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Iran : un conseil intérimaire mis en place après la mort d’Ali Khamenei dans des frappes israélo-américaines

L’Iran est entré dans une phase institutionnelle inédite après l’annonce officielle, dimanche, du décès du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamanei , tué lors d’attaques attribuées à Israël et aux États-Unis. Cette disparition, confirmée par les autorités iraniennes, marque un tournant majeur pour la République islamique et ouvre une période de transition politique sous haute tension.

Dans un communiqué diffusé par les médias d’État, les autorités ont annoncé la création d’un conseil intérimaire de direction chargé d’assurer la continuité du leadership jusqu’à la désignation d’un nouveau Guide suprême. Cette mesure s’appuie sur l’article 111 de la Constitution iranienne, qui prévoit un mécanisme institutionnel en cas de vacance du poste suprême.

Selon les précisions apportées par Mohsen Dehnavi, porte-parole du Conseil de discernement de l’expédition, la mise en place de cette instance s’inscrit strictement dans le cadre constitutionnel. Le conseil intérimaire est composé du président de la République, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire, ainsi que d’un membre clérical du Conseil des gardiens. L’ayatollah Alireza Arafi, également membre du Conseil des Gardiens , a été désigné pour siéger au sein de cette structure provisoire.

Le rôle de ce conseil intérimaire est d’assurer la stabilité institutionnelle et de superviser les affaires stratégiques du pays en attendant l’élection d’un nouveau Guide suprême par l’Assemblée des experts , organe religieux chargé constitutionnellement de nommer et, le cas échéant, de destituer le Guide suprême. Cette assemblée, composée de religieux élus au suffrage universel, détient la responsabilité exclusive de choisir le successeur.

La disparition d’Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, intervient dans un contexte de fortes tensions régionales. Les frappes israéliennes et américaines, qui auraient également coûté la vie à plusieurs hauts responsables militaires et politiques iraniens, aggravent une situation déjà marquée par des confrontations indirectes et des rivalités stratégiques persistantes au Moyen-Orient.

Sur le plan interne, la transition s’annonce délicate. Le Guide suprême concentre en Iran l’essentiel des pouvoirs politiques, militaires et religieux. Il est le chef des forces armées, supervise les grandes orientations de la politique étrangère et dispose d’une autorité déterminante sur les institutions clés du régime. Sa disparition soulève donc des interrogations majeures sur l’équilibre des forces au sein du système iranien et sur les luttes d’influence potentielles entre les différentes factions du pouvoir.

Mort d’Ali Khamenei : Mohammad Baqer Ghalibaf menace Washington et Tel-Aviv et promet une riposte « douloureuse »

La disparition du guide suprême iranien, Ali Khamanei, marque un tournant historique pour la République islamique et ouvre une période d’incertitudes politiques majeures dans un contexte régional déjà explosif. Dimanche, le président du Parlement iranien, Mohammed Baqar Ghalibaf, est monté au créneau pour adresser un message ferme aux États-Unis et à Israël, affirmant que Téhéran s’est préparé « à tous les scénarios » et que des plans sont déjà en place pour l’ère post-Khamenei.

Dans un communiqué aux accents martiaux, Ghalibaf a assuré que la transition ne prendra pas l’Iran au dépourvu. Selon lui, les institutions de la République islamique ont anticipé la disparition du guide suprême et organisé la continuité du pouvoir. Cette déclaration vise à rassurer sur la stabilité interne du régime, alors que le guide suprême concentrait depuis plus de trois décennies l’essentiel de l’autorité politique, religieuse et stratégique du pays.

Mais au-delà de la question institutionnelle, le ton employé par le président du Parlement s’est surtout distingué par la virulence de ses attaques contre Washington et Tel-Aviv. Il a accusé le président américain, Donald Trump, ainsi que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, d’avoir « franchi la ligne rouge » de l’Iran. « Trump et Netanyahu ont franchi notre ligne rouge et en paieront le prix », a-t-il déclaré, promettant des représailles d’une ampleur telle que les adversaires de Téhéran « supplieront ».

Ces propos s’inscrivent dans un climat de confrontation intense entre l’Iran, les États-Unis et Israël, marqué par des échanges indirects, des frappes ciblées et une guerre d’influence qui s’étend de la Syrie au Liban, en passant par le Golfe. La mort d’Ali Khamenei pourrait redessiner les équilibres internes du pouvoir iranien, mais elle ne semble pas, à en croire Ghalibaf, modifier la ligne stratégique du pays face à ses ennemis déclarés.

En affirmant que « les États-Unis et le régime sioniste sont des ennemis de l’Iran, pas seulement de la République islamique », le président du Parlement a cherché à élargir la portée idéologique du conflit. Il ne s’agirait plus seulement d’une opposition au système politique en place, mais d’une hostilité perçue comme structurelle envers la nation iranienne elle-même. Une rhétorique qui renforce la dimension nationaliste et mobilisatrice du discours officiel à un moment charnière.

La période qui s’ouvre s’annonce décisive pour l’Iran. Conformément à la Constitution, l’Assemblée des experts devra désigner un nouveau guide suprême, un choix déterminant pour l’orientation future du pays. En attendant, les déclarations de Mohammad Baqer Ghalibaf traduisent la volonté des autorités iraniennes d’afficher fermeté et cohésion, tout en envoyant un signal clair à leurs adversaires : la disparition d’Ali Khamenei ne signifiera ni affaiblissement ni renoncement sur le plan stratégique.

VIH au Sénégal : la Dre Safiétou Thiam appelle à dépasser les préjugés et à renforcer la prévention ciblée

L’affaire Pape Cheikh Diallo et Cie a ravivé au Sénégal un débat sensible et souvent passionnel sur les modes de transmission du VIH. Dans un contexte marqué par une recrudescence de prises de position parfois approximatives, la Dre Safiétou Thiam, directrice exécutive du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), a tenu à rétablir les faits scientifiques lors de son passage sur le plateau de l’émission « Jury du dimanche » sur iTV.

D’emblée, elle a rappelé une réalité épidémiologique souvent méconnue : le VIH circule relativement peu dans la population générale sénégalaise. Avec une prévalence nationale estimée à moins de 0,5 %, le Sénégal demeure l’un des pays d’Afrique de l’Ouest où l’épidémie est dite « concentrée ». Toutefois, cette moyenne masque de profondes disparités.

À Dakar, a-t-elle révélé, la prévalence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes dépasse les 27 %. Ce chiffre, très supérieur à la moyenne nationale, illustre la concentration du virus dans certains groupes dits « à haut risque ». Selon la Dre Thiam, cette situation ne peut être analysée sans tenir compte des facteurs sociaux. La marginalisation, la stigmatisation et la criminalisation de certaines pratiques poussent ces communautés vers la clandestinité, les éloignant des structures de prévention, de dépistage et de prise en charge médicale. Ce repli favorise une circulation plus intense du virus au sein de réseaux fermés et complique les efforts de santé publique.

La directrice du CNLS a insisté sur la nécessité d’adopter une approche fondée sur la science et non sur le jugement moral. Elle a rappelé que l’efficacité des politiques de lutte contre le VIH repose sur l’accès universel à l’information, aux services de dépistage, aux traitements antirétroviraux et à l’accompagnement psychosocial. Exclure ou pointer du doigt des groupes spécifiques ne fait, selon elle, qu’aggraver le problème en renforçant la peur et le silence.

Un autre point soulevé par la Dre Thiam concerne la vulnérabilité des mineurs, qu’elle qualifie de « gravité exceptionnelle ». Elle a dénoncé des cas d’abus impliquant des enfants parfois âgés de seulement 7 ou 8 ans. Ces situations, souvent dissimulées, surviennent fréquemment dans le cercle familial ou dans des structures supposées offrir protection et encadrement. « Ces enfants sont des victimes, avant tout », a-t-elle martelé, soulignant qu’ils sont initiés par des adultes en qui la société place sa confiance. Au-delà de l’horreur des faits, ces violences exposent les mineurs à un risque accru d’infection par le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles, tout en laissant des séquelles psychologiques profondes.

Dans son intervention, la Dre Thiam a également rappelé un principe fondamental de la lutte moderne contre le VIH : le TasP, pour Treatment as Prevention. Ce concept scientifique, aujourd’hui solidement établi, signifie qu’une personne vivant avec le VIH et suivant correctement son traitement antirétroviral, avec une charge virale devenue indétectable, ne transmet plus le virus à ses partenaires sexuels. Cette donnée, validée par de nombreuses études internationales, devrait, selon elle, transformer le regard porté sur les personnes séropositives. Loin d’être des vecteurs permanents de contamination, elles peuvent mener une vie normale, fonder une famille et avoir des relations sans risque de transmission, à condition d’être diagnostiquées et correctement suivies.

À travers son intervention, la Dre Safiétou Thiam a ainsi plaidé pour un débat apaisé, ancré dans la rigueur scientifique. Elle a rappelé que la lutte contre le VIH ne peut se gagner ni par la stigmatisation ni par la peur, mais par l’éducation, la prévention ciblée, la protection des plus vulnérables et l’accès équitable aux soins. Dans un contexte où les polémiques risquent de brouiller les messages de santé publique, son appel à la responsabilité collective résonne comme un avertissement : sans solidarité et sans vérité scientifique, les avancées obtenues au fil des années pourraient être fragilisées.

Journée internationale des maladies rares à l’UCAD : un plaidoyer fort pour l’inclusion scolaire et un meilleur accès aux soins

Les maladies rares constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique et une problématique de droits humains encore trop peu prise en compte. Si chaque pathologie concerne un nombre limité de personnes, elles touchent cumulativement plus de 300 millions d’individus à travers le monde, dont une majorité d’enfants. Dans 80 % des cas d’origine génétique, ces affections sont chroniques, évolutives et souvent lourdement invalidantes. Elles impactent profondément la santé des patients, mais également leur parcours scolaire, leur intégration sociale et la qualité de vie de leurs familles.

C’est dans cette perspective que l’Association Tawawuma Assistance Handicap des Maladies Rares du Sénégal, en collaboration avec la Société sénégalaise de Génétique Humaine (S2GH), a célébré la quatrième édition de la Journée internationale des maladies rares au Sénégal, ce samedi 28 février, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La rencontre a réuni des spécialistes, des médecins, des chercheurs ainsi que des familles concernées, dans un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de réflexion sur les défis liés à la prise en charge des maladies rares.

Prenant la parole à cette occasion, le président de l’association, Ibrahim Aïdara Ndiaye, a exprimé sa gratitude à la Société sénégalaise de Génétique Humaine pour son accompagnement dans l’organisation de cette quatrième édition. Il a souligné l’importance d’unir les forces médicales, institutionnelles et communautaires afin de transformer un combat individuel en une dynamique collective. Selon lui, la lutte contre les maladies rares nécessite une approche concertée, intégrant à la fois la recherche scientifique, la sensibilisation, l’amélioration du diagnostic précoce et l’accès équitable aux soins spécialisés.

Soutenu par la marraine de l’événement, le Dr Isseu Tall Diop, et le parrain, le Dr Aloyse Benoit Diouf, directeur du Centre Talibou Dabo, Ibrahim Aïdara Ndiaye a insisté sur la nécessité de valoriser les solutions locales existantes tout en développant de nouveaux mécanismes d’accompagnement. L’accent a été particulièrement mis sur l’inclusion scolaire, thème central de cette édition placée sous le slogan « Inclusion scolaire et accès aux soins pour les enfants atteints de maladies rares ».

Le président de l’association a rappelé que le milieu scolaire représente un socle fondamental pour le développement de tout enfant au Sénégal. Pourtant, de nombreux enfants atteints de maladies rares sont contraints d’interrompre leur scolarité en raison de l’absence d’infrastructures adaptées, d’un encadrement spécialisé insuffisant ou d’un manque de compréhension de leurs besoins spécifiques. Cette exclusion fragilise davantage des familles déjà confrontées à des parcours médicaux complexes et coûteux.

Dans cette dynamique, le modèle du Centre Talibou Dabo a été cité comme une référence en matière d’accompagnement et de prise en charge des enfants en situation de handicap ou atteints de pathologies invalidantes. Selon les organisateurs, ce centre incarne une approche intégrée qui combine soins, rééducation et accompagnement vers la scolarisation. Ibrahim Aïdara Ndiaye a ainsi lancé un appel aux autorités pour l’octroi d’un statut renforcé au Centre Talibou Dabo, afin qu’il puisse servir de modèle structurant pour l’ensemble des familles touchées par les maladies rares au Sénégal.

Au-delà de la commémoration, cette journée s’est voulue un moment de plaidoyer et de mobilisation. Les intervenants ont insisté sur l’urgence d’élaborer une stratégie nationale dédiée aux maladies rares, incluant le renforcement des capacités en génétique médicale, la mise en place de registres nationaux, l’amélioration de l’accessibilité financière aux traitements et l’intégration effective des enfants concernés dans le système éducatif classique ou adapté.

Ndogou présidentiel : derrière la convivialité, les fractures politiques au sein de Pastef

L’invitation à un « ndogou » adressée aux députés du régime par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter interrogations et commentaires au sein de la classe politique sénégalaise. Présentée comme un moment de partage en ce mois de Ramadan, la rencontre a rapidement pris une dimension éminemment politique, révélant des tensions internes que beaucoup soupçonnaient déjà au sein du parti Pastef.

Interrogé par Dakaractu, l’analyste politique Malaw Kanté estime qu’il n’y avait « pas grande surprise » autour de cette initiative. Selon lui, la tenue de ce ndogou relevait d’une logique attendue, dans un contexte marqué par des crispations perceptibles entre différentes sensibilités du parti. « On s’y attendait vraiment », confie-t-il, considérant que cette rencontre offrait à la fois au chef de l’État et aux parlementaires l’occasion de « régler le contentieux ».

Depuis plusieurs semaines, des signaux de malaise traversent en effet les rangs de Pastef. Des clivages internes seraient apparus, opposant des députés perçus comme « pro-Sonko » à d’autres considérés comme « pro-Diomaye ». Cette fracture, encore feutrée publiquement, traduirait des divergences d’orientation politique et stratégique entre le président de la République et son Premier ministre, Ousmane Sonko, figure centrale du parti et leader historique du mouvement.

Pour Malaw Kanté, le ndogou présidentiel a ainsi dépassé le cadre symbolique d’une rupture du jeûne pour prendre les allures d’un véritable règlement de comptes politique. Certains députés seraient venus avec l’intention de poser des questions directes au chef de l’État ou de soulever des préoccupations jugées pressantes. De son côté, le président aurait profité de l’occasion pour apporter des éclaircissements sur un certain nombre de sujets sensibles et tenter de reprendre l’initiative.

L’analyste n’écarte pas non plus une dimension stratégique dans la démarche du chef de l’État. En recevant d’abord les députés de la majorité pour discuter de questions politiques, Bassirou Diomaye Faye pourrait ouvrir la voie à d’autres consultations avec des entités plus larges, notamment au sein de la coalition qui l’a porté au pouvoir. Cette dynamique pourrait s’inscrire dans une volonté de réorganiser les équilibres internes et de consolider son autorité.

Cependant, selon les échos rapportés, la réunion ne se serait « pas très bien tournée ». Si aucune communication officielle détaillée n’a été publiée par la présidence, certaines prises de parole de députés laissent entendre que les échanges ont été francs, voire tendus. Pour Malaw Kanté, cet épisode a surtout permis aux Sénégalais de constater plus nettement l’existence d’un malaise profond au sommet de l’État.

Il regrette d’ailleurs le déficit de communication autour de cette rencontre. À ses yeux, l’absence de communiqué clair et structuré de la part de la présidence alimente les spéculations et renforce les interrogations sur la nature réelle des discussions. « La présidence ne fait jamais de communiqué ou ne donne jamais d’informations claires et précises lors de ce genre de rencontre », déplore-t-il, soulignant que l’opinion publique doit se contenter de déclarations fragmentaires de certains parlementaires pour tenter de reconstituer le fil des échanges.

Au-delà de l’événement ponctuel, l’analyste estime que « le mal est profond » au sein de Pastef. Si des tentatives de dialogue, de négociation ou de réconciliation sont encore perceptibles, il considère qu’une « ligne rouge » est progressivement en train d’être franchie. À moyen ou long terme, il n’exclut pas l’hypothèse d’un divorce politique entre le président et son Premier ministre.

Citer dans l’Affaire des nervis impliquant Pape Malick NDOUR et Abdoulaye TOURE,Makhtar AIDARA à émigré.

Les faits remontent dans les événements politiques de 2021/2022 faisant suite à des manifestations causant de nombreux dégâts.


‎Les attaques de manifestants dans la mairie de Pikine Est avaient causés des destructions majeurs y compris le bureau de M. Makhtar AIDARA chef de cabinet de Issakha DIOP Ministre d’alors incendier.


‎Il s’en ai suivi des attaques personnel, des menaces de mort ainsi que des images de M. AIDARA partager dans les réseaux sociaux par les PASTEFIENS, présenter comme recruteur de nervis de l’APR qui doit payer de ses actes.


‎Des menaces exécuter M. AIDARA a été Sauvagement tabasser à son domicile ses    parents attaqués conduisant a sa fuite ainsi que toute sa famille.


‎Citer dans l’affaire des nervis impliquant M. Pape Malick NDOUR et M. Abdoulaye TOURE, Makhtar AIDARA a pris l’option d’émigrer pour ne pas subir les atrocités de la persécution.


‎Aujourd’hui Beaucoup de demandes d’extradition son lancer a son encontre    pour tirer les choses au claire.

Citer dans l'Affaire des nervis impliquant Pape Malick NDOUR et Abdoulaye TOURE,Makhtar AIDARA à...

Paris : Serigne Mboup plaide pour un nouvel élan économique des territoires sénégalais

La participation du maire Serigne Mboup au Salon international de l’Agriculture de Paris dépasse le cadre d’une simple présence institutionnelle. À travers son intervention dans la capitale française, l’édile de Kaolack a surtout posé les bases d’une stratégie de diplomatie économique visant à repositionner les territoires sénégalais dans les circuits internationaux d’investissement agricole et agro-industriel.

Une vitrine internationale pour attirer les capitaux

Dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles opportunités de financement pour l’agriculture africaine, la prise de parole du maire s’inscrit dans une logique de promotion économique territoriale. Devant des investisseurs, opérateurs agricoles et décideurs économiques réunis à Paris, Serigne Mboup a présenté le potentiel productif du Sénégal, mettant particulièrement en avant les capacités commerciales et logistiques de Kaolack, considérée comme un carrefour stratégique du bassin arachidier.

L’objectif affiché est clair : convaincre les partenaires internationaux que les collectivités locales peuvent devenir des pôles d’investissement crédibles, capables d’accompagner la transformation agricole et la création de chaînes de valeur compétitives.

L’entrepreneuriat féminin comme levier de croissance

Sous l’angle économique, l’intervention a également insisté sur la nécessité d’un meilleur accès au financement pour les femmes entrepreneures. Selon le maire, l’économie locale ne pourra atteindre un niveau de croissance durable sans une inclusion renforcée des initiatives portées par les femmes, notamment dans la transformation agroalimentaire et le commerce.

Ce plaidoyer rejoint une tendance observée dans plusieurs économies africaines, où l’entrepreneuriat féminin constitue un moteur essentiel de création d’emplois, tant informels que formels. L’enjeu demeure désormais la structuration des mécanismes d’accompagnement ainsi que la réduction des barrières administratives et financières.

Diaspora et investissements : un potentiel encore sous-exploité

Autre axe majeur de son discours : la contribution économique de la diaspora africaine. Serigne Mboup a souligné le paradoxe entre l’importance des investissements réalisés par les Africains en Europe et leur faible orientation vers des projets productifs structurants dans leurs territoires d’origine.

D’un point de vue économique, cette réflexion ouvre le débat sur la mise en place d’outils financiers adaptés — fonds d’investissement territoriaux, garanties publiques ou incitations fiscales — capables de transformer les transferts individuels en investissements collectifs générateurs de valeur.

Vers une territorialisation des politiques économiques

Au-delà du message politique, la participation de Kaolack à ce rendez-vous international illustre une évolution notable : les collectivités locales cherchent désormais à jouer un rôle direct dans la diplomatie économique, traditionnellement réservée aux États.

En mettant en avant les besoins des porteurs de projets et la nécessité d’une synergie entre pouvoirs publics et secteur privé, le maire de Kaolack défend une approche décentralisée du développement économique. Une stratégie qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité des villes secondaires sénégalaises et accélérer la transformation locale des productions agricoles.

Ainsi, la présence de Kaolack au Salon de l’Agriculture apparaît moins comme un événement protocolaire que comme une opération de positionnement économique international visant à connecter les initiatives locales aux dynamiques globales d’investissement et d’innovation agricole.

Kaolack : une décennie d’engagement social et spirituel célébrée autour de Moussa Fall

À Kaolack, l’action communautaire ne se limite pas aux initiatives économiques. Elle s’inscrit également dans une dynamique spirituelle et sociale où la solidarité, la confiance et les valeurs religieuses constituent les fondements du développement local. C’est dans cet esprit que s’est tenue la conférence annuelle du GIE SOPE NABY, marquant plus d’une décennie de collaboration avec APRODEL, dirigée par Moussa Fall.

Un engagement guidé par des valeurs de foi et de service

Depuis douze ans, Moussa Fall accompagne cette initiative communautaire en qualité de parrain historique. Au-delà du partenariat institutionnel, cette collaboration repose sur des principes profondément ancrés dans les valeurs religieuses : entraide, responsabilité collective et promotion du bien-être social.

Partie d’une initiative modeste, « Sope Naby » s’est progressivement transformée en un véritable outil de solidarité économique. Aujourd’hui dotée de plusieurs succursales, la structure agit comme une caisse communautaire permettant de soutenir les activités génératrices de revenus, notamment celles des femmes et des jeunes, dans un esprit proche des principes de finance solidaire encouragés par les enseignements religieux.

La conférence, un espace de sensibilisation spirituelle et sociale

La rencontre a également été marquée par une conférence religieuse animée par Tafsir Abdourahmane Gaye, qui a rappelé le rôle de la foi dans la cohésion sociale et la responsabilité individuelle envers la communauté. Le message central a insisté sur l’importance du travail honnête, du partage et de la solidarité comme piliers d’une société équilibrée.

Prenant la parole, Pape Samba Bessane a salué le parcours de Moussa Fall, soulignant plus de vingt années d’engagement continu auprès des populations. Selon lui, cet accompagnement traduit une vision du leadership inspirée par le service et la proximité avec les citoyens.

Entre convictions religieuses et prises de position sociétales

En marge de l’événement, Moussa Fall s’est exprimé sur certaines questions d’actualité nationale, adoptant une posture qu’il présente comme conforme aux valeurs religieuses et culturelles majoritaires. Il a appelé les autorités publiques à assumer leurs responsabilités dans les débats sociétaux en cours, estimant que les décisions politiques doivent rester en adéquation avec les convictions morales de la société.

Un plaidoyer pour la dignité du monde rural

L’intervention du président de l’APRODEL s’est également tournée vers les réalités du monde rural. Évoquant les difficultés rencontrées par les agriculteurs, notamment les producteurs d’arachide, il a plaidé pour davantage d’écoute et d’accompagnement de l’État, rappelant que la justice sociale et la préservation de la dignité des travailleurs constituent des principes essentiels prônés par la religion.

Un modèle d’action communautaire inspiré par la spiritualité

À travers cette collaboration durable, Moussa Fall et le GIE SOPE NABY illustrent une approche du développement où économie et spiritualité se rejoignent. L’initiative démontre que la mobilisation communautaire, lorsqu’elle s’appuie sur des valeurs morales fortes, peut devenir un puissant levier de transformation sociale.

Ainsi, au-delà d’une simple conférence, l’événement apparaît comme le symbole d’un développement enraciné dans la foi, la solidarité et l’engagement au service des populations.

Frappes iraniennes contre des bases américaines dans le Golfe : la Cinquième flotte visée à Bahreïn

Les tensions au Moyen-Orient ont franchi un nouveau seuil ce samedi après l’annonce par les Gardiens de la révolution iraniens avoir mené des frappes contre des installations militaires américaines dans la région du Golfe. Selon un communiqué relayé par l’agence de presse Tasnim, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) affirme avoir ciblé le quartier général de la Cinquième flotte de l’US Navy stationnée à Bahreïn, ainsi que d’autres bases américaines situées au Qatar et aux Émirats arabes unis.

D’après les autorités iraniennes, l’opération aurait été menée à l’aide de missiles et de drones, présentés comme une riposte à des actions jugées hostiles par Téhéran. Le communiqué évoque également des frappes contre des « centres militaires et de sécurité situés au cœur des territoires occupés », une formule généralement employée par l’Iran pour désigner Israël. Les responsables iraniens n’ont toutefois pas fourni de bilan précis ni de détails sur l’ampleur des dégâts causés par ces attaques.

Plus tôt dans la journée, l’État de Bahreïn avait indiqué que la base abritant la Cinquième flotte américaine avait été touchée par une attaque de missiles, sans préciser l’origine des tirs. Des sources sécuritaires régionales ont confirmé que des systèmes de défense aérienne avaient été activés dans plusieurs pays du Golfe, notamment au Qatar et aux Émirats arabes unis, afin d’intercepter des projectiles en approche.

La Cinquième flotte américaine, basée à Manama, joue un rôle stratégique majeur dans la surveillance et la sécurisation des voies maritimes du Golfe arabo-persique, de la mer d’Oman et de la mer Rouge. Elle constitue un pilier du dispositif militaire américain dans la région, où sont stationnés des milliers de soldats et d’importants moyens navals et aériens.

Cette escalade intervient dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi par une multiplication d’incidents impliquant des groupes alliés de Téhéran au Liban, en Irak, en Syrie et au Yémen. Les analystes redoutent qu’une attaque directe revendiquée contre des installations américaines n’entraîne des représailles rapides de Washington, avec le risque d’un embrasement régional plus large.

Du côté américain, aucune déclaration officielle détaillée n’avait été publiée au moment de la diffusion du communiqué iranien. Toutefois, des responsables du Pentagone ont indiqué suivre de près la situation et évaluer les éventuels dégâts ainsi que l’état des personnels déployés sur les bases concernées.

Les marchés énergétiques et financiers pourraient réagir vivement à cette montée des tensions, la région du Golfe étant un carrefour stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Les appels à la retenue se multiplient au sein de la communauté internationale, alors que les chancelleries redoutent une confrontation militaire directe entre l’Iran et les États-Unis.

Présidentielle 2029 : Diomaye temporise sur une éventuelle candidature de Sonko

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , aurait tenu des propos mesurés sur l’avenir politique de son Premier ministre, Ousmane Sonko, à l’occasion du traditionnel « Ndogou Présidentiel » organisé au Palais de la République. Selon des révélations faites par le député Abdou Lahad Ndiaye lors d’une émission diffusée ce vendredi sur une chaîne privée locale, le chef de l’État ne se serait pas engagé sur une éventuelle candidature du leader de Pastef à l’élection présidentielle de 2029.

D’après le parlementaire, l’échange a eu lieu dans une atmosphère conviviale propre à la rupture collective du jeûne, mais la discussion aurait rapidement pris une tournure politique lorsque la question de l’avenir électoral d’Ousmane Sonko a été évoquée. C’est dans ce contexte que le président aurait déclaré que « la candidature du président de Pastef ne l’engage pas » et que « ce n’est pas le moment d’en parler ». Des propos rapportés indirectement, mais qui traduisent une volonté apparente de temporisation au sommet de l’État.

Cette posture prudente tranche avec l’image d’alignement total souvent affichée au sein de la coalition Diomaye Président depuis l’accession au pouvoir. En refusant de se projeter dès à présent sur l’échéance de 2029, Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une lecture institutionnelle de sa fonction, soucieux de ne pas apparaître comme partie prenante d’une dynamique électorale anticipée. À travers cette réserve, le chef de l’État pourrait chercher à préserver la séparation entre l’exercice du pouvoir et les ambitions partisanes, alors même que les spéculations sur l’après-mandat commencent à émerger dans le débat public.

Pour certains observateurs, cette prise de distance ne signifie pas nécessairement une divergence stratégique avec son Premier ministre. Elle pourrait plutôt refléter une gestion maîtrisée du tempo politique, dans un contexte où le gouvernement est encore engagé dans la mise en œuvre de ses réformes économiques et institutionnelles. Mettre en avant dès aujourd’hui la question de 2029 risquerait, selon cette analyse, de détourner l’attention des priorités immédiates et d’alimenter des rivalités prématurées au sein de la majorité.

D’autres, en revanche, y voient les premiers signes d’un repositionnement subtil au sein de la mouvance présidentielle. La perspective d’une candidature d’Ousmane Sonko à la prochaine présidentielle constitue un enjeu majeur pour la recomposition du paysage politique sénégalais. En déclarant que cette éventualité « ne l’engage pas », Bassirou Diomaye Faye enverrait un signal clair : le débat sur la succession ou la continuité ne saurait être tranché à ce stade, et encore moins scellé dans le cadre d’un événement à caractère protocolaire.

Dakar : la Brigade de recherches de Faidherbe démantèle un réseau présumé d’actes contre nature, deux personnes déférées au parquet

La Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, relevant de la compagnie de gendarmerie de Dakar, a procédé au démantèlement d’un réseau présumé d’actes contre nature opérant dans la capitale sénégalaise. L’opération fait suite à un travail de renseignement mené notamment dans les zones de la ZAC Mbao et de Ouakam. Deux personnes, identifiées comme O. Sall, étudiant sénégalais, et S. G. Preira, restaurateur de nationalité franco-sénégalaise, ont été interpellées et présentées au procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar.

Selon les éléments de l’enquête, les investigations ont été déclenchées après des informations transmises aux gendarmes par une jeune femme ayant infiltré un groupe d’échanges en ligne réunissant des individus se présentant comme transgenres, lesbiennes et homosexuelles. Se faisant passer pour une personne intéressée par ces pratiques, elle serait parvenue à intégrer le cercle et à entrer en contact avec certains membres influents. Un rendez-vous aurait été fixé dans un appartement situé à la ZAC Mbao pour une rencontre privée impliquant plusieurs participants.

Informés de la tenue imminente de cette rencontre, les gendarmes, opérant en civil, ont mis en place un dispositif de surveillance et d’intervention. Le jour convenu, O. Sall, âgé de 23 ans et étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion, serait arrivé le premier sur les lieux. D’après le dossier transmis au parquet, il aurait entrepris de contacter les autres participants afin de confirmer leur présence. Toutefois, l’intervention des forces de l’ordre aurait dissuadé ces derniers de se présenter.

Grâce aux images et échanges récupérés lors de l’infiltration du groupe, les enquêteurs ont pu identifier formellement O. Sall, qui a été interpellé sur place. Les investigations se sont ensuite poursuivies et ont conduit les gendarmes au domicile de S. G. Preira, 35 ans, restaurateur établi à Ouakam. Celui-ci a également été arrêté. Les enquêteurs indiquent que d’autres membres présumés du réseau auraient été identifiés, dont un journaliste d’une chaîne de télévision internationale actuellement hors du territoire national et activement recherché.

L’enquête a permis d’établir que les mis en cause échangeaient via des applications de rencontre et des réseaux sociaux tels que TikTok, WhatsApp et Grindr. Lors de son audition, O. Sall a reconnu avoir entretenu à trois reprises des relations intimes avec des personnes de même sexe, notamment avec un journaliste étranger rencontré à Dakar-Plateau, avec S. G. Preira et avec un ressortissant français prénommé Jean. Il aurait déclaré avoir agi par curiosité tout en se présentant comme hétérosexuel. Il a admis avoir été un acteur actif dans les faits qui lui sont reprochés et aurait exprimé des regrets, selon des sources proches du parquet.

De son côté, S. G. Preira a affirmé avoir adopté un comportement efféminé depuis l’enfance. Il a reconnu avoir commis un acte similaire en France par le passé et avoir entretenu des échanges avec plusieurs contacts étrangers via des applications spécialisées. Se présentant comme sujet passif dans les faits évoqués, il a soutenu avoir agi par curiosité. Les deux mis en cause ont indiqué ne pas appartenir à une organisation structurée, tout en reconnaissant avoir été en contact avec des personnes évoluant dans le milieu LGBT. L’enquête aurait également mis en lumière l’existence de rapports sexuels non protégés.

Frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran : Téhéran sous tension maximale

Une nouvelle étape particulièrement grave vient d’être franchie dans la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Ce samedi matin, des frappes aériennes menées conjointement par Washington et Tel-Aviv ont visé plusieurs villes iraniennes, dont la capitale, Téhéran, provoquant une onde de choc diplomatique et militaire à l’échelle régionale et internationale.

Selon les médias d’État iraniens, plusieurs explosions ont été entendues dans différents quartiers de Téhéran. La télévision officielle a qualifié ces attaques d’« agression aérienne du régime sioniste », affirmant que sept impacts de missiles ont été enregistrés dans les quartiers de Keshvardoust et Pasteur. Cette dernière zone abrite notamment la résidence du guide suprême, Ali Khamanei. Des sources concordantes évoquent son transfert vers un lieu sécurisé, sans confirmation officielle immédiate de son entourage.

Le président iranien, massoud Pezeshkian, est « sain et sauf », selon l’agence officielle Irna. Aucune évaluation précise des pertes humaines ou des dégâts matériels n’a encore été communiquée par les autorités iraniennes. Toutefois, l’intensité des explosions et la nature des cibles visées laissent présager des dommages significatifs. Les autorités ont appelé la population au calme tout en plaçant les forces de sécurité en état d’alerte maximale.

À Washington, le président Donald Trump a confirmé le lancement d’« opérations de combat majeures » contre l’Iran. Il a précisé que ces frappes visaient à « détruire ses capacités de missiles et réduire à néant sa marine », affirmant vouloir neutraliser des « menaces imminentes » émanant de Téhéran. Dans une déclaration particulièrement offensive adressée au peuple iranien, il a estimé que « l’heure de votre liberté est à portée de main », un message susceptible d’être interprété par les autorités iraniennes comme un appel à un changement de régime.

Du côté israélien, le ministre de la Défense Israël Katz a décrété un état d’urgence immédiat et spécial sur l’ensemble du territoire. L’armée israélienne affirme avoir détecté des tirs de missiles iraniens en direction d’Israël peu après le début des frappes. Selon un communiqué militaire, les opérations israéliennes ont ciblé « des sites militaires stratégiques et des infrastructures liées aux missiles balistiques du régime iranien ». Les systèmes de défense antiaérienne ont été activés dans plusieurs régions.

La municipalité de Jérusalem a annoncé la fermeture des écoles et des bureaux administratifs jusqu’à lundi, invoquant le passage à un régime d’« activité essentielle » en raison du contexte sécuritaire. Cette mesure illustre la crainte d’une riposte iranienne de grande ampleur ou d’attaques menées par des groupes alliés de Téhéran dans la région.

Sur le plan politique intérieur, l’opposition israélienne, par la voix de Yair Lapid, a appelé à l’unité nationale. Il a déclaré que « dans des moments comme celui-là, nous restons unis et nous gagnons ensemble », affirmant que l’ensemble des forces politiques soutiennent l’armée et les décisions prises par le gouvernement face à la menace iranienne.

La tension dépasse désormais les frontières immédiates des pays impliqués. L’ambassade des États-Unis au Qatar a placé son personnel en confinement et recommandé à tous les ressortissants américains de « trouver un endroit sûr » jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure de précaution traduit la crainte d’une extension du conflit à l’ensemble du Golfe, où sont stationnées d’importantes forces américaines.

Babacar Mbaye Ngaraf : « Ce qui se passe dépasse les simples ponctions, c’est une atteinte à la dignité des enseignants »

Babacar Mbaye Ngaraf : « Ce qui se passe dépasse les simples ponctions, c’est une atteinte à la...

Dans une interview sans détour, Babacar Mbaye Ngaraf est revenu sur les ponctions opérées sur les salaires des enseignants et la crise persistante entre les organisations syndicales et le gouvernement. Un entretien marqué par un ton ferme, une dénonciation vigoureuse de la méthode employée par les autorités et un appel clair à l’unité syndicale.

Dès l’entame, le syndicaliste a tenu à préciser que les retenues sur salaire, en elles-mêmes, ne constituent pas un élément nouveau dans les luttes enseignantes. Selon lui, l’histoire a montré que ces mesures ont souvent produit l’effet inverse de celui recherché. « Les ponctions ont toujours dopé les ardeurs des enseignants », affirme-t-il, soulignant qu’elles renforcent généralement la mobilisation et la détermination.

Cependant, Babacar Mbaye Ngaraf établit une distinction nette entre des retenues légalement encadrées et ce qu’il considère comme des montants excessifs récemment prélevés. Il évoque des sommes allant de 80 000 à 180 000 FCFA, présentées comme concernant uniquement le mois de janvier. À ses yeux, ces chiffres posent un sérieux problème de légalité et de proportionnalité.

Pour lui, « ce qui se passe dépasse les simples ponctions ». Il parle d’une situation qui s’apparente à une injustice manifeste, d’autant plus préoccupante dans un contexte économique où l’État reconnaît lui-même des tensions budgétaires. Il s’interroge : comment justifier de telles retenues alors que le pays fait face à de multiples urgences sociales ?

Sur le plan stratégique, le responsable syndical annonce que des experts seront saisis afin de constituer un dossier solide en vue d’une éventuelle action devant les juridictions compétentes. Une démarche qui, selon lui, vise à situer les responsabilités dans le strict cadre du droit.

Mais l’interview ne s’est pas limitée à la question financière. Babacar Mbaye Ngaraf a également dénoncé ce qu’il qualifie de « préférence pour l’épreuve de force » au détriment du dialogue. Il regrette l’absence de discussions « sérieuses, franches et sincères » entre le gouvernement et les syndicats, et déplore une tentative de diabolisation des enseignants dans l’opinion publique.

À l’en croire, les Sénégalais restent lucides et capables de comprendre les enjeux réels de la crise. Il estime que fragiliser les enseignants, c’est fragiliser l’école publique elle-même, au risque de compromettre sa crédibilité et de décourager élèves et parents.

Enfin, Babacar Mbaye Ngaraf a lancé un appel à toutes les organisations syndicales du secteur pour une rationalisation de la table de négociation. Il plaide pour des mécanismes plus démocratiques permettant aux enseignants de choisir librement leurs représentants. Pour lui, l’unité et le dépassement des égos constituent désormais une condition essentielle pour faire face à la situation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°684 – 28/02/2026 ET 01/03/2026

🔴 INVITATION DU PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE ADRESSÉE AUX DÉPUTÉS DE PASTEF MARQUÉE PAR UN : BOYCOTT AUTOUR D’UN « NDOGU » PRÉSIDENTIEL
🔴 ADOPTION DE LA MISE EN ACCUSATION DE L’ANCIEN MINISTRE DE LA COMMUNICATION PAR L’ASSEMBLÉE NATIONALE : BOCAR OBTIENT SON TICKET POUR LA HAUTE COUR

🔴 INCIDENT À DAKAR ARENA : LA POLICE ÉVOQUE UN « QUIPROQUO FAMILIAL »

Invitation au Palais : des députés boycottent le « Ndogou » du président Diomaye

Une invitation présidentielle qui suscite la controverse. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a convié les députés du parti Pastef Les Patriotes à un « Ndogou » prévu ce vendredi 27 février 2026 au Palais de la République. Présentée comme une rencontre conviviale dans le cadre du mois de Ramadan, l’initiative ne fait cependant pas l’unanimité au sein du groupe parlementaire.

Dès l’annonce de l’événement, plusieurs députés ont publiquement décliné l’invitation, principalement à travers des publications sur les réseaux sociaux. Sur les 130 députés que compte l’Assemblée nationale du Sénégal, près d’une dizaine ont exprimé leur refus de prendre part à la rupture collective du jeûne organisée par le président de la République. Cette prise de position publique, inhabituelle dans ce type de circonstances, a rapidement alimenté les débats au sein de l’opinion.

Le député Cheikh Bara Ndiaye a été l’un des premiers à réagir, publiant sur sa page Facebook un message énigmatique : « Ndogou mystique gaay ame fofou ». Dans son sillage, d’autres parlementaires ont également fait connaître leur décision de ne pas se rendre au Palais. Parmi eux figurent notamment Fatou Cissé Goudiaby, Ramatoulaye Ndom, Cheikh Omar Bamba Diop, Seynabou Yacine Sambe, Mayabé Mbaye, Alla Kane, Ousmane Diop, Awa Sonko, Awa Seck et Fama Bachir Ba. Ces refus, exprimés de manière individuelle, traduisent des sensibilités divergentes au sein même de la majorité parlementaire.

Si aucune déclaration officielle détaillant les motivations de ces boycotts n’a été publiée collectivement, certains observateurs y voient l’expression de désaccords internes ou d’un malaise politique latent. D’autres estiment qu’il pourrait s’agir d’un geste symbolique visant à marquer une prise de distance par rapport à certaines orientations ou pratiques politiques.

Du côté de la direction du groupe parlementaire, le président Ayib Daffé a indiqué que la rencontre avait été validée par le Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant ainsi le caractère institutionnel et officiel de l’initiative. Cette précision vise à dissiper toute interprétation d’un événement informel ou partisan, en le replaçant dans le cadre des relations normales entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.

Le « Ndogou » présidentiel, traditionnellement perçu comme un moment de communion et de convivialité en période de Ramadan, prend ainsi une dimension politique inattendue. Entre cohésion de la majorité, liberté d’expression des élus et gestion des équilibres internes, cet épisode révèle les dynamiques complexes qui traversent la scène politique sénégalaise, même lors d’événements à vocation symbolique et religieuse.

Affaire Bocar Thiam : Djimo Souaré accuse l’Assemblée nationale de dérive politique

La mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice du Sénégal continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Au lendemain du vote de la résolution par l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Djimo Souaré, membre de l’Alliance pour la République (APR, opposition) et vice-président du groupe parlementaire Takku-Wallu, a vivement critiqué la procédure engagée contre l’ancien ministre de la Communication et des Télécommunications.

Selon lui, l’Assemblée nationale se serait « transformée en tribunal politique au service de l’exécutif », remettant en cause l’impartialité de l’institution parlementaire dans ce dossier. Djimo Souaré estime que la démarche adoptée ne repose sur aucune base légale solide et dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la procédure de mise en accusation. À ses yeux, le Parlement aurait outrepassé ses prérogatives en examinant une demande de l’exécutif sans fondement réglementaire clair.

Dans son argumentaire, le député soutient que les dispositions encadrant la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de justice ne figureraient pas explicitement dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il invoque à cet effet l’article 62 de la Constitution, qu’il interprète comme exigeant que tous les actes pris par l’Assemblée soient strictement circonscrits par son règlement intérieur. Toute initiative parlementaire engagée en dehors de ce cadre serait, selon lui, « nulle et non avenue ». Pour Djimo Souaré, cette lacune juridique entacherait la validité de la résolution adoptée le 27 février 2026.

Le député de l’APR affirme par ailleurs qu’aucun rapport émanant des corps de contrôle de l’État ne mettrait en cause la gestion de Moussa Bocar Thiam. Il cite notamment l’absence de conclusions défavorables provenant de la Cour des Comptes, de la CENTIF ou encore de l’Inspection générale des finances (IGF). En l’absence de tels éléments, il considère que les poursuites enclenchées relèvent davantage d’une décision politique que d’un processus fondé sur des constats techniques ou financiers établis par les organes compétents.

L’affaire trouve son origine dans le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant lancé sous l’ancien régime de Macky Sall. Ce programme avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Toutefois, les soutiens de l’ancien ministre estiment que sa responsabilité personnelle n’a pas été juridiquement établie à ce stade.

Cette nouvelle sortie de Djimo Souaré illustre la polarisation croissante autour de cette procédure inédite. Entre la volonté affichée de la majorité de faire toute la lumière sur la gestion passée et les accusations d’acharnement politique formulées par l’opposition, le dossier Moussa Bocar Thiam s’impose désormais comme un test majeur pour les institutions sénégalaises et pour l’équilibre entre responsabilité politique et respect des garanties constitutionnelles.

Affaire Haute Cour : Me Moussa Bocar Thiam conteste une décision « illégale » et annonce son retour au Sénégal

L’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, a réagi publiquement à la suite du vote de l’Assemblée nationale du Sénégal adoptant la résolution portant sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice du Sénégal. Dans une publication diffusée sur Facebook, il affirme « prendre acte » de cette décision qu’il qualifie néanmoins d’« illégale » et contraire à la Constitution.

Le vote intervenu le vendredi 27 février marque une étape déterminante dans la procédure engagée contre l’ancien membre du gouvernement de Macky Sall. La majorité parlementaire a validé son renvoi devant la juridiction compétente pour juger les ministres pour des faits présumés commis dans l’exercice de leurs fonctions. Pour Me Thiam, cette mise en accusation constitue une « violation flagrante de la Constitution », position qu’il maintient depuis le début de la procédure.

Malgré ses contestations, l’ancien ministre annonce son retour imminent au Sénégal. Il indique qu’il prendra « immédiatement des congés professionnels » au sein de son cabinet basé dans le Golfe afin de venir se mettre « à la disposition de la justice ». Il insiste sur son statut de « bon républicain », affirmant vouloir faire face aux accusations dans le respect des institutions, tout en dénonçant une manœuvre politique à son encontre.

Dans sa déclaration, Me Moussa Bocar Thiam évoque ce qu’il considère comme une « cabale politique » initiée par le Premier ministre Ousmane Sonko et son entourage. Selon lui, cette procédure viserait à affaiblir l’opposition à travers des actions judiciaires qu’il estime motivées par des considérations politiques. Il soutient que son retour au pays lui permettra de « démonter » les accusations et de défendre son honneur devant la Haute Cour de justice.

L’affaire concerne le dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet structurant du secteur numérique lancé sous l’ancien régime. Ce dossier avait déjà conduit à l’incarcération de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Depuis l’ouverture de la procédure, Me Thiam a constamment rejeté les charges retenues contre lui et engagé différentes actions juridiques pour tenter d’obtenir l’annulation de la mise en accusation. Des recours avaient notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats et le Conseil constitutionnel, sans succès.

L’évolution de ce dossier sera désormais scrutée de près, tant sur le plan judiciaire que politique. Le renvoi devant la Haute Cour de justice ouvre une nouvelle phase de la procédure, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.

UCAD : le SUDES/ESR rejette l’installation d’un commissariat sur le campus et plaide pour une réforme concertée

Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du supérieur et de la recherche (SUDES/ESR) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a exprimé, ce vendredi 27 février 2026, une opposition catégorique au projet gouvernemental visant à implanter un commissariat de police au cœur du campus social. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation syndicale met en garde contre ce qu’elle considère comme une réponse inadaptée aux défis sécuritaires de l’espace universitaire, tout en se montrant favorable à la délocalisation de certaines composantes académiques pour désengorger l’institution.

Sur le plan sécuritaire, le SUDES/ESR estime que l’installation permanente de la police nationale au sein du campus serait « contre-productive » et risquerait de transformer l’université en un espace de suspicion et de tension. Selon le bureau syndical, l’université doit demeurer un lieu de savoir, de débat et de liberté académique, et non un espace marqué par une présence policière continue. Le syndicat redoute notamment que cette mesure ne fragilise davantage le climat social déjà sensible dans les universités publiques sénégalaises, en alimentant un sentiment de défiance entre étudiants, enseignants et autorités.

Pour répondre aux préoccupations sécuritaires sans compromettre l’autonomie universitaire, le SUDES/ESR propose une alternative : renforcer les capacités des agents de sécurité du Centre des Œuvre Universitaires de Dakar (COUD). Le syndicat plaide pour la mise en place d’une véritable police universitaire de proximité, formée aux spécificités du milieu académique et apte à prévenir les incidents dans une logique de médiation et de dialogue. Une telle approche permettrait, selon lui, de concilier impératif de sécurité et respect des franchises universitaires.

En revanche, sur le volet académique, le syndicat se félicite de la volonté affichée par le gouvernement, notamment par le Premier ministre, de procéder à la délocalisation de certaines filières. Cette mesure, rappelle le SUDES/ESR, figurait déjà dans son cahier de doléances transmis en mai 2025. Face à la surpopulation chronique que connaît l’UCAD, le syndicat considère que le redéploiement progressif de certaines composantes constitue une solution structurelle pertinente pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Toutefois, le SUDES/ESR insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre réfléchie et concertée. Il préconise l’instauration d’un moratoire d’un an sur les nouvelles orientations dans les filières saturées afin de stabiliser les effectifs et de permettre une meilleure planification. À court terme, le recours à des solutions locatives dans la région de Dakar est également suggéré pour accueillir certaines activités pédagogiques, en attendant la mise en place d’infrastructures définitives.

En conclusion, le syndicat rappelle que la réussite de toute réforme universitaire repose sur l’adhésion des acteurs de terrain. Il réaffirme sa disponibilité au dialogue avec les autorités, tout en soulignant qu’aucune université au monde ne dispose d’un commissariat de police nationale installé de manière permanente en son sein. Pour le SUDES/ESR, l’enjeu est clair : sécuriser sans militariser, réformer sans précipiter, et surtout préserver l’esprit et l’autonomie de l’université sénégalaise.

Incursion présumée de soldats mauritaniens : Tahirou interpelle le gouvernement sur la souveraineté nationale

Le député Tahirou Sarr adresse une question écrite au Premier ministre pour exiger des clarifications, des démarches diplomatiques fermes et des garanties concrètes quant à la protection de l’intégrité territoriale et des populations du Nord.

QUESTION ÉCRITE AU GOUVERNEMENT

Adressée à Monsieur le Premier Ministre

Objet : Incursion de soldats mauritaniens sur le territoire sénégalais – Atteinte à la souveraineté nationale et silence préoccupant de l’État

Monsieur le Premier Ministre

Des informations concordantes font état d’une incursion de soldats mauritaniens sur le territoire de la République du Sénégal, dans des zones situées au nord du pays.

Si elles étaient avérées, ces incursions constitueraient un fait d’une extrême gravité. Les frontières du Sénégal ne sont ni symboliques ni négociables : elles sont l’expression concrète de notre souveraineté, du sacrifice de nos anciens et du fondement même de notre État. Leur caractère intangible ne saurait être relativisé par aucune considération circonstancielle.

Ce qui choque davantage encore, au-delà des faits eux-mêmes, c’est la communication tardive, voire aphone, des autorités compétentes. Face à une situation touchant à l’intégrité du territoire national, le silence ou l’ambiguïté de l’État nourrit l’inquiétude et affaiblit le sentiment de protection des citoyens.

Les populations du Nord, en première ligne, expriment aujourd’hui une profonde déception et un sentiment d’impuissance. Elles ont le sentiment que leur sécurité et la sacralité de leur territoire ne sont pas défendues avec la fermeté requise. Cette perception est dangereuse pour la cohésion nationale.

Le peuple sénégalais est attaché à la paix et à la coopération avec ses voisins. Mais la paix véritable ne peut exister sans respect strict des frontières et sans affirmation claire de notre souveraineté.

En conséquence, je vous demande solennellement :

  1. Le Gouvernement confirme-t-il formellement l’incursion de soldats mauritaniens sur le territoire national ?
  2. Si oui, pourquoi la représentation nationale et les populations concernées n’ont-elles pas été immédiatement et clairement informées ?
  3. Quelles protestations officielles ou démarches diplomatiques ont été engagées auprès des autorités mauritaniennes ?
  4. Quelles garanties concrètes pouvez-vous apporter quant au respect strict et durable de l’intégrité territoriale du Sénégal ?
  5. Quelles mesures urgentes le Gouvernement entend-il prendre pour rassurer et protéger les populations du Nord, qui se sentent aujourd’hui plus exposées et délaissées ?
  6. Où devons-nous faire abstraction d’une telle dérive parce que vous ne croyez pas aux frontières ?

La souveraineté d’un État ne se proclame pas seulement dans les discours : elle se défend avec clarté, fermeté et transparence.

Dans l’attente de réponses précises, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération républicaine.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.

Papa Tahirou Sarr
Député de la République
Assemblée nationale du Sénégal
Membre de la Commission Défense et Sécurité

Kédougou : deux morts dans un nouvel éboulement sur un site d’orpaillage artisanal à Léfakho

Un nouvel accident tragique est venu endeuiller la région aurifère de Kédougou. Deux personnes ont perdu la vie à la suite d’un éboulement survenu dans un site d’exploitation artisanale d’or situé dans la localité de Léfakho, confirmant une fois de plus la dangerosité persistante des activités d’orpaillage dans le sud-est du Sénégal.

Le drame s’est produit dans une galerie creusée de manière traditionnelle par des orpailleurs. Selon des sources locales, l’effondrement est intervenu de manière soudaine alors que plusieurs jeunes travaillaient au fond d’un puits. Pris au piège sous les décombres, les deux victimes n’ont pas pu être secourues à temps, malgré les tentatives désespérées de leurs compagnons, mobilisés immédiatement après l’éboulement. Les moyens de secours rudimentaires et l’absence d’équipements adaptés ont considérablement compliqué les opérations de sauvetage.

Avec ces deux nouveaux décès, le nombre de morts enregistrés ces derniers mois dans les zones d’orpaillage de la région de Kédougou dépasse désormais la quinzaine en moins de trois mois. Une série noire qui met en lumière la recrudescence des accidents sur ces sites d’exploitation artisanale, souvent installés sans véritable encadrement technique ni respect des normes de sécurité.

Dans cette partie du pays, l’orpaillage constitue une source de revenus importante pour de nombreux jeunes, venus parfois d’autres régions ou de pays voisins, attirés par l’espoir de gains rapides. Mais derrière cette quête d’opportunités se cache une réalité marquée par des conditions de travail extrêmement précaires. Les puits sont creusés de manière anarchique, parfois à des profondeurs importantes, sans soutènement adéquat des galeries. L’absence de casques, de dispositifs de ventilation et d’outils de consolidation expose quotidiennement les travailleurs à des risques d’effondrement.

La multiplication des drames suscite une vive inquiétude au sein des communautés locales. À Léfakho, l’émotion est palpable. Les familles des victimes sont plongées dans le deuil, tandis que les populations redoutent de nouveaux accidents. Plusieurs acteurs locaux, dont des responsables communautaires et des organisations de la société civile, appellent à un renforcement urgent des mesures de surveillance et à une meilleure organisation des sites d’orpaillage. Ils plaident pour un encadrement plus strict des activités, la formation des orpailleurs aux règles élémentaires de sécurité et l’instauration de contrôles réguliers.

Les autorités, régulièrement interpellées sur la question, sont confrontées à un défi complexe. L’orpaillage artisanal, bien qu’informel dans de nombreux cas, constitue une réalité socio-économique incontournable dans la région. Toute mesure de restriction doit donc composer avec la nécessité de préserver les moyens de subsistance des populations tout en garantissant la sécurité des travailleurs.

Un an de détention : Farba Ngom entre épreuve judiciaire et consécration symbolique

Depuis un an, Farba Ngom est placé en détention préventive. Une situation qui, loin d’éroder son influence, semble paradoxalement avoir consolidé son aura, notamment dans son fief du Fouta. Celui qui, il y a encore quelques mois, faisait face à des critiques nourries, y compris au sein de son propre bastion, bénéficie aujourd’hui d’un élan de solidarité qui dépasse les cercles politiques traditionnels.

Au fil des mois, la perception publique de son incarcération a évolué. D’objet de controverses répétées, Farba Ngom est progressivement devenu, pour une partie de l’opinion, une figure d’épreuve et de résistance. Cette transformation d’image s’est opérée dans un contexte judiciaire complexe, où son dossier, partagé avec son principal coaccusé, Tahirou Sarr, met en lumière un contraste frappant. Les deux hommes sont poursuivis pour des faits similaires, mais leurs trajectoires judiciaires divergent nettement. Là où Tahirou Sarr demeure en liberté, Farba Ngom continue de faire face à la rigueur de la détention préventive.

Cette différence de traitement, perçue par ses soutiens comme une injustice, a contribué à renforcer la dimension symbolique de son incarcération. Dans l’imaginaire de ses partisans, la prison n’est plus seulement un cadre judiciaire, mais le lieu d’une épreuve qui confère à l’homme politique une stature nouvelle. Influente personnalité, longtemps considérée comme un pilier financier et stratégique de l’Alliance pour la République , Farba Ngom incarne un enjeu politique de premier plan. Son réseau étendu, ses ressources et son poids dans les équilibres internes expliquent en partie la prudence qui entoure toute éventuelle décision relative à sa libération.

Malgré l’accumulation des dossiers et la persistance des poursuites, la mobilisation en sa faveur ne faiblit pas. Elle a toutefois pris une tournure singulière, loin des codes classiques des campagnes de soutien politique. Pas de tee-shirts à son effigie, ni de slogans scandés dans les rues. À la place, une mobilisation religieuse et spirituelle, enracinée dans les traditions du Fouta.

En ce vendredi de Ramadan, des marabouts et fidèles se sont réunis pour organiser un grand récital de Coran en son honneur. Des milliers de versets ont été récités, dans une atmosphère de ferveur et de recueillement, afin d’implorer la clémence divine. Les prières formulées appelaient à l’allègement de son épreuve, à son élévation au-dessus de ses détracteurs et à une issue favorable à son combat judiciaire.

Cette mobilisation religieuse confère à l’affaire une dimension supplémentaire. Elle traduit l’ancrage spirituel de Farba Ngom dans sa région d’origine et souligne le rôle central des guides religieux dans la structuration de l’opinion locale. Plus qu’un simple soutien politique, il s’agit d’un acte de foi et de solidarité communautaire.

Sénégal : suppression du concours d’entrée en sixième dès 2026, le CFEE maintenu avec un encadrement renforcé

Le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a officiellement acté la suppression du concours d’entrée en sixième à compter de la session 2026. La décision, formalisée par une directive de la Secrétairerie générale, marque un tournant majeur dans l’organisation du système éducatif national. Elle consacre la fin de la sélection à l’issue du primaire et instaure un accès direct au cycle moyen pour tous les élèves ayant achevé le CM2.

Jusqu’ici, l’admission en classe de sixième reposait sur la réussite à un concours national organisé à l’issue du primaire. Avec cette réforme, le passage du CM2 au collège devient automatique pour les élèves ayant validé leur parcours élémentaire. Les autorités entendent ainsi promouvoir une école plus équitable, réduire les barrières à la poursuite des études et renforcer la continuité pédagogique dans le cadre de la scolarité obligatoire.

Le ministère précise toutefois que le Certificat de fin d’études élémentaires, plus connu sous l’appellation CFEE, est maintenu. Ce diplôme national continuera d’attester la fin du cycle élémentaire. En revanche, son organisation fera l’objet d’un recadrage strict afin de garantir davantage de rigueur, d’efficacité et de transparence dans la gestion des épreuves et des résultats.

Parmi les nouvelles mesures annoncées figure la limitation du nombre de candidats à 250 par centre d’examen. Cette disposition vise à améliorer les conditions de supervision et à assurer un meilleur suivi logistique. Le ratio de correction est également revu, avec l’instauration d’un correcteur pour 80 copies, dans l’objectif de garantir une évaluation plus fiable et plus rapide des candidats.

Le ministère exige par ailleurs le déploiement de chefs de centre maîtrisant l’outil informatique. Cette orientation s’inscrit dans une volonté de modernisation du traitement des résultats et de sécurisation du diplôme national. La digitalisation progressive des procédures doit permettre de réduire les erreurs, d’accélérer la publication des résultats et de renforcer la crédibilité du CFEE.

Au-delà des aspects organisationnels, la suppression du concours d’entrée en sixième pose un défi majeur en matière d’infrastructures et de ressources humaines. Les inspecteurs d’académie sont appelés à mobiliser l’ensemble des enseignants et à dresser un état des lieux précis des capacités d’accueil des collèges. L’objectif est d’anticiper l’arrivée massive de nouveaux élèves en classe de sixième dès la rentrée 2026.

Cette réforme implique également un renforcement du soutien pédagogique pour sécuriser la transition entre le primaire et le moyen. Les autorités éducatives entendent mettre l’accent sur l’accompagnement des élèves afin de prévenir les décrochages et d’assurer une adaptation réussie au nouveau cadre d’apprentissage.

Mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam : l’ancien ministre annonce son retour au Sénégal pour « faire face à la justice »

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, ce vendredi 27 février, la résolution portant mise en accusation de Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de justice. Cette décision ouvre officiellement la voie à une procédure judiciaire contre l’ancien ministre de la Communication du régime de Macky Sall, dans le cadre du dossier relatif à l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park ».

Dans la foulée du vote des députés, Me Moussa Bocar Thiam a réagi à travers une publication sur sa page Facebook. S’il dénonce une décision qu’il juge « illégale » et « en violation flagrante de la Constitution », il affirme néanmoins se soumettre à la procédure. « Je prends acte de la décision illégale de l’Assemblée nationale me traduisant devant la Haute Cour de justice en violation flagrante de la Constitution. Néanmoins, en bon républicain, je prends immédiatement des congés professionnels au niveau de notre cabinet dans le Golfe pour venir au Sénégal me mettre à la disposition de la justice », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre annonce ainsi son retour imminent au pays, affirmant vouloir se défendre personnellement et publiquement. Dans son message, il va plus loin en dénonçant ce qu’il considère comme une manœuvre politique. Selon lui, cette mise en accusation s’inscrirait dans une stratégie visant à affaiblir l’opposition. Il évoque une « cabale politique » qu’il attribue au Premier ministre Ousmane Sonko, accusé, avec « sa bande », de chercher à « museler l’opposition sénégalaise à travers la diabolisation et le règlement de compte politique pour masquer leur incompétence et leurs limites face à la demande sociale ».

Le dossier au cœur de cette procédure concerne l’aménagement du Parc des technologies numériques, un projet structurant lancé sous le précédent régime et destiné à faire du Sénégal un hub régional dans le domaine du numérique. Rebaptisé « Sénégal Connect Park », le projet avait déjà conduit à l’arrestation et à l’emprisonnement de plusieurs cadres du ministère de la Communication et des Télécommunications. Les autorités judiciaires soupçonnent des irrégularités dans la gestion et l’exécution de ce programme d’envergure.

Depuis l’éclatement de l’affaire, Me Moussa Bocar Thiam n’a cessé de contester les accusations portées contre lui. Il a multiplié les démarches pour tenter d’obtenir l’annulation de la procédure. Des recours ont notamment été introduits devant la Cour suprême, le Conseil de l’ordre des avocats ainsi que le Conseil constitutionnel. Toutes ces initiatives sont restées sans suite favorable.

Le vote de l’Assemblée nationale marque donc une nouvelle étape dans cette affaire à forte dimension politique. La saisine de la Haute Cour de justice, juridiction compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, place désormais l’ancien ministre face à une procédure exceptionnelle, rarement engagée au Sénégal.

« Quand Pékin s’approprie silencieusement les minéraux critiques africains »

Alors que le monde clame sa transition vers les énergies propres et les technologies de pointe, une autre course effrénée se déroule loin des regards : celle des minéraux critiques. Colbat, lithium, terres rares, cuivre, nickel… tant de ressources essentielles aux voitures électriques, satellites, batteries. Et sur ce front, la Chine n’est plus simplement un acteur : elle est la puissance dominante, avec un contrôle sans précédent sur les matières premières africaines et leurs débouchés mondiaux.

Aujourd’hui, Pékin contrôle plus de la moitié de la production mondiale de minéraux critiques et près de 90% de leur raffinage et traitement, des étapes stratégiques de la chaîne de valeur. Elle produit aussi près de 70% des terres rares et 95% du traitement lourd nécessaire aux terres rares et autres métaux indispensables aux technologies modernes. Cette domination n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat de décennies de stratégie étatique coordonnée.

Concrètement, la Chine est passée de 40 mines contrôlées à l’étranger en 1999, à 1250 en 2022 ! Le modèle chinois repose sur des financements massifs accordés en échange de minerais futurs, appelés accords de Resource-Backed Finance. Ces accords permettent à des États pauvres en liquidités de rembourser des prêts par des exportations de minerai. Ils existent aujourd’hui en RDC, en Éthiopie, au Soudan, au Zimbabwe ou encore en Guinée.

Toutefois, les critiques abondent : opacité des contrats, ressources sous-valorisées, perte de contrôle des pays africains sur leurs propres richesses, et une augmentation du service de la dette africaine. La Banque africaine de développement a explicitement dénoncé ces accords en 2024, pointant leur incapacité à créer de la valeur locale ou à renforcer les économies nationales.

Et pour réduire au silence la concurrence, la Chine a recours à des subventions colossales. Plus de 200 milliards de dollars sont donnés chaque année aux entreprises chinoises. Personne ne peut rivaliser ni venir sur le terrain gardé par la Chine. Pire : dans ces zones, l’instabilité et la corruption facilitent l’exploitation des travailleurs, la dégradation environnementale et l’affaiblissement des réglementations locales.

Une enquête menée par d’éminents experts africains dans le domaine des industries extractives a révélé que des acteurs liés à la Chine sont fortement impliqués dans des activités qui contribuent à la dégradation de l’environnement, à l’exploitation minière illégale et à des menaces pour la sécurité alimentaire, la santé et les moyens de subsistance.

Face à cette hégémonie, certains pays africains tentent de riposter. Depuis 2023, au moins 13 États ont instauré des restrictions à l’exportation de minerais bruts, espérant stimuler la transformation locale.

Les exemples sont encourageants. Le Malawi a interdit l’exportation de minerais non transformés en 2025. Le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et la Tanzanie offrent des exonérations de droits de douane pour l’assemblage de véhicules électriques. La RDC et la Zambie ont lancé le long de leur ceinture minière commune une zone économique spéciale transfrontalière dédiée aux batteries et aux véhicules électriques.

Mais ces efforts se heurtent à des obstacles structurels colossaux : coûts énergétiques élevés, manque d’infrastructures, technologies coûteuses, pénuries d’électricité et manque d’investissements massifs.

Alors, quel avenir les pays africains peuvent-ils entrevoir ? Dans un monde qui dépend toujours plus des technologies vertes, la maîtrise des minerais critiques équivaut à une forme de pouvoir. Et pour le moment, ce pouvoir est presque entièrement concentré entre les mains de Pékin, qui a réussi à faire de l’Afrique non pas un partenaire industriel, mais une arrière-cour de matières premières bon marché au profit de sa propre révolution technologique.

Pour promouvoir les intérêts africains dans le secteur minier, les pays africains devront mettre en place des mécanismes de contrôle plus efficaces afin de garantir que la Chine et les autres partenaires étrangers respectent ces normes ainsi que d’autres normes environnementales, sociales et communautaires.

Le Dakarois

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°683 – 27/02/2026

🔴 INSTALLATION DE COMMISSARIAT DANS LES CAMPUS, MORT D’ABDOULAYE BÂ, CAMPAGNE ARACHIDIÈRE , MENACES ET DÉRIVES AUTORITAIRES… : «LES JAMBAARS » FRAPPENT AU COEUR DU RÉGIME
🔴 L’ASSEMBLÉE NATIONALE CONVOQUÉE EN SÉANCE PLÉNIÈRE POUR EXAMINER LA MISE EN ACCUSATION DE L’ANCIEN MINISTRE DE LA COMMUNICATION : MOUSSA BOCAR PROCHE DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE ?

🔴 UEFA CONFERENCE LEAGUE : CRYSTAL PALACE ET ISMAÏLA SARR FILENT EN HUITIÈMES

Kaolack : le ministère de l’Éducation nationale accélère la mise en œuvre de l’école inclusive

Le ministère de l’Éducation nationale a franchi une nouvelle étape dans la promotion d’une école plus équitable avec l’organisation, à Kaolack, d’un atelier de formation consacré à l’éducation inclusive, dans le cadre du projet « Faire l’École ». Cette initiative vise à améliorer la prise en charge des élèves en situation de handicap et à renforcer les capacités du personnel éducatif dans plusieurs régions pilotes du pays.

Tenu ce jeudi 26 février 2026, l’atelier a réuni une délégation du ministère ainsi que des acteurs du système éducatif autour d’une session de sensibilisation, de partage d’expériences et de renforcement des compétences.

Selon Moustapha Diouck, inspecteur de l’éducation élémentaire et conseiller technique au Secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique nationale de transformation du système éducatif sénégalais.

« L’atelier s’inscrit dans la volonté de garantir un accès équitable à une éducation de qualité pour tous les enfants, conformément à l’Objectif de développement durable 4 relatif à l’éducation. Il s’agit d’apporter une réponse concrète à un défi éducatif majeur », a-t-il expliqué.

Les données officielles issues du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2023 indiquent que le Sénégal compte plus de 1,2 million de personnes vivant avec un handicap, soit environ 7,3 % de la population. Pourtant, seules quatre écoles publiques spécialisées existent actuellement, principalement concentrées à Dakar et à Thiès, laissant encore de nombreux enfants en marge du système scolaire, a souligné l’inspecteur.

Dans les établissements scolaires, plus de 20 000 élèves en situation de handicap sont recensés sur un effectif global dépassant 3,8 millions d’apprenants. Une réalité qui justifie la mise en œuvre d’une politique nationale d’éducation inclusive désormais placée au cœur des priorités éducatives.

Financé par l’Agence italienne pour la coopération au développement à hauteur de 3 millions d’euros, soit près de 2 milliards de francs CFA, pour une durée de trois ans, le projet « Faire l’École » repose notamment sur la formation des acteurs éducatifs.

L’objectif est de renforcer les compétences des inspecteurs, des enseignants, des directeurs d’école et des personnels pédagogiques afin d’adapter les pratiques éducatives aux besoins spécifiques des élèves. Les sessions portent notamment sur les méthodes pédagogiques inclusives, l’apprentissage du braille, le langage des signes ainsi que les stratégies d’accompagnement des apprenants en difficulté.

Au total, près de 500 acteurs éducatifs seront formés, tandis que 69 établissements scolaires répartis dans cinq régions pilotes — Dakar, Kaolack, Kaffrine, Kolda et Sédhiou — bénéficieront directement des actions du projet.

L’inspecteur d’académie de Kaolack, Samba Diakhaté, a rappelé que le programme adopte également une approche communautaire.

« Au-delà de la formation pédagogique, le programme mise sur la sensibilisation communautaire. Environ 6 000 membres des communautés éducatives seront mobilisés pour promouvoir les droits des personnes en situation de handicap et lever les barrières sociales et culturelles freinant leur scolarisation », a-t-il indiqué.

Le projet prévoit également la distribution de kits pédagogiques adaptés, la mise en place de clubs d’inclusion scolaire ainsi que l’appui aux gouvernements scolaires et aux associations de parents d’élèves afin de favoriser un environnement éducatif plus accueillant.

À travers cette initiative, les autorités éducatives ambitionnent de rendre les écoles ordinaires plus accessibles grâce à des aménagements pédagogiques adaptés, à une identification précoce des besoins spécifiques des élèves et à une meilleure coordination institutionnelle.

Éducation nationale : 3 284 enseignants admis définitivement après la signature de 22 arrêtés de carrière

Le ministère de l’Ministère de l’Éducation nationale du Sénégal a annoncé, ce jeudi 26 février 2026, la signature de 22 arrêtés d’admission définitive en faveur de 3 284 enseignants. Cette mesure administrative marque une nouvelle étape dans le processus de régularisation des carrières et la résorption progressive des dossiers en attente au sein du système éducatif.

Dans le détail, 2 740 enseignants ont été admis au titre du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP), tandis que 544 autres ont obtenu le Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Ces certifications constituent des étapes essentielles dans la stabilisation statutaire des enseignants, conditionnant leur intégration définitive dans la fonction publique et leur évolution professionnelle.

Selon les services du ministère, cette initiative s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de deux ans pour apurer l’ensemble des actes administratifs en instance. Les années 2024 et 2025 avaient déjà permis la publication de 83 arrêtés couvrant 10 512 agents. L’objectif affiché par les autorités est de mettre fin aux retards accumulés et de sécuriser les parcours professionnels des enseignants concernés.

Le traitement des dossiers est assuré par la Direction des Examens et Concours (DEXCO), qui instruit les demandes au fur et à mesure de la réception des procès-verbaux transmis par les Inspections d’Académie. Chaque dossier suit ensuite un circuit administratif strict comprenant les visas juridiques requis, le contrôle budgétaire ministériel ainsi que la validation des services compétents du ministère des Finances, notamment la Solde et le Budget.

Les arrêtés signés seront officiellement disponibles dès le début de la semaine prochaine, après leur numérotation et leur enregistrement au Secrétariat Général du Gouvernement du Sénégal (SGG). Cette formalité permettra aux enseignants concernés de bénéficier pleinement des effets administratifs et financiers liés à leur admission définitive, notamment en matière d’avancement et de régularisation salariale.

Assemblée nationale : l’opposition dénonce de graves entorses au règlement intérieur lors des questions au gouvernement

La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue d’alimenter une vive polémique au sein de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué conjoint, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et plusieurs députés non-inscrits ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « violations graves et répétées » du règlement intérieur de l’institution. Selon eux, le déroulement de la séance a porté atteinte aux principes fondamentaux du débat démocratique et à la dignité parlementaire.

L’opposition pointe en premier lieu le comportement de certains députés de la majorité qu’elle accuse d’avoir franchi les limites du respect mutuel. Elle cite notamment Ayib Daffe, qui aurait qualifié des élus de l’opposition de « chiens et de chiots » au cours des échanges. Elle met également en cause Alioune Dieye, accusé d’avoir tenu des propos visant le père de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour les signataires du communiqué, ces déclarations constituent une entorse manifeste à l’article 64 du règlement intérieur, qui impose un débat « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il est inacceptable que des députés soient publiquement pris à partie pour avoir exercé leur droit constitutionnel de poser des questions au gouvernement.

Au-delà des propos jugés injurieux, le communiqué met également en cause la gestion de la séance par le président de l’institution, El Malick Ndiaye. L’opposition lui reproche d’avoir manqué à son obligation d’impartialité en accordant cinq minutes supplémentaires de temps de parole au Premier ministre Ousmane Sonko, sans permettre aux députés de l’opposition d’exercer un droit de réponse. Selon les contestataires, cette décision unilatérale rompt l’équilibre des débats et contrevient aux règles établies collectivement par les parlementaires concernant la répartition du temps de parole.

Les députés signataires estiment que cette séquence a créé un précédent préoccupant, dans la mesure où elle donnerait l’impression que l’exécutif bénéficie d’un traitement préférentiel au sein de l’hémicycle. Ils affirment que le chef du gouvernement aurait pu s’exprimer longuement, allant jusqu’à « invectiver l’opposition », sans répondre précisément aux interrogations formulées sur des sujets d’actualité majeurs. Pour eux, le rôle du président de l’Assemblée est précisément de garantir l’équité des échanges et de veiller au respect strict des règles, ce qui n’aurait pas été le cas lors de cette séance.

L’opposition parlementaire considère que ces incidents ne relèvent pas d’un simple accrochage politique, mais traduisent une dérive dans le fonctionnement institutionnel. Elle affirme que le respect du règlement intérieur est indispensable pour préserver la crédibilité du Parlement et la qualité du débat démocratique. En conséquence, elle annonce qu’elle « saura tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements, sans préciser à ce stade les démarches envisagées.

Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions récurrentes entre majorité et opposition. Elle illustre la fragilité du climat parlementaire et la difficulté à maintenir des échanges apaisés dans un environnement politique fortement polarisé. Les prochains jours diront si cette crise donnera lieu à des mesures correctives internes ou à un durcissement supplémentaire des positions au sein de l’Assemblée nationale.

Haute Cour de justice : Moustapha Diop entendu sur le fond dans l’affaire des fonds Covid-19

L’ancien ministre du Développement industriel, Moustapha Diop, a comparu ce jeudi 26 février devant la Commission d’instruction de la Haute cour de justice pour être entendu sur le fond du dossier relatif à la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Cette audition, particulièrement attendue, marque une étape décisive dans une procédure judiciaire aux répercussions politiques et institutionnelles notables.

Selon des informations rapportées par le quotidien Les Échos, cette comparution pourrait être suivie par le dépôt d’une nouvelle demande de liberté provisoire par les avocats de l’ancien ministre. Ses conseils entendent ainsi tirer parti de cette phase d’instruction approfondie pour solliciter un réexamen de sa situation carcérale, alors qu’il est en détention depuis plusieurs mois.

Inculpé et placé sous mandat de dépôt le 22 mai 2025, le député-maire de Louga est poursuivi pour association de malfaiteurs, corruption, prise illégale d’intérêts, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre plus large des enquêtes ouvertes sur l’utilisation des ressources mobilisées par l’État pour faire face à la crise sanitaire mondiale provoquée par la Covid-19. Les investigations visent à déterminer d’éventuelles irrégularités dans l’allocation et la gestion des financements exceptionnels déployés durant cette période.

Depuis le début de la procédure, Moustapha Diop rejette catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre lui. Il dénonce ce qu’il qualifie d’acharnement et affirme n’avoir commis aucune infraction dans l’exercice de ses fonctions ministérielles. Ses partisans évoquent, de leur côté, un dossier à forte connotation politique, dans un contexte national marqué par une volonté affichée des autorités de faire toute la lumière sur la gestion des fonds publics.

L’audition sur le fond constitue une séquence déterminante de l’instruction. Elle permet aux magistrats instructeurs de confronter l’ancien membre du gouvernement aux éléments matériels rassemblés par les enquêteurs, mais également d’entendre ses explications détaillées sur les décisions prises durant son passage à la tête du département du Développement industriel. Les réponses apportées pourraient influencer la suite de la procédure, notamment en ce qui concerne un éventuel renvoi devant la juridiction de jugement.

Au-delà du cas individuel de l’ancien ministre, cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large de reddition des comptes sur la gestion des fonds liés à la riposte sanitaire. Elle alimente le débat public sur la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et sur le rôle de la Haute Cour de justice dans la poursuite des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Grève nationale de l’Alliance And Gueusseum : le septième plan d’action largement suivi à Thiès

L’Alliance And Gueusseum a enclenché, ce jeudi 26 février 2026, son septième plan d’action à travers une grève de 48 heures observée sur l’ensemble du territoire national. Le mouvement, qui concerne les agents de santé regroupés sous la bannière des « blouses blanches », traduit une montée de la tension entre les syndicats et les autorités autour de l’application des engagements pris par l’État.

À Thiès, la mobilisation est jugée significative. Pape Moussa, coordonnateur régional de l’Alliance, a affirmé au micro de la Rfm que le mot d’ordre est « largement suivi » dans les structures sanitaires de la région. Selon lui, les agents répondent massivement à l’appel pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une application inéquitable des décrets récemment adoptés.

Au cœur du différend figure une « dichotomie » dans la mise en œuvre des mesures gouvernementales. Les syndicalistes expliquent que le reclassement des techniciens supérieurs ainsi que l’octroi de l’indemnité de logement ont été effectivement accordés au personnel relevant directement de la fonction publique d’État. En revanche, les agents recrutés par les collectivités territoriales, souvent désignés comme « la base », ne bénéficient pas des mêmes avantages. Une situation que l’Alliance And Gueusseum juge injuste et contraire à l’esprit des accords conclus avec les autorités.

Pour les responsables syndicaux, cette disparité crée une fracture au sein du système de santé et alimente un sentiment d’exclusion chez une frange importante du personnel. Ils réclament ainsi une harmonisation des avantages pour l’ensemble des travailleurs concernés, estimant que l’égalité de traitement est une condition essentielle à la stabilité du secteur et à la motivation des agents.

Malgré les ponctions salariales opérées par le gouvernement à l’encontre de grévistes lors de précédents mouvements, l’Alliance affiche sa détermination. Les responsables affirment que ces retenues sur salaire n’entameront pas leur engagement en faveur de la justice sociale, de l’amélioration des conditions de travail et de l’évolution des plans de carrière. Ils soutiennent que la lutte engagée dépasse les intérêts individuels et vise à corriger des déséquilibres structurels dans la gestion des ressources humaines de la santé.

Conscients toutefois de la sensibilité du secteur, les syndicalistes précisent que le service minimum est assuré, notamment dans les urgences, conformément aux dispositions légales en vigueur. À Thiès comme dans les autres régions, les structures hospitalières maintiennent ainsi la prise en charge des cas critiques afin de limiter l’impact du mouvement sur les patients.

RTS : l’Intersyndicale SYNPICS-SYNPAP claque la porte d’une réunion avec la direction générale

La tension reste vive entre les travailleurs et la direction générale de la Radiodiffusions Télévision Sénégalaise (RTS). Ce jeudi 26 février, un nouvel épisode est venu illustrer la profondeur du malaise social qui secoue l’entreprise publique. Dans un communiqué rendu public le même jour, les délégués de l’Intersyndicale SYNPICS-SYNPAP RTS ont dénoncé des manquements relevés dans l’ordre du jour d’une réunion convoquée entre les représentants syndicaux et la direction générale.

Selon le document, malgré des irrégularités constatées dans les convocations adressées aux délégués syndicaux, ces derniers ont tout de même répondu présents à la rencontre. Un geste que l’Intersyndicale présente comme une preuve de bonne foi et de volonté de dialogue, dans un contexte déjà marqué par une crispation persistante autour de plusieurs revendications majeures.

Toutefois, la réunion n’ira pas à son terme. Les délégués affirment avoir constaté que le point jugé prioritaire par les travailleurs, à savoir la question de « l’Accord d’entreprise », ne figurait pas en tête de l’ordre du jour. Pour l’Intersyndicale, cette absence constitue un signal préoccupant, traduisant un manque de considération pour une revendication qu’elle estime centrale dans le bras de fer en cours.

Face à cette situation, les représentants syndicaux ont décidé de quitter la séance, en guise de protestation. Un départ qu’ils présentent comme un acte cohérent avec leur engagement à exiger la levée immédiate et sans condition de la suspension de l’Accord d’entreprise. Ce texte, dont la suspension est au cœur du conflit, est perçu par les travailleurs comme un acquis fondamental garantissant leurs droits matériels et moraux.

Dans son communiqué, l’Intersyndicale SYNPICS-SYNPAP RTS réaffirme sa détermination à poursuivre la lutte jusqu’à satisfaction de ses revendications. Elle appelle l’ensemble des agents de la RTS à rester mobilisés pour la suite du combat, qu’elle qualifie de combat pour la dignité et le respect des engagements pris envers les travailleurs.

Tensions à l’Assemblée nationale : l’opposition dénonce des violations graves du règlement intérieur lors de la séance du 24 février 2026

La séance de questions d’actualité au gouvernement du 24 février 2026 continue de susciter de vives réactions au sein de l’arène politique sénégalaise. Dans un communiqué conjoint signé par le Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et des députés non-inscrits, l’opposition parlementaire a exprimé son indignation face à ce qu’elle considère comme une série de violations manifestes du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Au cœur de la controverse figurent des propos jugés injurieux tenus par certains députés de la majorité durant les échanges. L’opposition cite nommément le député Ayib Daffe, qu’elle accuse d’avoir qualifié ses collègues de l’opposition de « chiens et de chiots », des termes perçus comme profondément offensants et incompatibles avec l’esprit du débat parlementaire. Elle pointe également du doigt Alioune Dieye, qui se serait attaqué au père de l’honorable Anta Babacar Ngom, franchissant selon elle la ligne rouge de la décence et du respect mutuel.

Pour les signataires du communiqué, ces comportements constituent une violation flagrante de l’article 64 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, lequel dispose que l’hémicycle est « le lieu par excellence du débat démocratique » et que celui-ci doit être « serein, courtois et impersonnel ». L’opposition estime qu’il ne saurait être toléré que des députés insultent leurs collègues pour avoir simplement exercé leur droit constitutionnel de questionner le gouvernement. Elle y voit une dérive inquiétante qui affaiblit la qualité du débat public et porte atteinte à la dignité de l’institution parlementaire.

Au-delà des incidents verbaux, l’opposition met également en cause le rôle du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, qu’elle accuse d’avoir manqué à ses obligations de neutralité et de garantie du bon déroulement des travaux. Selon le communiqué, alors que le temps de parole des orateurs était strictement encadré, le président aurait accordé de manière unilatérale cinq minutes supplémentaires au Premier ministre, rompant ainsi l’équilibre initialement prévu. Dans le même temps, les députés de l’opposition se seraient vu refuser tout droit de réplique.

Les signataires dénoncent une gestion partiale de la séance, affirmant que le chef du gouvernement aurait profité de ce temps additionnel pour invectiver l’opposition, multiplier les attaques politiques et éluder les questions de fond qui lui étaient adressées. Ils reprochent également au président de séance d’avoir laissé s’installer un climat de tension sans intervenir pour ramener les débats à un niveau conforme aux exigences institutionnelles.

Dans leur déclaration, les députés de l’opposition condamnent vigoureusement ces pratiques qu’ils jugent contraires aux principes d’un exercice démocratique responsable et respectueux des règles établies. Ils accusent El Malick Ndiaye d’avoir « fui ses responsabilités de garant de la dignité et de l’honorabilité de l’Institution », une accusation lourde de sens dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions.

Prenant l’opinion nationale et internationale à témoin, l’opposition affirme qu’elle ne restera pas sans réaction face à ces « graves manquements ». Elle annonce qu’elle saura tirer « toutes les conséquences de droit » de cette situation, laissant entendre que des actions politiques ou juridiques pourraient être envisagées dans les prochains jours.

Haute Cour de Justice : Me Moussa Bocar Thiam enclenche une riposte constitutionnelle pour contester la procédure engagée contre lui

L’ancien ministre Me Moussa Bocar Thiam a officiellement saisi, le 25 février 2026, les plus hautes autorités judiciaires et constitutionnelles du Sénégal pour contester la régularité de la procédure engagée à son encontre devant la Haute Cour de Justice. À travers deux courriers distincts, il demande l’annulation et l’ajournement du processus de saisine de cette juridiction d’exception, qu’il estime contraire à la Constitution.

Le premier courrier est adressé au Premier Président de la Cour suprême, également Président de la Haute Cour de Justice. Dans cette correspondance, Me Thiam soulève ce qu’il considère comme des irrégularités majeures entachant la procédure enclenchée contre lui. Selon sa lecture, la mise en mouvement de l’action devant cette juridiction ne respecterait pas les exigences constitutionnelles et les garanties fondamentales attachées aux droits de la défense. Il sollicite en conséquence l’annulation pure et simple de la procédure ainsi que son ajournement, le temps que les questions de conformité soient tranchées.

Le second courrier est destiné à Madame Aminata Ly Ndiaye, Présidente par intérim du Conseil constitutionnel. Devant cette haute juridiction, chargée du contrôle de constitutionnalité, l’ancien ministre reprend les mêmes arguments. Il y expose son analyse juridique et insiste sur la nécessité de vérifier la conformité de la procédure aux dispositions constitutionnelles encadrant la mise en accusation des membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Pour lui, l’enjeu dépasse son cas personnel et touche aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Dans ses deux lettres, Me Thiam précise agir en ampliation des requêtes déjà adressées au Président de l’Assemblée nationale ainsi qu’au Président de la commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains. Il indique entreprendre ces démarches afin de sauvegarder ses droits et pour que nul n’en ignore, formule qui traduit sa volonté de donner à son initiative une portée institutionnelle claire et officielle.

Les courriers ont été reçus et enregistrés le 26 février 2026 par les services compétents. Le Bureau du courrier de la Cour suprême les a enregistrés sous le numéro 116, tandis que le Conseil constitutionnel a également accusé réception. Les requêtes adressées au Président de l’Assemblée nationale et au Président de la commission des lois figurent en pièces jointes des deux correspondances, renforçant ainsi la cohérence de la stratégie procédurale engagée.

Cette démarche marque le lancement d’une stratégie juridique offensive de la part de l’ancien ministre. En contestant en amont la constitutionnalité de la procédure, Me Moussa Bocar Thiam cherche à déplacer le débat sur le terrain strictement juridique et institutionnel, avant toute phase de jugement sur le fond. La Haute Cour de Justice, juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, se retrouve ainsi au cœur d’un débat qui pourrait faire jurisprudence quant aux modalités de sa saisine et aux garanties procédurales applicables.

Sénégal : L’État lance un Appel Public à l’Épargne de 200 milliards FCFA pour financer ses priorités en 2026

Le Ministère des Finances et du Budget a annoncé, ce jeudi, le lancement du premier Appel Public à l’Épargne (APE) de l’année 2026. À travers cette opération, l’État du Sénégal prévoit de mobiliser un montant cible de 200 milliards de FCFA sur le marché financier, avec une période de souscription ouverte du 26 février au 19 mars 2026.

Cette émission obligataire s’inscrit dans la stratégie de gestion de la dette à moyen terme définie par les autorités publiques ainsi que dans le plan de financement arrêté pour l’exercice budgétaire 2026. Elle traduit la volonté du gouvernement de diversifier ses sources de financement tout en consolidant sa présence sur le marché financier régional.

L’opération est arrangée par la société de gestion et d’intermédiation Invictus Capital & Finance, chargée de structurer et de coordonner le placement des titres auprès des investisseurs. À travers cet Appel Public à l’Épargne, l’État met à la disposition du public des obligations, offrant ainsi aux citoyens, aux investisseurs institutionnels et aux partenaires économiques l’opportunité de participer directement au financement de l’action publique.

Les ressources mobilisées serviront principalement à couvrir les besoins budgétaires de l’État, conformément aux autorisations prévues par la Loi de finances initiale 2026. Elles permettront également de soutenir les priorités économiques et sociales inscrites dans l’agenda national de transformation, notamment en matière d’infrastructures, de développement social, de souveraineté économique et de modernisation des services publics.

Au-delà de l’aspect budgétaire, cette émission vise aussi à renforcer la profondeur et la liquidité du marché financier sous-régional. En sollicitant l’épargne publique, les autorités entendent contribuer au dynamisme du marché des capitaux de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tout en favorisant une meilleure inclusion financière.

Thiomby : la crise de l’eau révèle les fragilités rurales et relance le débat sur les solutions durables

À Thiomby, localité rurale de l’arrondissement de Gandiaye, une panne d’approvisionnement en eau potable aura suffi à mettre en lumière la vulnérabilité persistante des villages face aux déficits d’infrastructures hydrauliques. Après 72 heures de pénurie, en pleine période de Ramadan, une intervention d’urgence conduite par le directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), Dr Ndéné Mbodji, a permis de rétablir l’accès à l’eau, soulevant au passage la question de la gestion durable des ressources essentielles en zone rurale.

Une pénurie révélatrice des réalités rurales

Durant trois jours, les habitants de Thiomby, dans la commune de Gandiaye, ont dû faire face à une situation critique. Entre les longues distances à parcourir pour s’approvisionner et les perturbations des activités domestiques, la rareté de l’eau a rapidement affecté le quotidien des familles, une épreuve particulièrement éprouvante en période de jeûne.

Cette crise ponctuelle met en évidence une réalité plus profonde : dans plusieurs localités rurales, l’accès à l’eau demeure dépendant d’installations fragiles, souvent exposées aux pannes techniques et au manque de maintenance régulière.

Une réponse d’urgence aux allures de solution locale

Face à l’urgence, une équipe technique mobilisée sous l’impulsion du responsable du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a procédé à l’installation de deux pompes immergées alimentées par énergie solaire, accompagnées de réservoirs de stockage.

Au-delà de la réparation immédiate, l’utilisation de panneaux solaires marque une orientation vers des solutions adaptées aux réalités rurales, où l’autonomie énergétique devient un levier essentiel pour sécuriser l’accès à l’eau.

Pour les populations de Thiomby et du village voisin de Khalambasse, le retour de l’eau a surtout signifié la fin d’une épreuve collective vécue comme un rappel brutal de la précarité des services de base.

Entre solidarité citoyenne et responsabilités publiques

Si l’intervention a été largement saluée par les habitants, elle relance également le débat sur le rôle des initiatives individuelles face aux missions traditionnellement dévolues aux politiques publiques.

Dans plusieurs zones rurales, les actions ponctuelles d’acteurs publics ou communautaires compensent souvent les lenteurs structurelles des programmes d’équipement, une dynamique qui interroge sur la nécessité d’une planification plus anticipative afin d’éviter la répétition de telles crises.

L’eau, un enjeu central du développement territorial

L’opération intervient dans un contexte national marqué par la volonté des autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, de promouvoir un développement territorial plus équilibré à travers les orientations du programme Sénégal Vision 2050.

Mais sur le terrain, l’épisode de Thiomby rappelle que la réussite de ces ambitions dépendra largement de la capacité à sécuriser durablement les services essentiels, au premier rang desquels figure l’accès à l’eau potable.

Une crise locale, un enjeu national

Plus qu’un simple dépannage technique, l’intervention menée à Thiomby apparaît ainsi comme le symbole d’un défi national : garantir aux populations rurales des infrastructures résilientes, capables de résister aux pannes et aux aléas.

En pleine période de Ramadan, la résolution rapide de la crise aura apporté un soulagement immédiat, mais elle rappelle surtout l’urgence d’inscrire l’accès à l’eau dans une stratégie durable et structurée.

Niayes : les producteurs de pommes de terre crient à la trahison face aux importations et à l’absence de stockage

Dans la zone des Niayes, à environ 58 kilomètres au nord de Dakar sur la Grande-Côte, la colère gronde chez les producteurs de pommes de terre. À Kayar et dans les localités environnantes, les exploitants agricoles, pourtant portés par une récolte jugée abondante cette année, peinent à écouler leur production. Une situation qu’ils vivent comme une véritable trahison des engagements pris par les autorités en matière de protection de la production locale et de souveraineté alimentaire.

Les agriculteurs accusent ouvertement le ministère du Commerce ainsi que la Direction de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) d’avoir maintenu les importations de pommes de terre sur le marché sénégalais en pleine période de commercialisation locale. Selon eux, cette concurrence étrangère, autorisée alors que les champs des Niayes débordent de tubercules prêts à être vendus, a provoqué un effondrement des prix et paralysé la chaîne de distribution. « On nous avait vendu la souveraineté alimentaire, mais aujourd’hui, tout notre espoir a été brisé », déplore avec amertume le porte-parole du collectif des producteurs.

Dans les exploitations de Kayar, les sacs de pommes de terre s’entassent, invendus. Les marchés urbains, notamment à Dakar, sont déjà approvisionnés par des produits importés à des prix compétitifs. Les producteurs locaux, qui ont investi dans les semences, les intrants et la main-d’œuvre, se retrouvent ainsi pris en étau entre des coûts de production élevés et une demande saturée par l’offre extérieure.

Au-delà de la question des importations, les producteurs pointent un autre maillon faible de la filière : l’absence d’infrastructures de stockage adaptées. Faute de chambres froides en nombre suffisant, les récoltes se détériorent rapidement sous l’effet de la chaleur. Les pertes post-récolte s’accumulent, aggravant les difficultés financières des exploitants. Un projet de construction d’unités de stockage, annoncé en partenariat avec Swami Agri, avait pourtant suscité beaucoup d’espoir. Mais sur le terrain, les infrastructures promises tardent à voir le jour, laissant les agriculteurs sans solution concrète pour conserver leur production et réguler l’offre dans le temps.

La crise actuelle plonge de nombreuses familles dans une situation financière critique. La plupart des exploitants ont contracté des crédits auprès d’institutions de microfinance pour financer la campagne agricole. Semences, engrais, carburant pour l’irrigation et salaires des ouvriers ont été couverts à crédit, dans l’espoir d’un retour sur investissement à la commercialisation. Or, sans ventes significatives, les échéances de remboursement deviennent insoutenables. Certains producteurs redoutent déjà des saisies ou un surendettement durable qui pourrait compromettre les prochaines campagnes.

Face à ce qu’ils considèrent comme une impasse, les acteurs de la filière interpellent directement le président de la République et son Premier ministre, Ousmane Sonko. Ils exigent des mesures urgentes pour suspendre ou réguler plus strictement les importations pendant la période de production nationale, mettre en place des mécanismes de rachat ou de stockage d’urgence et accélérer la réalisation des infrastructures promises.

Signe d’une exaspération à son comble, les producteurs ont décidé de boycotter la rencontre prévue ce jeudi avec l’autorité de régulation des marchés, selon des informations rapportées par iRadio. Pour eux, le temps des concertations sans effets tangibles est révolu. Ils réclament désormais des actes concrets pour sauver ce qui peut encore l’être de la saison agricole en cours.

Sénégal : vives tensions après des ponctions salariales allant jusqu’à 300 000 FCFA chez des enseignants grévistes

Le climat social dans le secteur de l’éducation reste particulièrement tendu au Sénégal après un mois de février marqué par des mouvements d’humeur répétés. Entre débrayages, sit-in et grèves totales, les enseignants ont multiplié les actions pour réclamer la satisfaction de leurs revendications. En riposte, le gouvernement a procédé à des retenues sur salaires qui suscitent une vive controverse.

Dans la soirée du mercredi, de nombreux bulletins de solde ont circulé sur les réseaux sociaux, révélant des ponctions oscillant entre 100 000 et 250 000 FCFA, voire jusqu’à 300 000 FCFA pour certains agents. Ces montants correspondent, selon les autorités, aux journées de grève observées. Mais du côté des syndicats, la pilule passe mal. Les responsables dénoncent des retenues jugées excessives, injustifiées et politiquement motivées.

Dans les colonnes du quotidien L’Observateur, El Hadji Malick Youm, Secrétaire général national du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saems), n’a pas mâché ses mots. Il parle d’un « vol systématique » et d’un « vandalisme d’État ». Selon lui, des retenues ont été appliquées pour cinq, six ou sept jours de grève, atteignant des montants qu’il juge anormalement élevés. Il estime que l’État chercherait ainsi à renflouer ses caisses dans un contexte budgétaire difficile. À ses yeux, ces ponctions vont bien au-delà d’une simple application du principe du service non fait et s’apparentent à une mesure punitive destinée à affaiblir le mouvement syndical.

De son côté, Amidou Diédhiou, Secrétaire général des enseignants libres du Sénégal (Sael), dénonce également une décision disproportionnée. Il évoque un abus de pouvoir et une forme d’intimidation à l’encontre des enseignants. Selon lui, les retenues ne respecteraient pas scrupuleusement les dispositions réglementaires encadrant les prélèvements pour faits de grève. Il estime que la méthode employée contribue à détériorer davantage le climat social dans le secteur éducatif, déjà fragilisé par plusieurs mois de tensions.

Ces mouvements de protestation s’inscrivent dans une dynamique plus large de revendications portant notamment sur la réparation d’injustices liées aux carrières et aux retraites. Les enseignants réclament également une simplification et une accélération des procédures de promotion ainsi que la régularisation d’actes administratifs jugés trop longs et complexes. Beaucoup dénoncent des lenteurs bureaucratiques qui bloquent leur évolution professionnelle et impactent leurs droits financiers.

La décision du gouvernement d’appliquer des retenues sur salaires intervient dans un contexte où l’exécutif cherche à affirmer son autorité face aux perturbations du système scolaire. Pour les autorités, il s’agirait d’appliquer strictement le principe selon lequel toute journée non travaillée doit être déduite du traitement mensuel. Toutefois, l’ampleur des montants prélevés et la simultanéité des ponctions ont ravivé la colère des syndicats, qui y voient un signal de fermeté excessif.

Troubles dans les lycées de Dakar : le ministère de l’Éducation nationale opte pour la fermeté et menace de poursuites judiciaires

Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de hausser le ton face aux perturbations enregistrées ces derniers jours dans plusieurs établissements scolaires de Dakar. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, les services du ministre Moustapha Guirassy annoncent une politique de tolérance zéro à l’encontre des élèves impliqués dans des actes de violence, de destruction ou d’entrave au bon déroulement des enseignements.

Selon les informations communiquées, des groupes d’élèves, se réclamant d’un mouvement de solidarité avec des étudiants en grève, ont investi plusieurs établissements relevant de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation de Dakar-Plateau. Parmi les écoles touchées figurent les lycées Abdoulaye Maturin Diop, Ahmet Sy Malick, Blaise Diagne, Thierno Birahim Mbacké, Awa Balla Mbacké ainsi que Ousmane Diop Coumba Pathé. Ces intrusions auraient provoqué d’importantes perturbations dans le déroulement normal des cours.

D’après les autorités, certains groupes auraient procédé au déguerpissement systématique de leurs camarades, parfois avec violence. Des jets de pierres et des actes de vandalisme ont été signalés, occasionnant des dégâts matériels significatifs sur les infrastructures scolaires. Au-delà des dommages physiques, le ministère insiste sur l’impact négatif de ces événements sur le climat scolaire et sur le droit des élèves à suivre leurs enseignements dans un environnement sécurisé.

Face à cette situation jugée inacceptable, le département dirigé par Moustapha Guirassy annonce un durcissement immédiat des mesures. Tout élève pris en flagrant délit de destruction d’infrastructures ou de perturbation des enseignements sera immédiatement traduit devant la justice. Cette décision marque une rupture avec une gestion jusque-là davantage axée sur la médiation interne et les sanctions disciplinaires classiques.

En plus des poursuites judiciaires, des sanctions administratives lourdes sont prévues. Elles pourront aller jusqu’à l’exclusion définitive de l’établissement concerné. Pour les candidats aux examens, la radiation des listes est également envisagée, une mesure qui pourrait compromettre durablement le parcours académique des élèves impliqués.

Le ministère précise par ailleurs que les parents d’élèves seront appelés à assumer pleinement leurs responsabilités. Il souligne l’importance d’un encadrement renforcé à domicile afin de prévenir de nouveaux débordements et d’encourager un comportement respectueux du cadre scolaire.

Dans cette dynamique de fermeté, les autorités administratives et les Forces de défense et de sécurité seront mobilisées pour sécuriser les établissements. Le communiqué évoque le déploiement de dispositifs de surveillance renforcés, incluant la présence d’éléments des forces de sécurité, en tenue ou en civil, afin de prévenir tout acte de violence et d’identifier rapidement les fauteurs de troubles.

Le ministère appelle l’ensemble de la communauté éducative — Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs de l’Éducation et de la Formation, chefs d’établissement, enseignants et associations de parents d’élèves — à redoubler de vigilance sur toute l’étendue du territoire. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets sont également invités à renforcer leur appui pour garantir la sécurité de l’espace scolaire.

Macky Sall reçu en grande pompe à Bujumbura : un nouveau jalon dans son offensive diplomatique post-présidence

L’ancien président sénégalais Macky Sall poursuit activement sa reconversion diplomatique sur la scène internationale. Ce mercredi 26 février, il a été accueilli avec les honneurs à Bujumbura, capitale économique du Burundi, dans le cadre d’une visite qui illustre la vitalité de son réseau et la permanence de son influence au-delà du pouvoir.

À son arrivée, l’ancien chef de l’État a été reçu par le chef de cabinet du président burundais, un geste protocolaire fort qui traduit l’importance accordée à sa venue par les autorités locales. Cette marque d’égard témoigne d’une reconnaissance institutionnelle qui dépasse le simple cadre d’une visite de courtoisie. Sur ses plateformes numériques, Macky Sall a exprimé sa gratitude envers ses hôtes, saluant un accueil empreint de respect et d’attention, dans une atmosphère qu’il a décrite comme chaleureuse et fraternelle.

Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis son départ du pouvoir, Macky Sall multiplie les voyages à travers le continent et au-delà, participant à des forums, des rencontres bilatérales et des initiatives axées sur la coopération régionale. L’ancien président semble avoir fait le choix d’un positionnement stratégique : capitaliser sur son expérience à la tête du Sénégal et sur son carnet d’adresses international pour continuer à peser dans les débats économiques et politiques africains.

La visite à Bujumbura revêt ainsi une portée symbolique et diplomatique. Dans un contexte africain marqué par des recompositions politiques et des défis sécuritaires et économiques persistants, la consolidation des liens entre États demeure un enjeu central. En se rendant au Burundi, Macky Sall envoie un signal clair : son engagement en faveur du dialogue interafricain et de la coopération Sud-Sud reste intact. Cette présence contribue à entretenir des passerelles diplomatiques et à renforcer des relations bilatérales qui peuvent s’avérer stratégiques à moyen et long terme.

Au-delà de la symbolique, cette étape burundaise confirme que l’ancien président sénégalais conserve une capacité de mobilisation notable. L’attention médiatique et institutionnelle dont il bénéficie à l’étranger contraste parfois avec les critiques formulées sur la scène nationale à la fin de son mandat. Pourtant, sur le plan continental, son profil continue d’inspirer considération et écoute, notamment en raison de son rôle passé dans plusieurs initiatives régionales et instances africaines.

En multipliant les déplacements et les rencontres, Macky Sall façonne progressivement une stature d’homme d’État africain en mission, au service d’une diplomatie d’influence qui dépasse les frontières nationales. Son passage à Bujumbura apparaît ainsi comme un nouvel épisode d’une stratégie soigneusement orchestrée, visant à maintenir son prestige et sa pertinence dans l’espace public international.

Climat social sous tension : Serigne Mor Mbaye alerte contre la justice populaire et la stigmatisation sanitaire

Dans un contexte national marqué par des débats passionnés et des polémiques sensibles, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye tire la sonnette d’alarme. Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, il dresse un constat préoccupant du climat social au Sénégal, qu’il juge de plus en plus anxiogène, dominé par la montée des violences verbales et symboliques, ainsi que par une forte tentation de justice populaire.

Au cœur des crispations actuelles figurent des sujets particulièrement sensibles, notamment l’homosexualité, le VIH et la pédophilie. L’affaire dite « Pape Cheikh Diallo et Cie » a notamment ravivé les tensions et exacerbé les prises de position tranchées sur la place publique. Pour Serigne Mor Mbaye, ces dynamiques traduisent une société traversée par des conflits moraux profonds, où l’émotion collective tend à prendre le pas sur la réflexion et le respect des procédures judiciaires.

Le spécialiste rejoint ainsi la position exprimée par le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a récemment dénoncé la divulgation publique du statut sérologique de certaines personnes vivant avec le VIH. Selon le chef du gouvernement, cette exposition médiatique est non seulement inappropriée, mais également dangereuse. Serigne Mor Mbaye partage cette analyse et met en garde contre les conséquences psychologiques et sanitaires d’un tel déballage.

« Ce à quoi on assiste aujourd’hui nous ramène à un climat anxiogène, fait de beaucoup de violence, parce que la foule réclame la violence. Notre conscience aussi réclame la justice, au nom de ceux qui ont été contaminés à leur insu. Mais si on veut atteindre nos objectifs de justice, il faudrait d’abord comprendre que plus on crée ce climat d’angoisse, moins on arrive à nos fins. Il faut maintenant laisser la justice et les experts faire leur travail », explique-t-il.

Pour le psychologue, la tension actuelle repose sur une contradiction majeure. D’un côté, une demande légitime de justice pour d’éventuelles victimes ; de l’autre, une dynamique collective qui risque de compromettre les objectifs recherchés. Il souligne que la divulgation des identités ou du statut sérologique ne contribue en rien à résoudre les problèmes de fond. Au contraire, elle alimente la peur, renforce la stigmatisation et pousse les personnes concernées à se cacher.

« La divulgation ne résout aucun problème ; elle crée un climat de peur et d’injustice. Les personnes affectées pourraient se planquer, chercher à disparaître, et nous n’atteindrions plus nos objectifs de santé publique. C’est à la justice qu’il faut rendre compte et non aux foules, car les foules sont souvent folles », insiste-t-il.

Au-delà de l’émotion suscitée par les affaires en cours, Serigne Mor Mbaye appelle à une réflexion plus large sur la manière dont la société sénégalaise traite les crises morales et sanitaires. Il rappelle que la lutte contre le VIH repose en grande partie sur la confiance, la confidentialité et l’accompagnement médical. Toute stigmatisation publique risque de fragiliser les efforts de prévention et d’inciter certaines personnes à éviter les structures de santé par crainte d’être exposées.

Dans un pays où les réseaux sociaux amplifient les rumeurs et accélèrent la circulation d’informations non vérifiées, le psychologue estime urgent de restaurer une culture de responsabilité. Selon lui, la justice doit rester le cadre exclusif de traitement des accusations, tandis que les experts – médecins, psychologues, juristes – doivent pouvoir travailler dans un climat apaisé.

En conclusion, Serigne Mor Mbaye plaide pour un retour à la mesure et à la retenue. « Il faut revenir à de meilleurs sentiments et ne pas jeter les gens à la vindicte populaire. Ce n’est pas ainsi que l’on résout un problème de société », affirme-t-il avec fermeté. Un appel à la lucidité et à la responsabilité collective, à l’heure où les tensions sociales mettent à l’épreuve les équilibres institutionnels et les valeurs de cohésion nationale.

Haute Cour de Justice : Me Moussa Bocar Thiam conteste la procédure et demande l’annulation de la séance du 27 février

L’ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, contre-attaque. Visé par une procédure de renvoi devant la Haute Cour de Justice pour des faits présumés commis durant son passage au gouvernement sous le régime de Macky Sall, il a officiellement saisi le Président de l’Assemblée nationale afin d’obtenir l’annulation de la séance plénière prévue ce vendredi 27 février 2026. Au cœur de sa démarche : ce qu’il qualifie de vide juridique rendant la procédure illégale.

Dans une argumentation articulée autour du respect strict des textes, l’ancien ministre soutient que le règlement intérieur actuellement en vigueur à l’Assemblée nationale ne comporte aucune disposition relative à la Haute Cour de Justice. Selon lui, aucune règle ne précise les modalités de saisine, encore moins sa composition ou son fonctionnement. En l’absence d’un tel encadrement normatif, Me Thiam considère que l’Assemblée nationale ne peut valablement engager une procédure de mise en accusation.

Il rappelle qu’en juillet 2025, le Conseil constitutionnel avait censuré les articles du projet de règlement intérieur consacrés à la Haute Cour de Justice, estimant qu’ils étaient contraires à la Constitution. Plutôt que de revoir sa copie pour les rendre conformes, l’Assemblée nationale avait choisi de supprimer purement et simplement ces dispositions. Ce retrait, souligne-t-il, a laissé un vide juridique que l’institution parlementaire ne peut aujourd’hui ignorer.

L’argument central développé par Me Moussa Bocar Thiam repose sur une lecture stricte de la Constitution, laquelle prévoit que le règlement intérieur fixe les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Assemblée nationale. En d’autres termes, sans dispositions précises encadrant la mise en œuvre de la Haute Cour de Justice, aucune procédure ne saurait, selon lui, être engagée légalement. Il rappelle d’ailleurs que les poursuites initiées par le passé contre d’anciens ministres s’appuyaient sur des règlements intérieurs qui prévoyaient explicitement ces mécanismes. Ce qui ne serait plus le cas aujourd’hui.

L’ancien ministre va plus loin en invoquant l’autorité des décisions du Conseil constitutionnel. Il rappelle que celles-ci s’imposent à tous les pouvoirs publics, y compris à l’Assemblée nationale. En maintenant la convocation d’une séance plénière dans un contexte où les dispositions encadrant la Haute Cour de Justice ont été censurées, le Parlement prendrait le risque, selon lui, de méconnaître à la fois la Constitution et la décision rendue le 24 juillet 2025 par la haute juridiction.

Dans une stratégie manifestement destinée à verrouiller le terrain institutionnel, Me Thiam a multiplié les démarches. Outre sa correspondance adressée au Président de l’Assemblée nationale, il a saisi le Président de la Commission des lois sur le fondement de l’article 81 du règlement intérieur. Il a également informé la Présidente du Conseil constitutionnel, le Premier Président de la Cour suprême, le Procureur général ainsi que le Premier Président de la Cour d’appel. À travers ces notifications, il entend s’assurer, selon ses propres termes, que nul ne puisse prétendre ignorer ses contestations et que l’ensemble de ses droits soient préservés.

Sa demande est claire : annuler la séance du 27 février et renvoyer le dossier à la Commission des lois afin de mettre préalablement le règlement intérieur en conformité avec la Constitution. Ce préalable, estime-t-il, conditionne la régularité de toute procédure ultérieure.

La situation place désormais le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, face à une décision délicate. Maintenir la séance reviendrait à assumer le risque d’une contestation ultérieure pour vice de forme, susceptible d’entacher l’ensemble de la procédure. L’ajourner, en revanche, pourrait être interprété comme un recul politique et offrir à l’ancien ministre une première victoire procédurale.

Les dérives honteuses d’une assemblée dite de Rupture

Question d’actualité à l’assemblée nationale, c’est plutôt une scène fortement en contraste avec les promesses de rupture et d’exemplarité qui avaient accompagné l’installation de la nouvelle législature.

Justement, en moins de 2 ans, une succession d’événements permettent pour certains observateurs, de comprendre pourquoi Abdoulaye Sylla, non moins homme d’affaires a choisi de ne pas assister a des semblant de travaux de l’Assemblée.

Avec ce qui s’est passé hier dans l’hémicycle, il semble avoir raison de boycotter. De manière compréhensive, entre la gestion de ses entreprises entre Dubai et les États Unis, les salaires de pères et de mères de famille à assurer et sa contribution à la dynamique économique nationale, il a certainement mieux à faire que d’assister à des séances où l’invective prend le pas sur l’intérêt général.

Au-delà des personnes, c’est la question du rôle de l’institution parlementaire qui est posée. L’Assemblée nationale doit-elle être une tribune d’attaques contre le secteur privé national, déjà fragilisé par les retards de paiement de la dette intérieure et le ralentissement des chantiers ? Ou doit-elle redevenir un espace de contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et de propositions constructives pour relancer l’économie ? Les questions restent entières et sans aucune réponse visible.

En effet, hier à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions d’actualité au Premier ministre, le spectacle offert aux Sénégalais a laissé un goût amer. Ce qui devait être un haut lieu de débat républicain s’est transformé, par moments, en arène de règlements de comptes, de chants partisans et d’attaques ciblées contre des acteurs du secteur privé.

Dans l’hémicycle, certains députés, malheureusement de la majorité, le Pastef, n’ont pas hésité à accuser et à calomnier des capitaines d’industrie, parmi lesquels Babacar Ngom, non moins pere de leur Collègue, l’honorable Anta Babacar Ngom, cela sans que le débat ne s’élève véritablement au niveau des préoccupations urgentes des populations et sans possibilité de réponse. À la place d’arguments structurés et de propositions concrètes face à la crise qui touche plusieurs secteurs dont le BTP, l’emploi, le pouvoir d’achat, les Sénégalais du moins ceux qui s’y intéressent encore, ont assisté à des démonstrations de soutien bruyantes, ponctuées de chants à la gloire de leur leader Ousmane Sonko.
Autant de dire que le Don de Soi tant vanté est échangé contre des dépenses de prestige et des véhicules 4*4 à 50 millions

En attendant, au moment Anta Babacar Ngom demande la dissolution de l’Assemblée, le boycott d’Abdoulaye Sylla apparaît, aux yeux des Sénégalais, non pas comme un désengagement, mais comme un choix pragmatique : celui de consacrer son énergie à l’entreprise et à l’économie réelle, plutôt qu’à un théâtre politique qui peine, pour l’instant, à convaincre.

Modou Gaye politologue

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°682 – 26/02/2026

🔴 SORTIE DU PREMIER MINISTRE ET GESTION DES AFFAIRES COURANTES DE L’ÉTAT : MASSALY DÉPIÉCE SONKO
🔴 CRISE ÉCONOMIQUE SÉVÈRE… INCENDIE AU MINISTÈRE DES FINANCES… MORT DE L’ÉTUDIANT ABDOULAYE BÂ : BARTH’ FAIT FEU DE TOUT BOIS

🔴 MONDIAL 2027 – BASKET : DAKAR A DÉBOURSÉ JUSQU’À 30 MILLIONS FCFA

Sangomar : 2,6 milliards de dollars d’Ebitda pour Woodside depuis le démarrage

Au large des côtes sénégalaises, le champ pétrolier de Sangomar confirme son statut de pilier de la nouvelle ère énergétique du pays. Exploité par la compagnie australienne Woodside Energy, détentrice de 82 % des parts, en partenariat avec la société nationale Petrosen, le projet a bouclé en 2025 sa première année complète de production et de commercialisation depuis l’entrée en service en juin 2024. Les premiers chiffres consolidés traduisent la montée en puissance de cet actif stratégique, même si les retombées budgétaires pour l’État continuent d’alimenter le débat public.

Une production soutenue et une fiabilité élevée

Dans son rapport annuel 2025, la directrice générale intérimaire de Woodside, Liz Westcott, a dressé un bilan positif des performances techniques du champ. Sangomar a maintenu une cadence de production d’environ 100 000 barils par jour pendant la majeure partie de l’année 2025, avec un taux de fiabilité proche de 99 %. Cette stabilité opérationnelle constitue un indicateur clé dans l’industrie pétrolière, où les interruptions peuvent fortement affecter la rentabilité des projets offshore.

Depuis sa mise en service en juin 2024, la part de Woodside dans le projet a généré un Ebitda cumulé de 2,6 milliards de dollars. Cet indicateur financier, qui mesure la rentabilité opérationnelle avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, permet d’évaluer la performance intrinsèque d’un actif indépendamment de sa structure de financement. En français, il correspond à l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE). Pour Woodside, ce résultat démontre la solidité économique de Sangomar et la capacité du champ à créer de la valeur sur une base durable.

Une nette progression des volumes et des revenus

L’année 2025 marque un saut quantitatif significatif par rapport à 2024. Woodside indique que sa part de production a atteint 29,7 millions de barils équivalent pétrole en 2025, contre 13,3 millions en 2024. Cette progression s’explique par le fait que 2024 n’avait compté que quelques mois d’exploitation effective, alors que 2025 a constitué la première année pleine de production et de commercialisation.

Sur le plan financier, cette montée en régime s’est traduite par 1,9 milliard de dollars de revenus pour Woodside en 2025. Ces recettes confirment l’importance stratégique du champ dans le portefeuille international de la compagnie australienne, qui voit en Sangomar un actif à fort potentiel de long terme.

En revanche, le rapport ne détaille pas la part revenant à Petrosen ni celle destinée directement à l’État du Sénégal. Cette absence de précisions intervient dans un contexte où les attentes nationales en matière de retombées budgétaires restent élevées.

Des recettes publiques jugées décevantes

À Dakar, la question des revenus pétroliers continue d’alimenter les discussions politiques. À l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé sa déception quant aux projections budgétaires liées aux hydrocarbures. Pour le budget 2026, les prévisions globales de recettes s’élèvent à environ 6 000 milliards de FCFA, mais les projections issues du pétrole et du gaz ne représentent que 76 milliards de FCFA. Pour 2027, ces recettes sont estimées à 128,6 milliards de FCFA.

Ces montants, jugés modestes au regard des performances techniques et financières annoncées par l’opérateur, nourrissent les critiques sur les conditions de négociation et de partage des revenus sous l’ancien régime. Le chef du gouvernement a laissé entendre que les ressources auraient été insuffisamment valorisées, relançant ainsi le débat sur la gouvernance des contrats pétroliers et la transparence dans la gestion des ressources naturelles.

Vers une phase 2 pour accroître la valeur

Au-delà des performances actuelles, Woodside envisage déjà l’avenir du projet. La compagnie indique étudier les options pour une éventuelle phase 2 de développement. Celle-ci s’appuierait sur le FPSO, l’unité flottante de production, de stockage et de déchargement déjà en place, ainsi que sur l’infrastructure sous-marine existante. L’objectif serait de maximiser la récupération des ressources et de dégager une valeur ajoutée supplémentaire, tout en optimisant les investissements déjà réalisés.

Retenues sur salaires : la riposte de l’État enflamme le front syndical enseignant

La tension est montée d’un cran, ce mercredi 25 février 2026, dans le secteur de l’éducation. À l’ouverture de la plateforme Solde, de nombreux enseignants grévistes ont découvert avec stupeur des ponctions importantes sur leurs salaires du mois. Très vite, la surprise a laissé place à l’indignation. Selon plusieurs sources syndicales concordantes, les retenues pour faits de grève oscillent entre 100 000 et 200 000 F CFA, des montants jugés particulièrement lourds dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages.

Ces prélèvements correspondent aux jours de débrayage observés lors des récents mouvements d’humeur qui ont secoué le système éducatif. Mais au-delà de l’application du principe du « service fait », c’est l’ampleur des sommes retranchées qui cristallise la colère. Les retenues ne se limiteraient pas au salaire de base ; elles toucheraient également certaines indemnités, ce qui alourdit significativement la perte globale. Plusieurs enseignants affirment avoir constaté une diminution d’un tiers, voire de la moitié de leur rémunération habituelle.

Sur les réseaux sociaux et dans les groupes professionnels, les captures de fiches de paie amputées circulent massivement. Les témoignages se multiplient, traduisant un profond malaise. Dans les salles des professeurs, l’heure est à la consternation. Beaucoup disent ne pas avoir anticipé un tel niveau de retenue, même en tenant compte des jours effectivement non travaillés. Certains évoquent des difficultés immédiates pour faire face aux charges mensuelles, notamment les loyers, les crédits ou les dépenses familiales courantes.

Du côté des autorités, l’application des retenues s’inscrit dans le cadre légal du principe du service fait, qui autorise l’administration à suspendre la rémunération correspondant aux jours de grève. Cette démarche est présentée comme une mesure conforme aux textes en vigueur. Toutefois, la rapidité d’exécution et la simultanéité des ponctions ont été interprétées par les syndicats comme un signal de fermeté, voire de durcissement assumé.

Les organisations syndicales, qui ne s’attendaient pas à des montants aussi élevés, parlent déjà de « provocation financière » et dénoncent une tentative de briser la dynamique du mouvement social. Des concertations internes ont été engagées pour définir une riposte. Parmi les pistes évoquées figurent un renforcement du mot d’ordre de grève, des actions de protestation ou encore des démarches juridiques pour contester les modalités de calcul des retenues.

Ce nouvel épisode risque de fragiliser davantage le climat social dans le secteur de l’éducation. Alors que les revendications portaient initialement sur des questions de revalorisation et de respect d’engagements antérieurs, le débat se déplace désormais sur le terrain de la confrontation directe autour des salaires. Dans un contexte où l’école reste un pilier central de la cohésion sociale, l’escalade entre l’État et les syndicats d’enseignants pourrait avoir des répercussions bien au-delà des salles de classe.

Saint-Louis : la Section de recherches démantèle un réseau présumé, huit personnes en garde à vue

Après les opérations menées ces dernières semaines par les brigades de recherches de Keur Massar et de Touba, la Section de recherches de Saint-Louis a, à son tour, procédé au démantèlement d’un réseau présenté par les enquêteurs comme impliqué dans des pratiques réprimées par la loi sénégalaise. L’intervention des gendarmes a conduit à l’interpellation de huit individus au total, désormais placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours.

Selon des sources proches du dossier, tout est parti de l’arrestation initiale de trois suspects identifiés sous les initiales A. Fall, O. Mbaye et M. Dièye. Exploitant des éléments recueillis au cours des premières auditions, les enquêteurs ont élargi leurs investigations, aboutissant ce mercredi à l’interpellation de cinq autres personnes. Il s’agit de N. Seck, boucher âgé de 31 ans et marié, S. Sène, tailleur de 29 ans et célibataire, V. Niang, 37 ans et marié, D. Seck, maçon de 37 ans également marié, ainsi que M. Diop, ouvrier de 33 ans, célibataire. Tous seraient domiciliés dans différents quartiers de la ville de Saint-Louis.

Les huit mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature et transmission volontaire du VIH, des infractions prévues et sanctionnées par le Code pénal sénégalais. D’après les mêmes sources, parmi les trois premiers suspects interpellés, deux seraient porteurs du virus du VIH. Les cinq autres personnes arrêtées devraient, quant à elles, se soumettre à des tests de dépistage dans le cadre de la procédure.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis a été informé des faits. L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chacun et d’établir les circonstances exactes des faits reprochés. Des auditions complémentaires et d’éventuelles confrontations pourraient avoir lieu dans les prochains jours.

Barthélémy Dias : « Le Sénégal est malade », un réquisitoire sévère contre le pouvoir et un plaidoyer pour un nouveau cap

Voix posée mais ton tranchant, Barthélemy Dias a fait face à la presse ce mercredi lors d’une déclaration qui tenait à la fois du réquisitoire contre le régime en place et de la profession de foi politique. Le président du mouvement Senegal Biñu Bokk a déroulé, durant de longues minutes, un discours dense et structuré, mêlant critiques frontales, propositions programmatiques détaillées et appel appuyé à la mobilisation citoyenne.

Dès l’entame, le ton est donné. Son diagnostic se résume en une formule martelée comme un leitmotiv : « Le Sénégal est malade. » Une maladie qu’il dit difficile à nommer, mais dont les symptômes seraient, selon lui, clairement identifiables. Il évoque un manque d’autorité au sommet de l’État, un déficit de leadership et une absence de vision stratégique. Pour Barthélémy Dias, le pays souffre moins d’un manque de ressources que d’un problème de gouvernance.

Sa charge vise explicitement le duo exécutif actuellement aux commandes. Sans détour, il accuse les dirigeants de ne pas avoir pris la pleine mesure de leurs responsabilités. « On ne les a pas invités à occuper un canapé, mais bien un fauteuil », lance-t-il, dans une formule imagée pour rappeler que la fonction présidentielle impose, selon lui, des obligations précises : protéger les citoyens, planifier l’avenir et assumer les décisions. À ses yeux, ces exigences fondamentales ne sont pas respectées.

Le terrain des finances publiques constitue l’un des axes centraux de son intervention. Il dénonce des choix budgétaires qu’il juge en décalage total avec les priorités sociales. Barthélémy Dias fustige notamment le déblocage de cinq milliards de francs CFA pour indemniser ce qu’il qualifie d’« insulteurs et de casseurs », ainsi que l’octroi de véhicules d’une valeur de cinquante millions de francs CFA à des députés. Dans le même temps, souligne-t-il, les bourses étudiantes stagnent et les bourses familiales seraient menacées. « La priorité de ce régime, ce n’est pas de baisser le coût de la vie », affirme-t-il, dénonçant également des déplacements en jet privé et une communication qu’il juge faite de « contre-vérités », destinée, selon lui, à masquer les difficultés réelles des populations.

Mais au-delà de la critique, le leader de Sénégal Biñu Bokk a tenu à présenter les grandes lignes de son projet politique. Il appelle d’abord à une transparence totale sur les recettes issues de l’exploitation pétrolière et gazière, estimant que ces ressources constituent un patrimoine collectif qui doit bénéficier à l’ensemble des Sénégalais. Il insiste sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et contrôlée de ces revenus stratégiques, afin d’éviter toute opacité ou dérive.

Sur le plan social, il plaide pour la préservation des acquis des étudiants et le respect des engagements pris par l’État envers les syndicats. Il propose la mise en place d’un plan national d’irrigation structuré pour les populations du Nord, une région particulièrement exposée aux aléas climatiques. Il avance également l’idée d’un fonds de stabilisation pour l’alimentation du bétail, ainsi qu’un programme national de santé animale, afin de soutenir durablement le secteur de l’élevage.

La question environnementale et la sécurité côtière figurent également parmi ses priorités. Il appelle à un programme spécifique de sécurisation du littoral, avec une attention particulière portée aux habitants de la ville de Saint Louis , confrontés aux risques liés à l’évolution préoccupante de l’embouchure du fleuve Sénégal et à l’érosion côtière.

Sur les questions sociales fondamentales, Barthélémy Dias affiche une ambition claire : rendre l’éducation et la santé gratuites et accessibles à tous. Il cite en exemple des pays comme la France, estimant que tout est affaire de priorités politiques. Selon lui, un État qui place l’humain au centre de son action peut garantir ces droits essentiels à sa population.

Conseil des ministres : Diomaye Faye impulse des réformes majeures sur la protection civile, les transports et le patrimoine national

Réuni ce mercredi 25 février 2026 au Palais de la République, le Conseil des ministres a été marqué par une série d’instructions stratégiques fortes du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye , adressées au Premier ministre Ousmane Sonko. Les orientations fixées portent sur des secteurs jugés prioritaires pour la sécurité, le développement et le rayonnement du Sénégal : la protection civile, la mobilité des personnes et des biens, ainsi que la préservation du patrimoine historique et culturel.

Dans un contexte marqué par la recrudescence des incendies, la multiplication des accidents de la route, la persistance des inondations et l’érosion côtière qui menace plusieurs localités, le président de la République a exigé une transformation en profondeur du dispositif national de protection civile. Il a demandé au Premier ministre d’engager, en collaboration étroite avec le ministre de l’Intérieur, la validation rapide de la Stratégie nationale de protection civile et de gestion des risques de catastrophes. Cette feuille de route devra permettre d’anticiper davantage les crises, d’améliorer la coordination des interventions et de renforcer la résilience des territoires face aux aléas naturels et technologiques.

Le chef de l’État a également insisté sur l’exécution optimale du plan d’équipement de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, considérée comme un maillon essentiel de la chaîne de secours. L’objectif affiché est de doter les services d’intervention de moyens matériels modernes et adaptés, capables de répondre efficacement aux urgences sur l’ensemble du territoire national. Au-delà des équipements, il a instruit une restructuration du système de gouvernance du secteur, avec la mise en place d’une structure nationale robuste chargée du pilotage stratégique. Cette réforme vise à rationaliser les responsabilités, à clarifier les mécanismes de coordination et à assurer un suivi rigoureux des politiques publiques en matière de gestion des risques.

Sur le volet des transports, le président a rappelé que la mobilité sécurisée constitue un levier central du développement économique et social. Il a demandé au gouvernement de proposer des mesures concrètes pour améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, en particulier dans l’agglomération dakaroise où la congestion pèse lourdement sur la productivité et la qualité de vie des citoyens. Les axes routiers réputés accidentogènes devront faire l’objet d’une attention spécifique, avec des actions ciblées pour réduire la sinistralité et renforcer la sécurité routière.

Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur la diversification des modes de transport, soulignant la nécessité de développer davantage le rail et de moderniser les systèmes publics existants. Il a appelé à une concertation inclusive avec les transporteurs privés afin d’aboutir à une réforme adaptée et soutenable du secteur. Cette démarche devrait permettre de concilier exigences de sécurité, efficacité économique et préservation des emplois, tout en répondant aux attentes croissantes des usagers.

Enfin, en ce qui concerne le patrimoine historique, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant l’importance de valoriser et de protéger les biens culturels nationaux. Il a demandé l’actualisation du répertoire des biens classés afin de disposer d’une cartographie précise et actualisée du patrimoine matériel du pays. Dans cette dynamique, l’organisation d’un forum international en 2026 est envisagée pour mobiliser les expertises, attirer des partenaires et promouvoir le patrimoine sénégalais sur la scène mondiale.

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’engager des démarches actives en vue du retour effectif des biens culturels nationaux conservés à l’étranger. Cette orientation s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté culturelle du Sénégal et de réaffirmer la place du patrimoine dans la construction de l’identité nationale et dans la stratégie de développement touristique et culturel du pays.

Le SADEF dénonce un « aveu d’impuissance » du Premier ministre Ousmane Sonko et annonce une grève imminente

La tension monte entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique ce week-end, le Syndicat autonome pour le développement de l’enseignement et de la formation (SADEF) a exprimé son profond désaccord avec les propos récents du chef du gouvernement concernant la gestion des revendications syndicales.

Selon les responsables du syndicat, les déclarations du Premier ministre traduisent une incapacité de l’État à apporter des solutions durables aux préoccupations des enseignants et du personnel de la formation professionnelle. Le SADEF estime que ces prises de position constituent « un aveu d’impuissance face à la crise persistante du système éducatif ».

Dans son communiqué, l’organisation syndicale déplore notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec les autorités, les retards dans la mise en œuvre de certaines mesures administratives, ainsi que l’absence de réponses satisfaisantes sur les questions liées aux conditions de travail et à la revalorisation professionnelle.

« Les travailleurs de l’éducation ne peuvent plus continuer à subir des promesses sans effets concrets », indique le syndicat, qui appelle les autorités à engager un dialogue sincère et orienté vers des résultats immédiats.

Face à ce qu’il qualifie de « blocage institutionnel », le SADEF annonce ainsi le lancement prochain d’un mot d’ordre de grève. Cette action syndicale, selon ses dirigeants, vise à « défendre la dignité des enseignants et préserver la qualité du système éducatif ».

Le syndicat précise que le calendrier et les modalités du mouvement seront communiqués après concertation avec les bases et les autres organisations partenaires du secteur.

Du côté des autorités, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée à la suite de cette annonce. Toutefois, cette nouvelle montée de tension sociale intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes des acteurs éducatifs et par la volonté affichée du gouvernement de réformer en profondeur le système d’enseignement au Sénégal.

En attendant d’éventuelles négociations, les observateurs redoutent un impact du mouvement sur le calendrier scolaire si aucun compromis n’est trouvé dans les prochains jours.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 FÉVRIER 2026

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 25 février 2026, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Développement d’une culture nationale de protection civile

Le Président de la République constate tout d’abord une recrudescence et une multiplication des cas d’incendies, de feux de brousse, d’accidents de la route, d’effondrements de bâtiments et d’édifices, et de noyades. Il relève également l’accentuation des catastrophes naturelles, des crues des fleuves, des risques d’inondations et l’avancée accélérée de la mer qui menacent beaucoup de localités du pays. Il exprime, par ailleurs, la compassion et la solidarité nationales aux populations du village de Touba Thiarène, théâtre d’un violent incendie. Pour le Chef de l’Etat, cette situation appelle une transformation fondamentale des dispositifs de prévention et de protection civile.

A cet effet, et en perspective de la célébration de la Journée internationale de Protection civile, le 1er mars, le Chef de l’Etat demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de prendre les dispositions idoines pour la validation de la Stratégie nationale de Protection civile et de Gestion des Risques de Catastrophes. Il indique également l’urgence d’assurer l’exécution optimale du Plan de réalisation d’infrastructures et d’équipements de la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP).

Le Président de la République souligne l’importance de renforcer les ressources humaines en service au niveau de la BNSP, d’engager les voies et moyens de développer une culture nationale de protection civile et de mettre en place un cadre de volontariat concernant les sapeurs-pompiers et la protection civile en général. 

En outre, le Chef de l’Etat insiste sur l’urgence de restructurer le dispositif national de gouvernance de la protection civile, notamment la Commission supérieure, les commissions régionales ainsi que les commissions auxiliaires de protection civile et d’actualiser les plans nationaux de prévention et de gestion des risques et catastrophes, notamment le Plan d’Organisation des Secours (ORSEC). 

Il instruit le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires de réfléchir, avec les acteurs publics et professionnels impliqués, à la mise en place d’un Centre national de Prévention et de Gestion des Risques et Catastrophes.

Enfin, le Président de la République demande au Premier Ministre et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique d’engager le processus de création d’une structure nationale robuste de gouvernance stratégique de la Protection civile, avec des ressources humaines renforcées et des moyens adaptés.

Amélioration durable de la mobilité urbaine et interurbaine

Le Président de la République rappelle au Gouvernement que la mobilité, dans la sécurité, des personnes et des biens, est une priorité du Projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère et demeure un accélérateur du développement économique et social. Il insiste sur l’encadrement de la circulation des véhicules et l’amélioration de la sécurité routière.

A cet égard, il demande au Gouvernement de mettre en œuvre les mesures appropriées pour améliorer la mobilité interurbaine et urbaine, en ciblant notamment l’agglomération dakaroise, certaines villes ainsi que les axes routiers signalés comme accidentogènes.

Le Président de la République rappelle l’importance d’accentuer la diversification des modes de transport des personnes et des biens entre les différentes régions, en veillant au développement du réseau ferroviaire et à l’amélioration de la qualité des systèmes de transport public. A ce titre, il demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de mener des concertations avec l’ensemble des parties prenantes, en vue de la redéfinition des priorités et options des structures de transport public, dans une logique de complémentarité, de renforcement du maillage national et d’optimisation des coûts d’exploitation et des tarifs clients. S’agissant des transporteurs privés et de leurs associations, le Chef de l’Etat invite à une réflexion inclusive sur les modalités de modernisation des parcs automobiles et systèmes de transport, en veillant, à travers une réglementation revue et adaptée, à la facilitation de la mobilité des personnes et des biens.

Enfin, le Président de la République demande au Ministre des Transports terrestres et aériens de renforcer le dialogue social avec les acteurs du secteur des transports et de proposer, avant la fin du mois de mai 2026, un nouveau dispositif concerté d’amélioration de la mobilité interurbaine et urbaine. 

Connaissance, préservation et valorisation du patrimoine historique national

Le Président de la République fait observer que le Sénégal dispose d’un patrimoine national matériel et immatériel exceptionnel, dont la valorisation contribue au développement économique et au rayonnement culturel international. A cet effet, il demande l’actualisation consensuelle, avant la fin de l’année 2026, du répertoire et du classement des biens matériels et immatériels relevant du patrimoine historique et l’organisation d’un Forum international sur le Patrimoine historique du Sénégal, en décembre 2026.

En outre, le Chef de l’Etat indique au Gouvernement l’urgence de développer une stratégie d’élargissement et de préservation des sites, monuments historiques et biens nationaux classés, notamment au Patrimoine mondial de l’UNESCO et d’engager, avec l’implication d’experts réputés, les recherches nécessaires au retour effectif des biens culturels nationaux dans le patrimoine historique du Sénégal.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté sa communication sur les points suivants : 

Logement social

Le Premier Ministre a souligné que, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050, la filière du logement social constitue l’une des composantes à fort effet d’entraînement pour l’économie nationale, dont le développement permettra la mise en place d’un Programme durable de logement, notamment social.

Pour le Premier Ministre, le choix stratégique de l’écosystème du logement social vise à renforcer la compétitivité économique, à garantir à chaque citoyen l’accès à un logement décent, dont le coût est économiquement soutenable, dans le pôle ou la région de son choix, dans le cadre d’un aménagement équilibré des territoires.  

Le Premier Ministre a fait le diagnostic du déficit de logement, notamment le déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, l’urbanisation galopante et les inégalités d’accès au logement et aux services urbains. Il a demandé de définir une véritable Stratégie nationale du Logement, axée sur la sécurisation foncière, la mise en place d’une législation adéquate, le financement durable ainsi que l’équité sociale et territoriale en matière d’accès au logement. Cette stratégie, adossée à la nouvelle politique de logement, doit être opérationnalisée par la mise en œuvre d’un nouveau programme de logements fondé sur la diversité de l’offre, avec un modèle économique basé sur des mécanismes de financement et de commercialisation accessibles.

Selon le Premier Ministre, face à la production actuelle de logements formels concentrée entre les régions de Thiès et Dakar, la filière est confrontée à des contraintes structurelles majeures, notamment les problèmes d’accès au foncier pour les promoteurs privés, les coopératives et les opérateurs publics, les difficultés de mobilisation des financements adéquats et durables, le faible accompagnement des coopératives et des promoteurs privés, la faible prise en charge des acteurs du secteur informel et de certains fonctionnaires  et le faible accompagnement des coopératives.

Dès lors, le Premier Ministre insiste sur la nécessité d’identifier et de neutraliser les goulots comme l’accès au foncier, les lenteurs dans les démarches administratives et le modèle financier dominant, fondé sur le crédit hypothécaire bancaire. Il a annoncé les réformes structurantes initiées, notamment le projet « les Cités de la Transformation ». En outre, il a engagé le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du Territoire à élaborer le Schéma d’Aménagement et d’Urbanisme du Grand-Dakar (SAUDAK) et à accélérer le processus d’élaboration du Plan d’Aménagement intégré de la zone couvrant la Nouvelle Ville de Thiès, la ZAC de Thiès et le Pôle urbain de Daga Kholpa. Le Premier Ministre a demandé également de renforcer les capacités d’intervention de la SAFRU, d’accélérer la mise en œuvre du programme de logements sociaux en s’appuyant essentiellement sur l’auto-construction, de redynamiser les coopératives d’habitat et de renforcer significativement les moyens institutionnels du Bureau du Projet d’Assistance aux Collectivités pour l’Habitat social (BAHSO). Le Premier Ministre a instruit, enfin, le Secrétaire d’État au Logement, en rapport avec les départements ministériels concernés, de prendre toutes les dispositions pour le développement de partenariats public-privé pour rendre opérationnelle l’option qu’il a dégagée, dans les différents Pôles-Territoires, avec la création de pôles d’habitat modernes et productifs et de traduire dans les faits « les Cités de la Transformation ». 

Fonds de la Diaspora pour l’immobilier 

Le Premier Ministre a rappelé les instructions du Président de la République lors de la première édition de la Journée nationale de la Diaspora. La réflexion entamée par la suite, à l’initiative du Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, a abouti à la proposition de création d’un Fonds Immobilier de la Diaspora-Sénégal.

Le Premier Ministre a rappelé que les transferts de fonds de la Diaspora sénégalaise représentent près de 10 % du PIB, soit 2200 milliards de FCFA par an, destinés principalement à la consommation.

Le Premier Ministre a présenté le concept de Fonds Commun de Placement Immobilier-Diaspora Sénégal (FCPI-DS) qui viserait à transformer ces flux en investissements immobiliers locatifs, générant des revenus réguliers pour les familles, tout en constituant un patrimoine durable pour cette Diaspora, sans dette publique.  

Il a demandé au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération de finaliser la réflexion avec les parties prenantes et d’en faire la présentation prochainement en Conseil des Ministres.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES

Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a fait une communication sur le thème : « la santé dans toutes les politiques : un impératif pour réussir la Stratégie de Prévention et de Promotion de la Santé ».

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Agence de Régulation des Marchés (ARM) ;
  • le projet de décret instituant la redevance de régulation des marchés.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

L’Iran dénonce des « gros mensonges » américains sur son programme d’armement

Les tensions verbales entre Iran et les États Unis ont connu un nouveau regain mercredi, après des déclarations du président américain Donald Trump accusant Téhéran de développer des missiles capables d’atteindre le territoire américain. En réaction, les autorités iraniennes ont fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de « gros mensonges ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé sur le réseau social X ce qu’il considère comme une répétition d’allégations infondées. Selon lui, « tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges ». Il n’a toutefois pas précisé explicitement quelles déclarations étaient visées, bien que ses propos interviennent quelques heures après l’allocution du président américain devant le Congrès.

Lors de son discours de politique générale, Donald Trump a affirmé que l’Iran travaillait activement à se doter de missiles susceptibles de frapper le sol américain. Il a également réitéré sa position selon laquelle Téhéran ne serait « jamais autorisé » à fabriquer l’arme nucléaire, accusant les dirigeants iraniens de poursuivre « à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions ».

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de défiance persistante entre les deux pays, marqué par des années de sanctions économiques, de tensions militaires indirectes et de divergences profondes sur le dossier nucléaire. Les autorités iraniennes ont, à de nombreuses reprises, nié toute volonté de se doter de l’arme atomique. Elles affirment que leur programme nucléaire est exclusivement destiné à des usages civils, notamment dans les domaines de l’énergie et de la recherche médicale, et revendiquent leur droit à développer cette technologie dans le cadre du droit international.

Dans une interview accordée en février à la chaîne qatarie Al Jazeera, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré que son pays ne disposait pas de la capacité de frapper les États-Unis. Il avait toutefois averti que l’Iran ciblerait les bases américaines au Moyen-Orient si Washington lançait des frappes contre son territoire, soulignant ainsi la dimension régionale du bras de fer stratégique entre les deux puissances.

Au-delà des questions liées aux missiles et au nucléaire, un autre point de discorde concerne le bilan humain des troubles survenus en janvier en Iran. Donald Trump a affirmé que les autorités iraniennes avaient tué 32 000 personnes lors de la répression d’une vague inédite de contestation ayant culminé les 8 et 9 janvier. De leur côté, les responsables iraniens reconnaissent plus de 3 000 morts, tout en imputant les violences à des « actes terroristes » qu’ils attribuent aux États-Unis et à Israël.

Une estimation distincte a été avancée par l’organisation Huma Rights Activiste News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, qui affirme avoir recensé plus de 7 000 morts, tout en précisant que le bilan réel pourrait être plus élevé. Ces divergences illustrent la difficulté d’établir un chiffre consensuel dans un contexte de forte polarisation politique et d’accès limité à des sources indépendantes sur le terrain.

La séance de questions d’actualité au Gouvernement du 24 Février 2024 a été caractérisée par une série de violations manifestes du RIAN

‎- D’abord, par certains députés qui se sont mis à invectiver et même injurier leurs collègues , notamment, Ayib Daffe ,qui a traité les députés de l’opposition de chiens et de chiots et Alioune Dieye , qui s’est attaqué au Père de l’honorable Anta Babacar Ngom, en violation grave de l’article 55 du RI;
‎Or, le but de l’exercice était juste de permettre au Gouvernement de s’expliquer sur les questions urgentes de l’heure et ce, dans un souci d’apporter réponse aux interrogations légitimes des populations conformément à l’article 92 du reglement intérieur.
‎En aucune façon, il n’est permis aux députés de se substituer au Gouvernement pour répondre à sa place, encore moins d’insulter des collègues qui n’ont fait que poser des questions !

‎ Ensuite, par le comportement inqualifiable du Président Malick Ndiaye qui s’est permis de violer le code de conduite arrêté d’un commun accord par tous les députés et que lui même a validé, lu et rappelé à tous en début de séance ( article 68 du RI )
‎En effet, alors que la séance est encadrée et minutée, chaque orateur ayant connaissance de son temps de parole , ( y compris le Gouvernement ), il s’est permis, par son propre bon vouloir d’octroyer 5 minutes supplémentaires au PM, alors qu’il a refusé toute possibilité de réplique aux députés, laissant ce dernier s’adonner à jeu favori: invectiver l’opposition, dire du mal de tout et de tous , avant de fuir le débat et ne jamais répondre aux vrais questions.
‎L’opposition parlementaire dénonce publiquement ces façons de faire et ces pratiques qui dévoient les règles d’un exercice démocratique de haute portée.
‎Elle dénonce l’attitude du Président Malick Ndiaye pour fuir ses responsabilités de garant de la dignité et de l’honorabilité de l’Institution et condamne vigoureusement l’attitude des députés insulteurs qui n’honorent pas leur mandat.

Enfin, elle prend date , prend l’opinion à témoin et saura tirer toutes les conséquences de ces graves manquements.

LeDakarois

assembleenationale

kebetu

Mercy Ships annonce le retour régulier de ses navires-hôpitaux au Sénégal

La présidente-directrice générale de Mercy Ships, Dr Michelle White, a annoncé ce 24 février le retour prochain et régulier des navires-hôpitaux de l’organisation au Sénégal. Cette déclaration intervient à l’issue d’une audience avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au cours de laquelle les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration dans le domaine de la santé.

À l’issue de la rencontre, Dr Michelle White a exprimé sa gratitude envers les autorités sénégalaises, saluant le soutien du chef de l’État au partenariat en cours. Elle a indiqué que cette nouvelle étape vise à « cristalliser un nouveau partenariat avec la République du Sénégal », avec pour ambition de ramener le navire-hôpital « le plus rapidement possible », mais surtout d’assurer des escales régulières dans le pays. Sans avancer de calendrier précis, elle a assuré qu’au moins un navire accostera prochainement à Dakar.

Ce partenariat renouvelé prévoit non seulement la reprise des missions chirurgicales gratuites, mais également un renforcement significatif des capacités du système de santé sénégalais. Selon la PDG de Mercy Ships, la collaboration favorisera des séjours répétés des deux navires-hôpitaux de l’organisation, le Global Mercy et l’Africa Mercy. Au-delà des interventions chirurgicales, l’accent sera mis sur le transfert de compétences et le mentorat des praticiens locaux. « Nous ferons des projets de renforcement de capacités médicales en soutien avec les différents ministères concernés. Nous sommes particulièrement reconnaissants de ce partenariat », a-t-elle souligné.

Présente au Sénégal à trois reprises depuis 2019, Mercy Ships, dont le nom signifie « Navires de la miséricorde », a déjà marqué le paysage sanitaire national par des interventions d’envergure. En 2023, le Global Mercy, immobilisé à Dakar, avait servi pour la première fois deux pays à partir d’un seul port, le Sénégal et la Gambie. Cette mission conjointe avait permis, de février à juillet, de réaliser 736 opérations chirurgicales gratuites au profit de patients issus des deux États. Parallèlement, plus de 750 professionnels de santé avaient bénéficié de formations et de programmes de mentorat, contribuant ainsi à la consolidation durable des compétences locales.

Selon l’Agence de presse sénégalaise, l’entretien entre la PDG de Mercy Ships et le chef de l’État a essentiellement porté sur les modalités du nouveau partenariat liant l’ONG internationale aux autorités sanitaires sénégalaises. Cette dynamique s’inscrit dans la volonté affichée des pouvoirs publics de renforcer l’accès aux soins spécialisés et de développer les capacités techniques du personnel médical, notamment dans les domaines de la chirurgie spécialisée.

Thiès : la Conférence des amicales d’étudiants de l’Université Iba Der Thiam décrète 48 heures de grève

À Université Iba Der Thiam de Thiès , la tension monte entre les étudiants et les autorités administratives. Dans un communiqué rendu public, la Conférence des amicales d’étudiants (CAE) a exprimé son profond regret face à ce qu’elle considère comme une absence de réponses concrètes à ses préoccupations. Selon la coordination estudiantine, au lieu d’apporter des solutions adaptées à l’urgence de la situation, les autorités auraient choisi d’adopter une posture de confrontation, défendant une position jugée déconnectée des réalités que vivent les étudiants.

La CAE estime que les difficultés actuelles, notamment liées aux questions sociales et académiques, exigent des mesures immédiates et concertées. Elle déplore une attitude qu’elle qualifie d’intransigeante, accusant l’administration de ne pas prendre la pleine mesure des conséquences que ces blocages peuvent avoir sur le parcours universitaire et les conditions de vie des étudiants.

Face à cette situation, la Conférence des amicales d’étudiants a décidé de décréter une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures, à compter du mercredi 25 février 2026. Cette grève sera accompagnée d’une journée sans tickets prévue le jeudi, une action symbolique et stratégique qui vise à accentuer la pression sur les autorités en touchant le fonctionnement des services sociaux universitaires.

Dans son communiqué, la CAE formule des revendications précises. Elle exige le paiement intégral des rappels dus aux étudiants, soulignant que ces retards plongent de nombreux bénéficiaires dans des difficultés financières importantes. Elle réclame également le rétablissement de tous les changements opérés dans l’attribution des bourses, jusqu’à ce qu’une révision concertée soit engagée avec les représentants étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux bourses doit impérativement faire l’objet d’un dialogue inclusif afin de garantir l’équité et la transparence.

Par ailleurs, la CAE demande la réintégration immédiate des structures syndicales représentatives des étudiants, qu’elle considère comme légitimement mandatées par leurs pairs. Elle estime que l’exclusion ou la mise à l’écart de ces entités compromet le dialogue social et fragilise la stabilité du campus.

Tout en réaffirmant son attachement à un climat apaisé, la Conférence des amicales d’étudiants réprouve fermement toute tentative d’intimidation ou de répression à l’encontre des étudiants mobilisés. Elle appelle les autorités à privilégier la concertation et à ouvrir des négociations sérieuses afin d’éviter une escalade de la crise.

Touba : la Police de Ndamatou démantèle un réseau structuré de faussaires de documents de véhicules

Un important réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs liés aux véhicules a été démantelé par le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, à Touba. L’opération, menée avec minutie par les éléments de la police locale, a conduit à l’interpellation de six individus poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 février 2026. Aux environs de 03 heures du matin, une patrouille nocturne effectuant une ronde de sécurisation sur la corniche « Serigne Modou » a intercepté une moto de type Jakarta circulant sans éclairage et dépourvue de plaque d’immatriculation. Ce détail a immédiatement éveillé les soupçons des agents.

Lors du contrôle, le conducteur a présenté un Certificat de Mise en Consommation (CMC). Cependant, l’examen visuel du document a rapidement révélé des anomalies. Les policiers ont constaté des irrégularités dans la présentation et les mentions administratives, laissant présumer qu’il s’agissait d’un document non conforme.

Face à la fermeté des agents et à la perspective d’une immobilisation définitive de la moto, les suspects ont tenté une manœuvre audacieuse pour régulariser frauduleusement la situation. Selon les premiers éléments de l’enquête, un complice s’est introduit clandestinement dans l’enceinte du commissariat afin de photographier le numéro de châssis de la moto immobilisée. L’objectif était clair : obtenir les informations exactes du véhicule pour produire un faux document parfaitement concordant.

Le numéro de châssis ainsi obtenu a été transmis via l’application WhatsApp à un mécanicien, qui l’a relayé à son tour à un vendeur. Ce dernier a ensuite contacté un confectionneur spécialisé dans la fabrication de faux documents administratifs. En quelques heures, un nouveau certificat frauduleux correspondant précisément aux références de la moto devait être établi afin de tromper la vigilance des forces de l’ordre.

Mais la stratégie du réseau n’a pas résisté à l’expertise technique des policiers de Ndamatou. Une analyse approfondie du document présenté a permis de confirmer la contrefaçon. Les incohérences relevées, combinées à l’exploitation des données numériques, ont permis aux enquêteurs de remonter progressivement toute la chaîne criminelle.

Les investigations ont ainsi conduit à l’identification et à l’arrestation successive des différents maillons du réseau, du conducteur de la moto au faussaire principal chargé de la fabrication des documents. Les six mis en cause sont désormais à la disposition de la justice et devraient répondre des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Cette opération met en lumière l’existence de circuits organisés de falsification de documents de véhicules dans la cité religieuse. Elle illustre également la montée en puissance des techniques d’enquête numérique, devenues déterminantes dans le démantèlement des réseaux criminels structurés.

Sanar : la CESL décrète 48 heures de cessation des activités pour exiger le paiement des bourses

La Coordination des Étudiants de Saint Louis (CESL) a officiellement décrété une cessation de toutes les activités pédagogiques pour une durée de 48 heures non renouvelables à compter de ce mardi 24 février 2026. À travers cette décision forte, la structure représentative des étudiants de Sanar entend exercer une pression directe sur les autorités afin d’obtenir la satisfaction de revendications jugées urgentes, principalement liées aux retards de paiement des bourses.

Dans un communiqué parvenu à la presse, la coordination justifie cette mesure par une situation financière devenue critique pour de nombreux étudiants. Selon ses responsables, les retards accumulés dans le versement des rappels de bourses plongent une frange importante de la communauté estudiantine dans une précarité préoccupante. Difficultés à payer le logement, à subvenir aux besoins alimentaires ou à assurer les dépenses pédagogiques de base : autant de réalités qui, d’après la CESL, compromettent les conditions d’apprentissage et la sérénité sur le campus.

Au cœur des revendications figure l’exigence du paiement intégral des rappels de bourses dus aux ayants droit. Les étudiants estiment que ces arriérés constituent un engagement formel de l’État et que leur non-versement fragilise l’équilibre social au sein de l’université. Pour Amadou Ba et ses camarades, il ne s’agit pas seulement d’une question administrative, mais d’un impératif social qui conditionne la stabilité académique.

Au-delà de la question des rappels, la CESL se montre également vigilante sur la préservation des acquis sociaux. Elle réclame fermement le maintien des avantages actuels et s’oppose à toute modification du décret n°2014-963 relatif aux allocations d’études qui ne résulterait pas d’un processus de concertation avec les représentants des étudiants. Pour la coordination, toute réforme touchant aux conditions d’attribution ou aux montants des bourses doit faire l’objet d’un dialogue inclusif afin d’éviter des tensions supplémentaires.

Cette grève de 48 heures s’inscrit dans une tradition de mobilisation estudiantine à l’Université Gaston Berger, où les questions liées aux œuvres sociales et aux allocations d’études constituent régulièrement des points de crispation entre étudiants et autorités. En gelant les cours et les activités académiques, la CESL envoie un signal clair : la stabilité du calendrier universitaire demeure indissociable du respect des engagements financiers et sociaux pris par l’État à l’endroit des étudiants.

Décès du jeune attaquant Youssou Diouf : l’autopsie conclut à une mort naturelle, l’émotion vive entre Thiès, Kaolack et Ziguinchor

Le monde du football sénégalais est en deuil après le décès brutal de Youssou Diouf, jeune attaquant de 21 ans évoluant à l’AS Saloum. Le drame est survenu dimanche dernier à l’issue de la rencontre ayant opposé son équipe à Amitié FC à Thiès, plongeant coéquipiers, dirigeants et supporters dans une profonde consternation.

Selon les informations communiquées par son entourage, l’autopsie pratiquée après son décès a conclu à une mort de cause naturelle. Cette précision, très attendue par la famille et les acteurs du football local, vient lever les interrogations qui entouraient les circonstances de sa disparition soudaine survenue après le match disputé dans la capitale du rail.

À Thiès, la levée du corps est prévue ce mercredi à la morgue de l’hôpital régional Ahmadou Sakhir Ndiéguène. Son club, l’AS Saloum, doit recevoir la dépouille dans la matinée afin de lui rendre un premier hommage. Un moment empreint d’émotion est annoncé au siège du club kaolackois, où dirigeants, joueurs et supporters entendent saluer une dernière fois la mémoire de celui qui portait leurs couleurs avec détermination et passion.

Dans la capitale méridionale, l’ASC ASCABS, considérée comme sa famille sportive, se mobilise également pour accueillir la dépouille et accompagner le jeune footballeur vers sa dernière demeure. Les responsables du club, encore sous le choc, ont exprimé leur douleur face à la disparition d’un joueur décrit comme talentueux, discipliné et profondément attaché à ses coéquipiers.

Après son passage à Kaolack, la dépouille sera acheminée vers Ziguinchor, où l’inhumation est prévue ce jeudi 26 février. Sa famille, ses proches et de nombreux acteurs du football régional se préparent à lui rendre un ultime hommage dans sa ville, où il sera enterré.

Université Cheikh Anta Diop de Dakar : vives tensions autour de la réouverture partielle des campus sociaux

L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) se retrouve une nouvelle fois au centre d’un bras de fer entre autorités universitaires et représentants des étudiants. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, le Collectif des Amicales de l’UCAD a vivement réagi à la décision du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) de procéder à la réouverture des campus sociaux, tout en maintenant fermés les pavillons B et F.

Selon le Collectif, cette mesure affecte directement plus de 2 000 étudiants qui occupaient ces pavillons avant leur fermeture. Ces derniers se retrouveraient aujourd’hui sans solution de relogement clairement définie, dans un contexte déjà marqué par des difficultés économiques persistantes et une forte pression sur les infrastructures universitaires. Les représentants étudiants dénoncent ce qu’ils qualifient de « manque criant de responsabilité » et de « mépris flagrant » à l’égard des étudiants concernés, estimant que la décision expose des centaines de jeunes à une situation de grande précarité.

Pour le Collectif des Amicales, la réouverture partielle des campus sociaux, sans mesures d’accompagnement pour les résidents des pavillons fermés, crée une inégalité de traitement et risque d’aggraver les tensions sur le campus. Plusieurs étudiants concernés seraient contraints de se tourner vers des solutions alternatives souvent onéreuses, dans un marché locatif dakarois déjà saturé. Cette situation pourrait également avoir des répercussions sur leur assiduité et leur performance académique.

Toutefois, dans une posture qu’il qualifie de responsable, le Collectif appelle les étudiants à rejoindre les campus dès le jeudi 26 février. Cette décision vise, selon le communiqué, à éviter un allongement du retard académique accumulé depuis les événements politiques de 2023, qui avaient fortement perturbé le calendrier universitaire. L’organe de représentation étudiante affirme vouloir concilier la défense des droits des étudiants et la nécessité de préserver la continuité pédagogique.

Dans cette dynamique, un point de presse est prévu le vendredi 27 février afin d’apporter davantage d’éclaircissements sur la position du Collectif et les actions envisagées. Par ailleurs, une Assemblée générale est convoquée pour le lundi 2 mars à 10 heures devant la direction du COUD. Cette rencontre devrait permettre aux étudiants de débattre de la situation et de définir une stratégie commune face aux décisions des autorités.

Liberté de la presse au Sénégal : la CJRS appelle à un sursaut éthique et professionnel

À l’ouverture d’un atelier de formation de trois jours à Dakar, le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), Mamadou Diagne, a lancé un appel solennel à ses confrères pour un exercice plus rigoureux et responsable du métier de journaliste. Dans un contexte marqué par la multiplication des convocations de professionnels des médias devant les juridictions, il a insisté sur la nécessité d’instaurer un « équilibre rigoureux entre liberté d’expression et responsabilité éditoriale ».

Prenant la parole devant un parterre de jeunes reporters et d’acteurs du secteur, Mamadou Diagne a exprimé ses préoccupations face aux dérives observées dans l’espace médiatique sénégalais. Il a particulièrement pointé du doigt certaines interventions lors des débats télévisés, qu’il estime parfois empreintes de légèreté et d’accusations non étayées. Selon lui, des intervenants, sous l’influence d’intérêts politiques ou économiques, se livrent à des prises de position sans fondement solide, exposant ainsi leurs auteurs à des poursuites judiciaires et portant atteinte à la crédibilité de l’ensemble de la profession.

Pour le président de la CJRS, cette situation fragilise non seulement les journalistes individuellement, mais également la confiance du public envers les médias. Il a exhorté ses confrères à faire preuve de retenue, de vérification systématique des faits et de prudence dans l’expression publique, rappelant que le recours aux organisations de défense de la presse ne saurait se substituer au respect préalable des règles éthiques et déontologiques.

Cet atelier s’inscrit dans un programme d’envergure piloté par Reporters sans frontières pour l’Afrique subsaharienne. Présente à la cérémonie d’ouverture, la cheffe de projet, Ndèye Diary Ba, a détaillé les axes majeurs de cette initiative soutenue par un partenaire allemand.

Le programme repose d’abord sur la protection des journalistes, à travers la mise en place d’un réseau de points focaux régionaux chargés de signaler en temps réel les atteintes à la liberté de la presse. L’objectif est de disposer d’un mécanisme d’alerte rapide capable de documenter efficacement les violations et d’assurer une réaction coordonnée.

Le deuxième pilier concerne le plaidoyer. Il s’appuie sur la collecte et l’analyse de données fiables qui permettront d’élaborer un rapport national destiné à sensibiliser les autorités et à encourager des réformes favorables à un environnement médiatique plus sûr et plus respectueux des libertés fondamentales.

Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement des capacités des professionnels des médias, notamment en matière de sécurité physique et numérique. Dans un contexte où les risques liés à la couverture de sujets sensibles se multiplient, il s’agit de doter les journalistes d’outils pratiques pour mieux se protéger sur le terrain et dans l’espace numérique.

La tenue de cette formation intervient alors que la situation du secteur suscite de vives inquiétudes. Ndèye Diary Ba a rappelé que le Sénégal a enregistré une chute significative dans le classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporter sans frontière , passant de la 48e à la 94e place en quelques années. Une évolution jugée préoccupante par les acteurs du secteur, qui y voient le signe d’un climat de plus en plus contraignant pour l’exercice du journalisme.

Mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam : l’initiative fondatrice d’Ousmane Diagne relancée en plénière

La procédure de mise en accusation visant Me Moussa Bocar Thiam franchit une nouvelle étape décisive avec son inscription à l’ordre du jour de la plénière de l’Assemblée nationale prévue le vendredi 27 février. Cette avancée institutionnelle remet au premier plan un acteur clé du dossier : Ousmane Diagne, ancien ministre à l’origine de la saisine ayant enclenché le processus devant la Haute Cour de justice.

Contrairement à certaines interprétations laissant penser à une initiative récente, la démarche remonte au mois d’août dernier. À cette période, Ousmane Diagne était encore en fonction au sein du gouvernement. C’est sous son autorité que la lettre de saisine a été formellement transmise, posant les bases juridiques de la procédure. En engageant ce mécanisme constitutionnel, l’ancien ministre a activé un processus institutionnel dont le rythme dépend désormais exclusivement du Parlement.

Son départ du gouvernement en septembre n’a pas mis un terme à la dynamique enclenchée. Toutefois, l’absence de visibilité politique autour du dossier au cours des derniers mois a pu donner l’impression d’un ralentissement, voire d’un effacement de l’initiative initiale. En réalité, le processus est demeuré en suspens dans l’attente de son inscription à l’agenda parlementaire, étape indispensable à sa progression.

L’annonce officielle de la plénière par le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, marque ainsi la réactivation formelle du dossier dans l’arène institutionnelle. Cette décision replace indirectement Ousmane Diagne au centre du débat, en rappelant que la procédure actuellement soumise à l’examen des députés trouve son origine dans l’acte posé sous son magistère ministériel.

La mise en accusation devant la Haute Cour de justice obéit à un mécanisme constitutionnel précis. Elle requiert l’adoption d’une résolution par les députés, à la majorité requise, avant toute poursuite éventuelle. Le vote attendu vendredi constituera donc un moment charnière : il déterminera si le dossier franchit l’étape parlementaire pour entrer pleinement dans sa phase juridictionnelle.

Au-delà du cas individuel de Me Moussa Bocar Thiam, cette séquence met en lumière la continuité de l’action publique au-delà des changements de responsables gouvernementaux. L’initiative prise en août continue de produire ses effets plusieurs mois après le départ de son auteur du gouvernement, illustrant la permanence des procédures institutionnelles dans le fonctionnement de l’État.

Touba : la Police de Ndamatou démantèle un réseau de faussaires spécialisé dans les documents de véhicules

Le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou, à Touba, an mis un terme aux agissements d’un réseau de faussaires particulièrement structuré, spécialisé dans la confection de faux documents administratifs liés aux véhicules. L’opération a conduit à l’interpellation de six (06) individus pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en documents administratifs.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 23 au 24 février 2026, aux environs de 03h00. Lors d’une patrouille nocturne sur la corniche « Serigne Modou », les éléments de la police ont intercepté une moto de type Jakarta circulant sans éclairage ni plaque d’immatriculation.

Invité à présenter les pièces du véhicule, le conducteur a exhibé un Certificat de Mise en Consommation (CMC) jugé non conforme par les agents. Face aux vérifications approfondies engagées par les policiers, les suspects ont tenté une manœuvre audacieuse pour régulariser frauduleusement la situation.

Selon les premiers éléments de l’enquête, un complice s’est introduit clandestinement dans les locaux du commissariat afin de photographier le numéro de châssis de la moto immobilisée. L’information a ensuite été transmise via l’application WhatsApp à un mécanicien, puis à un vendeur, avant d’atterrir entre les mains d’un confectionneur chargé de produire un faux certificat correspondant aux caractéristiques exactes de l’engin.

Cependant, la vigilance des policiers et l’analyse technique des documents ont permis de déceler la supercherie. L’exploitation des données numériques recueillies a conduit les enquêteurs à remonter toute la chaîne criminelle, du conducteur interpellé jusqu’au faussaire principal.

Saint-Louis : la Section de recherches démantèle un nouveau réseau présumé d’homosexuels, trois suspects arrêtés

La Section de recherches (SR) de Saint-Louis a procédé à l’arrestation de trois individus âgés de 42 à 52 ans, dans le cadre du démantèlement d’un nouveau réseau de présumés homosexuels dans la région nord du pays. L’opération, menée avec discrétion mais efficacité, s’inscrit dans une dynamique de surveillance accrue engagée par les services de sécurité face à ce qu’ils qualifient de « dépravation des mœurs ».

D’après des informations rapportées par le journal Libération, les personnes interpellées présentent des profils socioprofessionnels variés. Il s’agit d’un peintre, d’un commerçant et d’un cuisinier. Deux des mis en cause sont mariés, tandis que le troisième est divorcé. Des éléments qui, selon les sources proches de l’enquête, auraient particulièrement retenu l’attention des enquêteurs au regard de leur situation familiale et de leur intégration apparente dans leurs communautés respectives.

Les arrestations ont été effectuées dans plusieurs localités stratégiques de la zone, notamment à Croisement Bango, à Pikine ainsi qu’à Rao. Ces secteurs, situés dans le département de Saint-Louis, ont fait l’objet d’investigations approfondies à la suite de renseignements recueillis par les services compétents. Les opérations se seraient déroulées de manière coordonnée afin d’éviter toute fuite ou tentative de dissimulation d’éléments de preuve.

Selon des sources sécuritaires, l’enquête serait partie d’informations faisant état de rencontres organisées et de communications suspectes entre plusieurs individus. Les investigations techniques et les filatures auraient permis d’identifier progressivement les suspects avant leur interpellation.

Les trois hommes arrêtés sont actuellement en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les autorités cherchent à déterminer l’ampleur réelle du réseau et à identifier d’éventuelles ramifications dans d’autres quartiers de Saint-Louis, voire dans des localités voisines. Des auditions sont en cours et du matériel saisi pourrait faire l’objet d’analyses complémentaires.

Cette opération s’inscrit dans une traque plus large menée par la gendarmerie nationale, qui affirme vouloir intensifier la lutte contre les pratiques jugées contraires aux valeurs sociales et aux dispositions légales en vigueur. Les enquêteurs n’excluent pas de nouvelles interpellations dans les prochains jours, au fur et à mesure de l’exploitation des informations recueillies.

Démantèlement d’un réseau d’escroquerie au visa : la DNLT défère un récidiviste au parquet

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières, a déféré ce 23 février 2026 un individu devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

Le mis en cause est poursuivi pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux sur document de voyage, escroquerie au visa et complicité.

L’affaire remonte au 30 juin 2025, lorsqu’une victime a déposé plainte après avoir été escroquée d’un montant de 7 070 000 FCFA. Le suspect lui avait promis l’obtention d’un visa pour les États-Unis.

Selon les éléments de l’enquête, la mise en relation entre les deux parties s’est faite lors d’un forum organisé au village artisanal de Soumbédioune. Par la suite, le mis en cause recevait la victime à son domicile à Ngor, où il percevait les paiements par tranches.

Pour rassurer sa victime, il lui a transmis la photo d’un visa Schengen falsifié. Il a ensuite exigé des frais supplémentaires pour l’achat d’un billet d’avion avant de devenir injoignable.

Grâce à un avis de recherche aux frontières émis par la DNLT, le suspect a finalement été intercepté à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD).

Au cours de son interrogatoire, il a reconnu avoir encaissé les fonds et les avoir utilisés à des fins personnelles, prétextant une annulation de la demande sur la plateforme de l’ambassade. Il a également admis que l’image du visa envoyée à la victime était un faux confectionné par un complice.

Grand Yoff : deux individus arrêtés pour vol de motocyclette après une course-poursuite nocturne

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, dans la nuit du 24 février 2026 aux environs de 4 heures du matin, à l’interpellation de deux individus impliqués dans un vol de motocyclette, à l’issue d’une course-poursuite.

Dans le cadre de ses patrouilles de sécurisation, la Brigade de Recherches a surpris, à hauteur du Centre Talibou DABO, une bande de quatre individus circulant à bord de deux motocyclettes, dont l’une était tractée. À la vue des forces de l’ordre, les suspects ont immédiatement pris la fuite, abandonnant l’engin tracté sur la chaussée.

Une course-poursuite a été aussitôt engagée et a permis d’interpeller deux des malfaiteurs à hauteur de l’Hôpital Idrissa POUYE. Les deux autres complices ont réussi à s’échapper et sont activement recherchés.

La motocyclette récupérée, de marque Piaggio, appartient à un résident de Liberté VI Extension. Entendus par les enquêteurs, les mis en cause sont passés aux aveux. Ils ont reconnu avoir escaladé le mur du domicile de la victime avant de forcer le dispositif de direction pour s’emparer de l’engin.

Selon les fichiers de police, l’un des deux interpellés est un récidiviste déjà déféré pour vol aggravé. Les suspects ont été placés en garde à vue en attendant leur déferrement devant le parquet compétent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°681 – 25/02/2026

🔴 CONTESTATION DE LA DIFFUSION DE LA SÉROLOGIE DES HOMOSEXUELS ARRÊTÉS… LEVÉE DE LA PROTECTION RAPPROCHÉE DE MAME MAKHTAR GUÈYE… FIN PROCHAINE DE L’EXCEPTIONNALITÉ SÉCURITAIRE SUR LES CAMPUS UNIVERSITAIRES : LES TROIS MALADRESSES DE SONKO
🔴 GESTION ÉLECTORALE… INQUIÉTUDES SUR LE CALENDRIER, LA DETTE ET LES SECTEURS EN CRISE : MBAYE DIONE DUBITATIF

🔴 KRÉPIN DIATTA FORFAIT : COUP DUR POUR L’AS MONACO AVANT LE CHOC FACE AU PSG

Accès au logement : CAUTIONA Sénégal mise sur l’innovation digitale et le partenariat public-privé pour révolutionner la caution locative

Face aux difficultés persistantes d’accès au logement, Cautiona Sénégal a organisé, ce lundi 23 février 2025, à l’hôtel Noom (ex-Radisson), le Forum du Logement, une rencontre de haut niveau consacrée au thème : « Accès au logement : enjeux, innovations et solutions durables pour les populations ».

L’objectif était d’identifier des réponses concrètes aux défis structurels du secteur. L’événement a réuni des experts de l’habitat, des professionnels de l’immobilier, des acteurs des nouvelles technologies ainsi que des représentants de l’État.

Cautiona Sénégal, fintech sénégalaise engagée dans la facilitation de l’accès au logement à travers des solutions digitales innovantes, entend ainsi moderniser le marché locatif.

« Il y a le site Internet qui est déjà disponible. L’application sera présentée tout à l’heure et sera lancée en début de semaine. Elle s’appelle “Cautiona”, comme le nom de l’entreprise », a déclaré Mouhamed Faye, PDG de Cautiona Sénégal, filiale du groupe MN Capital, basé à Dakar.

Au Sénégal, et particulièrement à Dakar, l’accès au logement demeure un défi majeur. Hausse des loyers, montants élevés des cautions, déficit de logements sociaux, pression foncière : les obstacles sont multiples.

« Nous avons choisi d’initier ce forum pour discuter de toutes les difficultés liées au logement et proposer des solutions innovantes susceptibles de soulager la population sénégalaise », a expliqué M. Faye.

Selon lui, l’objectif principal de l’entreprise est d’introduire davantage d’innovation dans le secteur, notamment à travers l’utilisation des nouvelles technologies afin de corriger les dysfonctionnements constatés sur le marché locatif.

Le Président-directeur général de Cautiona Sénégal a souligné l’urgence d’apporter des solutions technologiques aux déséquilibres observés.

« Aujourd’hui, le principal problème réside dans les montants de caution exigés, qui atteignent souvent trois à quatre mois de loyer. Cela pèse lourdement sur les ménages », a-t-il expliqué.

L’entreprise propose un modèle de cautionnement locatif digitalisé, accessible via une application mobile baptisée Cautiona. Grâce à cette solution, un locataire peut effectuer une demande en ligne et obtenir une validation sous 24 heures, sans mobiliser immédiatement plusieurs mois de loyer.

Ce mécanisme permettra d’alléger la charge financière des ménages et d’introduire davantage de traçabilité dans un secteur jugé insuffisamment régulé.

« Avant de gagner de l’argent, il faut résoudre un problème », a insisté M. Faye, qui entend positionner son entreprise comme un acteur majeur de la modernisation du marché locatif sénégalais.

Par ailleurs, le gouvernement, sous l’impulsion du ministre Moussa Abdel Fofana, a lancé un programme national d’accès au logement et de renouveau urbain, avec une forte orientation vers le partenariat public-privé.

Monsieur Momar Ndiaye, directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme, a salué l’initiative.

Selon lui, près de 9 000 hectares de bidonvilles, abritant environ 3 millions d’habitants, nécessitent des interventions structurelles. Par ailleurs, plus de 20 000 hectares ont déjà été mobilisés au niveau national dans le cadre d’une stratégie de sécurisation et de valorisation foncière.

« Il est fondamental de s’appuyer sur le secteur privé pour développer une offre massive de logements », a-t-il affirmé, précisant qu’une partie du foncier sera confiée aux promoteurs privés pour développer des projets viables, tandis qu’une autre sera destinée aux logements sociaux et à l’autoconstruction.

La question de la régulation des loyers a également occupé une place centrale dans les débats. À Dakar, où la densité dépasse 5 800 habitants par km², la pression locative reste particulièrement forte.

Pour conclure, le PDG de Cautiona Sénégal estime que l’absence de traçabilité constitue un frein majeur à la régulation du secteur.

« Avec la digitalisation et la gestion des données, il y aura beaucoup plus de transparence, ce qui permettra de mieux structurer le marché », a-t-il assuré.

Les activités de Cautiona sont envisagées à l’échelle nationale, puis internationale, l’entreprise estimant que son modèle est reproductible dans d’autres pays.

« Nous ferons le maximum pour contribuer à la régulation du secteur, avec l’appui de l’État », a conclu M. Faye.

Macky Sall à Nairobi : une rencontre stratégique avec William Ruto autour de l’adaptation climatique

L’ancien Chef de l’État sénégalais, Macky Sall, a été reçu à Nairobi par le président kényan William Ruto, dans le cadre d’une rencontre placée sous le signe de la coopération africaine face aux défis climatiques. Cette audience s’inscrit dans la dynamique de mobilisation continentale autour des enjeux d’adaptation et de résilience, au moment où l’Afrique demeure l’une des régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique.

Actuel président du Conseil du Global Center on Adaptation (GCA), Macky Sall a profité de cette visite pour saluer l’engagement du chef de l’État kényan en faveur des politiques d’adaptation. Dans un message publié sur le réseau social X, l’ancien dirigeant sénégalais a exprimé sa reconnaissance pour le « leadership exceptionnel » de William Ruto en matière d’adaptation pour l’Afrique. Il a également remercié le président kényan pour son soutien constant au Centre mondial pour l’adaptation et à sa mission visant à accélérer la transition vers des économies résilientes sur le continent.

Cette rencontre met en lumière le rôle croissant que joue le Kenya dans l’agenda climatique africain. Sous l’impulsion de William Ruto, Nairobi s’est positionnée comme un acteur majeur du plaidoyer pour la justice climatique et le financement de l’adaptation. Le pays a notamment multiplié les initiatives en faveur des énergies renouvelables et de solutions innovantes pour renforcer la résilience des communautés vulnérables, notamment dans les zones arides et semi-arides.

Pour Macky Sall, désormais engagé sur la scène internationale à travers le GCA, l’enjeu est de consolider les partenariats stratégiques afin d’intensifier les investissements dans l’adaptation climatique. Le Centre mondial pour l’adaptation œuvre à soutenir les gouvernements africains dans la conception et la mise en œuvre de politiques capables de protéger les populations, les infrastructures et les économies face aux chocs climatiques. Il plaide également pour un meilleur accès aux financements internationaux, estimant que l’Afrique, bien que faiblement responsable des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit de manière disproportionnée les conséquences du réchauffement planétaire.

Au-delà de la dimension protocolaire, l’audience entre Macky Sall et William Ruto traduit une convergence de vues sur la nécessité pour l’Afrique de parler d’une seule voix dans les négociations climatiques internationales. Les deux personnalités partagent la conviction que l’adaptation doit être placée au cœur des priorités de développement du continent, au même titre que l’industrialisation, la sécurité alimentaire et la transformation économique.

Cette visite à Nairobi confirme ainsi la poursuite de l’engagement international de Macky Sall après son départ du pouvoir. En mettant en avant le leadership kényan et en renforçant les synergies entre institutions africaines et partenaires globaux, l’ancien président sénégalais entend contribuer à structurer une réponse africaine ambitieuse et coordonnée face à l’urgence climatique.

Reddition des comptes : Ousmane Sonko exprime ses inquiétudes face aux dossiers de l’ancien régime

La question de la reddition des comptes continue d’occuper une place centrale dans le débat politique sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé publiquement sa déception et sa frustration face aux lenteurs constatées dans le traitement des dossiers liés à la gestion de l’ancien régime. Cette sortie intervient dans un contexte où la transparence dans la gestion des finances publiques constitue l’un des engagements majeurs du gouvernement issu de la troisième alternance politique.

Lors de son intervention dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, le chef de l’exécutif a dénoncé ce qu’il considère comme des blocages institutionnels susceptibles de compromettre l’aboutissement des procédures judiciaires engagées contre certains responsables publics présumés impliqués dans des affaires de malversations financières. Ousmane Sonko a notamment évoqué les dossiers symboliquement appelés « Dossiers Yi Amatumassi Yakaar », expression utilisée pour désigner les affaires de grande envergure qui concernent la gestion des ressources publiques durant les années précédentes. Selon lui, ces dossiers risquent de ne jamais aboutir à des sanctions judiciaires effectives si les lenteurs constatées persistent.

Le Premier ministre a accusé certaines autorités judiciaires de manquer de diligence dans le traitement de ces affaires sensibles, affirmant que certaines procédures semblent se heurter à des obstacles administratifs ou juridiques qui réduisent l’efficacité de la justice économique. Il a regretté ce qu’il considère comme une tendance à « tout mettre à néant », estimant que cette situation pourrait décourager les efforts du gouvernement pour instaurer une gouvernance financière plus rigoureuse. Pour le chef du gouvernement, la reddition des comptes ne constitue pas seulement un enjeu politique, mais aussi un impératif moral destiné à restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Malgré ces critiques, Ousmane Sonko a tenu à adopter un discours nuancé en reconnaissant les avancées réalisées par certaines institutions de contrôle de l’État. Il a particulièrement salué le travail de l’Inspection générale d’État (IGE), de la Cour des Comptes ainsi que de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Ces institutions jouent, selon lui, un rôle fondamental dans la lutte contre la corruption et la traque des irrégularités financières héritées des précédentes administrations. Il a encouragé ces organes à poursuivre leurs missions avec indépendance et rigueur afin de permettre un traitement objectif des dossiers en cours.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette prise de parole s’inscrit également dans une dynamique politique visant à maintenir la pression sur les mécanismes de bonne gouvernance. La reddition des comptes demeure en effet un thème fortement attendu par l’opinion publique, notamment dans un contexte économique marqué par des exigences accrues de transparence dans la gestion des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi faire de cette politique un pilier de sa stratégie de transformation institutionnelle, même si les contraintes juridiques et administratives continuent de susciter des débats entre acteurs politiques, juristes et société civile.

Mbaye Dione critique la gestion électorale : inquiétudes sur le calendrier, la dette et les secteurs en crise

Le débat politique autour de la gouvernance et de la préparation des prochaines échéances électorales s’intensifie au Sénégal. Le député et Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Mbaye Dione, a dénoncé un manque de visibilité globale sur la gestion de plusieurs dossiers stratégiques de l’État, en particulier le calendrier électoral, lors d’un point de presse tenu à l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Ses déclarations s’inscrivent dans un contexte politique marqué par des tensions autour des réformes institutionnelles et de la préparation des futures consultations électorales.

Le député a principalement mis l’accent sur ce qu’il considère comme un « flou total » concernant l’organisation du calendrier électoral national. Selon lui, les autorités gouvernementales n’ont pas encore apporté de réponses suffisamment précises sur les prochaines étapes du processus électoral, notamment en ce qui concerne la révision des listes électorales. Il estime que cette situation rend difficile l’établissement d’un agenda clair pour les élections à venir, alors que le gouvernement envisagerait parallèlement des réformes relatives au découpage administratif et territorial des collectivités locales. Pour l’opposant, toute modification institutionnelle devrait s’accompagner d’une communication transparente afin d’éviter toute suspicion dans l’opinion publique.

Au-delà de la question électorale, Mbaye Dione a également interpellé le gouvernement sur la situation économique nationale, notamment la gestion de la dette publique et les risques de défaut de paiement. Il a exprimé ses préoccupations face à la pression financière qui pèse sur les finances publiques et a appelé les autorités à anticiper des solutions structurelles pour préserver la stabilité économique du pays. Selon lui, la question de la dette ne doit pas être traitée uniquement sous un angle technique, mais doit aussi intégrer les conséquences sociales et économiques pour les populations.

Le parlementaire a également élargi son analyse à la situation du monde rural, qu’il considère comme particulièrement vulnérable dans le contexte actuel. Il a évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles, notamment l’écoulement des récoltes d’arachide, principale source de revenus pour de nombreuses familles rurales. Cette situation, selon lui, traduit des dysfonctionnements dans la chaîne de commercialisation agricole et appelle à des mesures urgentes pour soutenir les paysans, améliorer les circuits de distribution et stabiliser les prix des denrées agricoles.

Mbaye Dione a aussi attiré l’attention sur les difficultés économiques et sociales qui touchent plusieurs secteurs clés de l’économie nationale, notamment le secteur du bâtiment et de l’immobilier, l’enseignement supérieur ainsi que les médias. Selon lui, ces secteurs traversent des crises structurelles qui nécessitent des politiques publiques plus adaptées. Il a également évoqué la situation des ressortissants sénégalais détenus au Maroc, soulignant la souffrance des familles concernées et appelant les autorités à poursuivre les démarches diplomatiques pour trouver des solutions humanitaires et juridiques à cette affaire.

Pour conclure, le député a insisté sur l’urgence d’obtenir des réponses claires de la part du gouvernement sur la préparation des élections. Il a réaffirmé que l’absence de calendrier précis, combinée aux réformes envisagées sur le découpage territorial, entretient un climat d’incertitude politique. Selon lui, la transparence dans la gestion du processus électoral constitue une exigence démocratique fondamentale, indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.

Mame Makhtar Guèye réplique à Sonko : le débat sur les mœurs et la légalité au cœur des tensions

Les échanges autour de la question des mœurs au Sénégal continuent d’alimenter un vif débat politique et sociétal. Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Guèye, a réagi aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko tenues à l’Assemblée nationale, en apportant des précisions sur ses positions et en réclamant des actions plus fermes de la part de l’État dans la gestion des questions liées à l’homosexualité. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions entre certaines organisations religieuses conservatrices et les autorités publiques sur la manière d’aborder les questions de société sensibles.

Intervenant sur les ondes d’une radio nationale, Mame Makhtar Guèye a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle il aurait envisagé de publier une liste de personnes ou d’associations supposées homosexuelles. Selon lui, les propos attribués au chef du gouvernement ne reposent sur aucun élément concret. Il a insisté sur le fait que la gestion de ce type de dossier relève exclusivement des prérogatives régaliennes de l’État, notamment du ministère de l’Intérieur et des services judiciaires. Tout en répondant aux critiques, il a estimé que le Premier ministre arrivait tardivement dans la gestion de cette problématique, considérant que le débat public aurait pu être mieux encadré depuis plusieurs années.

Le responsable de Jamra a également évoqué les fortes pressions sociales et médiatiques qu’il affirme avoir subies ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux, où certains internautes l’auraient encouragé à divulguer des listes de personnes suspectées d’appartenir à la communauté homosexuelle. Il a rappelé qu’une telle démarche pourrait créer des situations de stigmatisation et de violences sociales. À ce titre, il a fait référence à un précédent historique survenu dans les années 1980, lorsqu’une liste de francs-maçons avait été rendue publique, évoquant les conséquences sociales et politiques qu’un tel acte pourrait engendrer dans la société sénégalaise. Pour lui, la publication d’informations sensibles ne doit pas être laissée aux réseaux sociaux, mais doit plutôt être transmise directement aux autorités compétentes afin qu’elles puissent mener les investigations nécessaires dans un cadre légal.

Sur le plan politique et législatif, Mame Makhtar Guèye a appelé le gouvernement à adopter des mesures concrètes allant au-delà des discours publics. Il a notamment plaidé pour le retrait des récépissés accordés à certaines associations dont les activités seraient jugées contraires aux dispositions légales en vigueur. Selon lui, ces structures devraient faire l’objet de procédures administratives de dissolution par arrêté ministériel si leurs actions entrent en contradiction avec les lois nationales. Il considère que ces mesures constitueraient une réponse institutionnelle forte aux attentes d’une partie de l’opinion publique sénégalaise.

Concernant la question du retrait de sa protection rapprochée par les services de sécurité de l’État, le vice-président de Jamra a choisi de relativiser l’importance de cette décision, la qualifiant de « non-débat ». Selon lui, l’essentiel reste la protection des valeurs sociales et morales qu’il défend, plutôt que les considérations personnelles liées à sa sécurité. Cette prise de position confirme la persistance des lignes de fracture dans le débat public sénégalais autour des questions de société, de religion et de liberté individuelle.

Médias : La CJRS mobilise la presse face à la baisse de la liberté d’expression au Sénégal

La liberté de la presse au Sénégal traverse une période de fortes tensions, comme en témoigne la récente publication du classement mondial de Reporters Sans Frontières (RSF) qui a placé le pays dans une position préoccupante. Le Sénégal est en effet passé de la 48e à la 94e place, un recul jugé inquiétant par plusieurs acteurs du secteur des médias. Cette situation a suscité une réaction immédiate de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), qui a décidé de lancer une initiative de renforcement des capacités journalistiques afin de promouvoir un journalisme responsable et professionnel face aux défis actuels.

C’est dans ce contexte que la CJRS a ouvert, ce mardi 24 février 2026, un atelier de formation de trois jours destiné à quatorze journalistes provenant de différentes régions du pays. Cette formation s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation sur les questions d’éthique, de responsabilité éditoriale et de protection des professionnels des médias dans un environnement sociopolitique de plus en plus marqué par les tensions entre le monde médiatique et les institutions judiciaires. Pour les organisateurs, cette initiative constitue une réponse proactive à la montée des convocations judiciaires visant certains journalistes après leurs prises de position publiques sur des sujets sensibles de la vie nationale.

Le président de la CJRS, Mamadou Diagne, a profité de l’ouverture de cet atelier pour lancer un message fort à l’endroit de la corporation journalistique. Selon lui, la défense de la liberté de la presse doit nécessairement s’accompagner d’une plus grande rigueur éthique dans le traitement de l’information. Il a ainsi souligné qu’on observe aujourd’hui une tendance où certains journalistes participent à des débats télévisés ou publient des contenus très critiques sans disposer de preuves solides, avant de se retrouver confrontés à des procédures judiciaires. Pour Mamadou Diagne, cette situation traduit un manque de prudence professionnelle qui peut fragiliser la crédibilité globale du secteur des médias et exposer individuellement les journalistes à des poursuites judiciaires.

Le responsable associatif a également dénoncé l’instrumentalisation politique ou économique de certains espaces médiatiques, estimant que des accusations non fondées peuvent alimenter les tensions sociales et judiciaires. Il a insisté sur le fait que la responsabilité éditoriale constitue un pilier fondamental du métier de journaliste. Selon lui, la liberté d’expression ne signifie pas l’absence totale de règles déontologiques, mais plutôt l’exercice de cette liberté dans un cadre respectueux des normes professionnelles et juridiques en vigueur. Il a ainsi appelé les journalistes à privilégier la vérification des informations, la contextualisation des faits et le respect du principe de présomption d’innocence dans leurs productions médiatiques.

Dans le même élan, Ndèye Diary Ba, chargée des programmes de Reporters Sans Frontières en Afrique subsaharienne, a présenté les grandes orientations d’un projet stratégique de trois ans soutenu par la coopération allemande. Cette initiative vise à renforcer la protection des journalistes et à améliorer la surveillance des violations de la liberté de la presse dans la région. Le premier axe du programme repose sur la création d’un maillage territorial permettant l’installation de points focaux dans toutes les régions du Sénégal. Ces relais permettront de documenter rapidement les agressions contre les journalistes, les restrictions d’accès à l’information et les autres formes de pression exercées sur les professionnels des médias.

Selon RSF, ce dispositif permettra d’améliorer la réactivité des organisations de défense de la presse face aux atteintes à la liberté d’expression. Au-delà de la formation des journalistes, l’objectif est également de renforcer le plaidoyer institutionnel afin d’encourager les autorités publiques à garantir un environnement plus sécurisé pour le travail journalistique. Cette démarche s’inscrit dans un contexte global où la question de la liberté de la presse reste un enjeu majeur de gouvernance démocratique.

Fête nationale 2026 : Thiès au cœur de la République, Bassirou Diomaye Faye reçoit le maire Babacar Diop

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye , a accordé une audience ce mardi 24 février 2026 au maire de Thiès, Babacar Diop, dans la perspective de la célébration prochaine de la Fête nationale dans la capitale du rail. Cette rencontre, tenue au Palais de la République à Dakar, s’inscrit dans la dynamique des préparatifs de cet événement majeur du calendrier républicain, appelé à rassembler les forces vives de la Nation autour des valeurs d’unité, de cohésion et de citoyenneté.

Selon une note officielle de la Présidence du Sénégal, le maire de Thiès a exprimé, au nom du Conseil municipal et de l’ensemble des populations thiessoises, sa profonde gratitude au chef de l’État pour le choix porté sur sa ville. Il a qualifié cette décision de « haute portée », soulignant qu’elle constitue à la fois un honneur et une marque de confiance envers une cité au riche passé historique et au rôle stratégique dans le développement économique et social du pays.

Babacar Diop a également salué la qualité du travail préparatoire engagé en étroite collaboration avec les autorités administratives, les services de l’État, les forces de défense et de sécurité ainsi que les acteurs locaux. Il a insisté sur l’esprit de concertation et de responsabilité qui a prévalu dans l’organisation de cette fête, gage, selon lui, d’un événement réussi. Le maire n’a pas caché l’impatience des Thiessois, déterminés à faire de cette célébration un grand moment de ferveur patriotique, de communion populaire et de rassemblement national.

De son côté, le président Bassirou Diomaye Faye a remercié le maire ainsi que les populations de Thiès pour leur mobilisation et leur engagement. Il s’est félicité de l’état d’avancement satisfaisant des préparatifs, traduisant la volonté partagée de faire de cette édition de la Fête nationale une réussite sur les plans organisationnel, sécuritaire et symbolique. Le chef de l’État a rappelé l’importance de cette commémoration dans la consolidation des acquis démocratiques et dans le renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté nationale unie autour des principes républicains.

Au-delà de l’événement festif, la rencontre a été l’occasion d’évoquer les enjeux de développement. Le maire de Thiès a salué l’engagement du Président de la République en faveur du progrès économique, de la stabilité institutionnelle et de la paix sociale, particulièrement dans un contexte international marqué par des tensions économiques et des défis structurels. Il lui a exprimé son soutien et celui des populations thiessoises dans la conduite des réformes et des politiques publiques visant à améliorer les conditions de vie des Sénégalais.

En choisissant Thiès pour abriter la Fête nationale 2026, les autorités entendent ainsi valoriser le rôle central des régions dans la construction nationale et promouvoir une approche inclusive du développement territorial. La célébration s’annonce déjà comme un moment fort de la vie institutionnelle du pays, où la ferveur citoyenne se conjugue avec la volonté de bâtir un Sénégal stable, solidaire et résolument tourné vers l’avenir.

Finance publique : Réforme fiscale et rappels de salaire – Cheikh Diba défend une « justice fiscale »

Le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des éclaircissements importants sur la récente réforme fiscale concernant le traitement des rappels de salaire dans la fonction publique, un sujet qui suscite de vives discussions au sein du corps enseignant et de la représentation parlementaire. Face aux critiques, le ministre a choisi d’inscrire son argumentaire dans une logique de pédagogie fiscale et de rétablissement de ce qu’il considère comme une équité dans le système d’imposition des revenus exceptionnels.

Pendant plusieurs années, les rappels de salaire versés aux enseignants constituaient une source de frustration pour de nombreux agents de l’État. Lorsqu’un rappel était versé en une seule fois après plusieurs années d’arriérés, l’intégralité de la somme était imposée sur l’année de perception, ce qui provoquait un saut brutal dans les tranches d’imposition. De nombreux enseignants considéraient cette pratique comme une pénalité indirecte, certains parlant même d’un système fiscal défavorable aux agents publics dont les rémunérations étaient régularisées tardivement. Selon Cheikh Diba, cette situation constituait une véritable injustice sociale et fiscale qu’il était nécessaire de corriger afin de préserver le pouvoir d’achat des travailleurs de l’administration publique.

La réforme introduite par le gouvernement permet désormais d’étaler l’imposition des revenus exceptionnels sur une période pouvant atteindre quatre années fiscales. Ce mécanisme de lissage permet d’éviter que les bénéficiaires de rappels de salaire ne soient brusquement soumis à des taux d’imposition élevés qui ne reflètent pas leur niveau réel de revenus annuels. Pour le gouvernement, cette mesure constitue une avancée dans la modernisation du système fiscal sénégalais et dans l’amélioration de la relation entre l’État et ses agents publics. L’objectif affiché est de rendre la fiscalité plus progressive et plus juste, en tenant compte des situations salariales particulières des travailleurs dont les revenus sont régularisés après plusieurs années d’attente.

L’un des points ayant suscité le plus de débats concerne la perception d’une baisse du montant net perçu par certains agents lors de la régularisation de leur situation salariale. Sur ce point, le ministre a tenu à clarifier qu’il ne s’agit pas d’une augmentation de la pression fiscale, mais plutôt d’une réorganisation des contributions sociales. Il a distingué deux mécanismes principaux dans la structure des prélèvements. D’une part, l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est désormais calculé de manière progressive grâce à la nouvelle méthode de lissage des revenus exceptionnels. D’autre part, le Fonds National de Retraite (FNR), dont les cotisations peuvent augmenter lors de l’intégration des agents contractuels dans la fonction publique, car ces contributions constituent un investissement pour la protection sociale future des travailleurs.

Le ministre a insisté sur le fait que ces prélèvements ne doivent pas être interprétés comme une pression fiscale supplémentaire, mais comme un mécanisme de sécurisation des revenus futurs des agents de l’État. Selon lui, les cotisations sociales représentent des garanties financières permettant d’assurer la stabilité économique des fonctionnaires après leur départ à la retraite. Cette approche s’inscrit dans une logique de réforme globale du système de rémunération et de protection sociale dans la fonction publique sénégalaise.

Afin de défendre la cohérence de ces réformes, Cheikh Diba a affirmé être prêt à répondre à toutes les interrogations des syndicats et des parlementaires. Il a même lancé un défi public en proposant d’examiner, de manière détaillée, les bulletins de salaire de n’importe quel enseignant afin de démontrer l’absence de surimposition. Cette déclaration traduit la volonté du ministère de défendre publiquement la réforme fiscale tout en poursuivant le dialogue avec les acteurs sociaux concernés.

Dans un contexte marqué par les revendications sociales, le gouvernement présente cette réforme comme un outil d’équilibre entre justice fiscale, stabilité budgétaire et amélioration des conditions de vie des agents publics. Le débat sur l’efficacité réelle de ces mesures devrait toutefois se poursuivre dans les mois à venir, notamment à travers les discussions entre l’exécutif, les syndicats et les représentants du secteur éducatif.

Contrôle des prix : Serigne Guèye Diop dévoile un dispositif inédit de surveillance du marché intérieur

Le gouvernement sénégalais intensifie sa stratégie de lutte contre la cherté de la vie à travers un nouveau dispositif de contrôle des prix des denrées de première nécessité. Lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop a détaillé un vaste plan de déploiement destiné à renforcer l’effectivité des mesures sociales annoncées par les autorités.

Au cœur de cette réforme figure la mise en place d’un corps inédit appelé « volontaires de la consommation ». Ce dispositif prévoit le recrutement et le déploiement de 1 000 jeunes bacheliers âgés d’environ 25 ans, sélectionnés selon des critères de compétence et de rigueur intellectuelle. Selon le ministre, cette approche vise à allier surveillance économique et expertise citoyenne dans un contexte marqué par des tensions récurrentes sur le coût des produits alimentaires. L’objectif principal est de garantir l’application réelle des décisions gouvernementales relatives à la fixation des prix des produits de première nécessité.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de contrôle, ces volontaires évolueront sans uniforme afin d’adopter une stratégie d’immersion dans le tissu économique local. Cette méthode de surveillance discrète doit permettre d’observer directement les pratiques commerciales sur le terrain, notamment les cas de spéculation, de rétention de stocks ou de non-respect des prix plafonds fixés par l’État. Le ministre a affirmé que tout opérateur économique pris en flagrant délit de non-respect des réglementations s’exposera à des sanctions administratives et financières immédiates. Cette mesure vise à instaurer un climat de discipline dans les circuits de distribution et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement touchés par l’inflation mondiale des produits importés.

Au-delà du contrôle direct des marchés, le plan gouvernemental inclut également un volet territorial important. Le ministre a déploré l’existence de disparités historiques dans la présence des structures publiques de régulation économique, évoquant des zones du territoire national qui n’ont pas bénéficié d’implantations administratives depuis plusieurs décennies. Il a notamment cité les départements de Malem Hodar et Guinguinéo comme exemples de localités ayant souffert d’un déficit structurel en matière de contrôle économique et d’encadrement administratif.

Pour corriger ces déséquilibres, le budget de l’exercice en cours prévoit la création de 13 nouveaux sièges de services de contrôle économique. Cette première phase s’inscrit dans un programme plus large visant, à terme, à doter l’ensemble des 45 départements du Sénégal de structures permanentes chargées de la surveillance des marchés et de la protection des consommateurs. Selon Serigne Guèye Diop, cette réforme constitue une avancée majeure dans la modernisation des outils de gouvernance économique.

Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux protéger les populations face aux fluctuations des prix des produits alimentaires. La lutte contre la spéculation est présentée comme un levier stratégique pour assurer la stabilité sociale et économique du pays. Les autorités espèrent également renforcer la confiance entre les acteurs économiques et les institutions publiques. Cette approche hybride, combinant intervention étatique et mobilisation citoyenne, marque selon le ministre une rupture dans les politiques de régulation économique appliquées jusqu’ici.

En conclusion, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que cette nouvelle stratégie de contrôle des prix constitue une étape importante dans la politique de souveraineté économique et de protection du consommateur. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux du dispositif sur le terrain et à garantir la transparence dans le fonctionnement des nouveaux mécanismes de surveillance du marché.

Affaire des 18 supporters détenus au Maroc : Ousmane Sonko annonce une aide financière aux familles

La situation des dix-huit supporters sénégalais condamnés et détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue d’alimenter le débat politique, diplomatique et social au Sénégal. Face à l’émotion suscitée par cette affaire au sein de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé devant l’Assemblée nationale une mesure d’accompagnement social destinée aux familles des détenus, en complément des démarches diplomatiques engagées par l’État pour tenter de résoudre la crise.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a voulu replacer le dossier dans une dimension à la fois humaine et nationale. Il a souligné que derrière les tensions diplomatiques et les procédures judiciaires, se trouvent des familles sénégalaises confrontées à des difficultés économiques et psychologiques importantes depuis l’arrestation de leurs proches. Selon lui, plusieurs des condamnés sont des soutiens de famille qui contribuaient directement aux dépenses quotidiennes de leurs ménages. Cette situation a été particulièrement difficile à gérer pour les proches, notamment en cette période de ramadan, période durant laquelle la solidarité sociale et familiale occupe une place centrale dans la société sénégalaise.

Ainsi, Ousmane Sonko a annoncé qu’une aide financière gouvernementale sera prochainement versée aux familles concernées. Il a insisté sur le caractère humanitaire de cette décision, affirmant que l’État ne pouvait rester indifférent face à la souffrance sociale engendrée par cette affaire. Cette aide s’inscrit dans une logique de solidarité nationale visant à soutenir les épouses, les enfants et les parents des détenus, en attendant l’évolution du dossier sur le plan judiciaire et diplomatique. Le Premier ministre n’a toutefois pas encore précisé le montant exact de cette assistance ni les modalités pratiques de sa distribution, indiquant que les détails seront communiqués ultérieurement par les services compétents.

Sur le plan diplomatique, le gouvernement a confirmé que plusieurs démarches officielles sont en cours. Sur instruction du président de la République Bassirou Diomaye Faye, le ministère des Affaires étrangères a été chargé d’engager une procédure de demande de grâce auprès des autorités marocaines. Cette démarche vise à obtenir la libération des supporters ou, à défaut, à négocier un cadre juridique permettant leur transfèrement vers le Sénégal afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine, conformément aux accords bilatéraux existants entre Dakar et Rabat. Le gouvernement espère ainsi trouver une solution diplomatique apaisée à une affaire qui a suscité une forte indignation populaire au Sénégal.

L’affaire remonte au 18 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc à Rabat. Le match avait été marqué par des tensions dans les tribunes après l’attribution d’un penalty controversé en faveur du Maroc dans les dernières minutes de la rencontre, peu après un but sénégalais annulé. Dans la confusion qui a suivi, des incidents ont éclaté entre supporters et forces de l’ordre, les autorités marocaines accusant certains supporters sénégalais d’actes de violence et de dégradations matérielles. À l’issue du procès tenu le 19 février 2026, le tribunal de Rabat a condamné dix-huit supporters pour hooliganisme à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, assorties d’amendes financières. Cette décision judiciaire a été vivement contestée par la défense, qui estime que les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés et que les sanctions prononcées sont disproportionnées au regard des faits reprochés.

Au-delà du volet judiciaire, cette affaire soulève également des enjeux politiques et diplomatiques plus larges entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par des relations historiques solides. Le gouvernement sénégalais souhaite éviter toute escalade tout en affirmant sa responsabilité de protéger ses ressortissants à l’étranger. Dans ce contexte, Ousmane Sonko a appelé la population à la retenue, rappelant que les crises de ce type doivent être gérées avec sang-froid et responsabilité diplomatique. L’aide annoncée aux familles constitue ainsi un signal politique fort combinant solidarité sociale, gestion diplomatique et réponse aux attentes de l’opinion publique.

Cheikh Diaw salue la « franchise historique » d’Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale

Ce mardi 24 février 2026 restera une date marquante dans la vie parlementaire sénégalaise. Devant une Assemblée nationale attentive, le Premier ministre Ousmane Sonko a répondu aux questions d’actualité des députés avec une franchise rare, abordant des dossiers aussi sensibles que le sort des supporters à Berkane, l’insécurité à l’UCAD ou encore la proposition de loi sur l’homosexualité.

Une intervention saluée par de nombreuses voix, dont celle de Cheikh Diaw, coordonnateur du mouvement « Sunu Kaolack 2027 ». Joint par téléphone en fin de journée, le responsable politique n’a pas caché sa satisfaction.

« Une gestion humaine et responsable du dossier des supporters »

Cheikh Diaw a d’abord tenu à saluer la clarté du chef du gouvernement sur l’affaire des supporters sénégalais condamnés au Maroc. « Le Premier ministre a fait preuve d’une transparence totale. Il a rappelé que l’État a rempli ses obligations consulaires et qu’aucune voie juridique ou diplomatique n’est négligée. Mais il a aussi eu le courage de rappeler que nous devons respecter la souveraineté judiciaire du Maroc, dans un esprit de fraternité africaine. C’est cela, le leadership responsable », a déclaré Cheikh Diaw.

« À l’UCAD, Sonko agit là où d’autres parlaient »

Sur la crise universitaire, le coordonnateur de « Sunu Kaolack 2027 » s’est réjoui des annonces fortes faites par le Premier ministre. « L’érection d’un commissariat permanent au cœur du campus social de l’UCAD est une mesure concrète que les étudiants attendaient depuis des décennies. Enfin, un gouvernement ose prendre à bras-le-corps la question de la sécurité dans nos universités. Ousmane Sonko ne se contente pas de gérer l’urgence, il propose une vision, avec la possible délocalisation de certains services. C’est un homme d’action », a-t-il martelé.

Cheikh Diaw a également tenu à souligner la « lucidité » du Premier ministre qui, tout en admettant certains manquements, a eu le courage de dénoncer les violences policières passées. « Cela s’appelle la justice et la dignité », a-t-il ajouté.

« Un équilibre rare sur la question des mœurs »

Enfin, sur le sujet brûlant de la proposition de loi criminalisant l’homosexualité, Cheikh Diaw a exprimé son admiration pour le « sens de l’État » d’Ousmane Sonko. « Il a su faire preuve d’un équilibre rare. D’un côté, il enclenche la procédure parlementaire, respectant ainsi la demande des députés. De l’autre, il appelle au respect de la vie privée et met en garde contre les tribunaux populaires qui stigmatisent les personnes vivant avec le VIH. C’est un chef d’État qui regarde le Sénégal dans toute sa complexité, sans démagogie », a-t-il estimé.

Pour le coordonnateur de « Sunu Kaolack 2027 », cette sortie confirme une chose : « Ousmane Sonko incarne un leadership moderne, assumé et profondément respectueux des institutions. Le Sénégal a besoin de cette franchise pour avancer. »

Alors que les réactions continuent d’affluer, une certitude demeure : la parole du Premier ministre a, une fois de plus, marqué les esprits, y compris au-delà de l’hémicycle.

Action humanitaire : Türkiye Diyanet Vakfı et Alfityanou Humanitaire International soutiennent 700 ménages à Kaolack

Dans le cadre du programme Ramadan 2026 placé sous le thème « Certes, les croyants sont des frères », la Türkiye Diyanet Vakfı (Fondation Diyanet de Türkiye), en partenariat avec Alfityanou Humanitaire International, a procédé à une importante opération de solidarité au profit des populations vulnérables de Kaolack, ce mardi 24 février 2026. Au total, 700 kits alimentaires ont été distribués à des familles dans le besoin à l’occasion de ce mois béni de Ramadan.

Cette initiative humanitaire s’inscrit dans une dynamique de soutien social visant à accompagner les ménages les plus modestes durant cette période de spiritualité, de partage et de solidarité. Composés de denrées de première nécessité — notamment du riz, de l’huile, du sucre, des pâtes alimentaires et d’autres produits essentiels — les kits permettront aux bénéficiaires de mieux faire face aux charges alimentaires liées au jeûne, a expliqué M. Nurtekin, chef de la délégation turque pour la zone centre, couvrant Kaolack et Kaffrine.

Lors de la cérémonie de distribution, le chef de la délégation turque a rappelé que cette action traduit les valeurs universelles de fraternité, d’entraide et de compassion prônées par l’islam. « Le Ramadan est un moment privilégié pour renforcer les liens de solidarité entre les communautés et soutenir les familles en situation de précarité », a ajouté M. Nurtekin.

Dans un contexte marqué par des défis sociaux persistants et des besoins humanitaires croissants, certaines initiatives citoyennes se distinguent par leur constance et leur impact concret sur le terrain. C’est le cas de l’action menée par Cheikh Mahy Aliou Cissé à travers la Fondation Alfityanou Humanitaire International, devenue au fil des années un acteur reconnu de la solidarité communautaire, a rappelé Ismaïla Sy au nom de la fondation.

À travers cet engagement continu, Cheikh Mahy Aliou Cissé et la Fondation Alfityanou Humanitaire International illustrent une forme de solidarité ancrée dans l’action concrète, où la générosité devient un levier de cohésion sociale et d’espoir pour les plus vulnérables, a noté M. Sy.

Les bénéficiaires, venus de différents quartiers de la capitale du Saloum, ont exprimé leur gratitude envers les donateurs. Plusieurs chefs de famille ont salué une initiative qui, selon eux, intervient à un moment crucial marqué par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques persistantes.

Évoquant les tensions au Moyen-Orient, le chef de la délégation turque, M. Nurtekin, a lancé un appel solennel aux fidèles musulmans du Sénégal afin d’intensifier les prières en faveur de la paix en Palestine, particulièrement durant cette période spirituelle du mois de Ramadan.

À travers ce programme Ramadan 2026, la Türkiye Diyanet Vakfı et la Fondation Alfityanou Humanitaire International réaffirment ainsi leur engagement à poursuivre des actions sociales durables au Sénégal, en mettant l’accent sur la solidarité, la dignité humaine et le vivre-ensemble.

Affaire des homosexuels : Ousmane Sonko recadre Mame Makhtar Gueye et met fin à sa protection rapprochée

La séance de Questions d’actualité à l’Assemblée nationale a donné lieu à une déclaration particulièrement ferme du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a publiquement recadré l’ONG Jamra et son vice-président, Mame Makhtar Gueye, au sujet de leurs initiatives dans la lutte contre l’homosexualité. Dans un contexte national marqué par une forte tension autour de ces questions, le chef du gouvernement a tenu à rappeler avec insistance que la gestion des problématiques liées aux mœurs et à l’ordre public relève exclusivement de l’État.

Devant les députés, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive dangereuse consistant, pour certains acteurs de la société civile, à se substituer aux institutions républicaines. Il a visé explicitement les menaces de publication de listes de personnes présumées homosexuelles, estimant que de telles pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’État de droit. Selon lui, nul ne peut s’arroger le droit de désigner publiquement des citoyens, de les exposer à la vindicte populaire ou de se faire juge en dehors des procédures légales prévues par la loi.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère régalien de ces questions, rappelant que seule la puissance publique est habilitée à constater une infraction, à engager des poursuites et à rendre justice à travers les juridictions compétentes. En s’érigeant en dénonciateurs publics et en brandissant la menace de révélations nominatives, certains responsables associatifs franchiraient, selon lui, une ligne rouge susceptible d’alimenter la stigmatisation, les règlements de comptes et les violences sociales. Pour Ousmane Sonko, même dans un débat sensible où les convictions morales et religieuses occupent une place importante, le respect des droits individuels et des procédures judiciaires demeure non négociable.

La réaction du chef du gouvernement ne s’est pas limitée à une condamnation de principe. Il a annoncé avoir instruit le ministre de l’Intérieur de retirer la protection rapprochée dont bénéficiait jusque-là Mame Makhtar Gueye. Cette mesure de sécurité, assurée par les services de l’État, avait été mise en place en raison de menaces alléguées. Toutefois, Ousmane Sonko a estimé que les actions entreprises par le responsable de Jamra, notamment la diffusion ou la menace de diffusion de listes de noms, n’étaient couvertes par aucun mandat officiel. En conséquence, l’État ne saurait continuer à garantir une protection à une personne engagée dans des initiatives qu’il n’a ni ordonnées ni validées.

Cette décision marque un signal politique fort. Elle traduit la volonté du gouvernement de réaffirmer son autorité sur les questions de sécurité et de justice, tout en encadrant strictement l’action des organisations de la société civile. Elle intervient également dans un contexte plus large de débat sur le durcissement de la législation relative à l’homosexualité, un dossier dans lequel l’exécutif affirme vouloir agir dans un cadre institutionnel clair et respectueux des procédures.

En prenant publiquement position, Ousmane Sonko cherche à tracer une frontière nette entre engagement militant et exercice de l’autorité républicaine. Si le débat sur les valeurs et les mœurs demeure vif au Sénégal, le Premier ministre entend rappeler que l’État conserve le monopole de la contrainte légitime et que toute initiative s’écartant de ce cadre s’expose à des conséquences politiques et administratives.

Assemblée nationale : Mbaye Dione dénonce un « flou total » sur le calendrier électoral et alerte sur la dette et la crise sociale

À l’issue de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Senegal, le député de l’opposition Mbaye Dione s’est présenté devant la presse pour livrer une lecture critique des échanges avec le gouvernement. Le Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) a dressé un tableau préoccupant de la situation nationale, évoquant à la fois l’incertitude politique, les tensions économiques et les difficultés sociales qui frappent plusieurs secteurs.

Au cœur de son intervention, la question du calendrier électoral a occupé une place centrale. Selon lui, le gouvernement entretient un « flou total » sur les prochaines échéances, alors même que des réformes seraient envisagées concernant le découpage des collectivités territoriales. Pour le parlementaire, l’absence de visibilité alimente les inquiétudes dans un contexte où les révisions des listes électorales n’ont toujours pas démarré. « On ne peut pas produire de calendrier dans ces conditions », a-t-il martelé, estimant que les autorités doivent des réponses claires aux Sénégalais afin de garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral.

Mbaye Dione a également interpellé le Premier ministre sur la situation de la dette publique. Il a exprimé ses préoccupations face aux risques pesant sur la soutenabilité financière du pays, évoquant la nécessité de mesures urgentes pour éviter un éventuel défaut de paiement. Dans un environnement économique qu’il juge particulièrement tendu, le député appelle à davantage de clarté sur la stratégie gouvernementale et sur les mécanismes envisagés pour rassurer les partenaires financiers et préserver la stabilité macroéconomique.

Le monde rural n’a pas été oublié dans son intervention. Le député a insisté sur les difficultés rencontrées par les producteurs d’arachide, nombreux à peiner à écouler leurs récoltes. Cette situation, selon lui, fragilise des milliers de familles et met en lumière les limites des dispositifs actuels de commercialisation et d’accompagnement. Il plaide pour des solutions rapides et concrètes afin d’éviter une aggravation de la précarité dans les zones rurales.

Au-delà de ces préoccupations, Mbaye Dione a élargi son propos à d’autres secteurs en crise. Il a évoqué les difficultés persistantes dans le bâtiment et l’immobilier, qui subissent un ralentissement notable, ainsi que les tensions au sein de l’université sénégalaise, confrontée à des défis structurels et sociaux. Le secteur de la presse a également été cité, le député soulignant les contraintes économiques et les incertitudes qui pèsent sur plusieurs organes de médias.

Enfin, il est revenu sur la situation de citoyens sénégalais détenus au Maroc, rappelant la détresse de leurs familles et appelant les autorités à un suivi diplomatique plus soutenu. Pour Mbaye Dione, ces différentes problématiques traduisent une accumulation de défis auxquels le gouvernement doit répondre avec davantage de transparence et de responsabilité.

En conclusion, le parlementaire de l’AFP a réitéré son appel à la clarté sur le calendrier électoral. À ses yeux, l’absence d’informations précises sur les révisions des listes et sur l’éventuel redécoupage territorial nourrit l’incertitude et fragilise la confiance des citoyens dans le processus démocratique. « Le gouvernement du Sénégal doit des réponses aux Sénégalais », a-t-il insisté, réaffirmant que le pays ne peut avancer durablement dans un climat de doute institutionnel.

Ousmane Sonko s’indigne du sort des 18 supporters détenus au Maroc et détaille la riposte diplomatique

Interpellé ce mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale lors d’une séance plénière consacrée aux questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko est longuement revenu sur la situation des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc. Face aux députés, il a exprimé une profonde indignation tout en exposant les mesures diplomatiques engagées par l’État pour tenter d’obtenir une issue favorable à cette affaire qui suscite une vive émotion au Sénégal.

Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a estimé que ce dossier « semble aller au-delà du sport », laissant entendre qu’il dépasse le simple cadre d’incidents liés à une rencontre footballistique. Il a fermement déploré la condamnation des ressortissants sénégalais, jugeant la décision d’autant plus regrettable qu’elle intervient entre deux pays liés par une longue tradition d’amitié et de coopération. Pour lui, la solidité des relations entre Dakar et Rabat aurait dû favoriser une gestion plus apaisée de l’incident.

Afin d’illustrer ce qu’il considère comme une réaction disproportionnée, Ousmane Sonko a évoqué un précédent survenu lors des Jeux Olympiques organisés en France, au cours desquels des supporters marocains avaient envahi le terrain, provoquant une interruption prolongée du match. Selon lui, aucun supporter marocain n’avait alors été arrêté. Cette comparaison vise à souligner ce que le gouvernement sénégalais perçoit comme une application inéquitable des règles dans le cas des supporters sénégalais.

Au-delà de l’indignation, le Premier ministre a détaillé les démarches entreprises par l’exécutif. Il a confirmé que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a donné instruction au ministre des Affaires étrangères d’introduire officiellement une demande de grâce présidentielle auprès des autorités marocaines. Cette procédure constitue, selon lui, la première voie diplomatique privilégiée pour obtenir la libération des condamnés.

Dans l’hypothèse où cette requête n’aboutirait pas, une alternative est d’ores et déjà envisagée. Le chef du gouvernement a rappelé l’existence d’accords bilatéraux entre le Sénégal et le Maroc permettant le transfèrement des personnes condamnées. Si la grâce n’était pas accordée, ces mécanismes juridiques pourraient être activés afin que les supporters purgent leur peine au Sénégal, à proximité de leurs familles, dans le respect des conventions internationales en vigueur.

Conscient de la colère et de l’émotion qui traversent l’opinion publique, Ousmane Sonko a toutefois appelé à la retenue. Il a insisté sur la nécessité de gérer ce type de situation avec calme et responsabilité, rappelant le principe fondamental de la souveraineté des États. « Chaque pays a sa propre souveraineté », a-t-il martelé, soulignant que le Sénégal attendrait le même respect pour ses propres décisions judiciaires, notamment en référence à la présence de détenus marocains dans les prisons sénégalaises.

En conclusion, le Premier ministre a assuré que le gouvernement mobilise tous les leviers diplomatiques et juridiques disponibles pour défendre les intérêts des ressortissants sénégalais. Entre indignation assumée et pragmatisme diplomatique, l’exécutif cherche à trouver une solution équilibrée, capable de préserver à la fois la dignité nationale et les relations bilatérales avec le Maroc.

Ousmane Sonko revendique la paternité du projet de loi contre l’homosexualité

L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mardi, à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement. Interpellé par le député Abdou Mbow sur le respect de ses engagements relatifs au durcissement de la législation sur l’homosexualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour faire une annonce majeure. Il a confirmé avoir transmis au président de l’institution parlementaire un projet de loi visant à criminaliser l’homosexualité, revendiquant sans ambiguïté la paternité de ce texte qu’il présente comme sa première initiative législative personnelle depuis son accession à la primature.

Par cette déclaration, le chef du gouvernement entend solder un débat qui traverse la scène politique sénégalaise depuis plusieurs années. En assumant publiquement l’origine du texte, il cherche à se positionner comme l’artisan principal de cette réforme, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation politique de la question par ses adversaires. Selon lui, certains acteurs exploiteraient cet enjeu sociétal à des fins partisanes, voire pour servir des intérêts extérieurs. Il a ainsi accusé ses opposants de duplicité, estimant qu’ils entretiennent la polémique sans proposer d’initiative concrète.

Au-delà de l’aspect strictement pénal, Ousmane Sonko a élargi son propos à la qualité du débat public et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit. Il s’est dit profondément préoccupé par la divulgation dans l’espace médiatique d’informations personnelles concernant des citoyens impliqués dans des procédures judiciaires, notamment la révélation de leur statut sérologique. Il a qualifié ces pratiques d’atteintes graves à la vie privée, jugeant qu’elles nuisent à la cohésion sociale et exposent inutilement les familles à la stigmatisation. Pour le Premier ministre, la défense des valeurs morales ne saurait justifier des violations des droits fondamentaux.

Dans la même veine, il a vivement critiqué la gestion médiatique des affaires judiciaires, pointant du doigt les fuites répétées de procès-verbaux et de pièces d’enquête avant toute audience formelle. Il s’est interrogé sur le respect du secret de l’instruction et a interpellé l’autorité du procureur face à ces pratiques qu’il estime contraires aux principes d’une justice équitable. Selon lui, la crédibilité des institutions repose autant sur la fermeté des textes que sur la rigueur des procédures.

Cette intervention marque une étape importante dans un dossier hautement sensible, à la croisée des débats juridiques, moraux et politiques. En revendiquant la paternité du projet de loi tout en dénonçant les dérives médiatiques et les entorses procédurales, Ousmane Sonko tente de concilier affirmation d’une ligne politique ferme et rappel des exigences institutionnelles. Reste désormais à savoir comment ce texte sera accueilli au sein de l’hémicycle et quelles seront les réactions de l’opinion publique face à cette initiative législative assumée.

Retrait de la protection de Mame Makhtar Guèye : Ousmane Sonko assume, Madiambal Diagne rappelle le devoir de l’État

Le débat sur la protection sécuritaire accordée à Mame Makhtar Guèye s’est invité à l’Assemblée nationale, à la faveur d’une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko. Sans citer explicitement son nom dans un premier temps, le chef du gouvernement a indiqué avoir personnellement demandé le retrait de la protection mise à disposition de l’activiste, une décision qui a rapidement suscité des réactions dans l’espace public.

Face aux députés, le Premier ministre a expliqué qu’il avait été informé de la mise en place d’un dispositif sécuritaire au bénéfice de Mame Makhtar Guèye et qu’il avait aussitôt saisi le ministère de l’Intérieur pour en demander le retrait. « Quand j’ai entendu qu’une sécurité avait été mise à sa disposition, j’ai demandé au ministère de l’Intérieur de la retirer », a-t-il affirmé, assumant pleinement la paternité de la décision. Cette déclaration, faite dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale du Senegal, a immédiatement alimenté les discussions sur la responsabilité de l’État en matière de protection des citoyens exposés à des menaces.

La réaction du journaliste Madiambal Diagne ne s’est pas fait attendre. Dans une publication largement relayée, il a tenu à rappeler que l’obligation de protection relève des missions fondamentales de l’État, indépendamment des divergences d’opinion ou des controverses entourant une personnalité publique. Selon lui, même si certains contestent les méthodes ou les prises de position de Mame Makhtar Guèye, cela ne saurait justifier un désengagement sécuritaire si sa sécurité est effectivement menacée. « On peut ne pas être d’accord avec les méthodes de Mame Makhtar Guèye mais il reste que l’État du Sénégal lui doit protection si tant est que sa sécurité est menacée », a-t-il écrit, posant ainsi la question du principe d’égalité devant la protection publique.

Cette séquence intervient dans un contexte politique déjà chargé, où les échanges à l’Assemblée nationale prennent souvent une dimension hautement symbolique. Au-delà du cas particulier, c’est la doctrine sécuritaire du gouvernement qui se retrouve scrutée : sur quels critères une protection est-elle accordée ou retirée ? Qui évalue la réalité de la menace ? Et dans quelle mesure l’exécutif peut-il intervenir directement dans ce type de décision ?

Par ailleurs, lors de la même intervention, le Premier ministre a annoncé son intention de présenter mardi, en séance plénière consacrée aux questions d’actualité, un projet de loi portant sur l’homosexualité. Cette annonce laisse présager des débats intenses au sein de l’Assemblée nationale et dans l’opinion publique, tant le sujet demeure sensible et clivant au Sénégal.

Ousmane Sonko sur l’affaire des personnes arrêtées pour homosexualité : « La diffusion du statut sérologique est inadmissible »

Interpellé lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement ce mardi 24 février, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti de son silence sur l’affaire des personnes arrêtées dans un dossier lié à l’homosexualité, un sujet qui alimente depuis plusieurs semaines un vif débat au Sénégal. Face aux députés, le chef du gouvernement a tenu à dénoncer certaines dérives médiatiques et à préciser l’orientation du projet de réforme législative en préparation.

Dans un premier temps, Ousmane Sonko a fermement condamné la diffusion, dans certains médias et sur les réseaux sociaux, d’informations relatives au statut sérologique des personnes mises en cause. Il a qualifié ces pratiques d’« inadmissibles », estimant qu’elles constituent une atteinte grave à la vie privée et à la dignité humaine. Selon lui, la divulgation de données médicales sensibles ne saurait être tolérée dans un État de droit, quelles que soient la nature des accusations ou la sensibilité du dossier. Le Premier ministre a également souligné les conséquences sociales de telles révélations, affirmant qu’elles contribuent à exposer inutilement les familles à la stigmatisation et à la pression sociale.

Au-delà de la question du respect de la vie privée, le chef du gouvernement a abordé le volet législatif du dossier. Il a confirmé qu’un projet de loi est en préparation afin de durcir la répression des actes homosexuels, tout en précisant que le gouvernement n’entend pas transformer l’infraction en crime. « Le texte que je propose maintient l’infraction au niveau du délit », a-t-il déclaré, ajoutant que les différentes parties prenantes consultées s’accordent sur la nécessité de rester dans ce cadre juridique. Selon lui, les objectifs poursuivis par la réforme peuvent être atteints sans procéder à une criminalisation, qui aurait impliqué un changement plus radical dans la qualification pénale.

Dans un souci de clarification juridique, le Premier ministre a indiqué que le futur texte introduira une définition plus précise de la notion d’« acte contre nature », afin de lever les ambiguïtés interprétatives qui entourent actuellement l’article 319 du Code pénal. Cette réforme viserait, selon ses propos, à renforcer la sécurité juridique et à encadrer plus strictement l’application de la loi.

Par ailleurs, le projet de réforme ne se limiterait pas aux seuls actes eux-mêmes. Ousmane Sonko a annoncé que le dispositif législatif entend également sanctionner l’apologie et le financement de telles pratiques, élargissant ainsi le champ des infractions concernées. Cette orientation marque une volonté de renforcer l’arsenal juridique existant tout en conservant la qualification délictuelle.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où les questions liées aux libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux valeurs sociétales suscitent de vives discussions au sein de l’opinion publique. En dénonçant la divulgation des statuts sérologiques tout en défendant un durcissement du cadre légal, le Premier ministre tente d’articuler une ligne politique qui conjugue fermeté juridique et respect des droits fondamentaux.

Crise à l’UCAD : Seydi Ndiaye appelle à la démission de Ousmane Sonko et de Daouda Ngom

La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ne faiblit pas. Plus de deux semaines après le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenu à la suite de violences policières lors d’affrontements sur le campus, les réactions continuent de se multiplier au sein de la communauté universitaire. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Seydi Ababacar Ndiaye, maître de conférences au département de Génie chimique et ancien secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), qui réclame ouvertement la démission de plusieurs autorités gouvernementales.

Dans un entretien accordé au journal L’Observateur, l’universitaire n’a pas mâché ses mots. Il estime que le Premier ministre Ousmane Sonko porte une responsabilité politique dans la gestion de la crise actuelle. Selon lui, les déclarations du chef du gouvernement, affirmant qu’il ne céderait pas à ce qu’il qualifie de « chantage » des étudiants, traduisent une posture inappropriée face à une situation aussi grave. Seydi Ndiaye rappelle que, par le passé, l’actuel Premier ministre avait bénéficié du soutien des étudiants lors de ses propres démêlés judiciaires sous le régime de Macky Sall, notamment lorsque des mobilisations universitaires avaient contribué à exercer une pression politique. Pour l’enseignant-chercheur, cette contradiction justifierait aujourd’hui une remise en cause de la légitimité du Premier ministre à conduire un dialogue apaisé avec la communauté estudiantine.

La critique vise également le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Seydi Ndiaye lui reproche un discours jugé inapproprié, tenu moins de vingt-quatre heures après les événements tragiques ayant conduit au décès de l’étudiant. Selon lui, ces prises de parole ont fragilisé les bases d’un dialogue déjà délicat et ont contribué à crisper davantage le climat au sein des universités publiques. Il considère que, dans un contexte marqué par l’émotion et la colère, les autorités auraient dû privilégier l’écoute, la retenue et l’ouverture de concertations inclusives avec l’ensemble des acteurs universitaires.

Au-delà des responsabilités individuelles, l’ancien responsable syndical dresse un constat plus large et plus sévère sur l’état du système universitaire sénégalais. Il estime que la situation actuelle reflète une faillite généralisée d’un modèle qui peine à se réformer en profondeur. Selon lui, les crises répétitives, les tensions sociales récurrentes et la surcharge chronique des infrastructures traduisent l’incapacité des décideurs à engager une véritable réflexion structurelle sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Seydi Ndiaye pointe notamment du doigt la situation de l’UCAD, qu’il décrit comme étant sous le poids d’un effectif dépassant largement les normes académiques connues. L’augmentation continue du nombre d’étudiants, combinée à des capacités d’accueil et d’encadrement insuffisantes, crée un terrain propice aux frustrations et aux conflits. Pour l’universitaire, la tragédie récente doit servir d’électrochoc et conduire à une refondation en profondeur du système, fondée sur la planification, l’investissement et un dialogue sincère entre l’État, les enseignants et les étudiants.

Ousmane Sonko veut mettre fin à « l’exceptionnalité » sécuritaire du campus social et annonce l’installation d’un commissariat

Le gouvernement sénégalais s’apprête à opérer un tournant majeur dans la gestion sécuritaire des espaces universitaires. Intervenant lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a clairement exprimé sa volonté de mettre fin à ce qu’il considère comme une « exceptionnalité » sécuritaire dont bénéficierait le campus social de l’université. Face aux récents affrontements et actes de vandalisme enregistrés dans cet espace, il a demandé au ministre de l’Intérieur de traiter cette zone « comme n’importe quel quartier de Dakar », ouvrant ainsi la voie à l’installation d’un commissariat permanent afin d’y assurer la sécurité des personnes et des biens.

Cette déclaration marque un changement de doctrine significatif. Jusqu’ici, les interventions des forces de défense et de sécurité dans les espaces universitaires étaient entourées de précautions liées aux franchises universitaires, héritées d’une tradition visant à protéger la liberté académique et l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur. Toutefois, le Premier ministre a tenu à clarifier un point juridique central : le campus social, qui regroupe les résidences étudiantes, restaurants et infrastructures de vie quotidienne, ne relève pas du même régime que les amphithéâtres et salles de cours. Selon lui, ces espaces académiques bénéficient d’une protection spécifique, mais les lieux d’hébergement ne peuvent constituer des zones échappant durablement à l’exercice des prérogatives régaliennes de l’État.

Pour justifier cette inflexion, le chef du gouvernement a évoqué des « rapports de renseignement alarmants » faisant état d’un projet de sabotage d’envergure. Ces informations auraient révélé l’existence d’un plan visant notamment l’incendie de la bibliothèque universitaire et le pillage de restaurants, ce qui aurait constitué une menace grave pour la sécurité des étudiants et pour le patrimoine public. Selon Ousmane Sonko, c’est ce « péril imminent » qui a motivé l’intervention des forces de l’ordre lors des événements récents. L’objectif affiché est désormais d’empêcher que des groupes restreints puissent organiser ou planifier des troubles dans un espace considéré comme insuffisamment encadré sur le plan sécuritaire.

Cependant, la fermeté affichée par le gouvernement s’accompagne d’une reconnaissance explicite de défaillances dans la gestion des opérations. Dans un exercice d’autocritique rare à ce niveau de responsabilité, le Premier ministre a dénoncé des « manquements manifestes » au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Il a notamment évoqué une latence opérationnelle, estimant que l’intervention est intervenue tardivement, après qu’un premier restaurant universitaire eut déjà été mis à sac. Plus grave encore, il a pointé un usage excessif de la force, rappelant que le maintien de l’ordre doit impérativement se faire dans le respect de l’intégrité physique des citoyens. Selon lui, certaines dérives observées ne sauraient être tolérées par son gouvernement.

Face à ces constats, une enquête a été ouverte afin de déterminer les responsabilités. Le Premier ministre a indiqué que des mesures conservatoires ont déjà été prises sur la base d’un pré-rapport et que des sanctions exemplaires seront appliquées si les fautes sont confirmées. Tout en appelant à ne pas discréditer l’ensemble des forces de sécurité, il a insisté sur la nécessité d’une exigence de responsabilité et de professionnalisme dans les interventions futures.

L’annonce de l’installation d’un commissariat au campus social suscite déjà des débats au sein de la communauté universitaire et de l’opinion publique. Pour le gouvernement, il s’agit d’une mesure de sécurisation durable visant à protéger les étudiants et les infrastructures. Pour d’autres, la décision pose la question sensible de l’équilibre entre sécurité et autonomie universitaire. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait redéfinir en profondeur la relation entre l’État et l’espace universitaire, en consacrant une présence policière permanente là où prévalait jusque-là une gestion plus ponctuelle des crises.

Réouverture du COUD : Daouda Ngom annonce de nouvelles mesures de sécurité et défend la réforme des bourses

À l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Daouda Ngom, a annoncé la réouverture du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) à compter du 26 février. Face aux députés, il a détaillé un ensemble de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les résidences universitaires, tout en revenant sur les causes profondes de la crise qui a secoué le campus social.

Le ministre a assuré que des instructions fermes ont été données afin d’améliorer les conditions de sécurité dans les pavillons universitaires. Parmi les dispositions annoncées figurent le contrôle strict des accès aux résidences, la dotation en détecteurs de fumée, l’installation de bouches d’incendie ainsi que la mise en place de caméras de surveillance. Selon lui, ces mesures visent à prévenir les incidents, mais aussi à restaurer un climat de sérénité dans un environnement marqué ces derniers mois par des tensions récurrentes.

Daouda Ngom a également insisté sur la problématique de la surpopulation dans les campus universitaires, qu’il considère comme un facteur aggravant de l’insécurité. Il a révélé que certaines chambres accueillent entre quinze et vingt étudiants, une situation qu’il juge inacceptable. Pour le ministre, l’État ne peut laisser perdurer une telle promiscuité, susceptible de générer des conflits, des vols et même de favoriser la circulation d’armes blanches au sein des résidences. Cette réalité, a-t-il reconnu, appelle des réponses structurelles et durables.

La gestion des lits dans les résidences universitaires a par ailleurs été pointée du doigt. Le ministre a affirmé qu’environ 30 % des lits seraient actuellement répartis par un groupe restreint d’environ 300 étudiants, créant ainsi des déséquilibres dans l’attribution des chambres. Il a annoncé qu’à partir de la prochaine rentrée universitaire, des mesures correctives seront mises en œuvre en concertation avec l’ensemble de la communauté universitaire, afin de garantir plus d’équité et de transparence.

Interpellé par la députée Amy Dabo du parti Pastef sur la question des revendications financières à l’origine de la crise, Daouda Ngom a tenu à clarifier la position du gouvernement. Il a soutenu que l’État ne doit aucune dette aux étudiants régulièrement inscrits, précisant que les bourses sont versées de manière régulière le 5 de chaque mois et qu’aucun rappel n’est actuellement dû.

Le ministre a expliqué que les tensions observées trouvent leur origine dans un chevauchement des années universitaires, une situation héritée du passé, durant laquelle l’État procédait à des paiements supplémentaires appelés « rappels ». Selon lui, ces pratiques ont engendré des charges budgétaires importantes et contribué à entretenir une confusion autour des droits des étudiants. Il a rappelé que la loi est explicite : seul un étudiant régulièrement inscrit peut bénéficier d’une bourse, laquelle doit être versée uniquement pendant la période d’inscription effective.

Évoquant un dérapage budgétaire, Daouda Ngom a révélé que l’État avait versé jusqu’à seize mois de bourses au lieu des douze prévus par an. Il a souligné qu’au lieu des 70 milliards de francs CFA votés au budget, ce sont finalement 105 milliards qui ont été décaissés cette année pour couvrir les paiements. Une situation qu’il juge insoutenable pour les finances publiques et qui justifie, selon lui, les réformes engagées.

UCAD : Ousmane Sonko annonce un commissariat sur le campus et une délocalisation partielle pour apaiser les tensions

Face aux tensions récurrentes qui secouent l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé un plan structuré en deux volets mêlant réponse sécuritaire et réforme organisationnelle. Lors de la séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale du Senegal, le chef du gouvernement a esquissé les contours d’une stratégie qu’il présente comme une approche globale destinée à restaurer durablement la stabilité sur le campus universitaire.

Depuis plusieurs années, l’université dakaroise est régulièrement le théâtre d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. Les revendications liées aux bourses, aux retards pédagogiques, à la surpopulation et aux conditions de vie dans le campus social dégénèrent souvent en heurts, alimentant un climat de crispation quasi permanent. Dans ce contexte, l’exécutif entend rompre avec les interventions ponctuelles et souvent musclées venues de l’extérieur.

La mesure la plus marquante du plan gouvernemental concerne l’implantation d’un commissariat au sein même du campus social. « J’ai saisi le ministre de l’Intérieur pour voir les modalités de faisabilité d’un commissariat dans le campus social », a déclaré Ousmane Sonko devant les députés. Jusqu’à présent, les forces de sécurité intervenaient principalement depuis l’extérieur de l’université, ce qui renforçait chez de nombreux étudiants un sentiment d’encerclement ou d’intrusion. Selon le Premier ministre, la présence permanente d’une structure policière intégrée au campus permettrait d’instaurer une approche plus préventive, plus graduée et mieux encadrée des questions sécuritaires.

L’objectif affiché est de normaliser la présence des forces de l’ordre, de privilégier le dialogue en amont des crises et de limiter les débordements violents qui ont, par le passé, causé des blessés et d’importants dégâts matériels. Le gouvernement semble ainsi vouloir transformer une logique d’intervention d’urgence en un dispositif de gestion continue et anticipative des tensions.

Mais au-delà du volet sécuritaire, le chef du gouvernement reconnaît que les violences à l’UCAD trouvent aussi leur origine dans des problèmes structurels profonds. La surpopulation estudiantine, le déficit d’infrastructures, la vétusté de certains bâtiments et la pression sur les services sociaux constituent un terreau propice aux frustrations. C’est dans cette optique qu’il a évoqué une délocalisation partielle de l’université. « Nous allons voir comment délocaliser une partie de l’université pour avoir de meilleures conditions de travail », a-t-il affirmé.

Une telle réforme viserait à désengorger le campus principal de Dakar en répartissant certaines facultés ou filières vers d’autres sites mieux aménagés. Cette redistribution pourrait permettre d’offrir aux étudiants et aux enseignants des infrastructures modernes, des amphithéâtres moins surchargés, des laboratoires adaptés et un environnement académique plus serein. Elle s’inscrirait dans une réflexion plus large sur l’aménagement du territoire universitaire et la modernisation du système d’enseignement supérieur.

Si ces annonces marquent une volonté politique claire, leur mise en œuvre concrète soulève déjà des interrogations. L’implantation d’un commissariat sur un campus universitaire, espace traditionnellement associé à la liberté académique, pourrait susciter des débats sur l’autonomie universitaire et le respect des franchises académiques. De même, la délocalisation partielle nécessitera des investissements conséquents, une planification rigoureuse et l’adhésion des acteurs concernés.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°680 – 24/02/2026

🔴 ASSEMBLÉE NATIONALE – RÉSOLUTION ADOPTÉE CONTRE L’ANCIEN MINISTRE : MOUSSA BOCAR VA FAIRE FACE
🔴 HOMOSEXUALITÉ : MAME MAKHTAR GUÈYE À LA SR

🔴 SUPPORTERS DÉTENUS AU MAROC : MOBILISATION NATIONALE ANNONCÉE À DAKAR

Affaire des véhicules de la RTS1 : Idrissa Fall Cissé saisit l’OFNAC et appelle à la transparence dans la gestion publique

Suite aux interrogations soulevées par l’affaire des six véhicules liés à la RTS1, le lanceur d’alerte Idrissa Fall Cissé a annoncé avoir officiellement saisi l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) afin d’éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier. Dans une déclaration rendue publique, il a indiqué que sa démarche s’inscrit dans une volonté de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques, notamment dans les structures étatiques ayant des missions stratégiques comme la radiodiffusion nationale.

Selon lui, cette saisine a été accompagnée d’un dossier composé d’une note explicative détaillant les faits présumés ainsi que de quinze pièces justificatives. L’objectif de cette documentation est de permettre aux enquêteurs de l’OFNAC d’examiner les éléments en toute indépendance et de procéder, si nécessaire, à des investigations approfondies. Idrissa Fall Cissé insiste sur le fait que sa démarche ne vise ni à accuser ni à condamner des personnes avant la fin des vérifications, mais à contribuer à l’établissement de la vérité dans un cadre légal et institutionnel.

Le lanceur d’alerte a également tenu à préciser que son action relève d’un engagement citoyen fondé sur le respect des institutions de la République et la préservation de l’exemplarité dans la gestion publique. Pour lui, la dénonciation d’éventuelles irrégularités constitue un devoir civique lorsqu’elle est fondée sur des informations crédibles et transmise aux structures compétentes chargées du contrôle de l’utilisation des fonds publics. Il a exprimé sa confiance envers l’OFNAC pour mener les vérifications nécessaires et apporter les éclaircissements attendus par l’opinion publique sur cette affaire qui suscite de nombreuses interrogations.

Par ailleurs, Idrissa Fall Cissé a indiqué qu’il travaille également sur d’autres saisines qui seront prochainement transmises à l’OFNAC. Ces nouvelles démarches seraient liées à des informations provenant de travailleurs évoluant au sein de certaines agences et directions publiques, qui auraient signalé des présumées irrégularités dans la gestion administrative et financière. Il a toutefois précisé que ces futures plaintes seront déposées dans le strict respect des procédures légales, du principe de présomption d’innocence et des règles juridiques encadrant les mécanismes d’alerte et de dénonciation des faits de corruption présumée.

À travers cette initiative, Idrissa Fall Cissé souhaite inscrire son action dans une dynamique de renforcement de la gouvernance publique et de consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions chargées du contrôle des finances publiques. Il estime que la transparence et la reddition des comptes demeurent des piliers essentiels pour assurer une gestion saine et responsable des ressources de l’État.

Supporters sénégalais condamnés à Rabat : indignation nationale et appel à une mobilisation à Dakar

L’onde de choc provoquée par la condamnation de dix-huit supporters sénégalais par le tribunal de première instance de Rabat continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Au-delà de la décision judiciaire, c’est toute une polémique mêlant accusations de maltraitance, critiques diplomatiques et mobilisation citoyenne qui prend de l’ampleur. Une marche nationale est d’ores et déjà annoncée pour le samedi 28 février à Dakar.

Au cœur de la controverse, les conditions de détention des supporters incarcérés au Maroc. Bacary Cissé, président de la commission communication de la Fédération Sénégalaise de Football, a exprimé publiquement son « émotion » et son « amertume » face à ce qu’il considère comme une situation grave. S’exprimant sur la Rfm, il a évoqué un rapport transmis aux autorités sportives et politiques sénégalaises, faisant état de conditions de détention jugées alarmantes. Selon lui, des témoignages font état de supporters contraints de jeûner sans assistance adéquate, la délégation sénégalaise ayant dû intervenir pour leur fournir de quoi rompre le jeûne, face à ce qui est présenté comme une obstruction des services de police locaux.

Du côté des comités de supporters, la colère est tout aussi palpable. À l’AS Les Bouguies, Blaise Niane, responsable juridique du collectif, rejette catégoriquement les accusations de violence ayant conduit à la condamnation. Il affirme que des images démontreraient que les jeunes tentaient plutôt d’apaiser les tensions avant d’être eux-mêmes victimes de brutalités. Pour le collectif, la sentence judiciaire ne saurait occulter ce qu’il considère comme un dysfonctionnement plus large, notamment en matière de protection consulaire.

Les critiques se tournent également vers les autorités sénégalaises. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un « manque criant de protection consulaire » et s’interrogent sur la gestion diplomatique du dossier. Le retour triomphal de l’équipe nationale au pays, alors que des supporters restaient détenus au Maroc, est perçu par certains comme un symbole d’abandon. Cette situation alimente un sentiment d’injustice et renforce les appels à une réaction ferme de l’État.

Face à cette montée de tension, une marche nationale a été officiellement fixée au samedi 28 février à Dakar. Les organisateurs entendent mobiliser largement la société civile, les mouvements associatifs et les comités de supporters à travers le pays. L’objectif affiché est d’exercer une pression sur les autorités afin qu’elles prennent toutes les dispositions nécessaires pour défendre les intérêts des détenus et obtenir leur libération.

Sur le plan juridique, le Sénégal dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de la décision rendue par la juridiction marocaine. Cette voie procédurale constitue la première option formelle pour contester la condamnation. Toutefois, compte tenu des délais potentiels et des incertitudes liées aux procédures judiciaires, l’hypothèse d’une demande de grâce royale adressée directement au souverain marocain est également évoquée comme une issue possible à la crise.

Mise en accusation annoncée : Me Moussa Bocar Thiam contre-attaque et annonce son retour à Dakar

Me Moussa Bocar Thiam sort du silence. L’ancien ministre de la Communication sous la présidence de Macky Sall, également maire de Ourossogui et avocat inscrit aux barreaux de Paris et du Sénégal, a publié ce lundi une déclaration depuis son cabinet international basé dans le Golfe pour répondre aux informations faisant état d’une possible saisine de la Haute Cour de Justice par l’Assemblée nationale.

Alors que la Commission des Lois a examiné des projets de résolution visant d’anciens membres du gouvernement, l’ancien Agent judiciaire de l’État affirme ne nullement fuir ses responsabilités. Il annonce avoir décidé de prendre des congés professionnels afin de regagner Dakar « dans les prochains jours » et, selon ses termes, « faire face à ce régime à l’agonie ». Une posture offensive qui donne le ton d’une riposte à la fois juridique et politique.

Sur le terrain du droit, Me Thiam soutient être le seul ancien ministre poursuivi sans qu’aucun rapport d’un organe de contrôle ne mette en cause sa gestion. Il cite notamment la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État (IGE), la CENTIF et l’Inspection générale des finances (IGF), affirmant qu’aucune de ces institutions n’a relevé d’irrégularités le concernant. Pour lui, cette absence de base factuelle affaiblit considérablement les accusations brandies contre sa personne.

L’ancien ministre avance également un argument de procédure qu’il juge déterminant. Il rappelle que le Conseil constitutionnel , dans sa décision n°2/C/2025 du 24 juillet 2025, aurait déclaré inconstitutionnel l’article 134 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale relatif à la Haute Cour de Justice. Selon son interprétation, cette décision priverait la procédure engagée contre lui de toute base légale solide, rendant contestable toute tentative de mise en accusation devant la juridiction compétente pour juger les anciens ministres.

Sur le fond du dossier, Me Thiam conteste vigoureusement la qualification des faits. Il s’interroge publiquement sur la possibilité de poursuivre un ministre pour détournement de deniers publics lorsque les sommes évoquées proviendraient, selon lui, de fonds privés versés à une entreprise privée, dans le cadre de travaux routiers officiellement réceptionnés par les services techniques de l’État. À ses yeux, l’élément matériel de l’infraction ferait défaut, ce qui viderait les poursuites de leur substance pénale.

Mais au-delà du débat juridique, l’ancien ministre assume une lecture résolument politique de la séquence. Il accuse le pouvoir en place de chercher des « contre-feux » face à des crises qu’il estime majeures, notamment la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et les difficultés économiques du pays. Il évoque une « incompétence manifeste » du régime actuel et affirme que les poursuites engagées contre lui relèveraient davantage d’une stratégie de diversion que d’une volonté sincère de reddition des comptes.

Me Moussa Bocar Thiam dit pouvoir compter sur le soutien du Fouta et d’une partie de la diaspora, qu’il juge convaincus du caractère « bidon » des accusations. Il se montre catégorique quant à l’issue judiciaire qu’il anticipe, estimant qu’aucun magistrat ne saurait décerner un mandat de dépôt en l’absence d’un dossier solide, d’autant plus que, selon lui, « tous les acteurs de cette affaire sont libres ».

Cheikh Baba Diallo honoré par un geste culturel fort venu d’Indonésie

Dans un geste empreint de courtoisie diplomatique et de dialogue interculturel, Cheikh Baba Diallo a été honoré par un présent distingué offert par Son Excellence Ardian Wicaksono, marquant ainsi un moment fort de rapprochement entre les peuples sénégalais et indonésien.

Au cœur de cette cérémonie symbolique figurait un objet chargé d’histoire et de spiritualité maritime : le célèbre navire Phinisi, emblème du patrimoine culturel de l’Indonésie.

Un symbole maritime chargé d’histoire

Le Phinisi est un voilier traditionnel originaire du Sulawesi du Sud, dans la partie orientale de l’Indonésie. Pendant des siècles, il a servi au peuple bugis pour traverser les mers de l’archipel indonésien et établir des routes commerciales reliant différentes régions du monde.

Plus qu’un simple moyen de transport, ce navire représente l’esprit d’aventure, la maîtrise maritime et la transmission d’un savoir ancestral.

Malgré son caractère traditionnel, le Phinisi impressionne par son élégance et son architecture majestueuse. Sa silhouette élancée et ses voiles imposantes incarnent une harmonie entre ingénierie navale et héritage culturel.

Entre légende et mémoire historique

Selon le manuscrit épique La Galigo, l’un des plus longs récits littéraires au monde, le premier Phinisi aurait été construit au XIVᵉ siècle par le prince héritier du royaume de Luwu, Sawerigading.

La tradition raconte que les fragments du navire originel furent ensuite rassemblés par les populations locales, donnant naissance à ce modèle emblématique devenu aujourd’hui un symbole national.

Cette dimension mythologique confère au Phinisi une portée spirituelle particulière, associant navigation, destin et transmission intergénérationnelle.

Une reconnaissance internationale du patrimoine indonésien

En décembre 2017, le savoir-faire artisanal lié à la construction des voiliers traditionnels du Sulawesi du Sud a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale consacre l’expertise des artisans indonésiens et souligne l’importance de préserver les traditions maritimes face à la modernité.

Aujourd’hui, les Phinisi modernes continuent de naviguer, réadaptés pour les croisières touristiques, la plongée et les activités de loisirs, tout en conservant leur identité culturelle originelle.

Un geste diplomatique porteur de sens

Au-delà de sa valeur esthétique, le présent offert à Cheikh Baba Diallo s’inscrit dans une dynamique de diplomatie culturelle. En offrant un symbole aussi fort de son patrimoine, la représentation indonésienne met en avant les valeurs de partage, de respect mutuel et de coopération entre nations.

Ce geste illustre également le rôle croissant de la culture comme outil diplomatique, capable de rapprocher les peuples au-delà des frontières politiques et géographiques. À travers le Phinisi, c’est toute une histoire de voyages, d’échanges et de fraternité maritime qui vient renforcer les liens entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud-Est.

Ainsi, cette distinction dépasse le cadre protocolaire pour devenir un message universel : celui d’un dialogue entre civilisations, porté par la mémoire des océans et la richesse des traditions humaines.

Médina Baye : quand la transmission du savoir coranique devient une école spirituelle vivante pendant le Ramadan

Au cœur du mois sacré du Ramadan, la cité religieuse de Médina Baye ne se contente pas d’accueillir une compétition de récitation coranique. À travers la 13ᵉ édition du Grand Prix international dédié à Cheikh Ibrahima Niass, l’événement s’impose comme une véritable université spirituelle où se transmettent le savoir religieux, la discipline morale et un héritage islamique vivant.

Une pédagogie spirituelle au cœur de l’événement

Sous un angle éducatif et religieux, le Grand Prix apparaît avant tout comme un espace de formation. Derrière la dimension compétitive, l’objectif principal demeure l’apprentissage du Coran dans toute sa profondeur : maîtrise de la récitation, respect des règles de tajwid et compréhension du sens spirituel des versets.

Les jeunes récitants, venus de divers horizons, incarnent une génération en quête d’élévation intérieure. Ici, la performance vocale n’est pas une fin en soi ; elle devient un moyen de cultiver la patience, l’humilité et la rigueur spirituelle, valeurs essentielles de l’éducation islamique.

Le comité d’organisation insiste ainsi sur une vision du Coran comme outil de transformation personnelle, capable d’accompagner les fidèles face aux défis moraux et sociaux contemporains.

Le Ramadan comme école collective de foi

Organisé durant le mois du jeûne, le concours prend une dimension particulière. Chaque récitation s’inscrit dans une atmosphère de recueillement où public et participants vivent une expérience spirituelle commune.

Les nuits de Médina Baye se transforment alors en moments d’écoute attentive et de méditation. Pour de nombreux fidèles, assister aux récitations équivaut à participer à une retraite spirituelle ouverte, où la parole divine devient source d’apaisement et de renouvellement de la foi.

Ainsi, l’événement dépasse le cadre d’un simple rassemblement religieux pour devenir un temps d’éducation collective de la communauté musulmane.

La continuité d’une chaîne de transmission

L’hommage rendu à Cheikh Tahirou Ousmane Bothi rappelle une réalité centrale de la tradition islamique : la connaissance religieuse se transmet par une chaîne humaine vivante reliant maîtres et disciples.

À travers cette mémoire spirituelle, le Grand Prix souligne que la préservation du Coran ne repose pas uniquement sur les textes, mais aussi sur les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à son enseignement. Cette dimension renforce l’idée d’un héritage spirituel en mouvement, continuellement renouvelé par les générations.

Une spiritualité adaptée au monde contemporain

La participation à distance de nombreux candidats issus de plusieurs pays marque également une évolution significative : la technologie devient un outil au service de la diffusion du savoir religieux.

Sans altérer le caractère sacré de la récitation, le numérique permet aujourd’hui d’élargir la communauté spirituelle au-delà des frontières physiques. Médina Baye confirme ainsi son rôle de carrefour religieux international, reliant une oumma diverse autour d’une même référence spirituelle.

Plus qu’une compétition : une renaissance spirituelle

Sous cet angle journalistique et religieux, le Grand Prix international apparaît comme un laboratoire de renouveau islamique fondé sur la connaissance, la transmission et la formation des jeunes générations.

En pleine période de Ramadan, l’événement rappelle que la véritable victoire ne réside pas seulement dans l’obtention d’un trophée, mais dans la capacité du Coran à transformer les cœurs, à renforcer la fraternité et à maintenir vivante la tradition spirituelle héritée des grands maîtres de l’islam.

À Médina Baye, la récitation devient ainsi bien plus qu’une performance : elle se fait école de foi, espace de transmission et symbole d’un islam du savoir et de l’élévation intérieure.

Crise scolaire : le G7 des syndicats décrète un cinquième plan d’action et durcit le ton face à l’État

Réuni ce lundi 23 février 2026 au siège du SAEMSS, le G7 des syndicats de l’éducation a dressé un nouveau diagnostic préoccupant du système éducatif sénégalais. À l’issue de cette rencontre, les organisations syndicales ont annoncé un cinquième plan d’action marqué par une série de débrayages et de grèves totales, tout en réaffirmant leur détermination à obtenir le respect des engagements pris par les autorités.

Dans son communiqué, le cadre unitaire décrit une situation qu’il juge « difficile » dans les secteurs de l’éducation et de la formation. Les syndicats dénoncent notamment la lenteur dans l’application des accords signés avec le gouvernement ainsi que ce qu’ils considèrent comme un retour unilatéral sur certains acquis issus de négociations antérieures. Selon eux, plusieurs points essentiels restent en suspens, alimentant un climat de frustration et de méfiance au sein du corps enseignant.

Le G7 regrette par ailleurs l’absence de réunion de suivi avec le gouvernement, pourtant annoncée, et qui devait permettre d’apporter des réponses rapides aux préoccupations des enseignants. Cette absence de cadre formel de concertation est perçue comme un signal négatif par les responsables syndicaux, qui estiment que le dialogue social peine à se traduire en mesures concrètes.

Malgré ces tensions, les syndicats saluent les initiatives entreprises par la COSYDEP et par la Commission éducation, jeunesse, sports et loisirs de l’Assemblée nationale du Senegal , engagées dans une dynamique de relance du dialogue entre les différents acteurs du système éducatif. Pour le G7, ces démarches constituent des pistes encourageantes, même si elles restent insuffisantes pour résoudre le passif social accumulé.

Les organisations syndicales mettent également en avant la forte adhésion des enseignants aux précédents mots d’ordre. Selon elles, cette mobilisation soutenue traduit l’ampleur du malaise dans le secteur et renforce la légitimité de leur combat. Elles y voient un signal clair adressé aux autorités sur l’urgence d’apporter des solutions structurelles et durables.

Après avoir évalué le quatrième plan d’action, le G7 a ainsi décidé de passer à une nouvelle phase de mobilisation. Le calendrier arrêté prévoit un débrayage le mercredi 25 février 2026 à partir de 9 heures, suivi d’assemblées générales départementales. Le lendemain, jeudi 26 février, une grève totale est annoncée sur l’ensemble du territoire. Le mouvement se poursuivra le lundi 2 mars avec un nouveau débrayage à partir de 9 heures, puis le mardi 3 mars, également à partir de 9 heures, accompagné de rassemblements devant les inspections d’académie. Enfin, une nouvelle grève totale est programmée pour le vendredi 6 mars 2026.

En parallèle, le G7 maintient le boycott des évaluations, des cellules d’animation pédagogique, de la formation des élèves-maîtres ainsi que des activités sportives scolaires. Cette stratégie vise, selon les syndicats, à accentuer la pression tout en démontrant leur capacité de mobilisation sur l’ensemble des leviers du système éducatif.

Projet de loi sur les actes contre nature : Aly Ngouille Ndiaye salue un durcissement « adapté aux réalités sénégalaises »

Le gouvernement du Sénégal a récemment adopté un projet de loi visant à durcir la législation encadrant les actes dits « contre nature » et l’apologie de l’homosexualité, tout en introduisant des sanctions contre les dénonciations calomnieuses. Présentée comme une réponse aux préoccupations d’une large frange de l’opinion, cette initiative, relayée notamment par la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise , alimente un débat intense au sein de la société sénégalaise.

Interrogé sur la pertinence de cette réforme, l’ancien ministre et ancien candidat à l’élection présidentielle Aly Ngouye Ndiaye a exprimé son soutien à l’orientation choisie par les autorités. S’il reconnaît la sensibilité du sujet, il estime que le gouvernement a opté pour une approche mesurée en renforçant les sanctions existantes sans aller jusqu’à une criminalisation plus étendue. « Personnellement, je n’étais pas pour la criminalisation, car il n’est pas évident qu’elle permette de résoudre le problème », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, l’expérience montre que la simple criminalisation d’un comportement ne garantit ni son recul, ni l’efficacité de la réponse judiciaire. Il cite en exemple des infractions déjà sévèrement réprimées comme le viol, le vol de bétail ou encore le trafic de drogue. Malgré leur inscription claire dans le Code pénal, ces délits persistent, en partie en raison des limites structurelles du système judiciaire.

Aly Ngouille Ndiaye met en avant une contrainte majeure : le nombre insuffisant de magistrats au regard de la population nationale. « Nous sommes 18 millions de Sénégalais pour environ 500 magistrats. Criminaliser des actes, c’est envoyer des personnes en prison, mais combien y resteront longtemps ? », s’interroge-t-il. Selon lui, l’engorgement des juridictions et la surcharge des établissements pénitentiaires constituent des réalités qu’aucune réforme pénale ne peut ignorer.

L’ancien responsable politique considère ainsi que la voie choisie par l’exécutif représente « un bon pas ». À ses yeux, le texte permet de répondre aux attentes d’une partie importante de l’opinion publique en sanctionnant l’apologie et certains comportements jugés contraires aux valeurs sociales dominantes, tout en évitant une extension pénale qui pourrait se révéler difficile à appliquer. Il souligne également que cette option tient compte des engagements internationaux du Sénégal et des équilibres diplomatiques à préserver.

Au-delà des considérations juridiques, Aly Ngouille Ndiaye insiste sur la dimension culturelle et religieuse du débat. « Nous sommes à plus de 99 % de croyants. Notre culture ne l’accepte pas. On ne peut pas légiférer en fonction des cultures des autres », affirme-t-il, mettant en avant la nécessité d’ancrer les choix législatifs dans les réalités sociétales nationales.

Toutefois, il reconnaît que la question de la criminalisation continue de diviser. Pour lui, la persistance de positions divergentes est le reflet normal d’une société pluraliste où les sensibilités s’expriment librement. « C’est normal que certains continuent d’insister sur la criminalisation. Mais je considère que ce qui a été fait par le gouvernement est appréciable et adapté aux réalités sénégalaises », conclut-il.

Mise en accusation d’anciens ministres : la Commission des Lois valide le dossier Moussa Bocar Thiam et ajourne celui d’Abdoulaye Diouf Sarr

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains de l’Assemblée nationale s’est réunie ce lundi 23 février 2026 pour examiner les projets de résolution portant mise en accusation de deux anciens membres du gouvernement devant la Haute Cour de Justice. Cette séance, très attendue, s’inscrit dans le cadre de la procédure engagée contre d’anciens ministres soupçonnés de manquements graves dans l’exercice de leurs fonctions.

À l’issue des travaux, les commissaires ont voté à l’unanimité la résolution visant Moussa Bocar Thiam. Cette décision marque une étape décisive dans la procédure, ouvrant la voie à une mise en accusation formelle devant la Haute Cour de Justice, seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Le vote unanime traduit, selon plusieurs observateurs parlementaires, une volonté affirmée des députés membres de la commission d’aller au bout du processus judiciaire concernant l’ancien ministre.

En revanche, la situation de Abdoulaye Diouf Sarr n’a pas pu être examinée jusqu’à son terme. Le dossier le concernant a été suspendu au cours de la session. Les membres de la commission ont estimé que les pièces justificatives fournies étaient insuffisantes pour permettre une analyse complète et rigoureuse du projet de résolution. Le dossier a ainsi été jugé incomplet, empêchant toute prise de décision en l’état.

Cette suspension ne signifie pas un abandon de la procédure, mais plutôt un ajournement conditionné à la transmission des éléments manquants. La commission pourrait donc être amenée à se réunir à nouveau dès que le dossier sera complété, afin de statuer sur l’opportunité d’une mise en accusation.

Cette réunion s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté affichée de reddition des comptes et de renforcement de la transparence dans la gestion des affaires publiques. La procédure devant la Haute Cour de Justice constitue un mécanisme institutionnel exceptionnel, rarement activé, et dont l’issue dépendra désormais des prochaines étapes parlementaires.

Tensions extrêmes entre Washington et Téhéran : l’Iran promet une riposte “avec force” à toute frappe américaine

La tension est brusquement montée d’un cran entre Iran et les Etats Unis . Lundi, Téhéran a averti qu’aucune attaque américaine, même qualifiée de “limitée”, ne resterait sans réponse. Cette mise en garde intervient après que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité d’une frappe ciblée si l’Iran ne conclut pas rapidement un nouvel accord sur son programme nucléaire.

Lors d’une conférence de presse, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a rejeté toute distinction entre frappe limitée et attaque d’envergure. Selon lui, « il n’y a pas de frappe limitée. Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression ». Il a affirmé que son pays exercerait son « droit inhérent à la légitime défense » en cas d’intervention militaire. « Tout État réagirait avec force à un acte d’agression, et c’est donc ce que nous ferions », a-t-il insisté.

Ces déclarations font écho aux propos tenus vendredi par Donald Trump. Interrogé par la presse sur l’éventualité d’une frappe en cas d’échec des négociations, il s’est contenté d’un laconique : « Tout ce que je peux dire, c’est que je l’envisage ». En parallèle, Washington a procédé à un important déploiement naval et aérien au Moyen-Orient, avec l’envoi de deux porte-avions dans la région, un signal de fermeté adressé à Téhéran.

Les tensions se déroulent dans le contexte de pourparlers indirects relancés entre les deux pays. Le 17 février, une deuxième session de discussions s’est tenue en Suisse sous médiation omanaise. De nouvelles rencontres sont prévues cette semaine, bien que leur confirmation officielle par Washington reste en suspens. Côté iranien, les négociations sont conduites par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Les États-Unis sont représentés par l’émissaire spécial Steve Witkoff et par Jared Kushner, proche conseiller et gendre du président américain.

Malgré la fermeté affichée, Téhéran affirme croire encore à une issue diplomatique. Dimanche, Abbas Araghchi a estimé qu’il existait « de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant ». L’Iran travaille actuellement sur les éléments d’un projet d’accord et prévoit de soumettre prochainement une proposition aux médiateurs. De son côté, Donald Trump a indiqué s’être donné un délai de « dix à quinze jours » pour décider d’un éventuel recours à la force.

Le climat reste toutefois marqué par la méfiance et le souvenir des affrontements récents. Les précédentes discussions indirectes avaient été interrompues en juin 2025, après une guerre déclenchée par Israël contre l’Iran, à laquelle les États-Unis s’étaient associés. À l’époque, Donald Trump avait affirmé avoir « anéanti » le programme nucléaire iranien, bien que l’ampleur réelle des dégâts demeure incertaine. Les puissances occidentales continuent de soupçonner Téhéran de chercher à se doter de l’arme atomique, accusation que la République islamique rejette, affirmant poursuivre uniquement des objectifs civils.

Ces nouvelles tensions surviennent également dans un contexte interne sensible pour l’Iran. Après la répression d’un vaste mouvement de contestation, des slogans hostiles au guide suprême Ali Khamanei ont récemment réapparu dans plusieurs villes. Washington avait alors promis de « venir en aide » au peuple iranien, alimentant les accusations d’ingérence formulées par Téhéran.

Sur la scène internationale, les appels à la désescalade se multiplient. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a plaidé pour une « solution diplomatique », estimant que l’Iran se trouvait « au point le plus faible qu’il ait jamais connu ». Plusieurs pays, dont l’Inde, ont exhorté leurs ressortissants à quitter l’Iran par précaution, signe que la crainte d’un embrasement régional est bien réelle.

Arrestation spectaculaire d’une tiktokeuse à Yeumbeul-Comico : crack et réseau de drogue dure démantelés

Yeumbeul-Comico – L’arrestation d’Imane, une tiktokeuse très suivie sur les réseaux sociaux, a provoqué un véritable émoi à Yeumbeul-Comico. Identifiée sous les initiales F. Traoré, la jeune femme a été interpellée en pleine consommation de crack dans un appartement transformé en fumoir, situé à la cité Comico 4, révèle L’Observateur. Cette opération, minutieusement préparée par la Brigade de recherches du commissariat de Yeumbeul-Comico sous la supervision du commissaire Ousmane Diop, a permis de mettre au jour un présumé réseau de détention et de trafic de drogue dure.

Selon les informations recueillies, les forces de l’ordre avaient suivi la tiktokeuse depuis plusieurs semaines. Ses déplacements et fréquentations faisaient l’objet d’une surveillance étroite, dans le cadre d’une filature de longue haleine. Dans la nuit du vendredi 21 février au samedi 22 février 2026, Imane s’est retranchée dans l’appartement avec son amie coiffeuse, Dieyba Sow. Le lieu, selon les enquêteurs, était devenu un véritable fumoir, ce qui a précipité l’intervention des policiers.

Positionnés discrètement au rez-de-chaussée, les éléments de la Brigade de recherches attendaient le moment opportun. Quelques instants plus tard, un homme identifié comme A. Diouf arrive à moto, un sachet à la main. Soupçonné de se rendre sur place pour récupérer de la drogue, il monte les escaliers sans se douter du dispositif en place. Les policiers investissent alors l’appartement. La scène est décrite comme chaotique : Imane, « quelque peu dans les vaps », est surprise en pleine consommation de crack et neutralisée, tout comme Dieyba et A. Diouf. Sur les lieux, les enquêteurs découvrent trois pierres de crack — dont une à moitié consommée — ainsi que du papier aluminium et du matériel destiné au conditionnement et à la consommation de cette drogue.

L’affaire prend une nouvelle tournure lorsque les mis en cause décident de collaborer avec les enquêteurs. Ils révèlent l’identité de leur fournisseur présumé, I. Bâ, également connu sous le nom d’Yves, présenté comme un étudiant à la tête d’un réseau de vente de drogue dure. Sur instruction de la police, une commande test est organisée et le lieu de livraison fixé aux abords du célèbre « Tournal Yeumbeul ». Prudence oblige, l’étudiant envoie d’abord un livreur, P. Diouf, qui est rapidement interpellé et qui révèle le nom de son commanditaire. Mis en confiance, l’étudiant se présente lui-même sur les lieux avec deux grosses pierres de crack. Lors de la fouille, les policiers découvrent huit grammes de drogue dans ses poches.

Placés en garde à vue, Imane, son amie coiffeuse, leur protecteur présumé, le livreur et l’étudiant fournisseur devraient être déférés ce lundi 23 février 2026 pour détention, usage et trafic de drogue dure, conclut L’Observateur. Cette opération souligne la vigilance des forces de l’ordre et leur capacité à démanteler des réseaux sophistiqués, même lorsqu’ils impliquent des personnalités médiatisées.

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