui sans traitement, sans alternatives et sans visibilité. Pour l’association And Xeek Hépatite, ce manque d’approvisionnement traduit une faible considération institutionnelle pour une maladie pourtant largement répandue dans le pays.

Prenant la parole ce dimanche face à la presse à Kaolack, Talla Mané, secrétaire général de l’association, a vivement dénoncé cette situation.

« Interrompre un traitement contre l’hépatite, c’est exposer le patient à des complications irréversibles, parfois mortelles. Pourtant, rien n’est fait pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments », a-t-il regretté.

L’association s’indigne surtout du fait que les hépatites B et C ne soient toujours pas intégrées dans le système national des maladies intégrées, contrairement à d’autres pathologies chroniques bénéficiant d’un suivi et d’un financement plus structurés. Une exclusion qui, selon And Xeek Hépatite, entretient les inégalités d’accès aux soins et condamne les patients à une prise en charge fragmentée.

Face à ce qu’elle considère comme une défaillance du système de santé, le président de l’association, Médoune Koné, par ailleurs vice-président national du Réseau des Associations de Lutte Contre les Hépatites (RALCH), en étroite collaboration avec l’Alliance Nationale Contre le Sida (ANCS), appelle l’État du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Action sociale, à reconnaître l’hépatite comme une priorité sanitaire nationale.

L’association plaide pour une intégration immédiate des hépatites virales dans les programmes de santé publique, afin de garantir la continuité des traitements, renforcer la prévention et réduire la mortalité liée à ces maladies, notamment chez les jeunes.

Abordant la situation épidémiologique à Kaolack, Médoune Koné a souligné que les derniers bilans sanitaires régionaux révèlent une prévalence très élevée de l’hépatite B parmi les personnes consultantes. Il a également rappelé que, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des milliers de personnes meurent chaque année des complications chroniques liées à l’hépatite B, notamment des cirrhoses et des cancers du foie.

Affaire de Keur Massar : Djiby Dramé passe aux aveux et cite de nouveaux protagonistes

L’enquête menée par la Brigade de Recherches de la gendarmerie de Keur Massar connaît une avancée majeure avec les aveux de l’artiste Djiby Dramé. Interpellé après avoir été formellement cité par Mamadou Gningue, le chanteur de 44 ans a reconnu, lors de son interrogatoire, les faits qui lui sont reprochés par les enquêteurs.

Selon des informations rapportées par Seneweb, Djiby Dramé est passé aux aveux face aux gendarmes, mettant fin à toute tentative de dénégation. Pour expliquer son comportement, l’artiste aurait déclaré avoir lui-même été victime d’abus sexuels durant son enfance, une expérience traumatique qu’il évoque comme un élément déterminant de son parcours personnel. Ces déclarations, consignées dans le procès-verbal, n’ont toutefois pas atténué la gravité des faits qui lui sont imputés dans le cadre de cette affaire.

Au cours de son audition, Djiby Dramé a également fait des révélations susceptibles d’élargir le champ de l’enquête. Il a notamment soutenu l’existence d’une relation entre l’animateur Pape Cheikh Diallo et un certain Doudou Lamine Dieng, un nom déjà évoqué dans le dossier. Ces affirmations ont conduit les enquêteurs à approfondir leurs investigations afin de vérifier la véracité de ces allégations et d’en mesurer les implications judiciaires.

L’arrestation de l’artiste a par ailleurs été renforcée par l’exploitation de son téléphone portable. L’analyse des données contenues dans l’appareil a permis de mettre au jour plusieurs éléments jugés compromettants par les enquêteurs. Ces nouvelles preuves ont conduit à l’interpellation de Doudou Lamine Dieng, présenté comme le dénonciateur de Pape Cheikh Diallo dans cette affaire, et dont le rôle exact reste à établir.

Pour rappel, l’enquête avait initialement démarré à la suite des déclarations de Mamadou Gningue, qui avait désigné Djiby Dramé comme son amant, déclenchant ainsi une série de vérifications et d’auditions. Les autorités judiciaires poursuivent désormais leurs investigations afin de faire toute la lumière sur les relations entre les différents protagonistes cités et de déterminer les responsabilités de chacun dans ce dossier aux ramifications de plus en plus complexes.

Affaire Pierre Robert : un réseau criminel transnational démantelé par la DIC, quatorze individus déférés à Dakar

La Division des Investigations Criminelles (DIC) a mis au jour un vaste réseau criminel organisé à caractère transnational, distinct du dossier récemment instruit par la Brigade de Recherches de Keur Massar. Cette affaire, d’une gravité exceptionnelle, a conduit au défèrement de quatorze (14) individus devant le parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, le vendredi 6 février 2026.

Les mis en cause sont poursuivis pour des faits lourds de pédophilie en bande organisée, de proxénétisme, de viols commis sur des mineurs de moins de quinze ans, d’actes contre nature ainsi que de transmission volontaire du VIH/Sida. Tous les individus déférés sont de nationalité sénégalaise et seraient impliqués dans un système criminel structuré depuis 2017, opérant entre le Sénégal et la France.

Selon les résultats de l’enquête, ce réseau était spécialisé dans la formation sexuelle de jeunes garçons, recrutés puis transformés en objets sexuels destinés à des hommes, pour la plupart séropositifs. Les actes sexuels, souvent non protégés, étaient filmés et exécutés sur instruction directe du chef du réseau, le ressortissant français Pierre Robert. Ce dernier a été interpellé en avril 2025 à Beauvais, en France, à la suite de procédures judiciaires ouvertes par les autorités françaises.

Les investigations menées par la DIC s’inscrivent dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, fruit d’une coopération judiciaire étroite entre le Sénégal et la France. Cette collaboration a permis d’identifier les ramifications locales du réseau et de remonter jusqu’aux exécutants opérant sur le territoire sénégalais.

Parmi les quatorze individus déférés figurent notamment quatre « formateurs au sexe », qui ont reconnu avoir commis les actes reprochés sur instruction de Pierre Robert. Ils ont admis avoir agi en contrepartie de transferts d’argent réguliers effectués par ce dernier depuis l’étranger. Les perquisitions menées aux domiciles des suspects, notamment aux Almadies, à Ouakam, à Kaolack et à Tivaouane Peulh, ont permis la saisie de divers objets liés à la commission d’actes contre nature, ainsi que l’interpellation de dix autres personnes gravitant autour de ces formateurs.

Les opérations judiciaires ont également été marquées par la présence à Dakar d’une délégation française composée de deux juges d’instruction, de deux greffières et de dix officiers de police judiciaire, dépêchés pour appuyer les autorités sénégalaises dans le cadre de cette mission conjointe.

Face à l’ampleur et à la gravité des faits, la Police nationale a réaffirmé sa ferme détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité, en particulier celles visant les personnes vulnérables, notamment les enfants. Elle a également souligné que, au-delà de leur caractère pénal, ces pratiques constituent une menace sérieuse pour la santé publique, notamment en raison des risques élevés de propagation du VIH/Sida.

Les autorités sécuritaires assurent que les investigations se poursuivront afin de démanteler totalement ce réseau et d’identifier toute autre personne impliquée, tant au niveau national qu’international.

Le Sénégal désigné pays hôte du Congrès international de l’AAEA en 2028 : une consécration du leadership hydraulique national

Le Sénégal accueillera, en février 2028, le Congrès international et l’Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), l’un des plus grands rendez-vous continentaux consacrés aux enjeux de l’eau et de l’assainissement. La décision a été prise ce samedi 7 février 2026 à l’issue des travaux du Comité de direction de l’AAEA, puis officiellement entérinée par l’Assemblée générale de l’organisation, sous la présidence de Blaise Moussa, président de l’AAEA, et d’Abdoul Niang, vice-président pour la région Afrique de l’Ouest.

C’est au moment même où il foulait le sol camerounais que le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a été accueilli par cette annonce majeure, fruit de plusieurs mois d’efforts diplomatiques et institutionnels. Au nom de l’État du Sénégal, le ministre portait personnellement cette candidature depuis novembre 2024, date à laquelle les autorités sénégalaises, à travers la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES), avaient exprimé leur volonté d’accueillir à nouveau un congrès de l’AAEA, plus de trente ans après celui organisé à Dakar en 1994.

Sous l’autorité et avec le soutien actif du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, la SONES a officiellement répondu, en novembre 2025, à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par la Direction exécutive de l’AAEA. Le Sénégal s’est alors retrouvé en compétition avec plusieurs autres pays candidats, parmi lesquels l’Afrique du Sud, dont la candidature s’est révélée particulièrement soutenue et constante. Les discussions menées au sein de l’organisation ont finalement abouti à un consensus équilibré : le Sénégal organisera le congrès de 2028, tandis que l’Afrique du Sud accueillera celui de 2030.

Le Congrès international de l’AAEA constitue l’événement phare de l’agenda de cette organisation continentale. Organisé tous les deux ans et couplé à une exposition internationale, il rassemble des sociétés d’eau, des décideurs publics, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs, ainsi que des fournisseurs de matériels et de services. Il offre une plateforme stratégique pour le partage d’expériences, la formulation de solutions techniques innovantes, le renforcement des capacités et la conclusion de partenariats structurants au service de l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique.

Créée en 1970 sous l’appellation d’Union africaine des Distributeurs d’Eau (UADE), devenue par la suite Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement, l’AAEA est née de la volonté de fédérer les sociétés africaines du secteur de l’eau afin de les accompagner dans la formation, la maîtrise des technologies, l’amélioration de la qualité du service aux usagers et la modernisation de la gouvernance. Aujourd’hui, l’organisation s’attaque aux grands défis contemporains du secteur, notamment le développement et la gestion des compétences, la qualité de l’eau, la réduction de l’eau non facturée, l’accès à l’eau en milieu rural et périurbain, l’assainissement, le financement du secteur, l’innovation, la gestion des données et l’adaptation au changement climatique.

L’attribution du Congrès 2028 au Sénégal vient ainsi confirmer un leadership déjà solidement établi dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, tant à l’échelle africaine qu’internationale. Membre fondateur de l’AAEA, le Sénégal avait déjà marqué l’histoire de l’organisation en accueillant le congrès de 1994 à Dakar. Plus récemment, il a coorganisé, avec le Conseil mondial de l’Eau, le 9ᵉ Forum mondial de l’Eau en 2021, également à Dakar, un événement majeur qui avait placé la capitale sénégalaise au cœur des débats mondiaux sur l’eau.

Le pays est également membre fondateur de l’Organisation internationale de l’Eau et occupe actuellement la présidence du Conseil des ministres africains chargés de l’Eau (AMCOW) pour la période 2025-2027, une responsabilité assumée par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Dans la continuité de cet engagement, le Sénégal coorganisera, avec les Émirats arabes unis, la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en décembre 2026 à Abu Dhabi. Dakar a d’ailleurs accueilli, les 26 et 27 janvier 2026, la réunion préparatoire de haut niveau de cette conférence.

À ces rendez-vous s’ajoute la désignation du Sénégal comme pays hôte de la 11ᵉ Réunion des Parties à la Convention sur l’eau, prévue en 2027 à Dakar. Autant d’événements qui témoignent de la reconnaissance internationale du rôle stratégique joué par le pays dans la promotion d’une gestion durable, inclusive et innovante des ressources en eau.

L’organisation du Congrès international de l’AAEA en 2028 représente ainsi bien plus qu’un événement sectoriel : elle consacre la vision et l’engagement du Sénégal en faveur de l’eau et de l’assainissement comme leviers essentiels du développement durable, tout en offrant une vitrine continentale pour valoriser son expertise, ses réformes et ses ambitions dans un secteur vital pour l’avenir de l’Afrique.

Kédougou : le Président Bassirou Diomaye Faye inspecte les réalisations du programme Promovilles

De retour de Saraya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu ce dimanche 8 février 2026 dans la commune de Kédougou pour une visite de terrain consacrée aux réalisations du programme Promovilles. Cette descente présidentielle s’inscrit dans une dynamique de suivi rapproché des projets structurants destinés à améliorer durablement le cadre de vie des populations des villes de l’intérieur du pays.

Sur place, le chef de l’État a pu constater l’état d’avancement des travaux de voirie urbaine, qui portent sur la construction et la réhabilitation de 6,45 kilomètres de routes modernes, assainies et éclairées. Ces infrastructures relient des axes stratégiques de la ville, desservant notamment les principaux équipements administratifs, sanitaires, éducatifs et commerciaux. Leur mise en service progressive contribue à fluidifier la circulation, à réduire les enclavements internes et à améliorer l’accessibilité des services publics essentiels pour les habitants de Kédougou.

Le projet intègre également un important volet d’éclairage public, avec l’installation de 328 lampadaires le long des tronçons aménagés et dans plusieurs quartiers de la commune. Cette initiative vise à renforcer la sécurité des personnes et des biens, en particulier durant la nuit, tout en améliorant le confort urbain et l’attractivité des espaces publics.

Au-delà des infrastructures routières, les interventions du programme Promovilles à Kédougou couvrent plusieurs secteurs sociaux prioritaires. Elles comprennent notamment la réhabilitation et l’équipement de la Maison de la Femme, destinée à soutenir l’autonomisation économique et sociale des femmes, ainsi que la construction et la réhabilitation de 24 salles de classe afin d’améliorer les conditions d’apprentissage. Des aménagements paysagers ont également été réalisés pour embellir le cadre urbain, accompagnés de la mise en place d’outils de suivi et d’évaluation visant à mesurer l’impact socio-économique des investissements consentis.

Financé par l’État du Sénégal avec l’appui de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), l’ensemble du projet représente un investissement global de plus de 5,7 milliards de francs CFA. Ces ressources ont permis de déployer des infrastructures de qualité tout en stimulant l’économie locale.

Les travaux ont par ailleurs généré des retombées significatives en matière d’emploi. Les chantiers de pavage et de voirie ont mobilisé et formé de nombreux jeunes issus des quartiers bénéficiaires, s’inscrivant dans une logique d’insertion professionnelle, de transfert de compétences et de valorisation de la main-d’œuvre locale.

Par cette visite sur le terrain, le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme une orientation politique forte, faisant des infrastructures urbaines de proximité un levier essentiel d’équité territoriale, de cohésion sociale et de développement inclusif. Ces investissements traduisent la volonté des autorités de transformer concrètement les conditions de vie des populations et de renforcer l’attractivité des villes de l’intérieur, en parfaite cohérence avec la vision stratégique Sénégal 2050.

Rappels de bourses : Khadim Diouf met la pression sur l’État et juge toute négociation impossible sans paiement

La tension reste vive dans le milieu universitaire sénégalais. Président de la commission pédagogique de la faculté des sciences de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Khadim Diouf a haussé le ton face au gouvernement, estimant que le paiement des rappels de bourses des étudiants constitue une exigence « non négociable ». Il s’exprimait ce dimanche 8 février 2026 dans l’émission Objection sur les ondes de Sud FM, dans un contexte de reprise des manifestations estudiantines à travers le pays.

Selon le responsable syndical, les autorités ne font preuve d’aucune réelle volonté pour satisfaire les revendications des étudiants en grève. Il dit avoir constaté une absence d’efforts concrets de la part du gouvernement, malgré la gravité de la situation sociale que vivent de nombreux étudiants. Pour Khadim Diouf, la solution est pourtant simple et à la portée de l’État.

« Qu’ils payent les rappels et puis qu’on passe à autre chose. Ça ne coûte rien à l’État de payer ces rappels-là. Nous sommes l’avenir de ce pays, nous sommes la crème intellectuelle », a-t-il déclaré, rejetant toute tentative de temporisation ou de conditionnement du paiement à des discussions ultérieures.

Le président de la commission pédagogique de la faculté des sciences a également averti que tant que cette question ne sera pas réglée, aucune avancée ne sera possible dans les négociations entre les étudiants et les autorités. Il accuse par ailleurs le gouvernement de chercher à manipuler l’opinion publique en minimisant la portée des revendications.

Pour Khadim Diouf, les rappels de bourses et le versement régulier des allocations mensuelles ne relèvent pas d’un privilège, mais d’un droit fondamental pour les étudiants. Il insiste sur le rôle vital que joue la bourse dans la survie quotidienne de milliers d’étudiants sénégalais.

« C’est notre droit le plus absolu de recevoir nos rappels, de recevoir nos bourses mensuelles, parce que c’est notre seul et unique salut pour garder notre dignité, pour avoir de quoi se documenter, pour avoir de quoi se soigner quand on est malade, pour avoir de quoi s’alimenter aussi quand on a faim », a-t-il expliqué, soulignant la précarité dans laquelle se trouvent de nombreux apprenants.

Pour rappel, le dernier trimestre de l’année 2025 avait été marqué par une vague de manifestations dans les universités publiques du Sénégal, motivées par le non-paiement des rappels de bourses. Après la suspension du mot d’ordre de grève en décembre, dans l’espoir d’un dialogue fructueux, les protestations ont repris depuis le début du mois de février 2026. Les étudiants dénoncent aujourd’hui « la qualité très médiocre » des négociations engagées avec les autorités et réclament des actes concrets plutôt que des promesses.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : un procès enlisé et des garanties judiciaires exigées

Depuis le 18 janvier 2026, date de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 disputée au Maroc, dix-huit supporters sénégalais sont maintenus en détention dans le royaume chérifien. Ils sont poursuivis pour des actes de violences survenus en marge de cette rencontre de football. Plus de trois semaines après les faits, leur situation judiciaire demeure incertaine, leur procès ayant déjà été renvoyé à au moins trois reprises, en raison notamment de la grève des avocats marocains.

Dans une publication rendue publique ce dimanche 08 février sur sa page Facebook, Me Patrick Kabou, l’un des avocats de la défense, est longuement revenu sur les raisons du blocage actuel de la procédure. Selon lui, ses clients ont fait le choix de ne plus se présenter devant un juge tant qu’ils ne disposeront pas d’informations claires et compréhensibles sur les faits précis qui leur sont reprochés. Une décision qu’il justifie par ce qu’il qualifie de « situation manifeste de non-garantie du procès équitable » et de « non-respect du principe des droits de la défense ».

Toujours selon Me Kabou, les supporters sénégalais estiment que plusieurs de leurs droits fondamentaux ne sont pas respectés. Ils réclament en priorité que les infractions retenues contre eux leur soient officiellement notifiées dans une langue qu’ils comprennent, condition essentielle, selon la défense, pour pouvoir préparer efficacement leur stratégie judiciaire. Ils demandent également que soit garanti le droit, qu’ils jugent « logique et naturel », à leur avocat d’accéder librement au Tribunal de Première instance de Rabat, afin d’assurer un accompagnement juridique conforme aux standards internationaux.

La situation sanitaire de certains détenus suscite également de vives inquiétudes. L’avocat fait état du cas d’un supporter qui, malgré plusieurs promesses des autorités compétentes, ne disposerait toujours pas de son traitement médical en détention. Les prévenus exigent ainsi un suivi médical approprié pour l’ensemble du groupe, estimant que leur état de santé ne peut être relégué au second plan dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Sur le plan des conditions de détention, Me Patrick Kabou reconnaît toutefois une avancée obtenue grâce aux interventions de la diplomatie sénégalaise. Les supporters incarcérés disposent désormais de chambres individuelles. Une amélioration qui, selon lui, ne suffit pas à apaiser le climat de tension et d’inquiétude qui prévaut au sein du groupe.

Dette publique : Alioune Tine appelle à un changement de cap et plaide pour une restructuration négociée avec le FMI

Le débat sur la trajectoire économique du Sénégal continue d’alimenter l’actualité, avec une nouvelle prise de position d’Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center. Dans une publication sur le réseau social X, l’acteur de la société civile a exhorté les plus hautes autorités du pays à revoir leur stratégie de gestion de la dette publique, estimant que la situation actuelle exige des décisions courageuses et pragmatiques.

S’appuyant sur les travaux de l’Agora/Penc d’Afrikajom Center, Alioune Tine considère que le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble du gouvernement « doivent absolument choisir l’option de la restructuration de la dette et négocier avec le FMI », selon des propos rapportés par Seneweb. Cette position repose sur un rapport élaboré par Abdoulaye Ndiaye, professeur à l’Université de New York, et Martin Kessler, directeur de Finance Lab, qui analyse de manière comparative les scénarios de restructuration de la dette proposés par le Fonds monétaire international et celui de la non-restructuration actuellement privilégié par les autorités sénégalaises.

Le document met en lumière les risques et vulnérabilités associés à chaque option, dans un contexte que le fondateur d’Afrikajom Center juge particulièrement préoccupant pour la période 2024-2026. Alioune Tine évoque notamment la suspension du programme du FMI depuis octobre 2024, l’arrêt des décaissements des bailleurs multilatéraux, l’effondrement des eurobonds sénégalais et la perte d’accès aux marchés financiers internationaux. À ses yeux, le recours massif au marché de l’UEMOA pour financer les besoins de l’État a entraîné une hausse rapide de la dette domestique et régionale, accentuant les tensions sur la soutenabilité globale de la dette publique.

Selon Alioune Tine, cette dynamique conduit à une situation d’« improbable soutenabilité de la dette sénégalaise », une analyse qu’il estime en contradiction avec les assurances récemment données par le ministre des Finances devant l’Assemblée nationale. Face à ce constat, il appelle les autorités à adopter une approche réaliste et à envisager sans tabou la restructuration de la dette, une option qui, rappelle-t-il, bénéficie du soutien de nombreux économistes de renommée internationale et de plusieurs organisations engagées dans les questions de justice économique.

Il cite notamment les prises de position de figures telles que Joseph Stiglitz, Thomas Piketty et Esther Duflo, ainsi que diverses initiatives internationales plaidant pour l’allègement, voire l’annulation, de la dette des pays pauvres et vulnérables. Pour Alioune Tine, changer de stratégie ne saurait être interprété comme un aveu de faiblesse politique ou économique. Bien au contraire, il y voit un acte de responsabilité. « Ce n’est pas une infamie que de rectifier le tir pendant qu’il est encore temps. Se tromper et changer est un signe de courage et de sens des responsabilités », a-t-il affirmé, tout en mettant en garde contre les conséquences potentielles d’un refus de la restructuration, qui pourraient peser lourdement sur les entreprises nationales et fragiliser davantage le franc CFA.

Au-delà des choix techniques et financiers, le fondateur d’Afrikajom Center insiste également sur la dimension démocratique de la question. Il plaide pour une démarche fondée sur la transparence et la consultation des populations, estimant qu’un débat national est nécessaire sur un enjeu aussi déterminant pour l’avenir économique et social du pays. Selon lui, il est essentiel que les gouvernants associent les citoyens à la réflexion, afin de recueillir leurs avis et de les préparer à « mieux supporter ensemble les sacrifices » qu’impliquent les décisions à venir.

Par cette sortie publique, Alioune Tine relance ainsi le débat sur la gestion de la dette sénégalaise et interpelle les autorités sur l’urgence d’un choix stratégique susceptible d’influencer durablement la stabilité économique et sociale du pays.

Affaire de Keur Massar : douze suspects interpellés, des révélations impliquant des personnalités médiatiques

La Brigade de Recherches de la compagnie de Keur Massar a annoncé avoir démantelé un groupe de douze personnes soupçonnées d’être impliquées dans des pratiques sexuelles qualifiées d’illégales par la législation sénégalaise. Cette opération fait suite à une enquête ayant conduit à plusieurs interpellations, au cours desquelles des éléments matériels et des informations jugées sensibles ont été recueillis par les enquêteurs.

Selon des rapports médicaux versés au dossier, huit des personnes mises en cause vivraient avec le VIH. Ces informations, qui figurent dans la procédure, ont été évoquées dans le cadre des investigations menées par les services de sécurité. Les autorités précisent que ces éléments sont examinés dans le strict cadre judiciaire et médical, conformément aux règles en vigueur.

D’après des informations rapportées par le site Seneweb, l’exploitation des téléphones portables saisis lors des perquisitions aurait permis de découvrir plusieurs enregistrements audio considérés comme compromettants. Ces contenus mettraient en cause l’animateur et présentateur de télévision Pape Cheikh Diallo, ainsi que le chanteur Djiby Dramé, tous deux cités dans le dossier à titre de personnes concernées par les investigations.

Toujours selon la même source, confronté aux éléments présentés lors de sa première audition, Pape Cheikh Diallo aurait reconnu certains faits qui lui sont reprochés. Il aurait notamment déclaré aux enquêteurs agir « indépendamment de sa volonté », évoquant une habitude dont il dit ne plus parvenir à se départir. Interrogé sur l’identité de ses partenaires présumés, l’animateur aurait toutefois refusé de communiquer des noms.

Pour sa part, Djiby Dramé aurait indiqué aux enquêteurs être informé de l’existence d’une relation entre Pape Cheikh Diallo et Doudou Lamine Dieng, présenté comme un employé du secteur bancaire. Ces déclarations, rapportées par Seneweb, font partie des éléments consignés dans la procédure en cours et restent soumises à l’appréciation de la justice.

Les douze personnes interpellées sont poursuivies pour des chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, acte contre nature avec transmission volontaire du VIH/sida par rapports sexuels non protégés, ainsi que mise en danger de la vie d’autrui. Les autorités judiciaires soulignent que ces qualifications sont, à ce stade, provisoires et susceptibles d’évoluer au fil de l’instruction.

Sauf changement de calendrier, les suspects devraient être déférés ce lundi devant le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko. Cette présentation au parquet marquera une étape décisive de la procédure, au cours de laquelle le magistrat décidera des suites judiciaires à donner à cette affaire à fort retentissement médiatique.

Trafic de migrants et exploitation sexuelle : une ressortissante nigériane déférée à Kédougou

L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré, le 2 février 2026, une ressortissante nigériane devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kédougou. Cette interpellation fait suite au démantèlement d’un réseau criminel transnational spécialisé dans l’acheminement clandestin et l’exploitation sexuelle de jeunes filles.

L’opération a été déclenchée à la suite d’une information opérationnelle faisant état de l’arrivée, au village de Baytilaye dans la région de Kédougou, d’une jeune fille d’origine nigériane introduite clandestinement sur le territoire sénégalais à des fins d’exploitation sexuelle. Alertés, les agents de la DNLT se sont rapidement rendus sur les lieux et ont procédé à l’interpellation de la suspecte à son domicile, où la victime était hébergée.

Au cours de son audition, menée après notification régulière de ses droits, la mise en cause a livré des aveux accablants mettant en lumière l’existence d’un réseau criminel structuré et opérant dans plusieurs pays, notamment le Nigeria, le Bénin, le Mali et le Sénégal. Elle a reconnu avoir « acquis » la jeune fille au Nigeria auprès d’un complice, moyennant la somme de 200 000 francs CFA.

Pour faciliter le déplacement de la victime à travers les frontières, la suspecte a bénéficié de l’appui de collaborateurs basés à Cotonou, au Bénin, et au Mali. Ces derniers auraient contribué à l’établissement de faux documents, notamment une carte d’identité nigériane et un carnet de vaccination falsifié, permettant ainsi à la jeune fille de voyager sans éveiller de soupçons. Le trajet aurait été sécurisé par des relais au Mali avant l’arrivée finale à Kédougou, point de destination du réseau.

Entendue par les enquêteurs, la victime a formellement confirmé l’ensemble des faits. Elle a déclaré être soumise à une prostitution quotidienne sous la contrainte. La mise en cause lui aurait imposé une dette de 500 000 francs CFA, présentée comme correspondant aux « frais de voyage ». Jusqu’au remboursement intégral de cette somme, la victime était obligée de reverser l’intégralité de ses gains à sa logeuse, sans possibilité de se soustraire à cette obligation.

Ces faits caractérisent clairement une situation de servitude pour dette et d’exploitation sexuelle, infractions sévèrement réprimées par la législation sénégalaise. À l’issue de l’enquête préliminaire, la ressortissante nigériane a été déférée devant le parquet de Kédougou pour répondre des faits qui lui sont reprochés, tandis que les investigations se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller les autres membres du réseau opérant dans les pays concernés.

Hydrocarbures : Sangomar et GTA confirment la stabilité de la production en janvier 2026

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a rendu public son rapport mensuel relatif à la production et à la commercialisation des hydrocarbures au niveau des principaux gisements du Sénégal. Les données du mois de janvier 2026 mettent en évidence la poursuite des bonnes performances aussi bien pour le champ pétrolier de Sangomar que pour le gisement gazier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

S’agissant de Sangomar, le rapport indique qu’au cours du mois de janvier 2026, quatre cargaisons de pétrole brut ont été expédiées et commercialisées sur le marché international. Ces exportations représentent un volume global de 3,8 millions de barils. Depuis le démarrage de l’exploitation, la production cumulée du champ s’élève à 56,13 millions de barils, tandis que 55,7 millions de barils ont déjà été commercialisés, soit un total de 58 cargaisons écoulées. Selon le ministère, le plateau de production se maintient, traduisant la bonne tenue du réservoir ainsi que la performance des installations mises en place.

Du côté du gisement gazier de Grand Tortue Ahmeyim, les résultats du mois de janvier confirment également une dynamique soutenue. Trois cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ont été exportées au cours de la période, correspondant à un volume de 0,5 million de mètres cubes de GNL. Depuis le début des opérations, la production cumulée atteint 3,77 millions de mètres cubes de GNL, soit l’équivalent de 1,39 million de barils. En termes de commercialisation, 3,53 millions de mètres cubes de GNL ont déjà été écoulés sur le marché.

Le ministère souligne que le niveau de production de GNL demeure élevé et stabilisé, ce qui atteste de l’intensification progressive des opérations sur le site de Grand Tortue Ahmeyim. Ces performances confirment la montée en puissance des projets pétroliers et gaziers du Sénégal, appelés à jouer un rôle stratégique dans le développement économique national et le renforcement des recettes de l’État.

Thiès inaugure la caravane du Trophée Tour : une célébration de la fierté nationale et des valeurs sénégalaises

La région de Thiès a été choisie pour accueillir la toute première étape de la caravane du Trophée Tour, une initiative de la Fédération sénégalaise de football visant à présenter le trophée de la Coupe d’Afrique aux populations sénégalaises. Conduite par le président de la Fédération, la délégation s’est rendue ce samedi dans les trois départements de la région — Mbour, Thiès et Tivaouane — dans une ambiance de fête et de ferveur populaire, marquée par une forte mobilisation des autorités administratives, locales et des passionnés de football.

À Thiès, étape phare de cette tournée, la cérémonie officielle s’est tenue en présence de l’adjoint au gouverneur de la région, Ababacar Sadikh Niang, représentant le gouverneur Saër Ndao, et du maire de la ville, Babacar Diop. Les autorités ont unanimement salué l’exploit historique des Lions de la Téranga et félicité l’ensemble des joueurs ainsi que leur sélectionneur, Pape Thiaw, pour leur engagement, leur courage et leur détermination, qui ont permis au Sénégal de décrocher son deuxième sacre continental.

Dans son allocution, l’adjoint au gouverneur a d’abord rendu hommage à la mobilisation exceptionnelle des acteurs territoriaux et des populations de Thiès. Il a souligné que cette forte présence témoignait de l’attachement profond des citoyens aux valeurs de patriotisme, de citoyenneté et de fierté nationale, considérées comme des piliers essentiels d’un développement harmonieux. Il a rappelé que la région de Thiès avait le privilège d’abriter la première étape du Trophée Tour « Dello Njukkal », organisé par la Fédération sénégalaise de football sous l’impulsion du ministère de la Jeunesse et des Sports, dans un contexte marqué par la cohésion, la solidarité et la célébration du récent sacre des Lions de la Téranga.

Poursuivant son discours, Ababacar Sadikh Niang a mis en exergue les valeurs portées par l’équipe nationale tout au long de la compétition. Selon lui, par le travail, l’unité, la solidarité, la confiance en soi et l’amour du drapeau, les Lions ont démontré que le Sénégal est capable de rivaliser avec les meilleures nations et de triompher sur la scène internationale. Il a estimé que cet esprit de cohésion, de discipline, de dépassement de soi et de don de soi pour l’intérêt supérieur de la nation devait constituer une source d’inspiration et de motivation pour l’ensemble des Sénégalais. Les valeurs incarnées par les jambaars — la détermination, le sens du dévouement, la foi et la persévérance — doivent, selon lui, guider la vision collective de construction d’une nation souveraine, juste, prospère et profondément ancrée dans des principes solides.

L’adjoint au gouverneur a également mis en lumière le rôle stratégique de la région de Thiès dans le développement national. Carrefour stratégique et hub économique et industriel, Thiès a, de tout temps, incarné ces valeurs cardinales grâce à ses populations vaillantes, ce qui lui a permis de s’imposer comme un pôle stratégique de développement du Sénégal. Cette position privilégiée explique, a-t-il rappelé, le choix de la région pour abriter la première édition du « Programme Indépendance », initié par le Président de la République. À ce titre, Thiès aura l’honneur d’accueillir, le samedi 4 avril 2026, la célébration officielle de la 66e édition de la fête nationale de l’Indépendance, sous la présidence du Chef de l’État.

Enfin, Ababacar Sadikh Niang a évoqué les grands rendez-vous internationaux à venir, notamment l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Il a souligné que la région de Thiès, aux côtés de Dakar, jouera un rôle crucial dans la réussite de cet événement d’envergure mondiale, qui placera le Sénégal sous les projecteurs de la communauté internationale. Une occasion, selon lui, d’inviter dès à présent les populations à se préparer, tant sur le plan des mentalités que des valeurs, afin de garantir une organisation exemplaire et à la hauteur des ambitions du pays.

Cette première étape du Trophée Tour à Thiès s’est ainsi imposée comme un moment fort de communion nationale, mêlant célébration sportive, reconnaissance institutionnelle et réaffirmation des valeurs qui unissent le peuple sénégalais autour de ses Lions.

Rufisque : l’agresseur de l’étudiante de la cité Tako interpellé par la police

L’affaire avait suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une vidéo montrant l’agression violente d’une étudiante à la cité Tako, à Rufisque. L’auteur présumé de cet acte a finalement été interpellé par les éléments du commissariat central de Rufisque, mettant fin à plusieurs jours de traque policière.

Selon des informations rapportées par Seneweb, le mis en cause a été formellement identifié par trois autres victimes d’agressions similaires. La séance d’identification s’est déroulée à la place Gabar, en présence des forces de l’ordre placées sous l’autorité du commissaire Massaly. Les victimes n’ont exprimé aucun doute quant à l’identité de leur agresseur.

Le suspect se nomme Bara Mboup. Il est conducteur de moto Jakarta et domicilié à Rufisque. D’après les premiers éléments de l’enquête, il serait impliqué dans plusieurs agressions perpétrées dans différents quartiers de la ville, visant notamment de jeunes femmes et des étudiants.

À la suite de son arrestation, les policiers enquêteurs ont procédé à une perquisition à la place Gabar. Cette opération a permis la découverte des vêtements que Bara Mboup portait au moment de l’agression filmée, renforçant ainsi les charges retenues contre lui. Les forces de l’ordre ont également retrouvé des cahiers et des livres à l’intérieur d’un domicile abandonné, un lieu que le suspect aurait utilisé comme refuge après ses forfaits.

Kaolack – Deux salles pour 18 000 habitants : à Sam, la Journée Sargal interroge l’accès aux soins

À l’occasion de la 7ᵉ édition de la Journée Sargal, organisée ce samedi au poste de santé de Sam, la communauté sanitaire et les populations locales ont mis en lumière bien plus qu’une simple célébration symbolique. Couplée à l’hommage rendu au premier bébé né en 2026, la rencontre a surtout servi de tribune pour dresser un diagnostic sans complaisance des enjeux de la prévention sanitaire, notamment face à l’hépatite B, et des limites actuelles des infrastructures de santé de proximité.

Placée sous le thème « Hépatite B et vaccination », cette journée a rappelé l’urgence de renforcer les stratégies de prévention d’une maladie virale encore largement répandue au Sénégal. Professionnels de santé, leaders religieux et communautaires, partenaires sociaux et familles ont convergé autour d’un message central : la vaccination dès la naissance demeure un levier essentiel pour freiner la transmission du virus et réduire les complications à long terme.

Pour l’Infirmier chef de poste (ICP), Pape Moctar Thiaw, la Journée Sargal dépasse le cadre d’un simple rituel communautaire.

« C’est un moment d’échange direct avec les populations, mais aussi un espace privilégié pour rappeler les priorités sanitaires, en particulier la prévention et la protection de la mère et de l’enfant », a-t-il souligné.

Les échanges ont permis de mettre en exergue le rôle stratégique des structures sanitaires de base dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination. Dans un contexte de forte croissance démographique, le poste de santé de Sam constitue un maillon essentiel du système de santé local, tout en révélant ses fragilités.

La cérémonie a également été marquée par des distinctions honorifiques décernées à plusieurs acteurs communautaires, dont Elhadj Mbaye Fall, Elhadj Talla Faye, Elhadj Abdoulaye Diouf, Elhadj Habibou Ndiaye, Elhadj Mamadou Diouf et Elhadj Lamine Ndour, pour leur engagement constant en faveur du développement sanitaire. D’autres personnalités, notamment Elhadj Faye, Elhadj Yoro Diallo, M. Alioune Cissé et Mme Khady Guèye Sanokho, ont également été honorées pour leur contribution à la mobilisation sociale autour des questions de santé.

Dans le même élan, le Comité de Développement Sanitaire (CDS) de Sam a procédé à l’inauguration d’une salle polyvalente, baptisée du nom de Mme Amale Diop. Selon Cheikh Tidiane Sarr, secrétaire général du CDS, cette infrastructure se veut un outil stratégique pour renforcer les activités de sensibilisation, de formation et de concertation communautaire.

« Elle permettra d’intensifier les campagnes sur la santé maternelle et infantile, la vaccination, l’hygiène, la nutrition et la prévention des maladies », a-t-il précisé.

Mais la Journée Sargal a surtout servi de cadre à un plaidoyer fort en faveur de l’extension du poste de santé de Sam. Avec seulement deux salles d’observation pour une population estimée à 18 000 habitants, la structure fait face à une pression quotidienne qui dépasse largement ses capacités.

« Consultations prénatales, soins curatifs, vaccinations, accouchements et urgences se succèdent dans un espace devenu insuffisant. Le personnel est engagé, mais les infrastructures ne suivent plus », a alerté Cheikh Tidiane Sarr.

À Sam, la Journée Sargal apparaît ainsi comme le reflet des réalités sanitaires locales : une communauté mobilisée et consciente des enjeux, une demande de soins en constante augmentation, mais surtout une nécessité urgente d’investissements structurels pour garantir un accès équitable et durable à des services de santé de qualité.

Ousmane Sonko lance sa tournée politique dans le centre du Sénégal et réaffirme son engagement envers la jeunesse et la reddition des comptes

Le leader du parti Pastef Les Patriotes, Ousmane Sonko, a entamé ce jeudi 6 février 2026 sa tournée politique dans le centre du Sénégal, prévue pour durer trois jours et s’étendre jusqu’au 8 février. La première étape de cette tournée l’a conduit dans le département de Guinguinéo, au cœur de la région de Kaolack, où il a été accueilli par des populations enthousiastes et mobilisées.

Ce samedi 7 février, c’est la commune de Fass Fass qui a réservé à Ousmane Sonko un accueil populaire des plus chaleureux. Les habitants, sortis en masse, ont exprimé leur soutien au leader de Pastef, confirmant l’ancrage local et la popularité de ce dernier dans la région. Fidèle à son style direct et sans concession, Ousmane Sonko a profité de cette rencontre pour aborder plusieurs thématiques majeures, notamment la gouvernance, la reddition des comptes et les critiques parfois formulées à l’encontre de son action politique.

Selon lui, la relation entre un leader politique et les populations doit rester directe, constante et transparente. « Un responsable politique doit revenir régulièrement vers les populations pour écouter leurs préoccupations et comprendre ce qui ne fonctionne pas. Nous n’avons pas peur des critiques. Si les Sénégalais qui nous ont fait confiance estiment que c’est fini, nous rendrons les tabliers et partirons en paix », a-t-il déclaré. Ses propos ont suscité diverses réactions parmi les militants et sympathisants présents, certains exprimant leur désapprobation face à ce ton ouvert et responsable.

Ousmane Sonko a également tenu à réaffirmer son engagement personnel et sa loyauté envers les idéaux qui l’ont conduit en politique. « Je ne suis pas obnubilé par le pouvoir. On m’a empêché d’être candidat et j’ai désigné un autre. Je n’ai pas besoin de l’argent de la politique. Ce qui m’intéresse, ce sont les Sénégalais, en particulier la jeunesse », a-t-il martelé, soulignant que son action politique reste motivée par l’intérêt général et non par des ambitions personnelles.

Le leader de Pastef a rappelé la constance de son combat politique, qui vise à mettre en place des règles et des chartes claires distinguant ce qui appartient à l’État de ce qui relève de l’intérêt personnel des dirigeants. Répondant aux accusations de règlements de comptes, il a rejeté toute instrumentalisation partisane dans les procédures en cours. « Les rapports des corps de contrôle ne viennent pas de nous. Ils ont été établis par l’Inspection générale d’État, la Cour des comptes et l’OFNAC, à une période où nous étions dans l’opposition. Des personnes y sont mises en cause et cela ne peut être accepté si le Sénégal veut se mettre sur la voie du développement », a-t-il souligné.

Enfin, Ousmane Sonko a adressé un avertissement clair aux membres du pouvoir actuel, les appelant à ne pas reproduire les pratiques du passé. « Ceux qui détourneront les deniers publics seront poursuivis. La reddition des comptes est notre premier chantier et nous ne plaisantons pas avec cela », a-t-il conclu, confirmant que la transparence et l’éthique en politique demeurent au centre de son engagement pour le Sénégal.

Kédougou : Pose de la première pierre du Lycée Armée-Nation pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE) à Salémata

Arrivé ce matin à Kédougou pour la deuxième partie de sa tournée dans le Sénégal oriental, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à Salémata à la pose de la première pierre du Lycée Armée-Nation pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme national ambitieux visant à implanter des lycées d’excellence dans toutes les régions du pays afin de corriger les déséquilibres territoriaux et de rapprocher une éducation de haut niveau des populations. Inspirés des acquis des lycées d’excellence du Sénégal et de modèles internationaux, les LYNAQE apportent une réponse concrète aux déséquilibres entre filières, en favorisant la formation de scientifiques capables de contribuer efficacement aux efforts de développement national.

Le Président de la République a souligné que les LYNAQE ont pour vocation de stimuler l’innovation, la créativité et l’excellence scientifique, particulièrement dans les domaines des STEM (Science, Technologie, Ingénierie, Mathématiques). Ces établissements offriront aux élèves des environnements propices au travail intellectuel, à la rigueur et à la performance. Le dispositif vise ainsi un double objectif : renforcer la qualité des apprentissages et corriger les disparités socioéconomiques dans l’accès à une formation d’élite.

En tant que maillon stratégique des politiques publiques d’équité et de justice sociale dans le secteur éducatif, le LYNAQE se positionne également comme un outil structurant de formation du capital humain scientifique et technique, destiné à renforcer la souveraineté nationale, soutenir l’innovation et accroître la compétitivité du pays. Le concept « Nation-Armée » place la discipline, la rigueur, le civisme et l’esprit de responsabilité au cœur du parcours scolaire.

Chaque LYNAQE prendra la forme d’un campus d’internat d’environ dix hectares, pouvant accueillir 600 élèves de la 6ᵉ à la Terminale, recrutés sur la base d’un concours national. L’objectif est de garantir la parité entre filles et garçons, d’assurer une représentation équilibrée des différentes régions, et d’inclure des élèves issus du franco-arabe ainsi que des jeunes en situation de vulnérabilité. Le modèle d’encadrement, élaboré conjointement par le ministère de l’Éducation nationale et les Forces armées, allie exigence pédagogique et cadre structurant, afin de promouvoir la réussite scolaire et de former des citoyens responsables.

À travers cet acte fondateur, le Chef de l’État réaffirme sa vision politique : faire de l’excellence un instrument d’équité, de cohésion nationale et de préparation stratégique pour le Sénégal de demain, en parfaite cohérence avec la vision Sénégal 2050.

Pape Cheikh Diallo au cœur d’une affaire médiatique : entre carrière et rumeurs judiciaires

Depuis ce week-end, le nom de Pape Cheikh Diallo circule avec insistance dans les médias et sur les réseaux sociaux, alimentant de nombreuses spéculations. L’animateur emblématique de la Télévision Futurs Médias (TFM) est cité dans un dossier judiciaire qui suscite un fort retentissement médiatique, sans que les autorités compétentes n’aient encore communiqué officiellement sur les contours précis de l’affaire.

Avant l’apparition de ces rumeurs, Pape Cheikh Diallo avait publié un message sur son compte Instagram. Cette publication, mise en ligne avant que son nom ne soit associé au dossier judiciaire, concernait exclusivement ses activités professionnelles. L’animateur annonçait ainsi la diffusion prochaine d’une émission enregistrée avec la célèbre chanteuse Viviane Chidid. Très proche de l’artiste, il devait l’interviewer sur son actualité musicale ainsi que sur certains aspects de sa vie personnelle, hors de la scène.

À ce moment-là, aucun élément public ne laissait présager la controverse qui allait suivre. La publication s’inscrivait dans la continuité des productions habituelles de l’animateur, connu pour ses entretiens avec des personnalités du monde artistique et son engagement à mettre en lumière la culture sénégalaise.

Depuis la diffusion des premières informations sur le dossier judiciaire, l’affaire a pris une ampleur considérable. Les réseaux sociaux se sont rapidement enflammés, alimentant spéculations et commentaires souvent non vérifiés. Les observateurs et les médias attendent désormais une communication officielle des autorités, qui pourrait clarifier la situation et lever une partie du flou entourant l’affaire.

Démantèlement à Dakar d’un vaste réseau franco-sénégalais de pédophilie et de transmission volontaire du VIH

Une affaire d’une gravité exceptionnelle, aux ramifications internationales, vient d’être révélée à Dakar. Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, les forces de sécurité sénégalaises, en étroite collaboration avec la justice française, ont procédé au démantèlement d’un vaste réseau criminel franco-sénégalais spécialisé dans la pédophilie, les actes contre nature, la diffusion de contenus sexuels illicites et la transmission volontaire du VIH.

L’enquête trouve son origine en France, où une procédure judiciaire a mis au jour l’existence d’une organisation criminelle structurée, impliquant des ressortissants français et sénégalais. Très vite, les investigations ont révélé que les activités du réseau s’étendaient jusqu’au Sénégal, notamment à Dakar. Face à la dimension transnationale du dossier, la justice française a émis une commission rogatoire internationale à destination des autorités sénégalaises, déclenchant une coopération judiciaire et sécuritaire d’une rare intensité.

Cette mission délicate a été confiée à la Division des investigations criminelles (Dic), plus précisément à la Brigade anti-terroriste (Bat), reconnue pour son expertise dans le traitement des affaires complexes et sensibles. Selon L’Observateur, les enquêteurs sénégalais ont dû composer avec un temps d’action extrêmement limité et une pression judiciaire forte, les contraignant à adopter une stratégie de discrétion absolue afin d’éviter toute fuite susceptible de compromettre l’opération.

Dans ce cadre, le magistrat instructeur français a formellement délégué des pouvoirs judiciaires aux autorités sénégalaises, leur permettant de mener auditions, perquisitions et saisies sur le territoire national, tout en ciblant précisément les individus et les infractions visés par la procédure. Une coordination étroite entre les deux systèmes judiciaires a ainsi permis de faire progresser l’enquête dans la plus grande confidentialité.

Au centre de cette nébuleuse criminelle figure un ressortissant français identifié sous les initiales R. P., présenté comme le cerveau du réseau. Il est accusé d’avoir coordonné à distance une organisation aux pratiques qualifiées d’immorales et criminelles, impliquée dans des actes de pédophilie, des relations sexuelles contre nature, la consommation et la détention de drogue, ainsi que la production et la diffusion de contenus sexuels illicites.

Les investigations ont mis en lumière un mode opératoire particulièrement sordide. Toujours selon les sources de L’Observateur, les membres du réseau entretenaient des rapports sexuels contre nature non protégés avec de jeunes garçons sénégalais, dont les âges s’échelonnaient entre 9 ans pour les plus jeunes et 20 à 22 ans pour les plus âgés. Ces actes étaient filmés, puis les vidéos systématiquement transmises à R. P., qui opérait depuis l’étranger, hors du territoire sénégalais.

L’affaire a pris une tournure encore plus grave lorsque les suspects interpellés ont été soumis à des tests de dépistage du VIH. Les résultats ont révélé que plusieurs membres du groupe étaient séropositifs, renforçant les soupçons de transmission volontaire du virus, une infraction pénale lourde au regard de la législation sénégalaise et internationale.

À l’issue d’un minutieux travail de terrain, les enquêteurs de la Dic ont réussi à identifier puis interpeller une dizaine de suspects, de nationalités française et sénégalaise. Les arrestations ont eu lieu entre le quartier huppé des Almadies et la banlieue dakaroise. Les perquisitions menées dans différents domiciles ont également permis la saisie de stocks de drogue attribués aux mis en cause, venant alourdir davantage les charges retenues contre eux.

Au terme de l’enquête préliminaire, l’ensemble des suspects arrêtés a été déféré devant le parquet du tribunal de grande instance de Dakar. Ils sont poursuivis pour des faits de pédophilie, d’actes contre nature, de transmission volontaire du VIH, de détention et usage de drogue, ainsi que de complicité. Un maillon influent du réseau, actuellement localisé hors du Sénégal, demeure toutefois en fuite et fait l’objet de recherches actives.

Selon L’Observateur, les personnes impliquées dans la procédure judiciaire ouverte en France pourraient prochainement faire l’objet de demandes d’extradition. Cette perspective souligne une fois de plus la dimension transnationale de cette affaire, qui choque par son cynisme, sa brutalité et l’ampleur des crimes commis, et qui pose avec acuité la question de la lutte internationale contre les réseaux criminels exploitant les plus vulnérables.

Trafic de jeunes filles à Kédougou : deux Nigérianes démantelées par la Dntl, un vaste réseau international mis au jour

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (Dntl) de Kédougou a porté un coup sévère à un réseau de traite des êtres humains opérant entre plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Au début du mois de février 2026, ses agents ont procédé à l’interpellation de deux ressortissantes nigérianes accusées d’avoir organisé le convoyage et l’exploitation sexuelle de jeunes filles à Baytilaye, dans le département de Kédougou.

La première affaire concerne une certaine Maria Agi, connue également sous le pseudonyme d’Awa. Selon des informations rapportées par le journal Libération, l’enquête a débuté après le signalement de l’arrivée suspecte d’une jeune Nigériane dans la localité de Baytilaye. Les investigations ont rapidement établi que cette dernière avait été acheminée depuis le Nigeria par Maria Agi, qui l’hébergeait à son domicile et contrôlait l’intégralité de ses revenus issus de la prostitution.

D’après les sources policières, la victime était soumise à une exploitation sexuelle systématique et contrainte de reverser chaque jour l’ensemble de ses gains à sa recruteuse. L’objectif fixé était d’atteindre la somme de 500.000 francs CFA, présentée comme le coût de son transport vers le Sénégal. Les enquêteurs ont également retracé l’itinéraire emprunté par la jeune fille, qui a transité par le Mali avant d’arriver à Baytilaye.

Alertée par ces éléments, la Brigade des interpellations, surveillance et filatures (Bisf) est rapidement intervenue. Interpellée à son domicile et confrontée aux faits, Maria Agi a fini par reconnaître son implication dans ce réseau criminel. Elle a révélé avoir bénéficié du soutien de plusieurs complices établis au Nigeria, au Bénin et au Mali. Selon ses propres aveux, elle aurait déboursé 200.000 francs CFA pour « acquérir » la jeune femme, identifiée comme B. Infon, auprès d’une intermédiaire nigériane répondant au nom de Mary.

L’enquête a également mis en évidence l’usage de documents administratifs frauduleux pour faciliter le déplacement clandestin des victimes. Des complices basés à Cotonou et au Mali auraient participé à la fabrication d’une fausse carte d’identité nigériane et d’un carnet de vaccination contrefait, permettant à la victime de franchir les frontières sans éveiller les soupçons.

Entendue par les enquêteurs, la jeune B. Infon a confirmé avoir été victime d’exploitation sexuelle. Elle a décrit les pressions et contraintes exercées par Maria Agi, qui l’obligeait à se prostituer quotidiennement et à lui remettre la totalité de ses gains jusqu’au remboursement intégral de la dette imposée. À l’issue de l’enquête, le 2 février 2026, Maria Agi a été déférée devant les autorités judiciaires, tandis que la victime a été confiée à l’ONG « La Lumière », basée à Kédougou, pour une prise en charge psychosociale et un éventuel retour au Nigeria.

Quelques jours plus tard, la Dntl a mis la main sur une seconde suspecte dans une affaire présentant de fortes similitudes. Il s’agit de Rita Mbachu, également connue sous le nom de Favour. Cette dernière est accusée d’avoir organisé le convoyage et l’exploitation sexuelle d’une jeune Nigériane de 21 ans, Z. Adekunle. Les deux femmes ont été interpellées à Baytilaye, au moment même où la victime était sous l’emprise de son exploiteuse.

Lors de son audition, Z. Adekunle a relaté un parcours marqué par la tromperie et la contrainte. Recrutée au Nigeria sous de faux prétextes, elle a été transportée jusqu’au Sénégal, où elle a été forcée de se prostituer sous la surveillance étroite de Rita Mbachu. Cette dernière aurait déboursé 500.000 francs CFA pour l’acquérir auprès d’une certaine Mama Goodness, basée au Nigeria, avant d’organiser son acheminement avec l’aide de passeurs opérant au Nigeria et au Bénin.

Arrivée sur le territoire sénégalais le 26 janvier 2026, la jeune femme s’est immédiatement vu imposer une dette colossale de 1.500.000 francs CFA. Pour s’en acquitter, elle devait reverser l’intégralité de ses gains issus de la prostitution. En seulement quatre jours, elle avait déjà remis 25.000 francs CFA à son exploiteuse, sans aucune perspective immédiate de libération, le solde restant à payer s’élevant encore à 1.475.000 francs CFA.

Interrogée sur la destination des fonds perçus, Rita Mbachu a déclaré avoir utilisé une partie de l’argent pour acheter des vêtements destinés à une autre jeune fille, Zainab Adekunle, dans le but de la rendre, selon ses propres termes, « plus séduisante » pour de futurs clients.

Les déclarations de Z. Adekunle ont permis aux enquêteurs de lever le voile sur un réseau criminel d’envergure internationale. Selon la victime, Rita Mbachu jouerait un rôle central de coordinatrice au sein d’une organisation transnationale de traite d’êtres humains, disposant de ramifications au Nigeria, au Bénin et dans d’autres villes de la sous-région, notamment à Cotonou. Le réseau fonctionnerait grâce à une multitude d’intermédiaires chargés du recrutement, de la fourniture de faux documents, de l’hébergement temporaire et du transport des victimes à bord de bus et de motos-taxis tout au long de leur périple.

Comme dans la première affaire, la victime a été confiée à l’ONG « La Lumière » pour une prise en charge globale. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller l’ensemble des membres de ce réseau, tandis que les autorités judiciaires entendent renforcer la lutte contre la traite des personnes dans cette zone frontalière particulièrement exposée.

Arrestation de Pape Cheikh Diallo : une enquête judiciaire aux multiples ramifications à Keur Massar

La Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar a procédé, le vendredi, à l’arrestation de Pape Cheikh Diallo, animateur et présentateur de l’émission Quartier Général, selon des informations exclusives obtenues par Seneweb. Cette interpellation s’inscrit dans le cadre d’une enquête de grande envergure portant sur un réseau présumé d’homosexuels opérant dans la banlieue dakaroise.

De son vrai nom Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, âgé de 44 ans, l’animateur a été mis en cause à la suite des déclarations de Doudou Lamine Dieng, banquier de profession, interpellé antérieurement par les forces de l’ordre. Au cours de son audition, ce dernier a affirmé entretenir une relation de couple avec Pape Cheikh Diallo, citant l’animateur comme l’un des membres du réseau faisant l’objet des investigations.

Conduit devant les enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur Massar, Pape Cheikh Diallo a été interrogé sur les faits qui lui sont reprochés. Selon des sources proches du dossier, il aurait reconnu les éléments retenus contre lui, renforçant ainsi les soupçons des enquêteurs et l’orientation prise par l’enquête depuis les premières interpellations.

Au total, douze personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Parmi elles, sept seraient porteuses du VIH/sida, d’après les informations recueillies par Seneweb. Les mis en cause ont été placés en garde à vue et poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui. Ces qualifications pénales, particulièrement lourdes, traduisent la gravité des faits reprochés et la complexité du dossier en cours d’instruction.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a été informé de l’évolution de l’enquête et suit de près la procédure. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles autres personnes impliquées et de faire toute la lumière sur les circonstances exactes des faits allégués.

Journées sans tickets à l’UIDT : le CROUS de Thiès ferme les restaurants universitaires

À la suite du mot d’ordre de « journées sans tickets » lancé par la Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam (UIDT) de Thiès, la direction du Centre Régional des Œuvres Universitaires Sociales de Thiès (CROUS/T) a décidé de fermer, jusqu’à nouvel ordre, les services de restauration des campus de VCN et de l’hôtel du Rail.

Cette décision est intervenue après une réunion tenue entre les responsables du CROUS/T et les représentants des étudiants. Selon la direction, cette rencontre visait à échanger sur la situation et à trouver des voies de sortie face à la crise née du refus des étudiants de payer les tickets de restauration. Dans un communiqué, le CROUS/T a indiqué que « cette mesure fait suite au refus volontaire des usagers de s’acquitter du coût symbolique requis pour l’utilisation du service de restauration », rendant ainsi impossible la poursuite normale des activités dans les restaurants universitaires concernés.

Pour les autorités universitaires, le paiement du ticket constitue une condition indispensable au fonctionnement du service de restauration, notamment pour l’approvisionnement en denrées alimentaires et la prise en charge des charges logistiques. La direction estime que l’attitude des étudiants compromet la continuité du service et ne laisse d’autre alternative que la fermeture temporaire des restaurants.

De leur côté, les étudiants justifient leur action par la suppression des rappels de bourses, qu’ils considèrent comme une mesure injuste et pénalisante pour une grande partie de la communauté estudiantine. C’est dans ce contexte qu’ils ont décrété, depuis hier, des journées sans tickets d’une durée de 48 heures renouvelables, afin de faire pression sur les autorités et d’exiger le rétablissement de ces rappels.

Cette situation de tension vient s’ajouter aux nombreuses difficultés sociales auxquelles font face les étudiants de l’UIDT, notamment en matière de bourses, de restauration et de conditions de vie sur les campus. En attendant une éventuelle issue au bras de fer entre les deux parties, la fermeture des restaurants universitaires risque d’aggraver le quotidien de nombreux étudiants, pour qui la restauration subventionnée demeure un pilier essentiel de leur prise en charge sociale.

Affaire SoftCare : les travailleurs de la santé haussent le ton devant le ministère

Le parvis du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a été le théâtre d’une vive mobilisation ce vendredi, marquant une nouvelle étape dans la contestation qui secoue le secteur sanitaire sénégalais depuis plusieurs semaines. À l’appel du mouvement « Frappe », avec le soutien de la jonction syndicale SAMES-SUTSAS, des travailleurs de la santé ont organisé un sit-in pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’inaction des autorités dans l’affaire dite SoftCare, un dossier devenu emblématique d’un malaise plus profond au sein de l’administration sanitaire.

Cette mobilisation a pris une dimension particulière avec la participation, pour la première fois de manière aussi visible, des syndicalistes de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), regroupés sous la bannière SAMES-SUTSAS. Leur présence aux côtés des activistes du mouvement « Frappe » a donné un poids supplémentaire à la protestation et traduit l’élargissement du front de la contestation face à ce que les manifestants perçoivent comme une inertie prolongée des autorités de tutelle.

Pour le Docteur Abou Dia, membre de la jonction des luttes, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple conflit social. Selon lui, l’affaire SoftCare pose un véritable problème de crédibilité institutionnelle. Intervenant au micro de la RFM, il a rappelé que ce dossier figure en bonne place dans la plateforme revendicative des syndicats. « Le respect des procédures dans cette affaire est une question de crédibilité pour l’agence de réglementation », a-t-il affirmé, estimant que l’absence de réponses claires fragilise la confiance des travailleurs et, au-delà, celle des citoyens envers les institutions sanitaires.

Profitant de cette tribune, les manifestants ont également mis en lumière un malaise plus global au sein de l’administration de la santé. Le Dr Dia a notamment dénoncé la mauvaise gestion des ressources et des recettes issues du domaine de l’ARP, l’opacité entourant la sélection de certaines collectivités personnelles, ainsi que le déficit de dialogue social entre les travailleurs et les autorités de tutelle. Autant de griefs qui, selon les syndicats, nourrissent un climat de frustration et de défiance au sein du secteur.

Malgré les pressions et les mesures prises par la Direction générale, la détermination des travailleurs semble intacte. Alors qu’une grève de 72 heures s’achève cette semaine, le syndicat a d’ores et déjà annoncé la reconduction du mouvement pour la semaine prochaine. Les coupes de salaires décidées pour fait de grève, loin de décourager les protestataires, auraient plutôt renforcé leur engagement. « Cela ne va pas nous diminuer. Au contraire, cela nous a motivés davantage à lutter pour l’intérêt de la population sénégalaise », a prévenu le Docteur Dia.

COUD : la fin des « journées sans ticket », une décision de survie face à l’hémorragie financière

Le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a décidé de mettre un terme aux « journées sans ticket » imposées lors des mouvements de contestation estudiantins. Une mesure de rigueur assumée par la direction, qui affirme ne plus avoir de marge de manœuvre face à une situation financière devenue critique.

Depuis plusieurs mois, la multiplication des journées de protestation au sein des campus universitaires s’accompagne d’une suspension forcée du paiement des tickets de restauration. Une pratique qui, selon le COUD, pèse lourdement sur les finances de l’institution. D’après les estimations officielles, chaque journée sans ticket occasionne des pertes comprises entre 90 et 100 millions de francs CFA, un manque à gagner que la structure n’est plus en mesure d’absorber.

Intervenant sur les ondes de la RFM, le directeur général adjoint du COUD, Khalifa Ababacar Diagne, a tenu un discours sans détour. Il a rappelé que cette décision n’est ni arbitraire ni punitive, mais dictée par une réalité comptable alarmante. Selon lui, l’accumulation des crises antérieures a fortement fragilisé la trésorerie du COUD, rendant la poursuite de la gratuité imposée tout simplement impossible. « Nous sommes conscients de la décision que nous avons prise, mais c’est une décision face à laquelle nous n’avions pas d’autre choix », a-t-il déclaré.

Au cœur de cette crise se trouve le décalage profond entre le prix payé par l’étudiant et le coût réel du service de restauration. Dans le cadre du régime social en vigueur, un étudiant débourse seulement 250 francs CFA pour trois repas par jour, soit 50 francs pour le petit-déjeuner et 100 francs pour chacun des deux autres repas. Un tarif largement subventionné, qui ne reflète en rien les coûts réels de production et de service.

En réalité, la différence entre le prix social et le coût réel est entièrement prise en charge par le COUD, qui reverse aux repreneurs des restaurants universitaires les montants correspondant aux prestations fournies. Lorsque les tickets sont supprimés lors des journées de contestation, la contribution, pourtant symbolique, des étudiants disparaît totalement. L’administration se retrouve alors seule face à une facture colossale, sans ressources suffisantes pour honorer ses engagements envers les prestataires.

Pour la direction du COUD, la poursuite de cette situation ferait courir un risque majeur au système de restauration universitaire. À terme, l’incapacité à payer les repreneurs pourrait entraîner un arrêt pur et simple du service, compromettant la continuité des repas jusqu’à la fin de l’année universitaire. C’est précisément ce scénario que la direction dit vouloir éviter en mettant fin à la gratuité forcée.

« Nous avons atteint nos limites », a conclu Khalifa Ababacar Diagne, indiquant qu’un rapport détaillé sur l’impact financier de ces journées sans ticket a déjà été transmis aux autorités de tutelle. Pour le COUD, la question ne relève plus d’un choix politique ou d’un bras de fer avec les étudiants, mais d’un impératif de survie logistique visant à préserver un service essentiel à des milliers d’apprenants.

UA : la représentation du Sénégal par Ousmane Sonko ravive le débat sur une possible candidature de Macky Sall à l’ONU

La décision du président Bassirou Diomaye Faye de se faire représenter par son Premier ministre, Ousmane Sonko, au prochain sommet de l’Union africaine prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba continue de susciter analyses et commentaires sur la scène politique sénégalaise. Parmi les voix qui ont relancé le débat figure celle du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne, fondateur du quotidien Le Quotidien, à travers une publication sur Facebook reprise par Les Échos.

Dans son analyse, Madiambal Diagne établit un lien direct entre ce choix diplomatique et la question, toujours sensible, d’une éventuelle candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Selon lui, l’absence annoncée de Bassirou Diomaye Faye à ce sommet continental majeur peut être interprétée à travers deux grilles de lecture politiques distinctes, mais tout aussi lourdes de conséquences.

La première lecture évoquée repose sur l’hypothèse d’une esquive calculée. En se faisant représenter, le chef de l’État sénégalais éviterait d’avoir à se positionner personnellement, devant ses homologues africains, sur un éventuel soutien officiel du Sénégal à la candidature de son prédécesseur. Une telle posture permettrait à Bassirou Diomaye Faye de maintenir une certaine distance institutionnelle sur un dossier délicat, alors même que la figure de Macky Sall demeure clivante dans l’opinion nationale et au sein de la majorité actuelle.

La seconde lecture avancée par Madiambal Diagne est plus politique encore. Elle consisterait à associer directement le Premier ministre Ousmane Sonko à un choix potentiellement favorable à Macky Sall. Dans ce scénario, la présence de Sonko au sommet de l’UA l’exposerait à la gestion directe de ce dossier, avec le risque de froisser une partie de la base militante de Pastef, farouchement opposée à l’ancien président. Une telle situation pourrait raviver des tensions internes, en plaçant le leader du parti au cœur d’un dilemme entre réalités diplomatiques et fidélité à un discours politique historiquement très critique à l’égard du régime précédent.

À Médinatou Dieylany : le fils de Cheikh Mouhidine Samba Diallo construit une mosquée d’un coût de 1,2 milliard FCFA

Médinatou Dieylany a vécu, ce vendredi 6 février 2026, un moment de haute portée spirituelle et symbolique avec l’inauguration officielle de sa grande mosquée. Cet édifice majestueux, réalisé sur fonds propres, a nécessité un investissement estimé à 1 milliard 200 millions de francs CFA.

La cérémonie, empreinte de ferveur religieuse, s’est déroulée en présence de guides religieux, de notables, de fidèles venus de divers horizons ainsi que de nombreuses autorités locales.

Présidant l’événement, Cheikh Ibrahima Mouhidine Samba Diallo, fils de Cheikh Mouhidine Samba Diallo, a salué l’aboutissement de ce projet ambitieux, fruit de la foi, de la solidarité et de l’engagement collectif. Selon lui, cette mosquée ne se limite pas à être un simple lieu de prière, mais se veut également un centre d’éducation spirituelle, de cohésion sociale et de transmission des valeurs islamiques.

Dans son allocution, le guide religieux a profité de cette tribune pour adresser un message fort à la jeunesse sénégalaise. Il a invité les jeunes à croire en leur pays, à y rester et à travailler avec courage et responsabilité, rappelant que le développement durable ne peut se construire sans l’implication active des fils et filles de la nation.

« Le salut ne se trouve pas toujours ailleurs. Le pays a besoin de ses jeunes, de leurs bras et de leur intelligence », a-t-il insisté devant une assistance attentive.

Cheikh Ibrahima Mouhidine Samba Diallo a également rappelé que la gestion d’un pays et des affaires publiques exige sérieux, compétence et sens du devoir. Dans un ton à la fois ferme et pédagogique, il a souligné que diriger une nation ne saurait se réduire à de simples discours ou à des bavardages, mais requiert des actes concrets, une vision claire et une responsabilité morale.

Sur le plan religieux, il a exhorté les fidèles à faire de cette mosquée un espace vivant, animé par la prière, l’enseignement du Coran, le dialogue et la solidarité. Pour lui, une mosquée doit être un phare spirituel, contribuant à la paix, à l’unité et à la justice sociale.

La cérémonie s’est achevée par des prières et des invocations pour la paix au Sénégal, la stabilité du pays et un avenir meilleur pour la jeunesse. Avec l’inauguration de cette grande mosquée, Médinatou Dieylany se dote désormais d’un symbole fort de foi et d’espérance, appelé à jouer un rôle central dans la vie religieuse et sociale de la localité.

Kaolack – À Médina Baye, la Tijaniyya face aux défis du temps : le message d’orientation du Khalife mondial Cheikh Sidi ‘Ali Tijani Bel ‘Arbi

La visite du Khalife mondial de la Tijaniyya, Cheikh Sidi ‘Ali Tijani Bel ‘Arbi, à Médina Baye, ce vendredi 6 février 2026, a constitué un moment fort de réflexion et d’orientation pour l’ensemble de la communauté tijane. Au-delà de la solennité de l’accueil et de la ferveur populaire, cet événement a surtout porté un message clair : celui de la consolidation spirituelle et de l’adaptation de la voie tijane aux réalités contemporaines.

Dans cette cité emblématique de l’héritage de Cheikh Al Hadji Ibrahima Niass (RTA), la présence du Khalife mondial a rappelé que la Tijaniyya n’est pas seulement un legs à célébrer, mais une responsabilité à assumer. Face aux mutations sociales, à la perte de repères spirituels et aux défis qui traversent les sociétés musulmanes, l’appel à l’unité et à la fidélité aux enseignements fondamentaux de Cheikh Ahmed Tijani (RTA) a occupé une place centrale dans son message.

Les moments de prières collectives, de bénédictions et d’échanges ont servi de cadre à une pédagogie spirituelle vivante, axée sur la paix intérieure, la discipline religieuse et le sens du service. À travers ses rencontres avec les autorités religieuses locales et les fidèles, le Khalife mondial a insisté sur la nécessité de préserver l’orthodoxie de la voie, tout en renforçant son rôle social, éducatif et moral.

Un accent particulier a été mis sur la jeunesse tijane. La participation de structures telles que le MIDAF et Alfityanou a illustré l’urgence de transmettre un soufisme enraciné, responsable et éclairé, capable de répondre aux aspirations des nouvelles générations sans dénaturer l’essence de la Tariqa. Dans un monde marqué par la rapidité, la superficialité et parfois la radicalisation, la Tijaniyya est appelée à demeurer un rempart spirituel et éthique.

En choisissant Médina Baye pour porter ce message, le Khalife mondial a réaffirmé la centralité historique et spirituelle de la cité, mais aussi son rôle futur dans la consolidation de l’unité tijane à l’échelle internationale. Cette visite apparaît ainsi comme un jalon important dans la continuité de la mission soufie : former des croyants enracinés, conscients et engagés au service de l’islam et de l’humanité.

Plus qu’un simple événement religieux, cette rencontre restera comme un appel à la responsabilité collective, invitant chaque tijane, au Sénégal comme ailleurs, à incarner les valeurs de sa voie dans un monde en quête de sens.

UGB de Saint-Louis : la fermeture des restaurants universitaires embrase le campus

La tension est brusquement montée d’un cran à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, à la suite de l’annonce de la fermeture temporaire des restaurants universitaires par la Direction du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous). Cette décision administrative a provoqué une vive réaction des étudiants, débouchant en fin de journée sur des affrontements avec les forces de l’ordre et ravivant les inquiétudes autour du climat social dans l’enseignement supérieur sénégalais.

Dans l’après-midi, le dispositif sécuritaire a été renforcé aux abords du campus universitaire. Des éléments de l’Escadron d’intervention de Saint-Louis ont été déployés, équipés de matériel de protection et d’intervention, avec pour mission de prévenir tout débordement et de sécuriser les zones sensibles, notamment l’axe routier longeant l’université.

Aux alentours de 18 heures, la situation a dégénéré. Selon plusieurs témoins, des groupes d’étudiants ont érigé des barricades et lancé des pierres ainsi que des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre. En réponse, les gendarmes ont fait usage de grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants et de rétablir la circulation sur la route nationale n°2 (RN2), un axe stratégique reliant Saint-Louis à d’autres localités du nord du pays. Les affrontements ont provoqué une vive panique dans les environs du campus, paralysant temporairement la circulation.

Cette montée de tension faisait suite à une assemblée générale organisée vers 16 heures par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl). À l’issue de cette rencontre, la structure représentative des étudiants a annoncé un durcissement de sa position face à ce qu’elle considère comme une décision « injuste et provocatrice » de l’administration universitaire.

À l’origine de la contestation, un communiqué du Crous informant de la fermeture temporaire des restaurants universitaires. Une mesure prise dans un contexte déjà marqué par de fortes revendications estudiantines, notamment le paiement intégral des rappels de bourses. Les étudiants dénoncent une précarité persistante et estiment que la restauration universitaire constitue un service vital pour la majorité d’entre eux.

Ces dernières semaines, les étudiants avaient instauré des journées dites « sans ticket » dans les restaurants universitaires, permettant l’accès aux repas sans paiement préalable. Une initiative que l’administration a interprétée comme une entorse grave au fonctionnement normal du service de restauration, justifiant selon elle la décision de fermeture.

Pour la Coordination des étudiants de Saint-Louis, cette mesure est perçue comme une provocation de trop. Dans une déclaration, la Cesl a appelé les étudiants à l’unité et à la solidarité, avertissant que le mouvement pourrait s’intensifier si les autorités universitaires ne reviennent pas sur leur décision. La coordination affirme se réserver le droit d’user de « tout son arsenal de lutte syndicale » pour faire aboutir les revendications.

Au même moment, des tensions ont également été signalées à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, où des étudiants ont exprimé leur mécontentement face à des problématiques similaires liées aux conditions de vie et d’études. Cette concomitance des mouvements de contestation dans les deux principales universités publiques du pays alimente les craintes d’une extension de la crise à l’ensemble du système d’enseignement supérieur.

PIKINE /La Police nationale sensibilise les écoliers sur la sécurité routière à travers EDUPOLSEN

Les activités du projet EDUPOLSEN se sont déroulées le 6 janvier 2026 à l’école Diacksao Fass de Pikine. Cette rencontre, organisée en marge de la clôture de la Semaine nationale de l’école de base, a enregistré une forte mobilisation des autorités administratives et éducatives, ainsi que des communautés scolaires.

À cette occasion, élèves, enseignants et parents d’élèves ont bénéficié d’une séance de sensibilisation à la sécurité routière, animée par un détachement de la section des accidents de la compagnie de circulation du Commissariat central de Dakar, sous la conduite de l’adjudant de police Ibrahima Diop.

Les échanges ont porté sur les comportements à risque, le respect du code de la route et la sécurisation des abords des établissements scolaires, selon une approche pédagogique adaptée au public scolaire.

L’événement a réuni la sous-préfecture de Pikine, les autorités municipales, les responsables du système éducatif — notamment le chef de l’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Pikine et le secrétaire général de l’Inspection d’académie — ainsi que les parents d’élèves et l’ensemble du personnel enseignant et administratif.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet EDUPOLSEN (Éducation Policière Sénégalaise), officiellement lancé le 3 novembre 2025 par l’Inspecteur général de police Mame Seydou Ndour, Directeur général de la Police nationale du Sénégal. Présenté comme un programme novateur, EDUPOLSEN vise à renforcer durablement les liens entre l’école et la police, en misant sur le rapprochement citoyen, la prévention et l’éducation aux valeurs civiques.

À l’unanimité, les participants ont salué la pertinence et la portée du projet, considéré comme une initiative structurante au service de la sécurité des apprenants et du renforcement du système éducatif. Pour les acteurs locaux, EDUPOLSEN illustre une nouvelle approche de la police de proximité, fondée sur la pédagogie, la prévention et la co-construction avec la communauté éducative.

A. Saleh

Une santé réellement inclusive : les engagements d’Isseu Gaye Darry

Pendant trois jours, la question de la prise en charge sanitaire des personnes vivant avec un handicap a été au centre des débats dans la capitale sénégalaise. Acteurs de la santé, organisations de la société civile et représentants des personnes handicapées ont croisé leurs regards afin de poser un diagnostic sans complaisance sur les obstacles persistants et de proposer des pistes de solutions durables.

Au terme de ces journées de réflexion, Mme Isseu Gaye Darry, présidente du Comité des femmes de la Fédération nationale des associations de personnes handicapées du Sénégal (FNAPH), a pris un engagement fort : porter le plaidoyer auprès des autorités sanitaires des 14 régions du Sénégal, ainsi qu’auprès des partenaires techniques et financiers et de toutes les bonnes volontés, afin que les personnes handicapées ne soient plus reléguées au second plan dans les politiques de santé.

« La santé est un droit fondamental. Les personnes handicapées ne doivent plus être invisibles dans les programmes de prise en charge », a-t-elle déclaré, appelant à des actions concrètes et véritablement inclusives.

Les échanges ont mis en lumière de nombreuses difficultés, notamment l’inaccessibilité des structures sanitaires, le manque de personnel formé et l’insuffisance de matériels adaptés. Donner la vie ne devrait jamais rimer avec exclusion. Pourtant, pour de nombreuses femmes vivant avec un handicap — notamment les albinos non-voyants et les personnes à mobilité réduite — l’accès aux services de maternité demeure une épreuve semée d’obstacles.

Dans plusieurs structures sanitaires, les réalités sont criantes : rampes d’accès inexistantes ou impraticables, salles d’accouchement non adaptées, absence de signalisation en braille, personnel insuffisamment formé à la prise en charge spécifique des personnes handicapées. Autant de manquements qui compromettent le droit fondamental à la santé de ces femmes déjà vulnérables, a souligné Mme Darry.

Pour les femmes non-voyantes, en particulier celles atteintes d’albinisme, se rendre à une consultation prénatale relève souvent d’un véritable défi. « Nous avons besoin d’accompagnement, d’écoute et d’informations accessibles. Mais très souvent, nous sommes laissées à nous-mêmes », a-t-elle ajouté.

Les personnes vivant avec un handicap moteur, quant à elles, dénoncent l’inadaptation des infrastructures. Monter un escalier pour atteindre une salle de consultation ou accéder à une table d’examen trop haute devient un obstacle majeur, voire dissuasif.

Résultat : certaines femmes retardent, voire abandonnent le suivi médical pendant la grossesse, au risque de complications graves, a conclu la présidente du Comité national des femmes handicapées du Sénégal, Mme Isseu Gaye Darry. Autant de barrières qui limitent l’accès aux services de santé pour une couche de la population déjà vulnérable.

Face à cette réalité, Mme Darry a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre l’État, les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les partenaires techniques et financiers. « Aucune réforme ne sera efficace sans une volonté collective et un engagement durable », a-t-elle conclu.

Assemblée nationale : une commission ad hoc en vue de la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom

Dans un communiqué officiel rendu public ce vendredi 6 février 2026, l’Assemblée nationale a annoncé la convocation des députés en séance plénière le lundi 9 février 2026 à partir de 10 heures. Cette rencontre parlementaire s’inscrit dans un contexte judiciaire et politique sensible, marqué par la situation du député Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom.

Selon le document, l’unique point inscrit à l’ordre du jour concerne la ratification de la liste des membres de la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du député-maire des Agnams. Cette étape constitue une procédure incontournable prévue par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale lorsqu’un parlementaire est visé par une action judiciaire nécessitant la levée de sa protection parlementaire.

Farba Ngom est actuellement placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025. Il est incarcéré dans le cadre d’une enquête menée par le Pool judiciaire financier, une juridiction spécialisée dans la lutte contre la délinquance économique et financière. Le député est poursuivi pour de lourds chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux.

La mise en place de cette commission ad hoc marque une nouvelle phase dans cette affaire très suivie par l’opinion publique. Sa mission sera d’examiner, en toute impartialité, la requête transmise par les autorités judiciaires avant de formuler un rapport qui sera soumis à l’appréciation de la plénière. C’est au terme de cette procédure que l’Assemblée nationale décidera, ou non, de lever l’immunité parlementaire de Farba Ngom, ouvrant ainsi la voie à la poursuite normale de la procédure judiciaire.

Affaire Ousseynou Ndiaye : le journaliste Falil Gadio placé en garde à vue et poursuivi pour complicité

L’affaire liée à l’arrestation du marchand ambulant Ousseynou Ndiaye connaît de nouveaux développements judiciaires. Après l’interpellation de ce dernier pour des propos jugés dangereux et incitatifs à la violence, son intervieweur, le journaliste Falil Gadio de la chaîne Sénégal 7, a été placé en garde à vue ce vendredi à la brigade de recherches de Faidherbe, relevant de la compagnie de gendarmerie de Dakar.

Selon des informations rapportées par Seneweb, Falil Gadio a été auditionné par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête ouverte suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Lors de son interrogatoire, le journaliste a reconnu sans détour les faits qui lui sont reprochés. Il a admis avoir enregistré l’entretien avec Ousseynou Ndiaye et l’avoir publié avant de décider de le supprimer ultérieurement. Face aux gendarmes, il a exprimé ses regrets et présenté ses excuses, invoquant une erreur d’appréciation.

Malgré ce mea culpa, la justice a décidé de poursuivre Falil Gadio pour complicité, sur instruction directe du procureur de la République. Cette décision s’explique par le rôle qu’aurait joué la diffusion de la vidéo dans la propagation de messages appelant à des actes répréhensibles, notamment des agressions visant des jeunes. À ce stade de la procédure, le journaliste pourrait être déféré devant le parquet dès lundi prochain, sauf changement dans le calendrier judiciaire.

De son côté, l’auteur des propos controversés, Ousseynou Ndiaye, a été présenté ce vendredi matin au parquet. Il fait face à de lourdes accusations, notamment pour incitation à un crime et à un délit, ainsi que pour provocation à la commission d’un crime et d’un délit. Ses déclarations, largement relayées avant leur suppression, ont suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique et relancé le débat sur la responsabilité des acteurs médiatiques dans le traitement et la diffusion de contenus sensibles.

Supporters sénégalais détenus au Maroc : la CNDH du Sénégal et le Conseil marocain des droits de l’homme s’accordent sur un suivi conjoint

La Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal (CNDH) et le Conseil national des droits de l’homme du Maroc ont décidé de renforcer leur coopération afin d’assurer un suivi régulier de la situation des supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Cet engagement commun a été scellé à l’issue d’un entretien entre la présidente de la CNDH du Sénégal, la professeure Amsatou Sow Sidibé, et son homologue marocaine, Amina Bouayach.

La rencontre s’est tenue le mardi 3 février 2026, en marge de l’Assemblée générale et de la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH), organisée à Yaoundé, au Cameroun, du 4 au 6 février 2026. Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), ce tête-à-tête a permis aux deux responsables d’aborder en profondeur le cas des supporters sénégalais arrêtés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, disputée à Rabat.

Conscientes de la sensibilité du dossier et de son impact à la fois humain et diplomatique, les deux présidentes ont procédé à des échanges d’informations approfondis et ont réfléchi à des stratégies communes. L’objectif affiché est double : veiller au respect des droits fondamentaux des personnes détenues tout en contribuant à la préservation des relations fraternelles et historiques entre le Sénégal et le Maroc.

Pour la professeure Amsatou Sow Sidibé, cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique de coopération existant entre les deux institutions nationales de défense des droits humains. Elle a souligné que la CNDH du Sénégal agit dans le cadre de ses missions de protection et de promotion des droits de l’homme, en privilégiant le dialogue institutionnel et la concertation avec ses partenaires marocains.

De son côté, le Conseil national des droits de l’homme du Maroc a réaffirmé sa disponibilité à collaborer étroitement avec la partie sénégalaise afin de garantir un suivi transparent et conforme aux standards internationaux des droits humains. Cette collaboration vise notamment à assurer une attention particulière aux conditions de détention et au respect des procédures judiciaires en cours.

Monsieur Seydi Gassama

J’ai pris connaissance de votre récente publication interpellant le Président de la République au sujet d’une éventuelle candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Comme beaucoup de Sénégalais, j’ai été frappé par le ton comminatoire et l’usage d’arguments moraux fallacieux présentés comme des vérités d’Evangile, alors qu’ils reposent sur une lecture sélective et malhonnêtement orientée de notre histoire récente.

Personne, dans ce pays, ne conteste la douleur des familles endeuillées ni l’exigence légitime de justice pour toutes les victimes. Mais ériger ces tragédies en instrument d’intimidation politique, en conditionnant la conduite diplomatique de l’État à une injonction militante, pose un problème de méthode et d’équité. La mémoire des disparus mérite la dignité, pas son instrumentalisation.

Ce qui interroge davantage encore, c’est le silence persistant que vous avez souvent observé face à d’autres types de violence qui ont pourtant profondément marqué la Nation. Beaucoup de Sénégalais n’ont pas souvenir de vous avoir dénoncé avec la même vigueur les exactions commises dans le Sud du pays par la rébellion du MFDC, ni la mort de nos vaillans soldats, ni les drames humains et les souffrances silencieuses qu’elle a engendrés durant des décennies. Cette retenue contraste fortement avec la sévérité dont vous faites preuve lorsqu’il s’agit de mettre en cause Macky Sall ou l’ancien régime et dirigeants. Pourquoi? Soutenez-vous les indépendantistes ?

De la même manière, vous n’avez jamais condamné avec clarté les appels à l’insurrection, au coups d’État – traîner le Président de la République dans la rue comme ce fut le cas de Samuel Doe – les crimes occasionnés, les violences urbaines, les destructions de biens publics et privés ou les attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont jalonné les épisodes des affaires Sweet Beauty et Mame Mbaye Niang. Là encore, des vies ont été perdues, des familles ont été brisées, et la République a été mise à rude épreuve. La compassion et l’exigence de vérité ne peuvent être à géométrie variable mon cher moralisateur.

Votre posture suscite aussi des interrogations sur d’autres terrains. Vous êtes perçu, à tort ou à raison, comme un relais constant et zélé de causes et d’agendas sociétaux portés par des organisations internationales, notamment sur des questions liées aux droits des minorités que rejettent nos compatriotes. Or, chacun sait que ces sujets, dans notre pays, se heurtent à des convictions culturelles, religieuses et sociales profondément enracinées. Le Sénégal est une société de valeurs, attachée à ses repères et à ses traditions, et toute évolution sur ces questions ne peut se faire que dans le respect de sa souveraineté culturelle et du rythme de son propre projet de société.

Il ne s’agit pas ici de nier la dignité de quiconque, ni de contester le principe universel des droits humains, mais de rappeler que leur promotion ne peut se faire contre le socle moral et culturel d’un peuple, au risque de nourrir des incompréhensions et des fractures supplémentaires. Sur ce terrain aussi, votre engagement apparaît souvent plus affirmé pour des intérêts pécuniaires que la défense de causes strictement nationales.

Cher Seydi vos attitudes contrastées, sur ces questions d’intérêt national entament profondément votre crédibilité.

Sur le fond, votre interpellation du Chef de l’État repose également sur une confusion institutionnelle. Nul ne se présente à titre personnel au poste de Secrétaire général des Nations unies. Ce sont des États-parties qui portent des candidatures, et celles-ci ne prospèrent qu’à la faveur d’équilibres diplomatiques complexes, scellés notamment par l’adhésion des membres du Conseil de sécurité qui disposent du droit de véto. Ni votre mise en garde, ni même l’absence de soutien officiel du Sénégal, ne sauraient à elles seules empêcher ou déterminer l’issue d’un tel processus. Seule compte la volonté des cinq majeurs sont Macron et Trump.

En présentant cette question comme un test moral, vous simplifiez à l’extrême un enjeu diplomatique qui relève d’abord de l’intérêt supérieur de la Nation. Gouverner, ce n’est pas céder à l’émotion ni aux pressions militantes ; c’est décider avec responsabilité, dans la sérénité et la hauteur que requiert la conduite de l’État. Et le Président Bassirou Diomaye Faye a appris très vite que les désirs de Pastef et de ses suppôts ne gouvernent pas le Monde.

Je vous écris en patriote – sincère et engagé – et en républicain, attaché à la stabilité du Sénégal et au respect de ses institutions. La défense des droits humains exige une démarche planifiée et parole cohérente, courageuse face à toutes les violences, d’où qu’elles viennent : celles de l’État comme celles des groupes armés, celles des foules comme celles des acteurs politiques qui ont prouvé leur aversion pour la stabilité du Sénégal. À défaut, elle donne le sentiment d’un engagement sélectif, dicté davantage par des préférences idéologiques et communautaristes que par une exigence universelle de justice.

La mémoire des morts ne doit pas servir de levier de pression politique. Elle doit être un appel à la vérité, à la responsabilité collective et à la réconciliation. Et pour cela, vos compatriotes attendent plutôt que vous exigez au Président de la République et à son Premier ministre, l’abrogation pure et simple de la loi portant amnistie sans laquelle ils seraient toujours entre les mains de cette Justice au nom de laquelle vous semblez vous agiter Le Sénégal a besoin de voix qui rassemblent, pas de discours qui accentuent les lignes de fracture.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression d’une franchise républicaine que je crois encore nécessaire au débat public.

Babacar Gaye
Ancien Ministre d’État
Ancien député
Leader de Mankoo Mucc

Walid Regragui sur le départ : un séisme secoue le football marocain

C’est une information qui fait l’effet d’un véritable coup de tonnerre dans le paysage footballistique africain. Quelques semaines seulement après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et à quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, Walid Regragui ne serait plus le sélectionneur des Lions de l’Atlas. Selon des révélations de Foot Mercato, le technicien marocain aurait présenté sa démission.

La CAN 2025, organisée sur le sol marocain, continue manifestement de laisser des traces. Battu en finale par le Sénégal, le Maroc nourrissait pourtant de grandes ambitions, portées par un effectif talentueux et l’expérience d’un entraîneur auréolé de son parcours historique lors du Mondial 2022 au Qatar. Mais l’échec dans ce rendez-vous continental majeur semble avoir fragilisé la position de Walid Regragui.

Âgé de 50 ans, le sélectionneur aurait ainsi pris l’initiative de déposer sa démission, une décision qui, si elle se confirme, marquerait la fin d’un cycle entamé avec beaucoup d’espoirs et de promesses. Toutefois, rien n’est encore définitivement acté. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) n’a pas encore tranché et doit se prononcer sur l’acceptation ou non de cette démission.

En cas de refus de la part de l’instance fédérale, Walid Regragui serait tenu de respecter son contrat et de poursuivre sa mission à la tête des Lions de l’Atlas, notamment en les conduisant à la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. La FRMF sait également que le vestiaire reste globalement soudé derrière son entraîneur, un facteur non négligeable dans sa réflexion.

À l’inverse, si la démission venait à être acceptée, la fédération marocaine serait contrainte d’agir rapidement pour désigner un nouveau sélectionneur, à un moment charnière de la préparation du Mondial. Le temps presse et toute instabilité pourrait peser lourd dans la course aux objectifs fixés.

Fermeture des restaurants universitaires de l’UCAD : Abdou Mbow dénonce une décision « injuste et inhumaine »

La décision de l’État de fermer les restaurants universitaires de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continue de provoquer une onde de choc sur la scène politique et sociale. Alors que la tension reste vive dans le milieu universitaire, le député Abdou Mbow est sorti de sa réserve pour condamner fermement une mesure qu’il juge « injuste, illégale et profondément inhumaine », estimant qu’elle fragilise davantage une population estudiantine déjà éprouvée par la précarité.

Dans une déclaration rendue publique, le parlementaire s’est indigné du contexte dans lequel intervient cette fermeture. Selon lui, après les retards et refus observés dans le paiement des bourses, l’État franchit un nouveau palier en privant les étudiants de leur principal moyen d’accès à une alimentation quotidienne. Abdou Mbow considère que cette décision équivaut à une sanction collective infligée à des milliers d’apprenants, dont beaucoup dépendent exclusivement des restaurants universitaires pour se nourrir à moindre coût.

Pour le député, la fermeture des restaurants universitaires constitue une atteinte grave aux droits sociaux fondamentaux des étudiants. Il dénonce une politique qu’il qualifie d’irresponsable et totalement déconnectée des réalités du campus universitaire. Dans un environnement marqué par des difficultés financières, des conditions de logement souvent précaires et une pression académique constante, empêcher les étudiants de se restaurer correctement revient, selon lui, à compromettre non seulement leur santé physique, mais aussi leur dignité et leurs chances de réussite universitaire.

Abdou Mbow avertit également sur les conséquences à moyen et long terme d’une telle mesure. Il estime que la privation d’un service social aussi essentiel risque d’exacerber les tensions déjà perceptibles au sein de l’UCAD, d’alimenter la colère des étudiants et de fragiliser davantage la stabilité du climat universitaire. À ses yeux, l’État devrait plutôt privilégier le dialogue et la recherche de solutions durables, au lieu d’opter pour des décisions qu’il juge punitives et contre-productives.

Mondial 2026 : le Sénégal affine sa préparation avec des amicaux de prestige avant l’entrée en lice

À un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le Sénégal entre dans la dernière ligne droite de sa préparation. Les Lions de la Teranga peaufinent leur programme avec une série de matchs amicaux de haut niveau, destinés à affiner les réglages tactiques et à renforcer les automatismes avant le grand rendez-vous mondial.

Selon les informations d’Afrik-Foot, la Fédération sénégalaise de football a trouvé un accord de principe avec son homologue saoudienne pour l’organisation d’un match amical entre le Sénégal et l’Arabie saoudite aux États-Unis. La date exacte reste à finaliser, mais la rencontre devrait se tenir entre le 5 et le 9 juin, soit quelques jours avant le début de la compétition. Il ne resterait plus que des détails logistiques à régler pour officialiser cette affiche.

Ce duel s’inscrira dans un programme de préparation déjà bien avancé. Les Lions disputeront en effet un premier match amical le 31 mai contre les États-Unis à Charlotte. Quelques jours plus tard, ils affronteront donc l’Arabie saoudite, dans une opposition qui servira de répétition générale avant le Mondial. Ces rencontres permettront au staff technique de tester différentes combinaisons, aussi bien sur le plan offensif que défensif, et d’évaluer l’état de forme du groupe à l’approche de la compétition.

Le Sénégal entamera la Coupe du monde le 16 juin par un choc très attendu face à la France, à East Rutherford dans le New Jersey, pour le compte du Groupe I. Les Lions poursuivront leur parcours le 22 juin contre la Norvège, avant de conclure la phase de groupes face à une équipe issue des barrages intercontinentaux prévus en mars prochain, à savoir l’Irak, la Bolivie ou le Suriname. Un calendrier relevé qui impose une préparation rigoureuse et sans approximation.

L’Arabie saoudite, futur adversaire en amical, représente un test intéressant. Déjà qualifiée pour le Mondial, la sélection saoudienne évoluera dans le Groupe B, où elle sera opposée au Cap-Vert, à l’Espagne et à l’Uruguay. Affronter une équipe également engagée dans la compétition permettra au Sénégal de se mesurer à un adversaire au niveau d’intensité comparable, dans un contexte proche de celui du Mondial.

Cette rencontre aura également une saveur particulière en raison de la présence sur le banc saoudien d’Hervé Renard. Âgé de 57 ans, le technicien français est une figure bien connue du football africain. Double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, il a aussi dirigé l’Angola, le Maroc et l’USM Alger. Très attaché au Sénégal, pays de son épouse où il possède une résidence, Hervé Renard est souvent cité par les supporters et observateurs comme un potentiel futur sélectionneur des Lions, ce qui ne manquera pas d’alimenter l’intérêt autour de cette confrontation.

Sur le plan historique, les confrontations amicales entre le Sénégal et l’Arabie saoudite ont souvent tourné à l’avantage des Saoudiens, mais elles ont été globalement équilibrées. La dernière rencontre entre les deux sélections remonte au 14 mai 2002 à Riyad, à deux semaines de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Les Saoudiens s’étaient alors imposés 3-2, malgré des réalisations sénégalaises signées Souleymane Camara et El Hadji Diouf sur penalty. En 1998 déjà, l’Arabie saoudite avait dominé le Sénégal sur le même score, lors d’un match amical disputé à Riyad avec des joueurs locaux.

Avant même ce duel face aux Saoudiens, les Lions croiseront l’Équateur le 31 mai à New York. Cette rencontre offrira une nouvelle opportunité de tester l’organisation défensive et d’affronter un style de jeu différent, contribuant ainsi à une préparation complète et variée.

Oumar Sow accuse Seydi Gassama et d’autres figures publiques de semer la division nationale

L’ancien collaborateur de l’ex-président de la République Macky Sall, Oumar Sow, est monté au créneau ce vendredi pour dénoncer avec virulence les prises de position de plusieurs figures de la société civile et du monde médiatique, qu’il accuse de fragiliser la cohésion nationale. Dans une déclaration au ton ferme, il a directement mis en cause Seydi Gassama, Guy Marius Sagna, Babacar Touré Mandjou et Pape Sané Walf, à la suite des débats suscités par un éventuel soutien du Sénégal à la candidature de l’ancien chef de l’État à un poste aux Nations unies.

Selon Oumar Sow, les réactions et discours de ces personnalités relèvent moins d’une quête de justice ou de vérité que d’une volonté délibérée d’entretenir la rancune et de raviver les fractures au sein de la société sénégalaise. Il estime que leur posture publique contribue à opposer les citoyens les uns aux autres, dans un contexte politique et social qui exige, au contraire, retenue et responsabilité.

Dans sa charge, l’ancien collaborateur de Macky Sall déplore ce qu’il considère comme une instrumentalisation de l’histoire récente du pays à des fins politiques et idéologiques. À ses yeux, l’évocation sélective de certains épisodes et la mise en avant de ressentiments non apaisés participent à créer un climat de suspicion et de confrontation. « Votre discours n’est pas celui de la justice, mais celui de la rancune. Votre combat n’est pas celui de la nation, mais celui de la fracture », a-t-il lancé à l’endroit de ses détracteurs, les accusant de s’éloigner de l’intérêt général.

Oumar Sow met particulièrement en garde contre les conséquences de tels discours sur la stabilité du pays. Il considère que l’excitation des passions et la polarisation du débat public constituent une menace réelle pour la paix civile et l’unité nationale, valeurs qu’il juge fondamentales pour le Sénégal. Pour lui, la question d’un éventuel soutien diplomatique à une candidature internationale ne devrait pas servir de prétexte à des règlements de comptes ou à une remise en cause permanente de la cohésion sociale.

Éligibilité d’Ousmane Sonko : le professeur Mouhamadou Mounirou Sy tranche le débat

Le débat sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko à une prochaine élection présidentielle « n’a pas lieu d’être » au regard du droit, selon le professeur Mouhamadou Mounirou Sy. Invité de l’émission L’invité de MNF sur la 7TV, le constitutionnaliste et enseignant-chercheur a livré une analyse juridique sans équivoque, affirmant que l’actuel Premier ministre peut légalement être candidat à la présidentielle à venir, y compris celle de 2029.

Pour étayer sa position, le professeur Sy rappelle que le leader de Pastef a recouvré l’intégralité de ses droits politiques. Les infractions pour lesquelles Ousmane Sonko avait été poursuivi ont, selon lui, été prises en charge par la loi d’amnistie, ce qui a pour effet d’effacer les conséquences juridiques susceptibles de faire obstacle à son éligibilité. « Sur le fichier électoral, sur la liste des électeurs, il y a le nom d’Ousmane Sonko. S’il y a élection demain, il peut bien être candidat », a-t-il souligné, insistant sur un élément central du droit électoral : l’inscription sur les listes électorales comme condition déterminante de l’éligibilité.

Au-delà de l’analyse strictement juridique, le constitutionnaliste a tenu à préciser que sa position ne relève ni d’un soutien politique ni d’une adhésion aux orientations du Premier ministre. « Je suis contre Ousmane Sonko, contre ses manières, contre ses propos. Mais, dans le cadre du droit, il est éligible », a-t-il déclaré, marquant ainsi une distinction nette entre appréciation personnelle et raisonnement juridique. Pour lui, le droit ne saurait être instrumentalisé pour écarter un adversaire politique.

Dans ce sens, le professeur Mouhamadou Mounirou Sy a critiqué les discours et stratégies visant à contester l’éligibilité d’Ousmane Sonko sur des bases juridiques qu’il juge infondées. Il estime que si des opposants redoutent la popularité ou le poids politique du leader de Pastef, ils devraient l’assumer clairement. « S’ils veulent éliminer Sonko, ils n’ont qu’à le faire par la voie des urnes. Qu’ils l’attaquent et le battent sur le terrain politique », a-t-il martelé, appelant à un affrontement démocratique loyal plutôt qu’à des manœuvres d’exclusion.

S’agissant plus spécifiquement de la présidentielle de 2029, le constitutionnaliste se veut catégorique : aucune procédure supplémentaire ne serait nécessaire pour permettre à Ousmane Sonko de présenter sa candidature. À ses yeux, les conditions légales sont déjà réunies et toute tentative de remise en cause relèverait davantage du débat politique que du droit constitutionnel.

Grève de la faim des supporters sénégalais détenus au Maroc après la finale de la CAN

Détenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dix-huit supporters sénégalais ont décidé d’entamer une grève de la faim pour dénoncer le nouveau report de leur procès. Cette décision radicale intervient après l’annonce du renvoi de l’audience au 12 février par les autorités judiciaires marocaines, un ajournement de plus qui a provoqué une vive colère et une profonde incompréhension chez les mis en cause.

Selon des informations recueillies auprès de leur défense, les supporters estiment être victimes d’une procédure excessivement longue et d’un traitement qu’ils jugent injuste. Dans une lettre adressée à leur avocat, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de reports répétitifs sans explications claires, lesquels prolongent leur détention et aggravent leur situation morale et matérielle. Ils affirment ne plus comprendre les motivations de la justice marocaine et craignent que ces délais ne portent atteinte à leurs droits fondamentaux.

La grève de la faim apparaît ainsi comme un moyen de pression et un cri d’alarme. À travers cette action, les détenus cherchent à attirer l’attention des autorités judiciaires, de l’opinion publique ainsi que des autorités sénégalaises sur leur sort. Ils réclament un traitement judiciaire équitable, conforme aux principes du droit, et surtout une procédure diligente leur permettant d’être rapidement fixés sur leur sort.

Cette situation suscite également des inquiétudes quant à l’état de santé des supporters concernés, alors que leur détention se prolonge dans un contexte déjà tendu. Des proches et des soutiens appellent à une implication plus active des autorités diplomatiques afin de favoriser une issue rapide et apaisée à cette affaire, dans le respect des droits des personnes mises en cause.

Tournée économique : à Kidira, le Président Diomaye Faye inspecte un chantier stratégique pour le désenclavement et l’emploi

En début de matinée, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a poursuivi sa tournée économique par une visite à Kidira, marquant la deuxième journée de ce déplacement axé sur les infrastructures et le développement territorial. Le Chef de l’État s’est rendu sur le chantier de la route Kidira–Bakel, une infrastructure majeure du corridor Tambacounda–Kidira–Bakel, appelée à jouer un rôle déterminant dans la dynamique économique de l’Est du pays.

Ce projet structurant s’inscrit dans le vaste programme de réhabilitation des routes nationales 1 et 2, qui couvre un linéaire total de 250 kilomètres. Le tronçon Kidira–Bakel, long de 65 kilomètres, constitue l’un des segments clés de cet ensemble, tant par son importance stratégique que par son impact attendu sur la mobilité des personnes et des biens. L’investissement global dépasse 116 milliards de francs CFA et vise à améliorer durablement la sécurité routière, la fluidité du trafic et l’accès des populations aux services sociaux et économiques.

Au-delà de la réalisation de la chaussée, le projet adopte une approche intégrée du développement territorial. Il prévoit la mise en place de pistes rurales destinées à désenclaver les zones de production, facilitant ainsi l’écoulement des produits agricoles et pastoraux vers les marchés. Des voiries urbaines sont également programmées à Kidira et à Bakel afin d’améliorer la circulation intra-urbaine et de renforcer l’attractivité de ces centres. À cela s’ajoutent des ouvrages de drainage pour lutter contre les inondations, des dispositifs de signalisation moderne, des parkings pour gros porteurs et l’éclairage public dans plusieurs localités traversées.

Le volet social du projet occupe une place centrale. La construction d’infrastructures de base, notamment des cases et postes de santé, des maternités, des écoles, des forages et des équipements communautaires, traduit la volonté des autorités de faire de la route un véritable catalyseur de progrès social. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines tout en réduisant les inégalités d’accès aux services essentiels.

Sur le plan de l’emploi, les retombées sont déjà perceptibles. Le chantier a permis la création de 1 373 emplois, dont 62 % occupés par des travailleurs locaux. Ces chiffres illustrent de manière concrète le lien étroit entre investissements publics, insertion professionnelle et développement économique à l’échelle locale.

En se rendant à Kidira dès les premières heures de la matinée, le Président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé une orientation politique claire, faisant du désenclavement un levier de souveraineté, d’équité territoriale et de création d’emplois. Cette démarche s’inscrit en droite ligne avec l’engagement présidentiel de faire de l’année 2026 l’Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire, ainsi qu’avec la vision de long terme portée par le référentiel Sénégal 2050.

Mbour : une agression au couteau entre coépouses secoue le quartier Keur Mame Mbaye

Une affaire de violence conjugale d’une rare gravité a récemment frappé le quartier Keur Mame Mbaye à Mbour, où une seconde épouse, identifiée comme M. Fall, a asséné deux coups de couteau à sa coépouse, S. Guèye, provoquant son hospitalisation en urgence. Le procès de la prévenue s’est tenu ce jeudi au tribunal de grande instance de Mbour, le verdict étant prévu pour le 19 février 2026.

Mariée en juin 2025 en tant que seconde épouse, M. Fall est accusée d’avoir attaqué S. Guèye lors d’un conflit conjugal survenu en décembre 2025, aux environs de 11 heures du matin. Selon le rapport des enquêteurs, la victime était en train de préparer le repas de midi dans la cuisine lorsqu’elle a été soudainement agressée par derrière. Devant le tribunal, la prévenue, en larmes, a déclaré : « Je ne voulais pas la tuer, je voulais juste me protéger ». Les témoignages recueillis indiquent que le premier coup de couteau a atteint le dos de la victime. Alors qu’elle tentait de fuir, S. Guèye a été frappée une seconde fois à l’abdomen, s’effondrant gravement blessée.

Transportée en urgence à l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour, S. Guèye a été admise aux soins intensifs. Quant à M. Fall, consciente de la gravité de son geste, elle s’est réfugiée chez ses parents. Les premières tentatives de règlement à l’amiable des familles des deux épouses ont ralenti l’enquête et retardé la production d’un certificat médical détaillant l’état de la victime. Cependant, la plainte a été maintenue, et M. Fall a été arrêtée et placée sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction de Mbour.

L’audience a été marquée par un face-à-face tendu entre les deux femmes. Interrogée par le juge, M. Fall a expliqué son geste comme un acte de légitime défense : « Je lui ai donné ces coups parce que je me sentais menacée. Ce jour-là, elle est entrée dans ma chambre avec un couteau et je n’ai fait que me défendre ». Elle a également évoqué les tensions constantes dans le foyer depuis son arrivée : « Il y avait toujours des disputes, mais ce jour-là, j’ai paniqué et j’ai agi sans réfléchir ».

De son côté, S. Guèye a rejeté ces arguments, décrivant une longue série de provocations et de harcèlements de la part de sa coépouse : « Depuis qu’elle est arrivée, elle multiplie les humiliations et les conflits. Mon mari prend toujours son parti, ce qui l’a encouragée à devenir violente ». La première épouse a souligné que l’intervention d’un tiers n’aurait pas été suffisante pour prévenir l’agression, dénonçant un climat de tension permanent dans le foyer.

Le procureur de la République a rappelé la gravité de l’acte et sa dimension potentiellement préméditée. « La violence conjugale est un crime qui ne peut rester impuni. La brutalité de cette agression, le fait qu’elle ait été portée à deux reprises et que la victime ait failli perdre la vie, justifient une sanction exemplaire », a-t-il déclaré devant le tribunal. Le juge a finalement fixé le délibéré au 19 février 2026, laissant l’opinion publique dans l’attente d’une décision sur cette affaire qui a profondément choqué la communauté de Mbour.

Fin de cavale pour un « multiplicateur de billets » sur TikTok : un vaste réseau d’escroquerie démantelé à Guédiawaye

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Guédiawaye a mis un terme aux agissements d’un individu devenu tristement célèbre sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, où il se présentait comme un « multiplicateur de billets » capable de transformer de modestes sommes en fortunes colossales. L’homme est poursuivi pour association de malfaiteurs, charlatanisme, vol en réunion avec violence et usage d’armes, à la fois blanches et à feu.

Tout commence en 2024, sur la plateforme TikTok. À travers des vidéos soigneusement mises en scène, le suspect exhibait des liasses de billets de banque et promettait des richesses quasi miraculeuses à ceux qui accepteraient de suivre ses « rituels mystiques ». Séduit par ces démonstrations ostentatoires, un couple décide de le contacter. Une première « consultation », payée par transfert mobile, sert de prélude à une proposition beaucoup plus alléchante : transformer la somme de 4,1 millions de francs CFA en 575 millions de francs CFA en quelques heures seulement.

Convaincus, les deux victimes sont invitées à se rendre à Kaolack pour finaliser l’opération. Ce qui devait être une simple rencontre prend rapidement l’allure d’un périple inquiétant. Après un premier arrêt à la station EDK, le couple est conduit vers Sibassor, avant d’être transporté en calèche jusque dans une zone reculée, en pleine brousse. C’est là que la situation bascule.

Sur les lieux, le guide qui accompagnait le couple disparaît soudainement. Presque aussitôt, un individu surgit, armé d’une machette, tandis que le présumé escroc apparaît à son tour, brandissant une arme à feu. Des valises contenant des billets, éparpillées au sol, servent à renforcer l’illusion d’un rituel en cours. Le suspect exige alors une nouvelle somme de trois millions de francs CFA, présentée comme une « offrande indispensable » destinée à l’achat de parfums mystiques censés « libérer » l’argent. Face au refus catégorique du plaignant, l’homme et ses complices disparaissent, emportant avec eux les 4,1 millions de francs CFA déjà remis.

Après les faits, le mis en cause prend la fuite et se réfugie en Gambie. Un signalement est alors diffusé via Interpol, permettant aux services de sécurité de suivre sa trace. Il sera finalement localisé à Pikine, avant d’être interpellé à Guédiawaye par les éléments de la Sûreté urbaine.

Lors de son interrogatoire, le suspect est passé aux aveux. Il a notamment tenté de justifier la détention de son arme à feu sans autorisation en affirmant qu’il cherchait à « tester l’efficacité de ses gris-gris ». Des explications qui n’ont pas convaincu les enquêteurs.

Journées sans ticket : le COUD ferme tous ses restaurants universitaires jusqu’à nouvel ordre

Face à la persistance du mouvement de contestation des étudiants des universités publiques du Sénégal, marqué par la multiplication des Journées sans ticket (JST), le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a décidé de durcir le ton. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, la direction de l’institution a annoncé la fermeture immédiate de l’ensemble de ses restaurants universitaires, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision radicale intervient dans un climat de tensions croissantes entre les étudiants et les autorités universitaires, sur fond de revendications liées notamment aux conditions de restauration et à la gestion des tickets. Selon le COUD, les actions menées dans le cadre des JST ont pris une tournure préoccupante, allant bien au-delà de la simple protestation pacifique.

Dans son communiqué signé par le directeur du COUD, le Dr Ndéné Mbodji, l’institution rappelle d’abord les « importants efforts humains, matériels et financiers » consentis ces derniers mois pour améliorer durablement la qualité des services de restauration offerts aux étudiants. Ces investissements, souligne la direction, visaient à répondre aux attentes des pensionnaires et à renforcer la viabilité du système de restauration universitaire.

Toutefois, le COUD estime que ces efforts sont aujourd’hui sérieusement menacés. La direction déplore des actes répétés imputés à certains étudiants, qualifiés sans détour « d’actes de sabotage ». Le communiqué parle d’agissements « inqualifiables et insoutenables », pointant du doigt des perturbations graves dans le fonctionnement normal des restaurants universitaires, des dégradations d’infrastructures ainsi qu’un impact financier jugé lourd pour l’institution.

Face à ce que le COUD qualifie de « forfaiture », le ton employé se veut désormais ferme. La direction affirme agir conformément aux instructions reçues du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. À ce titre, elle précise qu’« aucune Journée sans ticket ne sera tolérée », marquant ainsi une ligne rouge claire face à la poursuite du mouvement.

En attendant une éventuelle sortie de crise, la fermeture des restaurants universitaires risque d’affecter des milliers d’étudiants, pour qui la restauration subventionnée constitue un pilier essentiel du quotidien universitaire. Consciente de la gravité de la situation, la direction du COUD conclut son communiqué par un appel à la responsabilité collective, invitant l’ensemble de la communauté universitaire à faire preuve de retenue et de sens civique afin de préserver les acquis et favoriser un retour rapide à la normale.

Kolda : trois individus arrêtés pour escroquerie, association de malfaiteurs et exploitation illégale d’un établissement recevant du public

Le Commissariat de Kolda a procédé à l’interpellation de trois individus présumés impliqués dans une vaste affaire d’association de malfaiteurs, d’escroquerie et d’exploitation illégale d’un établissement recevant du public, selon des informations obtenues de source sécuritaire.

Cette opération fait suite à une plainte déposée le 31 janvier 2026 par une victime déclarant avoir été escroquée d’un montant de dix millions (10 000 000) de francs CFA. D’après les éléments de l’enquête, le principal mis en cause se serait présenté comme un entrepreneur disposant de projets crédibles, parvenant ainsi à gagner la confiance de sa victime avant d’encaisser la somme convenue et de disparaître sans honorer ses engagements.

Alertés par la plainte, les éléments du Commissariat de Kolda ont immédiatement ouvert une enquête approfondie afin de retrouver l’auteur présumé des faits. Les investigations menées ont permis de localiser le suspect principal, qui a été interpellé en compagnie de deux autres individus identifiés comme étant ses complices.

Au cours de son audition, le principal suspect est passé aux aveux. Il a reconnu les faits d’escroquerie, admettant avoir détourné les fonds perçus pour des usages strictement personnels. L’exploitation technique de son téléphone portable a par ailleurs permis aux enquêteurs de mettre la main sur plusieurs éléments jugés particulièrement compromettants. Il s’agit notamment de reçus de transactions financières, de passeports sénégalais, de cartes nationales d’identité ainsi que de visas bissau-guinéens, dont l’origine et l’utilisation font l’objet de vérifications approfondies.

Concernant les deux autres personnes interpellées, celles-ci ont reconnu leur implication dans l’exploitation illégale de l’appartement qui servait de base aux activités frauduleuses du groupe. Ce lieu aurait été utilisé à la fois pour héberger les suspects et pour organiser leurs opérations, en violation des règles encadrant les établissements recevant du public.

À l’issue de leur interpellation, les trois individus ont été placés en garde à vue dans les locaux du Commissariat de Kolda. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur exacte de leurs activités, d’identifier d’éventuelles autres victimes et de mettre au jour de possibles ramifications au-delà de la région.

Amnesty International Sénégal met en garde le président Bassirou Diomaye Faye contre un éventuel soutien à Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l’ONU

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a publiquement interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur l’hypothèse d’un soutien du Sénégal à une éventuelle candidature de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette prise de position a été exprimée à travers un message publié sur le réseau social X, anciennement Twitter.

Dans son message, Seydi Gassama estime qu’un tel soutien constituerait une grave entorse au devoir de mémoire et de justice envers les victimes des violences survenues sous le régime de Macky Sall. Il évoque notamment « plus de 65 Sénégalais tués » au cours des dernières années, faisant référence aux manifestations politiques et aux tensions qui ont marqué la fin du précédent pouvoir. Le responsable d’Amnesty International Sénégal cite également « les quatre personnes tuées à la suite de la décision de reporter l’élection présidentielle de février 2024 », un épisode qui avait profondément choqué l’opinion publique nationale et internationale.

S’adressant directement au chef de l’État, Seydi Gassama souligne que l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême est indissociable des sacrifices consentis par de nombreux jeunes Sénégalais. « Sans le sacrifice de ces jeunes Sénégalais, dont les familles attendent toujours que justice soit rendue, vous ne seriez jamais devenu président de la République », a-t-il écrit, insistant sur la responsabilité morale et politique du nouveau pouvoir à l’égard des victimes et de leurs proches.

Au-delà du cadre strictement national, le défenseur des droits humains a également interpellé les États membres de l’Union africaine. Il a rappelé que l’Organisation des Nations unies repose sur trois piliers fondamentaux que sont la paix et la sécurité, le développement, ainsi que les droits humains. Selon lui, toute candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU devrait être évaluée à l’aune de ces principes, en particulier du respect et de la promotion des droits humains.

UGB de Saint-Louis : la CESL lance 48 heures de Journées sans ticket et pose ses conditions

La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 48 heures de « Journées sans ticket », renouvelables, à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Cette décision, annoncée dans un communiqué daté du 5 février 2026, s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les étudiants et les autorités universitaires autour de questions sociales et académiques jugées prioritaires par la communauté estudiantine.

Selon la CESL, la levée de ce mot d’ordre est strictement conditionnée à la satisfaction de plusieurs revendications. Au premier rang figure le paiement intégral des rappels dus aux ayants droit, une exigence que les étudiants considèrent comme non négociable. Ils dénoncent des retards récurrents qui fragilisent leur quotidien et compromettent la poursuite normale des études, dans un environnement déjà marqué par la cherté de la vie et les contraintes liées au logement et à la restauration universitaires.

Au-delà de la question des rappels, la Coordination insiste sur le maintien des acquis sociaux des étudiants. Elle réclame que ces acquis soient préservés en attendant une révision concertée du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études. Pour la CESL, toute réforme de ce texte doit se faire dans la concertation et la transparence, afin d’éviter des décisions unilatérales susceptibles d’aggraver la précarité étudiante.

Tout en durcissant le ton à travers cette action de protestation, la CESL affirme ne pas rompre avec la voie du dialogue. Dans son communiqué, elle réitère son attachement à la défense de la cause estudiantine et se dit disposée à poursuivre les échanges avec les autorités compétentes en vue de parvenir à une issue favorable à la crise. La Coordination appelle ainsi à des réponses rapides et concrètes, estimant que seule la satisfaction de ses revendications permettra un retour durable à la normale sur le campus de l’UGB.

Cyberattaques contre les systèmes de l’État : la DAF paralysée, Sénégal Numérique SA également touchée

Le Sénégal fait face à une alerte majeure en matière de cybersécurité. Après la confirmation officielle d’une cyberattaque d’envergure visant la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), une autre structure stratégique de l’État, Sénégal Numérique SA (SENUM SA), aurait elle aussi été la cible d’une intrusion informatique. Ces incidents successifs soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la résilience des systèmes numériques publics et à la protection des données sensibles des citoyens.

L’attaque contre la DAF, révélée dans un communiqué officiel, a eu des conséquences immédiates et visibles sur le quotidien des populations. En raison d’un dysfonctionnement majeur de son système informatique, les autorités ont été contraintes de suspendre, sur toute l’étendue du territoire national, la production des cartes nationales d’identité. Cette interruption, qualifiée de temporaire, a toutefois provoqué un ralentissement significatif des démarches administratives, affectant aussi bien les citoyens que les services publics et privés qui dépendent de ce document essentiel.

Si les premiers éléments communiqués par la DAF n’ont pas permis de déterminer avec précision l’origine ni l’ampleur exacte de l’attaque, les investigations techniques ont été immédiatement lancées afin d’évaluer les dégâts, sécuriser les infrastructures et prévenir toute fuite ou altération de données personnelles. Les autorités ont assuré que des mesures de protection renforcées étaient en cours de déploiement, tout en appelant au calme et à la patience.

Cependant, alors que l’attention restait focalisée sur la DAF, des informations concordantes font état d’une attaque informatique ayant également visé Sénégal Numérique SA, l’entreprise publique chargée de piloter et de coordonner la transformation numérique de l’État. Structure centrale dans l’architecture numérique nationale, SENUM SA joue un rôle clé dans la gestion des plateformes gouvernementales, l’hébergement de données et le déploiement des services numériques. Une atteinte à ses systèmes représente donc un risque stratégique majeur.

Même si aucune communication officielle détaillée n’a encore été rendue publique concernant l’attaque présumée contre SENUM SA, plusieurs sources évoquent des tentatives d’intrusion susceptibles d’avoir perturbé certains services ou exposé des vulnérabilités critiques. Des équipes techniques seraient actuellement mobilisées pour évaluer l’étendue de l’incident, renforcer les dispositifs de sécurité et garantir la continuité des services essentiels.

Ces cyberattaques interviennent dans un contexte de digitalisation accrue de l’administration sénégalaise, où les systèmes d’information occupent une place centrale dans la gestion des données d’état civil, de l’identité numérique et des services aux citoyens. Elles mettent en lumière la nécessité urgente de renforcer la cybersécurité nationale, tant sur le plan des infrastructures que de la gouvernance, de la formation des agents et de la coordination entre les différentes entités de l’État.

Sommet de l’UA : la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU au cœur des discussions

Le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA), prévu en février prochain à Addis-Abeba, en Éthiopie, s’annonce comme un rendez-vous diplomatique majeur pour le continent. Parmi les dossiers stratégiques inscrits à l’agenda figure l’examen de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Une perspective qui suscite déjà de nombreux commentaires au sein des cercles diplomatiques africains et internationaux.

Selon plusieurs sources diplomatiques concordantes, la candidature de Macky Sall pourrait bénéficier d’un large soutien des chefs d’État et de gouvernement africains. Cette dynamique s’expliquerait notamment par le consensus croissant autour de la nécessité de voir l’Afrique accéder, pour la première fois, à la tête de l’Organisation des Nations unies, dans un contexte mondial marqué par de profondes crises géopolitiques, sécuritaires et climatiques. Le sommet d’Addis-Abeba pourrait ainsi servir de cadre à une position commune africaine en faveur de cette ambition.

Ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, Macky Sall a occupé une place centrale sur la scène continentale et internationale durant ses mandats. Président en exercice de l’Union africaine en 2022, il s’est illustré par une diplomatie active, notamment sur les questions de paix et de sécurité, de réforme de la gouvernance mondiale et de justice climatique. Son rôle de médiateur dans plusieurs crises régionales et son plaidoyer pour une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances internationales renforcent son profil aux yeux de nombreux dirigeants africains.

Pour ses soutiens, Macky Sall incarne un leadership expérimenté, capable de dialoguer aussi bien avec les grandes puissances qu’avec les pays du Sud. Ils estiment que son parcours politique, sa connaissance des mécanismes multilatéraux et son réseau diplomatique constituent des atouts majeurs pour diriger une organisation confrontée à des défis complexes, allant des conflits armés à la réforme du Conseil de sécurité, en passant par le développement durable et la lutte contre les inégalités.

Toutefois, si le soutien africain apparaît déterminant, la course au poste de Secrétaire général de l’ONU reste fortement concurrentielle et soumise à de multiples équilibres géopolitiques. Le processus de sélection implique non seulement l’Assemblée générale des Nations unies, mais aussi l’approbation du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Dans ce contexte, l’unité africaine autour d’un candidat unique serait un signal politique fort, mais non suffisant à elle seule.

Ousmane Diagne face à l’impasse du Conseil supérieur de la magistrature

Remplacé en septembre dernier par Yassine Fall lors du remaniement ministériel, l’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Ousmane Diagne, se retrouve aujourd’hui dans une situation administrative et institutionnelle pour le moins préoccupante. Plusieurs mois après son départ du gouvernement, il n’a toujours pas réintégré la Cour suprême, alors même que les usages et principes en vigueur voudraient qu’un magistrat nommé ministre retrouve automatiquement son poste d’origine à la fin de ses fonctions gouvernementales.

Selon le quotidien Les Échos, cette situation résulte avant tout d’un blocage juridique. L’acte administratif qui avait permis l’affectation d’Ousmane Diagne au Parquet général près la Cour suprême serait devenu caduc avec le temps et les changements intervenus. En conséquence, sa réintégration ne pourrait se faire sans l’édiction d’un nouvel acte de nomination. Or, une telle décision ne relève pas du pouvoir exécutif seul, mais du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), seule instance habilitée à statuer sur la carrière et les affectations des magistrats.

Le problème majeur tient au fait que le CSM ne s’est plus réuni depuis le 26 juin dernier, alors que les textes prévoient au minimum deux sessions par an. Cette absence prolongée de réunion entretient le flou et retarde la régularisation de plusieurs situations, dont celle de l’ancien Garde des Sceaux. Aucune communication officielle n’a, jusqu’ici, permis d’expliquer clairement les raisons de cette inactivité du Conseil, alimentant interrogations et spéculations.

Dans ses colonnes, Les Échos s’interroge ainsi sur les motivations profondes de ce retard. Certains observateurs n’excluent pas que cette situation soit liée au passé ministériel d’Ousmane Diagne. L’ancien ministre aurait, lorsqu’il était en poste, refusé — avec son équipe — de donner suite à une demande sensible de révision de procès. Une décision qui, aujourd’hui, pourrait peser lourdement sur son sort, même si aucune preuve formelle ne vient étayer cette hypothèse.

Au-delà des considérations politiques ou institutionnelles, le facteur temps apparaît comme l’élément le plus critique dans ce dossier. Ousmane Diagne approche de l’âge de la retraite, et le compte à rebours est désormais lancé. S’il n’est pas rétabli à la Cour suprême avant son départ officiel, il risque de perdre le bénéfice des trois années supplémentaires de fonction auxquelles il pouvait prétendre, suite au rallongement de l’âge de la retraite accordé aux magistrats de ce rang. Une perspective lourde de conséquences, tant sur le plan professionnel que symbolique, pour un haut magistrat ayant occupé l’un des postes les plus stratégiques de l’appareil judiciaire sénégalais.

Dystonie : de retour d’Israël, Pape Natango Mbaye affiche des progrès encourageants et un espoir renouvelé

Le lauréat du Prix Gaindé de la performance, Pape Natango Mbaye, est de retour au Sénégal après un séjour médical de deux mois et demi au Sheba Medical Center, en Israël. Reçu ce matin à la résidence de l’ambassade d’Israël, le jeune élève en situation de handicap a livré un témoignage empreint d’espoir, faisant état d’avancées notables dans le traitement de la dystonie généralisée dont il souffre.

Récompensé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour son parcours inspirant, Pape Natango Mbaye s’est rendu en Israël entre novembre et janvier grâce à l’accompagnement de l’ambassade d’Israël. Sa pathologie, une dystonie généralisée affectant principalement les membres supérieurs, entrave fortement l’usage de ses mains. Malgré cela, le jeune homme s’est distingué par sa capacité à écrire avec ses pieds, symbole de résilience et de détermination.

Après une évaluation approfondie de son cas, les spécialistes du Sheba Medical Center ont opté pour un traitement médicamenteux à long terme, écartant pour l’heure l’option chirurgicale. « Les médecins m’ont expliqué qu’il est possible d’obtenir des résultats significatifs avec un traitement au long cours, sans recourir à la chirurgie », a-t-il confié devant la presse. Un choix thérapeutique mûrement réfléchi, auquel il adhère pleinement, préférant faire confiance à l’expertise médicale.

Les premiers effets du traitement sont déjà visibles. Pape Natango Mbaye évoque une amélioration sensible de sa condition, notamment en matière de mobilité et de contractions musculaires. « Il y a beaucoup d’améliorations, surtout au niveau de la mobilité et de la contraction des muscles. Ils ont réussi à alléger les douleurs », a-t-il témoigné. Si l’usage de ses mains pour écrire n’est pas encore possible, les médecins se montrent optimistes et anticipent des progrès significatifs au cours des trois prochains mois.

Au-delà des résultats cliniques, le jeune lauréat a salué la qualité du plateau technique et des conditions d’accueil au sein du système hospitalier israélien. « Les malades peuvent se loger dans l’hôpital, ce qu’on ne voit pas au Sénégal. Les médecins sont très compétents et le peuple israélien est très accueillant », a-t-il souligné, mettant en avant un environnement médical propice au rétablissement.

Tambacounda : le Président Bassirou Diomaye Faye à l’écoute des forces vives pour des réponses concrètes aux urgences territoriales

Dans la soirée du jeudi 5 février 2026, et jusque tard dans la nuit, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a consacré de longues heures d’échanges aux élus locaux et aux acteurs économiques de la région de Tambacounda. Cette rencontre, tenue dans un climat d’écoute attentive et de dialogue franc, s’inscrit dans la volonté affichée du Chef de l’État de gouverner au plus près des réalités des territoires, en associant les forces vives à la recherche de solutions durables aux difficultés du quotidien.

Tour à tour, les intervenants ont porté à l’attention du Président des préoccupations majeures touchant directement les populations. La santé, la connectivité numérique, l’emploi et l’enclavement figurent parmi les sujets les plus récurrents soulevés au cours des discussions. Autant de problématiques structurelles qui, selon les participants, freinent encore le développement économique et social de la région.

En réponse, le Chef de l’État a tenu à rassurer ses interlocuteurs en revenant sur plusieurs programmes et réalisations de l’État actuellement en cours d’exécution. Sur le plan sanitaire, Bassirou Diomaye Faye a évoqué la prise en charge du centre de santé de Bakel, tout en annonçant le lancement, avant la fin de l’année 2026, d’un vaste programme national de déploiement de 112 ambulances. Cette initiative vise à renforcer significativement les capacités d’évacuation sanitaire sur l’ensemble du territoire national, en particulier dans les zones rurales et éloignées, souvent confrontées à des urgences médicales difficiles à gérer faute de moyens adaptés.

La question de la connectivité, jugée cruciale pour l’inclusion numérique et l’attractivité économique des territoires, a également occupé une place centrale dans les échanges. Le Président de la République a rappelé que les difficultés actuelles seront progressivement résorbées grâce au déploiement de l’internet satellitaire. Cette solution technologique doit permettre de garantir un accès plus équitable au numérique, y compris dans les zones les plus enclavées, et d’ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’éducation, de services administratifs et d’opportunités économiques.

Concernant le désenclavement, Bassirou Diomaye Faye a annoncé qu’une enveloppe de 24 milliards de francs CFA, retenue dans le cadre de la renégociation du Programme spécial de désenclavement, est spécifiquement dédiée à la réalisation de linéaires de routes dans la région de Tambacounda. Il a également souligné l’importance stratégique de la réhabilitation de la gare ferroviaire de Tambacounda, infrastructure clé pour la mobilité des personnes et des biens, ainsi que pour l’intégration économique et territoriale de la région.

Les échanges ont aussi été marqués par une forte prise de parole des femmes, venues témoigner de l’impact concret des politiques publiques en faveur de l’autonomisation économique. Elles ont notamment mis en avant la Maison des femmes de Tambacounda, une structure fédérant 50 Groupements d’intérêt économique, qui a bénéficié d’un financement de 40 millions de francs CFA du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP). Les bénéficiaires ont exprimé leur reconnaissance au Chef de l’État pour cet appui, qu’elles considèrent comme un levier déterminant pour le renforcement de l’économie sociale et solidaire et l’amélioration des conditions de vie des femmes de la région.

Au terme de ces échanges prolongés, le Président de la République a réaffirmé sa détermination à répondre avec méthode, équité et constance aux préoccupations exprimées. Il a rappelé que ces actions s’inscrivent pleinement dans l’engagement de faire de l’année 2026 l’Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire, en cohérence avec la vision stratégique Sénégal 2050. Une vision qui ambitionne de bâtir un développement inclusif, équilibré et durable, fondé sur la valorisation des territoires et le potentiel de leurs populations.

Suspension temporaire de la production des cartes d’identité : la DAF dément toute fuite de données malgré les soupçons de cyberattaque

La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), rattachée au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, traverse une zone de turbulence après la survenue d’un incident informatique majeur ayant entraîné la suspension provisoire de la production des cartes nationales d’identité. L’information a été rendue publique à travers un communiqué officiel daté du 5 février 2026 et signé par son directeur, le Commissaire de Police Principal Ibrahima Dieng.

Selon le document, un dysfonctionnement technique a été constaté au sein du système informatique de la DAF, rendant impossible, pour le moment, la poursuite normale des opérations de délivrance des cartes nationales d’identité. Cette interruption de service, bien que présentée comme temporaire, intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par une vague d’informations alarmantes circulant sur les réseaux sociaux et certaines plateformes du dark web.

Depuis plusieurs jours, des allégations font état d’une cyberattaque d’une ampleur inédite visant les bases de données de l’État sénégalais. Certaines publications évoquent une exposition potentielle de données stratégiques, notamment des informations liées à l’identité des citoyens, à la biométrie et même aux fichiers électoraux, suscitant une vive inquiétude au sein de l’opinion publique.

Face à ces rumeurs persistantes, la Direction de l’Automatisation des Fichiers a tenu à apporter des clarifications et à rassurer les populations. Dans son communiqué, la DAF affirme qu’aucune atteinte à l’intégrité des données personnelles des citoyens n’a été constatée à ce stade. Les autorités assurent que les bases de données demeurent intactes et sécurisées, contrairement aux informations relayées sur certaines plateformes non officielles.

« Le Directeur rassure les populations et usagers quant à l’intégrité de leurs données personnelles, lesquelles demeurent intactes », précise le communiqué, cherchant ainsi à calmer les craintes liées à une éventuelle fuite massive de données sensibles.

Parallèlement, les services techniques compétents ont été immédiatement mobilisés afin d’identifier la cause exacte du dysfonctionnement et de rétablir le système dans les meilleurs délais. L’objectif, selon la DAF, est de permettre une reprise rapide et sécurisée des activités, notamment la production et la délivrance des cartes nationales d’identité, essentielles pour de nombreuses démarches administratives.

Consciente toutefois de la gravité des soupçons évoqués dans l’espace public, la Direction de l’Automatisation des Fichiers a annoncé l’ouverture d’une enquête. Celle-ci devra permettre de déterminer l’origine précise de l’incident, d’évaluer l’ampleur réelle d’une éventuelle cyberattaque et d’identifier d’éventuelles failles dans le système d’information de l’institution.

Tambacounda : le Président pose les jalons d’un vaste réseau ferroviaire moderne

En tournée économique dans le Sénégal oriental, le Chef de l’État s’est rendu sur le chantier de la future gare ferroviaire de Tambacounda, un projet structurant qui illustre l’ambition des autorités de relancer durablement le transport ferroviaire national. Selon la Présidence de la République, cette visite s’inscrit dans la volonté présidentielle de faire des infrastructures un moteur de développement économique, d’intégration territoriale et de création d’emplois.

Le projet phare présenté repose sur la construction d’une ligne ferroviaire à écartement standard reliant Dakar à Tambacounda. Longue de 464 kilomètres, cette future infrastructure représente un investissement prévisionnel estimé à 1 500 milliards de francs CFA. Elle constitue la première étape d’un programme beaucoup plus vaste visant la mise en place d’un réseau ferroviaire national moderne d’environ 2 000 kilomètres, capable de désenclaver l’intérieur du pays et de renforcer la compétitivité économique du Sénégal.

En attendant la réalisation de cette nouvelle ligne, l’État a lancé une importante opération de réhabilitation du réseau ferroviaire existant afin d’assurer la continuité du trafic et de sécuriser les déplacements. Les données techniques communiquées par la Présidence font état d’avancées significatives sur le terrain. Plusieurs dizaines de kilomètres de voies ont été entièrement reconstruits, des milliers de traverses remplacées et des centaines de milliers d’attaches remises en voie. D’importantes quantités de ballast ont été mises en œuvre pour renforcer la stabilité des rails, tandis que de nombreux passages à niveau ont été mis aux normes afin d’améliorer la sécurité des usagers. Parallèlement, des ouvrages hydrauliques et métalliques ont fait l’objet de travaux de réhabilitation pour garantir la durabilité des installations.

Sur le plan financier, cette phase transitoire a déjà nécessité un engagement de 27 milliards de francs CFA. À ce montant viendront s’ajouter 19,2 milliards supplémentaires destinés à finaliser les travaux hydrauliques et métalliques, confirmant l’ampleur de l’effort consenti par l’État pour maintenir et moderniser le réseau ferroviaire existant.

Au-delà des chiffres et des aspects purement techniques, le Président de la République a insisté sur la dimension stratégique et sociale de ces chantiers. Il a réaffirmé sa volonté de transformer les projets ferroviaires en véritables leviers d’opportunités économiques, notamment en favorisant l’emploi local, le transfert de compétences et l’émergence d’activités connexes autour du rail. Pour le Chef de l’État, le développement du chemin de fer ne se limite pas à la construction d’infrastructures, mais participe d’une vision globale d’aménagement du territoire, de justice spatiale et de croissance inclusive.

Le trophée de la CAN 2025 présenté aux détenus de Rebeuss, un geste fort de reconnaissance citoyenne

Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 a fait escale à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, marquant une étape symbolique de sa tournée nationale. Selon RTS Digital, cette initiative est portée par la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), conduite par son président Abdoulaye Fall, dans le cadre de la présentation du trophée remporté par le Sénégal au Maroc, à l’issue d’une campagne mémorable de l’équipe nationale.

La délégation de la FSF a été accueillie par le directeur général de l’Administration pénitentiaire, Aliou Ciss, qui a salué un acte « hautement symbolique ». Pour lui, cette démarche rappelle une vérité essentielle : les établissements pénitentiaires font pleinement partie de la société sénégalaise. En ouvrant les portes de Rebeuss au trophée continental, les autorités sportives et pénitentiaires ont voulu transmettre un message d’inclusion et d’unité nationale, au-delà des murs de la détention.

Aliou Ciss a également tenu à féliciter les plus hautes autorités de l’État pour cette victoire historique. Il a cité le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, l’ensemble du gouvernement, ainsi que le staff technique et les joueurs de l’équipe nationale, soulignant que ce sacre a été acquis dans des conditions exceptionnelles et au prix d’un engagement collectif remarquable.

Au-delà de la célébration sportive, le directeur général de l’Administration pénitentiaire a insisté sur la portée citoyenne de l’événement. Selon lui, la présence du trophée à Rebeuss constitue une reconnaissance claire de la citoyenneté des personnes détenues. « Les détenus sont des citoyens à part entière. Leur situation judiciaire ne leur enlève ni leur dignité ni leur appartenance à la Nation », a-t-il affirmé, rappelant que le respect des droits et de la dignité humaine demeure un principe fondamental de l’État de droit.

Pour de nombreux détenus, cette visite a représenté un moment de fierté et d’émotion, offrant une parenthèse d’espoir et de communion autour d’un symbole national fort. La tournée du trophée de la CAN 2025, en intégrant des lieux souvent en marge des célébrations, réaffirme ainsi le rôle fédérateur du sport et sa capacité à rassembler tous les Sénégalais, sans distinction, autour des valeurs de solidarité, de respect et d’appartenance à une même Nation.

Santé inclusive : les personnes handicapées exigent des actes

Derrière les textes, les stratégies et les plans de santé, il y a des vies. Celles de milliers de Sénégalais vivant avec un handicap, souvent contraints de renoncer aux soins faute d’infrastructures accessibles, de services adaptés ou, tout simplement, d’écoute. C’est pour briser ce silence et replacer l’humain au cœur des politiques publiques qu’un atelier national de revue documentaire sur l’intégration du handicap dans les politiques de santé s’est ouvert ce mercredi 4 février 2026, dans un hôtel de la place, pour se poursuivre jusqu’au 6 février.

Pendant trois jours, responsables institutionnels, experts du secteur sanitaire, partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de personnes handicapées, se penchent sur les textes fondateurs du système de santé sénégalais. Mais au-delà des documents, c’est la réalité quotidienne des personnes handicapées qui s’invite dans les débats : des femmes contraintes d’accoucher sans accompagnement adapté, des enfants privés de soins de base, des patients découragés par des structures sanitaires inaccessibles.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Madame Darry Isseu Gaye, présidente du Cadre fédérateur des femmes handicapées (CF/FSAPH), a livré un message empreint d’émotion et de fermeté. Pour elle, cet atelier représente bien plus qu’un simple exercice technique.

« Tant que les personnes handicapées continueront à être invisibles dans les politiques de santé, le droit à la santé restera incomplet », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que chaque obstacle architectural, chaque service non adapté et chaque politique indifférente se traduisent par une souffrance humaine bien réelle. « L’inclusion du handicap n’est pas une faveur, c’est une dette sociale », a-t-elle insisté, appelant à transformer les engagements institutionnels en actes concrets et mesurables.

Les travaux portent sur une analyse critique des stratégies sanitaires existantes, afin d’identifier les manquements, mais aussi de valoriser les rares bonnes pratiques. L’objectif final est clair : faire émerger des recommandations opérationnelles capables de bâtir un système de santé où personne ne se sentira exclu en raison de son handicap.

À l’issue de cet atelier, les conclusions attendues devraient servir de socle à des politiques de santé plus justes, conformes aux engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

À travers cette rencontre, une voix collective s’élève : celle des personnes handicapées qui demandent simplement à être soignées avec dignité. Car une santé réellement universelle ne se mesure pas à la qualité des discours, mais à la capacité d’un pays à protéger les plus vulnérables.

Kaolack : les élèves en situation de handicap pleurent le décès de Madame Khady Guèye Sanokho

La communauté éducative de Kaolack est profondément émue par le décès de Madame Khady Guèye Sanokho, ancienne directrice de l’école élémentaire inclusive Serigne Aliou Cissé de Sam. Mais au-delà des hommages officiels, ce sont surtout les élèves en situation de handicap qui expriment une douleur particulière : celle d’avoir perdu une éducatrice engagée, convaincue de leur potentiel et farouche défenseure de leur droit à une éducation digne et équitable.

Figure respectée du système éducatif local, Mme Khady Guèye Sanokho a consacré sa carrière à la promotion d’une école ouverte à tous, sans distinction de genre, de condition sociale ou de handicap. À la tête de l’établissement à partir de 2013, elle a fait de l’inclusion scolaire une priorité, veillant à l’intégration effective des élèves en situation de handicap dans le système éducatif ordinaire.

Une directrice au service de l’inclusion

Sous sa direction, l’école Serigne Aliou Cissé de Sam s’est progressivement imposée comme un modèle d’éducation inclusive dans la région de Kaolack. Mme Sanokho s’est fortement investie dans l’adaptation des pratiques pédagogiques aux besoins spécifiques des élèves en situation de handicap, en étroite collaboration avec les enseignants, les parents et les acteurs communautaires.

Elle encourageait l’utilisation de méthodes pédagogiques différenciées, la prise en compte des rythmes d’apprentissage et la valorisation des capacités de chaque enfant. Pour elle, aucun handicap ne devait constituer un frein à la réussite scolaire.

Une attention particulière aux filles en situation de handicap

Très sensible à la double vulnérabilité des filles en situation de handicap, souvent exposées à l’exclusion scolaire et sociale, Mme Sanokho menait un combat constant pour leur maintien à l’école. Elle plaidait auprès des familles afin d’éviter les abandons précoces et œuvrait à l’instauration d’un climat scolaire protecteur et bienveillant.

À travers des programmes éducatifs tels que Lecture Pour Tous, elle veillait à ce que ces élèves bénéficient d’un accompagnement renforcé, favorisant leur autonomie, leur confiance en elles et leur participation active en classe.

Une perte ressentie par toute la communauté scolaire

L’annonce de son décès a provoqué une vive émotion au sein de l’établissement. Des scènes de tristesse ont été observées parmi les élèves en situation de handicap, qui voyaient en elle une mère éducative, une protectrice et une source constante d’encouragement.

Enseignants, parents d’élèves et autorités éducatives saluent unanimement le parcours d’une femme de conviction, dont l’engagement a contribué à changer le regard porté sur le handicap à l’école.

Madame Khady Guèye Sanokho laisse derrière elle un héritage fort : celui d’une école inclusive, humaine et équitable. Si elle n’est plus, son combat pour l’éducation des élèves en situation de handicap continuera d’inspirer les générations futures et les acteurs du système éducatif sénégalais.

Lutte sénégalaise : le gouverneur de Dakar recadre Siteu et appelle à une réorganisation du milieu

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, est sorti de sa réserve pour réagir fermement à la récente prise de position du lutteur Siteu. En cause, la décision des autorités étatiques de sanctionner, si nécessaire, la lutte sénégalaise face à la recrudescence des actes d’insécurité constatés autour des combats. Une mesure que le lutteur originaire de la banlieue dakaroise avait publiquement critiquée, suscitant une vive réaction de l’autorité administrative.

Se disant fier de sa « pikinité », Ousmane Kane n’a pas caché son agacement face à ce qu’il considère comme une sortie inappropriée et empreinte de hauteur de la part de Siteu. Pour le gouverneur, la manière dont le lutteur a exprimé son désaccord dépasse le cadre d’une simple opinion et frôle l’irrespect envers les institutions de la République. Il a tenu à rappeler que les décisions prises par l’État, notamment en matière de sécurité publique, relèvent de l’autorité légitime et visent avant tout à préserver les populations ainsi que l’image de la lutte sénégalaise.

L’autorité administrative a également pointé du doigt la circulation, sur le réseau social TikTok, d’images qu’il juge particulièrement choquantes. Selon lui, des montages montrant le ministre de l’Intérieur et le gouverneur placés en dessous de l’image du lutteur laissent croire que ce dernier exercerait une forme d’autorité sur les responsables étatiques. Une situation que Ousmane Kane qualifie de dérive grave, estimant qu’elle participe à banaliser le rôle de l’État et à fragiliser le respect dû aux institutions.

Face à ces tensions et aux nombreux dysfonctionnements relevés dans l’organisation des combats de lutte, le gouverneur de Dakar a décidé de passer à l’action. Ce jeudi, il a convié l’ensemble des acteurs de la lutte sénégalaise à une rencontre de concertation. L’objectif affiché est clair : engager une réflexion approfondie afin de mieux réorganiser le secteur, renforcer la sécurité autour des arènes et instaurer un climat de responsabilité et de discipline.

Report de l’audience des supporters sénégalais détenus au Maroc : l’attente se prolonge dans un climat de tension

Prévue ce jeudi 05 février 2026, l’audience concernant les supporters sénégalais détenus au Maroc a été une nouvelle fois reportée. Initialement attendus devant la justice marocaine, les mis en cause devront finalement patienter jusqu’au 12 février prochain. Ce renvoi est dû à la grève en cours des avocats marocains, paralysant partiellement le fonctionnement des juridictions du pays.

L’information a été rendue publique par le journaliste Ayoba Faye à travers une publication sur sa page Facebook. Selon son témoignage, la situation vécue par les supporters sénégalais est de plus en plus préoccupante. Lors de l’audience avortée, deux d’entre eux auraient fait une crise, dont un jeune homme souffrant d’épilepsie. Les deux supporters ont dû être évacués en urgence, illustrant la dégradation de leur état de santé et la dureté des conditions de détention.

Très critique à l’égard des autorités marocaines, Ayoba Faye dénonce une absence de volonté politique pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « supplice » infligé aux compatriotes sénégalais. Il estime que la situation est devenue « écœurante », d’autant plus que les reports successifs prolongent l’incertitude judiciaire et la souffrance morale des détenus ainsi que de leurs familles.

Pour rappel, dix-huit supporters sénégalais avaient été interpellés à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 opposant le Sénégal au Maroc. Les arrestations ont eu lieu dans et aux abords du stade, dans un contexte de forte tension après la rencontre. Par la suite, dix-sept d’entre eux ont été maintenus en détention et poursuivis pour des faits qualifiés de « hooliganisme » et de « troubles à l’ordre public », en lien avec des incidents survenus dans l’enceinte sportive.

Depuis leur arrestation, cette affaire suscite une vive émotion au Sénégal, où de nombreuses voix s’élèvent pour demander une résolution rapide et humaine du dossier. Les familles des détenus, tout comme plusieurs acteurs de la société civile et des médias, appellent les autorités sénégalaises à intensifier les démarches diplomatiques afin d’abréger l’épreuve que traversent ces supporters.

Université du Sénégal oriental : Diomaye Faye impulse une accélération décisive des travaux à Tambacounda

En tournée économique dans le Sénégal oriental, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué, peu après son arrivée à Tambacounda, une visite du chantier de l’Université du Sénégal oriental (USO), un projet structurant dont la livraison est annoncée avant octobre 2026, en perspective de la prochaine rentrée universitaire. Cette étape symbolique traduit la volonté des autorités de faire de l’enseignement supérieur un levier majeur de développement territorial et de réduction des inégalités régionales.

Le Chef de l’État était accompagné d’une importante délégation gouvernementale comprenant le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Dethie Fall, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, ainsi que le ministre des Forces armées. Leur présence conjointe témoigne du caractère transversal du projet et de son ancrage dans une vision globale de développement économique, social et sécuritaire de la zone orientale du pays.

Selon les autorités, l’Université du Sénégal oriental s’inscrit comme un maillon stratégique du maillage universitaire national. Elle vise à rapprocher l’offre de formation des réalités locales et à renforcer l’attractivité académique d’une région longtemps confrontée à l’éloignement des grands pôles universitaires. À cet égard, le Président Bassirou Diomaye Faye s’est félicité de l’orientation académique retenue, qu’il juge en parfaite cohérence avec les potentialités minières et géologiques de la région de Tambacounda et de Kédougou.

Le Chef de l’État a souligné l’importance d’établir une articulation forte entre l’enseignement théorique et la pratique professionnelle. Il a notamment salué l’intégration d’incubateurs au sein du projet universitaire, destinés à encourager l’innovation, l’entrepreneuriat et la valorisation des ressources locales. Pour le Président de la République, cette approche permettra de former des compétences adaptées aux besoins du territoire tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Au cours de la visite, Bassirou Diomaye Faye a également salué l’engagement de l’entreprise chargée de la réalisation des travaux, tout en appelant à un maintien rigoureux de la cadence. Il a insisté sur la vigilance constante exercée par les ministres en charge des Infrastructures et de l’Enseignement supérieur afin de garantir le respect des délais contractuels.

Réaffirmant l’engagement de l’État, le Président de la République a assuré que toutes les mesures nécessaires seront prises pour accompagner l’entreprise et lever les éventuelles contraintes techniques ou administratives. L’objectif, a-t-il martelé, est de livrer l’Université du Sénégal oriental à la date convenue, soit octobre 2026, afin qu’elle puisse accueillir ses premiers étudiants dès la prochaine rentrée universitaire.

Starlink au Sénégal : un choix pragmatique pour combler la fracture numérique territoriale

L’annonce de l’arrivée de Starlink au Sénégal suscite depuis quelques heures débats et interrogations dans l’opinion publique comme au sein de l’écosystème des télécommunications. Certains y voient une menace potentielle pour les opérateurs nationaux, d’autres une remise en cause des équilibres du marché. Pourtant, replacée dans son contexte, cette initiative apparaît moins comme une rupture que comme une réponse pragmatique à une urgence nationale longtemps ignorée : la persistance de vastes zones du territoire sénégalais privées d’accès à Internet, plus de trente ans après la libéralisation du secteur des télécommunications.

Lorsque le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a affirmé que 2026 serait « l’année de la connectivité », il ne s’agissait pas d’un simple slogan politique. Cette déclaration posait avant tout un diagnostic lucide. Malgré des décennies d’ouverture du marché et d’investissements privés, des villages entiers, des communes rurales, des zones frontalières et enclavées demeurent dans une quasi-obscurité numérique. Cette situation n’est pas le résultat d’une fatalité géographique, mais bien d’un déficit structurel d’investissement dans des territoires jugés peu rentables par les opérateurs traditionnels.

La question centrale n’est donc plus de déterminer si la technologie satellitaire est idéale ou non, mais plutôt de s’interroger sur les alternatives réellement disponibles pour ces zones délaissées. Les opérateurs terrestres, bien qu’assujettis à des obligations de couverture, n’ont jamais trouvé économiquement viable de déployer massivement des infrastructures lourdes dans des zones à faible densité démographique. Le déploiement de la fibre optique ou même de réseaux mobiles performants dans ces régions supposerait des années de travaux, une logistique complexe et des investissements considérables, dont la rentabilité reste incertaine, voire inexistante à court et moyen terme.

Face à ce constat, le gouvernement sénégalais a opté pour une approche résolument pragmatique. L’accord conclu avec Starlink, qui prévoit la connexion gratuite d’un million de Sénégalais durant le premier semestre de l’année 2026 à travers l’acquisition de 5 000 kits à tarif préférentiel, marque une accélération significative de la stratégie d’inclusion numérique. Là où les infrastructures terrestres nécessiteraient potentiellement une décennie pour atteindre ces territoires, la technologie satellitaire permet une intervention en quelques mois seulement, sans lourds travaux au sol.

Contrairement aux inquiétudes exprimées par certains acteurs du secteur, cette initiative ne relève pas d’une logique de concurrence frontale. Elle s’inscrit plutôt dans une dynamique de complémentarité. Les opérateurs terrestres et Starlink n’évoluent pas sur les mêmes segments de marché. D’un côté, les zones urbaines et périurbaines bénéficient déjà de la fibre optique, de la 4G et de la 5G, où les opérateurs nationaux excellent et disposent d’un modèle économique solide. De l’autre, subsistent les zones blanches, où aucune infrastructure n’existe ou presque. C’est précisément dans ces espaces que le satellite trouve sa pertinence, non pas pour remplacer les réseaux existants, mais pour les prolonger là où ils ne peuvent s’étendre.

Les priorités définies par les autorités sénégalaises confirment clairement cette orientation. Il s’agit notamment de connecter les zones blanches à travers des dispositifs de wifi communautaire, de desservir les établissements scolaires en milieu rural, de relier les collectivités territoriales isolées et de sécuriser la connectivité dans les zones frontalières. Autant de territoires où les opérateurs classiques sont historiquement absents ou très faiblement présents.

L’argument selon lequel un opérateur satellitaire échapperait au cadre réglementaire national ne résiste pas à l’analyse. L’autorisation accordée à Starlink l’assujettit aux mêmes exigences que tout fournisseur d’accès à Internet opérant sur le territoire sénégalais. Régulation tarifaire, respect des normes de sécurité, obligations fiscales, protection des données personnelles : l’État dispose des mêmes leviers de contrôle et de sanction. La différence technologique ne crée aucune exception juridique. Au contraire, elle renforce la nécessité d’un cadre réglementaire clair et rigoureux, que le Sénégal est en mesure de définir et de faire appliquer.

Au-delà des considérations techniques et économiques, le choix de recourir à Starlink soulève une question fondamentale d’équité territoriale et de justice sociale. Comment justifier qu’en 2026, des citoyens sénégalais soient privés d’accès à Internet simplement parce qu’ils vivent en zone rurale ou enclavée ? Comment accepter que l’éducation numérique, l’accès aux services de santé en ligne, l’administration dématérialisée ou encore le commerce électronique demeurent des privilèges essentiellement urbains ?

Le New Deal Technologique porté par le gouvernement repose sur un principe simple mais structurant : la connectivité est un droit fondamental, et non un luxe réservé à une minorité. Lorsque les mécanismes du marché échouent à garantir ce droit, l’intervention publique devient non seulement légitime, mais nécessaire. En offrant un accès gratuit à Internet à un million de Sénégalais issus des zones les plus défavorisées, l’État ne se substitue pas aux opérateurs privés. Il assume une mission de service public là où le marché a montré ses limites.

Enfin, l’initiative sénégalaise s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique du continent africain. En négociant des conditions préférentielles avec un acteur technologique mondial comme Starlink, le Sénégal se positionne comme un laboratoire d’un modèle hybride associant infrastructures terrestres et solutions satellitaires. Une approche pragmatique, dénuée d’idéologie technologique, qui pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis de couverture et d’inclusion numérique.

Cyberattaque à la Daf : la production de documents suspendue, des données sensibles menacées

Au Sénégal, la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf) traverse une situation critique après avoir été la cible d’une cyberattaque d’ampleur, active « depuis au moins cinq jours », selon les informations rapportées par le quotidien Libération. Cette intrusion informatique a contraint l’administration à suspendre provisoirement la production de documents officiels, une mesure conservatoire destinée à éviter toute compromission supplémentaire des systèmes et des données sensibles qu’elle héberge.

Les auteurs de l’attaque, se présentant sous l’appellation « The Green Blood Group », affirment être en possession de 139 téraoctets de données appartenant à la Daf. Un volume particulièrement conséquent, qui, s’il était avéré, soulèverait de graves inquiétudes quant à la sécurité des informations personnelles et administratives des citoyens sénégalais. À ce stade, les autorités n’ont pas confirmé l’ampleur exacte des données potentiellement exfiltrées, mais des investigations techniques sont en cours pour évaluer les dégâts et contenir toute fuite éventuelle.

Cette cyberattaque survient dans un contexte déjà tendu, marqué par un bras de fer opposant l’État du Sénégal à la société malaisienne Iris Corporation. Cette dernière, adjudicataire du marché des cartes nationales d’identité biométriques, réclame le paiement de factures qu’elle estime impayées. Ce différend contractuel, qui concerne un secteur hautement stratégique de l’administration, alimente les spéculations sur d’éventuels liens entre le contentieux en cours et la vulnérabilité des systèmes de la Daf, même si aucune preuve formelle ne permet pour l’instant d’établir une connexion directe.

Au-delà de cet épisode précis, cette nouvelle attaque met en lumière la fragilité croissante des infrastructures numériques de l’État. En moins d’un an, il s’agit en effet de la deuxième cyberattaque majeure visant un service gouvernemental, après celle qui avait frappé la Direction générale des impôts et domaines (DGID). Une répétition inquiétante qui interroge sur le niveau de préparation du pays face aux menaces cybernétiques, dans un contexte de numérisation accélérée des services publics.

Affaire des rétrocommissions présumées : la Cour suprême examine le recours du parquet financier

La Cour suprême est attendue ce jeudi 5 février pour se prononcer sur le recours en cassation introduit par le parquet général financier contre l’arrêt de la chambre d’accusation ayant accordé la liberté provisoire à Serigne Oumar Mbaye. L’information a été révélée par le quotidien Les Échos dans sa parution du jour.

Ce recours s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite des rétrocommissions présumées, qui implique le patron du groupe de presse Avenir Communication, Madiambal Diagne, ainsi que sa société immobilière, la SCI Pharaon. Le parquet financier conteste la décision de la chambre d’accusation estimant que les conditions ayant conduit à la mise en liberté provisoire de Serigne Oumar Mbaye ne sont pas juridiquement fondées.

Présenté par les enquêteurs comme le marabout de Madiambal Diagne, Serigne Oumar Mbaye avait été interpellé puis inculpé pour « complicité » dans ce dossier aux ramifications financières complexes. Selon l’accusation, il aurait joué un rôle indirect dans le circuit présumé de rétrocommissions ayant permis l’encaissement irrégulier de fonds liés à des opérations immobilières attribuées à la SCI Pharaon.

De son côté, Madiambal Diagne est soupçonné d’avoir indûment perçu des ressources financières à travers cette société, des faits qu’il conteste fermement. L’affaire a suscité une large attention médiatique en raison du profil des personnes mises en cause et de la sensibilité des accusations portées, dans un contexte marqué par un renforcement de la lutte contre les infractions économiques et financières.

Depuis le début de la procédure, Serigne Oumar Mbaye n’a cessé de clamer son innocence. Il affirme n’avoir aucun lien opérationnel, financier ou décisionnel avec les faits qui lui sont reprochés, soutenant que son nom est injustement associé à cette affaire en raison de sa relation personnelle avec le principal mis en cause. Sa défense estime que le dossier ne repose sur aucun élément matériel probant établissant sa participation aux infractions présumées.

La décision attendue de la Cour suprême est donc particulièrement scrutée. Elle pourrait soit confirmer l’arrêt de la chambre d’accusation, maintenant ainsi Serigne Oumar Mbaye en liberté provisoire, soit casser cette décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction, avec des conséquences immédiates sur la situation judiciaire de l’intéressé.

Tournée économique du Président Bassirou Diomaye Faye à Tambacounda et Kédougou : cap sur l’emploi, la production et l’inclusion territoriale

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce jour à Tambacounda une tournée économique de grande envergure dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, marquant une étape majeure dans la mise en œuvre de sa vision de transformation structurelle de l’économie sénégalaise. À son arrivée à l’aérodrome de Tambacounda, le Chef de l’État a été accueilli par les autorités administratives et territoriales, dans un cérémonial rehaussé par les honneurs militaires, symbole de l’importance stratégique accordée à ce déplacement présidentiel.

Cette tournée s’inscrit dans la continuité des orientations majeures définies par le Président de la République depuis son accession à la magistrature suprême, visant à bâtir une économie plus résiliente, plus productive et davantage créatrice d’emplois. En décrétant l’année 2026 « Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », le Chef de l’État a clairement affiché sa volonté de placer le travail, l’entrepreneuriat et l’initiative locale au cœur des politiques publiques. Il s’agit de répondre de manière durable au défi du chômage, en particulier celui des jeunes, tout en favorisant l’inclusion économique des femmes et des communautés locales.

Dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, riches en potentialités agricoles, minières, énergétiques et humaines, cette tournée vise à donner une impulsion nouvelle au développement territorial. Les différentes étapes prévues permettront d’évaluer l’état des infrastructures, d’échanger avec les acteurs économiques et sociaux, et de poser les bases d’une meilleure articulation entre formation professionnelle, agriculture moderne, accès à l’énergie, transformation locale et investissements productifs. L’objectif est de créer des chaînes de valeur solides, capables de générer des emplois décents et de fixer les populations dans leurs terroirs.

Au-delà des annonces et des projets, cette démarche présidentielle traduit une conviction profondément ancrée : le développement ne se décrète pas depuis les bureaux, il se construit sur le terrain, au contact direct des réalités locales. En allant à la rencontre des producteurs, des entrepreneurs, des jeunes porteurs de projets et des femmes actives dans l’économie sociale et solidaire, le Président Bassirou Diomaye Faye entend inscrire l’action publique dans une logique d’écoute, de co-construction et d’efficacité.

Cette tournée économique dans le Sénégal oriental apparaît ainsi comme un moment fort de gouvernance de proximité, mais aussi comme un signal politique et économique clair. Elle réaffirme l’engagement de l’État à faire de chaque région un moteur de croissance, à réduire les inégalités territoriales et à bâtir un Sénégal plus inclusif, plus productif et résolument tourné vers l’avenir.

Retenues salariales à l’ARP : les syndicats dénoncent une décision unilatérale et exigent des explications

Au sein de l’administration sénégalaise, la récente décision de la Direction générale de l’Agence Sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP) d’opérer des retenues sur les salaires de certains agents continue de susciter une vive controverse. Les syndicats affiliés à la Jonction des luttes, notamment la section SAMES et la sous-section SUTSAS, montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une mesure prise de manière unilatérale, sans information préalable ni transparence sur les critères ayant conduit à ces ponctions.

Selon les représentants syndicaux, les retenues appliquées varient entre 35.000 et 47.067 francs CFA par agent. Elles seraient intervenues dans un contexte de mobilisation collective au sein de l’administration, un cadre que les syndicats jugent légitime et conforme aux droits reconnus aux travailleurs de l’État. Le caractère sélectif de ces retenues, combiné à l’absence de notification individuelle motivée, alimente un sentiment d’injustice parmi les agents concernés et pose, selon eux, un sérieux problème de respect des procédures administratives.

La Jonction des luttes estime que la Direction générale n’a fourni aucune explication officielle permettant de comprendre les fondements juridiques ou réglementaires de ces décisions. Cette opacité, dénoncent les syndicats, fragilise la confiance entre l’administration et son personnel, et ouvre la voie à des interprétations pouvant laisser croire à des sanctions ciblées plutôt qu’à une mesure administrative objective et équitable.

Face à cette situation, les organisations syndicales avertissent que le maintien de ces retenues sans clarification pourrait devenir une source de tension majeure au sein de l’ARP. Elles appellent l’administration à prendre rapidement ses responsabilités en engageant un dialogue franc et inclusif avec les représentants des travailleurs, afin d’expliquer les critères retenus et de rétablir un climat social apaisé.

La Cour suprême annule l’interdiction de sortie du territoire visant Mansour Faye

La Cour suprême du Sénégal a ordonné l’annulation de l’arrêté pris par le ministère de l’Intérieur le 15 avril 2025, lequel interdisait à Mansour Faye de quitter le territoire national « jusqu’à nouvel ordre ». L’information a été révélée ce jeudi par le quotidien L’Observateur, marquant un tournant décisif dans ce dossier à forte portée politico-judiciaire.

Cette décision de la Haute juridiction intervient dans un contexte juridique déjà défavorable à l’administration. En effet, moins d’un mois avant la signature de l’arrêté contesté, le juge des référés de la Cour suprême avait sommé l’autorité administrative, le 28 mars 2025, de notifier à l’ancien ministre les motifs précis justifiant la restriction de sa liberté de circulation. À défaut de cette notification, le juge avait exigé que Mansour Faye soit rétabli dans l’intégralité de ses droits.

C’est à la suite de plusieurs interdictions d’embarquer à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) que le maire de Saint-Louis, par ailleurs beau-frère de l’ancien président Macky Sall, avait saisi la Cour suprême. Estimant que ces mesures portaient atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté d’aller et de venir, il avait engagé une procédure contentieuse contre l’État.

En prenant l’arrêté du 15 avril 2025, le ministère de l’Intérieur semblait vouloir se conformer formellement aux exigences du juge des référés tout en maintenant la restriction. L’administration croyait ainsi avoir vidé la requête de Mansour Faye de sa substance et mis un terme définitif à la procédure engagée devant la Haute juridiction.

Cependant, la chambre administrative de la Cour suprême en a décidé autrement. Après examen du dossier, elle a estimé que l’arrêté ministériel ne reposait pas sur des bases juridiques suffisantes et ne respectait pas les garanties prévues par la loi. En conséquence, la juridiction a prononcé son annulation pure et simple, rétablissant Mansour Faye dans tous ses droits.

Des anciens présidents de groupe parlementaire solidaires de Doudou Wade après son audition

Une délégation d’anciens présidents de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale du Sénégal s’est rendue au domicile du doyen Doudou Wade pour lui exprimer son soutien, à la suite de sa récente audition par la justice. La délégation était conduite par l’honorable Abdou Mbow, responsable au sein de l’Alliance pour la République (APR), en compagnie de l’ancien ministre Omar Youm.

Cette visite s’inscrit dans une démarche collective de solidarité, portée par quinze anciens présidents de groupe parlementaire, avec l’adhésion de l’actuelle présidente du groupe parlementaire Takku Wallu, Aïssata Tall Sall. S’exprimant au nom de l’ensemble de ces responsables parlementaires, les membres de la délégation ont tenu à marquer leur accompagnement total à l’endroit de Doudou Wade, qu’ils considèrent comme une figure majeure de la vie politique et institutionnelle du pays.

Les anciens présidents de groupe ont indiqué avoir pris acte de la libération de Doudou Wade à l’issue de son audition, tout en précisant que, conformément aux informations communiquées par ses avocats, il demeure à la disposition de la justice. Selon eux, la visite à son domicile visait avant tout à lui témoigner une solidarité fraternelle, à saluer son engagement, mais également à soutenir sa famille dans ce moment qu’ils jugent éprouvant.

Au-delà du geste de soutien personnel, les membres de la délégation ont souhaité alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils estiment être une situation préoccupante pour l’état de droit et les libertés publiques au Sénégal. À cet effet, ils ont annoncé l’élaboration d’une déclaration commune destinée à exprimer leurs inquiétudes et à appeler à la vigilance.

Dans leur message, les anciens responsables parlementaires ont rappelé que la démocratie sénégalaise est le fruit de longues luttes menées par plusieurs générations et qu’elle constitue un acquis fondamental qu’il convient de préserver à tout prix. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés d’expression et d’opinion, estimant que les convocations de personnalités politiques ou de journalistes pour leurs prises de position publiques devraient appartenir au passé.

Mission de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale au Sénégal : un partenariat stratégique renforcé au service de la Vision Sénégal 2050

Une délégation de haut niveau du Groupe de la Banque mondiale effectuera une mission officielle au Sénégal du 5 au 13 février 2026, marquant une étape importante dans le renforcement du partenariat stratégique entre l’institution financière internationale et l’État du Sénégal. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la coopération autour des priorités nationales de développement, en parfaite cohérence avec les orientations de la Vision Sénégal 2050.

La mission sera conduite par Ousmane Diagana, Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, accompagné de Ed Mountfield, Vice-président et Directeur financier de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Selon un communiqué du Groupe de la Banque mondiale, cette délégation de haut rang aura pour objectif d’approfondir le dialogue stratégique avec les autorités sénégalaises et d’examiner les perspectives de renforcement de l’appui du Groupe aux réformes structurelles et aux investissements prioritaires du pays.

Au cours de leur séjour, les responsables du Groupe de la Banque mondiale rencontreront les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko. Des échanges sont également prévus avec plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé et des acteurs de la société civile, traduisant la volonté d’une approche inclusive et concertée du développement.

Les discussions porteront principalement sur l’alignement du nouveau Cadre de Partenariat Pays (CPF), actuellement en cours de finalisation, avec les priorités stratégiques du Sénégal. Il sera également question de l’optimisation du portefeuille de projets afin d’améliorer leur efficacité et leur impact sur les conditions de vie des populations, ainsi que des perspectives de mobilisation de ressources additionnelles pour soutenir les secteurs clés de l’économie nationale.

Parmi les temps forts annoncés de cette mission figure le lancement officiel du pacte AgriConnect Sénégal. Ce programme ambitieux vise à transformer durablement les chaînes de valeur agricoles, à renforcer la productivité et la compétitivité du secteur, tout en favorisant la création d’emplois décents, en particulier au profit des jeunes et des femmes en milieu rural. À travers cette initiative, le Groupe de la Banque mondiale entend accompagner le Sénégal dans sa quête de souveraineté alimentaire et de développement inclusif.

Cette mission sera également l’occasion d’évaluer les résultats obtenus dans le cadre du partenariat entre le Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale, tout en identifiant de nouveaux leviers susceptibles d’en accroître l’impact socio-économique. À ce jour, le portefeuille de la Banque mondiale au Sénégal s’élève à 3,8 milliards de dollars, comprenant vingt projets nationaux pour un montant de 3,03 milliards de dollars, ainsi que huit opérations d’intégration régionale totalisant 749,5 millions de dollars. En complément, le portefeuille de la Société financière internationale (IFC) atteint 611 millions de dollars, tandis que les engagements bruts de la MIGA s’élèvent à 1,13 milliard de dollars.

À travers cette mission de haut niveau, le Groupe de la Banque mondiale réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de ses ambitions de transformation économique et sociale, en mettant l’accent sur la croissance durable, l’inclusion et la création d’opportunités pour l’ensemble des populations.

Babacar Ba nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une nouvelle nomination au sein de l’administration publique, dans le cadre des mesures individuelles prises en Conseil des ministres. À cet effet, Monsieur Babacar Ba, administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, a été nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Cette décision s’inscrit dans la dynamique de réorganisation et de renforcement de l’efficacité de l’action gouvernementale engagée par les nouvelles autorités. Monsieur Babacar Ba succède à Madame Seynabou Niang, qui occupait jusque-là les fonctions de Secrétaire générale du ministère.

En tant que Secrétaire général, Monsieur Ba aura pour mission principale d’assurer la coordination de l’ensemble des services du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Il sera également chargé de superviser la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de la culture, de l’artisanat et du tourisme, secteurs stratégiques pour la promotion de l’identité nationale, la valorisation du patrimoine et le développement économique du pays. À ce titre, il veillera au bon fonctionnement administratif et opérationnel du département, tout en assurant la cohérence et l’efficacité des actions menées par les différentes directions et structures rattachées au ministère.

Administrateur civil de formation, Babacar Ba dispose d’une expérience avérée au sein de l’administration publique, ce qui constitue un atout pour accompagner les réformes et les projets structurants attendus dans ce ministère. Sa nomination traduit la volonté des autorités de placer à des postes clés des cadres capables de porter la vision gouvernementale en matière de gouvernance, de modernisation de l’administration et de développement des secteurs culturels et touristiques.

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 04 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Développement de la nouvelle politique ferroviaire

Monsieur le Président de la République, débutant sa communication, souligne que le développement des chemins de fer et des transports ferroviaires constitue une priorité nationale, dans le cadre de l’aménagement et de l’attractivité du territoire. A cet effet, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de faire l’évaluation de l’état d’exécution des projets et réformes concernant le secteur ferroviaire.  Il indique, également, l’urgence d’accélérer la réhabilitation et la modernisation de la ligne Dakar-Tambacounda, de finaliser la Politique ferroviaire nationale à l’horizon 2050 et de dresser un état des lieux global du dialogue social et des doléances des personnels en exercice dans le secteur.

En outre, le Chef de l’Etat instruit le Ministre des Transports terrestres et aériens de veiller, en relation avec l’APIX et toutes les parties prenantes, à la mise en service de la phase II du Train Express Régional (TER) intégrant l’édification de la gare de Sébikhotane. Il engage le Premier Ministre à tenir un Conseil interministériel sur le secteur ferroviaire et à veiller à la réalisation des plans de réinstallation des personnes affectées par le projet TER.

Repositionnement stratégique du secteur de l’Eau

Le Chef de l’Etat rappelle la place fondamentale qu’occupe le secteur de l’Eau dans le bien-être des populations et l’atteinte des objectifs de développement durable. Il salue le leadership reconnu du Sénégal en la matière et demande d’accélérer l’exécution de l’ensemble des projets relatifs à l’hydraulique et l’assainissement, en veillant au lancement du projet du « Grand Transfert d’Eau » et du nouveau Programme de prévention et de gestion des inondations. Le Président de la République insiste sur la nécessité de veiller à la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales sur le secteur de l’Eau et de l’Assainissement, en assurant le déploiement accéléré du programme de renouvellement des forages et ouvrages hydrauliques et l’intensification des projets d’unités de dessalement. Il instruit le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de finaliser les réformes complémentaires des sous-secteurs de l’hydraulique urbaine et de l’hydraulique rurale, de redéfinir à l’horizon 2050, les schémas directeurs en matière d’hydraulique et d’assainissement et d’actualiser la gouvernance globale, le modèle économique et la régulation du secteur de l’Eau dans son intégralité.

Le President de la République demande au Premier Ministre de finaliser les textes relatifs au Code de l’Eau et à l’Autorité de régulation du secteur.

Enfin, il demande au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement et au Ministre en charge de l’Energie d’assurer un suivi permanent de l’état d’exécution des engagements du Sénégal, dans le cadre des projets de l’OMVS et de l’OMVG.

Prévention et lutte contre le cancer

Le Président de la République fait observer que la communauté internationale célèbre, ce 04 février 2026, la Journée mondiale contre le cancer. A cet égard, il demande de renforcer la prévention, la sensibilisation des populations et le dépistage précoce des cancers, notamment les cancers des enfants et des femmes. Le Chef de l’Etat indique l’urgence d’améliorer les modalités et facilités d’accès aux traitements et soins des patients et de finaliser la construction, l’équipement et la réception du Centre national d’Oncologie de Diamniadio. Dans ce sillage, il demande au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre d’un Programme national décennal de Prévention et de Lutte contre les cancers.  

Accélération de la territorialisation des politiques publiques

Considérant la territorialisation des politiques publiques comme un principe directeur de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, le Chef de l’Etat demande d’accélérer les processus de territorialisation des programmes et projets publics, en liaison avec les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat, sous la coordination des gouverneurs, préfets et sous-préfets. A cet égard, il exprime son attachement au désenclavement des territoires et terroirs, à travers l’accélération des programmes routiers, autoroutiers et de réalisation de pistes rurales et le déploiement des projets hydrauliques, numériques, d’électrification et de construction d’infrastructures communautaires et sociales de base.

Il demande également au Premier Ministre de veiller à l’accélération des programmes de résorption des abris provisoires et de modernisation des infrastructures scolaires, ainsi qu’à la réactualisation de la carte sanitaire intégrant les constructions de nouvelles structures et établissements de santé prévus dans l’ensemble des régions.

Dans le but de renforcer la montée en puissance des Pôles territoriaux de Développement et d’accentuer la doctrine d’un Etat de proximité, il annonce qu’il poursuivra ses visites économiques régulièrement dans les régions. Dans ce cadre, sa prochaine tournée aura lieu du 05 au 08 février 2026 dans les régions de Tambacounda et de Kédougou, afin d’évaluer et d’apprécier l’état de prise en charge des urgences et priorités économiques, sociales et environnementales.  

Vulgarisation de la vie et de l’œuvre de Cheikh Anta Diop

En perspective de la commémoration du quarantième (40ème) anniversaire du rappel à Dieu du Professeur Cheikh Anta DIOP, le 07 février 2026, le Chef de l’Etat rend un vibrant hommage, au nom de la Nation, à cet universitaire de renom, illustre patriote et panafricain convaincu, dont les travaux scientifiques et les prises de position nationales et internationales, ont fortement contribué à l’éveil des consciences. A cet effet, il demande au Gouvernement d’accentuer le désenclavement et la valorisation de Thieytou et de travailler avec la famille du disparu et toutes les autres parties prenantes, afin de vulgariser et perpétuer, dans les programmes scolaires, universitaires et les créations artistiques, l’œuvre monumentale de Cheikh Anta DIOP.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir effectué les 02 et 03 février 2026, une visite officielle en République du Congo, à l’invitation de Son Excellence le Président Denis Sassou NGUESSO.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur les points suivants :

Conseil présidentiel de l’Investissement

Le Premier Ministre a d’abord rendu compte au Président de la République de l’état de préparation du prochain Conseil présidentiel de l’Investissement (CPI), prévu en fin mars 2026. Ainsi, il a présenté le cadre rénové de pilotage et d’orientation des investissements. Abordant le cadre du partenariat entre le secteur privé et l’État, il souligne que dans l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, l’investissement privé, national et étranger, est au cœur de la stratégie de transformation économique. L’investissement privé s’impose, dès lors, comme moteur essentiel de la croissance, de la compétitivité, de la création d’emplois et de la souveraineté productive. Cette ambition implique le développement d’un nouveau type de partenariat entre l’État et le secteur privé, qui concourt à l’accroissement de l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Le Premier Ministre a souligné la trajectoire globalement ascendante des investissements privés au Sénégal, qui traduit un renforcement de l’attractivité économique du pays, confirmé par les performances récentes relatées par le rapport Business Ready. Dans ce contexte, le renforcement du cadre de dialogue, de décision et de pilotage des réformes en faveur de l’investissement privé apparaît comme un levier central pour consolider la confiance des investisseurs, orienter les flux vers les priorités stratégiques nationales et maximiser leur impact économique.

Pour le Premier Ministre, le CPI rénové vise à accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement. Ce nouveau format du Conseil présidentiel de l’Investissement repose sur une organisation institutionnelle resserrée et hiérarchisée, avec une Session présidentielle, un Conseil interministériel et un Comité de suivi.

Concernant les livrables attendus, il s’agit de rapports réguliers notamment le rapport général d’évaluation du dispositif d’incitation, le rapport sur les réformes favorables à l’investissement, le rapport sur les procédures digitalisées, le rapport sur la couverture territoriale et le progrès industriel, ainsi que le rapport de suivi-évaluation de l’Initiative « Sunu champion ».

Le Premier Ministre a fait noter que le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’Investissement fera l’objet de concertations avec le secteur privé en présence des administrations impliquées et a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, de mettre en œuvre, en relation avec l’APIX, toutes les diligences requises pour la finalisation de cet important projet.

Compte rendu de la Mission au Maroc

Le Premier Ministre a rendu compte de sa mission effectuée au Royaume du Maroc dans le cadre de la quinzième (15ème) Grande Commission mixte de coopération sénégalomarocaine, au cours de laquelle dixsept (17) nouveaux accords et mémorandums d’entente couvrant les domaines industriel, minier, agricole, numérique, logistique et de la formation ont été signés. En marge de la Commission mixte, des audiences bilatérales ont été organisées avec des opérateurs économiques marocains présents ou intéressés par le Sénégal. Il a également fait part de sa visite du complexe industriel intégré de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) Group.

Le Premier Ministre a demandé à tous les ministères impliqués de transmettre à la Primature un plan d’actions détaillé de mise en œuvre des accords et engagements issus de cette mission, assorti d’un cadre de concertation régulière avec les partenaires marocains et avec des acteurs économiques nationaux.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre d’Etat auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de l’Evaluation de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, a présenté une communication portant sur la structuration et la modernisation des processus.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris la décision suivante :

Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n°624 582/I, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, en remplacement de Madame Seynabou NIANG.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Sénégal–DP World : l’État réaffirme un partenariat stratégique au service de la compétitivité portuaire

La ministre des Pêches et de l’Économie maritime, le Dr Fatou Diouf, a réaffirmé ce mardi l’engagement ferme du gouvernement du Sénégal à renforcer et pérenniser le partenariat stratégique avec l’opérateur portuaire DP World. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la présentation du rapport d’impact socio-économique de DP World au Sénégal, un document de référence qui met en évidence les retombées économiques, sociales et structurelles de cette collaboration entamée depuis plus d’une décennie.

Transmettant les salutations du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, la ministre a souligné « l’attention toute particulière » que les plus hautes autorités de l’État accordent aux initiatives visant à consolider le positionnement maritime et portuaire du Sénégal. Pour le gouvernement, le secteur portuaire constitue un pilier stratégique de la transformation économique nationale, à la croisée des enjeux de compétitivité, de souveraineté et d’intégration régionale.

Depuis 2008, DP World exploite le terminal à conteneurs du port autonome de Dakar. Selon le Dr Fatou Diouf, cette collaboration a permis d’impulser des investissements structurants, de moderniser les infrastructures portuaires et de renforcer de manière significative la compétitivité du port de Dakar. Grâce à ces efforts conjoints, la plateforme portuaire dakaroise s’est imposée comme un hub logistique de premier plan en Afrique de l’Ouest et en Afrique subsaharienne.

Les performances enregistrées ces dernières années illustrent concrètement cette dynamique. En 2024, le port de Dakar a été distingué comme meilleur port à conteneurs d’Afrique subsaharienne et meilleur port en Afrique de l’Ouest par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Une reconnaissance internationale que la ministre a qualifiée de « source de fierté nationale » et qui, selon elle, démontre l’efficacité des partenariats stratégiques bien coordonnés entre l’État et le secteur privé.

Le rapport d’Oxford Economics, présenté lors de la séance, documente de manière détaillée l’impact économique majeur de DP World au Sénégal. Il met en lumière la contribution de l’opérateur à la création d’emplois directs et indirects, à l’augmentation du produit intérieur brut et à la dynamisation des chaînes de valeur locales, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique et des services connexes. Ces retombées, a souligné la ministre, participent pleinement à l’inclusion économique et à la création de richesses durables.

Dr Fatou Diouf a également salué les avancées notables enregistrées en matière de digitalisation des procédures portuaires. La mise en place et le renforcement du guichet unique portuaire ont permis de simplifier les formalités administratives, de réduire les délais de traitement et de fluidifier les opérations logistiques. Cette modernisation, fruit d’une coopération étroite entre le Port autonome de Dakar, l’administration des douanes, les services de l’État et les opérateurs privés, contribue directement à l’amélioration du climat des affaires et à la compétitivité globale du port.

La ministre a par ailleurs insisté sur l’importance stratégique du projet du port multifonction de Ndayane, qu’elle a présenté comme une infrastructure de dimension internationale dont la réalisation progresse de manière satisfaisante. Ce futur port en eau profonde permettra au Sénégal d’accueillir les plus grands navires et de se conformer aux standards internationaux les plus exigeants du commerce maritime mondial. À terme, Ndayane renforcera la capacité logistique nationale et consolidera la position du Sénégal comme hub majeur du commerce africain et mondial.

L’ensemble de ces réalisations s’inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation 2025-2029 et de la Vision Sénégal 2050, portés par le président Bassirou Diomaye Faye et mis en œuvre par le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko. Dans cette perspective, le secteur maritime et portuaire occupe une place centrale en tant que levier de souveraineté économique, de développement durable et de rayonnement international du Sénégal. Pour le Dr Fatou Diouf, le renforcement du partenariat avec DP World constitue ainsi un choix stratégique assumé, au service d’un Sénégal résolument tourné vers l’avenir et les échanges mondiaux.

Quitter la version mobile